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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Discriminations | France | Homoparentalité | Homophobie | Internet | Mariage | Medias | 30.11.2012 - 00 h 12 | 23 COMMENTAIRES
Lutte anti-droits LGBT : la journaliste Emmanuelle Duverger assimile les LGBT… aux forces nationales-socialistes d’Adolf Hitler !

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Emmanuelle Duverger se présente comme essayiste et journaliste. Dans les milieux médiatiques et politiques, elle est surtout connue pour être l’épouse de Robert Ménard, avec qui elle a rédigé l’essai polémique « Vive le Pen ! » (éditions Mordicus). Or, elle vient de s’illustrer par une initiative d’un goût plutôt douteux. Sur le site Boulevard Voltaire, où son mari Ménard s’exprime souvent, elle a réagi à la dispute qui a opposé l’animateur Benoît Duquesne au sénateur-maire du 19eme arrondissement de Paris Roger Madec. Et l’illustration qu’elle a choisie pour son article laisse plutôt pantois…

Rappelons que Benoît Duquesne a interviewé Frigide Barjot, opposante médiatique aux droits LGBT, dans les locaux de la mairie du 19eme, alors que Roger Madec ne lui avait pas donné l’autorisation d’utiliser les locaux de sa mairie pour accueillir cette personne précise. Le maire a donc décidé d’empêcher l’interview en coupant l’électricité, et donc la lumière, à l’équipe de tournage de Benoît Duquesne. Cela donne l’occasion à Emmanuelle Duverger de s’emporter, dans un article publié le soir même, contre la « Censure à la mode socialiste« .

Le texte de l’article est plutôt banal : l’essayiste se contente simplement d’égratigner Roger Madec, qualifié d' »apparatchik socialiste », de défendre Frigide Barjot qu’elle cite abondamment, et de s’en prendre à François Hollande, ironiquement désigné comme « grand démocrate ». Mais c’est l’illustration choisie qui attirera l’attention des internautes : vous pouvez la découvrir ci-dessus, en couleurs et en noir et blanc. Est-il bien raisonnable, Mme Duverger, d’apposer un badge aux couleurs du drapeau arc-en-ciel sur une photo d’Adolf Hitler (ici incarné par Chaplin) ?

On voit bien ce dont sont capables les partisans de Frigide Barjot : assimiler les LGBT à la folie meurtrière nationale-socialiste d’Adolf Hitler. Il faut n’avoir aucun respect pour les LGBT, ni aucune considération pour les victimes de la seconde guerre mondiale ou de la barbarie nazie, pour oser la réalisation de tels outrages et injures. Indiquons en outre, au cas où l’illustration ne serait pas assez parlante par elle-même, que l’image est intitulée « boulevard-voltaire-roger-madec-fascisme-gay« …

Lorsque l’on voit jusqu’à quels excès certaines essayistes sont prêtes pour défendre leurs égéries anti-LGBT, la conclusion à tirer de ce montage s’impose d’elle-même : Merci, Monsieur Madec, d’avoir coupé le sifflet à Frigide Barjot ! Et si jamais Emmanuelle Duverger se présente un jour à la mairie du 19eme en compagnie de Frigide Barjot et Benoît Duquesne, n’hésitez pas à aller encore un peu plus loin qu’aujourd’hui : coupez l’électricité comme ce jeudi matin, mais fermez aussi les volets, bâchez les fenêtres, et condamnez les portes, pour qu’ils ne sortent plus de leur pièce avant quelques mois…

Edit du 30.11.2012 (date de l’article) : pour être très précis, l’illustration représente bien Hitler joué par Charlie Chaplin dans Le dictateur (1940). Il s’agit d’un passage célèbre, où Hynkel (le nom du personnage représentant Hitler) prononce un discours expansionniste et antisémite :

Famille | France | Homoparentalité | Homophobie | Monde rural | Politique | UMP | 23.11.2012 - 23 h 24 | 34 COMMENTAIRES
Le député-maire UMP Hervé Mariton fera-t-il de Crest (Drôme) la ville la plus homophobe de France ?

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Hervé Mariton

Hervé Mariton est un député UMP bien connu pour ses prises de position répétées contre les droits LGBT. En tant que maire de Crest, une petite ville de 8000 habitants dans la Drôme, il a fait adopter par son conseil municipal, ce jeudi 22 novembre 2012, une motion très particulière qui vise à opposer toute la ville, par l’intermédiaire de ses élus, aux droits LGBT.

Ainsi, c’est avec grande surprise que les conseillers municipaux de la ville de Crest ont découvert la convocation que M. le maire Mariton leur a adressée le 16 novembre 2012. En effet, le premier point inscrit à l’ordre du jour du conseil du 22 novembre 2012 est intitulé ainsi : « Motion contre le mariage des personnes de même sexe ».

Une note de synthèse, jointe à la convocation envoyée, développe le contenu de cette motion en quelques lignes absolument ahurissantes, qui font des droits LGBT des obstacles… au développement durable ! Voici les explications données par le député-maire Mariton :

Motion contre le mariage des personnes de même sexe

La ville de Crest a choisi de développer des actions pour la famille durable comme la préparation au mariage civil, prévue dans l’Agenda 21 pour le développement durable. Le projet de loi sur le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe paraît de nature à affaiblir les liens de filiation, à fragiliser l’institution du mariage et la famille.

Aussi, le conseil municipal est appelé à voter une motion contre ce projet.

La ville de Crest

On admirera le lien tissé dans ce texte entre les LGBT et le développement durable ! Faut-il refuser les droits LGBT au nom de l’écologie ? C’est textuellement ce qu’affirme le député-maire Mariton, et, avec lui, le conseil municipal de la ville de Crest. D’après les citoyens présents dans la salle, un très rapide vote à main levée a donné les résultats suivants : 8 votes contre, 2 abstentions et 19 votes pour .

Quelles conclusions tirer de ce vote ? D’abord, ce vote donne une image déplorable de la ville de Crest : les 8000 habitants de cette petite ville ne partagent sans doute pas le rejet caricatural qu’éprouve leur maire envers les droits LGBT. Ce vote est une mauvaise nouvelle pour les LGBT, mais c’est surtout une mauvaise nouvelle pour la ville de Crest, qui est assurément la première ville de France à se signaler par le vote d’une motion de ce genre contre le mariage et l’adoption par les couples de même sexe.

Mais il y a tout de même de bonnes nouvelles. D’une part, l’issue de ce vote montre que des conseillers municipaux de droite n’ont pas accordé leur soutien à cette motion. Il n’y a donc pas unanimité au sein du conseil sur cette question. D’autre part, lorsque la loi sera passée, et si un couple de filles ou de garçons veut se marier à Crest, il y aura au moins 8 conseillers municipaux qui accepteront d’accomplir avec honneur et dignité la tâche que le maire refusera. Enfin, il est clair que cette motion n’a aucune valeur juridique : la loi votée au niveau national s’appliquera même dans les communes dirigées par des maires du genre de M. Mariton.

En conclusion, le député-maire de Crest, s’il le souhaite, peut bien faire voter une motion sur le budget de la France en 2014, sur l’engagement des troupes françaises dans les conflits du monde, ou sur l’organisation de l’enseignement supérieur. Ce genre de motion, tout comme celle sur le mariage et l’adoption, est absolument dénuée de toute valeur. La législation nationale n’étant en aucun cas de la compétence du maire ni du conseil municipal, il serait bon que le préfet du département se penche sur le contenu exact de la motion votée, et se charge dès que possible de rappeler à Monsieur le maire quels sont ses domaines de compétence…

* Edit (25/11, 12h51) : mise à jour du résultat du vote suite aux remarques du militant du Front de Gauche Yvon Thomas Le Guillerm. Un article du Dauphiné Libéré revient sur cette séance mouvementée du conseil municipal.

Famille | France | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | Politique | Religion | 18.11.2012 - 00 h 01 | 18 COMMENTAIRES
Paris, 16 novembre 2012 : Vivez la conférence de Civitas… comme si vous y étiez.

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Know your enemy !

Vendredi 16 novembre 2012, le président du mouvement Civitas, Alain Escada, tenait une conférence pour le Cercle de Réinformation Parisien dans le 7e arrondissement. Cette conférence avait été annoncée par une affiche qui avait fait grand bruit sur les réseaux sociaux (voir ci-contre). Pour celles et ceux qui aimeraient savoir ce qui s’y est fait et dit, nous avons la réponse. Voici donc, sans exhaustivité, les éléments notables de cette rencontre, en dix points brefs.

