4297 Mariage | E.D.H. – Egalité des Droits Homos/hétéros

La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Famille | France | Homophobie | Mariage | Medias | People | Politique | UMP | 22.03.2013 - 02 h 49 | 36 COMMENTAIRES
Lille métropole, 21 mars 2013 : dernier meeting de Frigide Barjot en province avant sa manifestation avenue de la Grande Armée.

Étiquettes : , , , , ,

manif pour tous lilleLe dernier meeting en province de Frigide Barjot et ses acolytes avant la manifestation du 24 mars 2013 a eu lieu ce jeudi 21 mars à Marcq-en-Baroeul. Cette commune, plutôt aisée et votant traditionnellement à droite, compte environ 40 000 habitants. Elle est située près de Lille, et elle est membre de la communauté urbaine « Lille Métropole« . De 20h à 23h30, les responsables de la Manif pour tous, ainsi que quelques invités, ont pu déployer leur argumentaire devant plus de mille personnes.

Voici les 10 moments marquants de cette longue soirée, composée principalement de longs discours haineux entrecoupés par de courts happenings braillards et colorés :

1) Ados, n’appelez pas la Ligne Azur… qui a été faite pour vous !

La première intervenante est une jeune femme prénommée Valérie, et présentée par Frigide Barjot comme « la responsable de la Manif pour Tous dans le Nord ». Elle est aussitôt suivie par Anne-Claude Girard, du collectif « Les adoptés ». Leurs discours servent simplement à rappeler les arguments classiques ressassés par les opposants au mariage pour tous. Mais au cours de leur prise de parole est également développée une courte mais étonnante diatribe contre la ligne Azur, destinée à aider les adolescents qui se poseraient des questions en lien avec leur orientation sexuelle. Les répondants qui gèrent cette ligne, soutenue par le ministère de l’Education depuis quatre ans, seraient coupables de faire croire aux adolescents qu’ils sont homosexuels dès qu’ils les appellent, et de « ne parler que d’homosexualité » sur leur site. Il est donc déconseillé aux adolescents de contacter cette ligne, et la salle est amenée à huer la photo de Vincent Peillon, qui est projetée sur grand écran.

On apprend également que les adolescents, et plus tard les adultes, peuvent choisir… leur orientation sexuelle ! Par ailleurs, les couples hétéros sont appelés à prendre garde : certains politiques voudraient établir des « quotas » minimum d’enfants à faire adopter par des couples de même sexe ! Anne-Claude Girard finit son discours, destiné à marteler que les enfants à adopter doivent être confiés forcément à un couple hétérosexuel, en s’exclamant, au nom des enfants adoptés : « Nous ne sommes pas de la viande ! »

2) Où l’ami Bobby regrette vivement que la Californie ne soigne plus ses homos.

Robert Oscar Lopez, dit Bobby, est un Américain « élevé par deux femmes » et il se dit « bisexuel ». Ni lui ni Frigide Barjot ne cachent vraiment qu’il vient aider Frigide Barjot à lutter contre la loi Taubira en France, car Frigide Barjot ira l’aider à son tour le 26 mars à Washington pour lutter contre l’égalité des droits aux USA. Je ressens un malaise assez important lorsque « Bobby », au milieu des arguments classiques des opposants à l’égalité des droits qui sont à nouveau répétés, défend en quelques phrases les « ex-gay-therapies » (c’est le terme qu’il emploie). Il désigne par cette expression les pratiques pseudo-scientifiques, dangereuses et traumatisantes où l’on se donne pour but de « guérir » des individus homosexuels en essayant de les rendre hétérosexuels. Il regrette vivement que la Californie ait, selon lui, interdit ces thérapies, et que les médecins soient donc obligés de dire à des adolescents qui se confient à eux que l’homosexualité est normale. Sur l’estrade, personne ne proteste ; au contraire, il est applaudi vivement, et la salle se met à son tour à l’applaudir.

Enfin, Frigide Barjot lui fait lire un poème en français sur un enfant n’ayant pas connu l’un de ses parents. Il s’oblige à l’ânonner mais il y arrive très mal et on comprend à peine le poème, puis Frigide Barjot fait semblant de pleurer d’émotion en regagnant sa place, une fois le poème fini. Plus tard, le même Bobby, attaché à la véracité des faits tout autant qu’à la lecture correcte d’un texte ou à la santé mentale des jeunes LGBT, nous apprendra qu’en Californie, on peut faire un bébé par GPA pour 8000 dollars grâce à un prêt à la consommation. Ce Californien bisexuel semble donc bien mal renseigné… aussi bien sur les LGBT que sur la Californie !

3) Un Front de Gauche bien à droite.

L’homme politique Michel Lefebvre, présenté au public comme un « élu PS » alors qu’il est en réalité maire et conseiller général du Front de Gauche, tient un discours tout à fait opposé aux valeurs de son parti. Frigide Barjot l’embrasse et le remercie de montrer que l’opposition au mariage pour tous est de gauche comme de droite – elle rappelle à cette occasion que son amie de jeunesse Laurence Tcheng a fondé le collectif « La gauche pour le mariage républicain ».

4) Le djender, l’ennemi n°1.

Le clou du spectacle est assuré par un dénommé Patrice André, que Frigide Barjot présente comme juriste. Selon lui, la revendication du mariage pour tous est « comparable à l’instauration du marxisme-léninisme » au début du siècle. Il se lance dans un délire aussi halluciné qu’hallucinant sur « la théorie du djender« , en faisant huer Judith Butler et en affirmant que « ces gens-là », qui ont créé ces théories, « distinguent cinq sexes : homos, hétéros, bis, trans – et, ajoute-t-il, j’ai oublié le cinquième ». Il mélange absolument tout (sexe, genre, orientation sexuelle…), et se réfère constamment à « ces textes » et « ces gens-là », sans jamais être plus précis sur ses sources.

Il fait grassement rire sur les transsexuels, en affirmant qu’aujourd’hui un homme peut faire officiellement admettre qu’il est une femme même si, dans les faits, il est physiquement un homme. Il ajoute que, selon la théorie du genre, il y a des hommes lesbiens, des femmes gays et des couples hétérosexuels qui sont en fait homosexuels… Le public ne comprend rien à son discours ; selon toute apparence il n’y comprend rien non plus lui-même ; et il en arrive donc à la conclusion suivante : « Si le mariage homo passe, l’Etat refusera bientôt d’aider les femmes qui veulent accoucher de leur enfant« , en leur disant qu’elles auraient dû utiliser les cliniques de PMA et de GPA que l’Etat aura mis en place en y investissant beaucoup d’argent ! Il ajoute : « Une femme qui accouche, c’est magnifique ! La relation entre un homme et une femme, c’est quelque chose de magnifique ! Et nous ne voulons pas qu’on nous l’enlève« .

5) Xavier Bongibault, ce philosophe méconnu.

Il était difficile d’être plus ridicule que Patrice André, tant ses propos caricaturaux étaient absurdes. Heureusement, l’intervenant suivant était l’insurpassable Xavier Bongibault, qui a relevé le défi avec brio. S’avérant très mauvais orateur, il s’est également senti obligé de prendre une voix très grave, sans doute pour faire plus viril. Ses envolées lyriques et philosophiques donnent lieu à de mémorables citations : « le principe d’égalité n’existe qu’entre personnes, et non entre des groupes de personnes » ; « Quelle logique plus homophobe que la PMA ? » ; « les homophobes, ce n’est pas nous, c’est eux » ; « les prostituées louent leur vagin », « nous nous sommes levés aux côtés derrière Frigide » (la phrase a été répétée deux fois : il doit donc réellement penser qu’elle a un sens), « Si vous devrez être nombreux à Paris… « , « des syndicalistes ont été amnistiés mais ils ont cassé la vitrine d’un pauvre bijoutier », « mes neuf zagressions et mon entartrage »…

Comme il l’avait déjà fait en d’autres occasions, Xavier Bongibault a en outre instrumentalisé le fort taux de suicide des jeunes homosexuels en affirmant que ces suicides sont dus aux partisans du mariage pour tous, qui sont selon lui « homophobes ». En effet, d’après lui, les partisans de l’égalité des droits calomnient les parents de ces enfants en les traitant d’homophobes s’ils s’opposent au mariage pour tous, et cela pousse les jeunes LGBT au suicide… Il va sans dire que ce raisonnement totalement absurde a été très fortement applaudi par la salle.

