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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
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France | Homophobie | UMP | Vanneste | 17.02.2012 - 21 h 33 | 22 COMMENTAIRES
UMP : Bernard Debré félicite Hollande de « ne pas être une lopette » !

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Après Vanneste qui se lance dans la négation de la déportation des homosexuels en France, voici Bernard Debré, député UMP de Paris, qui se livre à une nouvelle saillie.

Voici les propos de Bernard Debré sur RMC, repris entre autres par Le Parisien :

« J’avais craint à un moment donné que la séquence ait lieu le 6 ou le 7 mars et que ça c’était beaucoup trop tard. Pourquoi ça a été fait plus tôt ? Parce qu’on avait tous (…) considéré qu’Hollande était une lopette, en disant c’était rien du tout, que c’était un ectoplasme, il va s’effondrer, et bien pas du tout … » .

Le collectif d’associations Total Respect – Tjenbé Rèd a aussitôt annoncé qu’elle avait saisi le CSA, et qu’il envisageait de porter plainte contre Bernard Debré. Le PS n’a pas réagi pour le moment à ce dérapage, qui n’est peut-être pas si incontrôlé…

Le journal Le Parisien, qui a interrogé Bernard Debré, rapporte les commentaires de Bernard Debré lui-même :

Bernard Debré se défend d’avoir tenu le moindre propos à caractère homophobe. «Une lopette, cela n’a rien à voir avec un homosexuel, assure-t-il. On est complètement givrés maintenant ! Arrêtons avec la censure des mots et surtout de leur donner un mauvais sens. Ne me comparez surtout pas à Christian Vanneste, je n’ai rien à voir avec ce type.»

Alors, donnons un cours de vocabulaire à M. Debré… :

LOPE, substantif féminin
Argot
A. Pédéraste.

Exemple : La plus belle lope ne peut donner que ce qu’elle a : son couvert trois pièces d’un côté, ses miches poilues de l’autre (LEBRETON, Argot 1975).
B. Par extension [Terme de mépris] Homme sans courage, sans caractère. Ceux de Barbès considéraient Justin comme une lope depuis qu’il s’était affalé aux poulets (LEBRETON 1960).
REM. Lopaille, substantif féminin : ,,Pédéraste passif. Synon. de lope, lopette«  (LEBRETON Argot 1975).
Exemple : Y avait toujours deux ou trois « boucs » qu’essayaient de provoquer la chance…. Y avait des placiers trop âgés qui laissaient tomber la « marmotte »… qu’on voulait plus dans les maisons… Y avait les lopailles trop vertes pour aller déjà au bois (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 359).
Etymologie et histoire : 1889 « homosexuel » (ESN.); 2. 1899 « homme sans courage » (ibid.).
DÉRIVE : Lopette, substantif féminin : Petite lope.T’avais les types à cran et les lopettes (VERCEL, Cap. Conan, 1934, p. 171). 1re attest. 1889 (ESN.); de lope, suff. -ette (-et*).

Si l’on en croit le dictionnaire, une « lopette » est une « petite lope ». Le mot ayant deux sens, et le second sens (« homme faible ») étant dérivé du premier (« homosexuel »), il est absolument faux de prétendre, comme le fait M. Debré, qu’ « une lopette, ça n’a rien à voir avec un homosexuel ».

Si l’UMP avait décidé d’allumer un contre-feu à l’affaire Vanneste, et de tendre un piège aux LGBT en les forçant soit à se taire, soit à s’indigner et à glisser dans des pinaillages sémantiques, elle ne s’y prendrait pas autrement… Bernard Debré est, en tous les cas, le symptôme supplémentaire d’une homophobie latente et quotidienne, où traiter X ou Y de lopette, de tarlouze ou de pédé est aussi courant que de respirer.

France | Homophobie | UMP | Vanneste | 17.02.2012 - 20 h 15 | 1 COMMENTAIRES
La secrétaire d’Etat Jeannette Bougrab soutient-elle vraiment Christian Vanneste ?

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Selon le site lesjeunesavecvanneste.fr destiné à soutenir Christian Vanneste, la secrétaire d’Etat Jeanette Bougrab soutiendrait Christian Vanneste en déclarant que le député « a raison ».

Le site s’appuie sur un article du site nouvelobs.com daté du 15 février 2012 :

Jeannette Bougrab, secrétaire d’État chargée de la Jeunesse, confiait ce matin à des députés de la majorité que « Vanneste à raison ». L’ancienne présidente de le Halde (sic) rejoint ainsi les membres de la Droite populaire dans la défense de Christian Vanneste.

