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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
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Famille | France | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | Politique | Religion | 18.11.2012 - 00 h 01 | 18 COMMENTAIRES
Paris, 16 novembre 2012 : Vivez la conférence de Civitas… comme si vous y étiez.

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Know your enemy !

Vendredi 16 novembre 2012, le président du mouvement Civitas, Alain Escada, tenait une conférence pour le Cercle de Réinformation Parisien dans le 7e arrondissement. Cette conférence avait été annoncée par une affiche qui avait fait grand bruit sur les réseaux sociaux (voir ci-contre). Pour celles et ceux qui aimeraient savoir ce qui s’y est fait et dit, nous avons la réponse. Voici donc, sans exhaustivité, les éléments notables de cette rencontre, en dix points brefs.

1) Idéologie correcte exigée

On ne rentre pas dans une conférence de Civitas comme dans un moulin. Un filtrage établi à l’entrée, jalousement gardée par quelques jeunes, était semble-t-il destiné à écarter tout partisan de « l’homofolie » (le mot est du gardien/videur sur place). A Civitas, on aime débattre, surtout quand c’est entre gens qui sont déjà d’accord les uns avec les autres.

Il est clair, en outre, que la Ville et Civitas craignaient des troubles éventuels, puisque quelques policiers encadraient la rue où la rencontre était prévue. L’un des spectateurs n’était cependant pas très inquiet : « Y aura pas d’homos ce soir. Ils ont mieux à faire un vendredi soir : ils baisent. De toute façon, y a 30 personnes en France qui soutiennent cette connerie de loi, ils vont pas venir tous ce soir. »

2) L’idole des jeunes

Alain Escada

Première mauvaise surprise : la salle, d’une cinquantaine de places, a été remplie. Deuxième surprise encore plus désagréable : parmi les présents figuraient, outre de très vieilles gens, un nombre non négligeable de jeunes : une bonne quinzaine de jeunes qui devaient avoir entre 16 et 20 ans. Ces jeunes BCBG avaient une admiration non dissimulée pour Alain Escada, et souriaient avec intérêt à chacune de ses outrances.

3) Grands discours et mauvaise soupe

Alain Escada est un piètre orateur. Flanqué d’un lourd dossier qui comprenait toutes ses notes, il lisait laborieusement son texte durant son exposé, et se montrait hésitant lors des réponses aux questions. Pire encore, il n’a su que reprendre, parfois mot pour mot, des anecdotes, exagérations et mensonges qu’il avait déjà utilisées à La Madeleine (Nord-Pas-de-Calais) un mois auparavant ! Ces discours de l’âge de glace ont, bien étrangement, un désagréable goût de réchauffé…

4) Les grands phares de la pensée

Christian Flavigny

Quand Alain Escada parle, il pense rarement par lui-même. Il préfère citer, durant des dizaines de minutes, des personnalités diverses et variées dont il est très fier d’affirmer qu’elles pensent comme lui. Sont ainsi convoqués, par exemple : Lionel Jospin, François Fillon, Philippe Arino, Benoît XVI, Edwige Antier... Alain Escada s’attarde en particulier sur le pédopsychiatre Christian Flavigny, à tel point qu’il semble sous-entendre que ce dernier n’est pas du tout en désaccord avec Civitas, bien au contraire. Libre à chacune des personnalités citées de confirmer ou d’infirmer leurs affinités avec Civitas. Enfin, s’inspirant, comme on le voit, des plus grands penseurs, Alain Escada se vante également d’avoir influencé lui-même des polémistes médiatiques comme Yvan Rioufol, Eric Zemmour et Robert Ménard.

5) Des chiffres et des lettres

A Civitas, on aime les chiffres, et on le montre. Âmes sensibles s’abstenir ! En voici quelques-uns, accompagnés éventuellement des conclusions qui les éclairent…

En France, il y aurait 20 000 familles polygames et 20 000 couples de même sexe élevant un enfant : si on légitime les familles homoparentales, on devrait donc légitimer les familles polygames. En Espagne, la comparaison de 800 études internationales aurait montré que les couples homos seraient instables, perturberaient leurs enfants et menaceraient la construction de la « sexualité normale de l’enfant ».

Aux USA, un homo aurait 8 partenaires par an tandis qu’un hétéro en aurait 1,2 par an. 85% des hétéros seraient monogames tandis que moins de 2% des homos seraient monogames. Aux Pays-Bas, un mariage homosexuel ne durerait qu’un an et demi, et durant cette période de mariage, chaque homosexuel(le) aurait 9 partenaires différents en un an et demi !