6) Les pédales, les jeunes et la nourriture.

La conclusion de Frigide Barjot est à la hauteur de sa personnalité et de sa pensée : Xavier Bongibault étant homosexuel, elle lui a dit devant toute la salle, qui a applaudi : « Merci Xavier, grâce à toi, nous ne perdons pas les pédales« . Son discours de fin, à rallonge, est émaillé de petites phrases savoureuses qui ne déparent pas avec la précédente : « Demain, être père se décidera au tribunal » ; « Persuadez vos enfants de venir manifester ; il nous faut des jeunes » ; « On n’a plus rien à manger, mais que voulez-vous ? Quand on s’engage, c’est à fond ».

7) Contre le droit de vote des étrangers aux élections locales

La Manif pour tous ne s’oppose pas qu’à l’égalité des droits pour les couples de même sexe : elle refuse aussi l’égalité envers les citoyens étrangers. Xavier Bongibault a ainsi dénoncé la façon de penser de partisans du mariage pour tous : « Aujourd’hui, être homophobe, c’est s’opposer au projet de loi Taubira ; comme demain, être raciste, ce sera s’opposer au droit de vote des étrangers« . On s’étonne, lorsque de tels propos sont tenus, que des communautés expressément visées par ces propos acceptent d’apporter leur concours à ce collectif, qui refuse par principe que des droits soient accordés à des minorités, quelles qu’elles soient.

8) Bons et mauvais points : louanges, huées et procès.

Les huées et critiques ont été nombreuses au cours de la soirée. Le public et la tribune se sont déchaînés contre Hollande, Taubira et Bertinotti, mais aussi contre Peillonles sénateurs UMP qui ont voté la loi en commission, la sénatrice Fabienne Keller, et beaucoup d’autres, comme Patrick de Carolis, qui n’est pas un bon catholique selon Frigide Barjot car il a lancé… Plus Belle la Vie, apparemment beaucoup trop gay friendly ! Parmi les cibles favorites, on trouve aussi l’avocate « Caroline Méry » (sic), Didier Eribon, et Pierre Bergé, « le grand argentier ».

A l’inverse, quelques personnalités ont été louées, comme par exemple Frédéric Taddéi, « un ami libre » de Frigide Barjot, à qui il a offert de l’espace pour s’exprimer. Des applaudissements très nourris ont également salué Jean-Christophe Fromentin, présent sur l’estrade, ainsi que l’ensemble de l’Entente parlementaire.

Impossible cependant d’oublier ici Jean-Pierre Michel : « mon ami Jean-Pierre Michel », comme l’appelle, cette fois ironiquement, Frigide Barjot, qui n’a pas apprécié la lettre du sénateur. Elle annonce que Jean-Pierre Michel sera « déferré devant les tribunaux début avril 2013, lors des discussions au Sénat sur le texte de loi ». Elle compte en effet l’attaquer en justice pour « diffamation publique« .

9) « Tous sur les Champs Elysées »

Même s’il a été rappelé à l’oral que les Champs-Elysées sont interdits à la manifestation contre le mariage pour tous, la plupart des autocollants distribués et affiches placardées appellent à se rassembler sur les Champs-Elysées le 24 mars…

10) Poing à la ligne.

Peu avant la fin du meeting, Xavier Bongibault monte sur scène et chuchote à l’oreille de Frigide Barjot durant quelques minutes. Frigide Barjot prend une mine terrifiée, et ils se tournent alors vers nous. Xavier Bongibault déclare :  » Nous venons d’apprendre que l‘un de nos acteurs a été tabassé à coups de poing américain et il est hospitalisé à l’hôpital Saint-Joseph à Paris ». Frigide Barjot fait semblant de verser une larme et manifeste une vive et soudaine émotion, avant de penser à autre chose au bout d’une minute.

 

La conclusion de tout cela ? J’ai l’impression personnelle d’avoir assisté à une réunion aux démarches et aux inspirations fascistoïdes : répétition de mensonges plus gros les uns que les autres, mise en accusation d’une minorité, agitation des peurs et des angoisses… A l’entrée, les personnes chargées de l’accueil distribuaient d’ailleurs… des drapeaux bleu-blanc-rouge, comme s’il était naturel que les bons Français s’opposent forcément au mariage pour tous. « Le peuple de France » a été maintes fois évoqué par les intervenants : en réalité, ils devront bien comprendre que les LGBT font eux aussi partie du « peuple de France », et que ce peuple est désormais prêt à accepter l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe.

Famille | France | Homophobie | Internet | Mariage | Medias | 17.03.2013 - 10 h 46 | 9 COMMENTAIRES
Le site de la radio France Culture diffuse de la publicité… pour la manifestation anti-mariage pour tous !

Étiquettes : , , , ,

France Culture a choisi de consacrer ce mois-ci plusieurs de ses émissions au Printemps des Poètes. En ce dimanche 17 mars, je me rends donc sur le site de la radio, que j’écoute souvent, pour consulter la liste des émissions de ce mois-ci qui abordent ce sujet.

En parcourant la liste des yeux, je ne peux échapper à l’inévitable bandeau publicitaire qui s’affiche dans la partie droite de mon écran, juste en-dessous du lien qui permet d’accéder à l’écoute d’une émission de la station. Sauf que le bandeau publicitaire qui apparaît n’est pas du tout anodin : il s’agit d’une publicité… pour la manifestation anti-mariage pour tous !

culture manif

(Site de France Culture : copie d’écran du 17 mars 2013)

Quand on clique sur le lien diffusé par le site, on tombe en effet directement sur une page intitulée « Soutenir la manif pour tous », et qui permet de faire un don en ligne à ce collectif :

culture manif 2

Cette publicité est révoltante pour tous les citoyens (66% des Français) qui soutiennent l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. S’agit-il d’un choix délibéré de France Culture, qui fait alors volontairement de la publicité pour ce mouvement osant comparer explicitement le gouvernement Hollande aux pires dictatures des 50 dernières années ? S’il s’agit à l’inverse d’un acte involontaire, France Culture n’a-t-elle pas les moyens de filtrer correctement les publicités qu’elle impose aux internautes venus parcourir son site ?

En tous les cas, il est honteux qu’une station de radio publique, qui fait partie de Radio France, diffuse sur son site des publicités pour un mouvement qui s’oppose, avec une virulence absolument disproportionnée, aux réformes sociétales engagées par l’Etat pour établir l’égalité entre les couples de même sexe et les couples hétérosexuels ! Il n’est pas concevable que France Culture, qui veut être une radio de qualité, fasse de la réclame pour un mouvement qui appelle à des actes illégaux, et en particulier à occuper des lieux de Paris pour forcer le gouvernement démocratiquement élu à retirer une loi déjà votée en première lecture à l’Assemblée nationale.

En tant qu’auditeur de la radio, je suis surpris par cette publicité, qui ne correspond pas à l’image jusque là plutôt positive que j’avais de la station. En tant que LGBT, je suis blessé par le choix de France Culture de faire de la publicité pour ce mouvement qui appelle à la violence et au rejet des couples de même sexe. En tant que citoyen, je suis choqué par le soutien d’une radio publique à un mouvement qui appelle au refus des règles démocratiques et à la lutte contre l’égalité des droits.

Pour toutes ces raisons, je demande donc à France Culture de supprimer cette publicité, et de présenter ses excuses pour cette incroyable maladresse.

Fiction | France | Homophobie | Mariage | Politique | 15.03.2013 - 11 h 58 | 12 COMMENTAIRES
La Barjot s’en va-t-aux Champs : le manuscrit retrouvé

Étiquettes : , , , , , ,

Le vendredi, c’est lecture, détente et culture pour préparer le week-end ! Or, une découverte importante dans l’histoire du théâtre vient d’être faite cette semaine par un spécialiste de la littérature du 19eme siècle. En effet, un manuscrit daté de 1883, et signé de la main d’Eugène Labiche ou de Georges Feydeau (les analyses graphologiques sont en cours), vient d’être retrouvé, plié en quatre dans la doublure d’un fauteuil Voltaire qu’il venait d’acheter auprès d’un brocanteur.

