4297 Famille | E.D.H. – Egalité des Droits Homos/hétéros

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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Famille | France | Gestation pour Autrui | Homoparentalité | International | Justice | Politique | 29.08.2013 - 16 h 51 | 2 COMMENTAIRES
Delphine Lance (doctorante EHESS) présente ses recherches sur la gestation pour autrui.

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Delphine Lance réalise actuellement une thèse d’anthropologie à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS). Elle a travaillé sur la gestation pour autrui dans un cadre d’homopaternité, et ses recherches portent aujourd’hui, en particulier, sur le thème de la gestation pour autrui au niveau international. Après avoir passé plusieurs mois en Ukraine pour effectuer la première partie de ses recherches, elle lance à présent un appel à financement sur le site indiegogo pour pouvoir poursuivre l’étude de ce thème aux Etats-Unis. A cette occasion, elle a accepté de nous présenter un premier bilan de ses observations sur le thème de la surrogacy, et elle détaille l’objet de son projet de recherche sur ce sujet aux USA.

Numa – Delphine Lance, vous êtes doctorante à l’EHESS en anthropologie. Vous vous intéressez en particulier aux thèmes de la parenté et des nouvelles technologies de reproduction. Pouvez-vous nous parler des recherches que vous avez effectuées jusqu’ici ?

Delphine Lance

Delphine Lance

Delphine Lance – J’ai travaillé en master 2 sur la gestation pour autrui dans un cadre d’homopaternité. Durant un an, j’ai interrogé des couples et des célibataires gays qui vivent en France, et qui ont eu recours à des femmes porteuses. Dans la grande majorité des cas, il s’agissait de femmes qui vivaient aux Etats-Unis. J’ai mené cette recherche anthropologique en parallèle des travaux sociologiques de Martine Gross et Dominique Mehl, et nos études respectives ont permis d’enrichir les connaissances sur les situations de GPA dans des cas d’homopaternité.

Je ne peux pas résumer ici l’intégralité de mon mémoire, mais j’ai été très marquée par la grande diversité des situations rencontrées au cours de mes entretiens. Chaque couple ou célibataire a une manière bien particulière d’appréhender le parcours de GPA. Par ailleurs, et contrairement aux idées reçues, la GPA s’inscrit toujours dans une démarche hautement relationnelle : tous les tiers ont une place dans ce parcours. J’ai été frappée par exemple par la relation qu’entretiennent les hommes avec les « donneuses d’engendrement » (donneuses et surrogate) pour reprendre l’expression d’Irène Théry : celles-ci ont toujours une place, plus ou moins importante, dans la vie de ces familles. Suite aux débats sur le mariage pour tous, je peux d’ailleurs affirmer qu’en aucun cas, les pères ne nient l’existence des femmes qui ont pris part au processus (donneuse d’ovocytes et mère porteuse). La différence des sexes dans la reproduction n’est jamais niée. Il est également important de souligné ici que dans la majorité des cas la donneuse et la gestatrice ne sont pas les mêmes femmes, on observe alors une fragmentation dans la reproduction qui est très intéressante à analyser en tant qu’ anthropologue.

 

Numa – Suite à votre master 2, vous avez voulu approfondir vos recherches sur la Gestation pour Autrui, en adoptant cette fois un angle d’approche international. Pouvez-vous nous en dire plus ?

logo ehessDelphine Lance – Actuellement, je suis inscrite en thèse à l’EHESS d’anthropologie sous la direction d’Enric Porqueres i Gené et Jennifer Merchant. J’étudie la place de la femme et de son corps dans le processus de gestation pour autrui à un niveau international. Pour ce faire, je suis partie 9 mois en Ukraine. J’ai observé le fonctionnement de cinq agences de surrogacy, notamment à Lviv (Ouest de l’Ukraine) et à Kiev. J’ai interviewé le personnel de ces agences et de cliniques (gynécologues, psychologues…), mais aussi des femmes porteuses (près de 25) et des donneuses d’ovocytes. Ce terrain m’a permis de comprendre en détail le fonctionnement du processus, ainsi que la représentation de la femme en Ukraine.

