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Discriminations | Education | Homophobie | International | Internet | 17.04.2012 - 23 h 07 | 31 COMMENTAIRES
USA : nouveau suicide d’un ado gay harcelé

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Il avait 14 ans. Il était gay. Il est mort par suicide après des semaines de harcèlement.

Faut-il en dire plus ?

Son nom était Kenneth Weishuhn. Il étudiait au South O’Brien High School, dans l’Iowa.

Les dernières semaines qu’il a vécues ont été un triste et éternel recommencement. Un mois d’horreur et de harcèlement, après son coming out auprès de garçons de sa classe. Moqueries, harcèlement sur le net, menaces de mort par téléphone… Le garçon a subi tout cela sans broncher, jusqu’à n’en plus pouvoir.

Le reportage en anglais peut être visualisé ici.

Rappelons que ce suicide fait suite à beaucoup, beaucoup d’autres du même genre depuis plusieurs mois.

Education | Homophobie | International | Religion | Travail | 14.10.2011 - 22 h 00 | 28 COMMENTAIRES
Belgique : une sous-directrice d’école victime d’une émeute homophobe dans son établissement

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C’est à peine croyable : à l’Institut des Filles de Marie, situé dans la ville de Saint-Gilles en Belgique, une enseignante lesbiene a été la cible d’une véritable émeute homophobe de la part des élèves de l’établissement, soutenus par certains de ses collègues.

Tout a commencé mardi 12 octbore 2011, durant un cours d’EPS en classe de 5e professionnelle (l’équivalent de la classe de première en France). 200 euros ont été volés pendant le cours, dans le sac qu’une élève avait déposé dans les vestiaires. Les jeunes filles de la classe ont insisté pour être fouillées afin que la coupable du vol soit démasquée. Interrogés par le journal Le Soir, Daniel Pinte, le président du Pouvoir Organisateur de l’école, et Eliane, la sous-directrice de l’école, racontent comment la fouille s’est déroulée : « Les élèves, explique Daniel Pinte, ont elles-mêmes demandé la fouille, étant indignées par ce qu’il était arrivé à la victime du vol. On a finalement retrouvé l’argent dans la chaussette de l’une d’entre elles. » Eliane confirme : « Les élèves voulaient absolument qu’on les fouille. On leur a expliqué qu’on n’avait pas l’autorité nécessaire mais elles ont insisté, on leur a donc fait signer une décharge et, une fois, le butin retrouvé, je suis remontée dans mon bureau et je pensais que l’incident était clos ».

Mais cet incident banal a signé le début d’un harcèlement épouvantable contre Eliane. Peu après la fouille, des textos commencent à fuser : « Demain tous ls eleves de ifm nallez pas en cour fau faire ruina, greve contre gwine (la grosse sou directrice) qui a obligé ls filles de 5eme travaux a ce metre toute nu !!! Faite passé ce message a tous ls eleve de ifm. CEST PA UNE BLAGUE DEMAIN RESTEZ TOUS DAN LA COUR ET FAITE RUINA CNTRE CETTE NYMPHE QUI EST LESBIENNE FAITE TOURNÉ SVP !!!! »

La rumeur se propage et perdure. Des élèves affirment encore que « la sous-directrice a déshabillé les filles, même celles portant le foulard. La professeur de gym a fermé le vestiaire à clef, elle a ensuite appelé la sous-directrice. C’est elle qui leur a demandé de presque tout enlever et de rester en petite culotte pour qu’elle les fouille. Elle est ensuite passée d’élève en élève. Même quand l’argent a été retrouvé, elle a continué son inspection. Les grands frères comptent d’ailleurs venir régler leurs comptes avec la sous-directrice« .

Le lendemain, mercredi et jeudi, des émeutes se déclenchent au sein de l’école : une centaine d’élèves refusent d’entrer en classe. Beaucoup d’élèves du primaire et du secondaire portent des T-Shirts avec l’inscription « Touche pas à mon intimité ». Les cent élèves squattent la cour de récréation et réclament la démission de la sous-directrice. « Dehors la perverse, la lesbienne ! », lancent les élèves en apercevant Eliane. Les cours ont dû être annulés mercredi en raison de l’ampleur des troubles. Les élèves brisent des carreaux, jettent des chaises et des bancs, défoncent des portes… La violence de la réaction contre l’enseignante est sans bornes. Les assauts verbaux se multiplient, et menacent, au vu des dégradations matérielles, de dégénérer en agression physique. « Le directeur m’a demandé de me réfugier à l’étage et de partir par la petite porte après 33 ans de carrière », confie Eliane en pleurs. 

La réaction des collègues n’a pas été unanime : « Etant donné son orientation sexuelle, comment peut-on admettre cela dans une direction, ça va péter… « , a déclaré un professeur. Mais il a ensuite présenté ses excuses. Plus avisé, Daniel Pinte est désolé pour la sous-directrice. Il rappelle qu’elle a 30 années d’ancienneté dans l’établissement : « elle a toujours consciencieusement effectué son travail et n’a jamais fait l’objet de la moindre critique. ». L’administration soutient ainsi l’enseignante : le directeur de l’institut des Filles de Marie, Paul Straetmans, a porté plainte pour harcèlement, homophobie et atteinte à la vie privée.

Le contexte de ces aggressions mérite d’être rappelé : Une enseignante homosexuelle avait déjà fait l’objet l’année dernière d’insultes homophobes de la part d’une autre enseignante. Elle avait dû porter plainte et venir avec son avocat pour que la direction prenne une sanction. Après un an de suspension, la professeur à l’origine des insultes homphobes doit réintégrer l’Institut fin octobre 2011 !

D’autre part, l’évêque belge et homophobe Leonard s’est prononcé en début de semaine sur la prise en compte des éléments de la vie privée pour sélectionner les équipes de directions scolaires, dans le plus pur mépris des règles du droit du travail… Cet évêque s’étant distingué par des condamnations répétées de l’homosexualité, on se doute bien que ces éléments de privé ne se limitent pas seulement au mariage ou au divorce, mais aussi à l’orientation sexuelle. Les vrais auteurs des violences commises à l’institut des Filles de Marie ne sont donc pas forcément les élèves, mais plutôt ceux qui, directement ou indirectement, ont attisé la haine des jeunes contre une enseignante dont le seul tort a leurs yeux est de ne pas être hétérosexuelle.

Les médias ont d’abord annoncé qu’Eliane avait donné sa démission, et qu’elle ne retournerait plus jamais à l’Institut des Filles de Marie. En réalité, il semblerait qu’elle souhaite plutôt faire valoir son bon droit et être plus forte que ceux qui ont voulu la chasser. Nous lui souhaitons beaucoup de courage, et espérons qu’elle trouvera beaucoup de soutiens à ses côtés.

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