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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Famille | France | Histoire | Livres | Politique | PS | 13.09.2014 - 10 h 12 | 16 COMMENTAIRES
Pour Valérie Trierweiler, François Hollande « n’a jamais compris la portée » du mariage pour tous.

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merci pour ce momentLe livre de Valérie Trierweiler, Merci pour ce moment (éd. Les Arènes), a déclenché des réactions hostiles ou enthousiastes, mais il n’a pas laissé les Français indifférents. Parmi les souvenirs, accusations et témoignages dévoilés par la journaliste au sujet de son ancien compagnon, on trouve un passage du livre consacré à l’attitude de François Hollande durant le vote de la loi sur le mariage pour tous.

Valérie Trierweiler reproche d’abord à François Hollande une certaine forme de lâcheté, voire de pusillanimité, face à cette réforme. Il aurait en effet préféré la « mettre en avant » à cette occasion, profitant même peut-être de l’occasion pour rester lui-même en retrait :

Je ne suis pas dupe non plus : dans certaines circonstances, me mettre en avant l’a arrangé. Comme lors du mariage pour tous. […] Dans ce combat, je suis allée en première ligne, avec son assentiment, et peut-être même à sa place.

Valérie Trierweiler a effectivement été présente à plusieurs moments importants lors du vote de cette loi, et elle a publiquement soutenu cette réforme, quitte à s’attirer les foudres des opposants au mariage pour tous. Elle note cependant que, si le président lui a délégué ce rôle, c’est peut-être bien avec cynisme et complaisance, afin de pouvoir ne pas trop s’engager ni s’investir lui-même.

Elle lui reconnaît malgré tout un peu de courage, pour avoir tenu bon malgré la Manif pour Tous :

François n’a pas reculé malgré les manifestations monstres.

Mais ce n’est pas pour autant qu’elle fait l’éloge du président ! D’une part, elle lui reproche  de n’avoir jamais été intimement convaincu par cette réforme. Pour justifier cette remarque, elle revient avec amertume sur une déclaration bien connue de François Hollande, devant l’Association des Maires de France. Fin 2012, il reconnaît aux maires récalcitrants, dans une formule malheureuse, le droit à la « liberté de conscience » pour refuser de marier deux personnes du même sexe. S’il retire très vite cette déclaration, c’est apparemment sur le conseil, entre autres, de Valérie Trierweiler, et face aux réactions hostiles que ce propos a déclenchées au sein de son propre camp :

« Il a tenu cette promesse alors qu’il n’en était pas convaincu au fond de lui, évoquant même « la liberté de conscience des maires ». En découvrant cette formule, je lui ai envoyé un message dans la seconde pour l’avertir que la phrase ne passerait pas. Et effectivement, devant le tollé, il l’a retirée. »

Hollande au 95e congrès des maires de France

Hollande au 95e congrès des maires de France

Mais le second reproche est plus grave, et plus personnel. Dès le 04 septembre 2014, Les Inrocks avaient relevé cette phrase dans le livre de Valérie Trierweiler, au sujet du mariage pour tous :

« François n’a jamais compris, sinon de manière théorique, la portée de cette réforme emblématique de la gauche ».

Que le président ne soit pas convaincu, « au fond de lui », par une réforme qu’il a promise, est une chose, qui relève après tout de sa liberté personnelle. C’est certes un peu triste, mais on ne demande pas aux hommes politiques de croire intimement à toutes les réformes de société qu’ils effectuent : l’important est qu’ils les accomplissent, et qu’ils fassent ainsi progresser de toute façon la société. En politique, l’acte compte davantage que la conviction, même s’il est tout de même conseillé que les deux coïncident au maximum ! Mais que François Hollande n’ait même pas saisi l’importance de cette réforme est plus grave : c’est une erreur d’appréciation politique, voire historique.

Valérie Trierweiler apporte à cela une explication toute personnelle, qu’elle relie à se propre histoire avec le président  : si la réforme du mariage pour tous lui a somme toute semblé lointaine et étrangère, c’est « sans doute parce qu’il voit le mariage comme une porte qui se ferme ».

Pour Valérie Trierweiler, cette erreur est d’autant plus criante que le mariage pour tous est une réforme historiquement et politiquement fondamentale à trois titres : pour le quinquennat de François Hollande lui-même, pour la gauche en particulier, et pour l’histoire de France en général.

 [Cette réforme] restera peut-être la seule marque [de François Hollande] dans l’Histoire de France. […] Je ne doute pas une seconde que le mariage pour tous sera la dernière grande réforme de la gauche.

Valérie Trierweiler

Valérie Trierweiler

Par rapport à la propre histoire de leur relation, qui s’est achevée brutalement et qu’ils ont tous deux vécue très difficilement, Valérie Trierweiler tire du succès de cette réforme une remarque amère et ironique envers François Hollande : « C’est un joli pied de nez du destin » !

Enfin, Valérie Trierweiler extrapole le déroulement de cette réforme pour expliquer qu’à l’inverse, une autre réforme annoncée par François Hollande durant la campagne de 2012 ne sera pas menée à son terme. D’un ton catégorique, elle affirme :

« Je suis sûre qu’il n’ira pas jusqu’au bout de son engagement d’accorder le droit de vote aux immigrés aux élections locales, annoncé et promis maintes fois. Manque de conviction, trop d’obstacles, le cheval se cabrera. »

Sur le mariage pour tous, ce livre éclaire donc quelque peu, d’une lumière toute personnelle, les événements passés. Reste désormais à savoir si l’intuition et le pessimisme de Valérie Trierweiler s’avèreront exacts pour la politique à venir.

Famille | France | Histoire | Homoparentalité | Homophobie | International | Livres | Medias | Politique | Sociologie | Zemmour | 04.08.2014 - 02 h 23 | 7 COMMENTAIRES
Pourquoi les droits des minorités (dont les LGBT) ont-ils fait naître une polémique autour des 17e Rendez-vous de l’Histoire de Blois ?

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Lancée dans un premier temps par Libération, une vive polémique est née cette semaine au sujet des 17e Rendez-vous de l’Histoire de Blois. Elle a très vite pris de l’ampleur en étant relayée par de multiples médias comme Actualitté, la Nouvelle République, Toute la culture, la République des Livres (le blog littéraire de Pierre Assouline) ou BiblioObs (le site littéraire du Nouvel Observateur). Pour en comprendre les enjeux, revenons sur cette querelle, qui n’est pas celle des Anciens et des Modernes, mais qui amène à se poser de vraies questions sur la conception, l’organisation et les conditions de la vie intellectuelle en France et en Europe.

1) Les Rendez-vous de l’Histoire : le calme avant la tempête.

Du rififi à Blois ?

Blois, écrin paisible des RVH 2014

Les Rendez-vous de l’Histoire de Blois, qui auront lieu cette année du 09 au 12 octobre 2014, sont une véritable institution dans le champ culturel français. Depuis 17 ans, ils constituent chaque année un événement incontournable pour les passionnés d’histoire, en donnant lieu à des débats et conférences destinés aussi bien aux chercheurs, enseignants et étudiants qu’au grand public désireux d’approfondir ses connaissances dans le domaine historique.

