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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Education | Famille | France | Mariage | Medias | Politique | UMP | 01.06.2012 - 15 h 20 | 24 COMMENTAIRES
Pour Henri Guaino, autoriser le mariage pour les couples de même sexe, c’est créer une « déchirure dans la nation ».

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On a connu Henri Guaino mieux inspiré. En campagne dans les Yvelines, cette plume de Sarkozy use de tout son talent pour justifier les erreurs passées de son mentor, et pour tenter de plaire à l’électorat de sa circonscription. Mais l’exercice a ses limites, et le verbe le plus inspiré ne peut pas cacher les incohérences de fond…

Interrogé par Famille Chrétienne sur le mariage des couples de même sexe, Henri Guaino tente de faire croire que Nicolas Sarkozy a pris position sur ce thème en raison de ses valeurs personnelles, et non pour capter les voix des catholiques les plus conservateurs :

Ne pouvez-vous pas imaginer que les hommes politiques puissent avoir d’autres motivations qu’électorales ? Nicolas Sarkozy a beaucoup réfléchi, beaucoup dialogué. Il s’est forgé des convictions à l’épreuve du pouvoir et de la complexité des choses humaines.

C’est oublier un peu vite les errements de Nicolas Sarkozy sur la question de l’union civile, le statut du beau-parent, etc.

Plus grave, Henri Guaino foule aux pieds à la fois les principes de la logique et les règles élémentaires de la démocratie. Il déclare en effet :

Nicolas Sarkozy a voulu tenir compte de l’état de la société française. Admettons que 60% des Français soient assez « pour » le mariage homosexuel et que 30% le refusent catégoriquement. D’un côté, on a une majorité qui embrasse l’air du temps et de l’autre, une forte minorité résolument opposée parce que cela lui pose un problème de conscience. Le devoir du chef de l’État est de chercher à éviter les déchirures dans la Nation.

La situation doit être bien grave et désespérée, pour que Henri Guaino en arrive à ce point d’incohérence dans son raisonnement. Entre les lignes, il dit tout simplement qu’une mesure, même si elle reçoit l’assentiment de la majorité, ne doit pas être appliquée dans une démocratie, au prétexte qu’une minorité risque de recourir à des moyens extrêmes pour s’y opposer. C’est bafouer le principe-même de la démocratie que d’affirmer cela.

D’autre part, soutenir le mariage pour tous les couples ne signifie absolument pas « embrasser l’air du temps ». M. Guaino ferait bien de garder ses expressions méprisantes pour ceux qui ont fait perdre Nicolas Sarkozy, par leurs positions radicales et haineuses envers un nombre considérable de catégories de la population française (magistrats, homosexuels, immigrés, syndicats,…). S’il veut absolument reprendre les discours du Marine Le Pen et de Christine Boutin, je pense que les gens préfèreront voter directement pour ces deux partis de droite extrême.

Last but not least, Henri Guaino revient sur l’introduction du genre dans les programmes de Première. Là, on n’est même plus dans le manque de logique, mais dans le ridicule le plus complet :

Le président a découvert cela par la presse, et moi aussi ! C’est absolument aberrant. À la rigueur, on peut parler des « genres » en cours de philosophie, mais dans un cours de biologie c’est proprement ahurissant. C’est de la confusion intellectuelle. Seulement, à chaque échelon, c’est le règne du politiquement correct, et personne n’ose prendre de risques par rapport au consensus ambiant. C’est la logique de la machine bureaucratique dont le politique est exclu. Il doit y reconquérir sa place.

Selon Henri Guaino, c’est donc le Président et son conseiller spécial, ou à la rigueur les cadres du parti au pouvoir, qui devraient écrire les programmes de l’éducation. Cela ne se passe ainsi dans aucun pays démocratique… Par ailleurs, s’il y a consensus à tous les échelons de l’Education nationale selon M. Guaino lui-même, pourquoi faudrait-il céder aux quelques récriminations du lobby catholique, qui souhaite de toute façon instaurer des écoles hors contrat libérées de tout programme imposé par l’Etat ?

Pour parvenir à créer la France Forte, Henri Guaino a donc choisi une nouvelle ligne de conduite : appeler de ses voeux à la dictature d’une minorité de conservateurs catholiques, en s’opposant coûte que coûte aux droits civils et à la reconnaissance des LGBT. Il faut éprouver à l’encontre de ses électeurs un mépris absolu pour croire qu’il faut tenir un tel discours afin de récolter leur voix. En tous les cas, si de telles paroles lui permettront peut-être d’être élu dans les Yvelines (ce que je ne souhaite pas), elles l’empêcheront d’être, à mes yeux, un serviteur digne et noble de la République à l’Assemblée nationale.

Adoption | Bayrou | Discriminations | Droit | Education | Famille | France | Gestation pour Autrui | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | Modem | Politique | UMP | 18.02.2012 - 01 h 15 | 0 COMMENTAIRES
11 et 14 février 2012 : un regard LGBT sur les travaux du Modem.

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François Bayrou est-il pour l’égalité de tous les couples face au mariage et à l’adoption ? Sa réflexion a beaucoup évolué depuis son refus personnel du Pacs à la fin des années 90. Les positions qu’il défend en 2012 sur le mariage et l’adoption par les couples de même sexe méritent donc d’être observées de près… Petite plongée dans la campagne de François Bayrou cette semaine.

François Bayrou entouré de journalistes.

La valeur « Solidarité ».

Le 11 février 2012, François Bayrou a tenu à la Maison de la Chimie l’un des quatre grands forums de réflexion qui rythment sa campagne. Intitulé « Solidarité », il comportait trois tables rondes de 3h30. L’un de ces moments d’échange, dirigé par Dominique Verisini, était appelé « Vivre Ensemble ». Si je m’y suis rendu, au lieu d’aller au mariage symbolique de Villejuif qui avait lieu exactement au même moment, c’est parce que cette table ronde devait aborder, entre autres, la thématique de l’égalité et de la lutte contre les discriminations.