Du point de vue des lettres, Alain Escada ne se gêne pas pour reprocher aux LGBT de « réinventer » le vocabulaire avec des expressions comme « mariage pour tous » et « égalité des droits », tout en se livrant lui-même à un curieux exercice : désigner les couples de même sexe et les familles homoparentales en n’employant jamais les mots « couples » et « familles ». Ainsi, deux personnes de même sexe ne peuvent former au mieux qu’un « duo », et ne constituent jamais un couple selon lui…

6) La stratégie de l’épouvantail

Qu’on le sache : Civitas a pour but assumé et revendiqué de faire peur, et peu importe comment. Apprenez par exemple que les enfants élevés par deux hommes ou deux femmes seraient plus que tous les autres sujets au stress, à la boulimie, à l’auto-mutilation, au suicide, à l’anorexie, aux drogues, et aux risques d’abus sexuels. C’est évident et incontestable, puisque c’est Mark Regnerus qui le dit !

« Mais c’est pas tout, mais c’est pas tout ! », comme le dit Bourvil dans une chanson célèbre. Apprenez encore que les enfants élevés par deux hommes ou deux femmes « ont un risque de déconstruction de leur sexualité » et « sont déterminés vers l’homosexualité ». Escada est formel : « 36% des enfants élevés par des couples de femmes ont des tendances homosexuelles ».

« Mais c’est pas tout, mais c’est pas tout  » ! Citons encore Escada : « 29% des enfants élevés par des couples de même sexe ont avoué avoir entretenu des relations avec un de leurs parents adoptifs« . Une dame à côté de moi a poussé un cri en entendant cela. J’aurais voulu pousser un cri également, mais pas pour les mêmes raisons…

L’anecdote préférée d’Alain Escada, que nous intitulerons « Jean a quatre papas« , fait mouche à tous les coups : cette fiction cousue de fil blanc, grâce à laquelle l’orateur maladroit tente de montrer que l’homoparentalité pourrait donner quatre pères à un enfant appelé Jean, ne manque pas de faire pousser des cris d’horreur aux militants épouvantés.

Il ne faudrait pas oublier non plus l’histoire édifiante que nous appellerons « Les lesbiennes sourdes« , et que nous citons ici de mémoire : deux lesbiennes militantes aux USA auraient exigé une insémination dont le donneur serait issu d’une famille de sourds depuis trois générations, pour être sûres que l’enfant soit sourd comme elles ! A ce point-là, l’auditoire ne contient plus son indignation contre les homos, qui font tous preuve, selon l’orateur lui-même, d’un « égoïsme dégénéré« .

7) L’APA et les papas : les homos sont partout.

La grande majorité des études scientifiques est favorable à l’homoparentalité. Alain Escada a une explication simple : c’est que l’APA, l’Association Américaine de Psychiatrie, serait « maîtrisée » par le « lobby homosexualiste », qui en contrôlerait les publications. L’ancien président de cette association lui-même aurait condamné cette association pour cette raison !

D’ailleurs, selon Escada, les « homosexualistes » se seraient infiltrés dans les lieux de pouvoir : il parle à plusieurs reprises de ces « homosexuels notoires » qu’il cite nommément, au premier rang desquels se trouve Christophe Chantepy, directeur de cabinet de Jean-Marc Ayrault.

8) Un invité de marque ?

Installé confortablement au fond de la salle, j’ai bien cru apercevoir dans les premiers rangs la présence d’Etienne Pinte, ancien maire de Versailles et ancien député des Yvelines. Mais, sur ce point, je dois avouer ma grande incertitude, car du fond de la salle, je n’ai pas forcément bien distingué le visage d’Etienne Pinte ou de la personne que j’ai prise pour lui.

9) N’oubliez pas le guide !

Alain Escada a répété à satiété qu’il a publié, il y a quelques semaines, un livre qu’il trouve fort bon, et dont il recommande vivement l’achat à toutes les ouailles qui l’écoutent. Surtout, ne l’achetez pas, même par curiosité : non seulement vous auriez tort de lui donner vos sous, mais de toute façon, il base, de son propre aveu, le contenu de ses conférences sur son livre. Ce compte rendu ou ses conférences vous donnent donc un aperçu suffisant de l’ouvrage qu’il a commis : gardez vos sous pour aider SOS Homophobie, l’APGL ou la commission LGBT de votre parti de gauche préféré !

