4297 Vincent Peillon | E.D.H. – Egalité des Droits Homos/hétéros

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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Education | France | Homophobie | Mariage | Politique | 07.01.2013 - 19 h 23 | 0 COMMENTAIRES
Débats sur le Mariage pour tous en milieu scolaire : l’enseignant Philippe Arino peut-il outrepasser les consignes du ministre ?

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Philippe Arino est enseignant d’espagnol dans l’enseignement secondaire. Il est en disponibilité durant toute l’année scolaire 2012-2013 pour aller prêcher contre le mariage pour tous, bien qu’il se dise lui-même homosexuel. Il sert ainsi, en menant un très grand nombre de conférences à travers toute la France, le combat mené par l’Eglise catholique contre l’égalité des droits.

En plein débat sur la nécessaire neutralité de l’enseignement face aux questions de société, et alors même que Vincent Peillon a rappelé l’importance de la lutte contre l’homophobie dans les établissements scolaires, il s’avère que Philippe Arino est invité à parler dans deux lycées au début de l’année 2013. Il sera le vendredi 25 janvier 2013 au Lycée privé sous contrat Thérèse Chappuis (Paris), et le mercredi 06 février, il tiendra une conférence sur le thème du plaisir (!) au Lycée Kléber (Strasbourg).

Est-il acceptable qu’on invite dans des établissements scolaires, privés comme publics, un enseignant qui écrit sur son site : « Je sais que l’homosexualité est une blessure d’orgueil, qui donne raison à la peur » ? Est-il tolérable, alors même que Vincent Peillon a appelé les recteurs d’académie à la plus grande vigilance pour protéger les jeunes homosexuels de toute déclaration homophobe, qu’on accueille en milieu scolaire un intervenant, qui plus est enseignant lui-même, qui écrit : « Toute personne homosexuelle, je crois, connaît tacitement le contexte peu glorieux de l’émergence de son désir homosexuel. Sa genèse boueuse. » ? Peut-on inviter dans les établissements l’auteur des outrances suivantes : « les quelques militants pro-mariage-pour-tous et gay friendly […] s’engluent dans l’image, l’orgueil, la peur et le terrorisme » ?

Voici quelques citations complémentaires de Philippe Arino, pour montrer quel type de personnage s’apprête à pérorer devant les jeunes, dans le cadre scolaire. Toutes ces citations sont consultables sur son site, rubrique « Je l’ai dit » :

« L’homosexualité, c’est exactement comme l’obésité : il y en a certains qui ne l’ont absolument pas choisie et qui n’y sont pour rien ; il y en a qui à la fois l’ont subie et qui s’y installent ; d’autres qui en sont totalement responsables par leurs comportements […] ;

Il n’y a pas plus homophobes que les personnes homosexuelles (assumées ou refoulées) car le désir homosexuel est contre lui-même ;

C’est d’ailleurs un travail de démonologue que j’ai tenté de faire en traitant dans mon livre de la merde, du mal, des satanismes collectifs, des dictatures et des dictateurs, des techniques amoureuses homosexuelles et des paradoxes du libertin, des manoeuvres et du cheminement bien-pensant du diable. Nous avons à nous frotter au mal (sans agir pour autant comme lui). ;

Fier d’être « homophobe » tel qu’ils l’entendent…

Le désir homosexuel est trop faible et trop éloigné du Réel pour mériter le nom de désir

Toute personne homosexuelle rejette, de par son désir, LA Différence fondamentale à qui elle doit son existence : la différence sexuelle (et finalement, on se rend compte, en observant les modes de vie des personnes homosexuelles, que le rejet de cette différence-là s’étend bien souvent à d’autres différences humaines, moins fondatrices). Non : la plupart des personnes homosexuelles ne sont pas des amis de la différence.

Je crois que le désir homosexuel est une blessure […] La blessure est la marque du mal, le signe du péché

Tous ceux qui pratiquent les actes homosexuels sont homophobes. Que ça leur plaise ou non. C’est un constat que je fais sans arrêt. Ça ne loupe jamais. »

Enfin, faut-il rappeler que Philippe Arino prône l’abstinence complète de relations sexuelles pour toutes les personnes homosexuelles, principe qu’il résume par le slogan suivant : CONTINENCE POUR JÉSUS = VIE GAY JAMAIS DÉÇUE ?Lui-même, toujours sur son site, se vante de l’influence qu’il peut avoir sur les jeunes : « mon témoignage en tant que continent homosexuel avait un fort impact sur les jeunes ».

Si Vincent Peillon tient à rester crédible en tant que ministre de l’Education, il doit demander aux recteurs d’Académie concernés de s’opposer aux interventions de Philippe Arino dans les établissements scolaires. A défaut, la parole de Philippe Arino viendra faire souffrir, en milieu scolaire, les jeunes LGBT à qui elle sera imposée par leurs propres enseignants, et elle méconnaîtra le principe de neutralité dont le ministre lui-même a rappelé l’importance à l’ensemble de la communauté éducative.

