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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Adoption | France | Mariage | Religion | 02.07.2012 - 18 h 34 | 26 COMMENTAIRES
Le médiatique archevêque de Paris, André Vingt-Trois, lance la guerre contre le mariage pour tous : « la société n’est pas laïque ».

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Dans un entretien accordé au journal catholique La Vie, le très médiatique et influent cardinal André Vingt-Trois, qui est également président de la Conférence des évêques et archevêque de Paris, s’exprime au sujet du mariage pour tous. Même si les termes employés sont méticuleusement choisis, la déclaration de guerre qu’il lance contre cette mesure est ferme et résolue.

Le bon cardinal appelle à ne pas créer de « divisions »  au sein de la société. La conception de la démocratie et de la laïcité qu’il défend à cette occasion est assez étonnante. Pour lui, une mesure ne doit pas être appliquée même si elle est défendue par la majorité politique au pouvoir, et la laïcité n’a pas sa place dans la société !

Une majorité politique qui prendrait des décisions sans considérer les divisions qu’elles pourraient provoquer ferait une erreur. Je veux rappeler ici que si la République est laïque, la société, elle, n’est pas laïque.

Que veulent les couples de même sexe ? Pour les gens doués de sens commun, ils veulent avoir le droit de se marier et d’élever des enfants. Pour André Vingt-Trois, la réponse est plus simple : ils veulent « consommer des enfants » ! On aura compris le grossier double sens de cette affirmation, qui n’est pas une simple allusion au libéralisme, mais sous-entend également que l’enfant sera considéré comme un objet, qui pourra être maltraité, et auquel on pourra faire n’importe quoi…

Dans la représentation culturelle commune, on est passé progressivement de la transmission intergénérationnelle, et donc de la responsabilité à l’égard des enfants, à une attitude de « consommation » des enfants comme un bien auquel chacun aurait droit. Ce bouleversement est un retournement complet.

Qu’on en soit assuré : André Vingt-Trois ne recule devant rien. Il n’hésite pas à mettre sur le même plan l’homosexualité et « toute orientation sexuelle ». Comprenez par là, dans l’esprit de l’homme d’Eglise : la zoophilie, la pédophilie, l’inceste,… Légaliser les droits LGBT amènerait donc à l’universalisation de ces pratiques !

Par ailleurs, certains exigent que la société donne un statut légal aux orientations sexuelles. Or beaucoup de philosophes expliquent qu’il y a une différence entre le sexe, qui est constitutif de la relation sociale, et l’orientation sexuelle. Si on confond les deux, on réclame que toute orientation sexuelle puisse être institutionnalisée et universalisée. Mais si on fait la loi pour satisfaire chaque catégorie particulière, quelle peut être sa valeur universelle ?

André Vingt-Trois laissera-t-il les gens tranquilles, et finira-t-il par accepter que les couples de même sexe puissent se marier ? Non ! Il affirme : « La cause n’est pas si perdue qu’il y paraît. Tout ne serait pas si simple. »

André Vingt-Trois récite ensuite avec application la rhétorique extrémiste développée depuis quelques années par les autorités ecclésiastiques. Il essaie de relier les revendications LGBT… à la crise financière de 2008 ! En jouant sur les différentes significations du mot « libéral », André Vingt-Trois essaie d’instrumentaliser un événement économique pour en tirer un argument anti-LGBT !

Il faut éclairer et combattre l’orientation globale qui sous-tend ce projet : la généralisation du libéralisme individualiste dans tous les domaines de l’existence humaine. Ce qui nous menace dans le domaine économique et financier nous menace aussi dans la vie familiale et sociale. L’homme est un tout.

Se rappelant soudain que le catholicisme a longtemps eu une tradition sociale, il s’adresse aux catholiques de gauche et au gouvernement en essayant de faire croire qu’il est incompatible de défendre une doctrine sociale et d’être favorable aux droits LGBT :

On ne peut pas s’appuyer sur deux dynamismes antagonistes pour gérer une même réalité : on ne peut pas, d’un côté, vouloir une économie solidaire qui surmonte les intérêts particuliers et, de l’autre, promouvoir une morale sociale qui soit simplement l’addition des désirs particuliers. Il me semble que l’ambition du gouvernement est de construire une société solidaire garante d’un bien commun qui dépasse les intérêts individuels. Il se tromperait en imaginant « jouer » le collectif en économie et l’individualisme dans les mœurs.

Evidemment, rien ne nous sera épargné, et André Vingt-Trois reprend l’antienne bien connue de la décadence, qu’avait déjà entonnée en son temps Christine Boutin. Si les couples de même sexe se marient, il est évident que l’apocalypse s’abattra sur la société française, et que le pays sombrera dans le chaos le plus infernal :

Vider le mariage de sa fonction sociale est une mesure qui mine le sens de l’appartenance sociale dans tous les domaines. […] Quand des mutations font courir un risque majeur à la société et à l’homme, nous devons d’abord jouer un rôle d’éveilleur ou de sentinelle, puis prendre nos responsabilités.