10) Le spectacle continue.

Même si Escada nous annonce la fin du monde, pour lui tout cela n’est qu’un début. En effet, il l’annonce fièrement : Civitas est en tournée dans toute la France jusqu’au mois de février, et la conférence de Paris n’est qu’une étape dans cette série de conférences.

Mais le ton est d’ores et déjà donné : Escada a l’intention de taper toujours plus fort. Il milite pour le retrait du projet de loi sur le mariage, mais il exige aussi et surtout… le retrait du Pacs !  Il exige l’application des propos de Benoît XVI, qui appelait à refuser le comportement homosexuel, et à s’opposer à toute forme d’approbation et de reconnaissance de ce comportement « de manière claire et incisive ».

Bonus : Ecrivons l’histoire ensemble.

A l’heure où j’écris ces lignes, la manifestation de Civitas prévue le 18 novembre 2012 commencera dans une douzaine d’heures. Une contre-manifestation est semble-t-il prévue à 14h30 au 14 avenue Duquesne, puis un sit-in, déclaré en préfecture, est organisé place Saint-Michel à 15h30. J’espère que la mobilisation de Civitas sera un échec, et que les protestations en faveur de nos droits sauront se faire entendre de manière légale et efficace.

Extrême(s) Droite(s) | France | Homophobie | 31.08.2012 - 21 h 53 | 30 COMMENTAIRES
L’homosexualité, « trou noir d’où rien ne peut sortir de fécond » : déversement de haine anti-LGBT sur le site Nouvelles de France.

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Campagne contre l’homophobie, Canada, 2003.

Il y a des dérapages verbaux et écrits qui constituent une véritable souillure morale pour ceux qui s’abaissent à les commettre. Falk van Gaver et Jacques de Guillebon, qui se sont autoproclamés « écrivains » pour avoir publié quelques essais généralement à la gloire du catholicisme, se sont rendus gravement coupables de l’un d’entre eux. Leur diatribe anti-LGBT, abjecte et délirante, a naturellement été diffusée avec complaisance par le site d’extrême-droite Nouvelles de France, qui ne manque jamais une occasion de s’en prendre à ceux qui ne correspondent pas aux critères idéologiques de ses mouvances extrémistes.

On ne sait par où commencer pour traiter de ce texte écoeurant et grossier, visiblement rédigé pour donner la nausée à tout individu raisonnable et sensé. Les passages ci-dessous laisseront aisément comprendre le malaise que peut inspirer ce déversement de haine (âmes sensibles s’abstenir).

Patrocle, l’amant du célèbre héros Achille.

Quelques considérations tirées d’une histoire de bazar ouvrent d’abord l’article : pour les deux hommes, les « pédérastes antiques n’aimeraient pas les « travestissements et efféminations » de « l’homosexualité contemporaine ». Aussitôt, Gaver et Guillebon s’en prennent aux personnages de l’Antiquité qui « défendent la pédérastie », car ils cacheraient en réalité « leur secrète lubricité d’amateurs de jeunes garçons et d’enculeurs d’adolescents ». Le ton est donné : pour s’échauffer sans prendre de grands risques, Gaver et Guillebon crachent d’abord leur bile et leur vitriol sur des hommes morts il y a vingt-cinq siècles ; eux au moins ne risquent pas de leur répondre pour se défendre.

Après avoir massacré l’histoire antique, Gaver et Guillebon se lancent dans un peu de psychanalyse de comptoir, étayée par quelques préjugés dévalorisants. On passe de l’anachronisme grotesque au délire péremptoire :

L’homosexualité est un faux amour, elle est refus de l’autre, de sa personne, de sa différence. Elle est, au nom de la différence, un refus de la différence. Elle est un narcissisme radical qui se projette, un nombrilisme sans fond (pour ne pas dire pire…). Elle n’est que recherche du même et de soi-même, elle participe pleinement à cette culture du narcissisme naguère analysée et dénoncée par Christopher Lasch, elle en est son symptôme le plus flagrant. Elle n’est qu’un « Je m’aime toi non plus… »

Christian Vanneste, l’inspirateur idéologique

Avec Gaver et Guillebon, les morts ont toujours tort : les Grecs cités au départ laissent place à Christopher Lasch, qui ne risque pas non plus de les contredire dans leur assimilation erronée de l’homosexualité au narcissisme. Ce cliché, très cher à Christian Vanneste, ne convainc plus aucun psychanalyste sérieux depuis belle lurette. Mais Gaver et Guillebon ne maîtrisant apparemment aucun domaine en sciences humaines, ils semblent avoir choisi de les aborder tous, dans l’espoir d’en trouver un dont ils comprendraient par hasard l’une des notions de base. Peine perdue, hélas.