1) Idéologie correcte exigée

On ne rentre pas dans une conférence de Civitas comme dans un moulin. Un filtrage établi à l’entrée, jalousement gardée par quelques jeunes, était semble-t-il destiné à écarter tout partisan de « l’homofolie » (le mot est du gardien/videur sur place). A Civitas, on aime débattre, surtout quand c’est entre gens qui sont déjà d’accord les uns avec les autres.

Il est clair, en outre, que la Ville et Civitas craignaient des troubles éventuels, puisque quelques policiers encadraient la rue où la rencontre était prévue. L’un des spectateurs n’était cependant pas très inquiet : « Y aura pas d’homos ce soir. Ils ont mieux à faire un vendredi soir : ils baisent. De toute façon, y a 30 personnes en France qui soutiennent cette connerie de loi, ils vont pas venir tous ce soir. »

2) L’idole des jeunes

Alain Escada

Première mauvaise surprise : la salle, d’une cinquantaine de places, a été remplie. Deuxième surprise encore plus désagréable : parmi les présents figuraient, outre de très vieilles gens, un nombre non négligeable de jeunes : une bonne quinzaine de jeunes qui devaient avoir entre 16 et 20 ans. Ces jeunes BCBG avaient une admiration non dissimulée pour Alain Escada, et souriaient avec intérêt à chacune de ses outrances.

3) Grands discours et mauvaise soupe

Alain Escada est un piètre orateur. Flanqué d’un lourd dossier qui comprenait toutes ses notes, il lisait laborieusement son texte durant son exposé, et se montrait hésitant lors des réponses aux questions. Pire encore, il n’a su que reprendre, parfois mot pour mot, des anecdotes, exagérations et mensonges qu’il avait déjà utilisées à La Madeleine (Nord-Pas-de-Calais) un mois auparavant ! Ces discours de l’âge de glace ont, bien étrangement, un désagréable goût de réchauffé…

4) Les grands phares de la pensée

Christian Flavigny

Quand Alain Escada parle, il pense rarement par lui-même. Il préfère citer, durant des dizaines de minutes, des personnalités diverses et variées dont il est très fier d’affirmer qu’elles pensent comme lui. Sont ainsi convoqués, par exemple : Lionel Jospin, François Fillon, Philippe Arino, Benoît XVI, Edwige Antier... Alain Escada s’attarde en particulier sur le pédopsychiatre Christian Flavigny, à tel point qu’il semble sous-entendre que ce dernier n’est pas du tout en désaccord avec Civitas, bien au contraire. Libre à chacune des personnalités citées de confirmer ou d’infirmer leurs affinités avec Civitas. Enfin, s’inspirant, comme on le voit, des plus grands penseurs, Alain Escada se vante également d’avoir influencé lui-même des polémistes médiatiques comme Yvan Rioufol, Eric Zemmour et Robert Ménard.

5) Des chiffres et des lettres

A Civitas, on aime les chiffres, et on le montre. Âmes sensibles s’abstenir ! En voici quelques-uns, accompagnés éventuellement des conclusions qui les éclairent…

En France, il y aurait 20 000 familles polygames et 20 000 couples de même sexe élevant un enfant : si on légitime les familles homoparentales, on devrait donc légitimer les familles polygames. En Espagne, la comparaison de 800 études internationales aurait montré que les couples homos seraient instables, perturberaient leurs enfants et menaceraient la construction de la « sexualité normale de l’enfant ».

Aux USA, un homo aurait 8 partenaires par an tandis qu’un hétéro en aurait 1,2 par an. 85% des hétéros seraient monogames tandis que moins de 2% des homos seraient monogames. Aux Pays-Bas, un mariage homosexuel ne durerait qu’un an et demi, et durant cette période de mariage, chaque homosexuel(le) aurait 9 partenaires différents en un an et demi !

Du point de vue des lettres, Alain Escada ne se gêne pas pour reprocher aux LGBT de « réinventer » le vocabulaire avec des expressions comme « mariage pour tous » et « égalité des droits », tout en se livrant lui-même à un curieux exercice : désigner les couples de même sexe et les familles homoparentales en n’employant jamais les mots « couples » et « familles ». Ainsi, deux personnes de même sexe ne peuvent former au mieux qu’un « duo », et ne constituent jamais un couple selon lui…

6) La stratégie de l’épouvantail

Qu’on le sache : Civitas a pour but assumé et revendiqué de faire peur, et peu importe comment. Apprenez par exemple que les enfants élevés par deux hommes ou deux femmes seraient plus que tous les autres sujets au stress, à la boulimie, à l’auto-mutilation, au suicide, à l’anorexie, aux drogues, et aux risques d’abus sexuels. C’est évident et incontestable, puisque c’est Mark Regnerus qui le dit !

« Mais c’est pas tout, mais c’est pas tout ! », comme le dit Bourvil dans une chanson célèbre. Apprenez encore que les enfants élevés par deux hommes ou deux femmes « ont un risque de déconstruction de leur sexualité » et « sont déterminés vers l’homosexualité ». Escada est formel : « 36% des enfants élevés par des couples de femmes ont des tendances homosexuelles ».

« Mais c’est pas tout, mais c’est pas tout  » ! Citons encore Escada : « 29% des enfants élevés par des couples de même sexe ont avoué avoir entretenu des relations avec un de leurs parents adoptifs« . Une dame à côté de moi a poussé un cri en entendant cela. J’aurais voulu pousser un cri également, mais pas pour les mêmes raisons…

L’anecdote préférée d’Alain Escada, que nous intitulerons « Jean a quatre papas« , fait mouche à tous les coups : cette fiction cousue de fil blanc, grâce à laquelle l’orateur maladroit tente de montrer que l’homoparentalité pourrait donner quatre pères à un enfant appelé Jean, ne manque pas de faire pousser des cris d’horreur aux militants épouvantés.

Il ne faudrait pas oublier non plus l’histoire édifiante que nous appellerons « Les lesbiennes sourdes« , et que nous citons ici de mémoire : deux lesbiennes militantes aux USA auraient exigé une insémination dont le donneur serait issu d’une famille de sourds depuis trois générations, pour être sûres que l’enfant soit sourd comme elles ! A ce point-là, l’auditoire ne contient plus son indignation contre les homos, qui font tous preuve, selon l’orateur lui-même, d’un « égoïsme dégénéré« .

7) L’APA et les papas : les homos sont partout.

La grande majorité des études scientifiques est favorable à l’homoparentalité. Alain Escada a une explication simple : c’est que l’APA, l’Association Américaine de Psychiatrie, serait « maîtrisée » par le « lobby homosexualiste », qui en contrôlerait les publications. L’ancien président de cette association lui-même aurait condamné cette association pour cette raison !

D’ailleurs, selon Escada, les « homosexualistes » se seraient infiltrés dans les lieux de pouvoir : il parle à plusieurs reprises de ces « homosexuels notoires » qu’il cite nommément, au premier rang desquels se trouve Christophe Chantepy, directeur de cabinet de Jean-Marc Ayrault.

8) Un invité de marque ?

Installé confortablement au fond de la salle, j’ai bien cru apercevoir dans les premiers rangs la présence d’Etienne Pinte, ancien maire de Versailles et ancien député des Yvelines. Mais, sur ce point, je dois avouer ma grande incertitude, car du fond de la salle, je n’ai pas forcément bien distingué le visage d’Etienne Pinte ou de la personne que j’ai prise pour lui.

9) N’oubliez pas le guide !

Alain Escada a répété à satiété qu’il a publié, il y a quelques semaines, un livre qu’il trouve fort bon, et dont il recommande vivement l’achat à toutes les ouailles qui l’écoutent. Surtout, ne l’achetez pas, même par curiosité : non seulement vous auriez tort de lui donner vos sous, mais de toute façon, il base, de son propre aveu, le contenu de ses conférences sur son livre. Ce compte rendu ou ses conférences vous donnent donc un aperçu suffisant de l’ouvrage qu’il a commis : gardez vos sous pour aider SOS Homophobie, l’APGL ou la commission LGBT de votre parti de gauche préféré !

