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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Discriminations | France | Homophobie | Livres | Mariage | Medias | Monde rural | Sexualité | 24.11.2014 - 01 h 18 | 6 COMMENTAIRES
Amiens – Mais quel est donc le problème du Courrier Picard avec les homosexuels ?

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L’année 2014 a-t-elle été déclarée année de l’homophobie par le Courrier Picard ? On pourrait bien le croire, au vu de la succession d’articles, toujours orientés dans le même sens, que ce journal a consacrés à l’homosexualité. Est-ce là une façon pour ce journal de s’adapter à l’augmentation du vote Front National dans sa région ? Ou bien est-ce l’expression de convictions intimes de la part de la rédaction amiénoise ? En tous les cas, on ne peut que s’interroger sur le recours à des procédés tendancieux pour condamner directement ou indirectement les homosexuels, et à en faire des boucs-émissaires faciles pour la population. Retour chronologique sur une année où l’on semble devoir comprendre que, pour certains journalistes amiénois, l’homophobie n’est pas forcément un problème en Picardie, mais l’homosexualité en est apparemment un.

***

1) Février 2014 : Edouard Louis, la première cible.

Edouard Louis

Edouard Louis

Lorsqu’un Picard rencontre du succès, la presse locale s’en montre généralement plutôt fière : Jean-Pierre Pernaut, Cauet, Miss France, Emmanuel Macron… sont autant de gloires régionales qui n’ont pas été fortement étrillées par le Courrier Picard. Mais lorsqu’Edouard Louis a connu un succès littéraire avec son roman « Pour en finir avec Eddy Bellegueule », il s’en est alors agi fort différemment. Le Courrier Picard est le premier à publier un article incendiaire contre le jeune auteur. Dans l’édition du 2 février 2014, Fabrice Julien et Gaël Rivallain entreprennent en effet de révéler « Les deux visages d’Eddy Bellegueule  ». Pour ce faire, les deux journalistes du Courrier Picard sont allés à la rencontre de « sa famille et ceux qui l’ont côtoyé », pour comprendre « le malaise » que ce livre suscite en eux :

« À Hallencourt, la famille d’Eddy/Édouard, a cru s’étrangler à la lecture du récit […] Nous ne sommes ni racistes ni homophobes, insiste sa soeur Mélanie. Nous n’avons découvert l’homosexualité d’Eddy qu’il n’y a deux ou trois ans et franchement, dans la famille, tout le monde s’en moque. »

Et puisque la famille dit qu’il n’a jamais existé d’homophobie en son sein, on est prié de la croire : fermez le ban ! Feignant volontairement d’ignorer qu’il s’agit d’un « roman », les journalistes Fabrice Julien et Gaël Rivallain font ensuite mine de s’étonner :

« La vraie famille d’Édouard Louis n’a, à première vue, pas grand-chose à voir avec celle à la Germinal, misérable, inculte et vulgaire, décrite dans le roman. Mélanie, la grande sœur âgée de 28 ans, titulaire d’un bac pro, prend soin de son fils Ulysse, sept mois, la dernière « merveille » de la famille. Andy, en troisième au collège de Longpréles-Corps-Saints (où Eddy Bellegueule a aussi fait ses humanités), et Candice, en seconde au lycée Boucher-de-Perthes d’Abbeville, poursuivent une scolarité normale. »

On ne voit pas bien en quoi la scolarisation des enfants de la famille a à voir avec le roman d’Edouard Louis, qui raconte l’homophobie dont un jeune garçon de la campagne picarde est victime tout au long de sa jeunesse. Andy et Candice, dont on se demande bien ce qu’ils viennent faire dans cet article, n’ont strictement aucun rapport avec les événements qui sont censés s’être déroulés dans le roman, et Edouard Louis n’a jamais affirmé que lui ou ses frères et soeurs avaient été déscolarisés !

Sans se rendre compte de leurs propres contradictions, les journalistes reprochent ensuite à l’auteur de ne pas « nommer dans son livre » le village dont il est issu, et dans le même temps de ne pas faire un portrait suffisamment fidèle de ce village. Avec cette règle, on condamne tout roman autobiographique, de Vallès à Proust en passant par Céline ou Benjamin Constant. Le Nouvel Obs, sur la base du reportage du Courrier Picard, reprendra d’ailleurs une critique similaire. Edouard Louis répondra alors aux deux journaux en même temps :

« ces mensonges ne sont pas élaborés au hasard mais tendent au contraire à installer et conforter une certaine « critique » de mon livre, comme mensonger, raciste de classe, exagérateur en lui opposant les paroles, perçues forcément comme « vraies » et « sincères », du « peuple » – le fameux bon sens populaire, les « bons sauvages » – tel qu’il apparaît aux journalistes parisiens, ou même picards ou à d’autres encore ».

