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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Famille | France | Homophobie | International | Musique | People | Politique | Religion | UMP | Zemmour | 11.05.2014 - 17 h 18 | 9 COMMENTAIRES
Ulcérée par la victoire de Conchita Wurst à l’Eurovision, La Manif pour Tous lance son propre concours de chansons : la Droitovision.

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La victoire de Conchita Wurst à l’Eurovision 2014 n’a pas fait que des heureux. Dès ce dimanche matin, Christine Boutin a protesté contre cette victoire, qui est, selon elle, « l’image d’une société en perte de repère niant la réalité de la nature humaine ». Samuel Lafont, militant de la Manif pour Tous, s’est insurgé contre la prestation de l’Autriche et les encouragements des fans de Conchita.

La Manif pour Tous a donc décidé de réagir en organisant à son tour un concours de la chanson, concurrent de l’Eurovision : la Droitovision. Voici en direct la retransmission de ce concours :

(Durant le générique, Eric Zemmour et Ludovine de la Rochère apparaissent à l’écran, lui dans un élégant costume bleu et noir, elle en tailleur rose. Ils parlent une fois le générique terminé.)

Eric Zemmour – Bienvenue, chers téléspectateurs, au grand concours de la Droitovision ! La Droitovision est le concours international de la chanson, mais la participation et le vote y sont réservés aux purs citoyens Français, afin de préserver le concours des hordes de Tchétchènes, de Roms et de Kosovars qui sont à l’origine de la délinquance en France.

Ludovine de la Rochère – Bienvenue à toutes et tous, femmes et hommes, en direct de ce beau lieu qu’est le Sacré-Coeur. Ici, vous ne verrez pas de travelo étranger gagner le concours : tous les chanteurs et les chanteuses sont des femmes ou des hommes, des vrais, et ils ont tous été auscultés par le bon Docteur Dor, un ami personnel.

Eric Zemmour – En direct sur l’ORTF, RTL, Radio Courtoisie et BFN, la chaîne de l’extrême, nous allons maintenant écouter les grands artistes de droite qui nous font l’honneur de concourir ce soir.

Ludovine de la Rochère – Le premier concurrent est d’une droite un peu molle : il a d’ailleurs passé de justesse les sélections de demi-finale. Il s’agit du député Jean Lasalle, qui a heureusement rappelé que le « mariage pour tous » est « à mille lieues des préoccupations des Français« , et que la gauche n’aurait pas dû utiliser le mot « mariage » pour ce projet funeste.

Eric Zemmour – Jean Lasalle représente la belle contrée du Béarn, rattachée à la couronne de France par Louis XIII en 1620, à une époque où l’on avait encore le sens de la nation. Ecoutons l’interprétation de Jean Lasalle, qui est un chant traditionnel harmonieux et doux, comme le sont nos belles contrées françaises.

Ludovine de la Rochère – C’était magnifique ! On aurait dit les cantiques que je chantais plus jeune à l’Ecole du Saint Enfant Jésus pour la semaine Sainte !

Eric Zemmour – Si je n’étais pas incapable de la moindre émotion, je verserais une larme.

Ludovine de la Rochère – Mais voici déjà notre seconde candidate. Elle représente le Nord-Ouest de la France, où elle est très présente depuis quelques années.

Eric Zemmour – C’est une candidate originale, puisqu’on dit que la chanson qu’elle a choisie donne un aperçu assez complet de son programme politique.

Ludovine de la Rochère – C’est exact, Eric ! Sachez que cette chanson part favorite pour les prochains concours européens : on lui attribue déjà la majorité des suffrages français !

Eric Zemmour – Je m’en réjouis, Ludovine. Je note toutefois que cette seconde candidate rend malheureusement hommage à une chanteuse qui n’est pas des plus honorables, et dont la nationalité pseudo-italiano-égyptienne n’est pas sans évoquer ces élites cosmopolites germano-pratines dont parle Philippe Muray, et que l’absence de patrie claire rend ostensiblement agressives envers nous, les Français de souche.

Ludovine de la Rochère – Oui, Eric. Voici donc la seconde candidate, pour la circonscription Nord-Ouest :

Eric Zemmour – C’est un peu court, mais c’est beau ! On en redemande ! Mais nous passons tout de suite au candidat qui, grâce au tilde dans son nom et à sa maîtrise parfaite des langues étrangères, représente nos amis espagnols.

Ludovine de la Rochère – Il a 34 ans, il est sur les listes du parti Force Vie aux élections européennes, il a participé aux Veillées des Veilleurs, il se dit homosexuel abstinent et…

Eric Zemmour, l’interrompant – Comment, c’est un pédéraste ? Soyons clairs : le lobby gay a donc pénétré la Droitovision ?

Ludovine de la Rochère – Oui, Eric, enfin, non, je…, euh,… Attention, il va commencer à chanter, taisez-vous !

(Pendant le début de la chanson, Eric Zemmour quitte la salle, furieux)

Ludovine de la Rochère (seule) – Mais enfin, Eric, revenez, c’est ridicule ! Je vous dis qu’il est abstinent !

Eric Zemmour (dans les coulisses) – Je m’en fous ! C’est un pédéraste ! Je suis scandalisé par la puissance de ce lobby du jendère qui pollue tout, jusqu’à l’organisation de cette manifestation culturelle honnête et exemplaire qu’est la Droitovision !

Ludovine de la Rochère – Chers amis, je vous prie de nous excuser pour ces légers désagréments, liés aux aléas du direct. Ecoutons maintenant le 4eme concurrent, qui vient tout juste d’être canonisé – j’espère que cela n’influencera pas vos votes ! Il est le candidat du Vatican : on l’écoute donc religieusement !

Eric Zemmour, maugréant – Bah, après un pédéraste, un Polonais émigré en Italie : la Droitovision sombre décidément dans la décadence. Comme le disait Bossuet dans ses Oraisons funèbres, « Depuis ce malheureux moment, tout alla visiblement en décadence, et les affaires furent sans retour ». Pensez-y, Ludovine, pensez-y !

Ludovine de la Rochère, affichant un sourire de façade et essayant de le calmer – Cher Eric, la concurrente suivante va forcément s’attirer tous vos suffrages. Elle représente le 16e arrondissement de Paris, du moins jusqu’à son prochain déménagement, dont on me dit qu’il devrait arriver bientôt. Il s’agit d’une chanteuse subtile, qui chante l’Hymne à l’Amour ressenti par toute femme pour les hommes, dans le cadre du mariage devant Dieu bien sûr.

Eric Zemmour – Je n’ai pas encore entendu la chanson, mais je vous fais confiance : j’espère que la concurrente suivante saura faire résonner ce si beau lieu du Sacré Coeur de toutes les subtilités de la langue de Molière.

Ludovine de la Rochère – Nous n’avons pas toujours été d’accord, elle et moi, mais là je pense que vous tomberez sous le charme de sa beauté simple et de son intelligence raffinée. Ecoutons-là tout de suite :

Eric Zemmour – C’est très frais, c’est intelligent… C’est tout à fait la définition du « génie français », tel qu’il a été chanté par Charles Maurras ou Maurice Barrès. On dirait des poèmes de Charles Péguy… Vous avez déjà lu Péguy, Ludovine ?

Ludovine de la Rochère, réfléchissant – Euh… Peggie Sue et les fantômes ?

Eric Zemmour, dépité – Bah, laissez tomber… Ecoutons plutôt la candidate suivante, qui nous vient du grand Est de la France. On la dit en deuxième position, actuellement, dans les suffrages des Français pour les prochains concours de la chanson.

Eric Zemmour – « Comme un garçon ! » Non mais, vous vous moquez de moi ! C’est ça, votre concours de droite vigi-gender, avec des femmes qui sont des femmes et des hommes qui sont des hommes ? Morano chantant « Comme un garçon » ? Non mais je ne sais pas ce qui me retient de me casser d’ici !

Ludovine de la Rochère – Allons, Eric, pensez à la somme qu’on vous donne, ça vous fera rester encore un peu…

(Eric Zemmour ne répond pas, et sort une calculatrice. Il pianote quelques chiffres.)

Ludovine de la Rochère – Traversons la France, qui est si belle, et rendons-nous à présent dans le Sud-Est, d’où nous vient Jean-Marie, qui y est actuellement en campagne électorale.

Eric Zemmour, rangeant sa calculatrice, et avec enthousiasme – Je ne vous cache pas que cette chanson est ma favorite !

Eric Zemmour – Avec une chanson pareille, il est bien entendu que si Jean-Marie ne gagne pas, ce sera encore une preuve du vaste complot judéo-maçonnique à la solde du grand capital, qui, en lien avec les bolchéviques apatrides elgébétés, veut répandre la théorie du jendère pour tuer nos enfants.

Ludovine de la Rochère – Tout à fait, Eric. Mais voici maintenant ma candidate préférée : femme de coeur, vaillante, intelligente, pleine d’humanité, elle représente le beau territoire de Rambouillet dont elle est conseillère générale. Nous écoutons à présent Christine Boutin et sa chorale jeune et joyeuse !

Eric Zemmour – Ah, je comprends qu’il s’agisse de votre candidate préférée, Ludovine. Vous êtes une femme de goût !

Ludovine de la Rochère – Merci Eric ! Les candidats sont tous passés : c’est maintenant au jury de faire son choix, ainsi qu’à vous, cher public. Le jury est constitué d’artistes et de professionnels artistiques incontestables : Hervé Mariton, qui jugera des costumes des candidats ; Doc Gynéco, qui évaluera la qualité des textes ; Xavier Bongibault, expert international en coiffures péroxydées ; et Patrick Buisson, maître en enregistrements sonores. Mireille Mathieu, présidente du jury, donnera son avis sur la qualité du chant et la modernité de l’interprétation.

Eric Zemmour – En attendant les votes, faisons une petite pause musicale tirée d’un grand film dans l’histoire du cinéma :

Ludovine de la Rochère – C’est toujours une chanson aussi enthousiasmante. J’en suis toute émue.

Eric Zemmour – Je vous rappelle que vous êtes une femme, Ludovine. Il n’est donc pas étonnant que vous donniez constamment dans le sentimentalisme mielleux et la moraline au goût guimauve. Cela devrait d’ailleurs vous rappeler qu’au lieu de pérorer ici, vous feriez bien d’être chez vous à élever vos marmots et à passer la serpillère. Mais enfin puisque vous êtes là, rendez-vous utile :  annoncez-nous les résultats des votes du public.