On reste cependant sur sa faim : que signifie la parenthèse « un nombrilisme sans fond (pour ne pas dire pire…) » ? Y aurait-il une plaisanterie graveleuse dissimulée derrière ces quelques mots ? Ceux qui en doutent liront avec profit le passage qui suit, alors que Gaver et Guillebon s’en prennent cette fois, après l’histoire et la psychanalyse, à la mythologie romaine :

Narcisse, « tombé amoureux d’un fantôme sans chair », comme dit Ovide, va vers le néant et la mort. Comme pour Narcisse, l’homosexualité n’est qu’illusion et suicide, piège mortel, impasse, voie sans issue, fosse, trou noir d’où rien ne peut sortir de fécond…

Apollon et son amant Hyacinthe par Alexandre Kisseliov

Qu’Ovide ait écrit des pages merveilleuses sur l’homosexualité d’Apollon laisse bien froids nos Dupond et Dupont d’extrême droite. Pauvre Ovide ! Lui qui vécut un exil douloureux au bord de la mer Noire, au début du premier millénaire, ne se doutait pas que des souffrances bien pires l’attendaient au 21e siècle : voir sa plus belle oeuvre, les Métamorphoses, instrumentalisée avec autant de mauvaise foi par deux illuminés, désireux de nuire sans raison à des individus qui ne leur ont jamais rien demandé, et qui ne les connaissent ni d’Eve ni d’Adam.

Faut-il relever la perfidie d’une expression comme « l’homosexualité n’est qu’illusion et suicide », alors que tant de jeunes LGBT tentent de se suicider chaque année, non pas à cause de leur homosexualité, mais à cause de l’homophobie, flagrante ou insidieuse, dont ils sont victimes chaque jour ? Peut-on s’imaginer la capacité de nuisance de deux fous furieux qui se permettent d’écrire que l’homosexualité est un « trou noir d’où rien ne peut sortir de fécond » ? Tout est grossier dans cette phrase : le procédé stylistique déshumanisant, l’allusion scatologique censée faire rire le beauf un peu éveillé, la réduction des gays à leur anus et à la mort… Les gays ne sont rien de plus qu’un trou du cul stérile et un tombeau : voilà ce qu’il faut lire derrière cette expression odieuse.

Les sciences humaines ne leur suffisant plus, c’est alors à la médecine que recourent Docteur Gaver et Mister Guillebon, puis ils reviennent à l’histoire du monde selon eux-mêmes. Leur sagacité inouïe leur permet d’annoncer l’apocalypse, tels Paco Rabanne en deuxième partie de soirée sur France 2 ou Philippulus le Prophète dans les rues de Bruxelles :

L’homosexualité est la maladie des peuples fatigués, des siècles décadents, des sociétés finissantes. Rome de la chute de l’empire, Paris de la fin des Bourbons étaient ravagées d’homosexualité. Elle est le signe avant-coureur des effondrements, des révolutions, des bouleversements, des invasions, des catastrophes. Elle est le symptôme même de la décadence, de la perte de sens, de l’anomie. Sa joie bruyante et fabriquée est sans avenir, ses plaisirs criards et tapageurs sans postérité. Les homosexuels sont les sacrifiés des époques perdues, qui se consument eux-mêmes dans des immolations absurdes. Ils sont les suicidés des sociétés sans foi ni avenir, les enfants monstrueux des générations jouissives, hédonistes et inconséquentes, leurs minotaures dévorateurs enfermés dans les labyrinthes sans buts des siècles insensés. Il y a certes toujours des homosexuels, mais quand ils se reproduisent et tiennent le haut du pavé, c’est que ça va mal…

Christine Boutin, l’imprécatrice de la décadence

On se demande où Gauber et Guillebon tirent leur inspiration pour cracher à ce point sur les LGBT : ces prophètes de l’homophobie ont-ils été grassement payés pour rédiger de pareilles injures, ou bien se sentent-ils guidés par une voix profonde qui raisonne en vain dans leur esprit torturé ? Le massacre de l’histoire auquel ils se livrent, et que Christine Boutin avait déjà commis à l’Assemblée, laisse penser qu’ils considèrent l’histoire comme le prétexte fourre-tout qui permet à chacun de dire n’importe quoi et de légitimer ses élucubrations haineuses.

