4297 PS | E.D.H. – Egalité des Droits Homos/hétéros

La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Famille | France | Histoire | Livres | Politique | PS | 13.09.2014 - 10 h 12 | 16 COMMENTAIRES
Pour Valérie Trierweiler, François Hollande « n’a jamais compris la portée » du mariage pour tous.

Étiquettes : , , ,

merci pour ce momentLe livre de Valérie Trierweiler, Merci pour ce moment (éd. Les Arènes), a déclenché des réactions hostiles ou enthousiastes, mais il n’a pas laissé les Français indifférents. Parmi les souvenirs, accusations et témoignages dévoilés par la journaliste au sujet de son ancien compagnon, on trouve un passage du livre consacré à l’attitude de François Hollande durant le vote de la loi sur le mariage pour tous.

Valérie Trierweiler reproche d’abord à François Hollande une certaine forme de lâcheté, voire de pusillanimité, face à cette réforme. Il aurait en effet préféré la « mettre en avant » à cette occasion, profitant même peut-être de l’occasion pour rester lui-même en retrait :

Je ne suis pas dupe non plus : dans certaines circonstances, me mettre en avant l’a arrangé. Comme lors du mariage pour tous. […] Dans ce combat, je suis allée en première ligne, avec son assentiment, et peut-être même à sa place.

Valérie Trierweiler a effectivement été présente à plusieurs moments importants lors du vote de cette loi, et elle a publiquement soutenu cette réforme, quitte à s’attirer les foudres des opposants au mariage pour tous. Elle note cependant que, si le président lui a délégué ce rôle, c’est peut-être bien avec cynisme et complaisance, afin de pouvoir ne pas trop s’engager ni s’investir lui-même.

Elle lui reconnaît malgré tout un peu de courage, pour avoir tenu bon malgré la Manif pour Tous :

François n’a pas reculé malgré les manifestations monstres.

Mais ce n’est pas pour autant qu’elle fait l’éloge du président ! D’une part, elle lui reproche  de n’avoir jamais été intimement convaincu par cette réforme. Pour justifier cette remarque, elle revient avec amertume sur une déclaration bien connue de François Hollande, devant l’Association des Maires de France. Fin 2012, il reconnaît aux maires récalcitrants, dans une formule malheureuse, le droit à la « liberté de conscience » pour refuser de marier deux personnes du même sexe. S’il retire très vite cette déclaration, c’est apparemment sur le conseil, entre autres, de Valérie Trierweiler, et face aux réactions hostiles que ce propos a déclenchées au sein de son propre camp :

« Il a tenu cette promesse alors qu’il n’en était pas convaincu au fond de lui, évoquant même « la liberté de conscience des maires ». En découvrant cette formule, je lui ai envoyé un message dans la seconde pour l’avertir que la phrase ne passerait pas. Et effectivement, devant le tollé, il l’a retirée. »

Hollande au 95e congrès des maires de France

Hollande au 95e congrès des maires de France

Mais le second reproche est plus grave, et plus personnel. Dès le 04 septembre 2014, Les Inrocks avaient relevé cette phrase dans le livre de Valérie Trierweiler, au sujet du mariage pour tous :

« François n’a jamais compris, sinon de manière théorique, la portée de cette réforme emblématique de la gauche ».

Que le président ne soit pas convaincu, « au fond de lui », par une réforme qu’il a promise, est une chose, qui relève après tout de sa liberté personnelle. C’est certes un peu triste, mais on ne demande pas aux hommes politiques de croire intimement à toutes les réformes de société qu’ils effectuent : l’important est qu’ils les accomplissent, et qu’ils fassent ainsi progresser de toute façon la société. En politique, l’acte compte davantage que la conviction, même s’il est tout de même conseillé que les deux coïncident au maximum ! Mais que François Hollande n’ait même pas saisi l’importance de cette réforme est plus grave : c’est une erreur d’appréciation politique, voire historique.