Ludovine de la Rochère, sans se démonter – Eh bien, Eric, voici donc les résultats. (Elle ouvre une première enveloppe). Les 12 points du public français vont à… (Elle déplie la feuille et la lit) Eh bien euh…

Eric Zemmour – Alors, bécasse ?

Ludovine de la Rochère (d’une voie cassée, peu à peu au bord des larmes) – Eh bien, en fait… c’est écrit que… euh… hum… la soirée a été un tel bide… que personne n’a voté.

Eric Zemmour – Ah, le lobby elgébété, je le savais !

Ludovine de la Rochère – Oui, c’est la dictature socialiste qui a dû couper le téléphone et empêcher les gens de voter

Eric Zemmour – Mais il nous reste le vote du jury, Ludovine !

Ludovine de la Rochère – Oui, Eric, vous avez raison. Je vais donc le lire. (Elle ouvre une seconde enveloppe). Les 12 points du jury français vont à… (Elle déplie la feuille et la lit) Eh bien euh…

Eric Zemmour – Eh bien quoi encore, gourgandine ?

Ludovine de la Rochère – Il est écrit que le jury, en proie à de vifs désaccords internes, n’a pas pu se prononcer. Mireille Mathieu et Xavier Bongibault se sont disputés pour savoir qui avait la plus belle coiffure, Doc Gynéco s’est endormi, et Patrick Buisson est parti avec les enregistrements de toutes les chansons. Quant à Hervé Mariton, il n’est même pas venu : il fait semblant de lire le livre d’Edouard Louis depuis trois mois.

Eric Zemmour – C’est une catastrophe ! C’est la Bérézina ! C’est Waterloo ! C’est Verdun ! C’est la décadence !

Ludovine de la Rochère – Chers amis de droite, nous allons être contraints de rendre l’antenne. Nous déplorons ces circonstances, et nous demandons à être reçus immédiatement par Manuel Valls, Laurence Rossignol, et toute leur bande d’anti-démocrates primaires. Avant de nous quitter, nous avons bien sûr une pensée particulière pour les candidats qui n’ont pas pu être présents ce soir avec nous : David Douillet,  d’abord, qui n’a pas trouvé le chemin de la scène ce soir et qui vient de nous appeler depuis la cathédrale de Chartres où il s’est perdu. D’autre part, Sylviane Agacinski est retenue sur l’île de Ré par une tempête inattendue, et c’est désormais son mari qui chante pour elle. Nous remercions enfin nos partenaires vestimentaires, sans qui cette soirée n’aurait pas été possible : Lonsdale, Hugo Boss et les carrés Hermès. Nous nous quittons sur cette belle chanson, inspirée de Renaud, que j’ai choisie en hommage à ma candidate-fétiche dans la compétition. A l’année prochaine pour une nouvelle édition de la Droitovision !

Famille | Homophobie | International | Mariage | People | Politique | UMP | 11.05.2013 - 02 h 39 | 2 COMMENTAIRES
La Barjot s’en va-t-aux Champs : Acte III

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Un manuscrit de la fin du 19e siècle a été retrouvé par hasard au printemps 2013. Il s’agit d’un vaudeville en trois actes inédit, dont les plus récentes analyses semblent montrer qu’il serait de la main de Georges Feydeau. Cette pièce, intitulée La Barjot s’en va-t-aux Champs, a pour héroïne une bourgeoise excentrique et très croyante, qui entraîne dans son délire une foule de personnages étranges et parfois inquiétants. L’acte I montrait une importante réunion de concertation entre la mondaine et ses alliés, bien décidés à prendre d’assaut les Champs Elysées. Dans l’Acte II, pour financer leurs actions, l’héroïne et son ami Xavier ont effectué quelques ventes auprès de représentants du peuple très enthousiastes. A présent, l’acte III clôture la pièce, et nous montre les dernières évolutions du petit groupe de personnages.

La Barjot s’en va-t-aux Champs, Pièce en trois actes

Acte III La scène représente une pièce agréable et spacieuse. Au fond, le soleil entre par plusieurs velux, qui sont ouverts. Les murs à gauche et à droite de la pièce sont couverts de très hautes étagères en chêne. Elles sont remplies d’ouvrages des 18e, 19e et 20e siècles. Au centre, une grande table rectangulaire en bois noble est entourée d’une vingtaine de chaises. Sur une petite table à l’arrière, sous les velux, se trouvent un téléphone sans fil, quelques documents et un coupe-papier. Un tabouret est placé sous la table, et une imposante horloge blanche la surplombe. On accède à la pièce par deux portes en verre, situées l’une à gauche et l’autre à droite de la scène.

Au début de l’acte, la pièce est silencieuse : on entend seulement le tic tac de l’horloge et des sifflements d’oiseaux qui entrent par les velux ouverts. La porte de droite s’ouvre : entrent Hervé Mariton, qui porte un attaché-case, puis Frigide Barjot, Xavier Bongibault, Christine Boutin et Béatrice Bourges.

Hervé Mariton – Bon, installez-vous autour de la table, on va pouvoir commencer rapidement. (Tous s’assoient. Hervé Mariton sort des dossiers qu’il remet à chacun des quatre autres. Il reprend la parole une fois la distribution terminée.) Mes chers amis, ce moment est historique. Les documents que je vous ai distribués sont d’une importance extrême, et je suis particulièrement heureux de pouvoir vous accueillir en ce lieu symbolique et solennel. (Frigide Barjot, après avoir sorti une petite fiole, s’endort peu à peu pendant qu’il parle.) En effet, vous avez devant vous le développement argumenté et exhaustif des recours que nous, parlementaires UMP et UDI, avons déposés le 23 avril 2013 dans le cadre de notre saisine du Conseil Constitutionnel, aux fins de déclarer inconstitutionnelles les dispositions de la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Je vous propose d’en étudier sans différer les principaux tenants et aboutissants.

Xavier Bongibault, qui regarde fixement Hervé Mariton – Gné ?

Frigide Barjot, se réveillant soudain – Comment ? Ca y est ? Je suis élue Maire de Paris ? Merci, merci, merci ! (elle se ressaisit, et boit une gorgée de sa petite bouteille).

Hervé Mariton – Dites, un peu d’attention ne nuirait pas à la compréhension de mon discours. Si nous étions à l’Assemblée, je vous rappellerais le règlement, qui stipule expressément que…

Xavier Bongibault – Ah non, ah non, stop avec tes mots d’il y a cent millions d’années : je n’ai déjà rien compris à tes histoires de saisine exhaustive et solennelle qui aboutit à des tenants parlementaires, alors n’en rajoute pas ! On ne m’avait pas dit qu’on venait ici pour parler chinois.

Frigide Barjot – Ne contrariez pas le petit : il fait un café divin et il répète tout ce que je lui raconte. Ca fait trois ans que je l’entraîne, alors certes il ne sait faire que ça, mais il le fait très bien. (elle boit une rasade de sa fiole.) Expliquez-lui plutôt ce que Hervé vient de raconter, au lieu de l’énerver.

Christine Boutin, se tournant vers Xavier Bongibault – Il a dit qu’on va expliquer aux juges pourquoi les gens comme toi, on doit les respecter, mais les empêcher de se marier entre eux parce qu’ils sont décadents et menacent l’ordre public. Tu comprends, ça ?

Xavier Bongibault, réjoui – Ah oui, ah oui, on lutte contre le mariage entre hommes ou entre femmes, parce que ça va détruire la civilisation, comme Frigide me l’a dit ! C’est vrai, c’est vrai !

Béatrice Bourges – Il dit oui, et en plus il est content ! C’est vrai qu’il est gentil : il est même complètement stupi…

Frigide Barjot, l’interrompant – Oui, stupéfiant ! Et tu sais, au prix où je le paye, c’est une affaire ! Par contre, qu’est-ce que le café a augmenté… Encore un peu, et ça me coûtera aussi cher que mes clopes, mon alcool et ma co…

Hervé Mariton, l’interrompant à son tour – Mesdames, si vous êtes venues parler du prix de vos emplettes quotidiennes, je m’en vais ! J’ai eu assez de mal à vous faire rentrer ici tous les quatre : restons-en donc à notre sujet, s’il vous plaît. Je vous rappelle que nous allons avoir des invités prestigieux dans quelques minutes, alors il faut que nous soyons au point. Vous avez cinq minutes pour lire ces dossiers, puis nous en discuterons pour nous mettre d’accord.

Béatrice Bourges et Christine Boutin se mettent à lire. Frigide Barjot prend une gorgée de sa petite bouteille, puis elle se lève. Xavier Bongibault regarde dans le vide, en direction d’Hervé Mariton.

Frigide Barjot – Mais au fait, Hervé… Comment tu as fait pour nous faire rentrer dans la bibliothèque du Conseil Constitutionnel ? C’est quand même pas donné à tout le monde… J’ai beau être une star internationale, qui déclenche l’enthousiasme des foules en Belgique, aux USA, et bientôt au Maroc,…

Béatrice Bourges – Arrête ton char, Frigide, tu n’y es même pas allée, à Washington,…

Christine Boutin – Et en Belgique, tu as été autant huée qu’à Lyon, c’est dire !

Béatrice Bourges – Même à Argenteuil, tu as à peine réussi à rassembler 200 personnes…

Frigide Barjot – Hervé, dis quelque chose, ou je quitte cette pièce avec mon imbé… euh, avec mon indépassable Xavier. (Entendant son nom, Xavier Bongibault tourne son regard vers Frigide Barjot et l’admire avec un sourire béat)

Hervé Mariton – Il manque vraiment un règlement ici, c’est criant : il y aurait de beaux rappels à faire. Mesdames, Frigide veut savoir comment je vous ai fait entrer ici. J’avoue que c’est un tour de force, et il vous intéressera toutes, n’est-ce pas ? (Christine Boutin et Béatrice Bourges acquiescent) Alors voilà : la bibliothèque du Conseil Constitutionnel n’est accessible qu’aux grands chercheurs de droit public. J’ai donc contacté nos juristes, Anne-Marie Le Pourhiet et Aude Mirkovic, qui s’y connaissent aussi bien en droit que moi en bon goût vestimentaire. Elles ont appelé le service documentation du Conseil Constitutionnel pour les prévenir de votre arrivée, en indiquant que vous collaborez étroitement avec elles au sujet d’un grand débat juridique.

