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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
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France | Histoire | Musique | Non classé | VIH | 01.05.2012 - 04 h 46 | 0 COMMENTAIRES
Il y a vingt-cinq ans nous quittait Dalida.

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C’est dans la nuit du 2 au 3 mai 1987 que Dalida nous a quittés. C’était il y a 25 ans, quasiment jour pour jour – ou plutôt, à l’heure où j’écris cet article, quasiment nuit pour nuit.

Je n’étais pas bien vieux cette année-là. Et pourtant, je me souviens encore précisément des journaux télévisés de l’époque qui rendirent compte de l’événement, le dimanche soir. Une immense communauté de fans, en France et dans toute l’Europe, partageait cette tristesse, et apprenait les derniers mots écrits par la star : « La vie m’est insupportable. Pardonnez-moi. »

Aujourd’hui encore, son frère Orlando (de son vrai nom Bruno Gigliotti) entretient pieusement la mémoire de la chanteuse auprès de ses fans de tous âges. Dans le même temps, des biographies, des articles et des émissions télévisées continuent, chaque année, de rendre hommage à l’artiste qu’elle était.

On a beaucoup parlé de la détresse de Dalida, et des hommes qui ont traversé sa vie, dans des moments souvent très douloureux : Lucien Morisse, Jean Sobieski, Christian de la Mazière, Luigi Tenco, Richard Chanfray, Arnaud Desjardins, François Naudy… Chacun d’entre eux a participé, de manière parfois tragique, à l’écriture de l’un des chapitres qui composent la vie de Dalida. En 1967, la jeune femme est plongée cinq jours dans le coma suite à une première tentative de suicide. D’autres drames personnels s’ensuivront, comme cet avortement, quelques mois plus tard, qui la rendra définitivement stérile.

Si sa carrière artistique l’amène à devenir une star extrêmement populaire, c’est d’abord pour son talent de précurseur, sa grande capacité à renouveler et à diversifier son répertoire. Après le succès de chansons comme Bambino en 1957 (mais aussi Come prima, Les Enfants du Pirée, La danse de Zorba…), elle sait coller à son époque et prend le virage du twist dans les années 60 : c’est une 1ère révolution dans sa carrière. Elle saura ensuite enchaîner les grands succès populaires (Paroles Paroles, Il venait d’avoir 18 ans, Gigi l’Amoroso…) tout en lançant ou en reprenant de grandes chansons à texte (Avec le temps, Je suis malade, Quand on n’a que l’amour…) – unir ces deux répertoires, considérés comme contradictoires, constitue alors une 2eme révolution, qui lui assure un public extrêmement large. A la fin des années 70, elle crée la première chanson « medley » (Génération 78), et, après un très court passage par le reggae (!), elle parvient à devenir l’une des reines du disco – 3eme révolution, qui sera également la dernière.

Qu’on me permette de revenir, en quelques lignes, sur ce qu’a signifié Dalida pour la communauté LGBT. Il faut avoir eu 15 ans en 1972, pour bien comprendre ce que signifiait entendre chanter, sur le gramophone des parents, et dans la voix d’une artiste populaire : « Pour ne pas vivre seul, des filles aiment des filles, et l’on voit des garçons épouser des garçons ». Ce n’était qu’un an après la toute première Gay Pride en Europe ! Une autre chanson de Dalida, en 1979, aborde l’homosexualité (ou plutôt la bisexualité ?) de manière explicite : Depuis qu’il vient chez nous. Dans cette chanson, une femme s’adresse à son époux : « Dieu que tu as changé / Depuis qu’il vient chez nous […] Si sa jeunesse t’attire / Pourquoi ne pas me le dire ? […] Parfois j’ai peur de comprendre / Ce qui se révèle en toi ». Il est difficile de dire les choses plus clairement… tout en gardant la poésie des nuances et des mots !

Mais on peut aller plus loin : tous ceux qui ont aimé Born this way de Lady Gaga devraient savoir que, quels que soient la qualité du texte et le talent de l’interprète, il ne s’agit que d’un avatar post-moderne et plus rythmé de la belle, sensible et mélancolique chanson A ma manière. « Avec des faux pas, des faux plis / Chacun de nous porte sa vie, à sa manière […] Même sous la pluie des mauvais jours / J’ai suivi la ligne d’amour, à ma manière » : à l’époque, tous les LGBT qui entendaient ces paroles, signées Pascal Sevran, ont bien compris qu’elles s’adressaient aussi à eux – sinon à eux, en priorité. Il faudra d’ailleurs qu’un jour les queer studies se penchent sérieusement sur les paroles de toutes les chansons de Dalida… Enfin, qui oserait manquer la célèbre soirée au Tango, qui est consacrée chaque année à Dalida, et qui aura lieu cette année le 16 mai – comme d’habitude en excellente compagnie ? Et qui ignore que Dalida fut l’une des premières personnalités, avec Line Renaud, à s’engager résolument dans la lutte contre le Sida ?