Valérie Trierweiler apporte à cela une explication toute personnelle, qu’elle relie à se propre histoire avec le président  : si la réforme du mariage pour tous lui a somme toute semblé lointaine et étrangère, c’est « sans doute parce qu’il voit le mariage comme une porte qui se ferme ».

Pour Valérie Trierweiler, cette erreur est d’autant plus criante que le mariage pour tous est une réforme historiquement et politiquement fondamentale à trois titres : pour le quinquennat de François Hollande lui-même, pour la gauche en particulier, et pour l’histoire de France en général.

 [Cette réforme] restera peut-être la seule marque [de François Hollande] dans l’Histoire de France. […] Je ne doute pas une seconde que le mariage pour tous sera la dernière grande réforme de la gauche.

Valérie Trierweiler

Valérie Trierweiler

Par rapport à la propre histoire de leur relation, qui s’est achevée brutalement et qu’ils ont tous deux vécue très difficilement, Valérie Trierweiler tire du succès de cette réforme une remarque amère et ironique envers François Hollande : « C’est un joli pied de nez du destin » !

Enfin, Valérie Trierweiler extrapole le déroulement de cette réforme pour expliquer qu’à l’inverse, une autre réforme annoncée par François Hollande durant la campagne de 2012 ne sera pas menée à son terme. D’un ton catégorique, elle affirme :

« Je suis sûre qu’il n’ira pas jusqu’au bout de son engagement d’accorder le droit de vote aux immigrés aux élections locales, annoncé et promis maintes fois. Manque de conviction, trop d’obstacles, le cheval se cabrera. »

Sur le mariage pour tous, ce livre éclaire donc quelque peu, d’une lumière toute personnelle, les événements passés. Reste désormais à savoir si l’intuition et le pessimisme de Valérie Trierweiler s’avèreront exacts pour la politique à venir.

Adoption | Droit | Extrême(s) Droite(s) | Famille | France | Histoire | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | People | Politique | PS | 26.04.2013 - 02 h 35 | 4 COMMENTAIRES
Trois anecdotes sur le vote à l’Assemblée du mardi 23 avril 2013.

Étiquettes : , , , ,

Comme d’autres sympathiques yaggeurs et yaggeuses que j’ai retrouvé(e)s pour l’occasion, j’étais présent à l’Assemblée nationale l’après-midi du 23 avril 2013. J’ai lu avec intérêt les témoignages d’Alexandra, Philippe et Olivier, et j’ai pensé qu’à mon tour, je pouvais ajouter quelques compléments aux très intéressants récits personnels qu’ils ont fait de ce moment décisif dans l’histoire des LGBT en France.

 

1) Virginie Tellenne provoque la sécurité de l’Assemblée nationale

Ce que peu de personnes savent, c’est que Virginie Tellenne (alias Frigide Barjot) a tenté de défier la sécurité de l’Assemblée nationale avant d’assister au vote. Elle n’a commis en soi aucune infraction légale, mais son attitude morale a été très fortement douteuse. En effet, elle avait dissimulé sur elle des tracts rouges et blancs où était imprimée en gros caractères l’inscription « Référendum pour tous ».

L’un des membres du personnel de l’Assemblée nationale s’est aperçu que Virginie Tellenne portait ces tracts sur elle, et a pu lui en ôter un avant qu’elle s’avance dans une autre salle. Il lui a ensuite fallu prévenir la sécurité de l’Assemblée nationale, pour que ces tracts lui soient retirés un à un, en conformité avec le règlement de l’Assemblée nationale. La volonté de Virginie Tellenne était clairement, au minimum, de narguer le personnel de l’Assemblée.

Avait-elle l’intention de montrer ces tracts durant les explications de vote auxquelles elle a ensuite assisté ? Il est difficile de le dire, mais ce qui est sûr, c’est qu’elle a agi par esprit de bravade envers les agents de sécurité, et qu’elle avait pour but de leur montrer qu’ils devaient s’attendre à tout, et être sur leurs gardes face à toute menace qui pouvait venir d’elle ou de ses partisans.