Fin juillet 2014, on apprend cependant, par les réseaux sociaux puis par une tribune parue dans Libération, que la belle harmonie consensuelle dans laquelle s’inscrivent habituellement ces rendez-vous a volé en éclats pour cette édition. Tout était pourtant bien parti : après avoir traité des sujets comme « Les utopies » (2000), « L’Argent » (2006), « Les Européens » (2008) ou « L’Orient » (2011), l’édition 2014 est consacrée au thème « Les rebelles ». La personnalité choisie pour présider cette édition est d’une envergure scientifique incontestable : il s’agit de Michelle Perrot, militante féministe et historienne unanimement reconnue. Aucune fausse note n’était donc a priori à craindre.

2) « J’ai accepté par erreur ton invitation »

Le scandale est arrivé par là où on ne l’attendait pas. Le 29 juillet, Edouard Louis, étudiant en sociologie à l’Ecole Normale Supérieure ainsi qu’à l’Université de Picardie-Jules Verne, et auteur du roman Pour en finir avec Eddy Bellegueule, publie sur twitter le message suivant :

« J’ai dû annuler ma participation aux Rendez vous de l’Histoire de Blois, voyant que l’horrible Gauchet faisait la conférence inaugurale (!?) »

Le philosophe Geoffroy de Lagasnerie publie peu après un twitt similaire :

Comme Edouard Louis, j’ai annulé ma participation aux Rendez-vous de l’Histoire pour protester contre la présence de Marcel Gauchet.

En effet, la conférence inaugurale des rendez-vous doit être tenue, le 9 octobre 2014, par l’historien et sociologue Marcel Gauchet. Pour expliquer leur décision, les deux jeunes intellectuels publient, chacun sur son site personnel, un texte commun, qui est repris dès le lendemain 30 juillet sous forme de tribune dans Libération. Ils y précisent les motivations de leur démarche, et, s’il semble nécessaire de lire ce court texte dans son intégralité, on peut néanmoins tenter de le résumer et de le commenter en quelques paragraphes de synthèse.

3) Une tribune contre Marcel Gauchet, moteur et promoteur du retour en arrière.

Manifestation féministe en 2014.

Manifestation féministe en 2014.

Selon les deux auteurs de cette tribune, Marcel Gauchet est un penseur résolument réactionnaire, qui a constamment vilipendé les grands mouvements d’émancipation sociale et sociétale qui ont animé la France durant les dernières décennies (dont, entre autres, la lutte pour l’égalité des droits entre couples hétérosexuels et couples de même sexe). Que Marcel Gauchet réalise précisément la conférence inaugurale de ces Rendez-vous consacrés cette année à la rébellion, est donc tout à la fois un non-sens, une insulte et une humiliation pour ceux qui ont vraiment été « rebelles » dans leur époque, qu’ils soient connus ou anonymes : féministes, militants LGBT, acteurs des grands événements sociaux… En effet, Marcel Gauchet n’a eu de cesse de lutter contre leurs actions et leurs valeurs, que ce soit en son nom propre ou par le biais d’ « idéologues réactionnaires » dont il a contribué à diffuser et légitimer la pensée. De fait, il n’est besoin que de consulter le numéro le plus récent de la revue qu’il dirige, ou de se pencher sur l’historique de cette revue, pour découvrir que ces accusations, si elles sont certes graves et vigoureuses, n’en sont pas moins justifiées par les faits.

Car Marcel Gauchet n’a pas peur de réaliser par exemple un dossier à charge, dirigé exclusivement et directement contre « les enfants du mariage homosexuel », où l’on peut lire, sans la moindre nuance ni contradiction, que l’homosexualité est un choix de vie personnel, qu’elle est totalement contre-nature, qu’elle peut mettre fin à la survie de l’espèce humaine et des sociétés, que les droits LGBT nous mèneront au totalitarisme, et que les enfants des familles homoparentales sont tous comparables aux enfants maltraités ou aux filles mariées de force par leur père.

Mai 68

Mai 68 : l’Odéon est occupé par des manifestants

Clairement associé depuis longtemps à la « révolution conservatrice », selon l’expression de Didier Eribon, Marcel Gauchet s’est opposé à la « pensée 68 », et en particulier à tout ce qui, de près ou de loin, pouvait remettre en cause l’autorité établie des institutions toutes-puissantes du début des années 60 : la famille nucléaire hétérosexuelle, le mandarinat universitaire, l’hégémonisme phallocratique de la domination masculine, l’infaillibilité des dogmes religieux, l’autoritarisme du politique incontestable… Fustigeant tour à tour l’anti-racisme, le féminisme, la « génération 68 », etc., Gauchet et la plupart de ses amis invités à contribuer à sa revue ont développé et défendu les thèses qui font aujourd’hui le bonheur d’Eric Zemmour, inspirent parfois Alain Soral, font le lit du Front National, sont étalées régulièrement dans Causeur et Minute ou diffusées sur Radio Courtoisie. Ils ont donné à ces opinions le sceau d’une certaine légitimité médiatique et universitaire, en voulant faire passer pour des adversaires acharnés du bien de l’humanité les « rebelles » qui ont combattu, eux, sous quelque forme que ce soit, pour leurs droits, pour le droit des autres et/ou pour l’amélioration de la société.

Face à cet état de faits, Edouard Louis et Geoffroy de Lagasnerie concluent leur tribune en appelant l’historienne Michelle Perrot « à démissionner de son poste de présidente de cette 17ème édition » des Rendez-vous de l’Histoire de Blois. Soutenus et rejoints dans leur décision par le sociologue et écrivain Didier Eribon, qui a lui aussi annulé sa participation, ils appellent également les autres intervenants de ces rencontres à ne pas se rendre aux débats auxquels ils sont invités.

4) Marcel Gauchet aux Rendez-vous de l’Histoire : l’arbre qui cache la forêt des « débats » biaisés.

Ceci étant posé, il faut cependant bien comprendre que la simple figure de Marcel Gauchet n’est pas, en réalité, l’objet principal de l’indignation des trois intellectuels qui ont annulé leur venue. Ce qui motive en arrière-plan leur riposte déterminée, c’est bien plutôt l’organisation de plus en plus fréquente de tels débats biaisés qui, « dans le champ culturel, intellectuel ou médiatique » en arrivent subrepticement, par leur organisation même, à « légitimer les opinions les plus violemment conservatrices », sous couvert d’équilibre des opinions et du respect de l’esprit démocratique.

Pour bien saisir les enjeux du problème, qui dépassent très largement cet événement ponctuel mais significatif, il est sans doute nécessaire de prendre quelques exemples, malheureusement bien connus de la plupart d’entre nous. Pour le bien de la démonstration, et pour aborder les choses le plus simplement possible, nous nous limiterons au strict domaine des médias audio-visuels pour illustrer le problème mis au jour par cette affaire.

Le "débatteur" Eric Zemmour.

Le « débatteur » Eric Zemmour.