L’intrigue en est simple : une mondaine excentrique et croyante, répondant au nom de Frigide Barjot, compte prendre d’assaut les Champs-Elysées. Pour cela, elle réunit autour d’elle un certain nombre de bourgeois maladroits, qui se laissent entraîner par son plan de conquête, et finissent par se fâcher avec la préfecture de police.

Voici le début de la pièce, retranscrit à partir du manuscrit original par notre expert littéraire.

La Barjot s’en va-t-aux Champs, Pièce en trois actes

Acte ILa scène représente le bureau spacieux d’un appartement cossu du XVe arrondissement de Paris. Assis autour d’une table, les principaux responsables de la Manif pour tous débattent avec quelques-uns de leurs invités, conseillers et mécènes. Au lever du rideau, Frigide Barjot se lève et lance des liasses de papiers en l’air, d’un air très énervé.

Frigide Barjot – Faut arrêter maintenant ! Ca fait des heures qu’on discute !

Laurence Tcheng – Mais, Frigide, on vient à peine de commencer…

Frigide Barjot – Ca fait des heures, j’te dis ! De toute façon, dès que Derville se met à parler, on a l’impression que c’est des journées qui passent. On n’est pas à l’Assemblée ici ! Derville, si tu te prends pour Mariton, t’as qu’à mettre des pulls mauves, et on n’en parle plus !

(Tugdual Derville fait mine de vouloir parler, mais Frigide Barjot reprend la parole aussi sec.)

Frigide Barjot – De toute façon, c’est tout vu ! Maintenant, assez de blabla : moi je m’en fous, je prendrai les Champs, que la Préfecture le veuille ou non ! On est en démocratie, alors c’est pas un préfet qui va m’interdire de marcher sur les Champs ! Les Champs, c’est le haut lieu de la culture et de la tradition française! ! Alors, avec ma carrière dans la chanson et le cinéma, si moi je représente pas la quintessence de l’élégance à la française, je veux bien me pendre !

Christine Boutin (tout bas) – Ouais, des promesses, toujours des promesses…

Xavier Bongibault – Non mais c’est évident que Frigide a raison.

Philippe Brillault – Ecoutez, on ne va pas recommencer avec cette histoire ! Mes administrés du Chesnay s’inquiètent : à neuf jours de la manif, il n’y a toujours pas de trajet ! Si la préfecture refuse toujours de nous laisser les Champs, il va bien falloir trouver autre chose.

Frigide Barjot – Toi, tu n’as même pas été capable de nous pondre une pétition qui tienne la route, alors fais-toi discret !

Xavier Bongibault – Là, ouais, Frigide a raison.

Claude Bébéar – Il faudrait tout de même s’assurer qu’il n’y aura pas de casse. J’ai une agence sur les Champs, moi, je n’ai pas envie qu’elle soit vandalisée. Après, il peut y avoir des accidents, ça c’est pas grave : ça incitera les gens à souscrire des contrats « Soin, dépendance et invalidité », dont (il sort un énorme dossier de feuilles de son attaché-case) j’ai ramené quelques exemplaires au cas où il vous arriverait quelque chose. On ne sait jamais : la souscription n’est pas chère, je peux même vous faire une remise de 10%, et…

Frigide Barjot – Je vous dis que je prendrai les Champs ! Que vous le vouliez ou non ! Vous êtes des lâches ! Des incapables ! Des…

Claude Bébéar – Eh oh, du calme. Avec tous les sous que je donne, j’ai quand même le droit de donner mon avis.

Tugdual Derville – Claude et Philippe ont raison, il faut arrêter avec cette histoire : les fidèles sont un peu décontenancés et ne savent pas s’ils vont venir.

André Vingt-Trois – Ca c’est vrai ! En province, les collègues sont même en train de se demander si ça vaut vraiment le coup de faire décaler les messes pour que les gens aient leur dimanche matin de libre. Dans la France rurale, il y a plein de cardinaux qui disent que ça fait faire des heures supplémentaires le samedi soir, sans compter la fatigue des trajets en bus. Il faut se décider pour un trajet, et respecter la préfecture.

Frigide Barjot – M’en fous ! On doit aller sur les Champs ! Vous êtes des pantins ! Des guignols ! Des ahuris !

Xavier Bongibault – Frigide a raison.

Basile de Koch – Du calme, chérie…

Xavier Bongibault – Tout ça à cause de ce collabo d’Hollande. Il est pire que Hitler, hein ! Vous voyez, j’avais raison !

Claude Bébéar – Finalement, on n’aurait pas dû écouter Christine. L’histoire du printemps arabe et de prendre une place de Paris pour se faire entendre, c’était une mauvaise idée.

Christine Boutin – Ca va me retomber dessus ! Elle est bonne, celle-là ! Ce n’est pas moi qui ai choisi une comique-troupière pour représenter un mouvement sérieux comme le nôtre. On vit une crise de civilisation qui va mettre fin à l’humanité et aux droits de l’homme, et on nous sort une saltimbanque écervelée pour défendre notre opinion ! Vous croyez que ça me plaît, à moi, de défiler avec des ballons saugrenus, entourée de gens qui n’ont rien compris à ce qu’on raconte et sur de la musique braillarde ?

Frigide Barjot – Ne nous divisons pas. Moi je dis que tu as eu raison, Christine. C’est pas parce que t’es has been que t’as plus de ressources. (Chrstine Boutin veut répondre, mais Frigide Barjot se met à crier) On va prendre une place ! On va faire le Printemps arabe ! On part à la conquête des Champs, comme en 44 !

Tugdual Derville – Parti comme c’est, on va surtout prendre la fuite. Ou se prendre un rateau de plus, après ton livre qui a fait un flop et la pétition qui n’a servi à rien.

(Christine Boutin rit discrètement.)

Laurence Tcheng – Bon, on leur propose quoi, comme trajet, à la préfecture, alors ? On passe par le vingtième et la banlieue ? C’est ça que vous voulez ?

Tous – Ah non, pas la banlieue !

Philippe Brillault – La ruralité, ça va bien comme ça, hein : moi, j’ai déjà le Chesnay.

Christine Boutin – Eh bien moi, j’ai eu Rambouillet ! Alors dans l’abnégation, je suis celle qui est allée la plus loin ! D’ailleurs…

Frigide Barjot (qui fulmine) – On prend les Champs, on prend les Champs, on prend les Champs !

Xavier Bongibault – Frigide a raison.

Claude Bébéar – Bon, c’est fini, le perroquet ?

André Vingt-Trois – Je vais réunir les conseillers juridiques de l’archevêché, et nous allons voir ce qu’ils peuvent faire. Il faut aussi que je rappelle François pour lui demander un service

Frigide Barjot – Tu appelles Hollande ? Tu lui dis qu’il doit retirer la loi Taubira ! Et je veux le rencontrer immédiatement !

Xavier Bongibault – Et tu lui dis que c’est un collabo ! Un nazi ! Un Hitler !

André Vingt-Trois – Mais non, j’appelle le pape, Bergoglio.

Tous – Le Saint Père !

Christine Boutin – Oui, eh bien là c’est carrément l’aide du Saint-esprit qu’il nous faudrait…

André Vingt-Trois – Allons, la séance est levée, la messe est dite, et bonsoir chez vous !

(Le rideau tombe. Fin du premier acte.)

Famille | France | Homophobie | Livres | Mariage | Medias | People | Politique | UMP | 12.03.2013 - 10 h 23 | 29 COMMENTAIRES
Malgré le retrait officiel de son livre, Frigide Barjot continue à le vendre selon le Parisien

Étiquettes : , , , , , , ,

Photo prise à Compiègne (60) par le Parisien.