Frigide Barjot – Attends, Hervé, tu as fait passer Xavier et moi pour des chercheurs en droit ? (elle se rassoit et prend une gorgée) Alors là, je suis sur le cul. Nous faire passer pour des chercheurs en droit… Moi, encore, pourquoi pas : avec mon intelligence naturelle, je pourrais être docteur en droit international et comparé, mais alors le petit, il n’y connaît rien en histoire, Boutin brandissait la Bible en pleine Assemblée, et Bourges appelle tous les deux jours à l’émeute et à l’anarchie… Hervé, tu es vraiment capable de tout !

Christine Boutin (tout bas) – Il en faut bien un qui soit capable de tout, avec une comme elle qui n’est bonne à rien…

Hervé Mariton – C’est aussi ce qu’on me dit dans ma circonscription de Crest et à l’Assemblée : je suis capable de tout, et c’est même à cela qu’on me reconnaît, paraît-il… Jacques Myard va être jaloux ! (On toque à la porte de droite) Oh mon Dieu, déjà ! Ils sont en avance ! Nous n’avons même pas eu le temps de lire ensemble les arguments déployés par l’UMP et l’UDI au sujet de la saisine dont fait l’objet, auprès du Conseil Constitutionnel, la loi sur…

Xavier Bongibault se recoiffe, Frigide Barjot bâille, Béatrice Bourges joue avec son collier de perles et Christine Boutin triture son pendentif en forme de croix, lève les yeux au ciel et murmure une prière. On retoque plus fort.

Hervé Mariton (en se levant) – Bon, je vais ouvrir à nos invités de marque.  Soyons dignes et convaincants ! (Il ouvre la porte)

Entrent Jean-Louis Debré, Nicolas Sarkozy et Valéry Giscard d’Estaing. Frigide Barjot, Christine Boutin et Béatrice Bourges se lèvent et les saluent un par un en leur serrant la main.

Xavier Bongibault, assis – C’est pour ces trois-là qu’on m’a fait venir ? Frigide m’avait dit qu’il y aurait des gens célèbres, mais moi je connais aucun bibliothécaire. D’ailleurs, je vois pas comment je pourrais en connaître un, puisque…

Frigide Barjot – Xavier, viens dire bonjour s’il te plaît (Xavier Bongibault s’exécute à contrecœur)

Nicolas Sarkozy (à Frigide Barjot) – Dis donc Virginie, ça me fait plaisir de te revoir. Tu sais que financièrement, ça va pas trop bien, là, avec toutes ces histoires autour de mes comptes, et euh… comment dire… si tu acceptais de me faire un petit don, par charité chrétienne…

Frigide Barjot – Tu iras dire ça à ta Liliane ! Guéant m’a déjà demandé de lui acheter des tableaux d’un peintre flamand qui aurait peint la Manif pour tous en 1677, et Woerth a voulu que je lui achète un hippodrome… Non mais vous n’avez aucun scrupule : vouloir extorquer des fonds à une faible femme, douce et honnête comme moi ! (elle reprend une gorgée de sa bouteille) Demandez plutôt à Christine, c’est tout mon contraire !

Nicolas Sarkozy – Ah non, Christine, c’est pire : elle m’a pris 800 000 euros, et elle est pas près de les rendre…

Jean-Louis Debré – Je suis désolé, mais les autres membres n’ont pas pu venir. Jacques Chirac ne vient de toute façon plus, Michel Charasse est en vacances en Auvergne, Jacques Barrot déjeune avec son ami Laurent Wauquiez…

Hervé Mariton – Ah bon, vous n’êtes que tous les trois ? Je suis un peu déçu…

Jean-Louis Debré – Cela dit, c’est mieux ainsi : tu te doutes bien que si cette petite rencontre officieuse venait à s’ébruiter…

Frigide Barjot, qui commence à ressentir les effets de l’alccol, se met à hurler – Nous serons muets comme des tombes, et personne ne saura que nous sommes avec Giscard, Debré, et…

Hervé Mariton, lui mettant la main sur la bouche – Frigide, chut, pas si fort !

Christine Boutin – Mais qu’on la bâillonne, à la fin ! Elle dit déjà n’importe quoi en temps normal, alors si en plus elle se met à hurler, c’est insupportable ! On est pas dans ses manifs à flons-flons, ici !

Valéry Giscard d’Estaing – A propos de flons-flons, Mesdames, Mechieurs, che dois bien vous âvouer que che chuis très perplekche… On m’a amené ichi en m’annonchant qu’il y aurait Lady Di, et che vois bien que la dame criarde qui rouchpète et court partout n’est pas du tout ma princheche…

Jean-Louis Debré – Valéry, j’avoue que je t’ai menti, mais maintenant que tu es venu, tu vas bien écouter ce que notre ami Hervé et ses amis vont nous dire, n’est-ce pas ?

Valéry Giscard d’Estaing – Che suis très déchu, oui, très déchu, mon bon Jean-Louis, et il ne me rechte qu’à vous chouaiter à touch un bonchoir Mâdâme, bonchoir Mâdemoichelle, et bonchoir Méchieurs. Au revoâr ! (Il se retire.)

Béatrice Bourges – Bon, eh bien ils ne sont plus que deux, nos invités de marque.

Nicolas Sarkozy – C’est que le vieux grigou n’a pas tort : il a joué les imbéciles en vous faisant croire qu’il était gâteux, mais en réalité, c’est parce qu’il a bien compris qu’on perd son temps ici. Time is money !, comme je le dis dans mes conférences à 200 000 euros. Bon, mais venons-en donc au fait : de quoi voulez-vous parler ?

Ils répondent tous les cinq en même temps :

Hervé Mariton – Du recours de l’UMP !

Frigide Barjot – De la Manif pour tous !

Béatrice Bourges – Du Printemps français !

Christine Boutin – Du Parti Chrétien Démocrate !

Xavier Bongibault – Euh…

Nicolas Sarkozy – Allons bon, nous voilà bien… Ecoutez, j’ai du travail, moi : j’ai une conférence à préparer pour Las Vegas, et un procès à Bordeaux. Alors vos p’tites histoires, hein, vous les règlerez entre vous. Ciao, les incapables ! (Il sort de la bibliothèque)

Jean-Louis Debré – Bon, ne désespérez pas : moi je suis toujours là, et je vous écoute.

Béatrice Bourges, se jetant à terre – Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel, écoutez-nous : vous devez rejeter la loi sur le mariage des pédés. Ce n’est pas possible, la France ne peut pas faire ça !

Frigide Barjot – Les homos, Béatrice, les homos. Les pédés, ça l’fait pas. Il faut quand même qu’on fasse semblant de les respecter un peu.

Christine Boutin – Oui, oui, on sait, les homos, les lesbiennes, les bis. Mais enfin ça n’empêche pas : il faut leur interdire de se marier, et ça, Jean-Louis, vous allez nous y aider. Nous sommes prêtes à vous séquestrer si vous ne vous engagez pas à abroger cette loi sur-le-champ !

Béatrice Bourges, se relevant – Oui, tu as compris, Jean-Louis ? Tu déclares cette loi inconstitutionnelle, tu t’opposes à toute union civile pour les gouines, ou on te séquestre avec tes vieux bouquins ! Ecoute la démocratie, merde !

Frigide Barjot, qui trépigne – Ah mais si, ah mais si, il faut l’union civile ! Moi je les aime, les homos, je les aime ! (Elle se met à pleurer) Ils doivent pas avoir le droit de se marier, mais c’est pas pour ça qu’il faut les tuer, ces parasites ! Regardez mon p’tit Xavier, comme il est décoratif… Déjà petite, j’aimais les araignées, les rats et les flaques de boue. Ca m’écoeure, mais je les aime. Oui, je suis pour l’union civile !

Christine Boutin – Si elle reparle encore une fois d’union civile, je m’en vais ! Hervé, dis quelque chose !

Frigide Barjot – Si on n’en parle pas, je m’en vais aussi !

Hervé Mariton – Ecoutez, Mesdames… L’union civile est la meilleure solution politique, et je ne voudrais pas que Christine redevienne la personne outrancière et marginale qui, en 1999, avait déjà…

Christine Boutin pousse un cri et s’évanouit. Elle tombe dans les bras de Xavier Bongibault, qui s’efforce de l’asseoir sur une chaise et tente de la ranimer.

Jean-Louis Debré – Je n’imaginais pas que ça se passerait comme ça. D’habitude, vous savez, c’est beaucoup plus calme, au Conseil Constitutionnel… On y mange quelques gâteaux préparés par les cuisiniers du conseil, on boit un vin doux ou demi-sec, et on discute des projets tout en lançant quelques bons mots…

Frigide Barjot, toujours en larmes – Ca suffit… C’est que des cons ici. De toute façon, j’en ai marre, des conseils, des comités, des commissions… : le Conseil Economique, Social et Environnemental n’a même pas lu ma pétition, le Conseil d’Etat n’a pas dit non au mariage des homos, le Comité Consultatif National d’Ethique n’est pas intervenu non plus, les commissions des lois du Parlement n’ont servi à rien. Vous savez quoi, les loosers ? Moi, je m’en vais au Maroc. Là-bas, on est comme moi : on aime la république et les homos. Allez viens, Xav’, on s’en va !

Xavier Bongibault, qui agite sa main pour faire de l’air sur le visage de Christine Boutin – Ben… Et Christine ?

Frigide Barjot – Laisse tomber la has been ! On se casse !

Hervé Mariton – Ecoutez, je pense qu’en ce moment important, un peu d’unité ne nuirait pas, et…

Frigide Barjot fait passer Xavier Bongibault devant elle, puis elle claque la porte en sortant.

Béatrice Bourges – On s’en passera, de la surexcitée et du bulot ! Ici, on est entre gens civilisés ! On est là pour la révolution, nous, pas pour amuser la galerie !

Hervé Mariton – Elle est ce qu’elle est, mais enfin elle nous est utile, et son larbin aussi. C’est vrai qu’il est bon, son café !

Jean-Louis Debré – Bon enfin moi, Hervé, tu comprends que j’ai bien voulu te rencontrer dans cette bibliothèque, et que je dirai que cette rencontre est fortuite, mais enfin je ne peux pas t’en dire plus sur notre délibération.

