4297 Gestation pour Autrui | E.D.H. – Egalité des Droits Homos/hétéros

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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
France | Gestation pour Autrui | Medias | Politique | 28.05.2011 - 15 h 13 | 0 COMMENTAIRES
Le Pr Frydman dans Libération : naïveté ou désinformation ?

Dans Libération des 28 et 29 mai 2011, René Frydman, pour faire la promotion de son dernier livre, déclare au journaliste Eric Favereau : « Je reste opposé à la grossesse pour autrui (GPA). On n’interdit à personne de faire un enfant. Mais il y a des risques évidents pour la mère porteuse. Soit elle le fait pour avoir des liens affectifs avec la future famille, et cela me paraît très peu souhaitable. Soit elle le fait pour des raisons très peu commerciales, et c’est alors l’ouverture à la marchandisation de tous les organes. Tous les pays qui autorisent la GPA connaissent cette situation regrettable. »

Or, chaque phrase de sa justification est fausse.

1) La France interdit de fait les mères porteuses : on interdit donc bien à « certain(e)s » de faire des enfants. La PMA étant toujours refusée aux couples de femmes, on leur interdit donc, de fait sinon de droit, de faire des enfants. Première erreur.

2) Les risques encourus par une mère porteuse sont ceux liés à toute grossesse. Si René Frydman en déduit qu’il faut interdire les mères porteuses, il faut aussi interdire toutes les grossesses, puisque les grossesses des couples fertiles ne sont ni plus ni moins dangereuses que les grossesses des couples biologiquement ou socialement infertiles. Deuxième erreur.

3) M. Frydman manque d’imagination – ou du moins il fait mine d’en manquer, et il ne sort grandi d’aucune de ces hypothèses. En effet, il ne voit que deux raisons possibles à la volonté des femmes d’être mères porteuses : tisser des liens affectifs avec le couple infertile, ou bien gagner de l’argent. Il fait mine d’ignorer les nombreux témoignages de femmes qui ont été mères porteuses, et qui n’ont été motivées par aucune de ces deux raisons. Il tire d’ailleurs lui-même un parallèle entre la GPA et le don d’organes : dira-t-on de celui qui fait un don d’organe qu’il fait cela pour de l’argent ou pour tisser un lien affectif avec la personne qui recevra l’organe ?

4) M. Frydman a trouvé son nouveau cheval de bataille : s’en prendre aux pays qui autorisent la GPA, et les calomnier. Or, ces pays (Canada, certains Etats des USA…) n’ont pas vécu les monstruosités que quelques prophètes auto-proclamés leur avaient prédites. Bien au contraire, les enfants nés dans le cadre d’une GPA sont aussi heureux ou malheureux que les autres, et les demandes de GPA affluent dans ces pays, de la part des couples infertiles qui ont le malheur de vivre dans des pays où la GPA est interdite pour des raisons religieuses et idéologiques.

5) René Frydman va même jusqu’à prétendre qu’au Canada et aux USA, on « marchande » le don d’organes : on est là dans l’irréalité la plus complète.

Naïveté ou désinformation : ces erreurs doivent en tous les cas être désignées comme telles, et combattues, car elles montrent que le combat de certains contre la GPA n’est pas motivé par la lutte en faveur de valeurs universelles, mais repose en réalité sur des arguments fallacieux et inventés de toutes pièces.

Education | France | Gestation pour Autrui | Medias | Politique | 26.05.2011 - 18 h 47 | 2 COMMENTAIRES
Propagande anti-GPA de la part du député Clément

Le député Clément est très fier d’aller débattre dans un lycée pour y imposer son point de vue : http://www.lanouvellerepublique.fr/vienne/ACTUALITE/Education/Enseignement/La-gestation-pour-autrui-les-concerne

La Nouvelle République est-elle même très fière de rendre compte de cette démarche de propagande, au cours de laquelle le député vient annoncer la bonne parole et convertir ses ouailles.