Selon Le Parisien, Frigide Barjot continue à vendre son livre « Touche pas à mon sexe » (éd. Mordicus). Suite à une faute juridique d’importance, sa maison d’édition avait pourtant pris l’engagement solennel de retirer cet ouvrage des ventes. Si cette affirmation est vraie, cela signifie donc que l’engagement pris depuis la fin du mois de janvier par Frigide Barjot et sa maison d’édition n’a pas été respecté.

Lundi 11 mars, les principaux responsables de la manif contre le mariage pour tous, parmi lesquels Frigide Barjot, Xavier Bongibault, Laurence Tcheng et Philippe Brillault étaient réunis à Compiègne. Ils y animaient une réunion publique destinée à mobiliser la population contre le mariage pour tous. Entre 600 et 1000 personnes étaient présentes, accueillies par le sénateur-maire de la ville Philippe Marini.

A cette occasion, l’édition de l’Oise du Parisien, dont des journalistes étaient présents sur les lieux, a envoyé un tweet assez étonnant, en direct de la réunion, photo à l’appui :

#Manifpourtous à Compiègne. Les livres de Frigide Barjot se vendent comme des petits painspic.twitter.com/VBV1c2QN9Q

En effet, des dizaines d’exemplaires du livre étaient disponibles ce soir-là pour les militants qui désiraient s’en procurer. Or, cela est totalement contraire aux engagements des éditions Mordicus, qui avaient déclaré, 15 jours après la parution du livre, qu’elles retiraient cet ouvrage des ventes. Cette décision était obligatoire, puisque le titre choisi pour l’ouvrage de F. Barjot avait déjà été déposé bien auparavant par d’autres éditions : en l’occurrence, il avait été choisi pour le livre rédigé par le chirurgien Gérard Zwang, consacré au sexe féminin et paru en 2012.

Pour éviter des poursuites, l’éditeur et Frigide Barjot avaient donc accepté de cesser toute vente directe de la part de l’éditeur, de le retirer des circuits de diffusion classiques (librairies, vente en ligne), mais aussi d’en arrêter toute commercialisation par quelque biais que ce soit. On ne peut donc que s’étonner de la phrase « Les livres de Frigide Barjot se vendent comme des petits pains », alors que le livre en question est officiellement retiré des ventes, et ne devrait plus être mis à disposition !

I semblerait donc, à en croire le Parisien, que Frigide Barjot et son éditeur pensent pouvoir contourner l’engagement au retrait du livre, en profitant de ces réunions publiques pour vendre le livre malgré tout. Si les informations du Parisien sont vraies, aucun des quatre responsables présents ce soir-là ne pouvait ignorer ce procédé, et il est très étonnant qu’un homme politique comme le sénateur-maire Philippe Marini cautionne de telles ventes sauvages, non seulement en sa présence, mais qui plus est dans un lieu public dont il a, en tant que maire, la responsabilité pleine et entière.

Education | France | Homophobie | Mariage | Politique | 07.01.2013 - 19 h 23 | 0 COMMENTAIRES
Débats sur le Mariage pour tous en milieu scolaire : l’enseignant Philippe Arino peut-il outrepasser les consignes du ministre ?

Étiquettes : , , , , ,

Philippe Arino est enseignant d’espagnol dans l’enseignement secondaire. Il est en disponibilité durant toute l’année scolaire 2012-2013 pour aller prêcher contre le mariage pour tous, bien qu’il se dise lui-même homosexuel. Il sert ainsi, en menant un très grand nombre de conférences à travers toute la France, le combat mené par l’Eglise catholique contre l’égalité des droits.

En plein débat sur la nécessaire neutralité de l’enseignement face aux questions de société, et alors même que Vincent Peillon a rappelé l’importance de la lutte contre l’homophobie dans les établissements scolaires, il s’avère que Philippe Arino est invité à parler dans deux lycées au début de l’année 2013. Il sera le vendredi 25 janvier 2013 au Lycée privé sous contrat Thérèse Chappuis (Paris), et le mercredi 06 février, il tiendra une conférence sur le thème du plaisir (!) au Lycée Kléber (Strasbourg).

Est-il acceptable qu’on invite dans des établissements scolaires, privés comme publics, un enseignant qui écrit sur son site : « Je sais que l’homosexualité est une blessure d’orgueil, qui donne raison à la peur » ? Est-il tolérable, alors même que Vincent Peillon a appelé les recteurs d’académie à la plus grande vigilance pour protéger les jeunes homosexuels de toute déclaration homophobe, qu’on accueille en milieu scolaire un intervenant, qui plus est enseignant lui-même, qui écrit : « Toute personne homosexuelle, je crois, connaît tacitement le contexte peu glorieux de l’émergence de son désir homosexuel. Sa genèse boueuse. » ? Peut-on inviter dans les établissements l’auteur des outrances suivantes : « les quelques militants pro-mariage-pour-tous et gay friendly […] s’engluent dans l’image, l’orgueil, la peur et le terrorisme » ?

Voici quelques citations complémentaires de Philippe Arino, pour montrer quel type de personnage s’apprête à pérorer devant les jeunes, dans le cadre scolaire. Toutes ces citations sont consultables sur son site, rubrique « Je l’ai dit » :

« L’homosexualité, c’est exactement comme l’obésité : il y en a certains qui ne l’ont absolument pas choisie et qui n’y sont pour rien ; il y en a qui à la fois l’ont subie et qui s’y installent ; d’autres qui en sont totalement responsables par leurs comportements […] ;

Il n’y a pas plus homophobes que les personnes homosexuelles (assumées ou refoulées) car le désir homosexuel est contre lui-même ;

C’est d’ailleurs un travail de démonologue que j’ai tenté de faire en traitant dans mon livre de la merde, du mal, des satanismes collectifs, des dictatures et des dictateurs, des techniques amoureuses homosexuelles et des paradoxes du libertin, des manoeuvres et du cheminement bien-pensant du diable. Nous avons à nous frotter au mal (sans agir pour autant comme lui). ;

Fier d’être « homophobe » tel qu’ils l’entendent…

Le désir homosexuel est trop faible et trop éloigné du Réel pour mériter le nom de désir

Toute personne homosexuelle rejette, de par son désir, LA Différence fondamentale à qui elle doit son existence : la différence sexuelle (et finalement, on se rend compte, en observant les modes de vie des personnes homosexuelles, que le rejet de cette différence-là s’étend bien souvent à d’autres différences humaines, moins fondatrices). Non : la plupart des personnes homosexuelles ne sont pas des amis de la différence.

Je crois que le désir homosexuel est une blessure […] La blessure est la marque du mal, le signe du péché

Tous ceux qui pratiquent les actes homosexuels sont homophobes. Que ça leur plaise ou non. C’est un constat que je fais sans arrêt. Ça ne loupe jamais. »

Enfin, faut-il rappeler que Philippe Arino prône l’abstinence complète de relations sexuelles pour toutes les personnes homosexuelles, principe qu’il résume par le slogan suivant : CONTINENCE POUR JÉSUS = VIE GAY JAMAIS DÉÇUE ?Lui-même, toujours sur son site, se vante de l’influence qu’il peut avoir sur les jeunes : « mon témoignage en tant que continent homosexuel avait un fort impact sur les jeunes ».

Si Vincent Peillon tient à rester crédible en tant que ministre de l’Education, il doit demander aux recteurs d’Académie concernés de s’opposer aux interventions de Philippe Arino dans les établissements scolaires. A défaut, la parole de Philippe Arino viendra faire souffrir, en milieu scolaire, les jeunes LGBT à qui elle sera imposée par leurs propres enseignants, et elle méconnaîtra le principe de neutralité dont le ministre lui-même a rappelé l’importance à l’ensemble de la communauté éducative.

Discriminations | France | Homoparentalité | Homophobie | Internet | Mariage | Medias | 30.11.2012 - 00 h 12 | 23 COMMENTAIRES
Lutte anti-droits LGBT : la journaliste Emmanuelle Duverger assimile les LGBT… aux forces nationales-socialistes d’Adolf Hitler !