Hervé Mariton – Tout de même, Jean-Louis, tu pourrais te mouiller un peu sur la question. Ou m’en dire un peu plus sur vos réflexions…

Jean-Louis Debré – Eh bien… Euh… Il ne faut pas que tu perdes espoir, tu sais… D’ailleurs, il ne faut jamais perdre espoir… Mais enfin, il faut être capable de s’arrêter aussi… (Il parcourt la pièce du regard pour trouver une échappatoire.) Oh, mais Frigide Barjot a oublié sa bouteille sur la table ! Je vais la lui rapporter avant qu’elle quitte le bâtiment.

Christine Boutin, qui retrouve tout à coup sa vigueur – Non non, je m’en charge ! (Elle se lève et prend la fiole. Elle la soupèse, et fait une mine déçue.) Elle est vide, évidemment…

Jean-Louis Debré (il lui prend la bouteille des mains) –  Je la lui rapporte ! C’est peut-être du verre consigné ! (il file par la porte de droite)

Hervé Mariton – Ecoutez, puisque le calme est revenu et que l’après-midi est bientôt terminé, je vous propose que nous nous penchions ensemble sur le compte rendu de notre réunion. Voici ce que j’ai composé : « Les principaux responsables de la Manif pour tous, mouvement humaniste, constructif et républicain, se sont réunis aujourd’hui en un lieu secret, avec de très nombreuses personnes parmi leurs soutiens associatifs et politiques. Après une discussion enrichissante et respectueuse, ils ont manifesté un grand enthousiasme pour les arguments développés par l’UMP et l’UDI dans leurs recours auprès du Conseil Constitutionnel. Il est clair que les Sages ne pourront, en conscience, valider la loi sur le mariage pour tous, à moins de bafouer les principes les plus sacrés de notre démocratie ».

Béatrice Bourges – Ah, c’est bien.

Christine Boutin – C’est très bien !

Hervé Mariton – Bon, eh bien nous venons de rédiger le prochain article de Stéphane Kovacs. Le Figaro va être content.

Christine Boutin – Et pour le titre ? « Le PCD reprend la main sur la Manif pour tous » ?

Béatrice Bourges – Ah non ! Plutôt : « Le Printemps Français redonne de l’élan à la mobilisation contre le mariage des invertis » !

Hervé Mariton – Je pensais plutôt à : « L’UMP défend les citoyens face à la dictature de François Hollande ». C’est bien, c’est sobre.

Par les velux toujours ouverts, on entend soudain monter un long cri.

Béatrice Bourges – Qu’est-ce que c’est que cet horrible bruit ? Un cochon qu’on égorge, pour en faire du saucisson bien français ?

Christine Boutin – Un chien qui s’est fait écraser par un socialiste haineux, adepte de la théorie du jendère ? Ou une chèvre bien blanche, dépecée par un membre franc maçon de la LGBT  ?

Ils se précipitent tous pour regarder à l’extérieur. Le cri continue par intermittence.

Hervé Mariton – C’est cette imbécile qui s’entraîne à faire des youyous avec un mégaphone avant son départ pour le Maroc. Et Bongibault lui a apporté une canette de thé glacé aromatisé à la menthe ! Bon, tâchons de sortir de tout cela par le haut : je vais en faire une brève pour Guillaume Perrault, et le Figaro pourra en tirer un dossier spécial pour sa prochaine une… « La Manif pour tous s’apprête à diffuser auprès de nos amis de tous les continents le message de la France : respectez les valeurs humaines fondamentales comme le mariage homme-femme. Ce message sera transmis dans le respect le plus total, et avec l’attention la plus digne, envers les traditions culturelles de nos amis étrangers ».

A l’extérieur, Frigide Barjot se met à chanter faux, et à tue-tête, des musiques populaires marocaines. Mariton, Boutin et Bourges ferment les fenêtres aussi vite que possible.

Christine Boutin, levant les yeux au ciel – Sainte Cécile de Rome, coupez-lui la langue !

Béatrice Bourges – La France a déjà du mal à la supporter, mais le Maroc n’en voudra jamais…

Hervé Mariton – Quand je l’écoute, je me demande si la fin du monde n’est pas finalement plus proche qu’on ne le pense… Dire qu’elle voulait conquérir les Champs et les boulevards parisiens il y a deux mois.

Christine Boutin – En tout cas, elle aura réussi à massacrer les chants et les rythmes marocains en deux minutes…

Le rideau tombe. Fin du troisième et dernier acte.

Adoption | Droit | Extrême(s) Droite(s) | Famille | France | Histoire | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | People | Politique | PS | 26.04.2013 - 02 h 35 | 4 COMMENTAIRES
Trois anecdotes sur le vote à l’Assemblée du mardi 23 avril 2013.

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Comme d’autres sympathiques yaggeurs et yaggeuses que j’ai retrouvé(e)s pour l’occasion, j’étais présent à l’Assemblée nationale l’après-midi du 23 avril 2013. J’ai lu avec intérêt les témoignages d’Alexandra, Philippe et Olivier, et j’ai pensé qu’à mon tour, je pouvais ajouter quelques compléments aux très intéressants récits personnels qu’ils ont fait de ce moment décisif dans l’histoire des LGBT en France.

 

1) Virginie Tellenne provoque la sécurité de l’Assemblée nationale

Ce que peu de personnes savent, c’est que Virginie Tellenne (alias Frigide Barjot) a tenté de défier la sécurité de l’Assemblée nationale avant d’assister au vote. Elle n’a commis en soi aucune infraction légale, mais son attitude morale a été très fortement douteuse. En effet, elle avait dissimulé sur elle des tracts rouges et blancs où était imprimée en gros caractères l’inscription « Référendum pour tous ».

L’un des membres du personnel de l’Assemblée nationale s’est aperçu que Virginie Tellenne portait ces tracts sur elle, et a pu lui en ôter un avant qu’elle s’avance dans une autre salle. Il lui a ensuite fallu prévenir la sécurité de l’Assemblée nationale, pour que ces tracts lui soient retirés un à un, en conformité avec le règlement de l’Assemblée nationale. La volonté de Virginie Tellenne était clairement, au minimum, de narguer le personnel de l’Assemblée.

Avait-elle l’intention de montrer ces tracts durant les explications de vote auxquelles elle a ensuite assisté ? Il est difficile de le dire, mais ce qui est sûr, c’est qu’elle a agi par esprit de bravade envers les agents de sécurité, et qu’elle avait pour but de leur montrer qu’ils devaient s’attendre à tout, et être sur leurs gardes face à toute menace qui pouvait venir d’elle ou de ses partisans.

Ce qui est d’ailleurs plus troublant, c’est que les tracts qu’elle portait sur elle défendaient justement l’idée d’un référendum – tout comme la banderole qui a été déroulée dans l’hémicycle par des individus violents quelques instants plus tard. Simple coïncidence ?

 

2) Virginie Tellenne n’a pas eu l’air mécontente de l’incident qui a indigné l’Assemblée nationale

Lorsque l’incident a éclaté dans les tribunes de l’Assemblée nationale, Frigide Barjot, à l’inverse de la majorité du public et des députés, n’a pas paru consternée, ni inquiète, ni même surprise par l’événement. Bien au contraire, elle n’a eu qu’un léger sourire de satisfaction qui, volontaire ou non, m’a paru le comble du cynisme.

Tout le public regardait alors les spectateurs que le service d’ordre tentait de maîtriser, et les députés étaient tournés soit vers les individus qui avaient effectué cet incident, soit vers les députés de droite qu’ils rendaient responsables de cette agression contre le travail parlementaire. Frigide Barjot a donc dû penser qu’elle n’était pas observée à ce moment-là…

 

3) L’hommage vibrant des députés et ministres à Corinne Narassiguin

Pour finir sur une note positive, j’ai été touché par l’hommage très émouvant qui a été rendu par le gouvernement et les députés à Corinne Narassiguin, ancienne députée PS des Français de l’étranger, et qui était initialement chargée du texte sur le mariage pour tous au sein du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.

Corinne Narassuiguin avait fait un lourd travail d’auditions, de persuasion et de négociations au sein du groupe Socialiste, Républicain et Citoyen, en partenariat avec le gouvernement, les acteurs de la vie civile et les responsables politiques de son groupe. Son élection en tant que députée ayant été invalidée par le Conseil Constitutionnel en février 2013, cette fonction avait alors été reprise par le député PS Bernard Roman, très engagé sur le thème des droits LGBT et de l’homoparentalité.

Debout dans les tribunes après l’intervention finale de Christiane Taubira, et visiblement très émue, Corinne Narassiguin a été ovationnée par ses collègues députés et ministres de gauche, qui se sont tournés vers elle et l’ont acclamée, afin de rappeler le rôle très important que cette jeune femme de 38 ans, très attachée à la question de l’égalité, avait tenu, aux côtés d’Erwann Binet, dans l’adoption du projet de loi par l’Assemblée nationale.

 

Le reste de l’histoire vous est connu : il vous a été conté par l’équipe de Yagg qui a été mobilisée toute la journée, et par trois yaggeurs qui ont pris le temps de faire un compte rendu complet de tout ce qu’ils ont observé ce jour-là 🙂

Fiction | France | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | People | 24.03.2013 - 04 h 10 | 8 COMMENTAIRES
La Barjot s’en va-t-aux Champs : Acte II

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La semaine dernière a été révélée l‘incroyable découverte d’un chercheur en littérature française : un vaudeville du 19e siècle est resté jusque là inconnu et inédit, alors qu’il est, selon toute apparence, signé de la main même de Georges Feydeau (les dernières analyses ont écarté la piste, un temps envisagée mais vraisemblablement erronée, d’une rédaction par le dramaturge Eugène Labiche).

A cette occasion, nous vous avons révélé l’acte I de cette pièce en trois actes. Rappelons que la pièce retrace, sur un mode comique, les tentatives infructueuses d’une demi-mondaine et de ses quelques compagnons pour prendre par la force l’avenue des Champs-Elysées. Voici donc à présent l’acte II du vaudeville « La Barjot s’en va-t-aux Champs« .

