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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Famille | Homophobie | International | Internet | Medias | Politique | 23.08.2012 - 22 h 09 | 5 COMMENTAIRES
Allemagne : les propos anti-droits LGBT d’un journaliste et d’une secrétaire d’Etat font scandale dans la population

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En Allemagne, le journal le plus lu dans tout le pays s’appelle Die Bild Zeitung. C’est un quotidien populaire, détenu par le groupe Springer, l’un des plus importants groupes de presse allemands, qui publie des dizaines de périodiques en Allemagne, France, Espagne, Suisse et Russie. C’est justement dans Bild que viennent de paraître, en trois jours, des propos virulents de la secrétaire d’Etat Katherina Reiche puis un article anti-droits LGBT du journaliste Franz-Josef Wagner.

Le 21 août, c’est la secrétaire d’Etat Katherina Reiche (CDU, parti de droite au pouvoir) qui a déclenché la colère des internautes allemands. Elle a déclaré dans Bild : »Notre avenir dépend des familles, et non des unions homosexuelles. Avec la crise de l’euro, le développement démographique est la plus grande menace qui pèse sur notre prospérité ».

Katherina Reiche

Les réactions ont été si nombreuses que la politicienne a dû fermer sa page Facebook ! Une page de contestation créée aussitôt, et intitulée « Pas d’avenir avec Katherine Reiche », compte déjà 7300 partisans. Le député Jens Spahn, du même parti que Katherine Reiche, a déclaré sur Twitter : « Je ne laisserai pas diffamer ma famille et moi comme « menace de notre prospérité ». Cette fois, ma collègue dépasse les bornes. »

Le 23 août, c’est-à-dire deux jours plus tard, le Bild fait paraître une chronique intitulée « Cher Mariage homo », rédigée par le chroniqueur Franz-Josef Wagner. En voici la traduction :

Cher Mariage homo,

Le projet de loi du ministère de la Justice prévoit de vous faire l’égal du foyer « Papa-Maman-Bébé ». Mariage homo contre mariage homme/femme.

Moi, ça me rend mal à l’aise. Biologiquement, les homosexuels ne peuvent pas avoir d’enfants.

Quelle époque glorieuse pour vous. Personne ne vous fiche en prison, vous aimez votre compagnon, vous avez le droit de l’aimer. Vous êtes des compagnons allemands. Inscrits au registre de l’état civil.

Nous sommes devenus une Allemagne meilleure.

Cordialement,

Franz-Josef Wagner.

FJ Wagner

Internet se déchaîne depuis la publication de ces dix phrases : la page Facebook qui lui est consacré a reçu en quelques heures plus de 250 commentaires majoritairement négatifs, des sites LGBT ont déjà rétorqué à leur tour sous la forme de lettres ouvertes, et le journal Bild a préféré bloquer toute possibilité de commenter cet article sur son site.

Ce qui choque les lecteurs, c’est que Franz-Josef Wagner ne fait pas que s’opposer mariage pour tous, au simple prétexte que « les homosexuels ne peuvent pas avoir d’enfants » (ce qui est faux, puisqu’ils ne sont pas stériles). Non, pire encore : il fait allusion au fameux paragraphe 175, créé sous Bismarck en 1871, aggravé par les nazis en 1935, réformé en 1969 et supprimé seulement en 1994, qui sanctionnait l’homosexualité – et la rendait passible de 5 ans de prison jusqu’en 1969. La communauté LGBT comprend clairement le message de FJ Wagner de la manière suivante : « Vous avez déjà bien de la chance qu’on ne vous mette plus en prison, alors n’allez pas maintenant vous mettre à réclamer le mariage, puisqu’en plus vous êtes infertiles ». Et il est vrai qu’il est difficile de comprendre le message autrement…

Carolin Emcke

Mais il reste un peu d’espoir ! En effet, on trouvera dans les colonnes du Zeit l’un des meilleurs articles jamais rédigés en langue allemande pour défendre le mariage pour tous. Il est l’oeuvre de la journaliste Carolin Emcke. En voici un extrait :

J’en ai assez

Nous avons le droit de soigner des malades, de risquer notre vie dans l’armée et de représenter l’Allemagne aux Jeux Olympiques. Mais nous n’avons pas le droit de nous marier et d’élever des enfants. Pourquoi ?