Discours d'ouverture de François Bayrou

Le discours inaugural de François Bayrou était constitué d’une charge extrêmement virulente contre Nicolas Sarkozy, qui venait de faire paraître sa fameuse interview dans le Figaro Magazine. A l’inverse du Président Sarkozy qui divise, Bayrou veut être un Président qui rassemble, et qui gouverne au nom des valeurs humanistes.

Dominque Versini et Fadila Mehal

Dominique Versini (debout, au centre de l'image)

Dominique Versini, qui dirige la table ronde « Vivre ensemble », n’est pas une inconnue. C’est une chiraquienne historique, qui a été victime de sa liberté de parole et de la réorganisation des institutions sous Nicolas Sarkozy. Ancienne cofondatrice du Samu social et Défenseur des enfants, elle a également été secrétaire d’Etat chargée de la Lutte contre la précarité et l’exclusion auprès de François Fillon. On apprendra dans l’après-midi, lors de sa participation au grand débat politique de l’APGL, que c’est elle qui a, en majeure partie, rédigé le statut du beau-parent, tel qu’il a ensuite été défendu par Nadine Morano… et refusé par l’UMP.

Fadila Mehal (à droite)

La table ronde était co-dirigée par Dominique Versini et Fadila Mehal. Dominique Versini est un soutien récent à François Bayrou. Elle a rappelé qu’elle n’était « pas encartée », mais qu’elle soutenait les valeurs humanistes du candidat Modem. A l’inverse, Fadila Mehal accompagne le Modem depuis son année de création. Elle s’est engagée de longue date dans l’action sociale et le monde associatif, et elle a eu de nombreuses responsabilités en lien avec la cohésion sociale et l’égalité des chances.

L’intervention de Frédérick Getton

La grande majorité de la table ronde était dédiée à des problématiques sociales ou économiques. Mais la gravité des problèmes abordés rendait légitime la place importante accordée aux problèmes sociaux : lutte contre la précarité, problèmes de logement, politique de la ville (et de la ruralité), place de l’enfance, prise en compte du handicap…

Catherine Tripon

Parmi la trentaine d’intervenants, deux étaient au fait des problèmes rencontrés par les LGBT. Pour l’anecdote, le public ne disposant pas de la liste des intervenants, j’ai cru pendant deux bonnes heures que le sujet des discriminations homophobes serait traité par Catherine Tripon, porte-parole de la fédération L’autre Cercle. En réalité, Catherine Tripon a posé la question de l’égalité entre hommes et femmes dans l’entreprise, puisque c’est un sujet dont elle également spécialiste.

Le thème de l’égalité des droits entre couples mixtes et non-mixtes a donc été abordé par Frédérick Getton. Militant de l’UDF puis du Modem, il est le président de « CENTR’EGAUX, l’association des centristes et démocrates LGBT ». Il a exposé avec beaucoup de conviction les objectifs de Centr’égaux : lutter contre les LGBT-phobies et obtenir l’égalité stricto sensu, en droits et en devoirs, entre couples hétéros et couples de même sexe. Il a revendiqué, pour les LGBT, le droit à la différence et à l’indifférence, ainsi que le respect de la diversité des femmes et des hommes qui composent la société. Ces demandes rejoignent pour lui « le projet humaniste de François Bayrou et du Modem ».

Centr’égaux souhaite « l’égalité globale » entre les couples, par l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe. Il revendique également accession à la parentalité pour les couples de même sexe : adoption, PMA et GPA encadrée. L’instauration d’un statut du beau-parent lui semble indispensable. Pour Frédérick Getton, il permettrait de respecter le droit de l’enfant, et apporterait la sécurisation des enfants, si chère à François Fillon.

La "table ronde" et ses 30 chevaliers

Frédérick Getton rappelle que l’orientation sexuelle peut encore poser des problèmes dans le monde du travail : lors des discussions entre collègues, beaucoup d’homosexuels s’inventent une vie, ou se taisent, pour cacher l’existence de leur copain ou de leur copine. Enfin, il souhaite que l’éducation sensibilise davantage les enfants au respect de la différence (le maire de Talence, présent à la table, acquiesce vivement).

Dans le public, tout près de moi, un honorable spectateur a de plus en plus de mal à se contenir en écoutant l’intervention de Frédérick Getton. « Et les devoirs ? » marmonne-t-il d’abord à sa femme. Il reprend peu après, de plus en plus fort, et cherchant l’approbation de ses voisins : « Et les enfants, alors, ils y pensent ? Non mais vraiment ! » Evidemment, il n’applaudit pas à la fin de l’intervention, et ce qu’il a entendu l’a mis de fort mauvaise humeur…

Comptes rendus des tables rondes

La table ronde s’est terminée vers 13h30. Les thèmes abordés, très divers et intéressants, ont été largement commentés – même si la question des LGBT a été traitée très brièvement (4mn sur 3h30).

Dans la Maison de la Chimie, à la pause

Je profite de la pause-déjeuner pour retrouver l’adhérent Modem qui s’est récrié durant l’intervention de Frédérick Getton. Il pourrait être mon père – il lui ressemble beaucoup. Au cours de la discussion, ce militant UDF puis Modem m’explique qu’il s’inquiète pour les « droits de l’enfant », parmi lesquels figure, selon lui, le droit d’être élevé par un père et une mère. Il pense que « le développement psychologique d’un enfant nécessite l’altérité père/mère », et que les droits de l’enfant sont supérieurs aux droits LGBT. Il m’indique qu’il est cependant prêt à voter Modem, malgré son désaccord avec Bayrou sur cette question. Il a l’air presque déçu lorsque je mets fin à la discussion en le remerciant : il aurait apparemment voulu continuer à dialoguer avec moi. Sait-il que j’ai dû inventer un prétexte pour nouer le dialogue avec lui, que je n’ose pas lui dire que je suis homo, que j’aimerais adopter un enfant avec mon compagnon, et que ses fausses convictions m’ont touché ? Sait-il que mon père, qui pensait autrefois comme lui sur toute la ligne,  souffre désormais que mon compagnon et moi ne puissions pas adopter ou recourir à la GPA pour élever ensemble un enfant au sein de notre foyer ? Un instant, j’ai envie d’inviter ce type chez moi, de lui montrer comment on vit, de le présenter à des couples homos qui ont élevé leurs enfants…  J’ai, durant quelques instants, l’espoir qu’il comprendrait alors son erreur.