La Barjot s’en va-t-aux Champs, Pièce en trois actes

Acte IILa scène représente un petit local mal entretenu, sans fenêtre, éclairé par quelques lampes au néon. A droite, une dizaine de cartons sont entreposés les uns sur les autres. L’un d’entre eux déborde de quelques vêtements noirs, roses et blancs. A gauche, une table est couverte de papiers divers, flyers et prospectus. La décoration est sommaire : la pièce comporte simplement une plante verte, un fauteuil rouge avec un coussin bleu et un coussin blanc, ainsi qu’une étagère où sont disposés une petite horloge, quelques livres et des bibelots. Une quinzaine de chaises sont empilées en deux tas, contre le mur du fond.

La porte d’entrée grince lourdement. Entre Xavier Bongibault, qui referme derrière lui la porte à clé, avec beaucoup de difficulté car la serrure marche mal. Il s’avance dans la pièce, puis il dispose une dizaine de chaises dans la salle, face au fauteuil. Tout en s’activant, il réfléchit à voix haute :

Xavier Bongibault – C’est pas possible, j’y arriverai jamais. Tout ce travail à faire aujourd’hui… J’ai un planning encore plus chargé que du temps où je travaillais directement pour Frigide. Mais aujourd’hui, c’est le jour de ma vie : la manif de cet après-midi va être un beau succès. Allez, vite, je place la dernière ici… et c’est bon. Le programme de ce matin est chargé lui aussi : il va falloir être efficace.

Il pose la dernière chaise et s’assoit. Il jette un regard mécontent sur la pièce. Il se relève, il pose la plante sur une chaise face à lui, il met l’un de ses coussins sur une autre chaise, prend sur l’étagère l’horloge et une petite figurine en plastique pour les déposer sur deux autres chaises, puis il se rassoit.

Xavier Bongibault – Ah, là ça va mieux. Bon, nous pouvons donc commencer.

Il se redresse sur le fauteuil, lève un peu la tête, et regarde les chaises vides une à une.

Xavier Bongibault – Chers amis, je suis très heureux que vous soyez venus si nombreux aujourd’hui pour notre Assemblée générale de « Plus gays sans mariage ». Grâce à votre présence, le quorum est atteint, et nous allons pouvoir voter en toute transparence. Je tiens d’abord à vous dire que sans vous, je ne serais rien, et c’est à vous que je dois tout le bonheur de cette aventure humaine extraordinaire aux côtés de Frigide. (Il parle de plus en plus fort.) Nous représentons, tous ensemble, la liberté d’expression des homosexuels qui sont opposés à cette folie de « mariage pour tous », et nous ne nous laisserons pas bâillonner par des socialistes dictateurs. (Il se met à crier.) Oui, tous ensemble nous montrerons que les homosexuels ne doivent pas être les boucs-émissaires du gouvernement Ayrault ! Nous montrerons que les homosexuels soutiennent les droits de l’enfant, et qu’ils ne croient pas en l’utopie socialiste !

La pendule se met à sonner neuf coups sur sa chaise.

Xavier Bongibault – Merci. Je vais à présent vous lire le rapport d’activités, puis nous pourrons passer au vote, et je vous inviterai à boire un pot qui nous est offert par la paroisse de Rambouillet. (On entend frapper à la porte.) Le bon père de Rambouillet nous a fait l’honneur de nous offrir des restes de vin de messe et du gâteau d’hostie rassie : nous allons nous régaler !

On frappe de plus en plus fort. La porte est sur le point de sortir de ses gonds sous la force des coups. Il se lève à contrecoeur.

Xavier Bongibault – Oui, oui, j’arrive !

Il ouvre la porte. Entre Frigide Barjot, vêtue d’une jupe rose courte, d’une veste verte et d’un chapeau bicorne.

Frigide Barjot – Ah, quand même, on m’ouvre ! Tu as voulu m’empêcher de rentrer dans mon local ?! Tu as voulu m’interdire l’accès à cette pièce, comme le minable préfet de police qui m’a injustement privée des Champs-Elysées cet après-midi ! Tu es de leur côté, hein ? Tu es comme ce Jean-Pierre Michel que j’enverrai au gnouf le 04 avril pour crime de lèse-Barjot ! Je t’ai démasqué, imposteur ! J’aurais dû m’en douter !

Xavier Bongibault – Mais Frigide, pas du tout… J’étais en pleine AG de « Plus gay sans mariage », et on était dans des débats épineux, là. Je te rappelle qu’il faut que j’aie fini dans une heure, pour avoir le temps de me préparer les cheveux avant la manif de cet après-midi, et qu’après l’AG de « Plus gay sans mariage », j’ai encore celle de « Homovox » à faire tout seul, et puis celles de « Tous pour le mariage », « Jeunes pour la famille », « En marche pour l’enfance », « Juristes pour l’enfance », « Médecins et pédiatres pour l’enfance »…

Frigide Barjot – « Médecins et pédiatres pour l’enfance » ? Je t’ai refilé celle-là aussi ? Je ne me souvenais même plus d’avoir créé ce truc. Faudrait quand même que je les note au fur et à mesure… A propos de cheveux, tu as vu mon beau bicorne ? C’est mon accessoire fétiche pour remonter l’avenue de la Grande Armée tout à l’heure. Nous sommes le peuple ! Nous sommes la Grande Armée ! Vous êtes mes grognards !

Xavier Bongibault, enthousiaste – Oui, nous sommes le peuple ! Nous sommes la Grande Armée ! Et tu es notre grognasse !

Frigide Barjot – Oui, euh… Et attends, j’ai plein d’idées pour cet après-midi. La reine du marketing, on voit bien que c’est moi. J’ai des trucs super rassembleurs comme faire sauter tous les manifestants sur le pied droit, les mains sur la tête, les yeux fermés, sur une musique de David Guetta, et en huant de toutes leurs forces contre Hollande, Peillon et Taubira.

Xavier Bongibault – Peillon ? Il a participé à la loi sur le mariage pour tous ?!

Frigide Barjot – Avec le nom qu’il a, je peux te dire que crier « Peillon » en plein Neuilly, ça va déclencher des émeutes. Ils vont tous croire qu’on en veut à leur porte-monnaie, et là…

On entend soudain la musique du Chant du Départ s’élever dans la pièce : « La Victoire en chantant / Nous ouvre la barrière / La liberté guide nos pas !… »

Frigide Barjot – Ah, tiens, mon portable qui sonne. Eh bien, rends-toi utile pour une fois : décroche !

Xavier Bongibault – Manifpourtous allo oui bonjour ici Xavier je vous écoute bonjour que puis-je pour vous ? Ah, Jean-François, c’est toi ! Je suis bien heureux de t’entendre ! Comment ? Les députés et sympathisants UMP vont venir au local pour nous acheter des polos ? Mais c’est une super nouvelle ! Ils doivent arriver quand ? Ce serait bien que je le sache pour m’organiser, parce que j’ai des choses importantes à faire avant la manif : j’ai 10 AG de prévues, et j’ai acheté un carton complet de bouteilles d’eau oxygénée pour être prêt capillairement.

On frappe à la porte. On entend une voix féminine crier : « Bon, vous ouvrez, les mous du genou ! Y en a qui attendent ! »

Xavier Bongibault – Ah, Jean-François, je te laisse, je crois qu’ils sont arrivés.

Le temps qu’il raccroche, les coups redoublent d’intensité. La porte éclate en un bruit sec. Entrent Nadine Morano et David Douillet, suivis d’une dizaine de députés UMP et de sympathisants qui se serrent tous les uns contre les autres au fur et à mesure qu’ils rentrent dans la pièce. Nadine Morano commence à fouiller dans les cartons et à déballer les polos.

David Douillet, la poignée de la porte à la main – Dites donc, c’est pas grand ici. Heureusement qu’on a fait un peu d’espace en retirant la porte avec Nadine.

Frigide Barjot, avec un grand sourire – Ah, chers amis, que je suis contente de vous voir ! Elle les embrasse un à un, tout en murmurant pour elle-même : « Ils ont intérêt à me la rembourser, ma porte, le grand zouave et la surexcitée… » Pendant ce temps, les députés observent, trient et essaient les polos. Ils posent leurs questions tour à tour à Xavier Bongibault et à Frigide Barjot :

Rachida Dati – Ils sont intéressants, vos polos, mais vous n’auriez pas les mêmes en Dior ? Ou au moins en Chanel ?

Hervé Mariton – Ils sont formidables ! J’en prendrai un bleu, un violet, un orange, un rouge, un noir, un blanc, un vert…! Et est-ce que vous auriez les mêmes en gilets ?

Jean-Pierre Raffarin -Vous n’en avez pas en anglais ? J’ai une idée de slogan pour vous : Yes, to win, the no to the marriage needs the yes to the Barjotte ! C’est porteur, je vous assure !

Peu à peu, tout le monde se met à parler en même temps, si bien qu’au fur et à mesure des interventions des personnalités de droite, chacun s’exprime dans un brouhaha de plus en plus confus.

Marine Le Pen – Vous m’en mettrez un très très noir ! C’est pour papa !

Henri Guaino, la voix tremblotante et le geste ample – Ces polos me rappellent les deux femmes qui m’ont élevé. Car oui, j’ai été élevé par deux femmes, et…

Nadine Morano – Oh, arrête avec tes salades, Riton. Dites donc, les gars, c’est quoi ça, vous pourriez avoir un polo avec la tête de Sarko !  Le vrai opposant au mariage des homos, c’est tout de même lui. Et je suis bien placée pour le savoir : c’est lui qui m’a demandé de faire couler la loi sur le beau-parent en 2008 ! C’est le seul truc que j’ai réussi en 5 ans, alors vous pensez que je suis pas près de l’oublier !

Bruno Gollnisch – Ah, il n’y a rien en allemand ou en japonais ! Mes amis de là-bas ne vont rien comprendre si je leur rapporte des trucs roses écrits en français ! Vous voulez me faire passer pour quoi ?

Jacques Myard – Dites moi, Madame Barjot, vous a-t-on déjà dit que vous aviez une belle petite jupe, et un fort beau bicorne ? Moi-même, j’ai eu un certain succès avec les petites Anglaises il y a quelques années, et je leur faisais découvrir ma recette de poulet au champagne. Avec votre beau minois, vous pourriez passer quelques heures avec moi…

Marc Le Fur – Un papa, une maman… mais aussi une belle-mère ! Ces polos veulent la mort de la belle-mère !