Le comble est atteint lorsque les deux journalistes ne remarquent même pas que l’ « ami » d’Edouard qu’ils interrogent dans leur interview s’offusque de bien des accusations, mais surtout pas de celle d’homophobie, qui est pourtant la principale :

« Oui, il a eu une enfance dure, mais à ce point là ? », s’interroge, perplexe, l’un de ses anciens amis, qui souhaite garder l’anonymat. « Ce qui me dérange, c’est qu’il associe sa classe sociale à l’alcoolisme, le chômage et le racisme, alors que ce n’est pas le cas de tout le monde, bien évidemment.

enfiniraveceddybellegueuleHeureusement, parmi les quatre articles consacrés à Edouard Louis sur une pleine double page de cette édition du 2 février, il y en a tout de même un d’une demi-page, signé Philippe Lacoche, qui est positif. Mais ce petit encart peine à convaincre le lecteur, qui peut lire sur une page et demie qu’Edouard Louis a, selon le Courrier Picard, trahi tout à la fois sa famille, ses amis, son village et sa région.

Ce qui est particulièrement étonnant, c’est que le Courrier Picard revient constamment à la charge : en mars 2014, le journaliste Fabrice Julien (encore !) se demande : « Que devient Edouard Louis ? » et écrit un nouvel article à charge. Il s’étonne faussement : « A Hallencourt, charmant village de la Somme, les proches d’Eddy/Édouard n’ont plus de nouvelles de lui ». Comme Brassens dans la Ballade des gens qui sont nés quelque part, on aurait envie de répondre à Fabrice Jullien au sujet de ce « charmant village » : « C’est vrai qu’ils sont plaisants, tous ces petits villages, tous ces bourgs, ces hameaux, ces lieux-dits,… ils n’ont qu’un seul point faible, c’est d’être habités ! »

Et le 1er août, le Courrier Picard meuble ses vacances… en remettant le couvert au sujet d’Edouard Louis ! Son tort serait, selon le journal, d’avoir obtenu un poste d’allocataire pour enseigner à l’université d’Amiens, « alors qu’Édouard Louis n’est plus vraiment dans le besoin ». Or on sait très bien que ces postes ne sont pas attribués sur critères sociaux : ce ne sont pas des bourses ! Fabrice Julien (toujours lui…) a une phrase très élégante : « Cette intégration interroge quant aux réelles motivations de l’auteur ». Comprenez : Edouard Louis ne pense qu’à ses sous. Mais si le Courrier Picard s’inquiète tant des « étudiants fauchés » comme il les appelle, il y a une solution simple : il n’a qu’à en embaucher davantage à la sortie de leurs études.

On pourrait penser qu’il ne s’agit là que d’une affaire « Edouard Louis ». En réalité, non : ce qui est reproché à Edouard Louis, c’est d’avoir pointé du doigt les problèmes d’homophobie, qui existent en Picardie comme ailleurs. La suite des articles publiés dans l’année sur l’homosexualité par l’édition d’Amiens du Courrier Picard le montre très clairement.

2) Avril 2014 : homosexualité et pédophilie.

Un article du Courrier Picard fait scandale fin avril 2014, trois semaines avant la journée internationale de lutte contre l’homophobie. En effet, le journal choisit de titrer comme suit l’un de ses articles : « Compiègne (60) – Le premier marié gay soupçonné de pédophilie » ! Alors que « le procureur se refuse à donner toute information complémentaire concernant les faits reprochés au Compiégnois », le journaliste sait déjà que « l’enquête risque d’être complexe à mener ». L’article donne le nom, l’âge, la photo et la nouvelle ville d’habitation du prévenu.

Le 1er mai, un second article paraît sur le même sujet, pour en rajouter encore une couche: « Le premier marié gay mis en examen ». Après avoir relaté ce fait divers, l’édition régionale se fend d’un paragraphe très orienté, qui n’a plus rien à voir avec la simple description d’un fait divers :

Cette mise en examen survient alors que la loi sur le mariage pour tous s’apprête à fêter son premier anniversaire. En début d’année dernière, les débats qui avaient précédé son vote avaient été pour le moins vifs, faisant descendre des milliers d’opposants dans les rues. Opposants qui, pour certains, continuent à se mobiliser contre le « mariage pour tous ».