Les « débats » de France 2, RTL, I-Télé et Paris Première ont légitimé les paroles violentes et haineuses de « débatteurs » patentés comme Robert Ménard et Eric Zemmour, qui étaient les « chroniqueurs » et invités réguliers d’émissions où ils pouvaient à loisir cracher sur tous les mouvements sociétaux d’émancipation (auxquels ils appellent d’ailleurs toujours régulièrement leurs partisans à s’opposer de toutes leurs forces). Dans l’ensemble des médias, on a pu entendre discourir de manière très régulière, et trop souvent sans l’ombre de la moindre contradiction, des « invitées » comme Christine Boutin ou Frigide Barjot – cette dernière ayant fait jouer tous ses contacts médiatiques et politiques pour apparaître le plus souvent possible dans les médias, et même pour être reçue à l’Elysée, sans aucune légitimité d’aucune sorte.

N’a-t-on pas vu même Alain Soral, condamné dès 2007 pour diffamation raciale et incitation à la haine raciale, deviser et pérorer tranquillement sur les plateaux de France 3 jusqu’en 2011 ? Les exemples les plus édifiants pourraient être multipliés à l’envi. Cette réflexion n’est d’ailleurs pas limitée qu’à la France : la présentatrice allemande Sandra Maischberger a par exemple elle aussi été sous le feu des critiques cette année lorsque, pour « débattre » d’un sujet en lien avec les LGBT, elle a invité des « homophobes notoires » à s’exprimer, comme la journaliste conservatrice et anti-féministe Birgit Kelle ou le lobbyiste protestant Hartmut Steeb.

A partir de là, il n’est certes pas question de s’opposer au principe du débat en général, ni de renier le principe de la liberté d’expression. Mais il faut se demander si, dans l’espoir noble (mais vain) de représenter tous les points de vue, ou dans l’ambition plus prosaïque de faire parler de soi grâce à quelques propos scandaleux, il est bon de faire prospérer, au nom du débat, les pensées les plus extrémistes, réactionnaires et délétères.

5) Le débat éthique et « les hérétiques ».

Marcel Gauchet a beau jeu de verser dans l’insulte, en affirmant que la polémique dont il est l’objet n’est due qu’à son rejet (réel, au demeurant) des travaux de Bourdieu et Foucault. Il affirme ainsi au Nouvel Observateur :

« Pour les plus fébriles des séides [de Bourdieu et Foucault], j’ai commis le péché ultime en portant une main sacrilège sur des idoles. Ils ne veulent pas débattre. Ils excommunient, ils chassent les hérétiques. »

Gare à Torquemada !

Gare à Torquemada !

Mais la question n’est pas de « vouloir débattre » : la question est de savoir quelle sont l’ambition et la légitimité du débat posé. Quelle signification et quel crédit peut-on apporter à une série de débats sur « Les rebelles », lorsque la conférence inaugurale de l’événement est attribuée à un homme qui a justement toujours prôné une opposition résolue à toute forme de « rébellion » favorisant un tant soit peu l’émancipation et l’égalité des individus dans les domaines sociaux et sociétaux ?

D’ailleurs, que « l’hérétique » se rassure : il est d’ores et déjà soutenu par un allié de poids – le bon Michel Chassier, secrétaire départemental du Front National du Loir-et-Cher. Ce dernier vient en effet de lui adresser sur son blog ses encouragements contre « cette exclusion inquisitoriale ». Il prône la « tolérance » pour cet homme qui « réfléchit sur la démocratie et l’école » et « polit ses arguments », tandis qu’Edouard Louis, présenté par le FN comme « syndicaliste gauchiste » et « militant homosexuel », ne saurait que « surfer sur des thèmes plus accrocheurs comme l’homosexualité ». Le FN volant au secours de Marcel Gauchet : voilà bien qui montre, une fois encore, que l’on a les amis qu’on mérite !

6) Mais qui sont les rebelles ?

Plus sérieusement, on comprend sans doute mieux pourquoi c’est Edouard Louis qui, le premier, a été sensible à cette aberration intellectuelle et morale. Il revendique justement, lui, de s’être rebellé à la fois contre la classe sociale à laquelle le système l’avait assigné, et contre les injures et actes homophobes qu’il a endurés. C’est précisément autour du thème de « l’insoumission en héritage » qu’il a réuni plusieurs personnalités contemporaines, afin d’étudier les apports de la pensée de Pierre Bourdieu pour le monde d’aujourd’hui. C’est également le titre « Duras, l’insurrection » qu’il a choisi pour sa conférence-lecture au festival d’Avignon. Quel que soit le jugement que l’on porte par ailleurs sur le roman qui l’a fait connaître au (très) grand public, on ne peut douter du fait que « la rébellion » soit un thème qui lui tient à coeur et dont il parle avec intérêt.

Des rebelles des années 2000-2010

Des rebelles des années 2000-2010

Finalement, la meilleure contribution à cette série de « débats » sur la rébellion pourrait bien être l’acte de ces trois intellectuels, qui se sont justement « rebellés » à la fois contre un homme qui s’est toujours lui-même opposé aux rébellions, émancipatrices, mais aussi et surtout contre un système qui tend à promouvoir les pensées les plus extrêmes sous couvert de « débats » qui lui permettent de se donner bonne figure.

Lorsque, dans quinze ans, des sociologues et historiens se pencheront sur le thème de la rébellion dans les années 2010, ils parleront forcément de la rébellion pacifique qui a permis aux minorités d’accéder peu à peu à l’égalité des droits (malheureusement encore fort incomplète) ; ils parleront sans doute des tentatives de rébellion haineuses, lancées par des groupuscules réactionnaires pour s’opposer à cette égalité, mais heureusement avortées malgré leur violence ; ils parleront peut-être de l’acte de rébellion qui a été initié par Edouard Louis, Geoffroy de Lagasnerie et Didier Eribon, s’il permet de donner lieu à une réflexion plus large sur les conditions du « débat » et de la vie intellectuelle, culturelle et médiatique ; mais il y a bien peu de chances pour qu’ils fassent référence, en termes élogieux, au choix de Marcel Gauchet comme responsable de la conférence inaugurale des Rendez-vous de l’Histoire de Blois.

Se passionner pour l’histoire, n’est-ce pas également s’intéresser au temps présent, et se pré-occuper de l’avenir ? Les organisateurs de cette édition des Rendez-vous de l’Histoire de Blois n’en semblent malheureusement pas du tout convaincus.

Adoption | Associations | France | Histoire | International | Mariage | Politique | Quiz | 29.12.2013 - 02 h 05 | 0 COMMENTAIRES
Quiz de l’actualité LGBT : l’année 2013 en 20 questions.

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L’année 2013 a été riche en actualités pour les LGBT de France et du monde entier. Mais avez-vous bien suivi les événements de cette année ?

Les 20 questions ci-dessous vous aideront à tester vos souvenirs… et à rafraîchir votre mémoire !

Petit conseil : avant de commencer le test, munissez-vous d’un papier et d’un crayon, ou bien ouvrez un fichier de traitement de texte, pour noter quelque part la réponse que vous choisissez pour chaque question.

Bon courage à toutes et tous !