Le reste du texte est à l’avenant : l’homosexualité, « forme extrême de perversion » selon ces gens qui sont bien placés pour parler de l’extrême (surtout s’il est à droite), entraînerait « la destruction de la personnalité », comme « dans les grandes expériences totalitaires » et « dans les mouvements sectaires extrêmes ». Gaver et Guillebon adorent le mot « extrême » (quitte à l’utiliser deux fois en trois lignes) : on s’en doutait.

Toujours plus fort, toujours plus loin, toujours plus extrême : les hallucinations se succèdent, et nos deux diseurs de bonne aventure prophétisent à tout va ! Ils voient en effet que l’homosexualité, si rien ne s’y oppose, pourrait bien devenir « dans quelques sociétés alanguies et exsangues une nouvelle forme de révolution totalitaire ou d’épidémie sectaire ». Que d’intelligence et de modération ! Que de profondeur dans l’analyse ! Devant tant d’outrance et d’exagération, on pourrait croire à un canular de Gérald Dahan ou à une plaisanterie du regretté Marcel Béliveau, mais non : tout est sérieux, pensé, réfléchi et pesé dans ces propos détestables.

Lire la suite du texte revient littéralement à mettre le nez dans un sac de purin – pour rester poli. La fièvre inspiratrice a fait des ravages dans les cerveaux surchauffés de notre duo de choc. Toute l’argumentation du paragraphe suivant tente en effet de démontrer que l’homosexualité est une secte : la Miviludes appréciera. S’inventant des amis gays qui les auraient quittés (on le ferait à moins !), les deux auteurs se lancent dans la fausse commisération :

Vampirisée par l’identité collective gay, leur personnalité s’est fondue dans la masse, dissoute, dissolue, disparue. Il y a sans doute peu de mouvements sociaux contemporains qui pratiquent un tel lavage de cerveau, un tel bourrage de crâne (et pas seulement…), un tel conditionnement, un tel endoctrinement, une telle refonte de la personnalité, à part peut-être certaines franges islamistes. Ce n’est pas tant la chute de l’amitié que la perte de l’ami qui s’ensuit, la disparition de la personne que l’on a connue, rapidement lobotomisée, obsédée, fanatisée, ne parlant plus que de sa « sexualité différente » et de sa « communauté » et ne voyant plus rien qu’à travers leur prisme – comme il peut advenir dans certaines familles qui « perd » un de ses membres qui se fait musulman fanatique ou adepte d’une secte. La pseudo « communauté homosexuelle » relève par bien des aspects du phénomène sectaire. Elle en a toutes les caractéristiques, toutes les tares, tous les vices, elle en revêt tous les dangers – jusqu’à ces réseaux de séropositifs qui se transmettent volontairement le virus du sida dans une parodie sodomique de parrainage où ils se donnent par voie anale la maladie et la mort comme « cadeau », « don », « gift »…, selon leurs propres mots.

Les amateurs de bons mots et de plaisanteries fines ne doivent surtout pas passer à côté de la parenthèse humoristique, bien familière à nos Laurel et Hardy de la haine : « un tel bourrage de crâne (et pas seulement…) ». L’argumentation ne leur semblant pas assez stupide comme ça, ils ont sans doute relu leur texte pour y ajouter quelques allusions volontairement grossières qui rabaissent encore le niveau de l’ensemble.

Un paragraphe convenu et attendu contre la pénalisation de l’homophobie laisse ensuite le lecteur sur sa faim : on a l’impression que les deux auteurs se sont calmés après l’orgasme que leur ont apporté les injures du paragraphe précédent. Ils y égrènent seulement les clichés ridicules qui définissent pour eux les homosexuels (évidemment, il n’y a que des hommes qui sont homosexuels…) : « la folle bodybuildée du Queen« , « le vieux coiffeur pédé du Bas-Poitou » et « le précieux écrivain vieille France ».

Bertrand Delanoé, accusé.

Pour faire bonne mesure, Gaver et Guillebon se lancent aussi dans une accusation de favoritisme contre Bertrand Delanoë, et s’interrogent avec bon goût : « Faudra-t-il souhaiter à ses enfants de naître handicapés et homosexuels ? ». Pour eux, punir l’homophobie « n’est que démagogie et idéologie, clientélisme et corruption des principes d’une saine république ».