Sur Facebook et Twitter, de nombreuses voix s’élèvent contre l’amalgame réalisé par le journal entre homosexualité et pédophilie, et contre les liens établis abusivement entre ce fait divers et les débats sur le mariage pour tous : « @Courrier_picard Vous n’avez pas honte d’associer homosexualité et pédophilie?? #Journalismeencarton » . Sur le site « Le Plus » du Nouvel Observateur, Giuseppe di Bella s’indigne également:

La mauvaise foi du « Courrier picard » est consternante. Contrairement à ce qu’il ose prétendre, l’article ne fait pas que donner l’information « sans discrimination ni amalgame. »

Cette façon de traiter l’information n’a pas sa place dans un quotidien sérieux. Elle ne fait qu’accentuer l’homophobie. C’est un procédé indigne qui est souvent utilisé par l’hebdomadaire d’extrême droite « Minute »

3) Mai 2014 : SOS homophobie dans le collimateur du Courrier Picard à Amiens

rapports homophobie« Cette façon de traiter l’information » n’est pas abandonnée pour autant. Le 17 mai 2014 a eu lieu la journée mondiale de lutte contre l’homophobie. L’édition amiénoise du Courrier Picard aurait pu en profiter pour aborder la question de l’homophobie dans le département de la Somme ou dans la ville d’Amiens. Pas du tout : même si elle rappelle (encore heureux…) que « chaque acte de haine mérite un SOS et un Non sans nuance de la part des pouvoirs publics », l’édition d’Amiens en profite pour tacler l’association SOS homophobie, et pour appeler à la tolérance… envers la Manif pour Tous !

Qu’on en juge : David Guévart lui-même, rédacteur en chef, fustige « la violence qui a accompagné le vote de la loi Taubira dans les camps de ceux qui y étaient favorables, comme dans le camp des opposants » ! Il faut être journaliste au Courrier Picard pour avoir entendu parler d’actes de « violence » de la part des défenseurs du mariage pour tous, et pour oser comparer ces actes imaginaires aux mouvements d’extrême-droite et intégristes qui se sont exprimés « dans le camp des opposants ». Et même si l’on parle simplement de propos violents, ce qui ne semble pas le cas ici, on aura de toute façon bien du mal à renvoyer dos à dos défenseurs et opposants au mariage pour tous, comme si « la violence » avait été une arme équitablement partagée entre les deux camps !

Mais il y a pire : pour le rédacteur en chef du Courrier Picard, s’il y a de l’homophobie en France, c’est en grande partie de la faute des homos eux-mêmes. Le texte est accablant :

SOS homophobie ne doit pas se tromper de colère en pointant du doigt globalement la Manif pour tous. Ou alors il faut dire clairement que les manifestants devaient se taire, qu’ils n’avaient pas voix au chapitre. Un peu difficile pour des démocrates. S’il est vrai que les débats ont libéré la parole homophobe, la responsabilité est forcément partagée, dans un contexte fait de provocations, d’affrontements et de slogans caricaturaux de part et d’autre.

On ne sait d’où sort ce constat qui devrait « forcément » être admis par tous. En deux ans de débats absurdes et outrageants pour les familles homoparentales, pointées du doigt, on cherchera en vain les « provocations et affrontements » auxquels se seraient livrés les défenseurs du mariage pour tous, et que le Courrier Picard prétend avoir vus et dénoncer.

Enfin, il faut croire qu’on ne voit pas les mêmes choses à Amiens et à Saint-Quentin, puisqu’à la même période, dans l’édition de Saint-Quentin, on annonce simplement la création… d’une antenne de SOS homophobie à Saint-Quentin ! Il semble donc que le problème du Courrier Picard avec les homosexuels se situe en particulier à l’édition d’Amiens. La suite des articles publiés à Amiens amène également à le penser.

4) Octobre 2014 : La drague homosexuelle, ce douloureux problème.

Cette fois, c’est le journaliste Zouad Bakhti qui s’y colle. Le 30 octobre 2014, le Courrier Picard s’attaque à un problème de taille : la drague homosexuelle causerait des nuisances pour les riverains d’un square. Une pleine double page (!) est consacrée à cette actualité brûlante, et un habitant témoigne : « La nuit, on sait qu’il s’y passe beaucoup de choses » ! D’incroyables révélations sont lancées dans cet article : ainsi, « au sol, les emballages de préservatifs côtoient les cannettes de bière et autres détritus ». Il faudrait conseiller aux journalistes du Courrier Picard de se rendre plus souvent sur les lieux de drague hétéros, et aux endroits bien connus, en Picardie et ailleurs, où des prostituées féminines attendent le client mâle : croient-ils donc qu’on s’y roule dans une herbe pure et immaculée, et que seules les pâquerettes y jonchent la route ou la pelouse ? Selon que vous serez homo ou hétéro, le Courrier Picard d’Amiens portera décidément sur vous un regard bien différent…

L’article interroge quelques habitués des lieux, qui expliquent simplement les problèmes qu’ils rencontrent :

On voudrait évidemment ne pas gêner les riverains mais depuis qu’ils ont taillé les bosquets et les buissons nous sommes plus visibles. On ne gêne personne, on ne fait rien de mal, on aimerait simplement avoir un lieu à nous. […]

Ils évoquent la violence homophobe à laquelle ils sont confrontés :

Beaucoup de jeunes d’Amiens-Nord ou d’Etouvie veulent casser du pédé. Il y a trois ans, un homme a été frappé à la tête, on ne l’a retrouvé qu’au matin, complètement nu et dans un sale état. L’an dernier, c’est un autre homme qui a été frappé sauvagement. Et je ne vous parle pas des vols de portables ou de portefeuille. On a parfois l’impression d’être des proies.