Étiquettes : , , , ,

Emmanuelle Duverger se présente comme essayiste et journaliste. Dans les milieux médiatiques et politiques, elle est surtout connue pour être l’épouse de Robert Ménard, avec qui elle a rédigé l’essai polémique « Vive le Pen ! » (éditions Mordicus). Or, elle vient de s’illustrer par une initiative d’un goût plutôt douteux. Sur le site Boulevard Voltaire, où son mari Ménard s’exprime souvent, elle a réagi à la dispute qui a opposé l’animateur Benoît Duquesne au sénateur-maire du 19eme arrondissement de Paris Roger Madec. Et l’illustration qu’elle a choisie pour son article laisse plutôt pantois…

Rappelons que Benoît Duquesne a interviewé Frigide Barjot, opposante médiatique aux droits LGBT, dans les locaux de la mairie du 19eme, alors que Roger Madec ne lui avait pas donné l’autorisation d’utiliser les locaux de sa mairie pour accueillir cette personne précise. Le maire a donc décidé d’empêcher l’interview en coupant l’électricité, et donc la lumière, à l’équipe de tournage de Benoît Duquesne. Cela donne l’occasion à Emmanuelle Duverger de s’emporter, dans un article publié le soir même, contre la « Censure à la mode socialiste« .

Le texte de l’article est plutôt banal : l’essayiste se contente simplement d’égratigner Roger Madec, qualifié d' »apparatchik socialiste », de défendre Frigide Barjot qu’elle cite abondamment, et de s’en prendre à François Hollande, ironiquement désigné comme « grand démocrate ». Mais c’est l’illustration choisie qui attirera l’attention des internautes : vous pouvez la découvrir ci-dessus, en couleurs et en noir et blanc. Est-il bien raisonnable, Mme Duverger, d’apposer un badge aux couleurs du drapeau arc-en-ciel sur une photo d’Adolf Hitler (ici incarné par Chaplin) ?

On voit bien ce dont sont capables les partisans de Frigide Barjot : assimiler les LGBT à la folie meurtrière nationale-socialiste d’Adolf Hitler. Il faut n’avoir aucun respect pour les LGBT, ni aucune considération pour les victimes de la seconde guerre mondiale ou de la barbarie nazie, pour oser la réalisation de tels outrages et injures. Indiquons en outre, au cas où l’illustration ne serait pas assez parlante par elle-même, que l’image est intitulée « boulevard-voltaire-roger-madec-fascisme-gay« …

Lorsque l’on voit jusqu’à quels excès certaines essayistes sont prêtes pour défendre leurs égéries anti-LGBT, la conclusion à tirer de ce montage s’impose d’elle-même : Merci, Monsieur Madec, d’avoir coupé le sifflet à Frigide Barjot ! Et si jamais Emmanuelle Duverger se présente un jour à la mairie du 19eme en compagnie de Frigide Barjot et Benoît Duquesne, n’hésitez pas à aller encore un peu plus loin qu’aujourd’hui : coupez l’électricité comme ce jeudi matin, mais fermez aussi les volets, bâchez les fenêtres, et condamnez les portes, pour qu’ils ne sortent plus de leur pièce avant quelques mois…

Edit du 30.11.2012 (date de l’article) : pour être très précis, l’illustration représente bien Hitler joué par Charlie Chaplin dans Le dictateur (1940). Il s’agit d’un passage célèbre, où Hynkel (le nom du personnage représentant Hitler) prononce un discours expansionniste et antisémite :

Famille | France | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | Politique | Religion | 18.11.2012 - 00 h 01 | 18 COMMENTAIRES
Paris, 16 novembre 2012 : Vivez la conférence de Civitas… comme si vous y étiez.

Étiquettes : , , , , ,

Know your enemy !

Vendredi 16 novembre 2012, le président du mouvement Civitas, Alain Escada, tenait une conférence pour le Cercle de Réinformation Parisien dans le 7e arrondissement. Cette conférence avait été annoncée par une affiche qui avait fait grand bruit sur les réseaux sociaux (voir ci-contre). Pour celles et ceux qui aimeraient savoir ce qui s’y est fait et dit, nous avons la réponse. Voici donc, sans exhaustivité, les éléments notables de cette rencontre, en dix points brefs.

1) Idéologie correcte exigée

On ne rentre pas dans une conférence de Civitas comme dans un moulin. Un filtrage établi à l’entrée, jalousement gardée par quelques jeunes, était semble-t-il destiné à écarter tout partisan de « l’homofolie » (le mot est du gardien/videur sur place). A Civitas, on aime débattre, surtout quand c’est entre gens qui sont déjà d’accord les uns avec les autres.

Il est clair, en outre, que la Ville et Civitas craignaient des troubles éventuels, puisque quelques policiers encadraient la rue où la rencontre était prévue. L’un des spectateurs n’était cependant pas très inquiet : « Y aura pas d’homos ce soir. Ils ont mieux à faire un vendredi soir : ils baisent. De toute façon, y a 30 personnes en France qui soutiennent cette connerie de loi, ils vont pas venir tous ce soir. »

2) L’idole des jeunes

Alain Escada

Première mauvaise surprise : la salle, d’une cinquantaine de places, a été remplie. Deuxième surprise encore plus désagréable : parmi les présents figuraient, outre de très vieilles gens, un nombre non négligeable de jeunes : une bonne quinzaine de jeunes qui devaient avoir entre 16 et 20 ans. Ces jeunes BCBG avaient une admiration non dissimulée pour Alain Escada, et souriaient avec intérêt à chacune de ses outrances.

3) Grands discours et mauvaise soupe

Alain Escada est un piètre orateur. Flanqué d’un lourd dossier qui comprenait toutes ses notes, il lisait laborieusement son texte durant son exposé, et se montrait hésitant lors des réponses aux questions. Pire encore, il n’a su que reprendre, parfois mot pour mot, des anecdotes, exagérations et mensonges qu’il avait déjà utilisées à La Madeleine (Nord-Pas-de-Calais) un mois auparavant ! Ces discours de l’âge de glace ont, bien étrangement, un désagréable goût de réchauffé…

4) Les grands phares de la pensée

Christian Flavigny

Quand Alain Escada parle, il pense rarement par lui-même. Il préfère citer, durant des dizaines de minutes, des personnalités diverses et variées dont il est très fier d’affirmer qu’elles pensent comme lui. Sont ainsi convoqués, par exemple : Lionel Jospin, François Fillon, Philippe Arino, Benoît XVI, Edwige Antier... Alain Escada s’attarde en particulier sur le pédopsychiatre Christian Flavigny, à tel point qu’il semble sous-entendre que ce dernier n’est pas du tout en désaccord avec Civitas, bien au contraire. Libre à chacune des personnalités citées de confirmer ou d’infirmer leurs affinités avec Civitas. Enfin, s’inspirant, comme on le voit, des plus grands penseurs, Alain Escada se vante également d’avoir influencé lui-même des polémistes médiatiques comme Yvan Rioufol, Eric Zemmour et Robert Ménard.

5) Des chiffres et des lettres

A Civitas, on aime les chiffres, et on le montre. Âmes sensibles s’abstenir ! En voici quelques-uns, accompagnés éventuellement des conclusions qui les éclairent…

En France, il y aurait 20 000 familles polygames et 20 000 couples de même sexe élevant un enfant : si on légitime les familles homoparentales, on devrait donc légitimer les familles polygames. En Espagne, la comparaison de 800 études internationales aurait montré que les couples homos seraient instables, perturberaient leurs enfants et menaceraient la construction de la « sexualité normale de l’enfant ».

Aux USA, un homo aurait 8 partenaires par an tandis qu’un hétéro en aurait 1,2 par an. 85% des hétéros seraient monogames tandis que moins de 2% des homos seraient monogames. Aux Pays-Bas, un mariage homosexuel ne durerait qu’un an et demi, et durant cette période de mariage, chaque homosexuel(le) aurait 9 partenaires différents en un an et demi !