Cette information étonnante et son commentaire ont été publiés il y a deux jours par le nouvelobs, et repris par des sites de droite extrême. Mais, à cette heure, aucun démenti n’a été diffusé par Jeannette Bougrab.

Discriminations | France | Homophobie | Justice | Politique | UMP | Vanneste | 17.02.2012 - 04 h 27 | 21 COMMENTAIRES
La lettre de Christian Vanneste aux députés UMP – et la leçon qu’il faut en tirer.

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D’après le site extrémiste Nouvelles de France, Christian Vanneste aurait fait parvenir une longue lettre aux députés UMP, suite à la menace d’exclusion qui pèse sur lui. Dans un dernier accès de délire paranoïde, il s’en prend directement à GayLib et aux Jeunes pop, et en particulier à Benjamin Lancar.

Cher(e)s Collègues,

Comme vous le savez, je suis attaché aux valeurs de la famille traditionnelle dans notre civilisation, et c’est la raison pour laquelle j’ai pris position depuis longtemps contre les revendications du lobby gay. Celui-ci, très influent au sein de notre mouvement, avec Gaylib et les cadres des jeunes pop, cherche à tout prix mon exclusion, au mépris de la liberté d’expression et des valeurs qui ont toute leur place dans un mouvement issu du gaullisme, de la démocratie chrétienne et du libéralisme.

C’est ainsi que Monsieur LANCAR a osé déclarer dans Têtu : « VANNESTE n’a rien à faire chez nous », moi qui suis à l’UJP depuis 1968 et n’ai jamais quitté ma famille politique.

M. LANCAR a par ailleurs dit tout le bien qu’il pensait de Pierre LAVAL. Il n’a pas été exclu.

Gaylib a critiqué les valeurs défendues et les choix opérés par le Président Nicolas SARKOZY dans son entretien au Figaro Magazine. Il a annoncé qu’il ne soutiendrait pas le Président pour les prochaines élections. J’espère que les menaces d’exclusion qui pèsent sur moi ne sont pas la contrepartie nécessaire à son ralliement.

Depuis des années, je combats un lobby qui fait du mensonge systématique son arme favorite. C’est dans cet esprit que j’ai procédé au rappel des faits. S’il y a eu une déportation des homosexuels en Allemagne (30 000 ou 40 000) et en Alsace Moselle (210), il n’y en a pas eu dans le reste de la France. Cette communication, faite sur un site catholique, avait deux mérites.

D’abord, celui de répondre à l’attente d’un public dont je suis naturellement proche, et qui doit pouvoir soutenir notre candidat. Ensuite, celui de s’en tenir strictement aux données réelles du problème. Le seul argument qui a pu m’être opposé a reposé sur une étude plus récente, qui évoque non pas 210, mais 63 déportés, dont 7 en territoire occupé. Il n’est pas sûr que ces derniers aient été déportés en raison de leur homosexualité.

Les faits que j’évoque sont donc avérés, ce ne sont pas des jugements de valeur, mais un simple rappel historique. Ils ne remettent nullement en cause la déportation, mais uniquement son extension à la France non annexée. Serge KLARSFELD confirme entièrement mes propos et trouve ridicule qu’on parle d’exclusion à propos de quelqu’un qui s’est contenté de rappeler les faits. Car le problème est là : a-t-on le droit à l’UMP de s’opposer aux revendications du lobby gay ? Oui, puisque le Président s’est lui-même prononcé. Peut-on énoncer des faits afin de dénoncer la désinformation pratiquée par le lobby ? A l’évidence, oui, car on ne peut pas condamner la vérité.

A plusieurs reprises, j’ai déjà été victime de ces procédés, qui consistent à me condamner publiquement, sans m’avoir lu ou écouté, sans même avoir pris contact avec moi.

Je considère que ma fidélité au mouvement mérite davantage de respect. L’UMP est un parti de droits et de devoirs, je ne pense pas avoir trahi notre philosophie politique.

Bien à vous,

Christian VANNESTE – Député du Nord

Cette lettre, pleine d’outrance grossière et de menaces tous azimuts, nous montre cependant que Christian Vanneste est suffisamment rusé pour savoir nuire sans s’exposer à être puni par la loi. Les associations LGBT, et les citoyens soucieux de lutter contre ce genre de personnage prêt à tout, ne doivent pas se laisser embarquer dans le petit jeu de Christian Vanneste.