Dominique Versini

A 14h, les rapporteurs de chaque table ronde viennent rendre compte des débats. La vieillesse, la santé, l’emploi, la protection sociale… sont autant de thèmes traités lors des deux premières tables rondes, et présentés par quelques personnalités. Dominique Versini monte alors à la tribune pour rendre compte de nos débats. Elle aborde, plus en détail que lors des débats du matin, le thème des familles homoparentales « qui existent, et qui sont d’aussi bonnes familles que les autres ». A ces mots, je suis ému d’entendre cette déclaration dans un parti centriste. Mais les réactions autour de moi sont assez vives (je suis assez loin de la tribune, là où les gens commentent plus librement) , et quelques personnes, bien que discrètes, sont assez mécontentes. « Je sais, déclare Dominique Versini au sujet des familles homoparentales, que François y est sensible. Tout part de l’enfant, et du besoin qu’a sa famille d’être soutenue ».

Discours de clôture de François Bayrou

A 14h15, avec un peu de retard, François Bayrou tient son discours. Malheureusement, il n’est plus question, dans ce discours final de 1h15, des LGBT ni de leurs familles. Le candidat fera à peine une allusion, au début et à la fin du discours, à la lutte contre les discriminations. Il cite la discrimination pour orientation sexuelle, mais il s’attache surtout à celles, tout aussi réelles, dont sont victimes « les minorités visibles » et les femmes.  Le candidat déclare : « Je crois aux vertus de l’éducation, des campagnes de sensibilisation, je crois à l’engagement personnel de chacun pour que la discrimination ou les préjugés ne passent pas par lui. »

Où l’on retrouve Dominique Versini et Frédérick Getton

Une fois le discours fini, je file au débat politique de l’APGL. Je ne suis pas le seul à y aller, puisque j’entends Dominique Versini glisser à Fadila Mehal : « Bon, maintenant je vais voir les familles homoparentales. » Je suis surpris par le ton de Dominique Versini, qui a l’air quasiment enjouée de se rendre au débat. Elle ne semble pas du tout stressée d’y aller, bien au contraire : son visage contraste fort avec l’air contrit et renfermé de Jean-Marie Cavada, lorsqu’il était venu représenter le Nouveau Centre devant l’APGL en septembre 2010 !

Au débat de l’APGL, Dominique Versini présente la position du Modem sur le mariage, l’adoption et la PMA. A titre personnel, elle aimerait que le mariage soit ouvert à tous les couples. Ce n’est cependant pas la position de Bayrou, « dans l’état de sa réflexion pour le moment », ajoute Dominique Versini. Le président du Modem souhaite en effet instaurer plutôt une union civile qui donnera aux couples de même sexe les mêmes droits et les mêmes devoirs qu’aux autre couples. Au sein du Modem, beaucoup espèrent encore que François Bayrou comprendra que cette solution n’est pas viable socialement, parce qu’elle conduit au coming out forcé et favoriserait toutes les discriminations. En outre, elle est électoralement contre-productive : elle lui coûte plus d’électeurs qu’elle ne lui en apporte. De l’avis de tous, François Bayrou est un homme pragmatique qui a des convictions fortes et qui sait se remettre en question : saura-t-il se rendre compte, à temps, que la seule solution possible est l’ouverture du mariage pour tous ?

Le Modem est en outre favorable à l’ouverture de l’adoption pour les couples de même sexe, mais aussi à l’accès à la PMA pour les couples de femmes. François Bayrou est également favorable à la reconnaissance des enfants nés par GPA à l’étranger. Ses positions sur l’ouverture de la GPA en France, même encadrée, mériteraient d’être clarifiées : on sent bien que le sujet est extrêmement complexe et ne figurerait pas parmi les premiers résolus au cours du quinquennat.

Dominique Versini dialogue avec les médias.

A la tribune, Dominique Versini fait bonne figure face à George-Pau Langevin, qui s’emmêle à un moment les pinceaux en parlant de « femmes pacsées célibataires » (et en persistant dans son erreur…), ou qui explique à quel point les discussions sur les thèmes LGBT peuvent être « difficiles et compliquées » entre les responsables P.S. Dominique Versini essaie en outre de tempérer les ardeurs de Clémentine Autain, dont l’intervention aura sans doute été la plus appréciée de l’après-midi, mais dont les positions supposeraient une « révolution copernicienne » dans notre façon d’envisager la famille. Point amusant : Camille Bedin (UMP) cherche à plusieurs reprises du soutien de la part de Dominique Versini, soit du regard, soit en s’adressant directement à elle, mais cette dernière le lui refuse à chaque fois.

Opposée à l’une des spectatrices sur la nécessité pour un enfant d’avoir deux parents, Dominique Versini recourt à son expérience personnelle durant sa jeunesse. L’exercice est risqué, mais la séquence est émouvante, et l’on voit bien que Dominique Versini est sincère, à la fois dans le récit de sa vie et dans ses convictions. Pour elle, un enfant doit être élevé par un couple, quel que soit le sexe des deux personnes qui l’élèvent. Cette idée fait débat au sein du public et des intervenants : quid des familles monoparentales, des couples divorcés et de la co-parentalité ? quid des sociétés où la famille n’obéit pas nécessairement au schéma occidental moderne « couple + enfant(s) » ? Cette question  pourrait sans doute faire l’objet, dans un proche avenir, de rencontres passionnantes et de débats réunissant témoins et spécialistes.

Frédérick Getton

Frédérick Getton, présent lui aussi, profite de ce débat pour faire se rencontrer Dominique Versini et Nicolas Gougain, de l’Inter-LGBT. La discussion entre ces trois personnalités semble prometteuse, et le contact se fait très facilement.

14 février : la Saint-Valentin de Bayrou avec les LGBT ?

Enfin, le 14 février 2012, François Bayrou est l’invité d’Europe 1 pour une matinale spéciale qui lui accorde quasiment 2h de temps d’antenne. Vers 8h30, il répond aux questions des Français.