 

Question 1 – Rapporteur du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, Erwann Binet est député PS de la huitième circonscription…

A/ De Dordogne

B/ De l’Hérault

C/ De l’Isère

D/ Du Doubs

 

Question  2 – Le 13 janvier 2013, la « Manif pour tous » lance une nouvelle manifestation contre l’égalité des droits. Peu avant la manifestation, Xavier Bongibault se laisse aller à une étonnante comparaison qui déclenche un tollé. Selon lui : « La ligne que défend aujourd’hui François Hollande », c’est « la ligne qui était défendue par un homme…

A/ Que la Russie a accueilli à partir de 1917″.

B/ Que Vichy a hébergé pendant la seconde guerre mondiale ».

C/ Que la Chine a subi durant des dizaines d’années ».

D/ Que l’Allemagne a bien connu à partir de 1933″.

 

Question 3 – Le 1er février 2013, au cours des débats sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, le député Jacques Myard (UMP) entame une défense de « l’altérité sexuelle » et de l’égalité entre les sexes. Pour appuyer sa démonstration, il développe un exemple surprenant, et commence son raisonnement en déclarant à une députée PS : « Madame Coutelle, je vais vous faire un aveu : je fais très bien…

A/ l’amour à ma compagne

B/ les petits gâteaux de Bretagne

C/ le guide en haute montagne

D/ le poulet au champagne

 

Question 4 – A l’Assemblée nationale, la députée Corinne Narassiguin a été responsable pour le groupe socialiste, républicain et citoyen (SRC) du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Elle ne pourra pas assumer cette charge jusqu’au vote de la loi, car, le 15 février 2013,…

A/ Le conseil constitutionnel invalide son élection

B/ Elle est nommée au cabinet de François Hollande

C/ Elle choisit de devenir députée européenne

D/ Elle est élue maire d’une grande ville des USA

 

Question 5 – En mars 2013, le Monde observe à la loupe les trente-sept associations co-organisatrices de la Manif pour tous. Parmi elles, beaucoup sont de simples coquilles vides. Laquelle de ces propositions ne désigne pas l’un des mouvements qui ont été affichés comme soutien de la Manif pour Tous ?

A/ Enfance Equilibre

B/ Le Cler Amour et Famille

C/ Enfants de tous pays

D/ Cosette et Gavroche

 

Question 6 – Le 24 mars 2013, Christine Boutin s’évanouit durant une manifestation contre l’égalité des droits, où elle prétend avoir aspergée de gaz lacrymogène. Les parodies se succèdent très vite sur internet, notamment grâce au tumblr « Joue-la comme Boutin ». Sur Canal +, quelle femme politique ira jusqu’à faire semblant de s’évanouir dans son fauteuil pour parodier le malaise de Christine Boutin ?

A/ Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des Territoires et du Logement

B/ Roselyne Bachelot-Narquin, ancienne ministre de la Santé et des Sports

C/ Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Économie numérique

D/ Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, ministre des Droits des Femmes

 

Question 7 – Le 12 avril 2013, le Sénat approuve le projet de loi sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Parmi ces parlementaires, qui a voté en faveur du mariage pour tous ?

A/ Fabienne Keller (UMP)

B/ Jean-Noël Guerini (PS)

C/ Roger Karoutchi (UMP)

D/ Jean-Pierre Chevènement (MRC)

 

Question 8 – Le 23 avril 2013, à 17h05, Claude Bartolone annonce : « Après 136 heures et 46 minutes de débats, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe ». Christiane Taubira prononce alors un émouvant discours où elle s’adresse en particulier aux jeunes LGBT « qui ont été blessés et désemparés » par les opposants au mariage pour tous. Elle leur demande solennellement de « garder la tête haute » face à l’adversité. Elle conclut son intervention par la phrase : « Les vérités tues – celles que l’on tait – deviennent vénéneuses », qui est une citation tirée des oeuvres de…

A/ Friedrich Nietzsche

B/ René Char

C/ Aimé Césaire

D/ Paul Eluard

 

Question 9 – Lors du vote de la loi à l’Assemblée nationale en avril 2013, quel farouche opposant à la loi sur le mariage pour tous s’est trompé, et a voté en faveur du mariage pour tous?

A/ Hervé Mariton

B/ François Fillon

C/ Henri Guaino

D/ Gilbert Collard

 

Question 10 – Après validation du texte par le Conseil constitutionnel, François Hollande peut enfin promulguer la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe…

A/ Le 06 mai 2013

B/ Le 10 mai 2013

C/ Le 15 mai 2013

D/ Le 18 mai 2013

 

Question 11 – Après y avoir été autorisés quelques mois, puis interdits durant quatre ans, les mariages entre personnes de même sexe peuvent à nouveau être célébrés dès le 29 juin 2013

A/ En Uruguay

B/ En Californie

C/ Au Brésil

D/ A Hawaï

 

Question 12 – Le 11 juillet 2013, Michel Teychenné remet officiellement à l’un des principaux ministres du gouvernement Ayrault son rapport consacré à la lutte contre les discriminations LGBT-phobes…

A/ A l’école

B/ En entreprise

C/ A l’armée

D/ Dans le sport

 

Question 13 – Le 19 août 2013 ont lieu les tout premiers mariages entre personnes du même sexe célébrés…

A/ En Angleterre

B/ En Australie

C/ En Nouvelle-Zélande

D/ En Nord Pas-de-Calais

 

Question 14 – Le 28 septembre 2013, dans quel pays la gay pride est-elle interdite pour la troisième année consécutive « en raison de sérieuses inquiétudes concernant la sécurité » ?

A/ En République tchèque

B/ En Serbie

C/ En Hongrie

D/ En Croatie

 

Question 15 – Durant l’été 2013, Dominique, de nationalité française, et son compagnon Mohammed, de nationalité marocaine, souhaitent se marier. Mais une ancienne convention bilatérale entre le Maroc et la France semble rendre impossible ce mariage entre les deux hommes. Le 11 octobre 2013, le tribunal de grande instance de Chambéry rend son verdict sur ce mariage. Laquelle de ces propositions est vraie ?

A/ Le tribunal de grande instance a interdit le mariage de Dominique et Mohammed en première instance

B/ La cour d’appel a autorisé le mariage de Dominique et Mohammed

C/ La cour de cassation a interdit le mariage de Dominique et Mohammed

D/ La cour européenne des Droits de l’Homme a interdit le mariage de Dominique et Mohammed

 

Question 16 – Le 28 novembre, le rapport Estrela, sur “la santé et les droits sexuels et génésiques”, est adopté en commission des Droits de la femme et de l’égalité des genres du Parlement européen. Il vise notamment à améliorer des droits des femmes et des LGBT dans toute l’Europe. Quelques jours plus tard, le rapport Estrela est finalement rejeté par le Parlement européen, à quelques voix près : les députés lui préfèrent une motion alternative conservatrice, présentée par la droite du Parlement. Parmi ces députés européens, qui a voté pour que le rapport Estrela soit définitivement rejeté ?

A/ Jean-Marie Cavada (Nouveau Centre)

B/ Robert Rochefort (Modem)

C/ Eva Joly (EELV)

D/ Pervenche Beres (PS)

 

Question 17En décembre 2013, un livre révèle l’homosexualité de Steeve Briois, cadre du Front national. D’abord censuré par la justice, l’ouvrage est finalement autorisé par la justice. Qui est l’auteur de ce livre ?

