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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Associations | Gay Pride | Homophobie | International | Politique | 18.11.2011 - 11 h 55 | 13 COMMENTAIRES
Saint-Pétersbourg : une loi pour interdire l’expression de tout propos positif sur les LGBT.

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La ville de Saint-Pétersbourg, dont le Parlement local est dirigé par le parti « Russie Unie », s’apprête à interdire l’expression de tout propos positif au sujet des LGBT. Dans le projet qui sera voté ce week-end, il s’agit d’interdire la valorisation des quatre sujets suivants, tous mis dans le même panier : « la sodomie, le lesbianisme, la prostitution et la pédophilie ». Parler de ces sujets en termes positifs menacerait gravement la société, et reviendrait à faire « une propagande » intolérable aux yeux du parlement de Saint-Pétersbourg.

L’idée avait déjà été émise en 2009 par la Seimas, le parlement en Lituanie, avant d’être combattue par les organisations LGBT, le parlement européen, et la présidente lituanienne elle-même. Elle avait finalement débouché sur un projet de loi plus modéré, interdisant la promotion de la pornographie devant les mineurs, dans l’espace public.

Mais les choses risquent d’être fort différentes à Saint-Pétersbourg. Des amendes conséquentes sont prévues par cette loi en cas d’infraction : 3000 à 5000 roubles pour les particuliers, 50 000 roubles pour les organisations. La mise sur le même plan des LGBT, des prostitués et des pédophiles est bien sûr lourde de sens : il s’agit là clairement d’une condamnation légale et juridique, mais aussi d’une condamnation morale officielle des LGBT. De plus, toute défense des droits LGBT sera considérée comme une propagande illégale.

Malgré les protestations des organisations LGBT, le projet a déjà été adopté par l’assemblée locale en première lecture :  deux lectures sont encore nécessaires pour que ce projet de loi soit définitivement adopté. Ce texte vise bien sûr également à interdire de fait toute Gay Pride et même toute association LGBT dans la ville pour les années à venir. L’avenir des LGBT à Saint-Pétersbourg semble décidément bien noir.

Enfin, le risque est grand que cette proposition de loi, une fois adoptée à l’échelon local, soit étendue au niveau national. Cela est d’autant plus clair que l’interdiction de la « propagande homosexuelle » est déjà appliquée dans deux régions russes : Ryazan et Arkhangelsk. L’homophobie déjà largement présente en Russie ne sera donc plus seulement larvée : elle sera désormais officielle.

Mise à jour : L’application prochaine de cette loi au niveau fédéral fait de moins en moins de doute. Favorable à cette loi, la porte-parole du Conseil fédéral Valentina Matvienko a déclaré qu’il fallait protéger les mineurs contre « tout ce qui détruit un enfant ». Les députés de la législature actuelle ne voteront pas cette loi, car ils ne sont plus en poste que pour six semaines. Mais ils sont nombreux à soutenir l’application de ce projet de loi à toute la Russie, à l’instar d’Ekaterina Lahova ou Nina Ostanina : la première trouve ainsi que la menace d’une amende est encore trop faible et qu’il faudrait alourdir la sanction encourue ; la seconde s’indigne face au danger que représente « la propagande homosexuelle ». A Saint-Pétersbourg, une conseillère est allée  jusqu’à proposer d’interdire le Rainbow Flag, ce drapeau arc-en-ciel qui symbolise la paix, et qui est devenue le symbole des LGBT.

Une pétition vient d’être lancée sur le net pour s’opposer à ce projet. Elle s’adresse à Vadim Tulpanov, de l’Assemblée législative de Saint-Pétersbourg, Georgy Poltavchenko, gouverneur de Saint-Pétersbourg, Alexei Kozyrev et Vladimir Lukin, représentants des droits de l’homme respectivement à Saint-Pétersbourg et dans la Fédération de Russie.

Associations | Gay Pride | Homophobie | International | Livres | Medias | Politique | Religion | 08.10.2011 - 08 h 42 | 0 COMMENTAIRES
19 octobre 2011 : Journée nationale de l’homosexuel marocain

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Dans un article déjà lu plus de 5000 fois en une semaine sur yabiladi.com, et repris par gaymaroc.com, Rim Battal nous rappelle que la Journée nationale de l’homosexuel marocain, organisée pour la troisième année consécutive, aura lieu le 19 octobre 2011.

