4297 Cameroun | E.D.H. – Egalité des Droits Homos/hétéros

La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Discriminations | Droit | Homophobie | International | Medias | Politique | 27.06.2012 - 19 h 29 | 14 COMMENTAIRES
Débat télévisé au Cameroun : « L’homosexualité est un crime contre l’humanité »

Étiquettes : , , , ,

Au Cameroun, un débat a été organisé sur la chaîne Vox Africa entre Sismondi Barlev Bidjocka et Maître Alice Nkom sur le thème de l’homosexualité. Sismondi Barlev Bidjocka est le porte parole du Rassemblement de la jeunesse camerounaise (plus de 360 associations). Face à lui se trouve l’avocate Me Alice Nkom, grande militante pour les droits LGBT.

Voici les 12 minutes de débat qui ont eu lieu :

Le premier interlocuteur se déclare d’emblée « homophobe », et crie à plusieurs reprises : « L’homosexualité, nous n’en voulons pas ». Il répète à plusieurs reprises que, pour lui, « le débat est clos », et qu’il refuse d’en discuter de peur que l’issue du débat ne soit favorable aux LGBT. A partir de 4 minutes, et après s’être référé au « Christ, fils de Dieu », il défend un point de vue incroyable : il se met à argumenter pour dire que, selon lui, « l’homosexualité est un crime contre l’humanité ». Pour lui, l’homosexualité est « une criminalité punie par la loi », et il la compare au banditisme et au viol.

Maître Alice Nkom défend quant à elle, en utilisant bon nombre d’arguments logiques, les droits LGBT. Pour elle, l’acte d’amour n’a pas pour seul but, au contraire de ce qu’affirme son interlocuteur, la procréation. Elle affirme : « Je me bats pour l’égalité de tous les droits pour tout le monde ». Défendant la liberté de chacun, elle lance : « On s’envoie en l’air comme on veut ! » Maître Alice Nkom fait face avec beaucoup d’aplomb à la violence et à l’emportement de son interlocuteur.

Sismondi Barlev Bidjoka conclut : « Nous avons des messages à passer à ceux que Madame défend. Ce n’est pas humain de défendre des causes comme celle d’un homme et un homme. Les droits de l’homme, ce n’est pas ça. »

Vous pouvez regarder ici l’émission complète (Recto Verso de mai 2012). Les déclarations de Maître Alice Nkom y sont parfaites, calmes et profondes :

P.S. : A partir de 17 minutes, le présentateur lui-même donne des chiffres absolument faux : il prétend que seuls 10 pays au monde légalisent l’homosexualité : il confond autoriser l’homosexualité, et reconnaître le mariage homosexuel !

P.P.S. : A partir de 37 minutes, c’est un homme d’Eglise qui intervient. Il considère les homosexuels « comme des malades » qui se sont écartés « du chemin de la justice ». Me Alice Knom réplique à ses arguments avec beaucoup d’habileté et une grande intelligence, en citant notamment l’archevêque Desmond Tutu. « Vous priez pour leur âme, dit Me Alice Nkom, moi je prie pour leur liberté. »

Homophobie | International | Medias | Politique | Religion | 02.11.2011 - 09 h 19 | 7 COMMENTAIRES
Robert Badinter s’engage contre l’homophobie au Cameroun

Étiquettes : , ,

Robert Badinter soutient le combat de l’avocate Alice N’kom, qui milite depuis longtemps pour les droits LGBT au Cameroun. Au sujet de la répression des LGBT en Afrique, il déclare : « il y a là une espèce de tyrannie, qui retrouve sa source dans d’anciens comportements, qui est tout à fait injustifiable. »

Il appelle à « un mouvement d’opinion profond » pour mettre fin à la « résignation » qui règne depuis trop longtemps à ce sujet. Il considère en effet que le combat pour les droits LGBT est aujourd’hui l’un des combats les plus importants pour les droits humains.  Se refusant à se lancer dans des analyses d’ethnologue ou d’anthropologue, il esquisse toutefois quelques explications à l’ampleur de l’homophobie en Afrique : « Vous retrouvez là, enracinés, des préjugés, religieux souvent, très lointains et incompatibles avec ce qu’est la philosophie et l’éthique des droits de l’homme. »

Pour lui, « la libre disposition de son corps » est un principe intangible, qui doit être respecté en Afrique. Il rappelle que l’application de ce principe n’est pas allée de soi dans les pays européens, ce qui rend d’autant plus nécessaire le combat pour amener à le faire respecter en Afrique. On est ému par son évocation des années 80, où l’opinion publique, en pleine épidémie du Sida, découvre que la représentation des homosexuels qu’elle avait jusque-là était fausse et « fallacieuse ». Alors que l’épidémie de Sida sévit toujours en Afrique, et que la prévention à destination des homosexuels pâtit toujours de leur persécution, Robert Badinter s’emporte : « Vous êtes stupéfié, révolté, par l’inhumanité qu’engendrent ces comportements homophobes ».

Il rappelle que l’homophobie est un phénomène malheureusement universel, et qu’elle doit être combattue pour les horreurs et les injustices qu’elle amène à commettre : « Les groupes de chasseurs d’homos on les connaît, on les a vus à l’œuvre dans toutes les sociétés. C’est un des aspects noirs de l’espèce humaine ces comportements homophobes, comme toutes les discriminations, toutes les haines raciales ou religieuses. »

Merci à vous, Maître Badinter.

Publicité