Face à onze jeunes filles favorables à la GPA, voilà le remarquable résultat du député Clément : « Plusieurs ont changé d’avis, d’autres sont indécises alors qu’auparavant toutes étaient pour la gestation pour autrui. »

Et si le député allait parler d’homophobie dans les lycées professionnels, pour y exercer ses talents d’orateur ?

France | Gestation pour Autrui | Medias | Politique | 22.05.2011 - 23 h 10 | 5 COMMENTAIRES
Un débat sur la Gestation Pour Autrui diffusé par France Culture.

Le thème de la Gestation pour Autrui a été débattu ce samedi 21 mai 2011 dans l’émission « Répliques » sur France Culture.

Comme on pouvait s’y attendre, Alain Finkielkraut, qui produit et anime l’émission, n’est pas vraiment objectif et oriente le débat comme il le peut. Certes, il organise de véritables débats contradictoires, mais il n’arrive pas à rendre très discrète l’affirmation de son propre point de vue. Il brandit par exemple le spectre de la menace homosexuelle, qui mènera selon lui nécessairement à une augmentation exponentielle de la demande de mères porteuses, et donc à la marchandisation du corps humain. Il se plaît à rappeler le très mauvais jeu de mots de Sylviane Agacinski, qui voit dans la GPA « la transformation du corps de la femme en four à pain ». Pour lui, l’évolution de la GPA est « préoccupante », et le « désir d’enfant » est illégitimement « promu au rang de droit à l’enfant ». La réalité des mères porteuses ne lui semble pas « acceptable ».

Lui qui s’est si violemment opposé au Pacs jusque dans les années 2000 n’arrive pas à contenir très longtemps les propos néo-réacs dont il afflige régulièrement les auditeurs de France Culture. A quelques minutes de la fin de l’émission, il ressort soudain les clichés habituels de l’homosexualité, considérée comme contre-nature et voie déviante, forcément choisie. Il s’exclame ainsi : « Tout cela est rendu possible par le fait qu’il n’y a plus d’obstacle naturel au désir d’enfant. Autrefois, vous ne pouviez pas être homosexuel et avoir des enfants, puisque de toute façon vous aviez choisi une autre voie. Maintenant, on a émancipé la sexualité de la procréation, ou la procréation de la sexualité, et donc à ce moment-là tout est possible, et c’est dans cet univers où presque tout est possible qu’il faut fixer de limites. […] Il ne faut pas que tout devienne possible ! Ce n’est pas parce que tout est possible que tout doit être fait ! »

Parmi les deux invités se trouve d’une part René Frydman, opposé par principe à la GPA. Lui qui fut à l’origine des premiers bébés nés par fécondation in vitro se met pourtant aujourd’hui, hélas, à brandir des épouvantails déjà usés et rapiécés : la GPA est selon lui une « instrumentalisation du corps de la femme » ; elle est « l’exploitation des femmes » ; elle « entraîne forcément une marchandisation », la « commercialisation du corps visible ou invisible », « des risques physiques et psychiques » pour la mère porteuse, et ce n’est que l’assouvissement de « besoins personnels »…

Il promet de s’opposer aussi fort que possible à toute légalisation de la GPA, et rappelle qu’ « il y a tout un mouvement qui appelle à interdire la GPA au niveau international« . « Au niveau mondial, déclare-t-il, il faut que tous les gens de bonne volonté luttent contre cette exploitation : c’est ça le problème numéro 1 ». Il annonce que des manifestations sont prévues dès septembre pour lutter contre la légalisation de la GPA dans les pays où elle a lieu.

Il aime mélanger à son argumentation quelques pointes de mépris pour faire croire à sa supériorité : « Toute femme pourrait pondre tous les 10 mois », « votre image d’Epinal ne peut masquer la difficulté », « on ne peut pas faire des histoires de chasse », « pourquoi il y a une omerta sur ces femmes ? », « c’est ça et puis quoi encore ? », « je n’ai pas vu de mères porteuses manifester », « il y a toujours eu de l’esclavage involontaire », « ben voyons ! », etc. On apprend de sa bouche qu’à l’heure actuelle, en France, « rien n’empêche une femme de porter un enfant et de le donner à qui elle veut » et que « tout couple qui souhaite élever un enfant peut le faire ».