C’est l’auditeur Robert, de Marseille, qui pose la question du mariage homosexuel et du « droit d’adoption » (à 6 minutes, dans la vidéo).

Bayrou – On va prendre deux minutes, parce que je suis choqué… Ma position est très simple. Je suis choqué par un certain nombre de propos…

Bruce Toussaint – Ceux de Nicolas Sarkozy dans le Figaro Magazine ?

Bayrou – Par exemple. Quand on parle de l’homoparentalité en présentant ça comme une déviance. Je voudrais qu’on songe qu’il y a, en France, des centaines de milliers d’enfants, d’adolescents, de jeunes, dont le père ou la mère est dans la situation d’avoir cette orientation sexuelle, et de l’avoir découvert quelquefois après, quelquefois avant la naissance de leur enfant. Ces enfants-là, ces jeunes-là, qui vous écoutent en ce moment, je trouve mal qu’on les présente comme destabilisant la société. L’homoparentalité, ça existe. Il y a donc une deuxième question : est-ce que l’adoption par des homosexuels existe ? Eh bien, elle existe évidemment, puisqu’en France, un célibataire peut adopter ! Alors, il y a une troisième question : est-ce qu’on peut reconnaître un lien qui existe entre l’enfant et les deux parents qui l’élèvent, lorsque les deux qui veillent sur lui ont cette vie de couple ? Moi, je pense que c’est bien de le faire. […] Ca existe dans la société française. Ce n’est pas une opinion : c’est une réalité qui touche des centaines de milliers d’enfants, de jeunes et de parents, pour qui je demande un minimum de respect et de compréhension. Parce que c’est pas facile d’élever un enfant quand on est homo. Et excusez-moi de vous le dire : ce n’est pas facile d’élever un enfant quand on est hétéro ! Il y a beaucoup beaucoup de couples qui sont dans des difficultés. J’étais hier dans l’école dont je parlais à l’instant : le directeur me disait l’an dernier:  » j’avais une classe dans laquelle, sur 25 élèves, il n’y en avait qu’un qui avait une famille classique « papa et maman » : un ! » Alors arrêtons de présenter cela comme s’il y avait chez ces enfants de la nocivité.  Ce sont nos enfants, alors il faut les élever du mieux que nous le pouvons. Et moi en tout cas, je défendrai cela ! […] Pour le mariage, je dis : égalité de droits et de devoirs, égalité de forme entre les unions, mais je pense qu’il est bien que ça s’appelle union, et pas mariage. Parce qu’il y a en France, et dans toutes les sociétés occidentales, des traditions qui viennent de très loin, et qui sont éminemment respectables, autour de l’idée que le mariage, c’est un couple d’un homme et d’une femme. Et je trouve que l’égalité de droits et la distinction du nom, c’est quelque chose qui au fond affirme le droit à la différence de tout le monde.

Sur Rue89, la toujours aussi excellente journaliste Nolwenn Le Blevennec publie un article qui analyse avec justesse les déclarations de Bayrou ce mardi 14 férvier 2012, et qui les remet en perspective par rapport à l’évolution personnelle et positive de François Bayrou. Bayrou se disait, en 2006, « coincé » sur les questions LGBT. Il déclarait avoir « mûri », et comprendre nos difficultés. Il ne reste plus qu’à espérer qu’au sein de son équipe, François Bayrou écoute à nouveau, sur cette question, les conseillers qui connaissent la question de très près, et qui ont su l’amener, année après année, à saisir les difficultés quotidiennes rencontrées par les LGBT.

François Bayrou peut-il encore changer, à court terme, son opinion sur le mariage, et l’ouvrir finalement à tous les couples si l’est élu, sans distinguer les homos et les hétéros en offrant à chacun une union différente ? A l’heure actuelle, et face à la division des juristes sur ce point, une telle évolution intelligente… ne semble ni exclue, ni impossible.

France | Homophobie | UMP | Vanneste | 17.02.2012 - 21 h 33 | 22 COMMENTAIRES
UMP : Bernard Debré félicite Hollande de « ne pas être une lopette » !

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Après Vanneste qui se lance dans la négation de la déportation des homosexuels en France, voici Bernard Debré, député UMP de Paris, qui se livre à une nouvelle saillie.

Voici les propos de Bernard Debré sur RMC, repris entre autres par Le Parisien :

« J’avais craint à un moment donné que la séquence ait lieu le 6 ou le 7 mars et que ça c’était beaucoup trop tard. Pourquoi ça a été fait plus tôt ? Parce qu’on avait tous (…) considéré qu’Hollande était une lopette, en disant c’était rien du tout, que c’était un ectoplasme, il va s’effondrer, et bien pas du tout … » .

Le collectif d’associations Total Respect – Tjenbé Rèd a aussitôt annoncé qu’elle avait saisi le CSA, et qu’il envisageait de porter plainte contre Bernard Debré. Le PS n’a pas réagi pour le moment à ce dérapage, qui n’est peut-être pas si incontrôlé…

Le journal Le Parisien, qui a interrogé Bernard Debré, rapporte les commentaires de Bernard Debré lui-même :

Bernard Debré se défend d’avoir tenu le moindre propos à caractère homophobe. «Une lopette, cela n’a rien à voir avec un homosexuel, assure-t-il. On est complètement givrés maintenant ! Arrêtons avec la censure des mots et surtout de leur donner un mauvais sens. Ne me comparez surtout pas à Christian Vanneste, je n’ai rien à voir avec ce type.»

Alors, donnons un cours de vocabulaire à M. Debré… :

LOPE, substantif féminin
Argot
A. Pédéraste.