Le vacarme est de plus en plus fort. On ne distingue plus les paroles des uns et des autres. La pendule sur la chaise se met à sonner dix coups.

Frigide Barjot, excédée, se met à crier – Dehors, dehors, dehors ! Foutez- moi la paix avec vos belles-mères, vos gilets rouges et vos Japonais ! Dehors, dehors !

Elle évacue les députés UMP et leurs sympathisants en les poussant vers la sortie. Xavier Bongibault empêche Georges Tron de dérober une paire de chaussures de la Manif pour tous, Christian Jacob manque de tomber en trébuchant sur les débris de la porte cassée, et Eric Woerth profite du désordre de la situation pour voler deux polos en toute discrétion.

Frigide Barjot – Ah mais c’est qu’on n’est plus tranquille chez soi, ici ! Qu’ils aillent mettre le souk chez les concurrents : ils n’ont qu’à aller chez Boutin ! J’ai un plan de conquête à peaufiner, moi. Une stratégie à élaborer. J’ai besoin de calme ! Tu sais, Xavier, j’ai compris pourquoi Napoléon avait perdu Waterloo, hein.

Xavier Bongibault, faisant semblant d’avoir compris la dernière phrase – Hm ?

Frigide Barjot – Oui. Il n’a pas fait suffisamment confiance à ses plus fidèles alliés. Je ne referai pas la même erreur une seconde fois.

Xavier Bongibault – Tu vas donc nous accorder des rôles un peu plus importants et nous donner des vraies responsabilités pour nous montrer que tu nous fais confiance ?

Frigide Barjot – Oui. Et pour commencer, tu vas aller m’acheter tout de suite du café pour m’en faire une grande tasse : ça évitera que je m’endorme et on sera à l’heure. Allez, dépêche-toi !

Il sort en courant. Frigide Barjot se met à sa table, et commence à écrire.

Frigide Barjot, réfléchissant à voix haute – Alors… Si jamais Wellington – euh, Hollande – essaie de m’attaquer par l’Ouest, je lui répondrai aussitôt avec les troupes de Grouchy – euh, Fromentin – qui remonteront vers la Grande Armée dont j’aurai le commandement. A ce moment-là, Laurence Tcheng et Tugdual Derville, à la tête des cortèges de l’Ouest et du Nord, pourront lancer une contre-offensive en direction des Champs-Elysées qui seront repris des mains de la monarchie hollandaise.

Au fur et à mesure qu’elle parle, on voit apparaître peu à peu une tête à l’entrée du local. Il s’agit d’un homme brun, d’une soixante d’années. Il entre.

Nicolas Sarkozy – Bonjour, Madame Barjotte.

Frigide Barjot – Oh, bonjour Monsieur le Président ! Je suis très honoré de vous voir ici ! Que me veut l’honneur de votre visite ? Moi, je vous préviens, je n’ai ni majordome ni cuisinière par ici, donc ils ne dénonceront pas votre venue ici à la justice ! Par contre, je vous le dis aussi, je n’ai pas autant à vous donner que Liliane. Mes millions, je les garde pour dans trois ans, quand tout le monde m’aura complètement oubliée et que je ne servirai plus qu’à faire peur aux enfants qui refusent de manger leur soupe. Mais qu’est-ce qui vous amène, pour le moment ?

Nicolas Sarkozy – Madame Barjot, vous voulez savoir ce qui m’amène ? Eh bien, je vais vous le dire, ce qui m’amène. J’ai échappé aux griffes du juge Gentil, et je viens tout juste d’arriver. J’ai réussi de justesse à échapper à Valérie Boyer et Nadine Morano – je me suis caché dans une haie quand j’ai entendu leurs cris sur la route. Non mais vous avez vu la bande de bras cassés qu’il m’a fallu gérer pendant 5 ans ? Vous imaginez le courage que j’ai eu ? Mais maintenant je suis fatigué : je voudrais me reposer de tout cela. Alors je me demandais si vous ne pourriez pas me dissimuler ici, le temps que je me refasse une santé politique. Si je gère des flux financiers qataris, comme c’est prévu actuellement, je vous paierai un petit loyer, naturellement.

Frigide Barjot – Ah, Monsieur le Président ! C’est un honneur pour moi de vous accueillir en mon humble demeure ! Je suis émue ! Vous seriez en exil chez moi, comme je l’ai été à Sainte-Hélène ! Eh bien venez, Président, je vous accueille ! Et moi, j’irai à la conquête de Paris, à la tête de la Grande Armée, pour reprendre aux ennemis de la France et des Français l’Arc de Triomphe et les Champs-Elysées ! Elle se met à chanter : « J’aime l’oignon frit à l’huile, j’aime l’oignon quand il est bon, au pas camarade, au pas au pas au pas ». Elle sort tout en chantant, son papier à la main et son bicorne sur la tête.

Nicolas Sarkozy – Cette femme est encore plus folle que Claude Greff et Nadine Morno réunies. Voilà maintenant qu’elle se prend pour Napoléon. C’est complètement stupide. (Il se lève et met un coussin sur sa tête). Car tout le monde sait bien que Napoléon, c’est moi.

(Le rideau tombe. Fin du second acte).

Famille | France | Homophobie | Mariage | Medias | People | Politique | UMP | 22.03.2013 - 02 h 49 | 36 COMMENTAIRES
Lille métropole, 21 mars 2013 : dernier meeting de Frigide Barjot en province avant sa manifestation avenue de la Grande Armée.

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manif pour tous lilleLe dernier meeting en province de Frigide Barjot et ses acolytes avant la manifestation du 24 mars 2013 a eu lieu ce jeudi 21 mars à Marcq-en-Baroeul. Cette commune, plutôt aisée et votant traditionnellement à droite, compte environ 40 000 habitants. Elle est située près de Lille, et elle est membre de la communauté urbaine « Lille Métropole« . De 20h à 23h30, les responsables de la Manif pour tous, ainsi que quelques invités, ont pu déployer leur argumentaire devant plus de mille personnes.

Voici les 10 moments marquants de cette longue soirée, composée principalement de longs discours haineux entrecoupés par de courts happenings braillards et colorés :

1) Ados, n’appelez pas la Ligne Azur… qui a été faite pour vous !

La première intervenante est une jeune femme prénommée Valérie, et présentée par Frigide Barjot comme « la responsable de la Manif pour Tous dans le Nord ». Elle est aussitôt suivie par Anne-Claude Girard, du collectif « Les adoptés ». Leurs discours servent simplement à rappeler les arguments classiques ressassés par les opposants au mariage pour tous. Mais au cours de leur prise de parole est également développée une courte mais étonnante diatribe contre la ligne Azur, destinée à aider les adolescents qui se poseraient des questions en lien avec leur orientation sexuelle. Les répondants qui gèrent cette ligne, soutenue par le ministère de l’Education depuis quatre ans, seraient coupables de faire croire aux adolescents qu’ils sont homosexuels dès qu’ils les appellent, et de « ne parler que d’homosexualité » sur leur site. Il est donc déconseillé aux adolescents de contacter cette ligne, et la salle est amenée à huer la photo de Vincent Peillon, qui est projetée sur grand écran.

On apprend également que les adolescents, et plus tard les adultes, peuvent choisir… leur orientation sexuelle ! Par ailleurs, les couples hétéros sont appelés à prendre garde : certains politiques voudraient établir des « quotas » minimum d’enfants à faire adopter par des couples de même sexe ! Anne-Claude Girard finit son discours, destiné à marteler que les enfants à adopter doivent être confiés forcément à un couple hétérosexuel, en s’exclamant, au nom des enfants adoptés : « Nous ne sommes pas de la viande ! »

2) Où l’ami Bobby regrette vivement que la Californie ne soigne plus ses homos.

Robert Oscar Lopez, dit Bobby, est un Américain « élevé par deux femmes » et il se dit « bisexuel ». Ni lui ni Frigide Barjot ne cachent vraiment qu’il vient aider Frigide Barjot à lutter contre la loi Taubira en France, car Frigide Barjot ira l’aider à son tour le 26 mars à Washington pour lutter contre l’égalité des droits aux USA. Je ressens un malaise assez important lorsque « Bobby », au milieu des arguments classiques des opposants à l’égalité des droits qui sont à nouveau répétés, défend en quelques phrases les « ex-gay-therapies » (c’est le terme qu’il emploie). Il désigne par cette expression les pratiques pseudo-scientifiques, dangereuses et traumatisantes où l’on se donne pour but de « guérir » des individus homosexuels en essayant de les rendre hétérosexuels. Il regrette vivement que la Californie ait, selon lui, interdit ces thérapies, et que les médecins soient donc obligés de dire à des adolescents qui se confient à eux que l’homosexualité est normale. Sur l’estrade, personne ne proteste ; au contraire, il est applaudi vivement, et la salle se met à son tour à l’applaudir.

Enfin, Frigide Barjot lui fait lire un poème en français sur un enfant n’ayant pas connu l’un de ses parents. Il s’oblige à l’ânonner mais il y arrive très mal et on comprend à peine le poème, puis Frigide Barjot fait semblant de pleurer d’émotion en regagnant sa place, une fois le poème fini. Plus tard, le même Bobby, attaché à la véracité des faits tout autant qu’à la lecture correcte d’un texte ou à la santé mentale des jeunes LGBT, nous apprendra qu’en Californie, on peut faire un bébé par GPA pour 8000 dollars grâce à un prêt à la consommation. Ce Californien bisexuel semble donc bien mal renseigné… aussi bien sur les LGBT que sur la Californie !

3) Un Front de Gauche bien à droite.

L’homme politique Michel Lefebvre, présenté au public comme un « élu PS » alors qu’il est en réalité maire et conseiller général du Front de Gauche, tient un discours tout à fait opposé aux valeurs de son parti. Frigide Barjot l’embrasse et le remercie de montrer que l’opposition au mariage pour tous est de gauche comme de droite – elle rappelle à cette occasion que son amie de jeunesse Laurence Tcheng a fondé le collectif « La gauche pour le mariage républicain ».

4) Le djender, l’ennemi n°1.