J’en ai assez de devoir justifier pourquoi moi, et tous ceux qui aiment et désirent comme moi, nous voulons obtenir l’égalité des droits. Pourquoi devons-nous justifier que les LGBT ont droit au même respect que les hétéros, que nos couples et nos familles ont besoin de la même protection de l’Etat, et que nous avons des enfants comme les autre parents ? Pourquoi ? […]

Devons-nous vraiment encore justifier que nous ne faisons pas le malheur d’un enfant ? Devons-nous vraiment justifier que nous sommes aussi impatients et heureux, hésitants et fiers, que tous les autres parents, et que ces enfants reçoivent tout notre amour et notre soutien ?

La vérité, c’est que nous aussi nous formons des familles. Nous vivons depuis longtemps avec et dans des familles. Je suis entourée d’enfants de mes amis LGBT, qu’ils soient adoptés ou non, et mes amis s’occupent d’eux comme tous les autres parents. Quand je pense aux enfants de mes amis, ce qui me vient alors à l’esprit, c’est qu’ils ont sali les chemises élégantes de leurs pères,  je pense à la Bar-Mitwa et aux larmes de leurs mères, je pense au vieux piano, sur lequel la génération précédente jouait déjà faux, ou aux pères, qui ont fabriqué les plus beaux costumes pour le carnaval de l’école, je pense au livre de contes avec le prince, qui doit libérer la princesse,  et nos rires à tous, lorsque nous avons dû lire et relire à voix haute l’histoire de cet amour classique. Je pense à tout ce qui peut faire ce bonheur magique et difficile dans la vie avec des enfants, et je ne demande pas d’où ils viennent, comment ils ont été conçus, ni si leurs parents sont deux hommes ou deux femmes.

Ce serait bien qu’un jour, ces questions-là semblent inutiles, parce que nous ne sommes peut-être pas identiques aux couples hétérosexuels, mais nous valons autant qu’eux.

International | Medias | Musique | People | 03.08.2012 - 22 h 04 | 18 COMMENTAIRES
Mika : « Oui, je suis gay »

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Ca y est : le chanteur Mika a enfin fait clairement… son coming out !

Ce n’était pas la question la plus brûlante de l’année, ni le plus grand suspense du monde… Mais enfin, quand on l’interrogeait publiquement sur ses relations et aventures, Mika n’allait quasiment jamais plus loin que cette déclaration qu’il avait faite en 2008 au magazine britannique Out :

Je n’ai jamais vraiment voulu m’enfermer dans une case. On peut me coller une étiquette, mais je ne veux pas m’en coller une moi-même. Est-ce que ça restreint ma manière de vivre ? Non. Je fais toujours ce que je veux. Et ça n’a rien à voir avec une stratégie marketing.

Tout juste avait-il dit, du bout du lèvres, dans une interview réalisée en 2009 par le magazine néerlandais Gay & Night :

Je ne me suis jamais collé d’étiquette. Mais, ceci étant dit, je n’ai jamais mis de limites à ma vie. Je n’ai jamais limité mes aventures. Appelez-moi comme vous voulez. Dites que je suis bisexuel, si vous avez vraiment besoin d’un terme pour me qualifier.

Fans de Mika, vous n’avez plus à vous interroger, à débattre sur le sens de certaines chansons, ou à taire ce que bon nombre savaient déjà mais n’osaient pas dire tout haut : en août 2012, le magazine américain Instinct vous apporte la réponse sur un plateau d’argent !

Dans une interview à paraître en septembre, mais dont quelques extraits circulent déjà, Mika déclare en effet :

« Si vous me demandez si je suis gay, je vous réponds oui. Est-ce que mes chansons parlent de ma relation avec un homme ? Je vous dis oui. C’est grâce à la musique que j’ai trouvé la force d’être à l’aise avec ma sexualité, au-delà des simples paroles de mes chansons. Ca, c’est ma vraie vie.»