Finissons-en avec ces sornettes : le dernier paragraphe de ces déjections scripturales aborde le thème du mariage pour tous. Nos Bouvard et Pécuchet anti-LGBT ont dû faire bien des efforts pour parler de ce projet, tant il les rebute par nature. Mais s’ils sont à ce point indisposés, c’est sans doute à cause des effluves nauséabonds de leurs propres vomissures textuelles, qu’ils répandent par saccades :

Voilà, que, non content d’étaler au grand public leurs stériles amours, les homophiles réclament les mêmes droits conjugaux et familiaux que les hétérosexuels ! Voilà que, comme si l’absence de discrimination à leur égard ne leur suffisait pas, ils veulent singer les parents normaux et la famille naturelle – la seule vraie, la seule réelle ! […] Qu’apportent [à la société] les amours homophiles ? Sont-elles utiles au bien commun, conformes à l’intérêt général ? […] Pourquoi la loi, qui sert le bien commun et l’intérêt général, devrait assurer à l’inutile homosexualité les mêmes droits et institutions qu’à l’à tout point de vue féconde hétérosexualité : mariage, famille, etc. ? […] Qu’ils se contentent de vivre leurs amours déviantes en privé et soient déjà contents de pouvoir le faire – car tel n’est pas le cas dans de nombreux pays, islamiques notamment – au lieu de parader à tout va et réclamer ce qui ne leur revient pas !

On arrive au bout de l’argumentation (si tant est qu’on puisse qualifier ainsi ces considérations douteuses) : nos deux mousquetaires se déchaînent. Haro, haro sur les homos ! Déjà qu’on ne les brûle pas, ils ne vont pas en plus nous enquiquiner, nous, les chrétiens blancs hétéros normaux ?! La revendication du mariage avait déjà fait bondir le journal d’extrême-droite Minute il y a quelques semaines, avec une argumentation et une subtilité de la même volée… Il fallait une conclusion qui claque pour nos Cicéron et Démosthène des temps modernes… Après avoir cité Coluche et Orwell, qui eux non plus ne viendront pas les contredire de sitôt, Gaver et Guillebon l’annoncent donc aux lecteurs médusés par tant de clairvoyance : ce que les LGBT veulent, c’est rien de moins que « la dissolution de la démocratie, la destruction de la république, la disparition du bien commun » (oh le beau rythme ternaire de nos rhétoriciens ridicules).

On le voit : le débat serein sur le mariage pour tous et sur l’adoption par les couples de même sexe va faire surgir en place publique l’expression des pires horreurs. Gaver et Guillebon frappent fort : non contents d’être ridicules, ils se rendent haïssables. Pour eux, la chasse aux homos est ouverte, et répandre leurs délires leur apportera un peu de notoriété auprès des puissants qui haïssent les LGBT, dans les mondes politique, financier, médiatique et religieux.

Que peuvent encore imaginer Gauver et Guillebon pour nuire aux LGBT ? Tout.

Que retenir de leurs salissures outrancières et détestables ? Rien.

Homophobie | International | Musique | Religion | 10.05.2012 - 18 h 06 | 0 COMMENTAIRES
Lady Gaga menacée par des intégristes en Indonésie

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Il y a quelques semaines, un groupe important de conservateurs chrétiens en Corée du Sud avait décidé de se mettre à prier pour que soit annulé le concert de Lady Gaga prévu à Séoul le 27 avril 2012. L’un des responsables avait affirmé : « Nous allons prier Dieu afin que le concert n’ait pas lieu et que l’homosexualité et la pornographie ne se répandent pas à travers le pays ». Ce concert a par ailleurs été interdit aux moins de 18 ans.

Cette fois, c’est en Indonésie que la star provoque la colère d’un mouvement religieux. L’information a été lancée il y a six jours par le Jakarta Post : le FPI (Front des défenseurs de l’islam) a annoncé qu’il répandrait « le chaos dans Djakarta » si le concert de Lady Gaga prévu le 3 juin à Djakarta n’était pas annulé. Ce mouvement se dit prêt à mobiliser plus de 30 000 personnes afin de créer des perturbations contre le concert de Lady Gaga. Il a annoncé qu’il irait accueillir la star à l’aéroport afin de l’empêcher de mettre pied en Indonésie.

Deux bonnes nouvelles cependant : d’une part, le FPI est connu pour ne pas appliquer les menaces qu’il lance parfois imprudemment. D’autre part, plus de 40 000 fans sont attendus au concert de Lady Gaga. Ils sont toujours plus nombreux que les partisans du FPI…!

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