A/ Joseph Macé-Scarron

B/ Gaspard Dhellemmes

C/ Claude Askolovitch

D/ Oscar Nitkowski

 

Question 18En décembre 2013, la militante ouvertement lesbienne Billie King a été choisie par Barack Obama pour…

A/ Représenter les USA aux J.O. de Sotchi

B/ Mettre en place une loi contre les discriminations LGBT-phobes

C/ Interpréter le rôle de Michelle Obama dans un prochain biopic

D/ Prendre la tête de l’ambassade américaine au Vatican

 

Question 19 – Lequel de ces maires ayant marqué l’actualité est le seul des quatre à avoir accepté de célébrer des mariages entre personnes de même sexe en 2013 ?

A/ Xavier Bertrand (Saint-Quentin, 02)

B/ Christian Estrosi (Nice, 06)

C/ Laurent Wauquiez (Le Puy-en-Velay, 43)

D/ Jean-Michel Colo (Arcangues, 64)

 

Question 20 – A la fin de l’année 2013, dans lequel de ces quatre pays les personnes de même sexe peuvent-elles se marier ? 

A/ Finlande

B/ Chili

C/ Brésil

D/ Slovénie

 

Le test est fini. Bravo pour votre persévérance ! Si vous voulez modifier quelques réponses avant de regarder le résultat final, il est encore temps. Dans quelques secondes, il sera trop tard…

Si vous êtes sûr(e) de vos réponses, vous pouvez à présent regarder plus bas et vérifier si votre mémoire ne vous a pas trompé(e) !

 

Attention – Voici les réponses :

 

[SPOILER – ON]

1B 2D 3D 4A 5C 6C 7A 8A 9C 10D

11B 12A 13C 14B 15B 16B 17D 18A 19B 20C

[SPOILER OFF]

 

Voici les résultats :

Vous avez entre 0 et 7 réponses justes : Vous ne vous intéressez pas particulièrement à l’actualité LGBT. Sans être complètement déconnecté du monde, vous ne suivez pas vraiment les événements en lien avec la communauté, et vous n’êtes pas très curieux de savoir ce qu’il s’est déroulé en France ou dans le monde. Un conseil : lisez les articles de yagg régulièrement, et vous y découvrirez plein de petites choses étonnantes, dans les domaines les plus divers. Peu à peu, vous vous prendrez au jeu, et vous apprécierez en tous les cas d’échanger avec la communauté des yaggeurs !

Vous avez entre 8 et 15 réponses justes : L’actualité de cette année ne vous a pas laissé(e) indifférent(e). Que vous ayez été encouragé(e) par les victoires acquises en faveur des droits LGBT, ou que vous ayez été agacé(e) par les prises de position hostiles aux LGBT, vous avez suivi les événements de l’année grâce aux différents médias, généralistes et communautaires. Continuez à lire les articles de yagg : une bonne partie de vos connaissances proviennent sans doute des articles du site ! Et qui sait : votre résultat sera peut-être encore meilleur l’année prochaine !

Vous avez entre 16 et 20 réponses justes : Votre connaissance de l’actualité LGBT ainsi que la précision de vos souvenirs pour cette année 2013 sont absolument admirables ! L’actualité LGBT vous passionne assurément, et vous aimez vous tenir au courant de ce qu’il se passe en France et dans le monde sur ce sujet. Vous aimez consulter les médias, et vous lisez sans doute yagg assidument. Si ce n’est pas encore fait, pourquoi n’y créeriez-vous pas votre propre blog ? En tous cas, félicitations pour vos connaissances impressionnantes !

Adoption | Droit | Extrême(s) Droite(s) | Famille | France | Histoire | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | People | Politique | PS | 26.04.2013 - 02 h 35 | 4 COMMENTAIRES
Trois anecdotes sur le vote à l’Assemblée du mardi 23 avril 2013.

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Comme d’autres sympathiques yaggeurs et yaggeuses que j’ai retrouvé(e)s pour l’occasion, j’étais présent à l’Assemblée nationale l’après-midi du 23 avril 2013. J’ai lu avec intérêt les témoignages d’Alexandra, Philippe et Olivier, et j’ai pensé qu’à mon tour, je pouvais ajouter quelques compléments aux très intéressants récits personnels qu’ils ont fait de ce moment décisif dans l’histoire des LGBT en France.

 

1) Virginie Tellenne provoque la sécurité de l’Assemblée nationale

Ce que peu de personnes savent, c’est que Virginie Tellenne (alias Frigide Barjot) a tenté de défier la sécurité de l’Assemblée nationale avant d’assister au vote. Elle n’a commis en soi aucune infraction légale, mais son attitude morale a été très fortement douteuse. En effet, elle avait dissimulé sur elle des tracts rouges et blancs où était imprimée en gros caractères l’inscription « Référendum pour tous ».

L’un des membres du personnel de l’Assemblée nationale s’est aperçu que Virginie Tellenne portait ces tracts sur elle, et a pu lui en ôter un avant qu’elle s’avance dans une autre salle. Il lui a ensuite fallu prévenir la sécurité de l’Assemblée nationale, pour que ces tracts lui soient retirés un à un, en conformité avec le règlement de l’Assemblée nationale. La volonté de Virginie Tellenne était clairement, au minimum, de narguer le personnel de l’Assemblée.

Avait-elle l’intention de montrer ces tracts durant les explications de vote auxquelles elle a ensuite assisté ? Il est difficile de le dire, mais ce qui est sûr, c’est qu’elle a agi par esprit de bravade envers les agents de sécurité, et qu’elle avait pour but de leur montrer qu’ils devaient s’attendre à tout, et être sur leurs gardes face à toute menace qui pouvait venir d’elle ou de ses partisans.

Ce qui est d’ailleurs plus troublant, c’est que les tracts qu’elle portait sur elle défendaient justement l’idée d’un référendum – tout comme la banderole qui a été déroulée dans l’hémicycle par des individus violents quelques instants plus tard. Simple coïncidence ?

 

2) Virginie Tellenne n’a pas eu l’air mécontente de l’incident qui a indigné l’Assemblée nationale

Lorsque l’incident a éclaté dans les tribunes de l’Assemblée nationale, Frigide Barjot, à l’inverse de la majorité du public et des députés, n’a pas paru consternée, ni inquiète, ni même surprise par l’événement. Bien au contraire, elle n’a eu qu’un léger sourire de satisfaction qui, volontaire ou non, m’a paru le comble du cynisme.

Tout le public regardait alors les spectateurs que le service d’ordre tentait de maîtriser, et les députés étaient tournés soit vers les individus qui avaient effectué cet incident, soit vers les députés de droite qu’ils rendaient responsables de cette agression contre le travail parlementaire. Frigide Barjot a donc dû penser qu’elle n’était pas observée à ce moment-là…

 

3) L’hommage vibrant des députés et ministres à Corinne Narassiguin

Pour finir sur une note positive, j’ai été touché par l’hommage très émouvant qui a été rendu par le gouvernement et les députés à Corinne Narassiguin, ancienne députée PS des Français de l’étranger, et qui était initialement chargée du texte sur le mariage pour tous au sein du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.