10) Le spectacle continue.

Même si Escada nous annonce la fin du monde, pour lui tout cela n’est qu’un début. En effet, il l’annonce fièrement : Civitas est en tournée dans toute la France jusqu’au mois de février, et la conférence de Paris n’est qu’une étape dans cette série de conférences.

Mais le ton est d’ores et déjà donné : Escada a l’intention de taper toujours plus fort. Il milite pour le retrait du projet de loi sur le mariage, mais il exige aussi et surtout… le retrait du Pacs !  Il exige l’application des propos de Benoît XVI, qui appelait à refuser le comportement homosexuel, et à s’opposer à toute forme d’approbation et de reconnaissance de ce comportement « de manière claire et incisive ».

Bonus : Ecrivons l’histoire ensemble.

A l’heure où j’écris ces lignes, la manifestation de Civitas prévue le 18 novembre 2012 commencera dans une douzaine d’heures. Une contre-manifestation est semble-t-il prévue à 14h30 au 14 avenue Duquesne, puis un sit-in, déclaré en préfecture, est organisé place Saint-Michel à 15h30. J’espère que la mobilisation de Civitas sera un échec, et que les protestations en faveur de nos droits sauront se faire entendre de manière légale et efficace.

Famille | France | Homoparentalité | Homophobie | Internet | Mariage | Politique | 03.10.2012 - 00 h 38 | 0 COMMENTAIRES
Paris 8e et Verrières-le-Buisson (91) : deux maires dérapent sur le mariage pour tous.

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On connaissait le permis de construire et le permis de démolir, délivrés par les mairies de France. François Lebel, maire du 8e arrondissement de Paris, et Bernard Mantienne, maire de Verrières-le-Buisson (Essonne), viennent de créer le permis de délirer, qu’ils se sont très généreusement octroyé à eux-mêmes.

La mairie du 8e arrondissement

François Lebel, maire du 8e arrondissement de Paris, n’y va pas avec le dos de la cuillère : pour le Huffington Post, ses déclarations sont même « pires » que les récents propos du cardinal Barbarin, qui établissait un lien direct entre mariage pour tous et pédophilie. C’est francetvinfo qui a lancé l’alerte en premier : dans l’éditorial du mensuel d’information locale « Paris 8e », publié par la mairie en octobre 2012, l’élu lance un édito incendiaire contre le mariage pour tous. Qu’on en juge par ces quelques extraits, qui mélangent allègrement fantasmes personnels, notions de paléoanthropologie mal digérées, et convictions religieuses à peine dissimulées :

Je ne procéderai, personnellement, à aucun mariage de cette nature. […] La reproduction sexuée est une constante du règne animal depuis des millions d’années et c’est pourquoi l’union entre deux sexes différents, le mariage, est l’objet d’une ritualisation, partout et toujours, depuis l’origine même de l’espèce humaine et même pré-humaine

La liste des plaies mortelles qui vont s’abattre sur le monde vient ensuite, dans un interminable inventaire à la Prévert, qui constitue un flot incessant d’absurdités plus énormes les unes que les autres. Polygamie, pédophilie, consanguinité, inceste… : on sent que Monsieur le Maire; suite à un brainstorming intense, a voulu être exhaustif, et rendre une copie parfaite dans laquelle il n’oublierait aucun des cataclysmes à venir, dont les homos seront responsables !

Si le tabou immémorial du mariage hétérosexuel vient à sauter, qui et quoi s’opposera désormais à ce que d’autres tabous le concernant, bien moins anciens, bien moins universels, ne tombent à leur tour ? Par exemple : Comment s’opposer demain à la polygamie en France, principe qui n’est tabou que dans la civilisation occidentale ? Pourquoi l’âge légal minimum des mariés serait-il maintenu ? Et pourquoi interdire plus avant les mariages consanguins, la pédophilie, l’inceste qui sont encore monnaie courante dans le monde ?

La conclusion est sans appel, et témoigne d’une forme aiguë d’auto-persuasion, qui amène le maire à achever sa tribune délirante… sur la mort de la civilisation (rien que ça !) :

C’est pourquoi, dans une société qui n’a plus comme règle que l’hédonisme de chacun, les pires dérives sont non seulement possibles, mais certaines. La porte est désormais ouverte au spectacle mortel pour la civilisation du mariage légal de tout le monde avec n’importe qui pour faire n’importe quoi !

J’ai deux mauvaises nouvelles pour vous, Monsieur Lebel : les LGBT ne sont pas « n’importe qui », mais, en revanche, vous dites bien « n’importe quoi ».

L’hôtel de ville de Verrières-le-Buisson

Bernard Mantienne, maire de Verrières-le-Buisson (Essonne), n’est pas en reste. Il renchérit dans une « lettre ouverte au président de la République« , qu’il a publiée sur le site de sa commune. Lui non plus n’a peur de rien – et de mauvaises langues, dont nous nous désolidarisons, diraient sans doute que c’est à cela qu’il veut qu’on le reconnaisse.

Au mépris de tous les sondages, il affirme que cette décision est simplement « appuyée par une minorité », qu’elle constitue « une erreur et une faute », et qu’il faut s’y opposer car « la famille normale est le socle de la société » (on appréciera l’adjectif « normal » pour désigner les hétérosexuels).

Pour Bernard Mantienne, ouvrir le mariage aux couples de même sexe est en outre une « atteinte à la loi naturelle« . Il est pour lui évident que cette réforme « ouvrirait la voie à toutes sortes de dérives« . L’ex-sénateur de 79 ans est cependant plus malin que son cadet parisien : il se garde bien de préciser ce qu’il entend par « toutes sortes de dérives » ! Mais cette façon de faire est peut-être pire : on peut en effet imaginer toutes les « dérives » que l’on veut : pédophilie, viols, incestes, mariages blancs, zoophilie, décadence de la civilisation, invasions de sauterelles, et multiplication sauvage des concerts de Mireille Mathieu.

Cependant, comme aux plus beaux jours des débats sur le Pacs, la menace d’une guerre civile est brandie par Bernard Mantienne comme l’argument ultime qui devrait nous faire tous reculer : « Notre pays a besoin de sérénité et de certitude ; vouloir lui imposer un choc sociétal, c’est prendre un risque d’instabilité » ; « les inquiétudes du monde et ses angoisses sont telles qu’il paraît superflu d’ajouter encore le trouble là où menace déjà la tempête » ; « nous sommes au coeur d’une conception de la société ébranlée par des projets qui, je le crains, […] la rendront plus fragile et plus perturbée« .

Ces déclarations regrettables rejoignent celles d’autres maires, qui ont cru indispensable d’affirmer dans la presse qu’ils ne célèbreront jamais de mariage entre deux hommes ou entre deux femmes – par exemple en Corse ou dans la région Centre. Tous ces maires savent-ils qu’ils ont, parmi leurs administrés, des couples de même sexe qui n’aspirent qu’à être reconnus comme les autres couples ? Et savent-ils qu’ils ont, dans leur ville ou leur arrondissement, de jeunes LGBT, qui s’interrogent sur leur identité, qui construisent leur confiance en eux-mêmes, et qui assistent, impuissants et fragiles, à ces débats d’une violence inouïe ?

S’ils ne le savent pas, ce sont des ignorants ; et s’ils le savent, ce sont des criminels.

***

Mise à jour le 03 octobre 2012 : l’Association des Familles Homoparentales (ADFH) a publié ce mercredi 03 octobre un très bon communiqué de presse suite aux propos du maire du 8e arrondissement : « François Lebel, vous avez oublié la zoophilie ! ». L’association y déclare notamment : « Certains dont François LEBEL, ignorent ces règles élémentaires de conduite qu’un officier d’état civil se devrait d’appliquer dans l’exercice de sa fonction ». Elle remarque que « le financement de son Edito est assuré par l’impôt local » et elle « s’étonne de l’utilisation de fonds publics (bulletin municipal) par le Maire du VIIIe Arndt pour véhiculer ses idéaux personnels, sans rapport avec la vie de son arrondissement, n’étant pas parlementaire lui-même ».