Samir Bargachi, coordinateur de l’association marocaine Kif-kif pour les LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels) vient en effet d’annoncer que son association organisera bien, une nouvelle fois, cette journée nationale. Elle aura lieu au soir du 19 octobre, dans le centre-ville de Sebta/Ceuta, au sein du club rock « le Sala Café ». Ceuta succède ainsi, dans la liste des villes où cette soirée aura été organisée, à Marrakech (2009) et Rabat (2010).

Samir Bargachi rappelle la symbolique de la date choisie : « Cette journée nationale est destinée à célébrer l’anniversaire de Leila Amrouche, une homosexuelle marocaine qui, sous la pression et devant le déni social, a mis fin à ses jours ». Au programme de la soirée à Ceuta figurent le discours d’ouverture de Samir Bargachi, puis un ensemble de groupes de musique marocains et une distribution du mensuel Mithly, publié par Kif-Kif.

Dans une société où l’homosexualité est encore fortement réprimée, et suite à un article erroné du journal Hespress, Samir Bargachi tient à se distancer de la Gay Pride : cette expression sert, selon lui, « à rabaisser les milliers de Marocains à tendances homosexuelles ». Cependant, si les participants à cette journée resteront calfeutrés au sein du club au lieu de se montrer au grand jour dans les rues de la ville, ce sera sans doute moins pour des raisons idéologiques que par prudence (qui restera toujours mère de la sûreté) : les relations homosexuelles sont passibles au Maroc d’une peine allant de six mois à trois ans d’emprisonnement, ainsi que d’une amende à verser pour chaque « acte licencieux ou contre nature avec un individu du même sexe ». Ainsi, Kif Kif est basée à Madrid, et les quelques subventions versées au magazine Mithly viennent de l’Union Européenne, et non de l’Etat marocain.

Cette journée nationale, si modeste soit-elle, aura-t-elle le soutien des médias français, communautaires ou généralistes, et de quelques politiques français, prétendument amis de longue date du peuple marocain ? On ignore pour le moment si les grands écrivains homos marocains, Abdellah Taïa et Mohamed Leftah, participeront ou non à cette journée.

Les commentaires relevés sur internet font souvent froid dans le dos. Voici un florilège hélas non-exhaustif des commentaires parus sur le site hespress.com :
« ONE OF THE REASONS THAT ALLAH BRINGS ALL THIS TSUNAMIS AND EARTHQUAKES TO THE WORLD, BECAUSE OF THE TRANSGRESSIONS OF HOMOSEXUALITY, U HAVE SHAKEN YOU MALE MEMBER IN A PLACE WHERE IT DOESN’T BELONG HE TOO WILL SHAKE THE EARTH »,
« ON ARRETE LES ISLAMISTES POUR DONNER LA LIBERTE AUX HOMOSEXUELS C’EST UN DROLE ETAT ISLAMIQUE QU’ON A AU MAROC »,
« il ne faut pas que le gouvernement marocain se taise devant cette minorité de malfaiteurs qui veulent détruire le Maroc et salir notre religion qui est l’Islam, je suis d’accord avec le n° 12 « saoudi kool », il faut les battre et les renvoyer de notre pays, ils n’ont qu’aller vivre ailleurs aux pays de gays, d’athés, et des non croyants. qu’ils nous laissent tranquils »,
« Je suis trés consterné par cette nouvelle,car cette fois cela se passe sur le pas de notre porte,croyez moi, je crains pour mon pays, la toute petite étincelle de foi qui reste encore en nous ,ils cherchent à l’éteindre ,afin qu’on devienne des corps sans âmes ,comme en occident, ainsi nous accepterons tout au nom de la libérté,que Dieu la maudisse cette libérté et qu’Il anéantisse les adeptes de celle-ci,car moi, la mienne de libérté,se trouve dans le cadre que mon Créateur m’a préscrit,et j’ai déja du mal à la réspecté par moments,à cause de vos conneries. Je suis conscient que l’occident a beaucoup d’avance sur nous,côté téchnologique,industriel,justice sociale…etc,rien ne nous empêche de les imiter dans ces domaines là,mais pas dans la débauche,et la dégradation des moeurs.l’ouverture, ce n’est pas écarter ses fesses,mais c’est plutôt,élargir ses horizons. Je compte sur tous les marocains qui luttent pour garder l’étincelle allumée,de veiller prudemment afin d’empêcher que cela se produise chez nous »
« si nosotros somos un pais musulman pues tenemos que actuar como tal,sino el castigo de dios alcanzara a todos »
« je suis d’accore avec ceux qui dise qu’il faut les priver de la nationalité.on veut plus qu’il fassent partie de nous .LA BONNE CAUSE »
« Naturellement sont des malades »
« This cannot be done in Morocco. We’re Muslims, and Morocco is and will be a land of men, not homosexuals. We’d never ever allow such nonesense to happen on our land. These people misunderstand the freedom of expression; there’s a fine line between freedom and anarchy. If we allow such things, tomorrow everybody will imitate them. The state would open the door for all kinds of aberration. This is nothing, but tghe steps of the satan. In the West, homosexuals marry each other, women take to the street naked, lesbians live together, among others. However,, Morocco is an Islamic country, and if we allowed such things, our children would grow up with these things as if they were normal: that’s why the Europeans and Americans find homosexuality quite normal. Anyway, we’ve to combat these aberrations at any cost to protect our kids against chaos »
« Vous êtes où mnt ceux qui se manifestent pour dire rien du tout finalement, pour détruire physiquement et psychiquement notre Maroc….?? C’est maintenant qu’il faut apparaitre et SE MANIFESTER pour de vrai.
Ayez pitié de nous et de vous de même, Mon Dieu, ils sont ignorant ils ne savent pas ce qui se passent après »