Il est toujours bon que des personnalités célèbres, dans tous les domaines de la vie publique, puissent montrer qu’on peut être publiquement homosexuel(le). Mika fait partie de ces personnalités, et ce coming out est tout à son honneur.

On attend avec impatience la sortie du prochain album de l’artiste au succès planétaire, prévue pour le 17 septembre 2012. Il sera en tournée en France à l’automne 2012 : bonne occasion pour le (re)découvrir sur scène !

Censure | International | Medias | Sport | 28.07.2012 - 02 h 34 | 12 COMMENTAIRES
Un baiser entre deux filles diffusé dans le monde entier grâce à la cérémonie d’ouverture des J.O. de Londres !

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La cérémonie d’ouverture des J. O. de Londres 2012 aura incontestablement marqué l’histoire des Jeux. Pleine d’humour et de poésie, cette cérémonie où l’on a pu voir la Reine Elisabeth II voler en hélicoptère, Mister Bean jouer du Vangelis et David Beckham voguer sur la Tamise, a quasiment fait l’unanimité pour elle.

Mais le concepteur de cette cérémonie grandiose et surréaliste, le célèbre Danny Boyle, à qui l’on devait déjà le film Slumdog Millionaire, a fait très fort, puisqu’il a diffusé en plein spectacle un baiser entre deux filles, qui a pu être vu en direct par plus d’un milliard de spectateurs dans le monde entier.

En effet, au cours d’une série de baisers célèbres dans l’histoire du cinéma, où apparaissait entre autres Leonardo DiCaprio embrassant sa belle, tous les spectateurs et téléspectateurs ont pu apercevoir le baiser très explicite d’Anna Friel et Nicola Stephenson :

Ce baiser a une histoire : il s’agit du tout premier baiser entre deux filles qui ait été diffusé par la télévision britannique. C’était au début des années 90, dans un épisode de la très populaire série télévisée Brookside.

Ce qui est plaisant, c’est que ce baiser a été diffusé cette fois, en direct, dans la quasi-totalité des pays du monde, y compris les plus homophobes. Selon de nombreux internautes, il est même devenu, ce 27 juillet 2012, le premier baiser entre deux filles diffusé à la télévision en Arabie Saoudite. L’événement était en direct, le contenu d’une telle cérémonie ne suscite généralement pas la méfiance des autorités, et la diffusion du baiser a été très rapide : la réunion de ces trois éléments a donc pris de court la censure dans bon nombre de pays. Bien joué, Danny !

Enfin, il est à noter qu’on a également pu voir un jeune adolescent portant des habits féminins lors de la diffusion d’une courte séquence tirée de Billy Elliot.

Pour vous, Mesdames (et Messieurs) : la video du joli baiser entre deux filles, dont un extrait a été diffusé lors de la cérémonie d’ouverture, est disponible ici. Vous pouvez la consommer… sans modération !

Education | Homophobie | International | Politique | Religion | 04.07.2012 - 02 h 43 | 1 COMMENTAIRES
Brésil : Deux meurtres homophobes endeuillent le pays, et relancent le débat sur la protection des LGBT

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Deux meurtres homophobes extrêmement violents ont eu lieu durant ces derniers jours au Brésil. Le pays protègera-t-il enfin les LGBT en luttant vraiment contre l’homophobie ?

José Leonardo da Silva

Un meurtre effroyable a eu lieu dimanche 24 juin 2012, dans l’Etat de Bahia. José Leandro et José Leonardo, deux jeunes garçons de 22 ans, revenaient ensemble d’une fête qui avait lieu à Camaçari, une ville située à 41 km de Salvador, la capitale de l’Etat de Bahía. Ils marchaient l’un contre l’autre, quand huit jeunes gens ont croisé leur chemin et les ont pris pour un couple gay. Le groupe s’est mis à insulter les deux garçons, à les frapper, à leur jeter des pierres,… dans un déferlement de violence qui s’est littéralement abattu sur les deux jeunes pris au piège.