Pour finir, et parce que Dalida avait beaucoup d’humour, je vous propose de visionner ces trois imitations de Gigi, des années 80 aux années 2000. Nul doute que ces vidéos l’auraient encore beaucoup fait rire, si elle était toujours parmi nous :

http://www.youtube.com/watch?v=mbiVbM8oDqs

Vous aurez compris, à la lecture de cet article, que Gigi était la chanson de Dalida que je préférais (avec « Laissez-moi danser », et « Mourir sur scène »). Et vous, quelles sont les trois chansons de Dalida que vous préférez ? 

Post Scriptum : Une époque s’achève, une génération disparaît. Thierry Le Luron, l’imitateur qui avait tant de talent, est mort le 13 novembre 1986, soit quelques mois seulement avant le départ de sa victime préférée – qui, depuis longtemps, lui avait pardonné sa férocité à son égard. Elie Kakou, qui nous a également fait rire aux larmes, nous a quittés en 1999. Pascal Sevran, dont les dernières années ont été si controversées, est mort en 2008, en nous laissant, malgré toutes les polémiques qu’il a suscitées, une belle oeuvre de parolier et d’écrivain. Enfin, le jeune chanteur qui donnait la réplique à Dalida dans la chanson Génération 78, le joli Bruno Guillain, est décédé lui aussi, le 14 décembre 2011. Qu’il nous soit donc permis d’avoir une pensée émue pour ces quatre personnes si différentes, qui ont un jour croisé la vie et l’oeuvre de Dalida – et qui ont également, un petit peu, traversé nos vies à tous.

International | Religion | VIH | 26.11.2011 - 21 h 44 | 6 COMMENTAIRES
Au Royaume-Uni, des églises évangéliques laissent mourir six personnes du VIH

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Scandale au Royaume-Uni, révélé par Sky News : les églises évangéliques de Londres, Manchester, Birmingham et Glasgow ont laissé mourir des adeptes atteints du VIH, en leur disant d’arrêter tout traitement médical.

Au moins six adeptes de la religion évangélique ont été convaincus par leurs pasteurs britanniques d’arrêter tout traitement médical contre le VIH. Pour soigner leurs fidèles, ces pasteurs se sont en effet livrés à des pratiques d’exorcisme censées faire disparaître la maladie. Comment ces pasteurs ont-ils pu faire croire à des malades qu’ils allaient les guérir, et qu’il leur fallait arrêter leur traitement médical ?

La méthode est simple : pour guérir du VIH et de toute autre maladie, il faut amener un certificat du médecin pour prouver sa maladie, et expliquer son mal devant le pasteur et les autres fidèles désireux d’être soignés. Puis les pasteurs présents hurlent sur le malade pour faire fuir le diable, et jettent de l’eau à la figure du malade pour le purifier. L’adepte étant guéri grâce à ce traitement à base de paroles et d’eau froide, il lui est, selon les pasteurs, totalement inutile voire nuisible de continuer à prendre le traitement prescrit par le médecin.

Pour vérifier ces faits, trois reporters de Sky News se sont rendus à Southwark, au sud de Londres, dans la SCOAN (Synagogue Church of All Nations). La pasteur Rachel Holmes leur a ainsi confié que ce traitement religieux avait un taux de réussite de 100%. Pour ceux qui, après ce traitement, ont encore des symptômes tels que des vomissements ou des diarrhées, Rachel Holmes est rassurante : c’est la preuve que le démon quitte le corps du malade et que la guérison est en bonne voie.

Le chiffre d’au moins six victimes est avancé par des professionnels de la santé, et un membre de cette religion témoigne : « Le pasteur m’a dit que j’étais guéri. Tu dois arrêter de prendre ces médicaments. Je prierai pour toi. Une fois que Dieu t’aura pardonné, la maladie disparaîtra. » Suite à ces instructions, Emmanuel a passé un an sans prendre ses médicaments. Il pense que, dans ce laps de temps, il a transmis le VIH à son compagnon.

Sur son site, la Synagogue Church of All Nations vend l’eau miraculeuse qui est utilisée pendant le rituel d’exorcisme. Présente dans le monde entier, elle se porte bien grâce aux dons de ses fidèles et à ses ventes (livres, CD, DVD, eau magique…). Quand on voit l’état du système de santé en Grande-Bretagne et dans d’autres pays du monde, on se dit qu’il semble malheureusement beaucoup plus lucratif de vendre la mort en bouteilles et en paroles au nom d’une église, que de lutter pour sauver des vies dans un hôpital.

Dans un communiqué, l’église tient à préciser : « Il n’existe aucune maladie que Dieu ne puisse guérir. […] A sa puissance, rien n’est impossible. […] Mais il faut avoir un désir sincère lorsque l’on vient à Dieu. Or, seul Dieu sait si l’on vient à lui avec un vrai désir. Seul Dieu peut le déterminer. C’est pourquoi, si des malades viennent nous trouver au nom de Dieu, nous prions pour eux. Le résultat de la prière détermine ensuite s’ils sont venus sincèrement ou non. »

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