Ce qui est d’ailleurs plus troublant, c’est que les tracts qu’elle portait sur elle défendaient justement l’idée d’un référendum – tout comme la banderole qui a été déroulée dans l’hémicycle par des individus violents quelques instants plus tard. Simple coïncidence ?

 

2) Virginie Tellenne n’a pas eu l’air mécontente de l’incident qui a indigné l’Assemblée nationale

Lorsque l’incident a éclaté dans les tribunes de l’Assemblée nationale, Frigide Barjot, à l’inverse de la majorité du public et des députés, n’a pas paru consternée, ni inquiète, ni même surprise par l’événement. Bien au contraire, elle n’a eu qu’un léger sourire de satisfaction qui, volontaire ou non, m’a paru le comble du cynisme.

Tout le public regardait alors les spectateurs que le service d’ordre tentait de maîtriser, et les députés étaient tournés soit vers les individus qui avaient effectué cet incident, soit vers les députés de droite qu’ils rendaient responsables de cette agression contre le travail parlementaire. Frigide Barjot a donc dû penser qu’elle n’était pas observée à ce moment-là…

 

3) L’hommage vibrant des députés et ministres à Corinne Narassiguin

Pour finir sur une note positive, j’ai été touché par l’hommage très émouvant qui a été rendu par le gouvernement et les députés à Corinne Narassiguin, ancienne députée PS des Français de l’étranger, et qui était initialement chargée du texte sur le mariage pour tous au sein du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.

Corinne Narassuiguin avait fait un lourd travail d’auditions, de persuasion et de négociations au sein du groupe Socialiste, Républicain et Citoyen, en partenariat avec le gouvernement, les acteurs de la vie civile et les responsables politiques de son groupe. Son élection en tant que députée ayant été invalidée par le Conseil Constitutionnel en février 2013, cette fonction avait alors été reprise par le député PS Bernard Roman, très engagé sur le thème des droits LGBT et de l’homoparentalité.

Debout dans les tribunes après l’intervention finale de Christiane Taubira, et visiblement très émue, Corinne Narassiguin a été ovationnée par ses collègues députés et ministres de gauche, qui se sont tournés vers elle et l’ont acclamée, afin de rappeler le rôle très important que cette jeune femme de 38 ans, très attachée à la question de l’égalité, avait tenu, aux côtés d’Erwann Binet, dans l’adoption du projet de loi par l’Assemblée nationale.

 

Le reste de l’histoire vous est connu : il vous a été conté par l’équipe de Yagg qui a été mobilisée toute la journée, et par trois yaggeurs qui ont pris le temps de faire un compte rendu complet de tout ce qu’ils ont observé ce jour-là 🙂

Associations | Discriminations | Education | France | Homophobie | Politique | PS | 06.10.2012 - 18 h 03 | 0 COMMENTAIRES
Octobre 2012 : Le rapport sur la Refondation de l’école rappelle la nécessité de « lutter contre les stéréotypes racistes, sexistes ou homophobes ».

Étiquettes : , , , ,

Le 5 octobre 2012, le ministère de l’Education nationale a mis en ligne un  document de 50 pages intitulé « Refondons l’École de la République – Le rapport de la concertation« . Ce rapport fait suite à plusieurs mois de concertation et de débats entre de très nombreux acteurs du système éducatif (cadres, enseignants, syndicats, chercheurs, associations, etc.).

Ce rapport sera utilisé par Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale, pour élaborer la future loi d’orientation sur l’Education nationale qui donnera les grands axes de la politique éducative durant le quinquennat de François Hollande. Trois passages concernent directement les LGBT et la lutte contre les LGBT-phobies, et ils sont plutôt positifs.