José Leandro, grièvement blessé, a été emmené d’urgence à l’Hopital général de Camaçari. Il a été touché en particulier à la mâchoire et à l’oeil gauche, quasiment crevé. José Leonardo, quant à lui, a été frappé jusqu’à tomber à terre. Battu par le groupe, et frappé plusieurs fois à la tête, il est décédé en se vidant de son sang. Alertée par un témoin, la police est intervenue et a arrêté plusieurs membres du groupe, tous âgés d’une vingtaine d’années.

Les deux garçons n’étaient pas gays : il s’agissait de deux frères jumeaux. La fiancée de José Léonardo, qui est mort sous les coups des homophobes, était enceinte de trois mois. Si elle ne se répète pas, l’histoire semble pourtant parfois bégayer : en juin 2011, un père brésilien et son fils avaient été brutalement agressés par un groupe de jeunes, car ils avaient été pris pour un couple gay. L’un des jeunes avait alors arraché, de ses dents, un bout d’oreille au père de l’adolescent.

Lucas Ribeiro Pimentel

Le second meurtre est tout aussi horrible et abject. Le 25 juin, le corps du jeune gay Lucas Ribeiro Pimentel, âgé de 15 ans, a été retrouvé gisant dans le fleuve Paraíba do Sul, qui traverse la ville de Volta Redonda dans l’état de Río de Janeiro. Le jeune garçon, qui était ouvertement homosexuel, a été molesté selon la police pour des motifs clairement homophobes. Il a été frappé, torturé, mutilé : d’abord battu avec violence, il a ensuite été sodomisé avec un bâton, et ses agresseurs sont allés jusqu’à lui crever les deux yeux, avant de jeter son corps inerte dans le fleuve.

Ces deux histoires affreuses ne sont pas des cas isolés au Brésil : selon le secrétariat brésilien aux Droits de l’Homme, un rapport de 2011 a dénombré près de 300 meurtres homophobes dans le pays. Un groupe de militant(e)s LGBT affirme qu’il y aurait au moins un(e) LGBT assassiné tous les trois jours dans l’Etat de Bahia.

La sénatrice Marta Suplicy

Dans ce contexte, le débat sur la protection des LGBT est relancé au Brésil. Jusqu’ici, les droits LGBT semblaient plutôt menacés par les lobbies anti-LGBT, majoritairement religieux. D’une part, en 2011, Dilma Rousseff avait renoncé au programme de prévention de l’homophobie à l’école qui devait aider à lutter contre ces formes de violence. D’autre part, le 28 juin, c’est-à-dire trois à quatre jours après la mort des deux jeunes gens, la Chambre des Députés du Brésil a dû débattre du projet d’un député et pasteur évangélique, João Campos, qui voulait faire annuler une résolution du Conseil Fédéral de Psychologie interdisant aux psychologues  de chercher à « guérir » l’homosexualité – comme s’il s’agissait d’une maladie…

Mais une femme politique brise à présent la loi du silence : la courageuse sénatrice Marta Suplicy a évoqué ces deux crimes pour que soit mise en place une loi qui permette de réprimer l’homophobie et de combattre la violence envers les homosexuels. Il reste à espérer que Marta Suplicy sera entendue par les parlementaires brésiliens, et que les conservatismes religieux ne se rendront pas coupables de mépris et d’indifférence face à ces crimes de haine.

Discriminations | Droit | Homophobie | International | Medias | Politique | 27.06.2012 - 19 h 29 | 14 COMMENTAIRES
Débat télévisé au Cameroun : « L’homosexualité est un crime contre l’humanité »

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Au Cameroun, un débat a été organisé sur la chaîne Vox Africa entre Sismondi Barlev Bidjocka et Maître Alice Nkom sur le thème de l’homosexualité. Sismondi Barlev Bidjocka est le porte parole du Rassemblement de la jeunesse camerounaise (plus de 360 associations). Face à lui se trouve l’avocate Me Alice Nkom, grande militante pour les droits LGBT.

Voici les 12 minutes de débat qui ont eu lieu :

Le premier interlocuteur se déclare d’emblée « homophobe », et crie à plusieurs reprises : « L’homosexualité, nous n’en voulons pas ». Il répète à plusieurs reprises que, pour lui, « le débat est clos », et qu’il refuse d’en discuter de peur que l’issue du débat ne soit favorable aux LGBT. A partir de 4 minutes, et après s’être référé au « Christ, fils de Dieu », il défend un point de vue incroyable : il se met à argumenter pour dire que, selon lui, « l’homosexualité est un crime contre l’humanité ». Pour lui, l’homosexualité est « une criminalité punie par la loi », et il la compare au banditisme et au viol.

