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Discriminations | Education | Homophobie | International | Islam | 14.09.2012 - 14 h 28 | 10 COMMENTAIRES
Malaisie : le ministre de l’éducation lance une liste de « symptômes » pour traquer et « corriger » les jeunes homos et lesbiennes

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Mohd Puad Zarkashi, ministre de l’éducation en Malaisie.

En Malaisie, le ministre de l’Education a donné des instructions claires aux enseignants et aux parents.

Le ministre Mohd Puad Zarkashi leur enjoint en effet de détecter, parmi leurs élèves et leurs enfants, les huit symptômes qui peuvent laisser penser qu’ils sont homosexuels. Si des enfants ont ces « symptômes », il faut leur accorder toute son attention, et bien sûr les corriger.

Voici les symptômes qui permettront de détecter les jeunes gays et lesbiennes :

Pour les gays :

  • Avoir un corps musclé, et montrer son corps par des cols en V et des vêtements sans manches,
  • Préférer les habits moulants et de couleur pâle,
  • Etre attiré par les hommes,
  • Aimer porter des sacs similaires à ceux des femmes.

Pour les lesbiennes :

  • Etre attiré par les femmes,
  • Se tenir à distance des autres femmes, sauf celles avec qui elles ont des relations,
  • Aimer sortir, manger et dormir en compagnie de femmes,
  • Ne pas avoir d’affection pour les hommes.

Ces instructions ont été délivrées au cours d’un séminaire sur les questions LGBT à destination des enseignants et des parents. Ce genre de séminaire est tenu à travers toute la Malaisie (Selangor, Kuala Lumpur, Perak…), et a pour objectif revendiqué de lutter contre l’homosexualité.

L’activiste Pang Khee Teik a accusé le ministre de vouloir répandre la haine, et l’avocate Fadiah Nadwa Fikri a rappelé que la Malaisie fait encore partie des pays du monde qui persécutent les homosexuels. Ce guide y contribue pleinement – et ce dès le plus jeune âge…

France | Homophobie | International | Islam | Justice | Medias | Musique | Non classé | People | Politique | Religion | 04.06.2012 - 01 h 17 | 25 COMMENTAIRES
Faut-il tolérer le dernier spectacle de Dieudonné au nom de l’humour et de la liberté d’expression ?

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Strasbourg, Marseille, Montpellier, Montréal, Bruxelles… : depuis quelques semaines, les différentes municipalités françaises et francophones ne savent plus comment gérer le « cas » Dieudonné. Spectacle annulé à Montréal, carrément interrompu par la police à Bruxelles, objet d’un vif procès à Montpellier, étudié de près par la préfecture à Strasbourg, jugé « pas désirable » par la mairie de Marseille… C’est un nouveau cas d’école qui se présente, en ce qui concerne la réflexion sur les limites de l’humour et de la liberté d’expression. Le dernier spectacle de Dieudonné, « Rendez-nous Jésus », sombre en effet, une fois de plus, dans le mauvais goût grotesque et l’excès écoeurant. 

Dieudonné, dans son dernier spectacle, s’en prend d’abord à la Gay Pride, puis à la communauté juive. En s’attaquant aussi bien aux homosexuels qu’aux Juifs, Dieudonné croit faire preuve d’humour, montrer un esprit rebelle et défendre les musulmans (qui ne lui ont rien demandé). En réalité, il ne fait que donner libre cours à une paranoïa hystérique, qui l’amène à dire : « Se moquer de la Gay Pride, c’est devenu blasphématoire, au même titre que la Shoah ». Mais, comme souvent, il confond la moquerie et l’injure…

Sur la Marche des Fiertés, l’humoriste auto-proclamé lance :

« C’est de la merde, la Gay Pride. […]

C’est un ramassis de poils, de vomi et de bière. »

Peu avant cette vidéo, Dieudonné s’est lancé dans une explication oiseuse selon laquelle Jésus était forcément homosexuel, la phrase « Aimez-vous les uns les autres » étant grosso modo le signe de ralliement d’une partouze homo. L’assimilation de l’ennemi religieux à l’homosexuel (et vice versa) est un procédé hélas fort courant…

Durant la vidéo ci-dessus, Dieudonné raconte sa traversée de la Gay Pride avec un petit garçon. Les propos gras à tendance homophobe s’y accumulent à la seconde. Quelques passages à la Bigard peuvent peut-être faire sourire, mais on ne comprend bien le but de ce sketch qu’en écoutant attentivement la fin de la vidéo… En effet, à la fin de cette séquence, Dieudonné en arrive à une comparaison particulièrement stupide entre la Gay Pride et les prières de rue des musulmans. Son but est clairement de faire interdire la première et de légitimer les secondes. Il remarque que la police tolère la Gay Pride, tandis qu’elle « charge » selon lui contre les musulmans qui prient dans la rue, « dans le 19e arrondissement ». Il commente : « Que tu t’encules dans le cadre d’un programme de la ville culturelle de Paris, on peut le comprendre, mais prier sans autorisation…! »

