4297 Dalida | E.D.H. – Egalité des Droits Homos/hétéros

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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
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France | Mariage | Musique | Politique | 06.05.2012 - 17 h 57 | 0 COMMENTAIRES
Que chanteront les LGBT grâce à la victoire de François Hollande ? + Les injures d’une Jeune UMP envers François Hollande.

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Ce dimanche 6 mai, François Hollande, en gagnant l’élection, laisse enfin l’espoir aux couples de même sexe de pouvoir bientôt entonner tous en choeur :

http://www.youtube.com/watch?v=FMZ6uT-EHFg

P.S. : Au moment même où François Hollande a été annoncé comme le grand vainqueur de l’élection, une jeune militante UMP s’est mise à hurler à plusieurs reprises, en direct sur France 2,  un très clair « ENCULE », dès qu’elle a vu la photo de François Hollande s’afficher sur l’écran. Le prénom et le nom d’une jeune fille, qui fait partie de la famille d’une élue UMP de Puteaux, a circulé en différents endroits du net depuis deux jours. Mais peu importe finalement le nom, c’est l’acte qui est très grave.

Le pire, je pense, dans ces images, c’est de voir que la jeune auteure de l’insulte se met quasiment à rire de s’être exprimée ainsi ! Qu’on ait un coup de colère un soir de défaite politique, je veux bien, surtout quand on est jeune ; qu’on emploie un mot comme ça, plusieurs fois, en plein QG de campagne du candidat, là déjà je suis choqué ; mais alors qu’en plus on en rigole au moment même où l’on s’excuse à moitié avant de passer à autre chose, là franchement c’est de l’abus. Je ne dirais rien sur les quelques autres « Jeunes Pops » que j’ai connus : ils étaient tous du même acabit.

http://youtu.be/5kkVWT7aC8w

France | Histoire | Musique | Non classé | VIH | 01.05.2012 - 04 h 46 | 0 COMMENTAIRES
Il y a vingt-cinq ans nous quittait Dalida.

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C’est dans la nuit du 2 au 3 mai 1987 que Dalida nous a quittés. C’était il y a 25 ans, quasiment jour pour jour – ou plutôt, à l’heure où j’écris cet article, quasiment nuit pour nuit.

Je n’étais pas bien vieux cette année-là. Et pourtant, je me souviens encore précisément des journaux télévisés de l’époque qui rendirent compte de l’événement, le dimanche soir. Une immense communauté de fans, en France et dans toute l’Europe, partageait cette tristesse, et apprenait les derniers mots écrits par la star : « La vie m’est insupportable. Pardonnez-moi. »

Aujourd’hui encore, son frère Orlando (de son vrai nom Bruno Gigliotti) entretient pieusement la mémoire de la chanteuse auprès de ses fans de tous âges. Dans le même temps, des biographies, des articles et des émissions télévisées continuent, chaque année, de rendre hommage à l’artiste qu’elle était.

On a beaucoup parlé de la détresse de Dalida, et des hommes qui ont traversé sa vie, dans des moments souvent très douloureux : Lucien Morisse, Jean Sobieski, Christian de la Mazière, Luigi Tenco, Richard Chanfray, Arnaud Desjardins, François Naudy… Chacun d’entre eux a participé, de manière parfois tragique, à l’écriture de l’un des chapitres qui composent la vie de Dalida. En 1967, la jeune femme est plongée cinq jours dans le coma suite à une première tentative de suicide. D’autres drames personnels s’ensuivront, comme cet avortement, quelques mois plus tard, qui la rendra définitivement stérile.

Si sa carrière artistique l’amène à devenir une star extrêmement populaire, c’est d’abord pour son talent de précurseur, sa grande capacité à renouveler et à diversifier son répertoire. Après le succès de chansons comme Bambino en 1957 (mais aussi Come prima, Les Enfants du Pirée, La danse de Zorba…), elle sait coller à son époque et prend le virage du twist dans les années 60 : c’est une 1ère révolution dans sa carrière. Elle saura ensuite enchaîner les grands succès populaires (Paroles Paroles, Il venait d’avoir 18 ans, Gigi l’Amoroso…) tout en lançant ou en reprenant de grandes chansons à texte (Avec le temps, Je suis malade, Quand on n’a que l’amour…) – unir ces deux répertoires, considérés comme contradictoires, constitue alors une 2eme révolution, qui lui assure un public extrêmement large. A la fin des années 70, elle crée la première chanson « medley » (Génération 78), et, après un très court passage par le reggae (!), elle parvient à devenir l’une des reines du disco – 3eme révolution, qui sera également la dernière.