François Fillon, interrogé ce matin sur France Inter par Patrick Cohen, a refusé de condamner les propos de François Lebel. Il a préféré éluder la question en critiquant plutôt le gouvernement et les partisans du mariage pour tous, par des déclarations pour le moins confuses :

Dans le climat politique, social, économique qui est le nôtre, on va assister à la multiplication de ce genre d’arguments dans les deux sens, des deux côtés. On va voir les Français se diviser très profondément et d’une certaine façon s’insulter. On va voir l’homophobie remonter. Je trouve que le moment est mal choisi et la méthode est mal choisie. […] Au moins pourrait-on se donner, comme on le fait pour les lois de bioéthiques, un vrai délai de réflexion, de travail, de débat, qui jusqu’à maintenant n’a pas été conduit. […] Ce qui renforce l’homophobie c’est le débat qu’on va avoir. La formule que vous venez de citer, elle a été utilisée par un évêque [monseigneur Barbarin], il n’y a pas très longtemps qui est plutôt un évêque que la gauche vient souvent chercher au secours quand ça l’arrange, quand il s’agit des Roms, d’un certains nombre de sujets. Vous avez de l’autre côté des lobbys qui vous explique toute la journée qu’il y a des études psychiatriques que personne n’a jamais vérifiées qui montrent qu’il n’y a pas de sujet. Moi je dis qu’il y a un sujet.

Anne Hidalgo, candidate aux élections municipales de Paris en 2014, a déclaré : « Les propos consternants de M. Lebel sont à l’image de la droite parisienne : archaïques, déconnectés des attentes et de la vie des Parisiens. Pour ma part, j’espère de tout coeur célébrer très vite à Paris, les mariages de toutes celles et tous ceux qui s’aiment ».

Ian Brossat, président du groupe PCF/PG au Conseil de Paris, a également réagi : « Les propos consternants de M. Lebel sont à l’image de la droite parisienne : archaïques, déconnectés des attentes et de la vie des Parisiens. Pour ma part, j’espère de tout coeur célébrer très vite à Paris, les mariages de toutes celles et tous ceux qui s’aiment ».

Cinéma | Homoparentalité | International | People | 16.09.2012 - 14 h 47 | 1 COMMENTAIRES
Le dérapage de Rupert Everett contre les familles homoparentales

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L’orientation sexuelle n’a vraiment aucun lien avec l’intelligence, la clairvoyance ou l’empathie… L’acteur ouvertement homosexuel Rupert Everett vient de le démontrer, en déclarant dans une interview accordée au Sunday Times : « Je ne peux rien imaginer de pire que d’être élevé par deux pères gays ».

La mère de Rupert Everett, qui a rencontré son petit ami, a déclaré au sujet de l’acteur qu’elle aimerait malgré tout qu’il ait une femme et des enfants. Rupert Everett a commenté cette opinion : « Elle pense que des enfants ont besoin d’un père et d’une mère, et je suis d’accord avec elle. […] Certains peuvent être en désaccord. Ok : ce n’est que mon opinion. »

Rupert Everett se démarque alors de la « communauté gay », avant de se lancer dans une réflexion étrange sur le nombre d’enfants dans le monde : « Je n’appartiens à aucune « communauté ». Ma seule communauté, c’est l’humanité, et il y a trop d’enfants sur la planète : donc il est bon qu’il n’y en ait pas davantage. » On recommandera à Rupert Everett d’approfondir quelque peu ses connaissances en géographie et en économie mondiales, qui semblent pour le moins quelque peu lacunaires…

Rupert Everett a révélé son homosexualité il y a une vingtaine d’années, mais il ne semble malheureusement toujours pas en accord avec lui-même sur cette question. C’est dommage… Il est à noter que ce n’est pas la première fois que Rupert Everett fait des déclarations polémiques : il avait insulté les armées en 2008 (avant de s’excuser), puis il avait déconseillé aux acteurs de faire leur coming out, en disant que le sien avait nui à sa carrière.

Famille | France | Homoparentalité | Homophobie | Medias | 21.08.2012 - 01 h 23 | 15 COMMENTAIRES
Ouest-France : 3eme édito sur les droits LGBT en moins de 2 mois.

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Depuis quelques semaines, les éditos de Ouest-France se suivent… et se ressemblent beaucoup. En sept semaines, pas moins de trois éditos ont été consacrés à la question de l’égalité entre les couples de même sexe et les autres couples.

Le 1er juillet 2012, c’est la pieuse Jeanne Emmanuelle Hutin, fille du PDG, qui nous expliquait benoîtement qu’il ne faut surtout pas accorder l’égalité des droits aux homosexuels – à cause de la crise économique et financière. Eh oui : « Nous sommes en pleine tempête économique », remarque avec grande clairvoyance la fille de son père. « Il serait donc très imprudent de bouleverser les structures de la société ». L’argumentation est imparable !

François-Régis Hutin

Le 11 août 2012, c’est le père, le tout aussi zélé François-Régis Hutin, qui intervient directement. L’éditorial porte un nouveau titre, l’argumentation est un peu différente, mais les idées défendues sont les mêmes : à cause des LGBT, « la notion même de mariage serait encore plus dévaluée et même privée de son sens profond ». Il faut croire que l’éditorial de la fille était très mauvais, pour que le père se sente ainsi obligé de reprendre la même idée qu’elle au bout de six semaines.

Mais… jamais deux sans trois ! Le 20 août 2012, après la fille, puis le père, c’est le saint esprit Jean-François Bouthors qui produit un troisième éditorial (en moins de deux mois) consacré à l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe. Cependant, ce nouvel article est beaucoup moins clair dans son intention que les deux précédents. Le ton est différent : le journal finirait-il par céder aux nombreuses réclamations de lecteurs justement indignés, qu’il n’a sans doute pas manqué de recevoir suite à son acharnement malsain contre les droits LGBT ?

En effet, après avoir vertement condamné l’égalité des droits dans deux éditos différents, Ouest-France se met maintenant à espérer l’émergence d’un « vrai débat » sur la question. Il s’agit là d’un procédé assez étonnant, pour ne pas dire d’une démarche perverse : on condamne d’abord, puis on invite ensuite au débat !

L’éditorialiste lance aux lecteurs du journal : « Un effort doit être fait pour échapper aux simplismes, aux raccourcis, aux préjugés, aux caricatures ». Il est à espérer qu’en employant ces termes, l’auteur pense très fort aux deux éditos de la famille Hutin & Hutin Jr, qui n’ont fait qu’accumuler les poncifs les plus ineptes au profit d’une idéologie néo-conservatrice.

M. Bouthors exprime des réserves sur l’ouverture du mariage, qui ont dû plaire aux Hutin : d’abord, si les Français sont favorables au mariage et à l’adoption pour les couples de même sexe, ces sondages « ne suffisent pas à dire ce qui est juste ou éthique ». D’autre part, il rappelle que l’Eglise défend une « vision anthropologique de la famille, fondée sur la différence sexuelle ».

Malgré tout, l’article prend parfois l’exact contrepied de ce qu’ont écrit peu de temps auparavant ses patrons et amis :

Les revendications des homosexuels concernant le mariage et la parentalité interrogent le devenir de la famille. Mais la déstabilisation de celle-ci, qui remonte aux années 1970, n’est pas le fait des homosexuels, loin s’en faut. Paradoxalement, c’est aujourd’hui d’une partie d’entre eux que revient la question, importante, du comment signifier devant la société un engagement durable. Quel que soit le mot employé, cela mérite d’être entendu. De même pour le désir que certains expriment d’élever des enfants : si l’on peut discuter des moyens de le réaliser, il faut reconnaître que ce désir est une valeur fondamentale.

Enfin, le dernier paragraphe est assez mystérieux, et se garde bien de trancher la question, afin, sans doute, que ces deux phrases puissent plaire à tout le monde  :

Ces deux points nous invitent à réfléchir à la famille, à son sens symbolique et à son équilibre, autrement que dans les seuls termes de droits et d’allocations. Quand la loi sera votée, cette question essentielle pour l’avenir des enfants restera posée.

Pour tout dire, il semble que cet article ait surtout été écrit pour redorer quelque peu l’image du quotidien, sérieusement écornée par les deux éditos indignes qu’ont signés la fille du PDG puis le PDG lui-même. Jean-François Bouthors a dû être chargé d’écrire un article vaguement conciliateur, et assez sibyllin sans être totalement creux. C’est sans doute le seul moyen trouvé par le journal pour apaiser les  lecteurs et journalistes mécontents, qui n’attendent pas de Ouest-France qu’il soit un simple journal d’opinion destiné à défendre des valeurs de droite extrême. Que Jean-François Bouthors soit sincère ou non dans son article n’a que peu d’importance : il ne prend de toute façon aucune position, ni en faveur du mariage pour les couples de même sexe, ni en sa défaveur.