Le clou du spectacle est assuré par un dénommé Patrice André, que Frigide Barjot présente comme juriste. Selon lui, la revendication du mariage pour tous est « comparable à l’instauration du marxisme-léninisme » au début du siècle. Il se lance dans un délire aussi halluciné qu’hallucinant sur « la théorie du djender« , en faisant huer Judith Butler et en affirmant que « ces gens-là », qui ont créé ces théories, « distinguent cinq sexes : homos, hétéros, bis, trans – et, ajoute-t-il, j’ai oublié le cinquième ». Il mélange absolument tout (sexe, genre, orientation sexuelle…), et se réfère constamment à « ces textes » et « ces gens-là », sans jamais être plus précis sur ses sources.

Il fait grassement rire sur les transsexuels, en affirmant qu’aujourd’hui un homme peut faire officiellement admettre qu’il est une femme même si, dans les faits, il est physiquement un homme. Il ajoute que, selon la théorie du genre, il y a des hommes lesbiens, des femmes gays et des couples hétérosexuels qui sont en fait homosexuels… Le public ne comprend rien à son discours ; selon toute apparence il n’y comprend rien non plus lui-même ; et il en arrive donc à la conclusion suivante : « Si le mariage homo passe, l’Etat refusera bientôt d’aider les femmes qui veulent accoucher de leur enfant« , en leur disant qu’elles auraient dû utiliser les cliniques de PMA et de GPA que l’Etat aura mis en place en y investissant beaucoup d’argent ! Il ajoute : « Une femme qui accouche, c’est magnifique ! La relation entre un homme et une femme, c’est quelque chose de magnifique ! Et nous ne voulons pas qu’on nous l’enlève« .

5) Xavier Bongibault, ce philosophe méconnu.

Il était difficile d’être plus ridicule que Patrice André, tant ses propos caricaturaux étaient absurdes. Heureusement, l’intervenant suivant était l’insurpassable Xavier Bongibault, qui a relevé le défi avec brio. S’avérant très mauvais orateur, il s’est également senti obligé de prendre une voix très grave, sans doute pour faire plus viril. Ses envolées lyriques et philosophiques donnent lieu à de mémorables citations : « le principe d’égalité n’existe qu’entre personnes, et non entre des groupes de personnes » ; « Quelle logique plus homophobe que la PMA ? » ; « les homophobes, ce n’est pas nous, c’est eux » ; « les prostituées louent leur vagin », « nous nous sommes levés aux côtés derrière Frigide » (la phrase a été répétée deux fois : il doit donc réellement penser qu’elle a un sens), « Si vous devrez être nombreux à Paris… « , « des syndicalistes ont été amnistiés mais ils ont cassé la vitrine d’un pauvre bijoutier », « mes neuf zagressions et mon entartrage »…

Comme il l’avait déjà fait en d’autres occasions, Xavier Bongibault a en outre instrumentalisé le fort taux de suicide des jeunes homosexuels en affirmant que ces suicides sont dus aux partisans du mariage pour tous, qui sont selon lui « homophobes ». En effet, d’après lui, les partisans de l’égalité des droits calomnient les parents de ces enfants en les traitant d’homophobes s’ils s’opposent au mariage pour tous, et cela pousse les jeunes LGBT au suicide… Il va sans dire que ce raisonnement totalement absurde a été très fortement applaudi par la salle.

6) Les pédales, les jeunes et la nourriture.

La conclusion de Frigide Barjot est à la hauteur de sa personnalité et de sa pensée : Xavier Bongibault étant homosexuel, elle lui a dit devant toute la salle, qui a applaudi : « Merci Xavier, grâce à toi, nous ne perdons pas les pédales« . Son discours de fin, à rallonge, est émaillé de petites phrases savoureuses qui ne déparent pas avec la précédente : « Demain, être père se décidera au tribunal » ; « Persuadez vos enfants de venir manifester ; il nous faut des jeunes » ; « On n’a plus rien à manger, mais que voulez-vous ? Quand on s’engage, c’est à fond ».

7) Contre le droit de vote des étrangers aux élections locales

La Manif pour tous ne s’oppose pas qu’à l’égalité des droits pour les couples de même sexe : elle refuse aussi l’égalité envers les citoyens étrangers. Xavier Bongibault a ainsi dénoncé la façon de penser de partisans du mariage pour tous : « Aujourd’hui, être homophobe, c’est s’opposer au projet de loi Taubira ; comme demain, être raciste, ce sera s’opposer au droit de vote des étrangers« . On s’étonne, lorsque de tels propos sont tenus, que des communautés expressément visées par ces propos acceptent d’apporter leur concours à ce collectif, qui refuse par principe que des droits soient accordés à des minorités, quelles qu’elles soient.

8) Bons et mauvais points : louanges, huées et procès.

Les huées et critiques ont été nombreuses au cours de la soirée. Le public et la tribune se sont déchaînés contre Hollande, Taubira et Bertinotti, mais aussi contre Peillonles sénateurs UMP qui ont voté la loi en commission, la sénatrice Fabienne Keller, et beaucoup d’autres, comme Patrick de Carolis, qui n’est pas un bon catholique selon Frigide Barjot car il a lancé… Plus Belle la Vie, apparemment beaucoup trop gay friendly ! Parmi les cibles favorites, on trouve aussi l’avocate « Caroline Méry » (sic), Didier Eribon, et Pierre Bergé, « le grand argentier ».

A l’inverse, quelques personnalités ont été louées, comme par exemple Frédéric Taddéi, « un ami libre » de Frigide Barjot, à qui il a offert de l’espace pour s’exprimer. Des applaudissements très nourris ont également salué Jean-Christophe Fromentin, présent sur l’estrade, ainsi que l’ensemble de l’Entente parlementaire.

Impossible cependant d’oublier ici Jean-Pierre Michel : « mon ami Jean-Pierre Michel », comme l’appelle, cette fois ironiquement, Frigide Barjot, qui n’a pas apprécié la lettre du sénateur. Elle annonce que Jean-Pierre Michel sera « déferré devant les tribunaux début avril 2013, lors des discussions au Sénat sur le texte de loi ». Elle compte en effet l’attaquer en justice pour « diffamation publique« .

9) « Tous sur les Champs Elysées »

Même s’il a été rappelé à l’oral que les Champs-Elysées sont interdits à la manifestation contre le mariage pour tous, la plupart des autocollants distribués et affiches placardées appellent à se rassembler sur les Champs-Elysées le 24 mars…

10) Poing à la ligne.

Peu avant la fin du meeting, Xavier Bongibault monte sur scène et chuchote à l’oreille de Frigide Barjot durant quelques minutes. Frigide Barjot prend une mine terrifiée, et ils se tournent alors vers nous. Xavier Bongibault déclare :  » Nous venons d’apprendre que l‘un de nos acteurs a été tabassé à coups de poing américain et il est hospitalisé à l’hôpital Saint-Joseph à Paris ». Frigide Barjot fait semblant de verser une larme et manifeste une vive et soudaine émotion, avant de penser à autre chose au bout d’une minute.

 

La conclusion de tout cela ? J’ai l’impression personnelle d’avoir assisté à une réunion aux démarches et aux inspirations fascistoïdes : répétition de mensonges plus gros les uns que les autres, mise en accusation d’une minorité, agitation des peurs et des angoisses… A l’entrée, les personnes chargées de l’accueil distribuaient d’ailleurs… des drapeaux bleu-blanc-rouge, comme s’il était naturel que les bons Français s’opposent forcément au mariage pour tous. « Le peuple de France » a été maintes fois évoqué par les intervenants : en réalité, ils devront bien comprendre que les LGBT font eux aussi partie du « peuple de France », et que ce peuple est désormais prêt à accepter l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe.

Famille | France | Homophobie | Livres | Mariage | Medias | People | Politique | UMP | 12.03.2013 - 10 h 23 | 29 COMMENTAIRES
Malgré le retrait officiel de son livre, Frigide Barjot continue à le vendre selon le Parisien

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Photo prise à Compiègne (60) par le Parisien.

Selon Le Parisien, Frigide Barjot continue à vendre son livre « Touche pas à mon sexe » (éd. Mordicus). Suite à une faute juridique d’importance, sa maison d’édition avait pourtant pris l’engagement solennel de retirer cet ouvrage des ventes. Si cette affirmation est vraie, cela signifie donc que l’engagement pris depuis la fin du mois de janvier par Frigide Barjot et sa maison d’édition n’a pas été respecté.

Lundi 11 mars, les principaux responsables de la manif contre le mariage pour tous, parmi lesquels Frigide Barjot, Xavier Bongibault, Laurence Tcheng et Philippe Brillault étaient réunis à Compiègne. Ils y animaient une réunion publique destinée à mobiliser la population contre le mariage pour tous. Entre 600 et 1000 personnes étaient présentes, accueillies par le sénateur-maire de la ville Philippe Marini.

A cette occasion, l’édition de l’Oise du Parisien, dont des journalistes étaient présents sur les lieux, a envoyé un tweet assez étonnant, en direct de la réunion, photo à l’appui :

#Manifpourtous à Compiègne. Les livres de Frigide Barjot se vendent comme des petits painspic.twitter.com/VBV1c2QN9Q

En effet, des dizaines d’exemplaires du livre étaient disponibles ce soir-là pour les militants qui désiraient s’en procurer. Or, cela est totalement contraire aux engagements des éditions Mordicus, qui avaient déclaré, 15 jours après la parution du livre, qu’elles retiraient cet ouvrage des ventes. Cette décision était obligatoire, puisque le titre choisi pour l’ouvrage de F. Barjot avait déjà été déposé bien auparavant par d’autres éditions : en l’occurrence, il avait été choisi pour le livre rédigé par le chirurgien Gérard Zwang, consacré au sexe féminin et paru en 2012.

Pour éviter des poursuites, l’éditeur et Frigide Barjot avaient donc accepté de cesser toute vente directe de la part de l’éditeur, de le retirer des circuits de diffusion classiques (librairies, vente en ligne), mais aussi d’en arrêter toute commercialisation par quelque biais que ce soit. On ne peut donc que s’étonner de la phrase « Les livres de Frigide Barjot se vendent comme des petits pains », alors que le livre en question est officiellement retiré des ventes, et ne devrait plus être mis à disposition !