Exemple : La plus belle lope ne peut donner que ce qu’elle a : son couvert trois pièces d’un côté, ses miches poilues de l’autre (LEBRETON, Argot 1975).
B. Par extension [Terme de mépris] Homme sans courage, sans caractère. Ceux de Barbès considéraient Justin comme une lope depuis qu’il s’était affalé aux poulets (LEBRETON 1960).
REM. Lopaille, substantif féminin : ,,Pédéraste passif. Synon. de lope, lopette«  (LEBRETON Argot 1975).
Exemple : Y avait toujours deux ou trois « boucs » qu’essayaient de provoquer la chance…. Y avait des placiers trop âgés qui laissaient tomber la « marmotte »… qu’on voulait plus dans les maisons… Y avait les lopailles trop vertes pour aller déjà au bois (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 359).
Etymologie et histoire : 1889 « homosexuel » (ESN.); 2. 1899 « homme sans courage » (ibid.).
DÉRIVE : Lopette, substantif féminin : Petite lope.T’avais les types à cran et les lopettes (VERCEL, Cap. Conan, 1934, p. 171). 1re attest. 1889 (ESN.); de lope, suff. -ette (-et*).

Si l’on en croit le dictionnaire, une « lopette » est une « petite lope ». Le mot ayant deux sens, et le second sens (« homme faible ») étant dérivé du premier (« homosexuel »), il est absolument faux de prétendre, comme le fait M. Debré, qu’ « une lopette, ça n’a rien à voir avec un homosexuel ».

Si l’UMP avait décidé d’allumer un contre-feu à l’affaire Vanneste, et de tendre un piège aux LGBT en les forçant soit à se taire, soit à s’indigner et à glisser dans des pinaillages sémantiques, elle ne s’y prendrait pas autrement… Bernard Debré est, en tous les cas, le symptôme supplémentaire d’une homophobie latente et quotidienne, où traiter X ou Y de lopette, de tarlouze ou de pédé est aussi courant que de respirer.

France | Homophobie | UMP | Vanneste | 17.02.2012 - 20 h 15 | 1 COMMENTAIRES
La secrétaire d’Etat Jeannette Bougrab soutient-elle vraiment Christian Vanneste ?

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Selon le site lesjeunesavecvanneste.fr destiné à soutenir Christian Vanneste, la secrétaire d’Etat Jeanette Bougrab soutiendrait Christian Vanneste en déclarant que le député « a raison ».

Le site s’appuie sur un article du site nouvelobs.com daté du 15 février 2012 :

Jeannette Bougrab, secrétaire d’État chargée de la Jeunesse, confiait ce matin à des députés de la majorité que « Vanneste à raison ». L’ancienne présidente de le Halde (sic) rejoint ainsi les membres de la Droite populaire dans la défense de Christian Vanneste.

Cette information étonnante et son commentaire ont été publiés il y a deux jours par le nouvelobs, et repris par des sites de droite extrême. Mais, à cette heure, aucun démenti n’a été diffusé par Jeannette Bougrab.

Discriminations | France | Homophobie | Justice | Politique | UMP | Vanneste | 17.02.2012 - 04 h 27 | 21 COMMENTAIRES
La lettre de Christian Vanneste aux députés UMP – et la leçon qu’il faut en tirer.

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D’après le site extrémiste Nouvelles de France, Christian Vanneste aurait fait parvenir une longue lettre aux députés UMP, suite à la menace d’exclusion qui pèse sur lui. Dans un dernier accès de délire paranoïde, il s’en prend directement à GayLib et aux Jeunes pop, et en particulier à Benjamin Lancar.

Cher(e)s Collègues,

Comme vous le savez, je suis attaché aux valeurs de la famille traditionnelle dans notre civilisation, et c’est la raison pour laquelle j’ai pris position depuis longtemps contre les revendications du lobby gay. Celui-ci, très influent au sein de notre mouvement, avec Gaylib et les cadres des jeunes pop, cherche à tout prix mon exclusion, au mépris de la liberté d’expression et des valeurs qui ont toute leur place dans un mouvement issu du gaullisme, de la démocratie chrétienne et du libéralisme.

C’est ainsi que Monsieur LANCAR a osé déclarer dans Têtu : « VANNESTE n’a rien à faire chez nous », moi qui suis à l’UJP depuis 1968 et n’ai jamais quitté ma famille politique.

M. LANCAR a par ailleurs dit tout le bien qu’il pensait de Pierre LAVAL. Il n’a pas été exclu.

Gaylib a critiqué les valeurs défendues et les choix opérés par le Président Nicolas SARKOZY dans son entretien au Figaro Magazine. Il a annoncé qu’il ne soutiendrait pas le Président pour les prochaines élections. J’espère que les menaces d’exclusion qui pèsent sur moi ne sont pas la contrepartie nécessaire à son ralliement.

Depuis des années, je combats un lobby qui fait du mensonge systématique son arme favorite. C’est dans cet esprit que j’ai procédé au rappel des faits. S’il y a eu une déportation des homosexuels en Allemagne (30 000 ou 40 000) et en Alsace Moselle (210), il n’y en a pas eu dans le reste de la France. Cette communication, faite sur un site catholique, avait deux mérites.

D’abord, celui de répondre à l’attente d’un public dont je suis naturellement proche, et qui doit pouvoir soutenir notre candidat. Ensuite, celui de s’en tenir strictement aux données réelles du problème. Le seul argument qui a pu m’être opposé a reposé sur une étude plus récente, qui évoque non pas 210, mais 63 déportés, dont 7 en territoire occupé. Il n’est pas sûr que ces derniers aient été déportés en raison de leur homosexualité.

Les faits que j’évoque sont donc avérés, ce ne sont pas des jugements de valeur, mais un simple rappel historique. Ils ne remettent nullement en cause la déportation, mais uniquement son extension à la France non annexée. Serge KLARSFELD confirme entièrement mes propos et trouve ridicule qu’on parle d’exclusion à propos de quelqu’un qui s’est contenté de rappeler les faits. Car le problème est là : a-t-on le droit à l’UMP de s’opposer aux revendications du lobby gay ? Oui, puisque le Président s’est lui-même prononcé. Peut-on énoncer des faits afin de dénoncer la désinformation pratiquée par le lobby ? A l’évidence, oui, car on ne peut pas condamner la vérité.

A plusieurs reprises, j’ai déjà été victime de ces procédés, qui consistent à me condamner publiquement, sans m’avoir lu ou écouté, sans même avoir pris contact avec moi.

Je considère que ma fidélité au mouvement mérite davantage de respect. L’UMP est un parti de droits et de devoirs, je ne pense pas avoir trahi notre philosophie politique.