Du point de vue des lettres, Alain Escada ne se gêne pas pour reprocher aux LGBT de « réinventer » le vocabulaire avec des expressions comme « mariage pour tous » et « égalité des droits », tout en se livrant lui-même à un curieux exercice : désigner les couples de même sexe et les familles homoparentales en n’employant jamais les mots « couples » et « familles ». Ainsi, deux personnes de même sexe ne peuvent former au mieux qu’un « duo », et ne constituent jamais un couple selon lui…

6) La stratégie de l’épouvantail

Qu’on le sache : Civitas a pour but assumé et revendiqué de faire peur, et peu importe comment. Apprenez par exemple que les enfants élevés par deux hommes ou deux femmes seraient plus que tous les autres sujets au stress, à la boulimie, à l’auto-mutilation, au suicide, à l’anorexie, aux drogues, et aux risques d’abus sexuels. C’est évident et incontestable, puisque c’est Mark Regnerus qui le dit !

« Mais c’est pas tout, mais c’est pas tout ! », comme le dit Bourvil dans une chanson célèbre. Apprenez encore que les enfants élevés par deux hommes ou deux femmes « ont un risque de déconstruction de leur sexualité » et « sont déterminés vers l’homosexualité ». Escada est formel : « 36% des enfants élevés par des couples de femmes ont des tendances homosexuelles ».

« Mais c’est pas tout, mais c’est pas tout  » ! Citons encore Escada : « 29% des enfants élevés par des couples de même sexe ont avoué avoir entretenu des relations avec un de leurs parents adoptifs« . Une dame à côté de moi a poussé un cri en entendant cela. J’aurais voulu pousser un cri également, mais pas pour les mêmes raisons…

L’anecdote préférée d’Alain Escada, que nous intitulerons « Jean a quatre papas« , fait mouche à tous les coups : cette fiction cousue de fil blanc, grâce à laquelle l’orateur maladroit tente de montrer que l’homoparentalité pourrait donner quatre pères à un enfant appelé Jean, ne manque pas de faire pousser des cris d’horreur aux militants épouvantés.

Il ne faudrait pas oublier non plus l’histoire édifiante que nous appellerons « Les lesbiennes sourdes« , et que nous citons ici de mémoire : deux lesbiennes militantes aux USA auraient exigé une insémination dont le donneur serait issu d’une famille de sourds depuis trois générations, pour être sûres que l’enfant soit sourd comme elles ! A ce point-là, l’auditoire ne contient plus son indignation contre les homos, qui font tous preuve, selon l’orateur lui-même, d’un « égoïsme dégénéré« .

7) L’APA et les papas : les homos sont partout.

La grande majorité des études scientifiques est favorable à l’homoparentalité. Alain Escada a une explication simple : c’est que l’APA, l’Association Américaine de Psychiatrie, serait « maîtrisée » par le « lobby homosexualiste », qui en contrôlerait les publications. L’ancien président de cette association lui-même aurait condamné cette association pour cette raison !

D’ailleurs, selon Escada, les « homosexualistes » se seraient infiltrés dans les lieux de pouvoir : il parle à plusieurs reprises de ces « homosexuels notoires » qu’il cite nommément, au premier rang desquels se trouve Christophe Chantepy, directeur de cabinet de Jean-Marc Ayrault.

8) Un invité de marque ?

Installé confortablement au fond de la salle, j’ai bien cru apercevoir dans les premiers rangs la présence d’Etienne Pinte, ancien maire de Versailles et ancien député des Yvelines. Mais, sur ce point, je dois avouer ma grande incertitude, car du fond de la salle, je n’ai pas forcément bien distingué le visage d’Etienne Pinte ou de la personne que j’ai prise pour lui.

9) N’oubliez pas le guide !

Alain Escada a répété à satiété qu’il a publié, il y a quelques semaines, un livre qu’il trouve fort bon, et dont il recommande vivement l’achat à toutes les ouailles qui l’écoutent. Surtout, ne l’achetez pas, même par curiosité : non seulement vous auriez tort de lui donner vos sous, mais de toute façon, il base, de son propre aveu, le contenu de ses conférences sur son livre. Ce compte rendu ou ses conférences vous donnent donc un aperçu suffisant de l’ouvrage qu’il a commis : gardez vos sous pour aider SOS Homophobie, l’APGL ou la commission LGBT de votre parti de gauche préféré !

10) Le spectacle continue.

Même si Escada nous annonce la fin du monde, pour lui tout cela n’est qu’un début. En effet, il l’annonce fièrement : Civitas est en tournée dans toute la France jusqu’au mois de février, et la conférence de Paris n’est qu’une étape dans cette série de conférences.

Mais le ton est d’ores et déjà donné : Escada a l’intention de taper toujours plus fort. Il milite pour le retrait du projet de loi sur le mariage, mais il exige aussi et surtout… le retrait du Pacs !  Il exige l’application des propos de Benoît XVI, qui appelait à refuser le comportement homosexuel, et à s’opposer à toute forme d’approbation et de reconnaissance de ce comportement « de manière claire et incisive ».

Bonus : Ecrivons l’histoire ensemble.

A l’heure où j’écris ces lignes, la manifestation de Civitas prévue le 18 novembre 2012 commencera dans une douzaine d’heures. Une contre-manifestation est semble-t-il prévue à 14h30 au 14 avenue Duquesne, puis un sit-in, déclaré en préfecture, est organisé place Saint-Michel à 15h30. J’espère que la mobilisation de Civitas sera un échec, et que les protestations en faveur de nos droits sauront se faire entendre de manière légale et efficace.

Famille | France | Homoparentalité | Homophobie | Internet | Mariage | Politique | 03.10.2012 - 00 h 38 | 0 COMMENTAIRES
Paris 8e et Verrières-le-Buisson (91) : deux maires dérapent sur le mariage pour tous.

Étiquettes : , , , ,

On connaissait le permis de construire et le permis de démolir, délivrés par les mairies de France. François Lebel, maire du 8e arrondissement de Paris, et Bernard Mantienne, maire de Verrières-le-Buisson (Essonne), viennent de créer le permis de délirer, qu’ils se sont très généreusement octroyé à eux-mêmes.

La mairie du 8e arrondissement

François Lebel, maire du 8e arrondissement de Paris, n’y va pas avec le dos de la cuillère : pour le Huffington Post, ses déclarations sont même « pires » que les récents propos du cardinal Barbarin, qui établissait un lien direct entre mariage pour tous et pédophilie. C’est francetvinfo qui a lancé l’alerte en premier : dans l’éditorial du mensuel d’information locale « Paris 8e », publié par la mairie en octobre 2012, l’élu lance un édito incendiaire contre le mariage pour tous. Qu’on en juge par ces quelques extraits, qui mélangent allègrement fantasmes personnels, notions de paléoanthropologie mal digérées, et convictions religieuses à peine dissimulées :

Je ne procéderai, personnellement, à aucun mariage de cette nature. […] La reproduction sexuée est une constante du règne animal depuis des millions d’années et c’est pourquoi l’union entre deux sexes différents, le mariage, est l’objet d’une ritualisation, partout et toujours, depuis l’origine même de l’espèce humaine et même pré-humaine

La liste des plaies mortelles qui vont s’abattre sur le monde vient ensuite, dans un interminable inventaire à la Prévert, qui constitue un flot incessant d’absurdités plus énormes les unes que les autres. Polygamie, pédophilie, consanguinité, inceste… : on sent que Monsieur le Maire; suite à un brainstorming intense, a voulu être exhaustif, et rendre une copie parfaite dans laquelle il n’oublierait aucun des cataclysmes à venir, dont les homos seront responsables !

Si le tabou immémorial du mariage hétérosexuel vient à sauter, qui et quoi s’opposera désormais à ce que d’autres tabous le concernant, bien moins anciens, bien moins universels, ne tombent à leur tour ? Par exemple : Comment s’opposer demain à la polygamie en France, principe qui n’est tabou que dans la civilisation occidentale ? Pourquoi l’âge légal minimum des mariés serait-il maintenu ? Et pourquoi interdire plus avant les mariages consanguins, la pédophilie, l’inceste qui sont encore monnaie courante dans le monde ?