Enfin, il appelle les catholiques à agir contre le mariage pour tous de deux manières : en s’exprimant et en s’engageant contre cette mesure, mais aussi en montrant l’exemple de ce que doivent être des familles idéales…

Cette interpellation, cette contestation démocratique doivent s’exprimer dans les urnes, dans la prise de parole et dans les engagements ­civiques et sociaux. C’est pourquoi j’appelle au courage politique les responsables qui, à gauche et à droite, sont contre le libéralisme individualiste en matière sociétale. Si ceux-ci n’ont pas le courage de dire ce qu’ils pensent qui le fera ? Tous les chrétiens doivent avoir à cœur de s’exprimer dans leur droit de citoyen.

Ensuite, il y a l’exemplarité des catholiques. Affirmer qu’il est préférable pour des enfants d’avoir un père et une mère n’est pas crédible si nos familles apparaissaient comme des lieux invivables. Mais si les familles chrétiennes montrent qu’elles traversent les crises, qu’elles font grandir chacun dans l’harmonie et la communion, alors le voisin de palier peut se dire : « Ils pratiquent ce qu’ils disent et cela m’intéresse. » Le chrétien ne vise pas à former une société dans la société. Il vise l’universel, et ne s’en cache pas.

On a bien compris que, pour André Vingt-Trois, la famille hétérosexuelle chrétienne est supérieure aux familles homosexuelles. Il serait bien avisé de regarder davantage autour de lui, et de voir que les parents chrétiens ne sont en rien supérieurs aux parents de même sexe…

On trouvera dans La Croix un second compte rendu de cet entretien.

Famille | France | Homoparentalité | Homophobie | Medias | Politique | Religion | 23.12.2011 - 22 h 13 | 10 COMMENTAIRES
C’était il y a un an : les incroyables confidences de Philippe de Villiers

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On en a peu parlé, et pourtant ces quelques phrases prononcées l’année dernière, jour pour jour, ont été un coup de tonnerre dans le camp catholique et conservateur. La volonté d’empêcher toute diffusion trop large de ces propos semble avoir fonctionné puisque, encore aujourd’hui, peu de Français connaissent les faits. En effet, combien, parmi nous, savent que Philippe de Villiers a fait ces déclarations très étonnantes, qui ont été publiées le 23 décembre 2010 dans le magazine Le Point, puis reprises, entre autres, par le journal France Soir ?

Il est de notoriété publique que Philippe de Villiers a été fort malade, mais ce n’est pas là un point qui prête à polémique. L’homme politique est d’ailleurs guéri depuis plus d’un an, et ne souffre plus, selon toute apparence, de problèmes de santé physique. Tout le monde sait également que les fils de Villiers se sont livrés une terrible guerre juridique, Laurent de Villiers accusant son frère Guillaume de l’avoir violé durant son adolescence. Guillaume a toujours nié formellement tout crime de cet ordre, et a bénéficié d’un non-lieu. Mais cette affaire n’en finit pas de rebondir : Laurent a publié un livre aux éditions Flammarion pour livrer sa version de son histoire, et le non-lieu dont bénéficiait Guillaume… a été levé par la Cour de cassation, ce qui relance tout le procès. Mais les déclarations les plus étonnantes sont aussi les moins connues, et ne portent pas sur ces faits.

C’est à la journaliste Anna Cabana que le vicomte Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon a choisi de se confier en décembre 2010. La jeune femme semble avoir elle-même du mal à croire aux phrases qu’elle rapporte, et elle les explique en partie par « le chagrin » que ressent alors Philippe de Villiers.

Voici donc ce que déclare celui qui est, encore aujourd’hui, connu dans toute la France pour être le représentant du catholicisme en politique :

« Je n’en peux plus de ces trucs de cathos ! La religion c’est une maladie ! »

Et il ajoute :

« Je ne suis pas croyant ».

S’agit-il là de fausses déclarations ? d’un hoax ? de propos inventés de toutes pièces par une affabulatrice en manque de reconnaissance ? La journaliste qui a recueilli ces confidences jouit pourtant d’une excellente réputation : grand reporter durant une dizaine d’années pour les magazines Marianne puis Le Point, Anna Cabana est aussi la biographe talentueuse et reconnue de Dominique de Villepin et d’Alain Juppé. Sa parole ne peut pas plus être remise en cause que celles d’Albert Londres, Louise Weiss ou Florence Aubenas. L’authenticité de ces trois phrases, publiées depuis un an dans son reportage « La tragédie du dernier roi de Vendée », n’a d’ailleurs été contestée ni par les soutiens de Philippe de Villiers, ni par Philippe de Villiers lui-même.