Bien à vous,

Christian VANNESTE – Député du Nord

Cette lettre, pleine d’outrance grossière et de menaces tous azimuts, nous montre cependant que Christian Vanneste est suffisamment rusé pour savoir nuire sans s’exposer à être puni par la loi. Les associations LGBT, et les citoyens soucieux de lutter contre ce genre de personnage prêt à tout, ne doivent pas se laisser embarquer dans le petit jeu de Christian Vanneste.

En effet, c’est contre l’ensemble de l’interview donnée par Vanneste que doit porter l’indignation des LGBT et des citoyens français. Il ne s’agit pas seulement d’ergoter et de pinailler sur le nombre de déportés pour homosexualité appartenant à  telle ou telle zone géographique. Sur ce plan-là, Vanneste aura toujours beau jeu de dire que les historiens débattent, et qu’il parle de bonne foi. En revanche, comme beaucoup l’ont déjà remarqué, les propos qui entourent ces déclarations sont proprement abjects, et ne visent qu’à attiser la haine de la population contre les LGBT. C’est donc pour l’ensemble de l’interview (qui dure 20 minutes !), et non seulement pour ses propos sur la déportation, que Vanneste doit être exclu de l’UMP.

Notons qu’un autre type de lettre est en train de circuler à l’UMP : il s’agit de lettres-types à envoyer en tant que militants et sympathisants de l’UMP pour s’opposer à l’exclusion de Vanneste.

Enfin, parmi les trois commentaires que cette lettre a suscités sur le site Nouvelles de France, soulignons l’élégance et la pertinence du second commentaire :

Bravo pour la pertinence de vos propos concernant le lobby des excités du trou de balle.

Ne serait-ce pas un commentaire homophobe, et dûment réprimé par la loi ?

Associations | Discriminations | France | Homophobie | People | Politique | UMP | 17.02.2012 - 00 h 18 | 3 COMMENTAIRES
23 février 2012 : Le Refuge vous invite à faire bon accueil… à Christine Boutin.

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Les responsables du Refuge commencent vraisemblablement à prendre goût aux échanges réguliers qu’ils entretiennent avec l’ex-candidate à la présidentielle Christine Boutin.

Après lui avoir accordé un brevet de respectabilité en décembre 2011, Le Refuge s’apprête maintenant à accueillir Christine Boutin au sein de ses locaux. Pour l’association, il s’agit d’ « élargir le débat avec Madame Boutin » et de « proposer un échange avec les jeunes homosexuel(le)s et transsexuel(le)s que l’association héberge sur Paris ». Le Refuge a donc lancé une invitation officielle pour que nous soyons nombreux à faire un accueil courtois et respectueux à  la présidente du Parti Chrétien Démocrate.

Quand on connaît les prises de position anti-droits LGBT, que Mme Boutin martèle publiquement depuis une quinzaine d’années, les questions qu’a préparées le Refuge montrent cependant un décalage particulièrement criant entre les buts affichés par l’association et la personnalité politique invitée  :

Le Refuge souhaite entendre Mme Boutin sur 5 questions clés :

Quelle est sa réaction suite à la négation par M. Vanneste de la déportation des homosexuel(le)s français durant la 2e guerre mondiale ?
Quelles actions Christine Boutin recommande-t-elle en matière de prévention du suicide des jeunes LGBT et quel rôle le système éducatif peut-il jouer selon elle ?
Le Refuge est membre du groupe de travail initié par le Ministère de la Justice relatif à la vie affective des mineurs et des jeunes majeurs en milieu carcéral. Quel regard Christine Boutin porte-t-elle sur cette question ?
Mme Boutin a pris position contre l’inclusion du genre dans les manuels de SVT. Quel avenir propose-t-elle aux jeunes qui se découvrent de tel ou tel sexe ?
Quels engagements est-elle prête à prendre pour aider le Refuge à augmenter sa capacité d’hébergement ?

A quand l’invitation de Christian Vanneste par les Oubliés de la Mémoire, d’Alain Soral par le CRAN, de la même Christine Boutin par le Planning familial, ou de Jean-Marie Le Pen par le CRIJ ? On imagine d’ores et déjà les questions similaires que les uns et les autres pourraient poser à leurs invités : « M. Vanneste, quelles actions recommandez-vous pour mettre fin au harcèlement des jeunes homosexuels dans les établissements scolaires ? » ; « M. Soral, quelle est votre opinion sur l’immigration légale en France ? »; « Mme Boutin, quel regard porte-vous sur l’avortement ? » ; « M. Le Pen, que pensez-vous des propos antisémites de Dieudonné ? ».

Le plan communication & médias du Refuge, pour efficace qu’il soit, prend parfois des chemins très boueux. La dernière question posée laisse entendre que la visite de Mme Boutin pourrait s’achever par la signature d’un gros chèque à l’association Le Refuge. Mais quelle que soit la somme en jeu, est-il bien moral de se prosterner ainsi devant la diva des homophobes, tout en assurant diriger une association qui vient en aide aux LGBT ?

France | Homophobie | Justice | Medias | Politique | UMP | Vanneste | 16.02.2012 - 16 h 27 | 0 COMMENTAIRES
Le magistrat Philippe Bilger défend explicitement l’homophobie !

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(Photo : Philippe Bilger, Flickr, cc)

Les propos de Christian Vanneste sur la déportation des homosexuels ont déclenché, de toutes parts, beaucoup de colère et d’indignation. De très nombreux membres du PS, d’Europe Ecologie – Les Verts, du Front de Gauche, de l’UMP… et même le numéro 2 du Front national (!) ont critiqué ce dérapage, qui n’est que le plus récent d’une longue série.

A l’inverse, il s’est trouvé quelques personnes pour défendre Christian Vanneste, au sein des mondes politique et médiatique. La liste est pour l’instant assez brève : les avocats Serge et Arno Klarsfeld, les députés Lionnel Luca et Jacques Myard, le magazine Causeur, ainsi que le polémiste Eric Zemmour.