La conclusion est sans appel, et témoigne d’une forme aiguë d’auto-persuasion, qui amène le maire à achever sa tribune délirante… sur la mort de la civilisation (rien que ça !) :

C’est pourquoi, dans une société qui n’a plus comme règle que l’hédonisme de chacun, les pires dérives sont non seulement possibles, mais certaines. La porte est désormais ouverte au spectacle mortel pour la civilisation du mariage légal de tout le monde avec n’importe qui pour faire n’importe quoi !

J’ai deux mauvaises nouvelles pour vous, Monsieur Lebel : les LGBT ne sont pas « n’importe qui », mais, en revanche, vous dites bien « n’importe quoi ».

L’hôtel de ville de Verrières-le-Buisson

Bernard Mantienne, maire de Verrières-le-Buisson (Essonne), n’est pas en reste. Il renchérit dans une « lettre ouverte au président de la République« , qu’il a publiée sur le site de sa commune. Lui non plus n’a peur de rien – et de mauvaises langues, dont nous nous désolidarisons, diraient sans doute que c’est à cela qu’il veut qu’on le reconnaisse.

Au mépris de tous les sondages, il affirme que cette décision est simplement « appuyée par une minorité », qu’elle constitue « une erreur et une faute », et qu’il faut s’y opposer car « la famille normale est le socle de la société » (on appréciera l’adjectif « normal » pour désigner les hétérosexuels).

Pour Bernard Mantienne, ouvrir le mariage aux couples de même sexe est en outre une « atteinte à la loi naturelle« . Il est pour lui évident que cette réforme « ouvrirait la voie à toutes sortes de dérives« . L’ex-sénateur de 79 ans est cependant plus malin que son cadet parisien : il se garde bien de préciser ce qu’il entend par « toutes sortes de dérives » ! Mais cette façon de faire est peut-être pire : on peut en effet imaginer toutes les « dérives » que l’on veut : pédophilie, viols, incestes, mariages blancs, zoophilie, décadence de la civilisation, invasions de sauterelles, et multiplication sauvage des concerts de Mireille Mathieu.

Cependant, comme aux plus beaux jours des débats sur le Pacs, la menace d’une guerre civile est brandie par Bernard Mantienne comme l’argument ultime qui devrait nous faire tous reculer : « Notre pays a besoin de sérénité et de certitude ; vouloir lui imposer un choc sociétal, c’est prendre un risque d’instabilité » ; « les inquiétudes du monde et ses angoisses sont telles qu’il paraît superflu d’ajouter encore le trouble là où menace déjà la tempête » ; « nous sommes au coeur d’une conception de la société ébranlée par des projets qui, je le crains, […] la rendront plus fragile et plus perturbée« .

Ces déclarations regrettables rejoignent celles d’autres maires, qui ont cru indispensable d’affirmer dans la presse qu’ils ne célèbreront jamais de mariage entre deux hommes ou entre deux femmes – par exemple en Corse ou dans la région Centre. Tous ces maires savent-ils qu’ils ont, parmi leurs administrés, des couples de même sexe qui n’aspirent qu’à être reconnus comme les autres couples ? Et savent-ils qu’ils ont, dans leur ville ou leur arrondissement, de jeunes LGBT, qui s’interrogent sur leur identité, qui construisent leur confiance en eux-mêmes, et qui assistent, impuissants et fragiles, à ces débats d’une violence inouïe ?

S’ils ne le savent pas, ce sont des ignorants ; et s’ils le savent, ce sont des criminels.

***

Mise à jour le 03 octobre 2012 : l’Association des Familles Homoparentales (ADFH) a publié ce mercredi 03 octobre un très bon communiqué de presse suite aux propos du maire du 8e arrondissement : « François Lebel, vous avez oublié la zoophilie ! ». L’association y déclare notamment : « Certains dont François LEBEL, ignorent ces règles élémentaires de conduite qu’un officier d’état civil se devrait d’appliquer dans l’exercice de sa fonction ». Elle remarque que « le financement de son Edito est assuré par l’impôt local » et elle « s’étonne de l’utilisation de fonds publics (bulletin municipal) par le Maire du VIIIe Arndt pour véhiculer ses idéaux personnels, sans rapport avec la vie de son arrondissement, n’étant pas parlementaire lui-même ».

François Fillon, interrogé ce matin sur France Inter par Patrick Cohen, a refusé de condamner les propos de François Lebel. Il a préféré éluder la question en critiquant plutôt le gouvernement et les partisans du mariage pour tous, par des déclarations pour le moins confuses :

Dans le climat politique, social, économique qui est le nôtre, on va assister à la multiplication de ce genre d’arguments dans les deux sens, des deux côtés. On va voir les Français se diviser très profondément et d’une certaine façon s’insulter. On va voir l’homophobie remonter. Je trouve que le moment est mal choisi et la méthode est mal choisie. […] Au moins pourrait-on se donner, comme on le fait pour les lois de bioéthiques, un vrai délai de réflexion, de travail, de débat, qui jusqu’à maintenant n’a pas été conduit. […] Ce qui renforce l’homophobie c’est le débat qu’on va avoir. La formule que vous venez de citer, elle a été utilisée par un évêque [monseigneur Barbarin], il n’y a pas très longtemps qui est plutôt un évêque que la gauche vient souvent chercher au secours quand ça l’arrange, quand il s’agit des Roms, d’un certains nombre de sujets. Vous avez de l’autre côté des lobbys qui vous explique toute la journée qu’il y a des études psychiatriques que personne n’a jamais vérifiées qui montrent qu’il n’y a pas de sujet. Moi je dis qu’il y a un sujet.

Anne Hidalgo, candidate aux élections municipales de Paris en 2014, a déclaré : « Les propos consternants de M. Lebel sont à l’image de la droite parisienne : archaïques, déconnectés des attentes et de la vie des Parisiens. Pour ma part, j’espère de tout coeur célébrer très vite à Paris, les mariages de toutes celles et tous ceux qui s’aiment ».

Ian Brossat, président du groupe PCF/PG au Conseil de Paris, a également réagi : « Les propos consternants de M. Lebel sont à l’image de la droite parisienne : archaïques, déconnectés des attentes et de la vie des Parisiens. Pour ma part, j’espère de tout coeur célébrer très vite à Paris, les mariages de toutes celles et tous ceux qui s’aiment ».

Associations | Famille | France | Homophobie | Mariage | Religion | 30.09.2012 - 16 h 18 | 1 COMMENTAIRES
Pour lutter contre le mariage pour tous… ils ne mangeront pas le 31 octobre 2012 !

Étiquettes : , ,

Dernière idée en date pour lutter contre le mariage pour tous : ne pas manger durant une ou plusieurs journée(s) !

C’est le site chrétien intégriste le Salon beige, repris par Chretiente.info, qui nous en avertit. L’auteur, qui écrit sous le pseudonyme de Michel Janva, nous annonce que, pour combattre ce qu’il appelle « la dénaturation du mariage », certains ont lancé un très sérieux « appel à une journée de jeûne le 31 octobre« .

Voici quelques extraits de la Déclaration de la Famille missionnaire l’Evangile de la Vie, « sur la gravité des enjeux sociétaux actuels et les réponses que pourraient y apporter les chrétiens et tous les hommes qui cherchent la vérité » :

Le mal qui ronge nos démocraties postmodernes est un « relativisme culturel qui se révèle dans sa nature comme un système favorable à la décadence et à la dissolution de la raison et des principes de la loi morale naturelle  ». […]

Système dominant et monopolistique, le relativisme éthique postule que toutes les conceptions du bien, tous les choix moraux concernant la vie de l’homme, se valent et sont soumis à des orientations variables et transitoires. L’éthique est absolument autonome, émancipée de toute catégorie morale fondamentale et de tout invariant anthropologique. Nous sommes dans une crise du fondement […].