Corinne Narassuiguin avait fait un lourd travail d’auditions, de persuasion et de négociations au sein du groupe Socialiste, Républicain et Citoyen, en partenariat avec le gouvernement, les acteurs de la vie civile et les responsables politiques de son groupe. Son élection en tant que députée ayant été invalidée par le Conseil Constitutionnel en février 2013, cette fonction avait alors été reprise par le député PS Bernard Roman, très engagé sur le thème des droits LGBT et de l’homoparentalité.

Debout dans les tribunes après l’intervention finale de Christiane Taubira, et visiblement très émue, Corinne Narassiguin a été ovationnée par ses collègues députés et ministres de gauche, qui se sont tournés vers elle et l’ont acclamée, afin de rappeler le rôle très important que cette jeune femme de 38 ans, très attachée à la question de l’égalité, avait tenu, aux côtés d’Erwann Binet, dans l’adoption du projet de loi par l’Assemblée nationale.

 

Le reste de l’histoire vous est connu : il vous a été conté par l’équipe de Yagg qui a été mobilisée toute la journée, et par trois yaggeurs qui ont pris le temps de faire un compte rendu complet de tout ce qu’ils ont observé ce jour-là 🙂

France | Histoire | Homophobie | Medias | 27.08.2012 - 22 h 59 | 9 COMMENTAIRES
L’importance de Jean-Luc Delarue pour la visibilité des LGBT dans le grand public.

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Jean-Luc Delarue est mort ce jeudi 23 août 2012. Toute la presse a parlé de son décès, des louanges (plus ou moins sincères) ont été exprimées dans tous les médias, et France 2 lui rend hommage ce mardi 28 août en 2ème partie de soirée. Quelques mots cependant, pour rappeler que Jean-Luc Delarue n’est pas si étranger qu’on pourrait le croire à l’histoire des LGBT en France.

Dans son émission-phare Ca se discute, Jean-Luc Delarue a été l’un des premiers à aborder sans tabou, en direct, sur la base de témoignages et durant près de 2h, le thème de l’homosexualité. Par sa popularité dans les années 1990 et 2000, il a fait connaître quelques vérités sur l’homosexualité auprès du grand public, et il a permis de parler de ce thème de manière dédramatisée.

Les deux extraits de Ca se discute les plus touchants selon moi, et les plus anciens, sont les témoignages de Fanny et Romain :

Les deux jeunes gens font preuve d’un vrai courage sur le plateau, et de beaucoup d’intelligence. Le reportage mené sur Romain et sa famille est très émouvant. Quant à Fanny, elle ose lever l’anonymat qu’elle s’était imposé, et finit son témoignage à visage découvert.

Une autre émission de Ca se discute a été consacrée aux homosexuel(le)s. Cette fois, il s’agissait d’invités qui avaient eu des relations hétérosexuelles avant de vivre leur homosexualité. En voici un extrait :

Enfin, rappelons que Jean-Luc Delarue était également le producteur de C’est mon choix, dont un numéro était consacré à une mère qui n’acceptait pas l’homosexualité de son fils. De nombreux invités s’y sont exprimés, dont le très émouvant Giovanni, un jeune qui avait fait récemment son coming out à ses parents (et qui, comme je l’ai découvert par hasard, défend encore aujourd’hui les LGBT dans les médias grand public) :

Sans en faire un thème récurrent, Jean-Luc Delarue et ses équipes ont fait de l’homosexualité un thème présent au coeur des foyers français – en particulier ceux qui ne savaient rien sur la question, et pensaient qu’il s’agissait d’une mode, d’une déviance ou d’une fantaisie destinée à quelques riches. Les millions de Français qui regardaient Ca se discute et C’est mon choix appréciaient le côté à la fois sérieux et divertissant des émissions, et ils y voyaient surtout des gens comme eux, confrontés aux mêmes problèmes et au même quotidien. Y voir des homosexuel(le)s, c’était se dire : « Mais alors, ce sont des gens normaux, les homosexuel(le)s ? »

La question de l’homosexualité sera reprise dans la dernière série d’émissions de Delarue, Toute une histoire, déclinée cette fois en plusieurs thèmes, comme les personnalités homosexuel(le)s (Jean-Luc Roméro, le fils d’Hugues Aufray, etc.), ou le coming out auprès de ses proches, qui, même en 2008, n’était toujours pas chose facile.

Eric Verdier

Racoleur, voyeuriste ? Ce sont les qualificatifs qui ont parfois été attribués à Jean-Luc Delarue. Ils lui correspondaient sans doute en partie. Mais est-ce être voyeur que de vivre grâce aux caméras un coming out qui se passe bien dans une famille rurale de l’Allier ? Est-ce être racoleur que de laisser une mère exprimer son rejet de l’homosexualité de son fils, puis de la confronter à des enfants et à des parents qui ont vécu le même chemin qu’elle, et qui lui apportent les meilleurs contre-arguments possibles ? On oublie trop facilement que C’est mon Choix a été l’une des premières émissions à forte audience qui ait permis à Eric Verdier (le psychologue qui a analysé les tentatives de suicides des jeunes LGBT) de s’exprimer auprès d’un très large public français.

Dans les émissions présentées et/ou produites par Jean-Luc Delarue, ces témoignages d’invités ont été précieux pour bon nombre d’homosexuel(le)s qui se sentaient isolé(e)s, et pour beaucoup de familles qui n’acceptaient pas l’homosexualité d’un de leurs membres. S’ils n’ont pas provoqué de miracles, ils les ont aidés à réfléchir, et ils ont fait d’un « douloureux problème » un sujet sociétal qui pouvait concerner le téléspectateur moyen, et intéresser Monsieur et Madame Tout-le-monde devant leur petit écran.

France | Histoire | 02.06.2012 - 22 h 52 | 5 COMMENTAIRES
Un point d’histoire : Napoléon Bonaparte était-il bisexuel ?

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En juin 2012, la ville d’Ajaccio organise la semaine napoléonienne. Ce sera l’occasion de célébrer à la fois le bicentenaire de la bataille de Russie (qui a débuté en juin 1812) et l’anniversaire de la bataille de Waterloo (juin 1815). Nous nous proposons de nous associer à l’hommage qui sera rendu à Napoléon Bonaparte, en rappelant que l’Empereur tant chéri – et parfois haï – des Français, a vraisemblablement entretenu des relations sexuelles… avec quelques hommes de son entourage.