Mais la mairie d’Amiens répond à cette demande par la manière forte, puisque la mesure annoncée est la suivante : « D’ici quelques semaines, un arrêté municipal sera pris pour fermer le square la nuit », ce qui n’était pas tout à fait ce qui lui était demandé ! Enfin, l’article se conclut sur les déclarations tonitruantes de l’adjoint au maire chargé du quartier : « La situation est devenue inacceptable. On veut faire en sorte que les Amiénois se réapproprient ce lieu ». Il va bien sûr de soi que des homosexuels qui draguent ne peuvent pas être « des Amiénois »…

Ce qui est significatif, c’est que le 31 octobre, c’est-à-dire le lendemain, une grave affaire d’agression homophobe commise en ville, dont l’auteur est sévèrement condamné par le tribunal d’Amiens. Que croyez-vous qu’il arrive alors ? Cette fois, le journal y consacre un article laconique, d’une dizaine de lignes, où le journaliste trouve important de faire remarquer que SOS homophobie est « montée au créneau », dans une « histoire somme toute banale au départ ».

Par contre, le prétendu malaise qu’inspirent les homosexuels et les nuisances qu’ils provoqueraient méritent quant à eux une seconde « enquête » détaillée de la part du journal ! Décidément, en 2014, le Courrier Picard a ses raisons que la raison ne connaît point.

5) Novembre 2014 : La drague homosexuelle, encore et toujours !

Le square Lermerchier avait eu droit à une double page fin octobre 2014 de la part de Zouad Bakhti. Les journalistes du Courrier Picard semblent avoir pris goût aux lieux de drague homo, puisque trois semaines plus tard, Christophe Berger se rend cette fois « au bout de la rue Desjardins, dans la zone industrielle Nord », pour y dénoncer à nouveau sur une double page « une zone de drague au masculin ». L’article est un monument de voyeurisme complaisant et de moralisme ridicule. Tout heureux de trouver un coupable, le journaliste s’empresse d’aller interroger « un jeune qui avoue venir régulièrement sur ces lieux ». Il prend en note ses déclarations, observe autour de lui, puis il affirme au lecteur : « On a vu ce qu’on voulait. […] Il faut l’avouer, nous ne sommes plus très à l’aise ».

Après un intertitre peu ambigu, « Ces pratiques ne plaisent pas à tout le monde », le journaliste livre la quintessence de sa méthode de travail. Il faut le voir pour le croire :

Une lettre anonyme a été adressée en mairie d’Amiens pour dénoncer son immobilisme par rapport à ce qui se passe dans ce bois. On y parle de prostitution masculine, trafic de drogue, dégradations… Ce courrier stipule aussi que les entreprises voisines, France Express, Géodis, Calberson, Shenker… se plaignent de cette présence. Par rapport à leur implantation, on doute que ce qui se passe dans ce bois les perturbe.

Oui oui : au Courrier Picard, à Amiens, on base ses enquêtes sur… « une lettre anonyme adressée en mairie d’Amiens » ! En Picardie comme ailleurs, on n’avait sans doute plus vu cela depuis quelques dizaines d’années !

Mieux encore : on apprend soudain, à la fin de l’article, que le lieu décrit est en réalité… « une propriété privée » ! Il faut donc en conclure que le journaliste s’est rendu volontairement sur un lieu privé pour aller observer des hommes nus et des pratiques homosexuelles dont il abhorre la vue, puis en rendre compte dans son journal ! C’est là une méthode d’investigation tout à fait nouvelle. Amiénois, méfiez-vous : si un homme toque à votre porte pendant vos ébats, il s’agit peut-être bien de Christophe Berger, chargé par ses supérieurs d’une nouvelle enquête spéciale concernant vos pratiques sexuelles, basée sur la foi d’une lettre anonyme qui vous concerne.

Mais rassurez-vous : si vous êtes hétérosexuel(le), vous avez toutes les chances d’être laissé(e) tranquille par le Courrier Picard d’Amiens. D’ici 2014, le journal trouvera bien encore quelques adresses de rencontre homosexuelle à dénoncer sur des pages entières. La mise en avant de ces lieux n’est d’ailleurs pas seulement ridicule : elle est surtout dangereuse, si l’on en croit les nombreux témoignages de violences homophobes à l’encontre des personnes qui fréquentent ces lieux.