Maître Alice Nkom défend quant à elle, en utilisant bon nombre d’arguments logiques, les droits LGBT. Pour elle, l’acte d’amour n’a pas pour seul but, au contraire de ce qu’affirme son interlocuteur, la procréation. Elle affirme : « Je me bats pour l’égalité de tous les droits pour tout le monde ». Défendant la liberté de chacun, elle lance : « On s’envoie en l’air comme on veut ! » Maître Alice Nkom fait face avec beaucoup d’aplomb à la violence et à l’emportement de son interlocuteur.

Sismondi Barlev Bidjoka conclut : « Nous avons des messages à passer à ceux que Madame défend. Ce n’est pas humain de défendre des causes comme celle d’un homme et un homme. Les droits de l’homme, ce n’est pas ça. »

Vous pouvez regarder ici l’émission complète (Recto Verso de mai 2012). Les déclarations de Maître Alice Nkom y sont parfaites, calmes et profondes :

P.S. : A partir de 17 minutes, le présentateur lui-même donne des chiffres absolument faux : il prétend que seuls 10 pays au monde légalisent l’homosexualité : il confond autoriser l’homosexualité, et reconnaître le mariage homosexuel !

P.P.S. : A partir de 37 minutes, c’est un homme d’Eglise qui intervient. Il considère les homosexuels « comme des malades » qui se sont écartés « du chemin de la justice ». Me Alice Knom réplique à ses arguments avec beaucoup d’habileté et une grande intelligence, en citant notamment l’archevêque Desmond Tutu. « Vous priez pour leur âme, dit Me Alice Nkom, moi je prie pour leur liberté. »

EELV | Homophobie | International | Livres | Politique | 07.06.2012 - 20 h 14 | 2 COMMENTAIRES
Paris : Des élus Europe Ecologie – Les Verts boycottent la venue du maire de Moscou, « homophobe notoire ».

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Pierre Serne

Pierre Serne et Alain Almedro, élus Europe-Ecologie – Les Verts au conseil régional d’Île-de-France, boycotteront ce vendredi 08 juin 2012 la venue du maire de Moscou à Paris, en raison de ses orientations politiques (homophobie et « bétonnage » effréné).

Dans le cadre des travaux de réflexion autour du Grand Paris et du Grand Moscou, le maire de Moscou (depuis 2011), Sergueï Sobianine, est invité ce vendredi matin à « un petit déjeuner de travail » en Île-de-France. La réunion accueille naturellement plusieurs acteurs importants du Grand Paris, notamment dans les domaines de l’aménagement du territoire, des infrastructures et de la mobilité.

Or, au moins deux élus seront absents à cette réunion, et leur absence devrait être fort remarquée, puisqu’ils ont des responsabilités cruciales en ce domaine. Le premier absent volontaire sera Pierre Serne, 2e vice-président du conseil régional, en charge des transports et des mobilités, et administrateur du Stif (Syndicat des Transports d’Île-de-France). Le second, Alain Amedro est également vice-président de la région, en charge de l’aménagement du territoire, de la coopération interrégionale et des contrats ruraux.

Sergueï Sobianine

Les raisons de ce boycott politique de la part des deux élus EELV ? D’une part, le maire homophobe de Moscou, proche de Vladimir Poutine, a interdit aux LGBT de manifester lors de la Gay Pride, en 2011 et en 2012, au motif que Moscou « n’a pas besoin d’une gay pride« . On se souvient des reportages édifiants de Judith Siblerfeld au cours de la Gay Pride clandestine de mai 2011, et les autorités de la ville de Moscou sont connues pour leur politique répressive envers les homosexuels. Suite à une décision de justice, on apprend d’ailleurs aujourd’hui, jeudi 7 juin 2012, que la Gay Pride  est officiellement interdite à Moscou pour les… 100 prochaines années !

