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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Famille | France | Homoparentalité | 06.07.2012 - 08 h 56 | 45 COMMENTAIRES
Le magazine de la MAIF, « assureur militant », met à l’honneur les familles homoparentales.

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Pour son numéro de juillet 2012, MAIF Magazine a choisi de mettre en une les « familles d’aujourd’hui ». En une de ce numéro 159, on voit donc une petite fille souriante, embrassée par deux femmes, avec cette légende simple et jolie : « Moi, j’ai deux mamans ».

C’est une nouvelle preuve de la visibilité des familles gay et lesbiennes, et l’on ne peut que s’en féliciter. Du reste, ce n’est pas la première fois que la MAIF montre sa bienveillance envers les couples de même sexe, puisqu’elle a déjà fait apparaître un couple gay dans une campagne publicitaire de février 2012. Et dès l’an 2000, la mutuelle s’adressait déjà à tous les couples ! La Maif a vraiment toute légitimité pour se revendiquer comme « assureur militant » !

Evidemment, cette décision n’a pas fait que des heureux. Suite à l’excellent dossier de cinq pages consacré par le magazine aux « nouvelles familles », et surtout à la une qui illustre clairement l’homoparentalité, on s’étrangle de rage sur les sites conservateurs, ultra-catholiques et identitaires, où les commentaires vont bon train. Voici une courte sélection des articles et commentaires écrits à propos de la une du magazine :

« Puisque la MAIF se présente comme “assureur militant”, soyez vous aussi des assurés militants : si vous êtes assurés à la MAIF, partez ! » ; « La MAIF a oublié de prendre en compte la famille polygame » ; « Et si l’on épouse son cheval? » ; « Propagande homosexuelle de la MAIF » ; « Nous avons à faire à un véritable négationnisme. L’enfant semble bien être un objet de désirs pas très purs pour ces femmes » ; « Et un boycott, un ! Il faut les toucher au porte-monnaie. Ils agissent pour attirer de la clientèle, faisons-leur savoir que c’est un pari risqué… » ; « Moi, j’ai deux mamans… Et dans vingt ans, tu entameras une psychothérapie qu’un suicide viendra malheureusement interrompre… Mon Dieu, quelle société de dégénérés ! »

Plus grave encore, la MAIF a été assaillie de courriers très négatifs, dans lesquels ces même identitaires et/ou ultra-catholiques ont protesté avec virulence contre la une du magazine. Le magazine de la mutuelle s’est alors senti obligé de se dédouaner, et de nier expressément tout soutien aux familles homoparentales, en adressant ce mail aux contestataires :

Votre mail a été adressé à la direction de MAIF Magazine afin que nous répondions aux questions soulevées en début de votre mail, sur la Une de MAIF Magazine. […]

 Le dossier de MAIF Magazine fait état de la nature de ces nouvelles formes d’organisation familiale : monoparentalité, homoparentalité, familles recomposées… Notre but journalistique n’est pas de soutenir ou condamner ces nouvelles réalités, mais de les porter à la connaissance de nos lecteurs, sans jugement de valeur. Car comme vous le signalez, la question de l’intérêt de l’enfant se pose, elle est très discutée entre spécialistes, ce que nous ne sommes pas. Il n’est pas de notre rôle, ni de notre compétence d’avoir une opinion sur ce qui est un bon, ou un mauvais modèle conjugal.

En tant que mutuelle d’assurance, la MAIF, qui a toujours assuré toutes les familles sans discrimination, est très attentive aux évolutions sociétales, car pour bien assurer, il convient de ne pas dénier les réalités contemporaines, et au contraire de bien les comprendre pour garantir au mieux les risques des membres du foyer familial.

De ce point de vue, la MAIF a fait depuis de nombreuses années le choix d’assurer toutes les familles, sans discrimination et sans jugement. Ce choix de tolérance et d’ouverture correspond aux valeurs de respect de toutes les personnes pour lesquelles la MAIF s’engage au quotidien.

Notre Une n’est donc autre chose qu’une illustration de la thématique sociétale du dossier de ce numéro de MAIF Magazine. Elle ne constitue en rien une prise de parti, si ce n’est celui de rester ouvert aux réalités de nos concitoyens, dans l’objectif de les assurer au mieux, eux et leur famille.