Au passage, petite leçon de vocabulaire grâce à la lecture des commentaires : apparemment, l’injure équivalant à « pédé » ou « tafiole », au Maroc, c’est « fev », « fifi » ou « farfoure »…

Pour en savoir plus :

Le blog de Samir Bargachi : fr.bargachi.net
Article de Yabiladi : http://www.yabiladi.com/articles/details/7039/journee-nationale-l-homosexuel-marocain-tiendra.html
Article de Hespress en marocain : http://hespress.com/societe/38579.html
Présentation et site du magazine Mithly : http://www.mithly.net

France | Gay Pride | Homophobie | Medias | Religion | 20.05.2011 - 23 h 00 | 128 COMMENTAIRES
30 minutes anti-LGBT sur Direct 8 : « Voilà un sujet difficile : parler de l’homosexualité, des homosexuels »

« Dieu merci ! » : c’est le titre d’une émission religieuse diffusée chaque vendredi sur Direct 8, l’une des chaînes les plus regardées de la TNT. Ce vendredi 20 mai, à l’occasion de la 6eme journée mondiale contre l’homophobie du 17 mai 2011, Alexandre Meyer et Laure Degouy avaient décidé d’aborder le thème de l’Eglise et de l’homophobie, afin de « dissiper les nombreux malentendus qui surgissent dès que l’on aborde la position de l’Eglise sur le sujet de l’homophobie » et de « balayer toutes les idées reçues ». Les résultats auxquels ils sont parvenus sont sans doute bien au-delà de leurs espérances : les animateurs et leurs deux invités ont célébré la journée mondiale de lutte contre l’homophobie… en accumulant les propos à tendance homophobe durant plus de 30 minutes !

Ils recevaient en effet Philippe Arino, qui, pour avoir publié trois livres chez l’Harmattan, se décrit lui-même comme écrivain-comédien-professeur-d’espagnol, et l’abbé Pierre-Hervé Grosjean, le vicaire estampillé « web 2.0. »  qui participe au blog religieux padreblog (la propagande aussi sait être moderne). Direct 8 innove : d’habitude, quand on organise un débat, on essaie d’inviter des personnalités qui ont des points de vue à confronter ; mais à Dieu Merci, sans doute pour faire gagner du temps à tout le monde, on fait débattre des gens qui sont d’accord entre eux sur tous les points, l’abbé Grosjean ayant déjà écrit il y a quelques mois un article très élogieux à propos de Philippe Arino. On a rarement vu un « débat » où tout le monde était d’accord dès le départ : les animateurs, les invités, les journalistes des reportages… Chez Dieu merci, tous sont unanimes !

Mais alors qu’a-t-on appris sur l’homosexualité, grâce à Dieu Merci, qui fasse un telle unanimité ? Pour le savoir, il vous faut regarder l’émission de la septième minute à la fin (les six premières minutes étant consacrées à l’actualité catholique, sans lien avec le sujet) :

Vous aurez ainsi l’occasion d’admirer une enfilade de perles peu commune, et il y a de quoi être retourné par les horreurs que l’on a pu entendre tout au long des échanges entre les quatre pourfendeurs de ce « sujet difficile » qu’est l’homosexualité selon le journaliste d’un des reportages présentés. Nous voici revenus aux temps, célèbres dans l’histoire LGBGT, où Ménie Grégoire parlait de « l’homosexualité, ce douloureux problème » : par ce voyage dans le temps, Dieu merci fait des miracles –  c’est bien le moins que l’on puisse attendre d’une émission religieuse.

