4297 Philippe Brillault | E.D.H. – Egalité des Droits Homos/hétéros

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Fiction | France | Homophobie | Mariage | Politique | 15.03.2013 - 11 h 58 | 12 COMMENTAIRES
La Barjot s’en va-t-aux Champs : le manuscrit retrouvé

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Le vendredi, c’est lecture, détente et culture pour préparer le week-end ! Or, une découverte importante dans l’histoire du théâtre vient d’être faite cette semaine par un spécialiste de la littérature du 19eme siècle. En effet, un manuscrit daté de 1883, et signé de la main d’Eugène Labiche ou de Georges Feydeau (les analyses graphologiques sont en cours), vient d’être retrouvé, plié en quatre dans la doublure d’un fauteuil Voltaire qu’il venait d’acheter auprès d’un brocanteur.

L’intrigue en est simple : une mondaine excentrique et croyante, répondant au nom de Frigide Barjot, compte prendre d’assaut les Champs-Elysées. Pour cela, elle réunit autour d’elle un certain nombre de bourgeois maladroits, qui se laissent entraîner par son plan de conquête, et finissent par se fâcher avec la préfecture de police.

Voici le début de la pièce, retranscrit à partir du manuscrit original par notre expert littéraire.

La Barjot s’en va-t-aux Champs, Pièce en trois actes

Acte ILa scène représente le bureau spacieux d’un appartement cossu du XVe arrondissement de Paris. Assis autour d’une table, les principaux responsables de la Manif pour tous débattent avec quelques-uns de leurs invités, conseillers et mécènes. Au lever du rideau, Frigide Barjot se lève et lance des liasses de papiers en l’air, d’un air très énervé.

Frigide Barjot – Faut arrêter maintenant ! Ca fait des heures qu’on discute !

Laurence Tcheng – Mais, Frigide, on vient à peine de commencer…

Frigide Barjot – Ca fait des heures, j’te dis ! De toute façon, dès que Derville se met à parler, on a l’impression que c’est des journées qui passent. On n’est pas à l’Assemblée ici ! Derville, si tu te prends pour Mariton, t’as qu’à mettre des pulls mauves, et on n’en parle plus !

(Tugdual Derville fait mine de vouloir parler, mais Frigide Barjot reprend la parole aussi sec.)

Frigide Barjot – De toute façon, c’est tout vu ! Maintenant, assez de blabla : moi je m’en fous, je prendrai les Champs, que la Préfecture le veuille ou non ! On est en démocratie, alors c’est pas un préfet qui va m’interdire de marcher sur les Champs ! Les Champs, c’est le haut lieu de la culture et de la tradition française! ! Alors, avec ma carrière dans la chanson et le cinéma, si moi je représente pas la quintessence de l’élégance à la française, je veux bien me pendre !

Christine Boutin (tout bas) – Ouais, des promesses, toujours des promesses…

Xavier Bongibault – Non mais c’est évident que Frigide a raison.

Philippe Brillault – Ecoutez, on ne va pas recommencer avec cette histoire ! Mes administrés du Chesnay s’inquiètent : à neuf jours de la manif, il n’y a toujours pas de trajet ! Si la préfecture refuse toujours de nous laisser les Champs, il va bien falloir trouver autre chose.

Frigide Barjot – Toi, tu n’as même pas été capable de nous pondre une pétition qui tienne la route, alors fais-toi discret !

Xavier Bongibault – Là, ouais, Frigide a raison.

Claude Bébéar – Il faudrait tout de même s’assurer qu’il n’y aura pas de casse. J’ai une agence sur les Champs, moi, je n’ai pas envie qu’elle soit vandalisée. Après, il peut y avoir des accidents, ça c’est pas grave : ça incitera les gens à souscrire des contrats « Soin, dépendance et invalidité », dont (il sort un énorme dossier de feuilles de son attaché-case) j’ai ramené quelques exemplaires au cas où il vous arriverait quelque chose. On ne sait jamais : la souscription n’est pas chère, je peux même vous faire une remise de 10%, et…

Frigide Barjot – Je vous dis que je prendrai les Champs ! Que vous le vouliez ou non ! Vous êtes des lâches ! Des incapables ! Des…

Claude Bébéar – Eh oh, du calme. Avec tous les sous que je donne, j’ai quand même le droit de donner mon avis.

Tugdual Derville – Claude et Philippe ont raison, il faut arrêter avec cette histoire : les fidèles sont un peu décontenancés et ne savent pas s’ils vont venir.

André Vingt-Trois – Ca c’est vrai ! En province, les collègues sont même en train de se demander si ça vaut vraiment le coup de faire décaler les messes pour que les gens aient leur dimanche matin de libre. Dans la France rurale, il y a plein de cardinaux qui disent que ça fait faire des heures supplémentaires le samedi soir, sans compter la fatigue des trajets en bus. Il faut se décider pour un trajet, et respecter la préfecture.

Frigide Barjot – M’en fous ! On doit aller sur les Champs ! Vous êtes des pantins ! Des guignols ! Des ahuris !

Xavier Bongibault – Frigide a raison.

Basile de Koch – Du calme, chérie…

Xavier Bongibault – Tout ça à cause de ce collabo d’Hollande. Il est pire que Hitler, hein ! Vous voyez, j’avais raison !

Claude Bébéar – Finalement, on n’aurait pas dû écouter Christine. L’histoire du printemps arabe et de prendre une place de Paris pour se faire entendre, c’était une mauvaise idée.