Qu’on me permette de revenir, en quelques lignes, sur ce qu’a signifié Dalida pour la communauté LGBT. Il faut avoir eu 15 ans en 1972, pour bien comprendre ce que signifiait entendre chanter, sur le gramophone des parents, et dans la voix d’une artiste populaire : « Pour ne pas vivre seul, des filles aiment des filles, et l’on voit des garçons épouser des garçons ». Ce n’était qu’un an après la toute première Gay Pride en Europe ! Une autre chanson de Dalida, en 1979, aborde l’homosexualité (ou plutôt la bisexualité ?) de manière explicite : Depuis qu’il vient chez nous. Dans cette chanson, une femme s’adresse à son époux : « Dieu que tu as changé / Depuis qu’il vient chez nous […] Si sa jeunesse t’attire / Pourquoi ne pas me le dire ? […] Parfois j’ai peur de comprendre / Ce qui se révèle en toi ». Il est difficile de dire les choses plus clairement… tout en gardant la poésie des nuances et des mots !

Mais on peut aller plus loin : tous ceux qui ont aimé Born this way de Lady Gaga devraient savoir que, quels que soient la qualité du texte et le talent de l’interprète, il ne s’agit que d’un avatar post-moderne et plus rythmé de la belle, sensible et mélancolique chanson A ma manière. « Avec des faux pas, des faux plis / Chacun de nous porte sa vie, à sa manière […] Même sous la pluie des mauvais jours / J’ai suivi la ligne d’amour, à ma manière » : à l’époque, tous les LGBT qui entendaient ces paroles, signées Pascal Sevran, ont bien compris qu’elles s’adressaient aussi à eux – sinon à eux, en priorité. Il faudra d’ailleurs qu’un jour les queer studies se penchent sérieusement sur les paroles de toutes les chansons de Dalida… Enfin, qui oserait manquer la célèbre soirée au Tango, qui est consacrée chaque année à Dalida, et qui aura lieu cette année le 16 mai – comme d’habitude en excellente compagnie ? Et qui ignore que Dalida fut l’une des premières personnalités, avec Line Renaud, à s’engager résolument dans la lutte contre le Sida ?

Pour finir, et parce que Dalida avait beaucoup d’humour, je vous propose de visionner ces trois imitations de Gigi, des années 80 aux années 2000. Nul doute que ces vidéos l’auraient encore beaucoup fait rire, si elle était toujours parmi nous :

http://www.youtube.com/watch?v=mbiVbM8oDqs

Vous aurez compris, à la lecture de cet article, que Gigi était la chanson de Dalida que je préférais (avec « Laissez-moi danser », et « Mourir sur scène »). Et vous, quelles sont les trois chansons de Dalida que vous préférez ? 

Post Scriptum : Une époque s’achève, une génération disparaît. Thierry Le Luron, l’imitateur qui avait tant de talent, est mort le 13 novembre 1986, soit quelques mois seulement avant le départ de sa victime préférée – qui, depuis longtemps, lui avait pardonné sa férocité à son égard. Elie Kakou, qui nous a également fait rire aux larmes, nous a quittés en 1999. Pascal Sevran, dont les dernières années ont été si controversées, est mort en 2008, en nous laissant, malgré toutes les polémiques qu’il a suscitées, une belle oeuvre de parolier et d’écrivain. Enfin, le jeune chanteur qui donnait la réplique à Dalida dans la chanson Génération 78, le joli Bruno Guillain, est décédé lui aussi, le 14 décembre 2011. Qu’il nous soit donc permis d’avoir une pensée émue pour ces quatre personnes si différentes, qui ont un jour croisé la vie et l’oeuvre de Dalida – et qui ont également, un petit peu, traversé nos vies à tous.

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