Heureusement, cet article a été rapidement condamné par de nombreux internautes sur les réseaux sociaux, et en particulier sur le compte Facebook du Courrier Picard. Florilège :

« Zone de danger désormais. Il va y avoir des expéditions punitives » ;

« Le courrier picard de pire en pire et de plus en plus homophobes. Autre sujet pas encore traité : les homosexuels dans les toilettes publiques de la gare, du cinéma, le parc saint leu, derrière le cirque… bravo continuez c’est ça la vraie actu ! » ;

« Toujours plus groland que jamais, Le weekend cest un festival. A quand un clou avec le courrier Picard pour le recycler !!!! ;

« Pour faire dans la stigmatisation, le Courrier Picard est roi. C’est bien connu ! » ;

« Abuser le courrier Picard!!!! Vous avez pas autre chose à foutre sérieux ?ce quotidien régional devrais réfléchir un peu !!!! Une honte !!!! Vous serai certainement la cause d agression désormais » ;

« Bravo au Courrier Picard et à ses journalistes qui semblent ne pas aimer les homos ça fait vraiment très professionnel ça c’est de l’actualité bravoooo chacun est assez grand pour faire ce qu’il veut de son cul n’est ce pas ?! » ;

« Du journalisme de bas étage, avec tout les stéréotypes qui vont avec ! c’est scandaleux » ;

« Eh oui Flo, le Courrier Picard devient lamentable, c’est plus comme avant ! Et dire que mon père a beaucoup donné et y a travaillé toute sa vie. »

« Et après, on fait des articles sur les violences homophobes (ah non pardon, ça ils ne le font pas) » ;

« Un article sur le lieu de drague du centre ville. Un autre sur la zone nord. C’est quoi le pb du Courrier Picard ??? »

« Cet article va sûrement faire de sacrés dégâts pour ceux qui aiment s’y rendre en tout cas »

« C’est vraiment n importe quoi courrier Picard il y a plus grave en Picardie parler un peu des sdf l hiver approche »

« Ce journal est devenu un vrai torchon ! Le courrier Picard devrait avoir honte. Laisser un peu tranquille les gays !!!!
Aller poursuivre les dealers, les braqueurs, les délinquants en tout genre …A non pour cela il faut du courage !!!!
Nous attendons autre chose d’un journal
 »

Le Courrier Picard n’a bien sûr répondu à quasiment aucune de ces remarques : cela aurait pourtant été tout à son honneur. Il n’est jamais trop tard pour reconnaître avoir fait des erreurs – même s’il vaut mieux sans doute mieux s’abstenir directement de les commettre.

***

Après une année pareille, que reste-t-il à dire ? L’accumulation, en quelques mois, d’articles destinés à pointer du doigt la communauté homosexuelle ne cesse d’étonner dans un même journal. S’agit-il d’une simple maladresse, ou bien d’une  campagne, volontaire ou non, de dénigrement à l’égard des homosexuels ? Les journalistes qui ont signé ces articles se rendent-ils compte du mal qu’ils peuvent faire, par ces articles, dans une région où les LGBT sont encore trop fréquemment rejetés ? En 2014, ce bilan du traitement des LGBT dans le Courrier Picard d’Amiens n’est pas brillant. Il reste à espérer que 2015 soit peut-être enfin l’année de l’égalité réelle entre homos et hétéros, dans la vie quotidienne comme dans les médias.

Discriminations | Droit | Extrême(s) Droite(s) | Famille | France | Gestation pour Autrui | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | Medias | Politique | UMP | 11.10.2014 - 02 h 27 | 3 COMMENTAIRES
Lettre ouverte à Monsieur Xavier Bertrand, député-maire de Saint-Quentin (Aisne).

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Monsieur le député-maire Xavier Bertrand,

Vous avez affirmé récemment, lors de votre passage au Grand Journal de Canal +, que vous aviez participé à « chacune » des « manifs pour Tous » organisées depuis la création de ce mouvement en novembre 2012. Cela représente au minimum sept jours complets passés à arpenter les rues de Paris, de Montparnasse à l’Arc de Triomphe, en passant par les Invalides, le Trocadéro, l’arche de la Défense, le Quai d’Orsay ou la porte Dauphine. Durant ces dizaines de kilomètres de marche cumulés au beau milieu de vos dimanches après-midi, il semble que vous ayez mieux appris à découvrir la géographie de Paris que les habitants de Saint-Quentin, votre ville et votre circonscription.

Xavier Bertrand

Xavier Bertrand

Il faut sans doute croire que vous avez bien du temps à perdre chaque dimanche. Certes, vous pouvez naturellement occuper votre temps libre aux activités sportives et récréatives de votre choix – si tant est qu’un député-maire d’une ville de 70 000 habitants dispose d’une journée de temps libre par semaine, ce qui resterait encore à prouver. Mais pour mettre à profit vos jours de repos désœuvrés, vous pourriez par exemple vous promener davantage dans les rues de Saint-Quentin, parler avec les gens, et découvrir ainsi une réalité qui vous est apparemment largement ignorée. Vos engagements répétés « en tant que citoyen » aux côtés de la Manif pour Tous, non seulement nuisent aux homosexuels de votre circonscription et d’ailleurs, mais ne semblent de surcroît pas profiter aux habitants de Saint-Quentin.