Dans ces conditions, Pierre Serne, président de la commission LGBT des Verts, délégué à l’Europe de l’Inter-LGBT et trésorier de l’ILGA-Europe, et qui avait été violemment agressé lors de la première Gay Pride de Moscou en 2006, ne pouvait pas imaginer accueillir l’édile de Moscou comme si de rien n’était…

Justifiant sa décision sur son compte twitter, Pierre Serne décrit également ainsi le maire de Moscou sur son compte Facebook :

Homophobe notoire ayant encore cette année, il y a quelques jours, fait réprimer la Gay Pride qu’il interdit dans sa ville […]. À un moment il faut savoir dire non et ne pas tout cautionner…

D’autre part, Serguei Sobianine se lance, selon Pierre Serne, dans des « projets délirants de bétonnage », bien loin des questions d’environnement, d’urbanisation responsable et de développement durable qui préoccupent les élus d’EELV. Une raison de plus pour se passer des conseils et réflexions du maire de Moscou lorsqu’il s’agira d’appliquer les projets relatifs au développement du Grand Paris.

 

Extrême(s) Droite(s) | Homophobie | International | Politique | 04.06.2012 - 12 h 44 | 11 COMMENTAIRES
Grèce : Le Parti néo-nazi Aube Dorée s’en prend ouvertement aux LGBT.

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Le leader du parti Aube Dorée : Nikos Michaloliakos

Le 17 juin 2012, on ne votera pas qu’en France pour élire les représentants du peuple : ce sera également la date des élections législatives grecques qui devront déboucher sur la constitution d’un gouvernement.

Or, lors des dernières élections grecques de mai 2012, le parti néo-nazi Aube Dorée est entré pour la première fois au parlement grec, en recueillant 7% des voix. Ces élections étant invalidées, Aube Dorée va-t-il confirmer son entrée au Parlement le 17 juin ? Pour le bien de l’Europe, des LGBT, des immigrés et de la population grecque, il vaudrait mieux qu’Aube Dorée fasse le score le plus bas possible…

D’abord, le chef de ce parti, Nikos Michaloliakos, est ouvertement homophobe. Il a déclaré au journal suisse L’Illustré :

Les homosexuels ne sont pas des gens normaux. Si je l’étais, je n’en serais pas fier.

Peut-être y en a-t-il au sein du parti. Une chose est sûre: celui qui se déclarerait ouvertement pédé (sic) ne serait pas le bienvenu parmi nous.

Bien pire, des tracts ont été distribués à Athènes par les partisans d’Aube Dorée, dans le quartier de Gazi, connu pour être fréquenté par les LGBT. On peut y lire :

Après les immigrés, ça va être votre tour !

Drapeau d'Aube Dorée

Aube Dorée est un mouvement connu pour se livrer régulièrement à des bastonnades sur des immigrés pris au hasard dans la rue. Il menace désormais ouvertement d’étendre ces pratiques ignobles et violentes aux membres de la communauté homosexuelle.

France 2 a réalisé un reportage passionnant sur ce parti Aube Dorée, et en particulier sur les passages à tabac dont sont victimes les immigrés de la part des sympathisants de ce parti.

http://www.youtube.com/watch?v=ZBs9bT6C1YE&feature=related

La journaliste grecque Alexia Kefalas analyse le succès de ce mouvement, dont le chef considère qu’Hitler a été « un grand leader pour le peuple allemand » :

France | Homophobie | International | Islam | Justice | Medias | Musique | Non classé | People | Politique | Religion | 04.06.2012 - 01 h 17 | 25 COMMENTAIRES
Faut-il tolérer le dernier spectacle de Dieudonné au nom de l’humour et de la liberté d’expression ?

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Strasbourg, Marseille, Montpellier, Montréal, Bruxelles… : depuis quelques semaines, les différentes municipalités françaises et francophones ne savent plus comment gérer le « cas » Dieudonné. Spectacle annulé à Montréal, carrément interrompu par la police à Bruxelles, objet d’un vif procès à Montpellier, étudié de près par la préfecture à Strasbourg, jugé « pas désirable » par la mairie de Marseille… C’est un nouveau cas d’école qui se présente, en ce qui concerne la réflexion sur les limites de l’humour et de la liberté d’expression. Le dernier spectacle de Dieudonné, « Rendez-nous Jésus », sombre en effet, une fois de plus, dans le mauvais goût grotesque et l’excès écoeurant. 

