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Famille | France | Homoparentalité | Homophobie | Internet | Mariage | Politique | 03.10.2012 - 00 h 38 | 0 COMMENTAIRES
Paris 8e et Verrières-le-Buisson (91) : deux maires dérapent sur le mariage pour tous.

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On connaissait le permis de construire et le permis de démolir, délivrés par les mairies de France. François Lebel, maire du 8e arrondissement de Paris, et Bernard Mantienne, maire de Verrières-le-Buisson (Essonne), viennent de créer le permis de délirer, qu’ils se sont très généreusement octroyé à eux-mêmes.

La mairie du 8e arrondissement

François Lebel, maire du 8e arrondissement de Paris, n’y va pas avec le dos de la cuillère : pour le Huffington Post, ses déclarations sont même « pires » que les récents propos du cardinal Barbarin, qui établissait un lien direct entre mariage pour tous et pédophilie. C’est francetvinfo qui a lancé l’alerte en premier : dans l’éditorial du mensuel d’information locale « Paris 8e », publié par la mairie en octobre 2012, l’élu lance un édito incendiaire contre le mariage pour tous. Qu’on en juge par ces quelques extraits, qui mélangent allègrement fantasmes personnels, notions de paléoanthropologie mal digérées, et convictions religieuses à peine dissimulées :

Je ne procéderai, personnellement, à aucun mariage de cette nature. […] La reproduction sexuée est une constante du règne animal depuis des millions d’années et c’est pourquoi l’union entre deux sexes différents, le mariage, est l’objet d’une ritualisation, partout et toujours, depuis l’origine même de l’espèce humaine et même pré-humaine

La liste des plaies mortelles qui vont s’abattre sur le monde vient ensuite, dans un interminable inventaire à la Prévert, qui constitue un flot incessant d’absurdités plus énormes les unes que les autres. Polygamie, pédophilie, consanguinité, inceste… : on sent que Monsieur le Maire; suite à un brainstorming intense, a voulu être exhaustif, et rendre une copie parfaite dans laquelle il n’oublierait aucun des cataclysmes à venir, dont les homos seront responsables !

Si le tabou immémorial du mariage hétérosexuel vient à sauter, qui et quoi s’opposera désormais à ce que d’autres tabous le concernant, bien moins anciens, bien moins universels, ne tombent à leur tour ? Par exemple : Comment s’opposer demain à la polygamie en France, principe qui n’est tabou que dans la civilisation occidentale ? Pourquoi l’âge légal minimum des mariés serait-il maintenu ? Et pourquoi interdire plus avant les mariages consanguins, la pédophilie, l’inceste qui sont encore monnaie courante dans le monde ?

La conclusion est sans appel, et témoigne d’une forme aiguë d’auto-persuasion, qui amène le maire à achever sa tribune délirante… sur la mort de la civilisation (rien que ça !) :

C’est pourquoi, dans une société qui n’a plus comme règle que l’hédonisme de chacun, les pires dérives sont non seulement possibles, mais certaines. La porte est désormais ouverte au spectacle mortel pour la civilisation du mariage légal de tout le monde avec n’importe qui pour faire n’importe quoi !

J’ai deux mauvaises nouvelles pour vous, Monsieur Lebel : les LGBT ne sont pas « n’importe qui », mais, en revanche, vous dites bien « n’importe quoi ».

L’hôtel de ville de Verrières-le-Buisson

Bernard Mantienne, maire de Verrières-le-Buisson (Essonne), n’est pas en reste. Il renchérit dans une « lettre ouverte au président de la République« , qu’il a publiée sur le site de sa commune. Lui non plus n’a peur de rien – et de mauvaises langues, dont nous nous désolidarisons, diraient sans doute que c’est à cela qu’il veut qu’on le reconnaisse.

Au mépris de tous les sondages, il affirme que cette décision est simplement « appuyée par une minorité », qu’elle constitue « une erreur et une faute », et qu’il faut s’y opposer car « la famille normale est le socle de la société » (on appréciera l’adjectif « normal » pour désigner les hétérosexuels).

Pour Bernard Mantienne, ouvrir le mariage aux couples de même sexe est en outre une « atteinte à la loi naturelle« . Il est pour lui évident que cette réforme « ouvrirait la voie à toutes sortes de dérives« . L’ex-sénateur de 79 ans est cependant plus malin que son cadet parisien : il se garde bien de préciser ce qu’il entend par « toutes sortes de dérives » ! Mais cette façon de faire est peut-être pire : on peut en effet imaginer toutes les « dérives » que l’on veut : pédophilie, viols, incestes, mariages blancs, zoophilie, décadence de la civilisation, invasions de sauterelles, et multiplication sauvage des concerts de Mireille Mathieu.