D’abord, pour les auteurs du rapport, l’école doit « lutter contre les stéréotypes racistes, sexistes ou homophobes » et « apprendre aux élèves à refuser tous les types de discrimination ». Même si cela semble aujourd’hui aller de soi, il est toujours bon de rappeler ce rôle de l’Ecole, parfois passé sous silence. La lutte contre l’homophobie n’a été l’un des objectifs de l’école qu’à partir… de 2001 (sous Jack Lang), puis à partir de 2008 (sous Xavier Darcos) : il s’agit donc là d’une ambition récente de l’école, qui est toujours à réaffirmer.

D’autre part, les auteurs du rapport préconisent d' »intégrer systématiquement au règlement intérieur le rappel et l’explication du principe de laïcité et des règles en découlant, ainsi que le refus des discriminations, la lutte contre les stéréotypes liés au genre et l’égalité filles-garçons ». Ils témoignent ainsi d’une volonté réelle de sanctionner et de prévenir toute attitude ou tout propos enfreignant la laïcité ou le respect des différences.

Enfin, les associations sont plusieurs fois mentionnées au cours du rapport. Leur rôle éducatif est mis en valeur, et le rapport préconise même de les faire participer à la formation des maîtres au sein des futures Espé (Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation). On peut espérer que des associations comme Le Refuge, Contact ou SOS Homophobie pourront ainsi transmettre aux enseignants leurs connaissances et leurs savoir-faire en matière de lutte contre l’homophobie et l’exclusion.

Rappelons que l’association SOS Homophobie avait proposé sa propre contribution aux débats sur la refondation. Elle y insistait notamment sur la nécessité de sensibiliser les élèves au respect des différences de genre et d’orientation sexuelle, sur l’intégration à la formation des enseignants de modules sur les questions LGBT, ainsi que sur la mention des sanctions encourues pour LGBT-phobies dans le règlement intérieur. On peut voir que les auteurs de ce rapport ont entendu et retenu la plupart des revendications de l’association.

Par ailleurs, la ministre déléguée à la réussite éducative, George Pau-Langevin, était chargée dans l’équipe de François Hollande des questions sociétales, au sein desquelles figurait l’égalité des droits entre les couples et la lutte contre les discriminations. Gageons que la ministre saura mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la lutte contre l’homophobie, qui participe, elle aussi, à la réussite éducative et au bien-être des élèves à l’école. En effet, il reste maintenant au ministère de l’Education nationale à transcrire toutes ces belles ambitions dans la loi d’orientation pour l’école, qui sera rédigée au cours des prochaines semaines.

France | Politique | PS | UMP | 07.06.2012 - 22 h 50 | 6 COMMENTAIRES
Christian Vanneste, très menacé dans sa circonscription, est lâché à la fois par « son fils spirituel », « son ami de 30 ans » et son association de soutien

Étiquettes : , , , ,

Christian Vanneste

La période est difficile pour Christian Vanneste : il se présente aux élections législatives de juin 2012, mais il est très seul dans cette démarche, au point d’être rejeté de tous côtés.

D’abord l’UMP, même si elle ne l’a toujours pas officiellement exclu, ne lui a pas donné l’investiture pour candidater au nom du parti. Chrisitan Vanneste n’a donc que peu de moyens à sa disposition pour réaliser sa campagne.

Ensuite, il a face à lui la candidature de Gérald Darmanin, qu’il considère comme son fils spirituel, et à qui il affirme avoir tout appris en politique. Le jeune Gérald Darmanin était en effet l’attaché parlementaire de Vanneste, avant d’être le chef de cabinet de David Douillet. En le traitant de « petit apparatchik carriériste parisien », Vanneste déclare à propos de Darmanin :

 Je l’ai mis en place au conseil municipal de Tourcoing, puis lui ai proposé d’être chef de file de l’opposition […] Il était déjà conseiller municipal, conseiller régional, conseiller communautaire et ancien directeur de cabinet de David Douillet. Ça ne lui suffisait pas ? […] S’il partageait vraiment mes convictions, comme il me l’a toujours assuré, il ne ferait pas ça. En se présentant, il se rend complice des gens qui veulent m’abattre.