Associations | Discriminations | Education | France | Homophobie | Politique | PS | 06.10.2012 - 18 h 03 | 0 COMMENTAIRES
Octobre 2012 : Le rapport sur la Refondation de l’école rappelle la nécessité de « lutter contre les stéréotypes racistes, sexistes ou homophobes ».

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Le 5 octobre 2012, le ministère de l’Education nationale a mis en ligne un  document de 50 pages intitulé « Refondons l’École de la République – Le rapport de la concertation« . Ce rapport fait suite à plusieurs mois de concertation et de débats entre de très nombreux acteurs du système éducatif (cadres, enseignants, syndicats, chercheurs, associations, etc.).

Ce rapport sera utilisé par Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale, pour élaborer la future loi d’orientation sur l’Education nationale qui donnera les grands axes de la politique éducative durant le quinquennat de François Hollande. Trois passages concernent directement les LGBT et la lutte contre les LGBT-phobies, et ils sont plutôt positifs.

D’abord, pour les auteurs du rapport, l’école doit « lutter contre les stéréotypes racistes, sexistes ou homophobes » et « apprendre aux élèves à refuser tous les types de discrimination ». Même si cela semble aujourd’hui aller de soi, il est toujours bon de rappeler ce rôle de l’Ecole, parfois passé sous silence. La lutte contre l’homophobie n’a été l’un des objectifs de l’école qu’à partir… de 2001 (sous Jack Lang), puis à partir de 2008 (sous Xavier Darcos) : il s’agit donc là d’une ambition récente de l’école, qui est toujours à réaffirmer.

D’autre part, les auteurs du rapport préconisent d' »intégrer systématiquement au règlement intérieur le rappel et l’explication du principe de laïcité et des règles en découlant, ainsi que le refus des discriminations, la lutte contre les stéréotypes liés au genre et l’égalité filles-garçons ». Ils témoignent ainsi d’une volonté réelle de sanctionner et de prévenir toute attitude ou tout propos enfreignant la laïcité ou le respect des différences.

Enfin, les associations sont plusieurs fois mentionnées au cours du rapport. Leur rôle éducatif est mis en valeur, et le rapport préconise même de les faire participer à la formation des maîtres au sein des futures Espé (Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation). On peut espérer que des associations comme Le Refuge, Contact ou SOS Homophobie pourront ainsi transmettre aux enseignants leurs connaissances et leurs savoir-faire en matière de lutte contre l’homophobie et l’exclusion.

Rappelons que l’association SOS Homophobie avait proposé sa propre contribution aux débats sur la refondation. Elle y insistait notamment sur la nécessité de sensibiliser les élèves au respect des différences de genre et d’orientation sexuelle, sur l’intégration à la formation des enseignants de modules sur les questions LGBT, ainsi que sur la mention des sanctions encourues pour LGBT-phobies dans le règlement intérieur. On peut voir que les auteurs de ce rapport ont entendu et retenu la plupart des revendications de l’association.

Par ailleurs, la ministre déléguée à la réussite éducative, George Pau-Langevin, était chargée dans l’équipe de François Hollande des questions sociétales, au sein desquelles figurait l’égalité des droits entre les couples et la lutte contre les discriminations. Gageons que la ministre saura mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la lutte contre l’homophobie, qui participe, elle aussi, à la réussite éducative et au bien-être des élèves à l’école. En effet, il reste maintenant au ministère de l’Education nationale à transcrire toutes ces belles ambitions dans la loi d’orientation pour l’école, qui sera rédigée au cours des prochaines semaines.

Education | Famille | France | Homoparentalité | Mariage | Politique | PS | 10.02.2012 - 14 h 54 | 17 COMMENTAIRES
[Info exclusive] Lors de son discours d’Orléans, François Hollande a rayé son hommage aux familles homoparentales.

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Est-ce un incident troublant et inquiétant, ou un simple revirement anodin dû aux circonstances ? François Hollande, qui devait rendre un hommage appuyé aux familles homoparentales ce jeudi soir à Orléans, a finalement préféré ne pas dire un seul mot sur ce sujet.

Le discours tenu par François Hollande ce jeudi 10 février, à Orléans, devait être centré sur l’éducation. Pour introduire ce thème, la première moitié du discours a également été dédiée à des thèmes bien plus larges que l’éducation : la compétitivité, la vie démocratique, les inégalités de revenus… Il s’agissait pour François Hollande, en abordant ces questions, de répondre à la longue interview donnée par Nicolas Sarkozy au Figaro Magazine, dont plusieurs éléments commençaient déjà à fuiter dans les médias.

BFM et Europe 1 confirment :  le discours, initialement rédigé par Vincent Peillon et centré sur l’éducation, a ainsi été réécrit dans la journée de jeudi, « pour répliquer à la conception de la République, développée dans le Figaro Magazine par Sarkozy ». On comprend qu’il s’agissait là, pour François Hollande, de frapper un grand coup, et de montrer les idéaux et les principes auxquels il croit, par opposition aux objectifs de Nicolas Sarkozy dans son interview intitulée « Mes valeurs ».