M. Bouthors nous invite « à réfléchir à la famille ». C’est effectivement la première chose que devraient faire M. Hutin et sa fille, qui découvriraient ainsi que le mariage et la famille sont des notions assez larges pour pouvoir intégrer tous les couples qui s’aiment, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels. Quant à M. Bouthors lui-même, son invitation au débat arrive un peu tard, après deux éditos aux conclusions stupides mais péremptoires.

Par ailleurs, pourquoi débattre de mesures qui font partie des engagements fondamentaux du candidat élu à la Présidence de la République ? Le débat démocratique a eu lieu durant les campagnes présidentielle et législative : l’égalité a été plébiscitée par les Français. Il est toujours temps de réfléchir, mais il est surtout temps d’agir – pour l’égalité des droits.

Famille | France | Homoparentalité | 06.07.2012 - 08 h 56 | 45 COMMENTAIRES
Le magazine de la MAIF, « assureur militant », met à l’honneur les familles homoparentales.

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Pour son numéro de juillet 2012, MAIF Magazine a choisi de mettre en une les « familles d’aujourd’hui ». En une de ce numéro 159, on voit donc une petite fille souriante, embrassée par deux femmes, avec cette légende simple et jolie : « Moi, j’ai deux mamans ».

C’est une nouvelle preuve de la visibilité des familles gay et lesbiennes, et l’on ne peut que s’en féliciter. Du reste, ce n’est pas la première fois que la MAIF montre sa bienveillance envers les couples de même sexe, puisqu’elle a déjà fait apparaître un couple gay dans une campagne publicitaire de février 2012. Et dès l’an 2000, la mutuelle s’adressait déjà à tous les couples ! La Maif a vraiment toute légitimité pour se revendiquer comme « assureur militant » !

Evidemment, cette décision n’a pas fait que des heureux. Suite à l’excellent dossier de cinq pages consacré par le magazine aux « nouvelles familles », et surtout à la une qui illustre clairement l’homoparentalité, on s’étrangle de rage sur les sites conservateurs, ultra-catholiques et identitaires, où les commentaires vont bon train. Voici une courte sélection des articles et commentaires écrits à propos de la une du magazine :

« Puisque la MAIF se présente comme “assureur militant”, soyez vous aussi des assurés militants : si vous êtes assurés à la MAIF, partez ! » ; « La MAIF a oublié de prendre en compte la famille polygame » ; « Et si l’on épouse son cheval? » ; « Propagande homosexuelle de la MAIF » ; « Nous avons à faire à un véritable négationnisme. L’enfant semble bien être un objet de désirs pas très purs pour ces femmes » ; « Et un boycott, un ! Il faut les toucher au porte-monnaie. Ils agissent pour attirer de la clientèle, faisons-leur savoir que c’est un pari risqué… » ; « Moi, j’ai deux mamans… Et dans vingt ans, tu entameras une psychothérapie qu’un suicide viendra malheureusement interrompre… Mon Dieu, quelle société de dégénérés ! »

Plus grave encore, la MAIF a été assaillie de courriers très négatifs, dans lesquels ces même identitaires et/ou ultra-catholiques ont protesté avec virulence contre la une du magazine. Le magazine de la mutuelle s’est alors senti obligé de se dédouaner, et de nier expressément tout soutien aux familles homoparentales, en adressant ce mail aux contestataires :

Votre mail a été adressé à la direction de MAIF Magazine afin que nous répondions aux questions soulevées en début de votre mail, sur la Une de MAIF Magazine. […]

 Le dossier de MAIF Magazine fait état de la nature de ces nouvelles formes d’organisation familiale : monoparentalité, homoparentalité, familles recomposées… Notre but journalistique n’est pas de soutenir ou condamner ces nouvelles réalités, mais de les porter à la connaissance de nos lecteurs, sans jugement de valeur. Car comme vous le signalez, la question de l’intérêt de l’enfant se pose, elle est très discutée entre spécialistes, ce que nous ne sommes pas. Il n’est pas de notre rôle, ni de notre compétence d’avoir une opinion sur ce qui est un bon, ou un mauvais modèle conjugal.

En tant que mutuelle d’assurance, la MAIF, qui a toujours assuré toutes les familles sans discrimination, est très attentive aux évolutions sociétales, car pour bien assurer, il convient de ne pas dénier les réalités contemporaines, et au contraire de bien les comprendre pour garantir au mieux les risques des membres du foyer familial.

De ce point de vue, la MAIF a fait depuis de nombreuses années le choix d’assurer toutes les familles, sans discrimination et sans jugement. Ce choix de tolérance et d’ouverture correspond aux valeurs de respect de toutes les personnes pour lesquelles la MAIF s’engage au quotidien.

Notre Une n’est donc autre chose qu’une illustration de la thématique sociétale du dossier de ce numéro de MAIF Magazine. Elle ne constitue en rien une prise de parti, si ce n’est celui de rester ouvert aux réalités de nos concitoyens, dans l’objectif de les assurer au mieux, eux et leur famille.

L’avalanche de mails hostiles qui sont parvenus à la MAIF montre bien qu’une campagne a été délibérément mise en oeuvre pour faire croire à la mutuelle que cette une est choquante pour la population française. Si, pour rétablir la vérité, vous voulez montrer à la MAIF qu’elle ne doit pas reprocher à la direction de son magazine d’avoir consacré sa une à nos familles, vous pouvez envoyer un courrier à cette adresse : maifmagazine@maif.fr Il suffit d’indiquer que cette une contribue à donner une image positive et valorisante de la mutuelle – ce qui est absolument vrai.

Droit | Famille | France | Gestation pour Autrui | Homoparentalité | Justice | PS | 29.04.2012 - 22 h 20 | 23 COMMENTAIRES
François Hollande sur la GPA à l’étranger : contradiction tactique ou évolution raisonnable ?

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« Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup » disait Martine Aubry au sujet de François Hollande, en 2011, durant les primaires du Parti socialiste. J’ai longtemps pensé qu’il fallait prendre cette phrase pour ce qu’elle est : un argument de campagne un peu rude, lié au contexte des primaires, ou un simple adage populaire qui pourrait s’appliquer à François Hollande comme à n’importe qui d’autre. Bref, je n’y avais jamais particulièrement prêté attention.

Mais une inquiétude m’a saisi ce soir. Fidèle lecteur de Yagg, comme chacun ici peut s’en douter, j’ai lu avec grand intérêt le script du tchat auquel a bien voulu participer Najat Vallaud-Belkacem le 14 avril 2012. Voici ce qu’y déclarait la jeune femme, qui est porte-parole du candidat socialiste :

Se pose en effet la question de la transcription des actes de naissance des enfants nés légalement de GPA à l’étranger. Il y va en effet de l’intérêt des enfants en question, petits fantômes de la République qui n’ont pas choisi leur condition. François Hollande s’est prononcé en faveur de cette transcription.

Dois-je le préciser ? Cette phrase m’a convaincu de voter pour François Hollande dès le premier tour, alors que je comptais au départ accorder mon suffrage aux Verts, qui ont indiqué sans ambiguïté vouloir reconnaître les enfants nés légalement, à l’étranger, par GPA.

Quelle n’a donc pas été ma surprise, lorsque j’ai pu lire, dans une interview réalisée le 27 février 2012 par le magazine Têtu, un jugement pour le moins bien différent d’une prise de position « en faveur de cette transcription »… rendu par le candidat socialiste lui-même ! Qu’on en juge :

François Hollande : Je suis hostile à la gestation pour autrui, la GPA.

1) Seriez-vous néanmoins favorable à la reconnaissance des enfants nés par GPA à l’étranger ?
François Hollande : Vous imaginez bien que si j’ouvrais cette question-là, ça pourrait être finalement une facilité donnée à la gestation pour autrui. Et seul compte le droit de l’enfant.

2) Justement, des enfants nés ainsi se retrouvent actuellement en difficulté…
François Hollande : Je sais bien, et donc ce débat devra avoir lieu, mais il ne doit en aucun cas être considéré comme une façon d’accepter la marchandisation du corps.