On perdrait son temps, et on ferait trop de publicité aux propos injurieux de ce has been, si on s’efforçait de lister toutes les ignominies que Dieudonné profère ensuite à l’encontre du peuple juif durant le reste son spectacle. Pour donner un exemple parlant, et suffisamment éprouvant à lui tout seul, il suffira de rappeler qu’à la fin de son spectacle, Dieudonné entonne sa chanson « Shoahnanas », dans laquelle il se moque de manière particulièrement odieuse de la déportation des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. On peut écouter, si on a le coeur bien accroché, ce morceau monstrueux de mauvais goût et de mépris :

Je préfère ne pas commenter cet extrait (la chanson originale est plus longue !), dont je ne parviens pas encore à m’expliquer qu’il puisse être, en spectacle, applaudi et repris en coeur par le public… L’horreur et la bêtise extrême laissent sans voix.

C’est bien sûr à Desproges qu’il faut laisser le dernier mot face à tout cela, en rappelant la phrase tellement juste de celui qui était un vrai humoriste :

On peut rire de tout… mais pas avec n’importe qui.

A l’heure où de jeunes Juifs ont été agressés à Villeurbanne, où les religions doivent apprendre à rester du domaine strictement privé sans empiéter dans la sphère publique, et où des partis politiques opportunistes tentent trop souvent de jeter l’opprobre sur des communautés (musulmans, juifs, LGBT…), il est à souhaiter qu’à l’avenir, ce spectacle nocif ne soit pas autorisé par les pouvoirs publics.

Homophobie | International | Islam | Religion | 03.06.2012 - 09 h 10 | 21 COMMENTAIRES
L’écrivain Abdellah Taïa chahuté par des dizaines d’islamistes à l’université d’El-Jadida

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L’écrivain franco-marocain Abdellah Taïa a déjà publié plusieurs romans aux éditions du Seuil, dans lesquels il aborde, entre autres, le thème de l’homosexualité. Il a obtenu le prix de Flore en 2010 pour Le Jour du Roi, ses articles ont été publiés par Le Monde, le New York Times, le magazine marocain Tel Quel, et ses romans ont été traduits en plusieurs langues, dont l’anglais, l’arabe, et plus récemment l’allemand.

Face au succès de cet écrivain en France et dans le monde, il était tout naturel que des universitaires s’intéressent à ses textes, et décident de lui consacrer une journée d’études. C’est ce qu’a fait le laboratoire de recherche du département de langue et littérature françaises au sein de la Faculté des Lettres d’El-Jadida, une grande ville marocaine à une centaine de kilomètres de Casablanca.

Il n’en fallait pas moins pour qu’une manifestation d’islamistes tente de perturber par tous les moyens la rencontre organisée ce jour-là avec Abdellah Taïa. Le site Yabiladi, qui rassemble la communauté marocaine du monde entier, rapporte les slogans et mots d’ordre lancés par les manifestants, furieux de voir s’exprimer librement un écrivain qui revendique ouvertement son homosexualité :

« L’université est pour les étudiants et non pour les homosexuels »

« C’est une honte de voir l’université ainsi en train de mourir »

« Comment peut-il prêcher la liberté, la noblesse et la droiture alors qu’il est lui-même sujet à une déviance sexuelle des plus basses et des plus ignobles ? »

« Il s’agit d’introduire un système sioniste au sein de l’université marocaine. Les grands perdants seront nos enfants qui sont l’avenir de notre pays. Voilà pourquoi nous devons défendre notre identité, nos enfants et notre religion ».

Les islamistes ont mis en ligne une vidéo où ils montrent comment ils ont tenté, par la violence, les cris et l’intimidation, de censurer et d’humilier l’écrivain :

Sur son compte Facebook, Abdellah Taia se veut malgré tout résolument optimiste et offensif, pour le bien de son pays comme pour celui des LGBT  :

Le changement a commencé dans le monde arabe. Et, comme vous, je pense sincèrement que rien ne pourra l’arrêter. Les Marocains, les Arabes, se ré-approprient enfin leur histoire, leur identité libre. Malgré les attaques, les obstacles, l’incompréhension des proches, ce combat va continuer. Doit continuer. Merci fort pour votre soutien.

Pour nous aider à espérer et à agir, il nous invite à réécouter Lauryn Hill : A Change Is Gonna Come

http://www.youtube.com/watch?v=Yc12upkVZtw

L’absence de couverture médiatique de ces événements, en France comme au Maroc, a choqué les journalistes de Slate Afrique. A nous, dès à présent, de faire connaître ces faits, et de défendre la liberté d’expression face aux intégrismes et aux dogmes religieux.

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