Hélas ! Afin de réécrire son discours, d’en faire un moment fort de la campagne, de répondre à Nicolas Sarkozy et d’affirmer ses valeurs, François Hollande a choisi… de supprimer l’hommage vibrant qu’il avait prévu de rendre aux familles homoparentales !

Voici en effet, en exclusivité absolue, le passage qui devait être prononcé par François Hollande dans les toutes premières minutes de son discours d’Orléans :

Comme Républicain et comme homme de gauche, je suis attaché aussi à trois valeurs essentielles qui, je le sens, sont au coeur de cette campagne qui s’ouvre.

La famille est la première des cellules humaines, celle où tant de choses se jouent, très tôt. Celle où l’on reçoit – où l’on devrait toujours recevoir – l’amour et l’affection. Celle qui vous élève, vous fait grandir, vous protège. Entre toutes les institutions de la société, elle est la plus précieuse. Elle doit être défendue comme telle. Mais elle doit être défendue telle qu’elle est aujourd’hui, c’est-à-dire diverse. Il y a bien longtemps qu’il n’y a plus “un” modèle familial. Je veux que la famille soit considérée comme une institution libre, ouverte, moderne, vivante, ancrée dans la réalité de notre société et s’adaptant à l’évolution de nos moeurs. Défendre la famille, ce n’est pas la corseter dans un cadre défini une fois pour toutes, en dépit de toutes les évolutions et au mépris de tout bon sens, en occultant délibérément ce qui est au fondement de la famille et qui, seul, lui donne sa force : l’amour.  C’est pourquoi, je l’ai dit et je le répète ce soir, je suis favorable au mariage entre personnes du même sexe. Et parce que j’aime la famille et parce que je veux défendre les familles, toutes les familles, je veux qu’elles soient toutes traitées de façon équitable, qu’elles reçoivent toutes de la collectivité le soutien auxquelles elles ont toutes droit, celles qui paient l’impôt sur le revenu comme celles qui ne le paient pas : et, par conséquent, je veux que le quotient familial soit revu et réformé afin que toutes les familles françaises, et pas seulement les plus aisées, soient aidées.  Aimer et défendre la famille, c’est aimer et défendre toutes les familles. Et pas seulement les plus favorisées !

Ce passage vous semble beau ? Ces phrases vous semblent convaincantes ? Eh bien : François Hollande, pour qui on les avait écrites, ne les a tout simplement pas lues ! On pourra visionner l’intégralité du discours du François Hollande pour vérifier :  à aucun moment ces phrases ne sont prononcées par le candidat. En effet, ce passage a été supprimé entre jeudi matin et jeudi soir, alors que Nicolas Sarkozy venait justement de lancer de graves attaques contre les LGBT, en réaffirmant son opposition à l’ouverture du mariage et de l’adoption pour les couples de même sexe !

Pour prendre cette décision, François Hollande s’est entouré de Vincent Peillon, qui avait rédigé la première version du discours, de Manuel Valls et surtout d’Aquilino Morelle, qui semble porter la responsabilité de cette suppression. Rappelons qu’Aquilino Morelle est l’énarque qui rédigeait déjà les discours de Jospin de 1997 à 2002 – juste avant une défaite que tout le monde croyait impossible.

Alors, Monsieur Hollande : sachez deux choses. D’une part, il arrive que l’histoire se répète. Le PS a déjà perdu deux élections présidentielles imperdables, en écoutant des conseillers timorés, et en suivant des orientations politiques douteuses, voire hypocrites. Un troisième échec n’est pas impossible, si la gauche se coupe encore de ceux qui croient en elle.

D’autre part, je me sens trahi, en tant qu’homosexuel, par vos atermoiements continus au sujet du mariage et de l’adoption par les homosexuels. Refuser d’intégrer ces thèmes dans un discours portant finalement sur vos valeurs essentielles, alors même que Nicolas Sarkozy attaque gravement les LGBT, c’est faire preuve d’une grande maladresse, ou manifester un profond mépris pour nos familles. Ces phrases si belles ne sont donc que des mots ? L’émotion qu’elles laissent transparaître ne sont donc qu’un jeu pour attirer l’électorat, et il faudrait vite les supprimer lorsque les choses deviennent sérieuses ?

Cher Monsieur Hollande, je vous le dis franchement : ma voix ne vous est pas encore acquise. Il est des moments, de plus en plus nombreux, où je me prends à douter sérieusement de votre sincérité et de votre engagement pour les LGBT. Que comptez-vous faire, pour nous prouver enfin que les LGBT sont, à vos yeux, plus qu’une simple réserve de voix ? Vous semblez en effet croire – à tort – que nos voix vous sont acquises d’emblée. Je vous donnerai la mienne avec plaisir, mais je vous prie, auparavant, de vous en montrer digne.

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