Alors, qu’en conclure ? Que Philippe de Villiers a abjuré sa foi catholique ? Qu’il s’est rendu aux lumières de la raison ? Qu’il est devenu mystique ? Une chose est claire : celui qui était connu pour ses « convictions religieuses » et suscitait pour cela l’admiration de « bon nombre de catholiques de droite » n’est plus le même homme aujourd’hui. Les difficultés qui se sont accumulées l’ont sans doute fait évoluer. Pour exprimer son désarroi, il déclare : « Je suis comme les juifs devant la Shoah : je ne comprends pas le silence de Dieu. » Si Philippe de Villiers prend clairement ses distances avec la religion, il faut espérer qu’il ait commencé à distinguer les excès, les intolérances et les méfaits auxquelles elle peut conduire.

De 1993 à 2006, Philippe de Villiers s’est battu de toute ses forces contre les LGBT. Parmi un nombre incalculable de propos anti-LGBT et de discours haineux, il a notamment déclaré, en 1999 : « Le Pacs, c’est le retour à la barbarie. […] Vous touchez là aux fondements de la société ! Mais un jour les victimes se lèveront et se tourneront vers vous. » En 2006, il ajoutait : « Il faut faire en sorte que les jeunes gens de notre pays ne considèrent pas l’homosexualité comme tout aussi naturelle que l’hétérosexualité. »

Dans son article, Anna Cabana remarque : « Cet énarque qui a appris à cracher du feu, jadis, pour un de ses spectacles, ne crache plus que du chagrin ». Et l’on ne peut manquer d’ajouter : cessera-t-il désormais de cracher… sur les droits des LGBT ?

France | Homoparentalité | Homophobie | Religion | 11.10.2011 - 23 h 06 | 0 COMMENTAIRES
Jacques Noyer, évêque émérite d’Amiens : « traiter les homosexuels en déviants » ne peut être justifié par « l’autorité divine ».

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Branle-bas de combat dans les rangs de l’Eglise catholique : Jacques Noyer, l’évêque émérite d’Amiens, s’est illustré le 03 octobre dans une interview donnée au journal de gauche catholique Témoignage chrétien. En effet, il y défend la théorie du genre, et déclare qu’en matière d’affection et de famille(s), « la règle de l’amour mutuel demeure le seul critère vraiment chrétien d’un jeu de relations entre hommes et femmes… et enfants. ».

Jacques Noyer affirme que « la seule exigence chrétienne est le respect, l’égalité, l’amour entre les personnes, sans oublier évidemment l’enfant fruit et enjeu de ces relations ». Cette phrase pourrait sembler banale, s’il n’ajoutait quelque temps après, conscient de l’importance de son point de vue au sein d’une Eglise catholique majoritairement homophobe et misogyne : « Je sais qu’en disant cela j’ébranle toutes les certitudes qui permettent de rejeter les divorcés, d’interdire l’approche de l’autel aux filles, de réserver le ministère aux hommes, de traiter les homosexuels en déviants. Rien de tout cela ne peut réclamer l’autorité divine à travers la loi naturelle ni même à travers les mœurs de Jésus.

Il n’en fallait bien sûr pas moins pour déclencher les foudres de la cathosphère la plus réac’, qui verse aussitôt dans l’injure et le sarcasme, dès qu’une personne un tant soit peu raisonnable émet le moindre avis intelligent et sensé. Le site intégriste Riposte Catholique, dans un article repris par les fondamentalistes de chretiente.info, s’insurge ainsi : « Bref, tant qu’on s’aime, voyez-vous, tout est permis… Entre hommes ou entre femmes, majeurs ou non, à plus de 2 si cela nous chante ! Que ne faut-il pas lire de la part de ce mitré ».

Jacques Noyer, déjà conspué par bon nombre de fidèles et de dignitaires catholiques, gagnerait à être connu au sein de la communauté LGBT, car il défend des positions plus ouvertes et plus modérées que celles qui sont traditionnellement véhiculées par les mouvements pro-life qui se réclament de la religion catholique…

On pourra lire l’intégralité de son témoignage, intitulé « Au Paradis terrestre, qui faisait la Vaisselle ? » en cliquant ici. Jacques Noyer y revient sur les attaques qui lui ont été faites depuis une semaine, et sur les questions spécifiques au mariage LGBT : « On me demande si j’étais prêt à célébrer un mariage gay. Je ne crois pas que l’Eglise, comme telle, a autorité pour gérer les lois du mariage. Il y a un Etat pour cela. De plus la réflexion sur le sacrement ne permet pas, semble-t-il, de s’appliquer à une telle union. S’il s’agit de chrétiens qui ont trouvé dans leur histoire particulière un lieu d’amour authentique, je n’hésiterais pas à partager leur prière« .

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