D’autre part, Véronique Fournier est beaucoup plus modérée, et bien mieux renseignée. Son discours est clair, posé et intelligent. Elle note par exemple que c’est l’interdiction de la GPA en France qui mène à la création de marchés aux USA, au Canada et dans les pays en voie de développement – et non l’inverse. Elle compare avec une grande justesse le processus de don à l’oeuvre dans le cadre de la GPA et lors d’un don d’organes.

Sa question principale (« pourquoi refuser à des femmes de porter l’embryon fabriqué à partir des gamètes d’un autre couple ? ») n’aura aucune réponse réelle de la part de son contradicteur, si ce n’est : « vous avez une vision idyllique et angélique de la situation ». Elle s’appuie sur des travaux québécois et anglais pour étayer son point de vue, et cite le sociologue canadien Collard. Un point étonnant : elle s’engage pour le don d’ovocytes gratuit, le don de sperme gratuit, et la GPA grauite, c’est-à-dire que les donneurs et porteuses ne toucheraient aucun dédommagement. Elle souhaite également que la mère porteuse et la mère donneuse d’ovocytes soient toujours « dans le paysage de l’enfant », et qu’elles ne soient pas « très lointaines et anonymes ». Deux citations résument bien les points les plus positifs de sa pensée : « Je n’entends pas plus le droit à l’enfant chez les couples qui recourent à la GPA que chez les autres couples. » « Je ne vois pas pourquoi ce seraient les limites de nos convictions morales personnelles qui seraient imposées aux individus ».

On ne peut cependant savoir si Véronique Fournier est favorable ou non à la GPA pour les couples homosexuels, puisqu’elle ne parle que de l’infertilité des couples hétérosexuels : son point de vue sur l’ouverture de la GPA aux couples LGBT n’est donc malheureusement pas très clair, et toute initiative de sa part (ou de journalistes LGBT !) pour préciser son point de vue sur cette question serait donc la bienvenue…

France | Gestation pour Autrui | Homophobie | Medias | 14.05.2011 - 14 h 43 | 19 COMMENTAIRES
Le féminisme dévoyé : HES victime d’une attaque violente et démagogique

Nous savons tous ce que les femmes et la cause LGBT doivent au féminisme. Mis à part quelques ignorants, plus personne ne conteste l’importance des apports que le féminisme a pu réaliser afin d’améliorer la société et de restaurer l’équilibre entre les hommes et les femmes.

Las ! Il en va ainsi de toutes les bonnes causes : il arrive un jour où elles sont complètement dévoyées de leur esprit d’origine, et où leurs représentants auto-proclamés s’égarent dans les considérations les plus oiseuses. Et lorsque ces passionarias à l’esprit de missionnaire sont persuadées de brandir le flambeau de la Vérité et du Bien, elles tentent de compenser leurs erreurs en donnant à leurs propos une virulence totalement assumée – qui ne trompe cependant pas grand monde.

Dans le créneau du féminisme conservateur et neo-réac, on connaissait par exemple Sylviane Agacinski, ex-première dame du socialisme déconfit depuis dix ans, qui eut sur son mari l’influence que l’on sait. Dans un élan d’honnêteté remarquable, son mari a abandonné la politique en mai 2002, mais elle ne s’est jamais retirée de la philosophie :  le départ du premier n’a pas nui à la politique ; il y a tout à parier que le départ de la seconde n’aurait pas nui à la philosophie, bien au contraire. Mais Sylviane Agacinski, dont la pensée influence encore quelques éléphants du P.S. bien accrochés aux places qu’ils occupent depuis près de quarante ans, n’est désormais plus seule : elle vient d’être rejointe au firmament des féministes d’arrière-garde par une dénommée Sandrine Goldschmidt, qui a le courage de signer de son propre nom les écrits qu’elle commet sur son blog A tire d’elles.

