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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
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Education | Extrême(s) Droite(s) | France | Homophobie | Politique | 02.10.2013 - 00 h 57 | 14 COMMENTAIRES
Un syndicat d’enseignants (Snalc) accuse Thomas Hollande de promouvoir la « théorie du genre » au sommet de l’Etat.

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Un syndicat d’enseignants, le Snalc (Syndicat national des lycées et collèges), a pris une position tout à fait étonnante au sujet de la « théorie du genre », devenue depuis quelques mois l’angle d’attaque privilégié des opposants au mariage pour tous. On peut entendre cette position en se rendant sur le site du collectif Racine, qui regroupe « les enseignants avec Marine Le Pen« .

Le 10 juillet 2013, l’enseignant Emmanuel Protin, présenté comme « membre du bureau national du Snalc » (mais également attaché de presse de ce syndicat), était invité à s’exprimer sur l’éducation par la radio d’extrême-droite Radio Courtoisie. Aux côtés de 5 autres invités, qui étaient tous des enseignants membres du Front National, il a été interrogé par le présentateur, lui-même ancien candidat FN aux élections municipales de 2001 et 2008, sur la supposée « ‘irruption de la théorie du genre » dans les programmes de l’Education nationale.

Bien sûr, la formulation de cette question est doublement fausse : d’une part, rappelons qu’il n’existe pas de « théorie du genre« , mais uniquement des « études de genre », qui constituent un champ de recherche universitaire inter-disciplinaire. D’autre part, les études de genre n’ont pas fait « irruption » dans l’Education nationale : le gouvernement Ayrault a simplement manifesté la volonté de lutter contre les stéréotypes de genre à l’école – ce qui a suffi à déclencher l’hostilité des milieux de droite et d’extrême-droite qui en ont fait leur nouveau cheval de bataille.

Emmanuel Protin (Photo – Sénat)

On aurait pu attendre une réponse claire, argumentée et nuancée de la part d’un syndicat comme le Snalc, qui se présente très officiellement comme « le deuxième syndicat le plus représenté chez les professeurs du second degré aux élections professionnelles ». Il aurait suffi à son représentant, Emmanuel Protin, d’expliquer qu’il n’y a pas de théorie du genre, que cette supposée théorie ne figure en aucun cas dans les programmes officiels, et que le ministre lui-même a déclaré ne pas promouvoir de quelconque « théorie du genre ».

Hélas ! Le représentant du Snalc a fait un choix bien différent de ce que le bon sens aurait dû lui inspirer.  En effet, loin de remettre en cause le pré-supposé de la question, il a poussé encore plus loin l’erreur (ou le mensonge ?) du présentateur, en déclarant :

Rien n’est scientifiquement fondé […] On ne voit donc pas pourquoi, dans l’école de la République, on enseignerait des théories qui ne sont pas scientifiquement vérifiées.

Sa réponse amalgame études de genre réelles et « théorie du genre » fantasmée, et elle laisse croire que le ministère demande aux enseignants de promouvoir des théories farfelues ou erronées, alors que ce n’est pas du tout le cas. Il y a là une confusion inquiétante de la part d’un enseignant, responsable d’un syndicat.

Mais à cette erreur grossière s’ajoutent des propos encore plus surprenants. Pour compléter sa réponse, Emmanuel Protin ajoute :

« Je crois qu’il y a un certain nombre de gens très très haut placés qui s’occupent de ces théories, y compris un certain M. Hollande fils […]. Thomas Hollande travaille notamment dans ce domaine-là. La rumeur dit que c’est pour ça que le président de la République aurait un oeil favorable par rapport à ça ».

Cette accusation à l’emporte-pièce est tirée du site Egalité et Réconciliation dont le responsable est Alain Soral, ami de Dieudonné, ancien responsable du FN et pourfendeur à la fois du « sionisme » et du supposé « communautarisme gay ». C’est une drôle de source pour un syndicat censé représenter les enseignants qui ont pour but d’éveiller l’esprit critique et la tolérance chez leurs élèves !

Après avoir déploré que Luc Chatel, bien qu’il soit à l’UMP,  avait déclaré qu’il ne « reviendrait pas » sur les programmes de SVT, auxquels certains avaient (à tort !) reproché de laisser trop de place à la notion de « genre », Emmanuel Protin lance une déclaration qui se veut à demi-mystérieuse :

« Il y avait déjà eu des attaques à ce niveau-là, une introduction d’une certaine forme de lobbyisme à l’intérieur de l’Education nationale sous le gouvernement précédent ».

On comprend bien, car il s’agit là d’une ficelle habituelle à l’extrême-droite, quelle partie de la population est désignée par cette accusation de « lobbyisme » au sein du ministère : les attaques envers un supposé « lobby LGBT » sont coutumières chez Marine Le Pen, Robert Ménard ou Eric Zemmour, et le Snalc, en décembre 2011, avait déjà fustigé « le communautarisme sexuel » (sic) qu’il avait cru voir à l’oeuvre dans l’évolution des programmes lors de la réforme du lycée.

L’interview est disponible dans son intégralité sur le site du Collectif Racine, qui regroupe « les enseignants avec Marine le Pen« . On s’étonne, vraiment, d’entendre, sur le site du FN, le représentant de ce syndicat tenir de tels propos, alors que le Snalc se défend régulièrement d’être un syndicat lié à l’extrême-droite et revendique « sa neutralité » politique.