Nouveau revers pour Vanneste : aujourd’hui, c’est Didier Droart, un élu local d’influence, son « ami de trente ans », qui le lâche définitivement. Droart parle ainsi de Christian Vanneste :

Plus personne ne trouve grâce à ses yeux, il a fait le vide autour de lui. Il était de plus en plus dur à suivre, ingérable pour nous… […] C’est lui qui est le diviseur. Sa candidature est dangereuse […] Je ne voudrais pas qu’il reste un député outrageux… D’autres comme MM. Delnatte ou Balduyck ont su préparer leur sortie.

Et pour couronner le tout, même la fameuse Association des amis de Christian Vanneste, qui lui avait apporté tant de soutien lors de ses démêlés judiciaires et de ses combats politiques, vient d’être dissoute lors de sa dernière assemblée générale. Cette dissolution a été réalisée dans la plus grande discrétion au début du mois d’avril 2012, pour ne nuire ni au candidat Vanneste, ni à ses anciens soutiens (dont fait partie M. Droart, qui était secrétaire de l’association).

Il reste à espérer que la candidate PS, Zina Dahmani, pourra profiter de ces dissensions à droite, et qu’elle parvienne à remporter la victoire face aux candidats de droite qui se déchirent.

Droit | Famille | France | Gestation pour Autrui | Homoparentalité | Justice | PS | 29.04.2012 - 22 h 20 | 23 COMMENTAIRES
François Hollande sur la GPA à l’étranger : contradiction tactique ou évolution raisonnable ?

Étiquettes : , ,

« Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup » disait Martine Aubry au sujet de François Hollande, en 2011, durant les primaires du Parti socialiste. J’ai longtemps pensé qu’il fallait prendre cette phrase pour ce qu’elle est : un argument de campagne un peu rude, lié au contexte des primaires, ou un simple adage populaire qui pourrait s’appliquer à François Hollande comme à n’importe qui d’autre. Bref, je n’y avais jamais particulièrement prêté attention.

Mais une inquiétude m’a saisi ce soir. Fidèle lecteur de Yagg, comme chacun ici peut s’en douter, j’ai lu avec grand intérêt le script du tchat auquel a bien voulu participer Najat Vallaud-Belkacem le 14 avril 2012. Voici ce qu’y déclarait la jeune femme, qui est porte-parole du candidat socialiste :

Se pose en effet la question de la transcription des actes de naissance des enfants nés légalement de GPA à l’étranger. Il y va en effet de l’intérêt des enfants en question, petits fantômes de la République qui n’ont pas choisi leur condition. François Hollande s’est prononcé en faveur de cette transcription.

Dois-je le préciser ? Cette phrase m’a convaincu de voter pour François Hollande dès le premier tour, alors que je comptais au départ accorder mon suffrage aux Verts, qui ont indiqué sans ambiguïté vouloir reconnaître les enfants nés légalement, à l’étranger, par GPA.

Quelle n’a donc pas été ma surprise, lorsque j’ai pu lire, dans une interview réalisée le 27 février 2012 par le magazine Têtu, un jugement pour le moins bien différent d’une prise de position « en faveur de cette transcription »… rendu par le candidat socialiste lui-même ! Qu’on en juge :

François Hollande : Je suis hostile à la gestation pour autrui, la GPA.

1) Seriez-vous néanmoins favorable à la reconnaissance des enfants nés par GPA à l’étranger ?
François Hollande : Vous imaginez bien que si j’ouvrais cette question-là, ça pourrait être finalement une facilité donnée à la gestation pour autrui. Et seul compte le droit de l’enfant.

