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France | Histoire | Homophobie | Medias | 27.08.2012 - 22 h 59 | 9 COMMENTAIRES
L’importance de Jean-Luc Delarue pour la visibilité des LGBT dans le grand public.

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Jean-Luc Delarue est mort ce jeudi 23 août 2012. Toute la presse a parlé de son décès, des louanges (plus ou moins sincères) ont été exprimées dans tous les médias, et France 2 lui rend hommage ce mardi 28 août en 2ème partie de soirée. Quelques mots cependant, pour rappeler que Jean-Luc Delarue n’est pas si étranger qu’on pourrait le croire à l’histoire des LGBT en France.

Dans son émission-phare Ca se discute, Jean-Luc Delarue a été l’un des premiers à aborder sans tabou, en direct, sur la base de témoignages et durant près de 2h, le thème de l’homosexualité. Par sa popularité dans les années 1990 et 2000, il a fait connaître quelques vérités sur l’homosexualité auprès du grand public, et il a permis de parler de ce thème de manière dédramatisée.

Les deux extraits de Ca se discute les plus touchants selon moi, et les plus anciens, sont les témoignages de Fanny et Romain :

Les deux jeunes gens font preuve d’un vrai courage sur le plateau, et de beaucoup d’intelligence. Le reportage mené sur Romain et sa famille est très émouvant. Quant à Fanny, elle ose lever l’anonymat qu’elle s’était imposé, et finit son témoignage à visage découvert.

Une autre émission de Ca se discute a été consacrée aux homosexuel(le)s. Cette fois, il s’agissait d’invités qui avaient eu des relations hétérosexuelles avant de vivre leur homosexualité. En voici un extrait :

Enfin, rappelons que Jean-Luc Delarue était également le producteur de C’est mon choix, dont un numéro était consacré à une mère qui n’acceptait pas l’homosexualité de son fils. De nombreux invités s’y sont exprimés, dont le très émouvant Giovanni, un jeune qui avait fait récemment son coming out à ses parents (et qui, comme je l’ai découvert par hasard, défend encore aujourd’hui les LGBT dans les médias grand public) :

Sans en faire un thème récurrent, Jean-Luc Delarue et ses équipes ont fait de l’homosexualité un thème présent au coeur des foyers français – en particulier ceux qui ne savaient rien sur la question, et pensaient qu’il s’agissait d’une mode, d’une déviance ou d’une fantaisie destinée à quelques riches. Les millions de Français qui regardaient Ca se discute et C’est mon choix appréciaient le côté à la fois sérieux et divertissant des émissions, et ils y voyaient surtout des gens comme eux, confrontés aux mêmes problèmes et au même quotidien. Y voir des homosexuel(le)s, c’était se dire : « Mais alors, ce sont des gens normaux, les homosexuel(le)s ? »

La question de l’homosexualité sera reprise dans la dernière série d’émissions de Delarue, Toute une histoire, déclinée cette fois en plusieurs thèmes, comme les personnalités homosexuel(le)s (Jean-Luc Roméro, le fils d’Hugues Aufray, etc.), ou le coming out auprès de ses proches, qui, même en 2008, n’était toujours pas chose facile.

Eric Verdier

Racoleur, voyeuriste ? Ce sont les qualificatifs qui ont parfois été attribués à Jean-Luc Delarue. Ils lui correspondaient sans doute en partie. Mais est-ce être voyeur que de vivre grâce aux caméras un coming out qui se passe bien dans une famille rurale de l’Allier ? Est-ce être racoleur que de laisser une mère exprimer son rejet de l’homosexualité de son fils, puis de la confronter à des enfants et à des parents qui ont vécu le même chemin qu’elle, et qui lui apportent les meilleurs contre-arguments possibles ? On oublie trop facilement que C’est mon Choix a été l’une des premières émissions à forte audience qui ait permis à Eric Verdier (le psychologue qui a analysé les tentatives de suicides des jeunes LGBT) de s’exprimer auprès d’un très large public français.

Dans les émissions présentées et/ou produites par Jean-Luc Delarue, ces témoignages d’invités ont été précieux pour bon nombre d’homosexuel(le)s qui se sentaient isolé(e)s, et pour beaucoup de familles qui n’acceptaient pas l’homosexualité d’un de leurs membres. S’ils n’ont pas provoqué de miracles, ils les ont aidés à réfléchir, et ils ont fait d’un « douloureux problème » un sujet sociétal qui pouvait concerner le téléspectateur moyen, et intéresser Monsieur et Madame Tout-le-monde devant leur petit écran.

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