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Discriminations | Education | Homophobie | International | 04.05.2012 - 04 h 51 | 2 COMMENTAIRES
Un conte d’Allemagne : l’instituteur, le prêtre, et les villageois homophobes.

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Ce conte relate une histoire vraie, qui n’est pas si ancienne qu’on pourrait le croire.

Il était une fois un petit village de 1200 habitants, Rechterfeld, en Allemagne (Basse-Saxe), dont le maire et les habitants étaient bien embêtés. En effet, l’école publique n’avait plus de directeur depuis plusieurs mois, et il est bien difficile de faire tourner un établissement dans ces conditions. Au printemps 2012, un instituteur se présente. Vite vite, on réunit les comités nécessaires, on demande l’accord des autorités compétentes : tout va pour le mieux, le candidat est retenu, et il va pouvoir prendre les rênes de l’établissement qui en a tant besoin. Or, c’est lorsqu’on croit que tout est arrangé, que les ennuis commencent..

Coup de théâtre : le prêtre catholique, figure centrale dans ce petit village conservateur, dit avoir reçu de nombreux appels émanant des villageois inquiets et courroucés. De quoi se plaignent-ils ? Eh bien, pardi, il se murmure que le nouvel arrivant serait gay et protestant – deux tares impardonnables dans le village. Le prêtre, Hermann Josef Lücker, n’écoute que son courage, et prend son téléphone. Il tombe sur le compagnon de l’instituteur, et lui explique que les villageois sont mécontents : ils lui auraient fait part de « leurs craintes », « leurs peurs », « leurs détresses ». L’instituteur n’est pas là – le prêtre laisse un message à son intention : il espère bien pouvoir lui dire bientôt deux mots, en entretien privé…

Mais le prêtre n’aura jamais l’occasion de se livrer à l’entretien qu’il avait prévu. Car, suite à cet appel, l’instituteur a tout bonnement… retiré sa candidature. A présent, le prêtre nie avoir tenu des propos désagréables par téléphone sur l’homosexualité ou le protestantisme de l’instituteur. Mais, quand on lui demande de quels problèmes il voulait parler avec l’instituteur, et pourquoi celui-ci a subitement refusé de venir, il élude la question. Il se refuse également à dire qui l’a appelé, et pourquoi il s’en est pris à l’instituteur, au lieu d’expliquer aux villageois que « leurs craintes » et « leurs peurs » réelles ou supposées étaient tout bonnement sans fondement.

Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire que cette décision est une catastrophe pour le village, qui continuera à devoir se passer de directeur d’école durant sans doute une longue période. Le village, qui n’avait besoin de cela, voit sa réputation encore plus détériorée qu’auparavant. Quant à l’instituteur, bien qu’il habite dans le canton de Rechterfeld, il préfère continuer à faire la route tous les jours entre son domicile et la ville de Brême, plutôt que d’enseigner là où l’on n’a pas voulu de lui.

La morale de cette histoire vraie ? La collectivité est toujours menacée davantage par un groupe d’homophobes cauteleux que par un couple de garçons amoureux. Qu’on se le tienne pour dit ! A présent, les deux compagnons ne veulent plus entendre parler des habitants du village ni de leur prêtre, et ils vivent désormais des jours heureux en Basse-Saxe – mais on ignore encore s’ils auront, comme à la fin des contes traditionnels, la chance d’élever « beaucoup enfants ».

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