2) Justement, des enfants nés ainsi se retrouvent actuellement en difficulté…
François Hollande : Je sais bien, et donc ce débat devra avoir lieu, mais il ne doit en aucun cas être considéré comme une façon d’accepter la marchandisation du corps.

Les deux déclarations de François Hollande sont plutôt contradictoires : on comprend mal comment « le débat peut avoir lieu » (2) si le candidat refuse « d’ouvrir cette question-là » (1).

Ma question est donc simple : l’affirmation très claire de Najat Vallaud-Belkacem, qui est plus récente d’un mois et demi que les propos fort hésitants de François Hollande, est-elle bien la déclaration qu’il faut prendre en compte pour connaître les intentions réelles du Parti socialiste en matière de GPA réalisée légalement à l’étranger ? Faut-il voir, dans la comparaison entre les deux interviews, le signe d’une évolution raisonnable dans la réflexion personnelle du candidat socialiste au cours des derniers mois ?

Ce thème est pour moi déterminant dans la campagne. Je n’aimerais pas m’être trompé au premier tour, mais j’aimerais encore moins voter au second tour en ayant l’impression d’avoir été dupé par un homme que j’estime, François Hollande, et par une personnalité que j’admire, Najat Vallaud-Belkacem. Le changement, c’est maintenant : que le Parti socialiste justifie d’ores et déjà son slogan en faisant preuve, à l’inverse du parti actuellement au pouvoir, d’une réelle transparence et d’un vrai courage politique.

Education | Famille | France | Homoparentalité | Mariage | Politique | PS | 10.02.2012 - 14 h 54 | 17 COMMENTAIRES
[Info exclusive] Lors de son discours d’Orléans, François Hollande a rayé son hommage aux familles homoparentales.

Étiquettes : , , , , , ,

Est-ce un incident troublant et inquiétant, ou un simple revirement anodin dû aux circonstances ? François Hollande, qui devait rendre un hommage appuyé aux familles homoparentales ce jeudi soir à Orléans, a finalement préféré ne pas dire un seul mot sur ce sujet.

Le discours tenu par François Hollande ce jeudi 10 février, à Orléans, devait être centré sur l’éducation. Pour introduire ce thème, la première moitié du discours a également été dédiée à des thèmes bien plus larges que l’éducation : la compétitivité, la vie démocratique, les inégalités de revenus… Il s’agissait pour François Hollande, en abordant ces questions, de répondre à la longue interview donnée par Nicolas Sarkozy au Figaro Magazine, dont plusieurs éléments commençaient déjà à fuiter dans les médias.

BFM et Europe 1 confirment :  le discours, initialement rédigé par Vincent Peillon et centré sur l’éducation, a ainsi été réécrit dans la journée de jeudi, « pour répliquer à la conception de la République, développée dans le Figaro Magazine par Sarkozy ». On comprend qu’il s’agissait là, pour François Hollande, de frapper un grand coup, et de montrer les idéaux et les principes auxquels il croit, par opposition aux objectifs de Nicolas Sarkozy dans son interview intitulée « Mes valeurs ».

Hélas ! Afin de réécrire son discours, d’en faire un moment fort de la campagne, de répondre à Nicolas Sarkozy et d’affirmer ses valeurs, François Hollande a choisi… de supprimer l’hommage vibrant qu’il avait prévu de rendre aux familles homoparentales !

Voici en effet, en exclusivité absolue, le passage qui devait être prononcé par François Hollande dans les toutes premières minutes de son discours d’Orléans :

Comme Républicain et comme homme de gauche, je suis attaché aussi à trois valeurs essentielles qui, je le sens, sont au coeur de cette campagne qui s’ouvre.