L’avalanche de mails hostiles qui sont parvenus à la MAIF montre bien qu’une campagne a été délibérément mise en oeuvre pour faire croire à la mutuelle que cette une est choquante pour la population française. Si, pour rétablir la vérité, vous voulez montrer à la MAIF qu’elle ne doit pas reprocher à la direction de son magazine d’avoir consacré sa une à nos familles, vous pouvez envoyer un courrier à cette adresse : maifmagazine@maif.fr Il suffit d’indiquer que cette une contribue à donner une image positive et valorisante de la mutuelle – ce qui est absolument vrai.

France | International | Internet | Medias | 29.10.2011 - 21 h 19 | 9 COMMENTAIRES
Revue de presse du 29 octobre 2011 : les LGBT très présents dans les magazines d’informations

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Les magazines d’information généralistes sont nombreux à aborder des thématiques en lien avec l’homosexualité en cette fin octobre 2011. Voici un petit tour d’horizon des périodiques et des hors-séries qui abordent ce thème cette semaine.

 

1 – La longue marche des homosexuels (in : « Atlas des minorités », Hors Série Le Monde – La Vie)

Cet article de Marianne Blidon, maître de conférences à l’Institut de Démographie (Paris I), est très bien fait. Une carte réalisée par l’Ilga fait le point sur « les statuts de l’homosexualité dans le monde ». Les peines encourues font peur : un mois de prison, dix mois de prison, dix ans de prison, perpétuité, peine de mort… les législations diverses et variées menacent les homosexuels de Mauritanie, d’Egypte, du Cameroun, de Malaisie ou de Papouasie-Nouvelle Guinée, pour ne prendre que quelques exemples.

L’auteure commente ainsi : « Le statut de minorité pour les homosexuels est récent et le respect de leurs droits est variable. Dans nombre d’états, ils sont encore stigmatisés, opprimés, voire condamnés ». Elle met clairement en parallèle la Déclaration des Droits de l’Homme (les hommes sont « égaux en dignité et en droits ») et l’ « égal traitement » revendiqué par les LGBT. Elle rappelle que l’ONU est divisé sur la question de la dépénalisation de l’homosexualité : à l’époque du vote, 66 pays sur 192 y étaient favorables, mais des pays comme la Chine, la Russie et les USA n’ont pas adhéré au projet. Ce n’est qu’en 2011 que le conseil de l’ONU a adopté (de justesse !) « une résolution visant à promouvoir l’égalité des individus sans distinction de leur orientation sexuelle ».

Elle s’intéresse ensuite au « retard français » : les LGBT français sont encore soumis à un droit « fortement inégalitaire » et à l’homophobie d’une partie de la société. Elle cite un passage du livre « Qu’est-ce que la justice sociale ? » de Nancy Fraser, et remarque que les LGBT ont dû s’inventer « des lieux de sociabilité » « pour échapper à la violence, au poids des normes, à la stigmatisation, pour se rencontrer ou simplement partager des références communes ». « Autant de lieux essentiels à la sociabilisation, à l’émancipation, à l’acceptation de soi et à la transmission intergénérationnelle ou à la rencontre ».

S’appuyant sur un exemple précis, elle note cependant que « les usagers du quartier du Marais n’ont plus tant en commun leur appartenance à une minorité sexuelle qu’à une classe sociale ». D’autre part, « à mesure que la reconnaissance progresse et que la culture gay se banalise », l’affirmation identitaire des LGBT semble décroître, et il existe un fossé croissant entre une partie de la communauté et « les marges » de la minorité LGBT.

Très bon article, donc, qui livre une bonne synthèse de la situation. Certes, les toutes dernières conclusions en sont contestables (l’identité LGBT s’efface-t-elle vraiment, la contestation interne est-elle si forte ?), mais elles ont le mérite de poser le débat. Seuls regrets : ce hors série propose une bibliographie de plusieurs pages sur les minorités… et parmi tous les ouvrages mentionnés, aucun ne concerne les LGBT. D’autre part, le terme « LGBT » n’est jamais employé dans l’article.