Les deux déclarations de François Hollande sont plutôt contradictoires : on comprend mal comment « le débat peut avoir lieu » (2) si le candidat refuse « d’ouvrir cette question-là » (1).

Ma question est donc simple : l’affirmation très claire de Najat Vallaud-Belkacem, qui est plus récente d’un mois et demi que les propos fort hésitants de François Hollande, est-elle bien la déclaration qu’il faut prendre en compte pour connaître les intentions réelles du Parti socialiste en matière de GPA réalisée légalement à l’étranger ? Faut-il voir, dans la comparaison entre les deux interviews, le signe d’une évolution raisonnable dans la réflexion personnelle du candidat socialiste au cours des derniers mois ?

Ce thème est pour moi déterminant dans la campagne. Je n’aimerais pas m’être trompé au premier tour, mais j’aimerais encore moins voter au second tour en ayant l’impression d’avoir été dupé par un homme que j’estime, François Hollande, et par une personnalité que j’admire, Najat Vallaud-Belkacem. Le changement, c’est maintenant : que le Parti socialiste justifie d’ores et déjà son slogan en faisant preuve, à l’inverse du parti actuellement au pouvoir, d’une réelle transparence et d’un vrai courage politique.

Adoption | Bayrou | Discriminations | Droit | Education | Famille | France | Gestation pour Autrui | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | Modem | Politique | UMP | 18.02.2012 - 01 h 15 | 0 COMMENTAIRES
11 et 14 février 2012 : un regard LGBT sur les travaux du Modem.

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François Bayrou est-il pour l’égalité de tous les couples face au mariage et à l’adoption ? Sa réflexion a beaucoup évolué depuis son refus personnel du Pacs à la fin des années 90. Les positions qu’il défend en 2012 sur le mariage et l’adoption par les couples de même sexe méritent donc d’être observées de près… Petite plongée dans la campagne de François Bayrou cette semaine.

François Bayrou entouré de journalistes.

La valeur « Solidarité ».

Le 11 février 2012, François Bayrou a tenu à la Maison de la Chimie l’un des quatre grands forums de réflexion qui rythment sa campagne. Intitulé « Solidarité », il comportait trois tables rondes de 3h30. L’un de ces moments d’échange, dirigé par Dominique Verisini, était appelé « Vivre Ensemble ». Si je m’y suis rendu, au lieu d’aller au mariage symbolique de Villejuif qui avait lieu exactement au même moment, c’est parce que cette table ronde devait aborder, entre autres, la thématique de l’égalité et de la lutte contre les discriminations.

Discours d'ouverture de François Bayrou

Le discours inaugural de François Bayrou était constitué d’une charge extrêmement virulente contre Nicolas Sarkozy, qui venait de faire paraître sa fameuse interview dans le Figaro Magazine. A l’inverse du Président Sarkozy qui divise, Bayrou veut être un Président qui rassemble, et qui gouverne au nom des valeurs humanistes.

Dominque Versini et Fadila Mehal

Dominique Versini (debout, au centre de l'image)

Dominique Versini, qui dirige la table ronde « Vivre ensemble », n’est pas une inconnue. C’est une chiraquienne historique, qui a été victime de sa liberté de parole et de la réorganisation des institutions sous Nicolas Sarkozy. Ancienne cofondatrice du Samu social et Défenseur des enfants, elle a également été secrétaire d’Etat chargée de la Lutte contre la précarité et l’exclusion auprès de François Fillon. On apprendra dans l’après-midi, lors de sa participation au grand débat politique de l’APGL, que c’est elle qui a, en majeure partie, rédigé le statut du beau-parent, tel qu’il a ensuite été défendu par Nadine Morano… et refusé par l’UMP.

Fadila Mehal (à droite)

La table ronde était co-dirigée par Dominique Versini et Fadila Mehal. Dominique Versini est un soutien récent à François Bayrou. Elle a rappelé qu’elle n’était « pas encartée », mais qu’elle soutenait les valeurs humanistes du candidat Modem. A l’inverse, Fadila Mehal accompagne le Modem depuis son année de création. Elle s’est engagée de longue date dans l’action sociale et le monde associatif, et elle a eu de nombreuses responsabilités en lien avec la cohésion sociale et l’égalité des chances.

L’intervention de Frédérick Getton

La grande majorité de la table ronde était dédiée à des problématiques sociales ou économiques. Mais la gravité des problèmes abordés rendait légitime la place importante accordée aux problèmes sociaux : lutte contre la précarité, problèmes de logement, politique de la ville (et de la ruralité), place de l’enfance, prise en compte du handicap…

Catherine Tripon

Parmi la trentaine d’intervenants, deux étaient au fait des problèmes rencontrés par les LGBT. Pour l’anecdote, le public ne disposant pas de la liste des intervenants, j’ai cru pendant deux bonnes heures que le sujet des discriminations homophobes serait traité par Catherine Tripon, porte-parole de la fédération L’autre Cercle. En réalité, Catherine Tripon a posé la question de l’égalité entre hommes et femmes dans l’entreprise, puisque c’est un sujet dont elle également spécialiste.

Le thème de l’égalité des droits entre couples mixtes et non-mixtes a donc été abordé par Frédérick Getton. Militant de l’UDF puis du Modem, il est le président de « CENTR’EGAUX, l’association des centristes et démocrates LGBT ». Il a exposé avec beaucoup de conviction les objectifs de Centr’égaux : lutter contre les LGBT-phobies et obtenir l’égalité stricto sensu, en droits et en devoirs, entre couples hétéros et couples de même sexe. Il a revendiqué, pour les LGBT, le droit à la différence et à l’indifférence, ainsi que le respect de la diversité des femmes et des hommes qui composent la société. Ces demandes rejoignent pour lui « le projet humaniste de François Bayrou et du Modem ».

Centr’égaux souhaite « l’égalité globale » entre les couples, par l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe. Il revendique également accession à la parentalité pour les couples de même sexe : adoption, PMA et GPA encadrée. L’instauration d’un statut du beau-parent lui semble indispensable. Pour Frédérick Getton, il permettrait de respecter le droit de l’enfant, et apporterait la sécurisation des enfants, si chère à François Fillon.

La "table ronde" et ses 30 chevaliers

Frédérick Getton rappelle que l’orientation sexuelle peut encore poser des problèmes dans le monde du travail : lors des discussions entre collègues, beaucoup d’homosexuels s’inventent une vie, ou se taisent, pour cacher l’existence de leur copain ou de leur copine. Enfin, il souhaite que l’éducation sensibilise davantage les enfants au respect de la différence (le maire de Talence, présent à la table, acquiesce vivement).

Dans le public, tout près de moi, un honorable spectateur a de plus en plus de mal à se contenir en écoutant l’intervention de Frédérick Getton. « Et les devoirs ? » marmonne-t-il d’abord à sa femme. Il reprend peu après, de plus en plus fort, et cherchant l’approbation de ses voisins : « Et les enfants, alors, ils y pensent ? Non mais vraiment ! » Evidemment, il n’applaudit pas à la fin de l’intervention, et ce qu’il a entendu l’a mis de fort mauvaise humeur…

Comptes rendus des tables rondes

La table ronde s’est terminée vers 13h30. Les thèmes abordés, très divers et intéressants, ont été largement commentés – même si la question des LGBT a été traitée très brièvement (4mn sur 3h30).

Dans la Maison de la Chimie, à la pause

Je profite de la pause-déjeuner pour retrouver l’adhérent Modem qui s’est récrié durant l’intervention de Frédérick Getton. Il pourrait être mon père – il lui ressemble beaucoup. Au cours de la discussion, ce militant UDF puis Modem m’explique qu’il s’inquiète pour les « droits de l’enfant », parmi lesquels figure, selon lui, le droit d’être élevé par un père et une mère. Il pense que « le développement psychologique d’un enfant nécessite l’altérité père/mère », et que les droits de l’enfant sont supérieurs aux droits LGBT. Il m’indique qu’il est cependant prêt à voter Modem, malgré son désaccord avec Bayrou sur cette question. Il a l’air presque déçu lorsque je mets fin à la discussion en le remerciant : il aurait apparemment voulu continuer à dialoguer avec moi. Sait-il que j’ai dû inventer un prétexte pour nouer le dialogue avec lui, que je n’ose pas lui dire que je suis homo, que j’aimerais adopter un enfant avec mon compagnon, et que ses fausses convictions m’ont touché ? Sait-il que mon père, qui pensait autrefois comme lui sur toute la ligne,  souffre désormais que mon compagnon et moi ne puissions pas adopter ou recourir à la GPA pour élever ensemble un enfant au sein de notre foyer ? Un instant, j’ai envie d’inviter ce type chez moi, de lui montrer comment on vit, de le présenter à des couples homos qui ont élevé leurs enfants…  J’ai, durant quelques instants, l’espoir qu’il comprendrait alors son erreur.