I semblerait donc, à en croire le Parisien, que Frigide Barjot et son éditeur pensent pouvoir contourner l’engagement au retrait du livre, en profitant de ces réunions publiques pour vendre le livre malgré tout. Si les informations du Parisien sont vraies, aucun des quatre responsables présents ce soir-là ne pouvait ignorer ce procédé, et il est très étonnant qu’un homme politique comme le sénateur-maire Philippe Marini cautionne de telles ventes sauvages, non seulement en sa présence, mais qui plus est dans un lieu public dont il a, en tant que maire, la responsabilité pleine et entière.

Cinéma | Homoparentalité | International | People | 16.09.2012 - 14 h 47 | 1 COMMENTAIRES
Le dérapage de Rupert Everett contre les familles homoparentales

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L’orientation sexuelle n’a vraiment aucun lien avec l’intelligence, la clairvoyance ou l’empathie… L’acteur ouvertement homosexuel Rupert Everett vient de le démontrer, en déclarant dans une interview accordée au Sunday Times : « Je ne peux rien imaginer de pire que d’être élevé par deux pères gays ».

La mère de Rupert Everett, qui a rencontré son petit ami, a déclaré au sujet de l’acteur qu’elle aimerait malgré tout qu’il ait une femme et des enfants. Rupert Everett a commenté cette opinion : « Elle pense que des enfants ont besoin d’un père et d’une mère, et je suis d’accord avec elle. […] Certains peuvent être en désaccord. Ok : ce n’est que mon opinion. »

Rupert Everett se démarque alors de la « communauté gay », avant de se lancer dans une réflexion étrange sur le nombre d’enfants dans le monde : « Je n’appartiens à aucune « communauté ». Ma seule communauté, c’est l’humanité, et il y a trop d’enfants sur la planète : donc il est bon qu’il n’y en ait pas davantage. » On recommandera à Rupert Everett d’approfondir quelque peu ses connaissances en géographie et en économie mondiales, qui semblent pour le moins quelque peu lacunaires…

Rupert Everett a révélé son homosexualité il y a une vingtaine d’années, mais il ne semble malheureusement toujours pas en accord avec lui-même sur cette question. C’est dommage… Il est à noter que ce n’est pas la première fois que Rupert Everett fait des déclarations polémiques : il avait insulté les armées en 2008 (avant de s’excuser), puis il avait déconseillé aux acteurs de faire leur coming out, en disant que le sien avait nui à sa carrière.

International | Medias | Musique | People | 03.08.2012 - 22 h 04 | 18 COMMENTAIRES
Mika : « Oui, je suis gay »

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Ca y est : le chanteur Mika a enfin fait clairement… son coming out !

Ce n’était pas la question la plus brûlante de l’année, ni le plus grand suspense du monde… Mais enfin, quand on l’interrogeait publiquement sur ses relations et aventures, Mika n’allait quasiment jamais plus loin que cette déclaration qu’il avait faite en 2008 au magazine britannique Out :

Je n’ai jamais vraiment voulu m’enfermer dans une case. On peut me coller une étiquette, mais je ne veux pas m’en coller une moi-même. Est-ce que ça restreint ma manière de vivre ? Non. Je fais toujours ce que je veux. Et ça n’a rien à voir avec une stratégie marketing.

Tout juste avait-il dit, du bout du lèvres, dans une interview réalisée en 2009 par le magazine néerlandais Gay & Night :

Je ne me suis jamais collé d’étiquette. Mais, ceci étant dit, je n’ai jamais mis de limites à ma vie. Je n’ai jamais limité mes aventures. Appelez-moi comme vous voulez. Dites que je suis bisexuel, si vous avez vraiment besoin d’un terme pour me qualifier.

Fans de Mika, vous n’avez plus à vous interroger, à débattre sur le sens de certaines chansons, ou à taire ce que bon nombre savaient déjà mais n’osaient pas dire tout haut : en août 2012, le magazine américain Instinct vous apporte la réponse sur un plateau d’argent !

Dans une interview à paraître en septembre, mais dont quelques extraits circulent déjà, Mika déclare en effet :

« Si vous me demandez si je suis gay, je vous réponds oui. Est-ce que mes chansons parlent de ma relation avec un homme ? Je vous dis oui. C’est grâce à la musique que j’ai trouvé la force d’être à l’aise avec ma sexualité, au-delà des simples paroles de mes chansons. Ca, c’est ma vraie vie.»

Il est toujours bon que des personnalités célèbres, dans tous les domaines de la vie publique, puissent montrer qu’on peut être publiquement homosexuel(le). Mika fait partie de ces personnalités, et ce coming out est tout à son honneur.

On attend avec impatience la sortie du prochain album de l’artiste au succès planétaire, prévue pour le 17 septembre 2012. Il sera en tournée en France à l’automne 2012 : bonne occasion pour le (re)découvrir sur scène !

France | Homophobie | International | Islam | Justice | Medias | Musique | Non classé | People | Politique | Religion | 04.06.2012 - 01 h 17 | 25 COMMENTAIRES
Faut-il tolérer le dernier spectacle de Dieudonné au nom de l’humour et de la liberté d’expression ?

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Strasbourg, Marseille, Montpellier, Montréal, Bruxelles… : depuis quelques semaines, les différentes municipalités françaises et francophones ne savent plus comment gérer le « cas » Dieudonné. Spectacle annulé à Montréal, carrément interrompu par la police à Bruxelles, objet d’un vif procès à Montpellier, étudié de près par la préfecture à Strasbourg, jugé « pas désirable » par la mairie de Marseille… C’est un nouveau cas d’école qui se présente, en ce qui concerne la réflexion sur les limites de l’humour et de la liberté d’expression. Le dernier spectacle de Dieudonné, « Rendez-nous Jésus », sombre en effet, une fois de plus, dans le mauvais goût grotesque et l’excès écoeurant. 

Dieudonné, dans son dernier spectacle, s’en prend d’abord à la Gay Pride, puis à la communauté juive. En s’attaquant aussi bien aux homosexuels qu’aux Juifs, Dieudonné croit faire preuve d’humour, montrer un esprit rebelle et défendre les musulmans (qui ne lui ont rien demandé). En réalité, il ne fait que donner libre cours à une paranoïa hystérique, qui l’amène à dire : « Se moquer de la Gay Pride, c’est devenu blasphématoire, au même titre que la Shoah ». Mais, comme souvent, il confond la moquerie et l’injure…

Sur la Marche des Fiertés, l’humoriste auto-proclamé lance :

« C’est de la merde, la Gay Pride. […]

C’est un ramassis de poils, de vomi et de bière. »

Peu avant cette vidéo, Dieudonné s’est lancé dans une explication oiseuse selon laquelle Jésus était forcément homosexuel, la phrase « Aimez-vous les uns les autres » étant grosso modo le signe de ralliement d’une partouze homo. L’assimilation de l’ennemi religieux à l’homosexuel (et vice versa) est un procédé hélas fort courant…

Durant la vidéo ci-dessus, Dieudonné raconte sa traversée de la Gay Pride avec un petit garçon. Les propos gras à tendance homophobe s’y accumulent à la seconde. Quelques passages à la Bigard peuvent peut-être faire sourire, mais on ne comprend bien le but de ce sketch qu’en écoutant attentivement la fin de la vidéo… En effet, à la fin de cette séquence, Dieudonné en arrive à une comparaison particulièrement stupide entre la Gay Pride et les prières de rue des musulmans. Son but est clairement de faire interdire la première et de légitimer les secondes. Il remarque que la police tolère la Gay Pride, tandis qu’elle « charge » selon lui contre les musulmans qui prient dans la rue, « dans le 19e arrondissement ». Il commente : « Que tu t’encules dans le cadre d’un programme de la ville culturelle de Paris, on peut le comprendre, mais prier sans autorisation…! »

On perdrait son temps, et on ferait trop de publicité aux propos injurieux de ce has been, si on s’efforçait de lister toutes les ignominies que Dieudonné profère ensuite à l’encontre du peuple juif durant le reste son spectacle. Pour donner un exemple parlant, et suffisamment éprouvant à lui tout seul, il suffira de rappeler qu’à la fin de son spectacle, Dieudonné entonne sa chanson « Shoahnanas », dans laquelle il se moque de manière particulièrement odieuse de la déportation des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. On peut écouter, si on a le coeur bien accroché, ce morceau monstrueux de mauvais goût et de mépris :

Je préfère ne pas commenter cet extrait (la chanson originale est plus longue !), dont je ne parviens pas encore à m’expliquer qu’il puisse être, en spectacle, applaudi et repris en coeur par le public… L’horreur et la bêtise extrême laissent sans voix.

C’est bien sûr à Desproges qu’il faut laisser le dernier mot face à tout cela, en rappelant la phrase tellement juste de celui qui était un vrai humoriste :

On peut rire de tout… mais pas avec n’importe qui.

A l’heure où de jeunes Juifs ont été agressés à Villeurbanne, où les religions doivent apprendre à rester du domaine strictement privé sans empiéter dans la sphère publique, et où des partis politiques opportunistes tentent trop souvent de jeter l’opprobre sur des communautés (musulmans, juifs, LGBT…), il est à souhaiter qu’à l’avenir, ce spectacle nocif ne soit pas autorisé par les pouvoirs publics.

Homophobie | International | Medias | Musique | People | Publicite | 01.06.2012 - 10 h 05 | 1 COMMENTAIRES
Japon : les bonbons Puccho et le groupe AKB 48 accusés d’encourager l’homosexualité féminine.

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Depuis quelques semaines, les petits bonbons Puccho font polémique au Japon. En cause, une publicité télévisée réalisée par les membres du groupe de musique pop AKB 48. Les filles qui constituent le groupe s’y échangent langoureusement un chamallow acidulé qui passe de bouche en bouche.

Il n’en fallait pas moins pour que 116 plaintes soient déposées contre la publicité, et que la marque soit accusée, entre autres, de promouvoir le lesbianisme.

Sur youtube, le clip mis en lien, vu près de 500 000 fois, est interdit aux plus jeunes pour ne pas les choquer.

Parallèlement, en France, l’homosexualité fait peu à peu son chemin dans la publicité télévisuelle, comme l’a relevé Yagg avec Mc Donald’s Renault, Leroy-Merlin, et la Maif. Je crois bien que la publicité Marie pour la pièce de boeuf aux poivres va bientôt pouvoir être ajoutée à la liste, mais je n’en trouve pas la video sur le net pour confirmer… Si vous la trouvez, ou si vous parvenez à la mettre vous-même sur le net, prévenez-moi !

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