 

2 – Valeurs : davantage de justice, graphique « Liberté sexuelle » (in : « Les chiffres 2012 », Hors Série Alternatives économiques)

Alter Eco nous rappelle les résultats d’un sondage effectué depuis 1981 : « Considérez-vous que l’homosexualité est absolument inacceptable ? » Résultats successifs des sondés répondant « oui » à cette question : 1981 – 49% ; 1990 – 38% ; 1999 – 21% ; 2008 – 19%. Commentaire du magazine : « Si, dans leur ensemble, les Français estiment que le respect de l’autorité doit être renforcé, ce n’est pas au nom de la défense des formes anciennes et traditionnelles de la société : ainsi, dans la sphère privée, la liberté des moeurs est de plus en plus affirmée ». On notera cependant que cela signifie qu’une personne sur 5, en France, considère que l’homosexualité est absolument injustifiable. Pas de chance si cette personne est votre employeur, votre voisin ou l’un de vos parents.

 

3 – Quand la pub colle au genre (Nouvel Obs, n° 2451)

L’article est disponible ici. L’auteur, Céline Cabourg, voit dans la pub « la fin de la famille Ricoré ». Elle rassemble quelques exemples de publicité qui ont fait date dans l’ouverture de la publicité à « la multiplicité des genres et modèles familiaux ». Pour les LGBT : The Kooples et Mc Donald’s. On s’étonne cependant qu’il oublie Eram et Ikea dans son paragraphe consacré aux LGBT : ces marques ont suscité un réel débat en lançant leurs publicités respectives à l’endroit des familles homoparentales. L’auteure cite cependant les autres publicités Eram et le mécontentement qu’elles ont suscité de la part des « associations catholiques ».

 

4 – Les réseaux gays, les secrets d’une galaxie (Marianne, n° 757)

Marianne nous a habitués à de longues et pénibles diatribes anti-LGBT dans les quinze dernières années… Jean-François Kahn est parti, mais le magazine a toujours une vision assez négative des LGBT. Dernière idée en date : publier un extrait du « livre-choc sur les réseaux qui tiennent tout » publié par Vincent Nouzille ( « La République du copinage » ). Qu’on se le dise : les LGBT font désormais partie de « ces élites qui tiennent le pouvoir ». En une page et demie, Marianne publie quelques passages où l’on mélange pêle-mèle, entre autres, Pascal Houzelot, Pierre Bergé, Caroline Fourest et.. Stéphane Bern ! De nombreux vrais « militants de terrain » ont selon l’auteur « des appuis dans la sphère politique ».

Pour Nouzille, dans les extraits repris par Marianne, les réseaux gays « facilitent » des « promotions et nominations ». « La solidarité règne » « de manière manifeste dans des fiefs particuliers », les « hauts fonctionnaires gays » seraient légion au Conseil d’Etat, au Quai d’Orsay, au Sénat, à l’Assemblée, « dans certaines administrations » : « Difficile d’échapper à leur présence au ministère de la Culture » ! « Les mondes du luxe, de l’art, des médias et de l’audiovisuel sont également peuplés de nombreuses personnalités gays »

Heureusement, Nouzille fait le même travail pour analyser… les réseaux catholiques et politiques. Mais il manque un niveau d’analyse à ces extraits : s’il avait poussé la question plus loin, Nouzille aurait dû se demander pourquoi, si les réseaux gays sont si puissants, les droits civils des LGBT et de leurs familles ne sont toujours pas reconnus par la France. D’autre part, son travail conduit inévitablement à la stigmatisation de toute la communauté gay, alors qu’il ne décrit en réalité qu’une frange des LGBT, celle-là même dont Marianne Blidon remarquait qu’elle s’éloigne de plus en plus des « marges » de la communauté dont elle est issue.

 

La semaine a donc été très riche en articles portant sur les thématiques LGBT. Ces articles sont doublement intéressants : d’abord ils sont variés, et ne se réduisent pas au traitement d’un seul fait d’actualité ponctuel. Ils s’inscrivent dans le long terme. D’autre part, ils concernent la presse généraliste et grand public, et témoignent de la diffusion de ces questions dans le grand public. Espérons que cela soit de bon augure : les thématiques LGBT auront-elles leur rôle à jouer dans la campagne 2012 ? Si elles deviennent un sujet de préoccupation pour le grand public et les élites, il y a tout à parier que ce sera le cas.

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