Dieudonné, dans son dernier spectacle, s’en prend d’abord à la Gay Pride, puis à la communauté juive. En s’attaquant aussi bien aux homosexuels qu’aux Juifs, Dieudonné croit faire preuve d’humour, montrer un esprit rebelle et défendre les musulmans (qui ne lui ont rien demandé). En réalité, il ne fait que donner libre cours à une paranoïa hystérique, qui l’amène à dire : « Se moquer de la Gay Pride, c’est devenu blasphématoire, au même titre que la Shoah ». Mais, comme souvent, il confond la moquerie et l’injure…

Sur la Marche des Fiertés, l’humoriste auto-proclamé lance :

« C’est de la merde, la Gay Pride. […]

C’est un ramassis de poils, de vomi et de bière. »

Peu avant cette vidéo, Dieudonné s’est lancé dans une explication oiseuse selon laquelle Jésus était forcément homosexuel, la phrase « Aimez-vous les uns les autres » étant grosso modo le signe de ralliement d’une partouze homo. L’assimilation de l’ennemi religieux à l’homosexuel (et vice versa) est un procédé hélas fort courant…

Durant la vidéo ci-dessus, Dieudonné raconte sa traversée de la Gay Pride avec un petit garçon. Les propos gras à tendance homophobe s’y accumulent à la seconde. Quelques passages à la Bigard peuvent peut-être faire sourire, mais on ne comprend bien le but de ce sketch qu’en écoutant attentivement la fin de la vidéo… En effet, à la fin de cette séquence, Dieudonné en arrive à une comparaison particulièrement stupide entre la Gay Pride et les prières de rue des musulmans. Son but est clairement de faire interdire la première et de légitimer les secondes. Il remarque que la police tolère la Gay Pride, tandis qu’elle « charge » selon lui contre les musulmans qui prient dans la rue, « dans le 19e arrondissement ». Il commente : « Que tu t’encules dans le cadre d’un programme de la ville culturelle de Paris, on peut le comprendre, mais prier sans autorisation…! »

On perdrait son temps, et on ferait trop de publicité aux propos injurieux de ce has been, si on s’efforçait de lister toutes les ignominies que Dieudonné profère ensuite à l’encontre du peuple juif durant le reste son spectacle. Pour donner un exemple parlant, et suffisamment éprouvant à lui tout seul, il suffira de rappeler qu’à la fin de son spectacle, Dieudonné entonne sa chanson « Shoahnanas », dans laquelle il se moque de manière particulièrement odieuse de la déportation des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. On peut écouter, si on a le coeur bien accroché, ce morceau monstrueux de mauvais goût et de mépris :

Je préfère ne pas commenter cet extrait (la chanson originale est plus longue !), dont je ne parviens pas encore à m’expliquer qu’il puisse être, en spectacle, applaudi et repris en coeur par le public… L’horreur et la bêtise extrême laissent sans voix.

C’est bien sûr à Desproges qu’il faut laisser le dernier mot face à tout cela, en rappelant la phrase tellement juste de celui qui était un vrai humoriste :

On peut rire de tout… mais pas avec n’importe qui.

A l’heure où de jeunes Juifs ont été agressés à Villeurbanne, où les religions doivent apprendre à rester du domaine strictement privé sans empiéter dans la sphère publique, et où des partis politiques opportunistes tentent trop souvent de jeter l’opprobre sur des communautés (musulmans, juifs, LGBT…), il est à souhaiter qu’à l’avenir, ce spectacle nocif ne soit pas autorisé par les pouvoirs publics.