Faut-il vous rappeler que vous êtes à la fois l’un des acteurs principaux et le représentant d’un territoire en grave difficulté économique et sociale ? Ignorez-vous que l’Insee, à partir de 27 facteurs liés à la qualité de vie dans les régions, classe Saint-Quentin et l’ensemble de votre circonscription parmi les territoires de France « en situation peu favorable », ce qui signifie qu’il s’agit hélas de l’une des zones les plus défavorisées et les moins attractives du pays ?

Vous prétendez que la participation aux Manifs pour Tous vous permet de discuter avec « les Picards ». Mais pour connaître la réalité de votre ville, Monsieur le député-maire, il n’est pas nécessaire de monter à Paris pour vous entretenir avec quelques homophobes venus de Compiègne, Senlis et Longueau. En effet, l’urgence, à Saint-Quentin, tout aussi bien dans votre ville que dans votre circonscription, c’est de régler du mieux possible les graves problèmes structurels, économiques et sociaux, qui s’accumulent inexorablement. Ce n’est pas dans la Manif pour Tous, entre deux invectives contre les LGBT et trois levers de drapeaux « bleus, blancs, roses » que vous connaîtrez la réalité de votre ville.

Les habitants de Saint-Quentin n’attendent pas de leur maire qu’il aille se pavaner dans des défilés inutiles où il pourra côtoyer l’Action française et Marion Maréchal-Le Pen. Ils attendent de lui qu’il les aide à vivre mieux dans leur ville. Or, Saint-Quentin, au quotidien, ce sont :

des jeunes adultes qui font tout pour quitter la ville, parce qu’ils préfèrent malheureusement étudier ailleurs, et parce qu’ils ne trouvent pas d’emploi à la sortie de leurs études,

de nombreux commerces qui ferment, parfois même très peu de temps… après leur ouverture,

un patrimoine historique, industriel, architectural et urbain laissé à l’abandon,

une population désabusée, attristée, désespérée de se sentir abandonnée par la classe politique locale et nationale – et en particulier par son député-maire,

– un Front national qui obtient plus de 20% des voix aux élections municipales,

de nombreux travailleurs pendulaires qui trouvent des emplois dans des villes plus attractives (Paris, Amiens, Lille, Reims), et qui ne restent à Saint-Quentin que par défaut, avant d’aller ailleurs s’ils le peuvent.

une vie culturelle déclinante, où des spectacles sont fréquemment annulés faute de spectateurs.

l’un des taux de chômage les plus élevés de toute la France, qui est passé de 11% à 16% entre 2008 et 2013.

Pour parachever le tableau, le département de l’Aisne, dont Saint-Quentin est la ville principale, fait partie des 10 derniers en France lorsque l’on évalue la qualité de vie des départements. Et vous, pendant ce temps-là, vous trouvez le temps d’aller gambader avec Ludovine de la Rochère pour abroger une loi qui ne le sera jamais, et lutter contre les familles homoparentales ? C’est donc là votre priorité de maire et de député ?

Saint-Quentin

Saint-Quentin

M. Bertrand, lorsque la presse locale a voulu interroger des homosexuels sur le mariage pour tous en 2012-2013, elle a eu toutes les peines du monde à rencontrer des Saint-Quentinois prêts à témoigner, car ils avaient peur d’être alors stigmatisés dans leur propre ville. Est-ce bien cela que vous souhaitez pour les habitants de votre ville ? Et pensez-vous que votre soutien à la Manif pour Tous rassure les homosexuels de votre circonscription quant à la réaction de leurs élites et de leurs concitoyens face à l’homosexualité ? Si les droits des homosexuels ne vous intéressent pas, et que de simples raisons morales ne suffisent pas à vous empêcher de les combattre, modérez au moins vos propos par respect pour les citoyens de votre ville…

Le bulletin météo qui a suivi votre intervention a heureusement permis de conclure la séquence sur une petite note d’humour. Et de l’humour, il en faut sans doute, aux Saint-Quentinois, pour supporter leur quotidien tout en voyant le peu de temps que vous leur accordez, au profit d’autres causes qui vous monopolisent à leurs dépens.

Vous pourriez penser que les dernières élections municipales vous ont apporté un plébiscite de la part de la population, qui vous aurait accordé un blanc-seing en 2014. Vous auriez bien tort de croire cela : vous n’avez remporté les dernières élections législatives qu’à 196 voix près (sur 34 000 inscrits), et vous auriez d’illustres prédécesseurs dans la liste des gens persuadés d’avoir un mandat de député à vie quels que soient leurs actes, tels Jean-Marc Nesme, Eric Raoult, ou Brigitte Barèges – qui n’ont pas été du tout récompensés par leur électorat pour leur opposition viscérale aux droits LGBT.