J’ai aussi interrogé des parents (trois couples gays et un couple hétéro) qui ont fait appel à une femme porteuse en Ukraine. J’ai pu voir à cette occasion les difficultés rencontrées par ces différents couples, en particulier pour le retour de l’enfant en Europe. Ces expériences sont très marquantes : quand on voit à quel point ces couples se battent et souffrent, on est amené à réfléchir en profondeur à la question de la GPA.

 

Numa – Après avoir passé plusieurs mois en Ukraine, vous vous apprêtez maintenant à partir pour les USA. Quel est votre projet ?

Delphine Lance – Dans un objectif de comparaison avec l’Ukraine, j’aimerais partir aux USA pour me rendre dans des agences, et parler avec des  surrogates et des donneuses nord-américaines. Dans un premier temps, je souhaite aller sur la Côte Ouest, à San Francisco et San Diego. Si cela m’est possible financièrement, je partirai ensuite dans d’autres régions des USA. Mon but est de visiter différentes agences dans plusieurs Etats (Californie, Massachusetts, Ohio, Pennsylvanie), pour analyser les différences qu’elles présentent en termes d’organisation et de fonctionnement. Certaines sont par exemple plus tournées vers les couples gays que d’autres, ont établi des partenariats avec des cliniques, etc.

Au niveau scientifique, je travaille en particulier sur la définition de la parenté, sur l’intentionnalité et sur la place de l’Etat dans les politiques liées à la procréation, à l’exemple de la GPA. Plus je pourrais avoir de témoignages et réaliser d’observations, plus mon approche de ces différents thèmes pourra être précise.

Mon autre objectif, en parallèle, serait de réaliser un court documentaire (environ 30 mn) sur les motivations des gestatrices. Dans le débat actuel, les politiques parlent des femmes porteuses, mais on laisse en général trop peu de place à la parole à ce qu’elles disent et vivent. Il s’agirait donc de faire un reportage où la parole serait notamment laissée à ces femmes, afin de comprendre leurs motivations.

Pour que le débat repose sur des bases solides, il me semble important de laisser la parole aux différents intervenants du processus : surrogates, donneuses d’ovocytes, aux autres tiers et bien évidemment aux parents d’intention.

 

Numa – Pour pouvoir mener à bien ces objectifs, vous lancez un appel à financement sur le site indiegogo. Pouvez-vous nous en dire plus ?

logo indiegogo Delphine Lance – Je lance en effet un appel sur indiegogo, pour partir dans un premier temps durant six mois aux USA. Je vais avoir besoin de payer mon billet d’avion et mes déplacements internes pour pouvoir rencontrer les mères porteuses et les agences. La réalisation du documentaire me coûtera également environ 3000€.

Je lance donc un appel à contribution pour financer cette recherche. Dans ma conception de la recherche, il faut diffuser et partager les résultats obtenus. C’est pourquoi en contre-don, je propose aux gens qui me soutiendront de recevoir notamment une newsletter sur les résultats que j’obtiendrai. Je compte animer un blog privé pour parler de mes résultats. L’argent obtenu me permettra de consacrer du temps à ma recherche, mais aussi à sa diffusion et à la discussion avec les personnes qui auront accepté de m’aider à réaliser cette étude.

***

Pour participer au financement de ce projet de recherche : il suffit de se rendre sur la page « Recherche et documentaire sur la gestation pour autrui aux USA. Research and documentary on Assisted Reproductive Technology in the US. » du site indiegogo.