Dominique Versini

A 14h, les rapporteurs de chaque table ronde viennent rendre compte des débats. La vieillesse, la santé, l’emploi, la protection sociale… sont autant de thèmes traités lors des deux premières tables rondes, et présentés par quelques personnalités. Dominique Versini monte alors à la tribune pour rendre compte de nos débats. Elle aborde, plus en détail que lors des débats du matin, le thème des familles homoparentales « qui existent, et qui sont d’aussi bonnes familles que les autres ». A ces mots, je suis ému d’entendre cette déclaration dans un parti centriste. Mais les réactions autour de moi sont assez vives (je suis assez loin de la tribune, là où les gens commentent plus librement) , et quelques personnes, bien que discrètes, sont assez mécontentes. « Je sais, déclare Dominique Versini au sujet des familles homoparentales, que François y est sensible. Tout part de l’enfant, et du besoin qu’a sa famille d’être soutenue ».

Discours de clôture de François Bayrou

A 14h15, avec un peu de retard, François Bayrou tient son discours. Malheureusement, il n’est plus question, dans ce discours final de 1h15, des LGBT ni de leurs familles. Le candidat fera à peine une allusion, au début et à la fin du discours, à la lutte contre les discriminations. Il cite la discrimination pour orientation sexuelle, mais il s’attache surtout à celles, tout aussi réelles, dont sont victimes « les minorités visibles » et les femmes.  Le candidat déclare : « Je crois aux vertus de l’éducation, des campagnes de sensibilisation, je crois à l’engagement personnel de chacun pour que la discrimination ou les préjugés ne passent pas par lui. »

Où l’on retrouve Dominique Versini et Frédérick Getton

Une fois le discours fini, je file au débat politique de l’APGL. Je ne suis pas le seul à y aller, puisque j’entends Dominique Versini glisser à Fadila Mehal : « Bon, maintenant je vais voir les familles homoparentales. » Je suis surpris par le ton de Dominique Versini, qui a l’air quasiment enjouée de se rendre au débat. Elle ne semble pas du tout stressée d’y aller, bien au contraire : son visage contraste fort avec l’air contrit et renfermé de Jean-Marie Cavada, lorsqu’il était venu représenter le Nouveau Centre devant l’APGL en septembre 2010 !

Au débat de l’APGL, Dominique Versini présente la position du Modem sur le mariage, l’adoption et la PMA. A titre personnel, elle aimerait que le mariage soit ouvert à tous les couples. Ce n’est cependant pas la position de Bayrou, « dans l’état de sa réflexion pour le moment », ajoute Dominique Versini. Le président du Modem souhaite en effet instaurer plutôt une union civile qui donnera aux couples de même sexe les mêmes droits et les mêmes devoirs qu’aux autre couples. Au sein du Modem, beaucoup espèrent encore que François Bayrou comprendra que cette solution n’est pas viable socialement, parce qu’elle conduit au coming out forcé et favoriserait toutes les discriminations. En outre, elle est électoralement contre-productive : elle lui coûte plus d’électeurs qu’elle ne lui en apporte. De l’avis de tous, François Bayrou est un homme pragmatique qui a des convictions fortes et qui sait se remettre en question : saura-t-il se rendre compte, à temps, que la seule solution possible est l’ouverture du mariage pour tous ?

Le Modem est en outre favorable à l’ouverture de l’adoption pour les couples de même sexe, mais aussi à l’accès à la PMA pour les couples de femmes. François Bayrou est également favorable à la reconnaissance des enfants nés par GPA à l’étranger. Ses positions sur l’ouverture de la GPA en France, même encadrée, mériteraient d’être clarifiées : on sent bien que le sujet est extrêmement complexe et ne figurerait pas parmi les premiers résolus au cours du quinquennat.

Dominique Versini dialogue avec les médias.

A la tribune, Dominique Versini fait bonne figure face à George-Pau Langevin, qui s’emmêle à un moment les pinceaux en parlant de « femmes pacsées célibataires » (et en persistant dans son erreur…), ou qui explique à quel point les discussions sur les thèmes LGBT peuvent être « difficiles et compliquées » entre les responsables P.S. Dominique Versini essaie en outre de tempérer les ardeurs de Clémentine Autain, dont l’intervention aura sans doute été la plus appréciée de l’après-midi, mais dont les positions supposeraient une « révolution copernicienne » dans notre façon d’envisager la famille. Point amusant : Camille Bedin (UMP) cherche à plusieurs reprises du soutien de la part de Dominique Versini, soit du regard, soit en s’adressant directement à elle, mais cette dernière le lui refuse à chaque fois.

Opposée à l’une des spectatrices sur la nécessité pour un enfant d’avoir deux parents, Dominique Versini recourt à son expérience personnelle durant sa jeunesse. L’exercice est risqué, mais la séquence est émouvante, et l’on voit bien que Dominique Versini est sincère, à la fois dans le récit de sa vie et dans ses convictions. Pour elle, un enfant doit être élevé par un couple, quel que soit le sexe des deux personnes qui l’élèvent. Cette idée fait débat au sein du public et des intervenants : quid des familles monoparentales, des couples divorcés et de la co-parentalité ? quid des sociétés où la famille n’obéit pas nécessairement au schéma occidental moderne « couple + enfant(s) » ? Cette question  pourrait sans doute faire l’objet, dans un proche avenir, de rencontres passionnantes et de débats réunissant témoins et spécialistes.

Frédérick Getton

Frédérick Getton, présent lui aussi, profite de ce débat pour faire se rencontrer Dominique Versini et Nicolas Gougain, de l’Inter-LGBT. La discussion entre ces trois personnalités semble prometteuse, et le contact se fait très facilement.

14 février : la Saint-Valentin de Bayrou avec les LGBT ?

Enfin, le 14 février 2012, François Bayrou est l’invité d’Europe 1 pour une matinale spéciale qui lui accorde quasiment 2h de temps d’antenne. Vers 8h30, il répond aux questions des Français.

C’est l’auditeur Robert, de Marseille, qui pose la question du mariage homosexuel et du « droit d’adoption » (à 6 minutes, dans la vidéo).

Bayrou – On va prendre deux minutes, parce que je suis choqué… Ma position est très simple. Je suis choqué par un certain nombre de propos…

Bruce Toussaint – Ceux de Nicolas Sarkozy dans le Figaro Magazine ?

Bayrou – Par exemple. Quand on parle de l’homoparentalité en présentant ça comme une déviance. Je voudrais qu’on songe qu’il y a, en France, des centaines de milliers d’enfants, d’adolescents, de jeunes, dont le père ou la mère est dans la situation d’avoir cette orientation sexuelle, et de l’avoir découvert quelquefois après, quelquefois avant la naissance de leur enfant. Ces enfants-là, ces jeunes-là, qui vous écoutent en ce moment, je trouve mal qu’on les présente comme destabilisant la société. L’homoparentalité, ça existe. Il y a donc une deuxième question : est-ce que l’adoption par des homosexuels existe ? Eh bien, elle existe évidemment, puisqu’en France, un célibataire peut adopter ! Alors, il y a une troisième question : est-ce qu’on peut reconnaître un lien qui existe entre l’enfant et les deux parents qui l’élèvent, lorsque les deux qui veillent sur lui ont cette vie de couple ? Moi, je pense que c’est bien de le faire. […] Ca existe dans la société française. Ce n’est pas une opinion : c’est une réalité qui touche des centaines de milliers d’enfants, de jeunes et de parents, pour qui je demande un minimum de respect et de compréhension. Parce que c’est pas facile d’élever un enfant quand on est homo. Et excusez-moi de vous le dire : ce n’est pas facile d’élever un enfant quand on est hétéro ! Il y a beaucoup beaucoup de couples qui sont dans des difficultés. J’étais hier dans l’école dont je parlais à l’instant : le directeur me disait l’an dernier:  » j’avais une classe dans laquelle, sur 25 élèves, il n’y en avait qu’un qui avait une famille classique « papa et maman » : un ! » Alors arrêtons de présenter cela comme s’il y avait chez ces enfants de la nocivité.  Ce sont nos enfants, alors il faut les élever du mieux que nous le pouvons. Et moi en tout cas, je défendrai cela ! […] Pour le mariage, je dis : égalité de droits et de devoirs, égalité de forme entre les unions, mais je pense qu’il est bien que ça s’appelle union, et pas mariage. Parce qu’il y a en France, et dans toutes les sociétés occidentales, des traditions qui viennent de très loin, et qui sont éminemment respectables, autour de l’idée que le mariage, c’est un couple d’un homme et d’une femme. Et je trouve que l’égalité de droits et la distinction du nom, c’est quelque chose qui au fond affirme le droit à la différence de tout le monde.