Comme je ne recule devant aucun sacrifice pour l’information et l’édification de mes lecteurs, j’ai écouté jusqu’au bout cette émission. En voici quelques-uns des extraits les plus mémorables :

– « Les seules personnes homophobes que j’ai vues dans mon entourage sont des personnes homosexuelles » (9’20)
– « La pratique homosexuelle ne correspond pas au plan de Dieu » (11’40)
– « L’Eglise dit que cet acte n’est pas adéquat au plan de Dieu » (12’05)
– « Les personnes homosexuelles […] viennent confier leur fardeau » (13’10)
– « Philippe Arino, c’est un discours qui est audible, ça, de nos jours, de condamner certains actes et d’encourager une absence d’actes sexuels ? C’est vraiment de ça qu’il s’agit ? [Réponse de l’intéressé : Oui oui !] » (13’40)
– « Le fait que l’Eglise dise « on est pas d’accord avec les actes », mais qu’elle ne dise pas comment on peut vivre son désir homosexuel, […] c’est génial » (14’45)
– « L’Eglise croit à la capacité de l’homme de développer tous les bons désirs qu’il a en lui, […] et d’acquérir cette liberté intérieure par rapport à des désirs qui pourraient l’emmener vers des choses qui le détruisent » (15’30)
– « Dieu nous aime avec toutes les blessures qu’on n’a pas choisies »
– « Pourquoi des manifestations aussi bruyantes et grotesques que la Gay Pride ? » (16’45)
– Au sujet de la Gay Pride : « Pourquoi tant de passions, de haines et de revendications » ? (17’45)
– « L’ultime question est aussi importante : dans la vie privée et personnelle, l’homosexuel est-il libre et heureux ? Tire-t-il son angoisse du jugement que portent les autres sur lui, ou des combats intérieurs et cachés de son âme ? (17’55)
– « L’Eglise aimante, compatissante, qui fait tout pour accompagner les personnes homosexuelles, et qui essaie de montrer qu’on peut se libérer de la sexualité : c’est un discours qui va complètement à l’encontre de ce qu’on peut entendre dans le milieu associatif pro-homo ». (19’20)
– « Le milieu homosexuel sa cache derrière la prévention […] pour pas qu’on s’interroge sur le sens du désir homosexuel […] Dans mon bouquin je parle des liens non-causaux entre homosexualité et viol. Plein de drames sont évacués par une défense de l’homosexualité en tant qu’identité et en tant qu’amour. » (19’30)
– « L’Eglise condamne les actes homosexuels. […] L’acte sexuel dans sa plénitude de vérité doit inclure l’altérité homme/femme. L’acte homosexuel peut-être sincère, mais il n’aura pas toute sa vérité et il ne sera pas comblant. (21’25)
– « Le chemin [des homosexuels] ressemble parfois au chemin de croix, car il restera toujours cette blessure de ne pas pouvoir donner la vie, de ne pas pouvoir fonder une famille. Je communie à cette douleur. » (24’00)
– « Je suis continent. J’avoue que je suis libre. Même en cours je peux faire ma grande folle. »
– « Le désir de former un couple est un boulet qui fait qu’on s’inscrit sur des sites internet. C’est un sac à dos existentiel très lourd. » (26’20)
– « Dans les couples homos, il y a beaucoup de tensions parce qu’il n’y a pas la différence des sexes » (26’40)
– Le présentateur : « Monsieur l’abbé, quels sont les secours que prodigue l’Eglise pour mener une vie accomplie et épanouie ? » Réponse : « Je vois particulièrement l’importance du sacrement de confession. Le sacrement de confession est un sacrement de guérison qui vient soigner nos blessures parce qu’on est tombé dans tel ou tel esclavage du désir » (29’50)
– « Dieu ne réduit pas le pécheur à son péché ». (31’00)
– « J’invite les homosexuels à me contacter : je suis un super ami. S’ils veulent aller à la messe avec moi, on va à l’auberge. » (31’50)
– « L’épanouissement est possible dans la chasteté. […] L’identité homosexuelle n’existe pas, et l’amour homosexuel est très discutable, et fragile. » (32’30)

Si les animateurs et les intervenants avaient voulu prouver une nouvelle fois l’incompatibilité totale entre la religion catholique et l’homosexualité, ils n’y seraient pas pris autrement. Mais ce qui est bien plus grave, c’est que toutes ces paroles ont été infligées à des centaines de milliers de personnes, et on se doute de l’effet dévastateur de tels propos sur des jeunes dont la personnalité est en train de se construire.