Xavier Bertrand à la Manif pour Tous

Xavier Bertrand à la Manif pour Tous

Au cours de cette interview, vous reprochez même au Front National de ne pas être assez à droite sur la question du mariage pour tous, et d’avoir été trop « en retrait » sur ce point : vous n’effectuez donc même plus de rapprochement avec le Front National (qui ne vous aime guère), vous cherchez carrément à le dépasser par sa droite ! Dans le même temps, à l’instar de Marine Le Pen, vous promettez une très hypothétique abrogation de la loi sur le mariage pour tous, dont vous savez très bien qu’elle n’aura jamais lieu, pour des raisons juridiques et politiques. Les liens historiques de Saint-Quentin avec l’Espagne devraient vous amener à regarder au-delà des Pyrénées : la droite espagnole a-t-elle mis fin au mariage pour tous ? Non ! Plus près de votre circonscription : la droite britannique a-t-elle mis fin au mariage pour tous ? Non, c’est même elle qui l’a instauré ! Alors ne cherchez pas à berner vos électeurs potentiels en lançant une promesse dont tout observateur sérieux sait qu’elle ne tient pas la route. Dans le grand public et dans votre parti, il y a encore des gens qui croient en vos paroles : cela devrait vous conférer une certaine responsabilité et un peu plus de décence dans vos propos.

Ironie due au hasard, ou mauvais calcul politique : ces propos interviennent alors même que ce week-end, Saint-Quentin accueille justement… le salon du mariage et du Pacs ! A cette occasion, on apprend que sur 338 mariages réalisés dans votre ville depuis janvier 2013, 13 ont concerné des couples de même sexe. Croyez-vous que ces couples puissent se promener aisément main dans la main lorsqu’ils sont à Saint-Quentin, comme le font les autres couples hétérosexuels ? De plus, aucun de ces couples de même sexe n’a eu droit à votre présence lors de son mariage, alors que vous avez célébré vous-même des mariages de couples hétérosexuels, et vos propos sur le mariage pour tous signifient que vous auriez voulu pouvoir refuser à ces 13 couples de même sexe le droit de se marier. Ces sept jours passés dans les « manifs pour tous » n’ont-ils donc comme seul but que de nuire au bonheur de quelques couples saint-quentinois ? Est-ce là l’aboutissement de vos « convictions » et de votre engagement personnel, alors qu’il y a tant de difficultés auxquelles les Saint-Quentinois aimeraient que vous apportiez des solutions concrètes ?

Je vous prie, Monsieur le député-maire, de bien vouloir agréer l’expression de mon plus profond respect – sentiment dont je dois bien reconnaître avec quelque regret, au vu des « convictions » que vous affichez à l’heure actuelle, que vous ne l’éprouvez en aucune manière envers les LGBT qui ont lutté et luttent encore pour leurs droits légitimes.

Numa.

***

P.S. : Vous trouverez ci-dessous, pour rappel, le verbatim de vos échanges avec les présentateurs du Grand Journal sur Canal + ce 06 octobre 2014.

Antoine de Caunes – Xavier Bertrand, vous étiez présent, vous l’avez dit tout à l’heure, à la Manif pour Tous, hier. Pourtant, vous vous êtes tenu loin des ténors de la droite. Pourquoi cette discrétion ?

Xavier Bertrand – J’ai défilé dans chacune des manifestations, mais jamais derrière les banderoles. Pourquoi ? Parce que, en tant que politique, je m’exprime à l’Assemblée, ou par exemple sur votre plateau. Vous m’invitez parce que je suis parlementaire, et parce que je suis candidat à la primaire. Mais si j’ai défilé, c’est avant tout en tant que citoyen, et puis il y a aussi une autre chose. Vous voyez : vous êtes derrière la banderole, là. Belles images, très bien. Mais vous parlez avec qui ? Avec les autres élus que vous avez mille occasions de voir. Alors que, au milieu, notamment avec les gens de Picardie, c’est plus intéressant et c’est mieux qu’un sondage, et ça permet de voir la réalité de cette manifestation.

Antoine de Caunes – Symboliquement, ça n’a pas le même poids si vous êtes derrière la banderole, et si vous êtes perdu dans la foule.

Xavier Bertrand – Perdu ? Vous savez, c’était pas discret. Non seulement ça se sait, c’était sur les réseaux sociaux, et j’assume totalement ma présence, mais je le fais aussi en tant que citoyen, parce que ça touche complètement mes convictions. […]

Jean-Michel Apathie – Cette manifestation a une réalité : elle réunit, c’est assez rare, les dirigeants de l’UMP et les dirigeants du Front National : c’est normal selon vous, c’est le jeu de la démocratie ou c’est embêtant ?

Xavier Bertrand – Le Front National, sur ces questions-là, a été très en retrait. Marine Le Pen, sur cette question, notamment au début, a été très en retrait. En ce qui nous concerne, et en ce qui concerne un certain nombre de personnalités, elles ont toujours été constantes dans l’opposition au mariage pour tous.