Sandrine Goldschmidt est journaliste depuis 15 ans et elle croit, nous dit-elle, « aux talents, à l’ouverture d’esprit et de regard, […] à l’engagement et à l’échange entre les êtres ». Elle souhaite ainsi « construire ensemble une autre façon de voir le monde, un monde moins monolithique, plus ouvert à la diversité de celles et ceux qui l’occupent… à condition d’accepter de voir… et entendre ». Oui, « à condition d’accepter de voir…et d’entendre » : Mme Goldschmidt fait bien d’user de cette restriction, car elle trouvera aujourd’hui une occasion sans précédent d’appliquer ces belles phrases… à elle-même.

Habituée sans doute à parler des sujets qu’elle méconnaît et sur lesquels personne ne lui a demandé son avis, Mme Goldschmidt a trouvé bon de ponctuer sa journée du vendredi 13 mai par une attaque envers l’association HES (Homosexualité et Socialisme). Certains jouent au PMU ou à d’autres jeux d’argent à chaque vendredi 13 ; Mme Sandrine Goldschmidt, elle, préfère profiter de ce jour-là pour écrire des stupidités : il n’est pas sûr que sa démarche à elle soit beaucoup plus raisonnable que les mises des joueurs invétérés, car eux au moins ont ensuite quelques chances d’accomplir des actions utiles avec leurs gains. A l’inverse, les lois de la statistique sont implacables : l’utilité des propos de Mme Goldschmidt postés ce jour-là est irrémédiablement nulle.

Car de quoi s’agit-il ? Pour résumer : il est question d’un article empli de poncifs, d’erreurs de jugement et de considérations fort mal-à-propos, posté à la légère sur un blog et sans doute écrit après une journée bien remplie, qui a apparemment empêché son auteure de réfléchir correctement au moment où elle l’écrivait.

Mme Goldschmidt s’étonne par exemple que HES défende « une toute nouvelle définition de la parentalité », et s’inquiète tout aussitôt pour les femmes, violées par des hommes, « qui sont ensuite parfois enceintes ». Si le sujet n’était aussi grave, on penserait qu’il s’agit là d’un trait d’humour : Mme Goldschmidt pense-t-elle sérieusement que HES rédige des amendements pour priver de leur enfant les femmes violées et enceintes ?

Mme Goldschmidt a cependant une certaine forme d’honnêteté : après la lecture d’un amendement de HES qu’elle cite, elle avoue ne pas le comprendre d’emblée : « peut-on », « ou alors c’est une erreur », « troisième solution », « il y a un hic »… Lorsqu’elle y entrevoit, après quelque réflexion, un pas en faveur de la légalisation de la GPA, l’auteure se sent soudain prise d’une rage peu commune : comment, s’indigne-t-elle, on reconnaît « le droit pour une personne seule, femme ou homme, de se faire inséminer pour avoir un enfant » ! On admirera la logique sémantique de cette phrase, et le mépris qui y transparaît : faut-il rire là encore lorsqu’on lit qu’un homme aura désormais le droit se faire inséminer ? Même Christian Vanneste n’avait encore jamais osé dire ou écrire que les associations représentant les homosexuels souhaitaient rendre légale l’insémination des gays. Mme Goldschmidt n’aura aucun souci pour le joindre : qu’elle lui soumette bien vite sa belle idée. Je ne vois que trois explications possibles à cette phrase absurde : soit HES est très bête, soit Mme Goldschmidt fait semblant de l’être elle-même, soit elle l’est réellement. Je penche pour la seconde solution, car elle s’accorde très bien avec une autre hypothèse : selon Sandrine Goldschmidt, il ne faut pas craindre d’user de beaucoup de mauvaise foi pour faire passer ses arguments lorsqu’ils ne sont pas valables.