Cependant, comme aux plus beaux jours des débats sur le Pacs, la menace d’une guerre civile est brandie par Bernard Mantienne comme l’argument ultime qui devrait nous faire tous reculer : « Notre pays a besoin de sérénité et de certitude ; vouloir lui imposer un choc sociétal, c’est prendre un risque d’instabilité » ; « les inquiétudes du monde et ses angoisses sont telles qu’il paraît superflu d’ajouter encore le trouble là où menace déjà la tempête » ; « nous sommes au coeur d’une conception de la société ébranlée par des projets qui, je le crains, […] la rendront plus fragile et plus perturbée« .

Ces déclarations regrettables rejoignent celles d’autres maires, qui ont cru indispensable d’affirmer dans la presse qu’ils ne célèbreront jamais de mariage entre deux hommes ou entre deux femmes – par exemple en Corse ou dans la région Centre. Tous ces maires savent-ils qu’ils ont, parmi leurs administrés, des couples de même sexe qui n’aspirent qu’à être reconnus comme les autres couples ? Et savent-ils qu’ils ont, dans leur ville ou leur arrondissement, de jeunes LGBT, qui s’interrogent sur leur identité, qui construisent leur confiance en eux-mêmes, et qui assistent, impuissants et fragiles, à ces débats d’une violence inouïe ?

S’ils ne le savent pas, ce sont des ignorants ; et s’ils le savent, ce sont des criminels.

***

Mise à jour le 03 octobre 2012 : l’Association des Familles Homoparentales (ADFH) a publié ce mercredi 03 octobre un très bon communiqué de presse suite aux propos du maire du 8e arrondissement : « François Lebel, vous avez oublié la zoophilie ! ». L’association y déclare notamment : « Certains dont François LEBEL, ignorent ces règles élémentaires de conduite qu’un officier d’état civil se devrait d’appliquer dans l’exercice de sa fonction ». Elle remarque que « le financement de son Edito est assuré par l’impôt local » et elle « s’étonne de l’utilisation de fonds publics (bulletin municipal) par le Maire du VIIIe Arndt pour véhiculer ses idéaux personnels, sans rapport avec la vie de son arrondissement, n’étant pas parlementaire lui-même ».

François Fillon, interrogé ce matin sur France Inter par Patrick Cohen, a refusé de condamner les propos de François Lebel. Il a préféré éluder la question en critiquant plutôt le gouvernement et les partisans du mariage pour tous, par des déclarations pour le moins confuses :

Dans le climat politique, social, économique qui est le nôtre, on va assister à la multiplication de ce genre d’arguments dans les deux sens, des deux côtés. On va voir les Français se diviser très profondément et d’une certaine façon s’insulter. On va voir l’homophobie remonter. Je trouve que le moment est mal choisi et la méthode est mal choisie. […] Au moins pourrait-on se donner, comme on le fait pour les lois de bioéthiques, un vrai délai de réflexion, de travail, de débat, qui jusqu’à maintenant n’a pas été conduit. […] Ce qui renforce l’homophobie c’est le débat qu’on va avoir. La formule que vous venez de citer, elle a été utilisée par un évêque [monseigneur Barbarin], il n’y a pas très longtemps qui est plutôt un évêque que la gauche vient souvent chercher au secours quand ça l’arrange, quand il s’agit des Roms, d’un certains nombre de sujets. Vous avez de l’autre côté des lobbys qui vous explique toute la journée qu’il y a des études psychiatriques que personne n’a jamais vérifiées qui montrent qu’il n’y a pas de sujet. Moi je dis qu’il y a un sujet.

Anne Hidalgo, candidate aux élections municipales de Paris en 2014, a déclaré : « Les propos consternants de M. Lebel sont à l’image de la droite parisienne : archaïques, déconnectés des attentes et de la vie des Parisiens. Pour ma part, j’espère de tout coeur célébrer très vite à Paris, les mariages de toutes celles et tous ceux qui s’aiment ».

Ian Brossat, président du groupe PCF/PG au Conseil de Paris, a également réagi : « Les propos consternants de M. Lebel sont à l’image de la droite parisienne : archaïques, déconnectés des attentes et de la vie des Parisiens. Pour ma part, j’espère de tout coeur célébrer très vite à Paris, les mariages de toutes celles et tous ceux qui s’aiment ».

Adoption | Famille | France | Homophobie | Mariage | Politique | 23.09.2012 - 17 h 58 | 0 COMMENTAIRES
Enquête auprès des maires d’Indre et d’Indre-et-Loire : « Hors de question de marier des pédés ! Je ne le ferai pas ! »

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Une rue de La Châtre, dans l’Indre

Le journal La Nouvelle République a interrogé  une vingtaine de maires du département de l’Indre sur le thème du mariage pour tous. Malheureusement, les déclarations de certains d’entre eux ont donné lieu à des dérapages regrettables, qui ne font pas honneur à leur statut d’élu.