La famille est la première des cellules humaines, celle où tant de choses se jouent, très tôt. Celle où l’on reçoit – où l’on devrait toujours recevoir – l’amour et l’affection. Celle qui vous élève, vous fait grandir, vous protège. Entre toutes les institutions de la société, elle est la plus précieuse. Elle doit être défendue comme telle. Mais elle doit être défendue telle qu’elle est aujourd’hui, c’est-à-dire diverse. Il y a bien longtemps qu’il n’y a plus “un” modèle familial. Je veux que la famille soit considérée comme une institution libre, ouverte, moderne, vivante, ancrée dans la réalité de notre société et s’adaptant à l’évolution de nos moeurs. Défendre la famille, ce n’est pas la corseter dans un cadre défini une fois pour toutes, en dépit de toutes les évolutions et au mépris de tout bon sens, en occultant délibérément ce qui est au fondement de la famille et qui, seul, lui donne sa force : l’amour.  C’est pourquoi, je l’ai dit et je le répète ce soir, je suis favorable au mariage entre personnes du même sexe. Et parce que j’aime la famille et parce que je veux défendre les familles, toutes les familles, je veux qu’elles soient toutes traitées de façon équitable, qu’elles reçoivent toutes de la collectivité le soutien auxquelles elles ont toutes droit, celles qui paient l’impôt sur le revenu comme celles qui ne le paient pas : et, par conséquent, je veux que le quotient familial soit revu et réformé afin que toutes les familles françaises, et pas seulement les plus aisées, soient aidées.  Aimer et défendre la famille, c’est aimer et défendre toutes les familles. Et pas seulement les plus favorisées !

Ce passage vous semble beau ? Ces phrases vous semblent convaincantes ? Eh bien : François Hollande, pour qui on les avait écrites, ne les a tout simplement pas lues ! On pourra visionner l’intégralité du discours du François Hollande pour vérifier :  à aucun moment ces phrases ne sont prononcées par le candidat. En effet, ce passage a été supprimé entre jeudi matin et jeudi soir, alors que Nicolas Sarkozy venait justement de lancer de graves attaques contre les LGBT, en réaffirmant son opposition à l’ouverture du mariage et de l’adoption pour les couples de même sexe !

Pour prendre cette décision, François Hollande s’est entouré de Vincent Peillon, qui avait rédigé la première version du discours, de Manuel Valls et surtout d’Aquilino Morelle, qui semble porter la responsabilité de cette suppression. Rappelons qu’Aquilino Morelle est l’énarque qui rédigeait déjà les discours de Jospin de 1997 à 2002 – juste avant une défaite que tout le monde croyait impossible.

Alors, Monsieur Hollande : sachez deux choses. D’une part, il arrive que l’histoire se répète. Le PS a déjà perdu deux élections présidentielles imperdables, en écoutant des conseillers timorés, et en suivant des orientations politiques douteuses, voire hypocrites. Un troisième échec n’est pas impossible, si la gauche se coupe encore de ceux qui croient en elle.

D’autre part, je me sens trahi, en tant qu’homosexuel, par vos atermoiements continus au sujet du mariage et de l’adoption par les homosexuels. Refuser d’intégrer ces thèmes dans un discours portant finalement sur vos valeurs essentielles, alors même que Nicolas Sarkozy attaque gravement les LGBT, c’est faire preuve d’une grande maladresse, ou manifester un profond mépris pour nos familles. Ces phrases si belles ne sont donc que des mots ? L’émotion qu’elles laissent transparaître ne sont donc qu’un jeu pour attirer l’électorat, et il faudrait vite les supprimer lorsque les choses deviennent sérieuses ?

Cher Monsieur Hollande, je vous le dis franchement : ma voix ne vous est pas encore acquise. Il est des moments, de plus en plus nombreux, où je me prends à douter sérieusement de votre sincérité et de votre engagement pour les LGBT. Que comptez-vous faire, pour nous prouver enfin que les LGBT sont, à vos yeux, plus qu’une simple réserve de voix ? Vous semblez en effet croire – à tort – que nos voix vous sont acquises d’emblée. Je vous donnerai la mienne avec plaisir, mais je vous prie, auparavant, de vous en montrer digne.