L’un des problèmes de Sandrine Goldschmidt est clair : elle met sur le même plan la grossesse pour autrui et la prostitution. C’est sans doute l’apparition de ces deux thèmes de société dans les amendements proposés par HES qui a manqué de lui faire avaler de travers la moitié de son repas, et qui lui a causé de telles aigreurs d’estomac à 6h04, lorsqu’elle a posté son message. Qu’elle se renseigne cependant : les nombreux témoignages des femmes qui ont effectué ce geste pour des couples infertiles montrent bien que la GPA n’a rien à voir avec la prostitution. Les couples infertiles qui désirent élever des enfants n’ont pas un désir de la même nature que les client(e)s des prostitué(e)s : il y a une limite à la mauvaise foi lorsque l’on fait des comparaisons.

D’autre part, son point de vue sur la prostitution a été largement combattu par beaucoup de prostitué(e)s, qui réclament la liberté d’exercer leur métier sans être victimes ni du harcèlement de proxénètes qui les exploitent, ni de la fausse commisération qui pousse des dames patronnesses improvisées, comme Mmes Goldschmidt et Agacinski, à vouloir les empêcher d’exercer leur liberté et leur volonté, tout en prétendant ne vouloir que leur bien. Il s’agit d’un débat trop sérieux pour être réglé par un simple revers de la main et trois phrases méprisantes envers HES.

Sandrine Goldschmidt a enfin sans doute pensé faire preuve d’inventivité en créant une nouvelle expression pour stigmatiser tous ceux qu’elle n’aime pas, et qu’elle jette tous ensemble dans un même sac de dégoût et de haine : les prostitué(e)s, les clients de prostitué(e)s, les homos qui souhaitent élever un enfant, les femmes qui à la suite d’une pathologie ou d’une malformation ne pourront jamais porter d’enfant, etc. Elle les rend tous coupables d’un commun « besoin sexuel » – expression que, dans une fausse pudeur, elle a agrémentée de guillemets.  Les voilà, le nouveau puritanisme et la nouvelle police des moeurs : interdire le « besoin sexuel », comme le faisaient autrefois l’Eglise, la médecine et la police, et veiller à sa plus pure maîtrise dans le respect des traditions hygiénistes d’antan. Vous avez aimé la société patriarcale et ses interdits ? Vous adorerez la société selon Goldschmidt and co qui marque au fer rouge, et d’un stigmate commun, celles et ceux qui ont à voir de près ou de loin avec la prostitution et la gestation pour autrui, toutes deux confondues dans un même élan de malhonnêteté intellectuelle. Le féminisme est généralement synonyme de respect des libertés, mais il est aujourd’hui, sous la plume de certains et certaines qui le dévoient allègrement, devenu chasse aux sorcières par un ironique retournement de situation : chasse aux prostitué(e)s, qui souhaitent exercer une activité qui ne cessera jamais d’exister, et chasse aux couples infertiles, qui souhaitent élever un jour un enfant.

Que Mme Goldschmidt s’intéresse d’un peu plus près au sort de celles et ceux qu’elle affuble de ses marques d’infamie : cela lui permettra de participer à la création d’un monde « plus ouvert à la diversité de celles et ceux qui l’occupent », au lieu de se croire détentrice de valeurs universelles que des monstres – ou du moins des personnes qu’elle prend pour tels – s’obstinent à vouloir détruire par égoïsme.

Par son article, Mme Goldschidt aura réussi à prouver quelque chose : s’il y a bien un domaine où la parité sera toujours respectée, c’est celui de la bêtise et des fausses croyances. Qu’elle n’en soit pas remerciée.

Numa

***

P.S. : Pour les amateurs de sensations fortes, qui ne reculent devant aucun sacrifice pour s’informer, quitte à y sacrifier un temps précieux, l’article en question est ici : http://sandrine70.wordpress.com/2011/05/13/hes-de-curieux-amendements-au-projet-socialiste/

Gestation pour Autrui | International | 11.05.2011 - 18 h 00 | 1 COMMENTAIRES
Le journal « France Amérique » revient sur « les enfants de personne ».