Certains avis devraient faire honte à ces représentants du peuple, qui ont décidé de ne pas représenter les LGBT. Parmi les pires propos :

Jacques Tissier, maire de Fontgombault : « Hors de question de marier des pédés ! Je ne le ferai pas. »

Et si deux hommes ou deux femmes viennent le voir pour les marier, l’élu ajoute : « Je leur répondrais pareil ! Ce n’est pas une réponse « spéciale Nouvelle République » que je vous fais. » Il reconnaît cependant qu’il autorisera l’un de ses adjoints à célébrer ce mariage : « Si l’un d’eux veut le faire, ce sera en son âme et conscience ».

Bruno Perrin, maire de Migny, allie avec aisance l’humour gras et l’ignorance : « Ça ne sera pas gai, je suis ce débat avec inquiétude, ça me parait être une anomalie. Ça me choque. Moralement, anatomiquement, physiologiquement, c’est contre-nature. L’homosexualité existe, c’est comme ça, mais de là à les marier devant la loi… »

Vanik Berberian, maire de Gargilesse-Dampierre, et président de l’Association des maires ruraux de France, est plus modéré. Malgré tout, il semble ignorer qu’il y a aussi des habitants des zones rurales qui sont LGBT : « Pour les maires ruraux, ce n’est vraiment pas un sujet. Bien sûr, ça me fera peut-être bizarre la première fois mais je m’y habituerai ! »

D’autres élus, heureusement, ont des avis plus nuancés, intelligents et réfléchis. Parmi eux, Michel Breteau, maire de La Buxerette, déclare : « Si la loi le permet, on le fera, pas de problème ». Claude Laubier, maire de Parnac, précise : « On ne peut pas être pour le mariage et être contre l’adoption, ça va ensemble ». William Peters, maire de Montlevicq, porte un regard politique sur la question : « Même à la section PS de La Châtre, personne n’a abordé le sujet. Mais la société évolue ; au début, le Pacs était très critiqué, regardez maintenant… ».

Enfin, deux maires du département, toutes deux des femmes, sont ouvertement favorables à cette loi, et argumentent en ce sens :

Chantal Cogne (Bouesse) : « Nous sommes peut-être plus ouvertes sur la question. Ça ne me posera pas de problème mais ce qui est différent peut effrayer les maires. »

Maryse Rouillard (La Motte-Feuilly) : «J’espère bien que le fait d’être une femme ne change rien à l’affaire. Quand deux personnes s’aiment, elles doivent pouvoir se marier ! »

Merci Mesdames ! Vous donnez de votre département une image plus juste et plus belle que la caricature incarnée par plusieurs de vos collègues masculins, qui n’ont manifestement rien compris aux problèmes que rencontrent au quotidien leurs administrés LGBT.

 

Vouvray, en Indre-et-Loire

La Nouvelle République a également interrogé plusieurs maires d’Indre-et-Loire. Le parti-pris du journal est très étonnant, puisque le journaliste Olivier Pouvreau a choisi de s’adresser surtout à des maires de droite, « car c’est là où la levée de boucliers est la plus virulente, même si à gauche il y a aussi quelques réticences ».

La palme de la muflerie revient sans conteste à un certain Jean Savoie (Pouzay) : « C’est politique, électoral, bobo et contre-nature ! Je n’ai rien contre l’homosexualité, mais imposer un tel mariage alors qu’on a déjà le Pacs, ça dépasse l’entendement ! » D’autres ne sont pas en reste. Ainsi, Philippe Briand (Saint-Cyr) fait preuve d’imagination : « J’appliquerai la loi, même si c’est dur à avaler. Pourquoi ne ferait-on pas comme pour le Pacs, célébrer ce mariage au tribunal ? ». Gérard Dubois (Marce-sur-Esves) donne au journaliste le jeu de mots qui lui servira de titre à son article : « On le célébrera, mais pas de gaîté de cœur ».

Malheureusement, ici, les femmes ne sauvent pas la mise aux hommes. Elles s’attendent même à vivre des sensations fortes ! Ainsi, Marie-Thérèse Viscière (Rivarennes) est un peu décontenancée : « A titre personnel, cela me fera tout drôle ». Son homologue Isabelle Sénéchal (Saint-Laurent-en-Gâtines) déclare qu’elle n’est « absolument pas prête et personnellement contre, mais je le célébrerai, en étant très inquiète la première fois« . A lire ces déclarations, on ne croirait pas qu’elles s’apprêtent à célébrer un mariage entre deux personnes qui s’aiment, mais à sauter en parachute ou à manger de la chauve-souris…

On regrette que le seul maire Front de Gauche cité semble défavorable à l’égalité entre les couples. En effet, Michel Cosnier (Château-Renault) pense que « ce serait plus simple de ne pas appeler cette union « mariage ». Il y a encore un petit blocage psychologique. »

L’article d’Olivier Pouvreau se conclut par ces déclarations, recueillies auprès de « la plupart des maires interrogés » : « Adoption, éducation des enfants, il faudra tout revoir ! », « on oublie les enfants dans cette histoire-là ». Vivement que le journaliste, par déontologie, réalise un second article sur ce thème, où il interrogera en majorité des maires de gauche…

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