Un des symptômes les plus alarmants de cette mentalité relativiste et positiviste est la désintégration que sont en train de subir des concepts aussi fondamentaux pour la civilisation que ceux de personne, de famille et de dignité avec des effets redoutables sur le respect de la vie humaine, la protection de l’institution du mariage ou la liberté d’éducation des parents. […]

Pour entrer dans l’Espérance, nous implorons le Ciel, pour le sort de notre Humanité et de notre Civilisation, pour l’avenir de nos enfants,  pour le salut des âmes. La Famille Missionnaire l’Evangile de la Vie invite à une journée de jeûne, le 31 octobre prochain […] »

Cette date n’a pas été choisie au hasard : c’est en effet le 31 octobre 2012 que le projet de loi sur le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe devrait être présenté en conseil des ministres.

Dans le même temps, un communiqué de Renaissance catholique rappelle également, par une citation de Jean-Paul II, qu’il faut prier et jeûner pour s’opposer à l’égalité des droits, en présentant la prochaine Marche pour la Vie qui aura lieu à Paris en octobre 2012 :

Le gouvernement issu des dernières élections a clairement manifesté son intention de continuer à s’attaquer à la famille dite traditionnelle et au caractère sacré de la vie humaine innocente. Sont ainsi annoncés pêle-mêle : le mariage homosexuel avec droit d’adoption pour les « couples » de ce type, la légalisation de l’euthanasie, l’autorisation de recherche sur l’embryon humain, l’augmentation des moyens consacrés à la promotion de l’avortement, l’accroissement des droits de succession… […]

La légitimité de cette marche de prière et de réparation nous semble justifiée par les propos du pape Jean-Paul II dans Evangelium vitæ (§ 100) : « Par son exemple, Jésus nous a montré que la prière et le jeûne sont les armes principales et les plus efficaces contre les forces du mal… Retrouvons donc l’humilité et le courage de prier et de jeûner pour obtenir que la force qui vient du Très-Haut, fasse tomber les murs de tromperie et de mensonges qui cachent aux yeux de nos frères et sœurs, la nature perverse de lois et de comportements hostiles à la vie« .

On prête à Pierre Desproges ces phrases volontairement provocatrices : « J’ai pas peur de l’avouer, j’avais quarante ans passés, eh bien, le jour de la mort de Brassens, j’ai pleuré comme un môme. J’ai vraiment pas honte de le dire. Alors que – c’est curieux – mais, le jour de la mort de Tino Rossi, j’ai repris deux fois des moules. »

Le matin du 31 octobre 2012, reprenez deux fois des céréales et des tartines, et pensez aux gens qui passeront leur journée sans boire ni manger, dans le seul espoir de lutter contre l’égalité des droits…

Adoption | Famille | France | Homophobie | Mariage | Politique | 23.09.2012 - 17 h 58 | 0 COMMENTAIRES
Enquête auprès des maires d’Indre et d’Indre-et-Loire : « Hors de question de marier des pédés ! Je ne le ferai pas ! »

Étiquettes : , ,

Une rue de La Châtre, dans l’Indre

Le journal La Nouvelle République a interrogé  une vingtaine de maires du département de l’Indre sur le thème du mariage pour tous. Malheureusement, les déclarations de certains d’entre eux ont donné lieu à des dérapages regrettables, qui ne font pas honneur à leur statut d’élu.

Certains avis devraient faire honte à ces représentants du peuple, qui ont décidé de ne pas représenter les LGBT. Parmi les pires propos :

Jacques Tissier, maire de Fontgombault : « Hors de question de marier des pédés ! Je ne le ferai pas. »

Et si deux hommes ou deux femmes viennent le voir pour les marier, l’élu ajoute : « Je leur répondrais pareil ! Ce n’est pas une réponse « spéciale Nouvelle République » que je vous fais. » Il reconnaît cependant qu’il autorisera l’un de ses adjoints à célébrer ce mariage : « Si l’un d’eux veut le faire, ce sera en son âme et conscience ».

Bruno Perrin, maire de Migny, allie avec aisance l’humour gras et l’ignorance : « Ça ne sera pas gai, je suis ce débat avec inquiétude, ça me parait être une anomalie. Ça me choque. Moralement, anatomiquement, physiologiquement, c’est contre-nature. L’homosexualité existe, c’est comme ça, mais de là à les marier devant la loi… »

Vanik Berberian, maire de Gargilesse-Dampierre, et président de l’Association des maires ruraux de France, est plus modéré. Malgré tout, il semble ignorer qu’il y a aussi des habitants des zones rurales qui sont LGBT : « Pour les maires ruraux, ce n’est vraiment pas un sujet. Bien sûr, ça me fera peut-être bizarre la première fois mais je m’y habituerai ! »

D’autres élus, heureusement, ont des avis plus nuancés, intelligents et réfléchis. Parmi eux, Michel Breteau, maire de La Buxerette, déclare : « Si la loi le permet, on le fera, pas de problème ». Claude Laubier, maire de Parnac, précise : « On ne peut pas être pour le mariage et être contre l’adoption, ça va ensemble ». William Peters, maire de Montlevicq, porte un regard politique sur la question : « Même à la section PS de La Châtre, personne n’a abordé le sujet. Mais la société évolue ; au début, le Pacs était très critiqué, regardez maintenant… ».

Enfin, deux maires du département, toutes deux des femmes, sont ouvertement favorables à cette loi, et argumentent en ce sens :

Chantal Cogne (Bouesse) : « Nous sommes peut-être plus ouvertes sur la question. Ça ne me posera pas de problème mais ce qui est différent peut effrayer les maires. »

Maryse Rouillard (La Motte-Feuilly) : «J’espère bien que le fait d’être une femme ne change rien à l’affaire. Quand deux personnes s’aiment, elles doivent pouvoir se marier ! »

Merci Mesdames ! Vous donnez de votre département une image plus juste et plus belle que la caricature incarnée par plusieurs de vos collègues masculins, qui n’ont manifestement rien compris aux problèmes que rencontrent au quotidien leurs administrés LGBT.

 

Vouvray, en Indre-et-Loire

La Nouvelle République a également interrogé plusieurs maires d’Indre-et-Loire. Le parti-pris du journal est très étonnant, puisque le journaliste Olivier Pouvreau a choisi de s’adresser surtout à des maires de droite, « car c’est là où la levée de boucliers est la plus virulente, même si à gauche il y a aussi quelques réticences ».

La palme de la muflerie revient sans conteste à un certain Jean Savoie (Pouzay) : « C’est politique, électoral, bobo et contre-nature ! Je n’ai rien contre l’homosexualité, mais imposer un tel mariage alors qu’on a déjà le Pacs, ça dépasse l’entendement ! » D’autres ne sont pas en reste. Ainsi, Philippe Briand (Saint-Cyr) fait preuve d’imagination : « J’appliquerai la loi, même si c’est dur à avaler. Pourquoi ne ferait-on pas comme pour le Pacs, célébrer ce mariage au tribunal ? ». Gérard Dubois (Marce-sur-Esves) donne au journaliste le jeu de mots qui lui servira de titre à son article : « On le célébrera, mais pas de gaîté de cœur ».

Malheureusement, ici, les femmes ne sauvent pas la mise aux hommes. Elles s’attendent même à vivre des sensations fortes ! Ainsi, Marie-Thérèse Viscière (Rivarennes) est un peu décontenancée : « A titre personnel, cela me fera tout drôle ». Son homologue Isabelle Sénéchal (Saint-Laurent-en-Gâtines) déclare qu’elle n’est « absolument pas prête et personnellement contre, mais je le célébrerai, en étant très inquiète la première fois« . A lire ces déclarations, on ne croirait pas qu’elles s’apprêtent à célébrer un mariage entre deux personnes qui s’aiment, mais à sauter en parachute ou à manger de la chauve-souris…

On regrette que le seul maire Front de Gauche cité semble défavorable à l’égalité entre les couples. En effet, Michel Cosnier (Château-Renault) pense que « ce serait plus simple de ne pas appeler cette union « mariage ». Il y a encore un petit blocage psychologique. »

L’article d’Olivier Pouvreau se conclut par ces déclarations, recueillies auprès de « la plupart des maires interrogés » : « Adoption, éducation des enfants, il faudra tout revoir ! », « on oublie les enfants dans cette histoire-là ». Vivement que le journaliste, par déontologie, réalise un second article sur ce thème, où il interrogera en majorité des maires de gauche…

Publicité