Celui qui défend cette thèse n’a rien d’un militant LGBT : il s’agit du grand historien Henri Guillemin, célèbre pour le sérieux de ses biographies et pour ses talents de vulgarisateur. La vidéo ci-dessous, intégralement consacrée à Napoléon, aborde le thème de l’homosexualité de l’empereur à partir de la 16ème minute :

Peu avant, à partir de la 13ème minute, Henri Guillemin a rappelé que Napoléon a eu de nombreuses maîtresse – tout en faisant mine d’affecter, et de faire régner dans sa cour, un certain puritanisme qui lui sert de façade. « Mais, derrière, il y a Napoléon qui se divertit beaucoup ». Napoléon aurait eu pour conquêtes plusieurs actrices de théâtre, « les femmes de ses ministres », « les lectrices » de ses soeurs et de sa femme, les dames « du monde et du demi-monde »… et ses trois soeurs elles-mêmes ! Sur ce dernier point, Guillemin cite Joséphine, Mme de Rémusat, et Caroline, l’une des soeurs de Napoléon, qui l’a dit « publiquement ». A côté de Napoléon, Victor Hugo, connu pour ses nombreuses conquêtes, passe pour « un petit garçon » ou « un enfant de choeur ».

« Et puis, ajoute Guillemin, il y a une question qu’on ne soulève jamais, et que je voudrais soulever aussi, parce que je suis là pour essayer de voir la vérité : c’est l’homosexualité. Eh bien, je crois bien que, quand il était à Brienne, Bonaparte était infiniment lié, trop étroitement lié, avec quelqu’un qui s’appelait Laugier de Belcourt. Laugier de Belcourt avait un surnom à Brienne : on l’appelait « La nymphe ». Or, il est parti avec Napoléon, lorsqu’ils sont allés tous les deux à l’école militaire de Paris ». Ce serait durant ces deux ans passés ensemble, à Brienne puis à Paris, que Napoléon et Laugier de Belcourt auraient passé quelques nuits ensemble. 

Plus tard, Napoléon aurait eu une liaison avec Gaspard Gourgaud, un homme marié, mais connu pour son homosexualité (parce qu' »on peut être ambivalent », remarque Guillemin). Gourgaud accompagne l’empereur déchu sur l’île de Sainte-Hélène, et aurait également été au nombre de ses conquêtes.

Guillemin rappelle qu’au 18eme siècle, et sous l’Empire, l’homosexualité n’était pas considérée comme « quelque chose d’extraordinaire ». Il rappelle également que l’homosexualité était communément admise, dans la cour de Louis XIV comme à l’époque de Napoléon : « On souriait, on disait ah oui, de temps en temps… » Guillemin conclut : « Je crois qu’en effet Napoléon, de temps en temps, faisait ces expériences-là ».

Qu’on ne pense pas, cependant, qu’il s’agisse là d’amours homosexuelles : de toute façon, selon Guillemin, Napoléon « est un homme pour qui l’amour n’existe pas ». Il cite Napoléon : « Je nie l’existence de l’amour. Je fais plus que la nier, je dis que quand un homme s’imagine que l’amour existe, cela ne peut être que nuisible à son bonheur.

Cambacérès

Alors, certes, Henri Guillemin n’aimait pas beaucoup Napoléon. Mais on peut difficilement le soupçonner d’avoir falsifié la vérité historique, d’autant qu’il donne des sources précises. « Je suis là pour essayer de voir la vérité » déclare l’historien lorsqu’il parle de la bisexualité supposée de Bonaparte. Par ces quelques phrases, il nous permet ainsi d’en savoir un peu plus sur l’histoire de France, mais aussi sur l’histoire des LGBT dans la société française.

Rappelons également que Napoléon n’a pas pénalisé la sodomie dans les codes qu’il a fait établir en 1804 et 1810, qu’il était un proche de Cambacérès, homosexuel notoire surnommé « Tante Hurlurette », et que l’historien Michel Larivière lui attribue un autre amant que ceux mentionnés par Henri Guillemin : le sergent Junot, avec qui il aurait eu une aventure durant quelques semaines.

France | Histoire | Musique | Non classé | VIH | 01.05.2012 - 04 h 46 | 0 COMMENTAIRES
Il y a vingt-cinq ans nous quittait Dalida.

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C’est dans la nuit du 2 au 3 mai 1987 que Dalida nous a quittés. C’était il y a 25 ans, quasiment jour pour jour – ou plutôt, à l’heure où j’écris cet article, quasiment nuit pour nuit.

Je n’étais pas bien vieux cette année-là. Et pourtant, je me souviens encore précisément des journaux télévisés de l’époque qui rendirent compte de l’événement, le dimanche soir. Une immense communauté de fans, en France et dans toute l’Europe, partageait cette tristesse, et apprenait les derniers mots écrits par la star : « La vie m’est insupportable. Pardonnez-moi. »

Aujourd’hui encore, son frère Orlando (de son vrai nom Bruno Gigliotti) entretient pieusement la mémoire de la chanteuse auprès de ses fans de tous âges. Dans le même temps, des biographies, des articles et des émissions télévisées continuent, chaque année, de rendre hommage à l’artiste qu’elle était.

On a beaucoup parlé de la détresse de Dalida, et des hommes qui ont traversé sa vie, dans des moments souvent très douloureux : Lucien Morisse, Jean Sobieski, Christian de la Mazière, Luigi Tenco, Richard Chanfray, Arnaud Desjardins, François Naudy… Chacun d’entre eux a participé, de manière parfois tragique, à l’écriture de l’un des chapitres qui composent la vie de Dalida. En 1967, la jeune femme est plongée cinq jours dans le coma suite à une première tentative de suicide. D’autres drames personnels s’ensuivront, comme cet avortement, quelques mois plus tard, qui la rendra définitivement stérile.

Si sa carrière artistique l’amène à devenir une star extrêmement populaire, c’est d’abord pour son talent de précurseur, sa grande capacité à renouveler et à diversifier son répertoire. Après le succès de chansons comme Bambino en 1957 (mais aussi Come prima, Les Enfants du Pirée, La danse de Zorba…), elle sait coller à son époque et prend le virage du twist dans les années 60 : c’est une 1ère révolution dans sa carrière. Elle saura ensuite enchaîner les grands succès populaires (Paroles Paroles, Il venait d’avoir 18 ans, Gigi l’Amoroso…) tout en lançant ou en reprenant de grandes chansons à texte (Avec le temps, Je suis malade, Quand on n’a que l’amour…) – unir ces deux répertoires, considérés comme contradictoires, constitue alors une 2eme révolution, qui lui assure un public extrêmement large. A la fin des années 70, elle crée la première chanson « medley » (Génération 78), et, après un très court passage par le reggae (!), elle parvient à devenir l’une des reines du disco – 3eme révolution, qui sera également la dernière.

Qu’on me permette de revenir, en quelques lignes, sur ce qu’a signifié Dalida pour la communauté LGBT. Il faut avoir eu 15 ans en 1972, pour bien comprendre ce que signifiait entendre chanter, sur le gramophone des parents, et dans la voix d’une artiste populaire : « Pour ne pas vivre seul, des filles aiment des filles, et l’on voit des garçons épouser des garçons ». Ce n’était qu’un an après la toute première Gay Pride en Europe ! Une autre chanson de Dalida, en 1979, aborde l’homosexualité (ou plutôt la bisexualité ?) de manière explicite : Depuis qu’il vient chez nous. Dans cette chanson, une femme s’adresse à son époux : « Dieu que tu as changé / Depuis qu’il vient chez nous […] Si sa jeunesse t’attire / Pourquoi ne pas me le dire ? […] Parfois j’ai peur de comprendre / Ce qui se révèle en toi ». Il est difficile de dire les choses plus clairement… tout en gardant la poésie des nuances et des mots !