Sur Rue89, la toujours aussi excellente journaliste Nolwenn Le Blevennec publie un article qui analyse avec justesse les déclarations de Bayrou ce mardi 14 férvier 2012, et qui les remet en perspective par rapport à l’évolution personnelle et positive de François Bayrou. Bayrou se disait, en 2006, « coincé » sur les questions LGBT. Il déclarait avoir « mûri », et comprendre nos difficultés. Il ne reste plus qu’à espérer qu’au sein de son équipe, François Bayrou écoute à nouveau, sur cette question, les conseillers qui connaissent la question de très près, et qui ont su l’amener, année après année, à saisir les difficultés quotidiennes rencontrées par les LGBT.

François Bayrou peut-il encore changer, à court terme, son opinion sur le mariage, et l’ouvrir finalement à tous les couples si l’est élu, sans distinguer les homos et les hétéros en offrant à chacun une union différente ? A l’heure actuelle, et face à la division des juristes sur ce point, une telle évolution intelligente… ne semble ni exclue, ni impossible.

Education | Famille | France | Homoparentalité | Mariage | Politique | PS | 10.02.2012 - 14 h 54 | 17 COMMENTAIRES
[Info exclusive] Lors de son discours d’Orléans, François Hollande a rayé son hommage aux familles homoparentales.

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Est-ce un incident troublant et inquiétant, ou un simple revirement anodin dû aux circonstances ? François Hollande, qui devait rendre un hommage appuyé aux familles homoparentales ce jeudi soir à Orléans, a finalement préféré ne pas dire un seul mot sur ce sujet.

Le discours tenu par François Hollande ce jeudi 10 février, à Orléans, devait être centré sur l’éducation. Pour introduire ce thème, la première moitié du discours a également été dédiée à des thèmes bien plus larges que l’éducation : la compétitivité, la vie démocratique, les inégalités de revenus… Il s’agissait pour François Hollande, en abordant ces questions, de répondre à la longue interview donnée par Nicolas Sarkozy au Figaro Magazine, dont plusieurs éléments commençaient déjà à fuiter dans les médias.

BFM et Europe 1 confirment :  le discours, initialement rédigé par Vincent Peillon et centré sur l’éducation, a ainsi été réécrit dans la journée de jeudi, « pour répliquer à la conception de la République, développée dans le Figaro Magazine par Sarkozy ». On comprend qu’il s’agissait là, pour François Hollande, de frapper un grand coup, et de montrer les idéaux et les principes auxquels il croit, par opposition aux objectifs de Nicolas Sarkozy dans son interview intitulée « Mes valeurs ».

Hélas ! Afin de réécrire son discours, d’en faire un moment fort de la campagne, de répondre à Nicolas Sarkozy et d’affirmer ses valeurs, François Hollande a choisi… de supprimer l’hommage vibrant qu’il avait prévu de rendre aux familles homoparentales !

Voici en effet, en exclusivité absolue, le passage qui devait être prononcé par François Hollande dans les toutes premières minutes de son discours d’Orléans :

Comme Républicain et comme homme de gauche, je suis attaché aussi à trois valeurs essentielles qui, je le sens, sont au coeur de cette campagne qui s’ouvre.

La famille est la première des cellules humaines, celle où tant de choses se jouent, très tôt. Celle où l’on reçoit – où l’on devrait toujours recevoir – l’amour et l’affection. Celle qui vous élève, vous fait grandir, vous protège. Entre toutes les institutions de la société, elle est la plus précieuse. Elle doit être défendue comme telle. Mais elle doit être défendue telle qu’elle est aujourd’hui, c’est-à-dire diverse. Il y a bien longtemps qu’il n’y a plus “un” modèle familial. Je veux que la famille soit considérée comme une institution libre, ouverte, moderne, vivante, ancrée dans la réalité de notre société et s’adaptant à l’évolution de nos moeurs. Défendre la famille, ce n’est pas la corseter dans un cadre défini une fois pour toutes, en dépit de toutes les évolutions et au mépris de tout bon sens, en occultant délibérément ce qui est au fondement de la famille et qui, seul, lui donne sa force : l’amour.  C’est pourquoi, je l’ai dit et je le répète ce soir, je suis favorable au mariage entre personnes du même sexe. Et parce que j’aime la famille et parce que je veux défendre les familles, toutes les familles, je veux qu’elles soient toutes traitées de façon équitable, qu’elles reçoivent toutes de la collectivité le soutien auxquelles elles ont toutes droit, celles qui paient l’impôt sur le revenu comme celles qui ne le paient pas : et, par conséquent, je veux que le quotient familial soit revu et réformé afin que toutes les familles françaises, et pas seulement les plus aisées, soient aidées.  Aimer et défendre la famille, c’est aimer et défendre toutes les familles. Et pas seulement les plus favorisées !

Ce passage vous semble beau ? Ces phrases vous semblent convaincantes ? Eh bien : François Hollande, pour qui on les avait écrites, ne les a tout simplement pas lues ! On pourra visionner l’intégralité du discours du François Hollande pour vérifier :  à aucun moment ces phrases ne sont prononcées par le candidat. En effet, ce passage a été supprimé entre jeudi matin et jeudi soir, alors que Nicolas Sarkozy venait justement de lancer de graves attaques contre les LGBT, en réaffirmant son opposition à l’ouverture du mariage et de l’adoption pour les couples de même sexe !

Pour prendre cette décision, François Hollande s’est entouré de Vincent Peillon, qui avait rédigé la première version du discours, de Manuel Valls et surtout d’Aquilino Morelle, qui semble porter la responsabilité de cette suppression. Rappelons qu’Aquilino Morelle est l’énarque qui rédigeait déjà les discours de Jospin de 1997 à 2002 – juste avant une défaite que tout le monde croyait impossible.

Alors, Monsieur Hollande : sachez deux choses. D’une part, il arrive que l’histoire se répète. Le PS a déjà perdu deux élections présidentielles imperdables, en écoutant des conseillers timorés, et en suivant des orientations politiques douteuses, voire hypocrites. Un troisième échec n’est pas impossible, si la gauche se coupe encore de ceux qui croient en elle.

D’autre part, je me sens trahi, en tant qu’homosexuel, par vos atermoiements continus au sujet du mariage et de l’adoption par les homosexuels. Refuser d’intégrer ces thèmes dans un discours portant finalement sur vos valeurs essentielles, alors même que Nicolas Sarkozy attaque gravement les LGBT, c’est faire preuve d’une grande maladresse, ou manifester un profond mépris pour nos familles. Ces phrases si belles ne sont donc que des mots ? L’émotion qu’elles laissent transparaître ne sont donc qu’un jeu pour attirer l’électorat, et il faudrait vite les supprimer lorsque les choses deviennent sérieuses ?

Cher Monsieur Hollande, je vous le dis franchement : ma voix ne vous est pas encore acquise. Il est des moments, de plus en plus nombreux, où je me prends à douter sérieusement de votre sincérité et de votre engagement pour les LGBT. Que comptez-vous faire, pour nous prouver enfin que les LGBT sont, à vos yeux, plus qu’une simple réserve de voix ? Vous semblez en effet croire – à tort – que nos voix vous sont acquises d’emblée. Je vous donnerai la mienne avec plaisir, mais je vous prie, auparavant, de vous en montrer digne.

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