Dans un article de Gaétan Mathieu daté du 10 mai 2011, le journal « France Amérique » revient les enfants nés de mère porteuse à l’étranger. L’affaire ne concerne pas directement un couple homo, puisqu’il s’agit du refus, par la Cour de Cassation, d’inscrire à l’Etat Civil français les enfants du couple Sylvie et Dominique Mennesson. Mais de nombreux couples gays souhaitent faire appel à une mère porteuse, et la France ne les y autorise toujours pas sur leur propre sol, tout en le leur interdisant également à l’étranger…

Le 6 avril, la Cour de Cassation a rendu un arrêt refusant l’inscription à l’État-Civil des deux jumelles Mennesson, nées aux Etats-Unis, grâce à la gestation pour autrui. Cette pratique est en effet illégale depuis la loi de 1994 du gouvernement Balladur (et de la ministre Simone Veil), qui interdit le recours à la GPA.

Isa et Léa, nées en Californie en 2001, n’ont donc « ni la nationalité française, ni de statut juridique clair ». Elles ont été portées par Mary, qui a reçu un dédommagement de 12 000 dollars (8500 Euros) : les embryons ont été constitués « à partir des spermatozoïdes de Dominique et d’un don d’ovocytes d’une amie du couple ».

Le journaliste rappelle que, le 8 mars dernier, le ministère public s’était prononcé en faveur de la reconnaissance des deux enfants, et que la décision de la Cour de cassation mettait en jeu le sort de beaucoup de familles dans le même cas que les époux Mennesson. Huit autres couples français ont par exemple actuellement recours à une mère porteuse américaine dans une agence de Boston. « La France est déjà notre deuxième plus gros client après les États-Unis. Le nombre de demandes venant de l’hexagone augmente d’année en année», déclare John Weltman, président de Circle Surrogacy.

Aux USA, dix États autorisent la GPA, dont la Californie où se sont rendus les Mennesson, tandis que des Etats plus conservateurs comme l’Arizona sanctionnent les recours à la GPA. Dominique Mennesson témoigne : « Nous avions choisi l’agence Surrogate Alternative à San Diego car l’encadrement y est très professionnel. Et d’autres couples avant nous avaient eu recours à eux sans qu’il n’y ait aucun problème ensuite en France ».

En France, les députés sont partagés, puisque plusieurs ont soumis en février 2011 des amendements pour régulariser la situation des enfants nés de mères porteuses à l’étranger. « Nous ne demandions même pas l’autorisation de la GPA, juste que le droit supérieur de l’enfant soit appliqué, comme le prévoient les conventions européennes », précise Dominique Mennesson. Il revient sur le déroulement du vote, au cours duquel seuls 37 députés se sont prononcés : « Il y avait à ce moment-là dans l’hémicycle une sur-représentation des élus intégristes religieux comme Hervé Mariton ou Christian Vanneste. Ils ne sont absolument pas représentatifs de la population». Les amendements ont ainsi été rejetés. « Selon les derniers sondages, ajoute Gaétan Mathieu, entre 60 et 70% des Français seraient favorables à une loi autorisant la gestation pour autrui. »

La Cour européenne des droits de l’Homme devra désormais statuer sur le sort de Léa et Isa. Elles ont actuellement 10 ans : à leur majorité, elles seront considérées comme clandestines par rapport aux lois françaises et pourront être expulsées vers les États-Unis ! Voilà ce qui, selon certains juges et députés, représente « l’intérêt supérieur de l’enfant » et permet de garantir « l’intégrité des familles ».

Un commentaire de l’article nous donne cependant une petite lueur d’espoir : « Le 4 mai, le Conseil d’Etat a débouté le ministère des affaires étrangères qui refusait de donner un titre de transport à un enfant au motif de suspicion de gestation pour autrui, en s’appuyant sur la convention des droits de l’enfant ».

Numa.

Pour lire l’article en entier : http://www.france-amerique.com/articles/2011/05/10/enfants_de_personne.html

A lire aussi :

– « Enfants nés de mères porteuses à l’étranger : toujours fantômes » : http://www.france-amerique.com/articles/2011/04/06/enfants_nes_de_mere_porteuse_la_cour_de_cassation_contre_l_inscription_a_l_etat-civil.html

– « Mères porteuses : le débat est ouvert » : http://www.france-amerique.com/articles/2008/07/10/meres-porteuses.html

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