Enfin, le Snalc tiendra son congrès à la mi-octobre : on annonce la venue du ministre Vincent Peillon en personne pour ce congrès. Ce serait un affront pour tous les LGBT qu’un ministre se déplace au congrès de ce petit syndicat (par rapport à l’échelle du ministère), dont un représentant ose non seulement s’exprimer sur la radio d’extrême-droite Radio Courtoisie, déjà rappelée à l’ordre plusieurs fois par le CSA pour des propos à orientation raciste ou homophobe, mais en plus déverse un nombre impressionnant d’erreurs en quelques phrases, en s’inspirant de sites extrémistes et en donnant raison aux influents membres du Front national présents dans le même studio que lui lors de cette émission.

Après les reculades du gouvernement sur la PMA ou sur le don du sang par les homosexuels, la caution personnelle que Vincent Peillon donnerait à ce syndicat en se rendant à son congrès serait une offense de plus envers les LGBT.

Discriminations | Famille | France | Gestation pour Autrui | Medias | Politique | 07.03.2012 - 17 h 17 | 5 COMMENTAIRES
Pour Jean-Luc Mélenchon, les mères porteuses sont une invention de Marine Le Pen.

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On a beaucoup parlé de la rencontre entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sur France 2 le 23 février 2012, au cours de laquelle la présidente du Front National a refusé de débattre avec Jean-Luc Mélenchon. Mais on a trop peu remarqué les déclarations de Jean-Luc Mélenchon à cette occasion, qui avait choisi d’attaquer Marine Le Pen sur le thème de l’égalité hommes/femmes.

Pour ce faire, il lui a d’abord rappelé qu’elle s’oppose au remboursement de l’IVG :

« Madame, la première égalité, et vous le savez,  c’est de pouvoir disposer librement de soi, de son corps. Or, vous, vous êtes pour supprimer le remboursement par la sécurité sociale de l’IVG, ce qui signifie que ce droit, aujourd’hui, vous ne le combattez plus, mais vous voulez le réserver seulement à ceux qui en ont les moyens.

Marine Le Pen refusant le débat, et monologuant pendant de longues minutes, Mélenchon la relance, 2h07 après le début de l’émission :

« Laissez-moi parler, vous allez voir. […] Moi, je vous ai posé une question concrète, Madame. […] Voyez-vous, je vous ai posé une question, et vous ne me répondez pas, parce que vous êtes une double hypocrite. Vous réservez l’IVG à ceux qui peuvent payer. […] Sur la question de l’égalité hommes/femmes, je ne vous lâcherai pas. »

Même lorsque David Pujadas reprend la question et interroge Marine Le Pen sur les soi-disant « avortements de confort », elle refuse toujours de répondre. Jean-Luc Mélenchon propose donc de « parler tout seul », puisque c’est ainsi que procède Marine Le Pen.

Mais après avoir attaqué Marine Le Pen sur son idée d’instaurer un salaire parental, Jean-Luc Mélenchon se lance alors, à 2h20mn, dans une très violente diatribe contre les mères porteuses, dont il attribue l’invention… à Marine Le Pen ! En voici la retranscription exacte, mot pour mot :

« Me reste-t-il du temps, M. Pujadas, pour vous faire de nouvelles révélations sur le programme de Mme Le Pen ? […] Je vais pouvoir apprendre à ceux qui nous écoutent de nouvelles choses […] Marine Le Pen a perdu ses moyens, elle sait que le Front de Gauche est partout sur ses traces, et que partout  nous procédons au travail de désintoxication dont il y a besoin ici et là. […]

Il reste maintenant à entendre, à ceux qui nous écoutent, qu’après avoir inventé un salaire parental qui est une arnaque, refusé le remboursement de l’IVG,  Mme Le Pen est également l’inventrice d’un mot, qui est (comme elle le fait d’habitude, c’est très habile)elle appelle ça « l’adoption pré-natale », ce qui, en termes plus ordinaires, s’appelle les mères porteuses. Vous avez inventé que, si quelqu’un ne voulait pas porter un enfant, ne veut pas l’assumer, mais qu’elle veut quand même le porter, alors elle pourrait le donner à quelqu’un d’autre avant sa naissance. Eh bien, Madame, un jour vous allez nous présenter la milliardaire qui est prête à le faire dans ces conditions pour quelqu’un qui gagne le Smic, et alors on commencera à vous croire. La vérité c’est que vous avez planifié l’invention de ce qu’on appelle des mères porteuses, c’est-à-dire la transformation du corps de celles qui ne peuvent pas faire autrement en un instrument de production. Allez, je vous mets au défi de me dire que ce n’est pas le cas. Montrez-moi comment vous comptez faire. »

Mélenchon avait dit peu de temps auparavant à Marine Le Pen : « Les nuances, ce n’est pas votre fort ». Apparemment, ce n’est pas le sien non plus. Comment le représentant du Front de Gauche peut-il tenter de diaboliser les couples hétéros et homos qui ont eu recours à une mère porteuse, en essayant de faire croire, au mépris de toute vérité, que les mères porteuses sont une invention de Marine Le Pen ? Est-il nécessaire, pour combattre Marine Le Pen, d’inventer des arguments pareils, et de faire passer les mères porteuses pour une invention de l’extrême droite française ? Ce thème divise dans les rangs de tous les partis politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite : comment Jean-Luc Mélenchon peut-il feindre d’ignorer que les mères porteuses font débat au sein de son propre parti ?

Elisabeth Badinter, Martine Gross, Israël Nisand, qui soutiennent la pratique des mères porteuses, sont-ils des membres du Front National ? Faut-il suivre les préceptes de Sylviane Agacinski et René Frydman pour être de gauche aujourd’hui ? Monsieur Mélenchon, n’humiliez pas les couples qui font recours à une mère porteuse, en les assimilant au Front National : nos couples et nos familles valent mieux que cette instrumentalisation de bas niveau à des fins électoralistes.

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