Adoption | Associations | Education | France | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | Medias | Politique | PS | Religion | UMP | 29.12.2011 - 02 h 46 | 2 COMMENTAIRES
Même l’électorat catholique pratiquant ne considère plus le mariage homosexuel comme un thème important.

Étiquettes : , , ,

Bonne ou mauvaise nouvelle ? Le thème du mariage pour les couples LGBT ne déchaîne plus les passions.

Pour preuve : ce nouveau sondage IFOP pour le JDD. L’institut de sondages y liste les thèmes qui seront déterminants pour les Français et pour les catholiques pratiquants lorsqu’ils devront choisir le candidat qu’ils éliront aux élections présidentielles de 2012. Les principaux résultats qui peuvent en être tirés confirment en partie ceux du sondage réalisé pour le journal La Croix en septembre 2011.

Deux enseignements peuvent en être tirés :

1) La bonne nouvelle : des catholiques pratiquants prêts à accepter le mariage des couples LGBT.

L’électorat catholique pratiquant n’est plus opposé, dans sa grande majorité, à l’idée qu’un couple LGBT puisse avoir le droit de se marier.

En effet, la question qui a été posée aux catholiques pratiquants est la suivante : « Pour chacun des sujets suivants, diriez-vous que les prises de positions des candidats à l’élection présidentielle joueront un rôle déterminant, un rôle notable ou un faible rôle sur votre choix électoral ? » Le sondage indique que le pourcentage de catholiques pratiquants à avoir répondu que ce sujet est déterminant dans leur choix aux élections… n’est que de 20% !

Autrement dit, 80% des catholiques pratiquants se fichent de l’avis des candidats sur le mariage des couples LGBT. On se doute que la campagne de Christine Boutin aura du mal à percer dans ce contexte, malgré les bonnes recommandations de son ami gay devenu conseiller en communication

2) La mauvaise nouvelle : les Français se désintéressent des droits LGBT.

Malheureusement, les nouvelles apportées par ce sondage ne sont pas toutes bonnes. Dans leur grande majorité, les Français ne s’intéressent pas, eux non plus, au droit des couples LGBT à se marier.

Répondant à la même question, seuls 14% des Français considèrent que le droit au mariage pour les couples LGBT sera déterminant pour eux durant la campagne des élections présidentielles de 2012 ! Quand on sait qu’il y a, dans ce pourcentage, une partie des répondants qui est justement très opposée à ces droits, on se dit que le pourcentage de Français qui refusera de voter pour un Président opposé aux droits LGBT est faible, très faible, trop faible…

Dans ces conditions, on comprend que le PS n’axe pas vraiment ses déclarations sur ce thème. On comprend aussi que l’UMP reste très floue sur ses choix en matière de droits LGBT. Le peu d’intérêt de la part des Français pour les droits LGBT se manifeste aussi, hélas, dans le succès limité, voire confidentiel, de l’excellent Projet Entourage, qui n’a pas suscité l’enthousiasme escompté, et qui n’est par exemple suivi que par 800 personnes sur Facebook…

Le combat n’est donc pas fini : il est certes très bien que les catholiques pratiquants fassent de l’emploi, de la sécurité et du pouvoir d’achat les thèmes principaux à partir desquels ils choisiront leur candidat pour 2012, comme la majorité des Français. Cela leur permettra de réfléchir à des problèmes importants, au lieu de dépenser de l’énergie à tenter de lutter contre les droits des LGBT.

Mais il faut avant tout que les Français favorables aux droits des LGBT se mobilisent en faveur des LGBT, car les deux dangers qui risquent d’empêcher les LGBT d’obtenir ces droits sont l’opposition tenace des conservateurs et l’indifférence totale de la population. Il serait dommage d’avoir réussi à combattre la première, mais de succomber à la seconde.

Publicité