Homophobie | International | Islam | Religion | 03.06.2012 - 09 h 10 | 21 COMMENTAIRES
L’écrivain Abdellah Taïa chahuté par des dizaines d’islamistes à l’université d’El-Jadida

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L’écrivain franco-marocain Abdellah Taïa a déjà publié plusieurs romans aux éditions du Seuil, dans lesquels il aborde, entre autres, le thème de l’homosexualité. Il a obtenu le prix de Flore en 2010 pour Le Jour du Roi, ses articles ont été publiés par Le Monde, le New York Times, le magazine marocain Tel Quel, et ses romans ont été traduits en plusieurs langues, dont l’anglais, l’arabe, et plus récemment l’allemand.

Face au succès de cet écrivain en France et dans le monde, il était tout naturel que des universitaires s’intéressent à ses textes, et décident de lui consacrer une journée d’études. C’est ce qu’a fait le laboratoire de recherche du département de langue et littérature françaises au sein de la Faculté des Lettres d’El-Jadida, une grande ville marocaine à une centaine de kilomètres de Casablanca.

Il n’en fallait pas moins pour qu’une manifestation d’islamistes tente de perturber par tous les moyens la rencontre organisée ce jour-là avec Abdellah Taïa. Le site Yabiladi, qui rassemble la communauté marocaine du monde entier, rapporte les slogans et mots d’ordre lancés par les manifestants, furieux de voir s’exprimer librement un écrivain qui revendique ouvertement son homosexualité :

« L’université est pour les étudiants et non pour les homosexuels »

« C’est une honte de voir l’université ainsi en train de mourir »

« Comment peut-il prêcher la liberté, la noblesse et la droiture alors qu’il est lui-même sujet à une déviance sexuelle des plus basses et des plus ignobles ? »

« Il s’agit d’introduire un système sioniste au sein de l’université marocaine. Les grands perdants seront nos enfants qui sont l’avenir de notre pays. Voilà pourquoi nous devons défendre notre identité, nos enfants et notre religion ».

Les islamistes ont mis en ligne une vidéo où ils montrent comment ils ont tenté, par la violence, les cris et l’intimidation, de censurer et d’humilier l’écrivain :

Sur son compte Facebook, Abdellah Taia se veut malgré tout résolument optimiste et offensif, pour le bien de son pays comme pour celui des LGBT  :

Le changement a commencé dans le monde arabe. Et, comme vous, je pense sincèrement que rien ne pourra l’arrêter. Les Marocains, les Arabes, se ré-approprient enfin leur histoire, leur identité libre. Malgré les attaques, les obstacles, l’incompréhension des proches, ce combat va continuer. Doit continuer. Merci fort pour votre soutien.

Pour nous aider à espérer et à agir, il nous invite à réécouter Lauryn Hill : A Change Is Gonna Come

http://www.youtube.com/watch?v=Yc12upkVZtw

L’absence de couverture médiatique de ces événements, en France comme au Maroc, a choqué les journalistes de Slate Afrique. A nous, dès à présent, de faire connaître ces faits, et de défendre la liberté d’expression face aux intégrismes et aux dogmes religieux.

Homophobie | International | Medias | Musique | People | Publicite | 01.06.2012 - 10 h 05 | 1 COMMENTAIRES
Japon : les bonbons Puccho et le groupe AKB 48 accusés d’encourager l’homosexualité féminine.

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Depuis quelques semaines, les petits bonbons Puccho font polémique au Japon. En cause, une publicité télévisée réalisée par les membres du groupe de musique pop AKB 48. Les filles qui constituent le groupe s’y échangent langoureusement un chamallow acidulé qui passe de bouche en bouche.

Il n’en fallait pas moins pour que 116 plaintes soient déposées contre la publicité, et que la marque soit accusée, entre autres, de promouvoir le lesbianisme.

Sur youtube, le clip mis en lien, vu près de 500 000 fois, est interdit aux plus jeunes pour ne pas les choquer.

Parallèlement, en France, l’homosexualité fait peu à peu son chemin dans la publicité télévisuelle, comme l’a relevé Yagg avec Mc Donald’s Renault, Leroy-Merlin, et la Maif. Je crois bien que la publicité Marie pour la pièce de boeuf aux poivres va bientôt pouvoir être ajoutée à la liste, mais je n’en trouve pas la video sur le net pour confirmer… Si vous la trouvez, ou si vous parvenez à la mettre vous-même sur le net, prévenez-moi !

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