En effet, c’est contre l’ensemble de l’interview donnée par Vanneste que doit porter l’indignation des LGBT et des citoyens français. Il ne s’agit pas seulement d’ergoter et de pinailler sur le nombre de déportés pour homosexualité appartenant à  telle ou telle zone géographique. Sur ce plan-là, Vanneste aura toujours beau jeu de dire que les historiens débattent, et qu’il parle de bonne foi. En revanche, comme beaucoup l’ont déjà remarqué, les propos qui entourent ces déclarations sont proprement abjects, et ne visent qu’à attiser la haine de la population contre les LGBT. C’est donc pour l’ensemble de l’interview (qui dure 20 minutes !), et non seulement pour ses propos sur la déportation, que Vanneste doit être exclu de l’UMP.

Notons qu’un autre type de lettre est en train de circuler à l’UMP : il s’agit de lettres-types à envoyer en tant que militants et sympathisants de l’UMP pour s’opposer à l’exclusion de Vanneste.

Enfin, parmi les trois commentaires que cette lettre a suscités sur le site Nouvelles de France, soulignons l’élégance et la pertinence du second commentaire :

Bravo pour la pertinence de vos propos concernant le lobby des excités du trou de balle.

Ne serait-ce pas un commentaire homophobe, et dûment réprimé par la loi ?

France | Homophobie | Justice | Medias | Politique | UMP | Vanneste | 16.02.2012 - 16 h 27 | 0 COMMENTAIRES
Le magistrat Philippe Bilger défend explicitement l’homophobie !

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(Photo : Philippe Bilger, Flickr, cc)

Les propos de Christian Vanneste sur la déportation des homosexuels ont déclenché, de toutes parts, beaucoup de colère et d’indignation. De très nombreux membres du PS, d’Europe Ecologie – Les Verts, du Front de Gauche, de l’UMP… et même le numéro 2 du Front national (!) ont critiqué ce dérapage, qui n’est que le plus récent d’une longue série.

A l’inverse, il s’est trouvé quelques personnes pour défendre Christian Vanneste, au sein des mondes politique et médiatique. La liste est pour l’instant assez brève : les avocats Serge et Arno Klarsfeld, les députés Lionnel Luca et Jacques Myard, le magazine Causeur, ainsi que le polémiste Eric Zemmour.

Mais c’est le soutien le plus récent, celui apporté par le magistrat Philippe Bilger, qui doit retenir toute notre attention. En effet, ce dernier a publié, sur son blog très fréquenté « Justice au singulier », un billet intitulé 48 heures de la vie d’un pays. Bilger fait d’abord l’éloge de Christian Vanneste, et critique les membres de l’UMP qui veulent l’exclure :

La chasse au Vanneste est relancée. L’UMP se couvre de ridicule en affirmant haut et fort qu’elle va l’exclure et lui retirer son investiture pour les futures législatives. […] Il est clair que Christian Vanneste, dans la grisaille intellectuelle et la fadeur politique de l’UMP, ne pense pas comme les autres et donc choque assez souvent. A mon sens, ce sont moins ses idées que l’être lui-même qui irrite : trop intelligent, trop provocateur, trop libre, pas assez prévisible. Sur le plan de l’homosexualité, […] il devrait s’abstenir et résister à la tentation d’être soi à tout prix. Trop dangereux dans un monde frileux.

Mais après cet hommage poignant et plein de déférence, Philippe Bilger enchaîne, comme si cela allait de soi, en se lançant dans une bien étonnante défense… de l’homophobie :

A supposer même que Christian Vanneste, individu singulier, esprit indépendant, parlementaire iconoclaste, dise du mal de l’homosexualité s’il en a envie, où serait le scandale ? 

Si je comprends bien cette phrase (et une erreur d’interprétation n’est jamais exclue…), j’en déduis que le magistrat Philippe Bilger, ancien juge d’instruction, ancien avocat général à la cour de Paris, légitime bel et bien, explicitement et par écrit… l’homophobie. Il semble que le magistrat, aujourd’hui à la retraite et consultant pour un grand cabinet parisien, soit désormais prêt à tous les excès pour exprimer l’admiration sans borne qu’il ressent pour son ami Vanneste.

Faut-il donc rappeler que « dire du mal de l’homosexualité », c’est-à-dire l’expression de propos homophobes, est puni depuis 2004 par le Code pénal ? Faut-il rappeler que « le scandale » de l’homophobie n’est pas plus une légende que la déportation des homosexuels ? L’homophobie tue, M. Bilger, et il n’est pas plus anodin de « dire du mal de l’homosexualité » que de tenir des propos racistes ou antisémites.

Il serait bon qu’un ancien avocat général se souvienne des lois qui ont été votées par la représentation nationale, et ne s’abaisse pas à légitimer l’expression de propos homophobes, quels qu’ils soient.

P.S. : L’article de Philippe Bilger est déjà repris par Marianne2, qui ne semble pas non plus voir de problème à ce qu’on tienne des propos homophobes « si on en a envie »…

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