Christine Boutin – Ca va me retomber dessus ! Elle est bonne, celle-là ! Ce n’est pas moi qui ai choisi une comique-troupière pour représenter un mouvement sérieux comme le nôtre. On vit une crise de civilisation qui va mettre fin à l’humanité et aux droits de l’homme, et on nous sort une saltimbanque écervelée pour défendre notre opinion ! Vous croyez que ça me plaît, à moi, de défiler avec des ballons saugrenus, entourée de gens qui n’ont rien compris à ce qu’on raconte et sur de la musique braillarde ?

Frigide Barjot – Ne nous divisons pas. Moi je dis que tu as eu raison, Christine. C’est pas parce que t’es has been que t’as plus de ressources. (Chrstine Boutin veut répondre, mais Frigide Barjot se met à crier) On va prendre une place ! On va faire le Printemps arabe ! On part à la conquête des Champs, comme en 44 !

Tugdual Derville – Parti comme c’est, on va surtout prendre la fuite. Ou se prendre un rateau de plus, après ton livre qui a fait un flop et la pétition qui n’a servi à rien.

(Christine Boutin rit discrètement.)

Laurence Tcheng – Bon, on leur propose quoi, comme trajet, à la préfecture, alors ? On passe par le vingtième et la banlieue ? C’est ça que vous voulez ?

Tous – Ah non, pas la banlieue !

Philippe Brillault – La ruralité, ça va bien comme ça, hein : moi, j’ai déjà le Chesnay.

Christine Boutin – Eh bien moi, j’ai eu Rambouillet ! Alors dans l’abnégation, je suis celle qui est allée la plus loin ! D’ailleurs…

Frigide Barjot (qui fulmine) – On prend les Champs, on prend les Champs, on prend les Champs !

Xavier Bongibault – Frigide a raison.

Claude Bébéar – Bon, c’est fini, le perroquet ?

André Vingt-Trois – Je vais réunir les conseillers juridiques de l’archevêché, et nous allons voir ce qu’ils peuvent faire. Il faut aussi que je rappelle François pour lui demander un service

Frigide Barjot – Tu appelles Hollande ? Tu lui dis qu’il doit retirer la loi Taubira ! Et je veux le rencontrer immédiatement !

Xavier Bongibault – Et tu lui dis que c’est un collabo ! Un nazi ! Un Hitler !

André Vingt-Trois – Mais non, j’appelle le pape, Bergoglio.

Tous – Le Saint Père !

Christine Boutin – Oui, eh bien là c’est carrément l’aide du Saint-esprit qu’il nous faudrait…

André Vingt-Trois – Allons, la séance est levée, la messe est dite, et bonsoir chez vous !

(Le rideau tombe. Fin du premier acte.)

Famille | France | Homophobie | Livres | Mariage | Medias | People | Politique | UMP | 12.03.2013 - 10 h 23 | 29 COMMENTAIRES
Malgré le retrait officiel de son livre, Frigide Barjot continue à le vendre selon le Parisien

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Photo prise à Compiègne (60) par le Parisien.

Selon Le Parisien, Frigide Barjot continue à vendre son livre « Touche pas à mon sexe » (éd. Mordicus). Suite à une faute juridique d’importance, sa maison d’édition avait pourtant pris l’engagement solennel de retirer cet ouvrage des ventes. Si cette affirmation est vraie, cela signifie donc que l’engagement pris depuis la fin du mois de janvier par Frigide Barjot et sa maison d’édition n’a pas été respecté.

Lundi 11 mars, les principaux responsables de la manif contre le mariage pour tous, parmi lesquels Frigide Barjot, Xavier Bongibault, Laurence Tcheng et Philippe Brillault étaient réunis à Compiègne. Ils y animaient une réunion publique destinée à mobiliser la population contre le mariage pour tous. Entre 600 et 1000 personnes étaient présentes, accueillies par le sénateur-maire de la ville Philippe Marini.

A cette occasion, l’édition de l’Oise du Parisien, dont des journalistes étaient présents sur les lieux, a envoyé un tweet assez étonnant, en direct de la réunion, photo à l’appui :

#Manifpourtous à Compiègne. Les livres de Frigide Barjot se vendent comme des petits painspic.twitter.com/VBV1c2QN9Q

En effet, des dizaines d’exemplaires du livre étaient disponibles ce soir-là pour les militants qui désiraient s’en procurer. Or, cela est totalement contraire aux engagements des éditions Mordicus, qui avaient déclaré, 15 jours après la parution du livre, qu’elles retiraient cet ouvrage des ventes. Cette décision était obligatoire, puisque le titre choisi pour l’ouvrage de F. Barjot avait déjà été déposé bien auparavant par d’autres éditions : en l’occurrence, il avait été choisi pour le livre rédigé par le chirurgien Gérard Zwang, consacré au sexe féminin et paru en 2012.

Pour éviter des poursuites, l’éditeur et Frigide Barjot avaient donc accepté de cesser toute vente directe de la part de l’éditeur, de le retirer des circuits de diffusion classiques (librairies, vente en ligne), mais aussi d’en arrêter toute commercialisation par quelque biais que ce soit. On ne peut donc que s’étonner de la phrase « Les livres de Frigide Barjot se vendent comme des petits pains », alors que le livre en question est officiellement retiré des ventes, et ne devrait plus être mis à disposition !

I semblerait donc, à en croire le Parisien, que Frigide Barjot et son éditeur pensent pouvoir contourner l’engagement au retrait du livre, en profitant de ces réunions publiques pour vendre le livre malgré tout. Si les informations du Parisien sont vraies, aucun des quatre responsables présents ce soir-là ne pouvait ignorer ce procédé, et il est très étonnant qu’un homme politique comme le sénateur-maire Philippe Marini cautionne de telles ventes sauvages, non seulement en sa présence, mais qui plus est dans un lieu public dont il a, en tant que maire, la responsabilité pleine et entière.

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