Natacha Polony – Est-ce que vous n’avez pas déjà perdu le combat idéologique ? […]

Xavier Bertrand – Perdre cette bataille idéologique, c’est si on renonçait à revenir en arrière, si on renonçait à abroger la loi Taubira. Ca voudrait donc dire que le progrès est synonyme de la gauche, et que parce que la gauche l’a fait, c’est synonyme de progrès, et qu’il nous est interdit de revenir dessus. Mais dans ces conditions-là, parce que la gauche l’a voté, si nous revenons au pouvoir en 2017, on ne pourra rien faire. On a déjà connu cette forme de défaite idéologique sur les 35 heures, il n’est pas question de dire qu’on ne pourra pas rien faire, parce que dans ces cas-là, il faut pas s’étonner que les Français ne votent plus. […] Il n’est pas question de démarier les couples homosexuels, il n’est pas question non plus de désadopter des enfants, mais il faut savoir qu’au 19ème siècle par exemple, en France, il y a eu le divorce, le divorce a été aboli, il a été rétabli, je crois, près de 70 ans après, on n’a pas obligé non plus les couples à se remarier. Donc les choses sont tout à fait possibles juridiquement. Je suis pour que l’on accorde la possibilité de s’unir pour les couples homosexuels, mais à partir du moment où vous avez l’égalité complète, il faut voir que l’engrenage de la loi Taubira amènera forcément – ce sera une question de mois ou d’années – à la GPA et à la PMA. Ceux qui disent le contraire, soit ne sont pas au courant, soit mentent sciemment. Parce que la cour de cassation donnera cette interprétation, et aussi la cour européenne de droits de l’homme.

Jean-Michel Apathie – Vous dites que vous êtes pour que les couples homosexuels puissent s’unir. Sous quelle forme, si ce n’est pas le mariage ?

Xavier Bertrand – Vous avez l’union civile, célébrée en mairie, parce que je trouve normal que la république donne aussi sa reconnaissance à cette union. A partir du moment où vous avez l’union, cela me va ; mais si vous avez la filiation, je ne suis plus d’accord. Alors je sais bien qu’on me dit ça, en disant : « Vous avez pas compris, on peut pas dire ça, il faut faire attention : ce sont mes convictions. Et même s’il y avait seulement 20% de Français qui étaient favorables à ça, ça n’est pas le problème, parce que ce sont mes convictions. […] Il faut aller au-delà du Pacs. Le Pacs est incomplet. Et d’ailleurs, nous aurions dû le faire évoluer, le Pacs, comme on l’avait promis à l’époque. D’ailleurs, c’est une grande leçon : quand vous ne menez pas les réformes selon vos valeurs, il ne faut pas s’étonner que vos adversaires les conduisent selon leurs valeurs. Ca aussi, c’est quelque chose qui est à méditer : faut jamais avoir peur d’engager les réformes, parce qu’autrement… Vous avez un sujet, c’est que vous avez une société française qui à mon sens a été déstabilisée, et comme je crois que les réformes à mener dans les années à venir seront très importantes ; en matière économique il faudra aller très loin ; sur le modèle social, si on veut garder l’essence du modèle social, il faudra le rénover ; pour rétablir l’ordre il faudra des réformes qui iront très loin ; mais sur les questions de société, que ce soit sur la question de la fin de vie, que ce soit sur la question de la famille, il faut une vraie stabilité.

Natacha Polony – Et vous n’allez pas rouvrir des fractures ? Vous allez pas refracturer encore plus ?

Xavier Bertrand – Je ne le crois pas, parce que l’aspiration profonde de nombreux homosexuels qui voulaient s’unir, c’était l’union, c’était le mariage, pas la filiation.

Antoine de Caunes – Une question un peu plus personnelle pour finir : vous vous rêvez toujours en candidat UMP en 2017, entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ?

Xavier Bertrand – J’ai toujours cette ambition-là. […] Je suis dans une voie très différente d’eux, peut-être parce que j’ai pas le même parcours qu’eux, peut-être parce que je ne suis pas dans la vie politique depuis 30 ans comme eux au niveau national, peut-être aussi parce que j’ai une façon de travailler, peut-être un peu plus loin de l’hyper-activisme médiatique, parce que c’est ce qui permet d’avoir une vraie réflexion et un vrai travail de fond. Mais c’est encore loin, c’est deux ans et demi, la primaire, et ça demandera la construction d’un vrai projet personnel.

Antoine de Caunes – Actuellement, au niveau des sondages, vous en êtes au même point que François Hollande

Jean-Michel Apathie – Oui, on voudrait pas vous saper le moral, mais regardez : on a trouvé ce petit sondage, vous le connaissez. Vous êtes à 3% auprès des sympathisants UMP, et Nicolas Sarkozy est à 62%. Vous le voyez : y a du boulot.

 

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