Mais c’est le soutien le plus récent, celui apporté par le magistrat Philippe Bilger, qui doit retenir toute notre attention. En effet, ce dernier a publié, sur son blog très fréquenté « Justice au singulier », un billet intitulé 48 heures de la vie d’un pays. Bilger fait d’abord l’éloge de Christian Vanneste, et critique les membres de l’UMP qui veulent l’exclure :

La chasse au Vanneste est relancée. L’UMP se couvre de ridicule en affirmant haut et fort qu’elle va l’exclure et lui retirer son investiture pour les futures législatives. […] Il est clair que Christian Vanneste, dans la grisaille intellectuelle et la fadeur politique de l’UMP, ne pense pas comme les autres et donc choque assez souvent. A mon sens, ce sont moins ses idées que l’être lui-même qui irrite : trop intelligent, trop provocateur, trop libre, pas assez prévisible. Sur le plan de l’homosexualité, […] il devrait s’abstenir et résister à la tentation d’être soi à tout prix. Trop dangereux dans un monde frileux.

Mais après cet hommage poignant et plein de déférence, Philippe Bilger enchaîne, comme si cela allait de soi, en se lançant dans une bien étonnante défense… de l’homophobie :

A supposer même que Christian Vanneste, individu singulier, esprit indépendant, parlementaire iconoclaste, dise du mal de l’homosexualité s’il en a envie, où serait le scandale ? 

Si je comprends bien cette phrase (et une erreur d’interprétation n’est jamais exclue…), j’en déduis que le magistrat Philippe Bilger, ancien juge d’instruction, ancien avocat général à la cour de Paris, légitime bel et bien, explicitement et par écrit… l’homophobie. Il semble que le magistrat, aujourd’hui à la retraite et consultant pour un grand cabinet parisien, soit désormais prêt à tous les excès pour exprimer l’admiration sans borne qu’il ressent pour son ami Vanneste.

Faut-il donc rappeler que « dire du mal de l’homosexualité », c’est-à-dire l’expression de propos homophobes, est puni depuis 2004 par le Code pénal ? Faut-il rappeler que « le scandale » de l’homophobie n’est pas plus une légende que la déportation des homosexuels ? L’homophobie tue, M. Bilger, et il n’est pas plus anodin de « dire du mal de l’homosexualité » que de tenir des propos racistes ou antisémites.

Il serait bon qu’un ancien avocat général se souvienne des lois qui ont été votées par la représentation nationale, et ne s’abaisse pas à légitimer l’expression de propos homophobes, quels qu’ils soient.

P.S. : L’article de Philippe Bilger est déjà repris par Marianne2, qui ne semble pas non plus voir de problème à ce qu’on tienne des propos homophobes « si on en a envie »…

France | UMP | 10.02.2012 - 15 h 51 | 1 COMMENTAIRES
Gaylib ne soutiendra pas Nicolas Sarkozy !

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Bonne nouvelle ! Le président de Gaylib, Emmanuel Blanc, a affirmé vendredi à l’AFP « qu’en tant que président de Gaylib, [il ne peut pas] engager [son] mouvement derrière un candidat qui ne porte pas nos valeurs »

Cette déclaration fait suite aux déclarations de Nicolas Sarkozy qui es toujours opposé au mariage homosexuel et à l’adoption par des couples de même sexe.

Une question reste cependant entière : quel candidat les membres de GayLib soutiendront-ils ?

France | Politique | UMP | 27.01.2012 - 11 h 37 | 4 COMMENTAIRES
Christian Vanneste sera candidat UMP aux législatives 2012, mais pas Roselyne Bachelot.

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Il était question qu’il ne se représente pas, et qu’il laisse sa circonscription de Tourcoing à quelqu’un autre que lui pour les élections législatives de 2012. Christian Vanneste, qui s’était montré plusieurs fois en désaccord avec l’UMP, avait en effet déclaré, en octobre 2011 :

Je prendrai ma décision en fin d’année ou début d’année prochaine. Plus je regarde mes amis moins j’ai envie d’y aller, mais plus je regarde mes adversaires plus j’ai envie. Je prendrai ma décision suffisamment tôt pour le cas échéant laisser le temps à quelqu’un d’autre d’y aller.

Mais La nouvelle est tombée aujourd’hui : Christian Vanneste, l’homme politique qui considère que l’homosexualité est par nature « inférieure » à l’hétérosexualité, et qu’elle constitue « une menace » pour l’humanité, sera candidat UMP dans la dixième circonscription du Nord. Il l’a lui-même annoncé dans un communiqué de presse, où il déclare :

C’est pour moi une satisfaction dans la mesure où, il y a cinq ans, ce parti ne m’avait pas accordé cette investiture, sous prétexte que j’étais alors poursuivi d’une manière scandaleuse et attentatoire à la liberté d’expression.

L’UMP lui accorde donc cette fois un soutien plein et entier : alors qu’en 2007, elle l’avait fait élire sous l’étiquette CNI en ne présentant aucun candidat contre lui, elle s’apprêterait cette fois à le faire élire en tant que candidat UMP ! C’est la fin du suspense qui était monté depuis quelques mois autour de l’actuel député du Nord : il se représentera bien, selon Nord Eclair, pour briguer une nouvelle fois le poste de député.

Pour ceux qui penseraient que Christian Vanneste est un homme fréquentable, voilà ce qu’il déclarait il y a encore quelques jours au sujet des membres de l’UMP qui sont favorables au mariage pour les couples de même sexe… Ce sont pour lui des «démagos bobos, très liés au milieu parisien et à une forme d’arrivisme politique». La question du mariage pour les LGBT est selon lui un «sujet dérisoire face aux problèmes actuels de la France».  Il est même opposé à l’idée d’une union civile distincte du mariage, et trouve que si Nicolas Sarkozy en faisait l’un de ses projets, «il aurait tort car il s’aliénerait une grande partie de la population».

Rappelons au passage qu’en janvier 2007, Nicolas Sarkozy avait affirmé ceci au Figaro : « Christian Vanneste ne sera pas réinvesti aux législatives [de 2007]. Je condamne fermement ce qu’il a dit. Je ne veux ni de près ni de loin être associé à des propos homophobes. »

L’ADFH a publié un communiqué pour aider le Conseil national de l’UMP à statuer sur le cas Vanneste ce samedi 28 janvier. Y sont réunies les meilleures phrases du bon député.