Famille | Homophobie | International | Mariage | People | Politique | UMP | 11.05.2013 - 02 h 39 | 2 COMMENTAIRES
La Barjot s’en va-t-aux Champs : Acte III

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Un manuscrit de la fin du 19e siècle a été retrouvé par hasard au printemps 2013. Il s’agit d’un vaudeville en trois actes inédit, dont les plus récentes analyses semblent montrer qu’il serait de la main de Georges Feydeau. Cette pièce, intitulée La Barjot s’en va-t-aux Champs, a pour héroïne une bourgeoise excentrique et très croyante, qui entraîne dans son délire une foule de personnages étranges et parfois inquiétants. L’acte I montrait une importante réunion de concertation entre la mondaine et ses alliés, bien décidés à prendre d’assaut les Champs Elysées. Dans l’Acte II, pour financer leurs actions, l’héroïne et son ami Xavier ont effectué quelques ventes auprès de représentants du peuple très enthousiastes. A présent, l’acte III clôture la pièce, et nous montre les dernières évolutions du petit groupe de personnages.

La Barjot s’en va-t-aux Champs, Pièce en trois actes

Acte III La scène représente une pièce agréable et spacieuse. Au fond, le soleil entre par plusieurs velux, qui sont ouverts. Les murs à gauche et à droite de la pièce sont couverts de très hautes étagères en chêne. Elles sont remplies d’ouvrages des 18e, 19e et 20e siècles. Au centre, une grande table rectangulaire en bois noble est entourée d’une vingtaine de chaises. Sur une petite table à l’arrière, sous les velux, se trouvent un téléphone sans fil, quelques documents et un coupe-papier. Un tabouret est placé sous la table, et une imposante horloge blanche la surplombe. On accède à la pièce par deux portes en verre, situées l’une à gauche et l’autre à droite de la scène.

Au début de l’acte, la pièce est silencieuse : on entend seulement le tic tac de l’horloge et des sifflements d’oiseaux qui entrent par les velux ouverts. La porte de droite s’ouvre : entrent Hervé Mariton, qui porte un attaché-case, puis Frigide Barjot, Xavier Bongibault, Christine Boutin et Béatrice Bourges.

Hervé Mariton – Bon, installez-vous autour de la table, on va pouvoir commencer rapidement. (Tous s’assoient. Hervé Mariton sort des dossiers qu’il remet à chacun des quatre autres. Il reprend la parole une fois la distribution terminée.) Mes chers amis, ce moment est historique. Les documents que je vous ai distribués sont d’une importance extrême, et je suis particulièrement heureux de pouvoir vous accueillir en ce lieu symbolique et solennel. (Frigide Barjot, après avoir sorti une petite fiole, s’endort peu à peu pendant qu’il parle.) En effet, vous avez devant vous le développement argumenté et exhaustif des recours que nous, parlementaires UMP et UDI, avons déposés le 23 avril 2013 dans le cadre de notre saisine du Conseil Constitutionnel, aux fins de déclarer inconstitutionnelles les dispositions de la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Je vous propose d’en étudier sans différer les principaux tenants et aboutissants.

Xavier Bongibault, qui regarde fixement Hervé Mariton – Gné ?

Frigide Barjot, se réveillant soudain – Comment ? Ca y est ? Je suis élue Maire de Paris ? Merci, merci, merci ! (elle se ressaisit, et boit une gorgée de sa petite bouteille).

Hervé Mariton – Dites, un peu d’attention ne nuirait pas à la compréhension de mon discours. Si nous étions à l’Assemblée, je vous rappellerais le règlement, qui stipule expressément que…

Xavier Bongibault – Ah non, ah non, stop avec tes mots d’il y a cent millions d’années : je n’ai déjà rien compris à tes histoires de saisine exhaustive et solennelle qui aboutit à des tenants parlementaires, alors n’en rajoute pas ! On ne m’avait pas dit qu’on venait ici pour parler chinois.

Frigide Barjot – Ne contrariez pas le petit : il fait un café divin et il répète tout ce que je lui raconte. Ca fait trois ans que je l’entraîne, alors certes il ne sait faire que ça, mais il le fait très bien. (elle boit une rasade de sa fiole.) Expliquez-lui plutôt ce que Hervé vient de raconter, au lieu de l’énerver.