Mais on peut aller plus loin : tous ceux qui ont aimé Born this way de Lady Gaga devraient savoir que, quels que soient la qualité du texte et le talent de l’interprète, il ne s’agit que d’un avatar post-moderne et plus rythmé de la belle, sensible et mélancolique chanson A ma manière. « Avec des faux pas, des faux plis / Chacun de nous porte sa vie, à sa manière […] Même sous la pluie des mauvais jours / J’ai suivi la ligne d’amour, à ma manière » : à l’époque, tous les LGBT qui entendaient ces paroles, signées Pascal Sevran, ont bien compris qu’elles s’adressaient aussi à eux – sinon à eux, en priorité. Il faudra d’ailleurs qu’un jour les queer studies se penchent sérieusement sur les paroles de toutes les chansons de Dalida… Enfin, qui oserait manquer la célèbre soirée au Tango, qui est consacrée chaque année à Dalida, et qui aura lieu cette année le 16 mai – comme d’habitude en excellente compagnie ? Et qui ignore que Dalida fut l’une des premières personnalités, avec Line Renaud, à s’engager résolument dans la lutte contre le Sida ?

Pour finir, et parce que Dalida avait beaucoup d’humour, je vous propose de visionner ces trois imitations de Gigi, des années 80 aux années 2000. Nul doute que ces vidéos l’auraient encore beaucoup fait rire, si elle était toujours parmi nous :

http://www.youtube.com/watch?v=mbiVbM8oDqs

Vous aurez compris, à la lecture de cet article, que Gigi était la chanson de Dalida que je préférais (avec « Laissez-moi danser », et « Mourir sur scène »). Et vous, quelles sont les trois chansons de Dalida que vous préférez ? 

Post Scriptum : Une époque s’achève, une génération disparaît. Thierry Le Luron, l’imitateur qui avait tant de talent, est mort le 13 novembre 1986, soit quelques mois seulement avant le départ de sa victime préférée – qui, depuis longtemps, lui avait pardonné sa férocité à son égard. Elie Kakou, qui nous a également fait rire aux larmes, nous a quittés en 1999. Pascal Sevran, dont les dernières années ont été si controversées, est mort en 2008, en nous laissant, malgré toutes les polémiques qu’il a suscitées, une belle oeuvre de parolier et d’écrivain. Enfin, le jeune chanteur qui donnait la réplique à Dalida dans la chanson Génération 78, le joli Bruno Guillain, est décédé lui aussi, le 14 décembre 2011. Qu’il nous soit donc permis d’avoir une pensée émue pour ces quatre personnes si différentes, qui ont un jour croisé la vie et l’oeuvre de Dalida – et qui ont également, un petit peu, traversé nos vies à tous.

France | Histoire | Medias | 15.01.2012 - 12 h 54 | 0 COMMENTAIRES
Décès de Rosy Varte : les LGBT disent adieu à M’ame Maguy !

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Le nom Nevarte Manouélian ne vous dira peut-être rien, mais vous la connaissez sans doute sous son pseudonyme, Rosy Varte. Cette actrice populaire était l’inoubliable interprète du rôle-titre de la série Maguy. Rosy Varte, qui a marqué le monde du théâtre, du cinéma et de la télévision, vient de nous quitter le samedi 14 janvier 2012.

Rosy Varte a commencé sa carrière sur les planches. Elle s’était très vite spécialisée dans les rôles comiques. En 1958, elle a été la première comédienne à interpréter le rôle de la Mère Ubu, dans la pièce Ubu Roi d’Alfred Jarry. Elle a joué dans de nombreux théâtres parisiens prestigieux : Comédie des Champs-Elysées, Théâtre Edouard VII, Vieux Colombier, Théâtre de l’atelier, Comédie française…

C’est surtout grâce à la série Maguy que Rosy Varte est devenue célèbre dans les ménages français. Cette série était diffusée le dimanche soir sur Antenne 2 (puis France 2), de 1985 à 1993. Elle comprend pas moins de 333 épisodes. Tous les Français de plus de trente ans ont vu au moins un épisode de cette série comique, où Rosy Varte donnait la réplique à Jean-Marc Thibault (Georges) , Marthe Villalonga (Rose), etc.

Cependant, peu de Français savent que Maguy a été la première série française dans laquelle l’homosexualité a été le thème central d’un épisode complet. Pour mémoire, cet épisode diffusé en 1986 s’intitulait « L’homo ça pince ». Dans des années 80 marquées par la tragédie du Sida et l’homophobie d’une grande partie de la société et du corps politique, le traitement de l’homosexualité dans un épisode à la fois léger et sympathique permettait de respirer un peu…

Partie 1/3 : Un bar gay va ouvrir dans le quartier. Pierre, le voisin de Maguy et Georges, vient les voir car il est scandalisé.

Partie 2/3 : La pétition de Pierre contre le nouveau bar gay marche du tonnerre. Maguy et George ont soudain une petite idée… :

Partie 3/3 : Maguy, Georges et Pierre font une rencontre plutôt inattendue !

L’épisode s’en prend à bon nombre de clichés sur les gays, et il les déconstruit de manière drôle et intelligente. Dire que certains arguments homophobes de Pierre sont encore présents quasiment mot pour pour dans la bouche des opposants aux droits LGBT… Ils sont ridiculisés un par un par les scénaristes et acteurs de la série… et ça fait beaucoup de bien !

Petite anecdote pour terminer : la série Maguy a été créée, entre autres, par Sophie Agacinski, épouse de Jean-Marc Thibault mais aussi soeur de Sylviane Agacinski, la philosophe farouchement opposée aux droits LGBT, qui est elle-même l’épouse… de Lionel Jospin. La haute société est finalement un petit monde.

France | Histoire | Mariage | Medias | 15.11.2011 - 23 h 26 | 0 COMMENTAIRES
[Télévision] « Ca va, ça vient » sur LCP : très bonne émission sur « Homosexualité et politique ».

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La chaîne LCP offre un très bon retour sur l’histoire des liens entre homosexualité et politique depuis les 30 dernières années.

L’émission diffuse des images d’archives devenues célèbres : discours de Robert  Badinter, harangues de Christine Boutin, mariage de Bègles… Sont interviewés, tour à tour : Jean-Paul Cluzel, Robert Badinter, Caroline Fourest, Chantal Jouanno et Jean-Luc Roméro.

L’émission, animée par Céline Bittner, est très stimulante, même si la partie concernant l’homoparentalité aurait dû être beaucoup plus approfondie. En effet, le traitement de cette partie se limite à une interview de… Chantal Jouanno, sans que personne ne lui apporte la moindre contradiction… J’ai beau essayer de comprendre : je ne comprends pas quelle légitimité a cette sénatrice pour être la seule à s’exprimer sur cette question !

On apprend, au passage, qu’il y a environ trente députés et sénateurs qui sont LGBT… alors qu’aucun d’eux n’a jamais voulu faire son coming out. Pour cacher leur homosexualité, 15 d’entre eux sont même encore mariés avec une femme.

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