Séquence nostalgie, en vidéo cette fois :

Edit du 29 janvier 2012 : A peine son investiture officialisée, Christian Vanneste s’est empressé de s’épancher auprès de Nord Eclair. Il se présente, dit-il, par « devoir de service », et déclare tout de go qu’il ne va pas se « battre à fond » pour son camp ! Après s’être fâché avec Nadine Morano suite à ses atermoiements, il déclare maintenant au sujet de Benjamin Lancar, président des Jeunes Populaires :

Il a osé dire que je n’avais rien à faire à l’UMP. Je suis chez moi. Il devrait manifester un peu de respect. Quand on compare Fillon à Laval comme il l’a fait, en ignorant que Laval c’était le numéro deux de Vichy, je me dis que ce type devrait être viré à grands coups de tatane de notre mouvement.

Enfin, en réponse à la question « Et si demain Nicolas Sarkozy se prononce pour le mariage entre homosexuels ? », Vanneste répond :

Ce ne sera pas un problème personnel, on est 150 parlementaires à penser la même chose. Je ne suis pas obsédé par ça, mais je suis déterminé à ne pas accepter qu’on institutionnalise.

Quant à Roselyne Bachelot, elle a annoncé qu’elle ne se représenterait pas en 2012, et qu’elle abandonne donc sa circonscription du Maine-et-Loire.

Adoption | Famille | France | Homoparentalité | Homophobie | Politique | UMP | 15.01.2012 - 16 h 19 | 1 COMMENTAIRES
En trois jours, l’UMP enchaîne les gaffes sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe…

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Cette fin de semaine a été scandée par les déclarations plus tonitruantes les unes que les autres de la part de l’UMP sur la légalisation du mariage pour tous les couples. Comme un peu d’humour ne fait de mal à personne avant de reprendre le travail, rions un peu avec Christine Boutin, Richard Galy et Luc Châtel.

 

1) Grâce à twitter, Boutin se lance dans la voyance.

Les utilisateurs de Twitter ont eu la joie de lire cette phrase pleine d’élégance de la part de Christine Boutin :

@christineboutin 13 janvier 2012

« On me rit au nez quand je m’oppose au mariage homo. Mais on ferait bien de m’écouter parfois. J’avais annoncé la perte du #AAA dès septembre »

Encore un pas, et les homos seront bientôt responsables de la perte du triple A…On comprend bien ce que dit Christine Boutin : elle avait prédit l’effondrement économique de la France, et elle prédit maintenant l’effondrement anthropologique du pays à cause des LGBT. Lorsqu’elle s’abaisse à mettre sur le même plan les LGBT et la perte du triple A, il ne faut plus qu’elle s’étonne que tout le monde lui « rie au nez ».

D’ailleurs, si Christine Boutin souhaite à ce point se lancer dans les prédictions et la voyance, elle va bientôt pouvoir remplacer Elisabeth Teissier, dont on a appris cette semaine que son contrat avec TV Mag ne serait pas renouvelé… Une astrologue richissime et influente, remplacée par une intégriste délirante aux visions paranormales : TV Mag ne perdrait sans doute pas au change.

 

2) A Mougins (Alpes Maritimes), le maire dérape et présente ses excuses.

Lors de ses bons voeux, le maire de Mougins s’est laissé aller à l’un de ces dérapages dont les politiques ont le secret… Pour lui, l’adoption et le mariage devraient être interdits aux LGBT, et donc réservés aux « couples normaux ». Un témoin présent à la cérémonie raconte : « Il y a eu comme un flottement, un malaise dans l’assemblée. On s’est regardés, étonnés de ce qu’on avait entendu. »

Ces propos ayant choqué les administrés de la ville, le maire a présenté ses excuses :

« Je n’avais pas à dire « couples normaux ». Je voulais dire « habituels ». Je fais mon mea culpa […] D’autant que je suis concerné par ce genre de propos qui laissent à désirer : je me suis toujours battu pour que mon enfant handicapée n’ait pas à subir ce genre de paroles […] Je suis responsable de mes propos et mes mots n’étaient pas bien choisis. S’ils ont choqué certaines personnes, je les prie de bien vouloir m’en excuser. Je leur présente volontiers mes excuses »

 

3) Pour Luc Châtel, l’UMP est à rebours de l’histoire.

Enfin, Luc Châtel s’embrouille de manière très amusante en donnant son opinion personnelle sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Point positif : ces déclarations dû faire bondir Mme Boutin, qui voue déjà une franche haine au ministre de l’Education. Luc Châtel a rappelé qu’il avait été lui-même « fortement opposé au mariage homosexuel », mais qu’il avait remis en cause ses convictions : « Puis je vois la société évoluer, je vois le monde changer et je m’interroge ».

Là où ça dérape, c’est que tout en étant favorable à cette mesure, Luc Châtel essaie de s’obliger à en justifier l’interdiction… Il commence d’abord par se dédouaner : « C’est un sujet tellement personnel que je vous exprime, un avis personnel qui n’engage pas le membre du gouvernement que je suis ». Puis il se lance dans des généralités qui lui évitent de citer Nicolas Sarkozy : « Je pense que c’est une tendance de l’histoire, une évolution et sans doute qu’un jour il y aura une légalisation du mariage homo ».

Déjà, cette phrase montre que l’UMP va à rebours de l’histoire et combat vainement une mesure qu’il trouve bonne et qui sera de toute façon prise un jour. Mais Luc Châtel finit par se prendre définitivement les pieds dans le tapis : « Est-ce qu’il faut accélérer les choses en légiférant aujourd’hui? Je ne le crois pas, mais il y a des étapes. Nicolas Sarkozy avait proposé en 2007 l’union civile qui ne s’est pas faite ». Si quelqu’un comprend un traître mot à ce que signifient ces trois phrases de charabia, et s’il s’agit d’une défense ou d’une attaque de Nicolas Sarkozy, qu’il laisse un commentaire ci-dessous…
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