Rappelons que l’émission « Dieu merci » a invité en décembre 2010 un certain Christian Vanneste. On comprend dès lors un peu mieux le positionnement idéologique des producteurs et des animateurs de l’émission. On s’étonne cependant qu’un homosexuel accepte de faire le singe de foire pour aller clamer avec le sourire des stupidités sans nom sur des homosexuels qui ne lui ont rien demandé. On apprend en outre avec déception que Direct 8 n’hésite pas à diffuser des émissions dont l’orientation est clairement de droite extrême et conservatrice. Il faut en tirer les conclusions qui s’imposent, aussi bien sur le peu de crédibilité de « l’auteur » Philippe Arino, que sur la méfiance nécessaire à l’égard d’une chaîne comme Direct 8. On a connu les producteurs de Direct 8 bien mieux inspirés dans le choix de leurs intervenants… 

Enfin, la bibliographie qui suit ces phrases sur fond de musique religieuse ferait rire, si elle ne faisait pleurer. Aucun ouvrage de recherche sérieux, mais simplement des pavés et des références renfermant les convictions surannées de Philippe Arinu et du religieux invité ce jour-là. La plupart des livres cités sont d’ailleurs publiés à l’Harmattan : notons que ce n’est pas la première fois que L’Harmattan laisse paraître des livres qui attaquent grossièrement les homosexuels, comme a pu en témoigner la légitime indignation qui a suivi en juillet 2010 la publication du livre 700 millions de gei de Chekib Tijani :  On retrouvait déjà dans le torchon de Tijani les mêmes preuves de haine et de mépris à l’encontre des homosexuels que dans l’émission « Dieu merci » diffusée ce vendredi 20 mai 2011 sur Direct 8 : « Le gei, écrit Tijani, est, sauf exception, voué par nature à passer une existence privé de relation de couple C’est là tout le drame qu’il vit chaque seconde de sa vie. Vivre sans amour, c’est porter un poids sur les épaules tout au long de son existence. » On sait vivre, chez L’Harmattan ! Mais sait-on y lire les ouvrages qu’on publie ? Lorsque Philippe Arino s’exclame, guilleret,  » less homosexuels doivent aller voir des navets de bouquins (sic) « , sans doute pense-t-il aux siens ? Voilà un bel éclair de lucidité, qui tranche avec le reste de ses propos dans l’émission.

Enfin, il paraît que Philippe Arino serait en train de se forger une réputation usurpée de « spécialiste des questions gaies » auprès de personnes mal informées, alors que ce qu’il dit est extrêmement grave. Une bonne partie des citations tirées de l’émission sont de lui, notamment la première où il affirme que les seuls homophobes qu’il connaît sont homos… Pour celles et ceux qui apprécient ce genre de carabistouilles délirantes et dangereuses, il est très proche par son discours de ce qu’on trouve dans le Dico des filles publié chez Fleurus, qui prétendait déjà « tordre le cou à certaines idées reçues » et « faire comprendre aux gens […] que personne ne doit être réduit à sa sexualité ». Mais Philippe Arino prend moins de gants que les collaborateurs de Fleurus : non seulement il trouve tout à fait normal que l’Eglise « condamne » clairement l’homosexualité et impose l’abstinence aux homosexuels, mais il tient ce discours en tant qu’homosexuel et cherche donc à lui apporter une certaine crédibilité. Cette imposture doit être dénoncée : Philippe Arino ne donnera jamais aucune légitimité au discours culpabilisateur que tient l’Eglise à l’encontre des homosexuels, qu’il soit lui-même homo ou non.

Enfin, la diffusion de cette émission « à l’occasion » de la journée mondiale contre l’homophobie est une sacrée provocation contre les homos, et elle doit conduire à une vive réaction de la part de la communauté homo, à la hauteur des dégâts que cette émission peut avoir provoqués, en particulier chez les jeunes qui s’interrogent et cherchent leur identité.

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