Christine Boutin, se tournant vers Xavier Bongibault – Il a dit qu’on va expliquer aux juges pourquoi les gens comme toi, on doit les respecter, mais les empêcher de se marier entre eux parce qu’ils sont décadents et menacent l’ordre public. Tu comprends, ça ?

Xavier Bongibault, réjoui – Ah oui, ah oui, on lutte contre le mariage entre hommes ou entre femmes, parce que ça va détruire la civilisation, comme Frigide me l’a dit ! C’est vrai, c’est vrai !

Béatrice Bourges – Il dit oui, et en plus il est content ! C’est vrai qu’il est gentil : il est même complètement stupi…

Frigide Barjot, l’interrompant – Oui, stupéfiant ! Et tu sais, au prix où je le paye, c’est une affaire ! Par contre, qu’est-ce que le café a augmenté… Encore un peu, et ça me coûtera aussi cher que mes clopes, mon alcool et ma co…

Hervé Mariton, l’interrompant à son tour – Mesdames, si vous êtes venues parler du prix de vos emplettes quotidiennes, je m’en vais ! J’ai eu assez de mal à vous faire rentrer ici tous les quatre : restons-en donc à notre sujet, s’il vous plaît. Je vous rappelle que nous allons avoir des invités prestigieux dans quelques minutes, alors il faut que nous soyons au point. Vous avez cinq minutes pour lire ces dossiers, puis nous en discuterons pour nous mettre d’accord.

Béatrice Bourges et Christine Boutin se mettent à lire. Frigide Barjot prend une gorgée de sa petite bouteille, puis elle se lève. Xavier Bongibault regarde dans le vide, en direction d’Hervé Mariton.

Frigide Barjot – Mais au fait, Hervé… Comment tu as fait pour nous faire rentrer dans la bibliothèque du Conseil Constitutionnel ? C’est quand même pas donné à tout le monde… J’ai beau être une star internationale, qui déclenche l’enthousiasme des foules en Belgique, aux USA, et bientôt au Maroc,…

Béatrice Bourges – Arrête ton char, Frigide, tu n’y es même pas allée, à Washington,…

Christine Boutin – Et en Belgique, tu as été autant huée qu’à Lyon, c’est dire !

Béatrice Bourges – Même à Argenteuil, tu as à peine réussi à rassembler 200 personnes…

Frigide Barjot – Hervé, dis quelque chose, ou je quitte cette pièce avec mon imbé… euh, avec mon indépassable Xavier. (Entendant son nom, Xavier Bongibault tourne son regard vers Frigide Barjot et l’admire avec un sourire béat)

Hervé Mariton – Il manque vraiment un règlement ici, c’est criant : il y aurait de beaux rappels à faire. Mesdames, Frigide veut savoir comment je vous ai fait entrer ici. J’avoue que c’est un tour de force, et il vous intéressera toutes, n’est-ce pas ? (Christine Boutin et Béatrice Bourges acquiescent) Alors voilà : la bibliothèque du Conseil Constitutionnel n’est accessible qu’aux grands chercheurs de droit public. J’ai donc contacté nos juristes, Anne-Marie Le Pourhiet et Aude Mirkovic, qui s’y connaissent aussi bien en droit que moi en bon goût vestimentaire. Elles ont appelé le service documentation du Conseil Constitutionnel pour les prévenir de votre arrivée, en indiquant que vous collaborez étroitement avec elles au sujet d’un grand débat juridique.

Frigide Barjot – Attends, Hervé, tu as fait passer Xavier et moi pour des chercheurs en droit ? (elle se rassoit et prend une gorgée) Alors là, je suis sur le cul. Nous faire passer pour des chercheurs en droit… Moi, encore, pourquoi pas : avec mon intelligence naturelle, je pourrais être docteur en droit international et comparé, mais alors le petit, il n’y connaît rien en histoire, Boutin brandissait la Bible en pleine Assemblée, et Bourges appelle tous les deux jours à l’émeute et à l’anarchie… Hervé, tu es vraiment capable de tout !

Christine Boutin (tout bas) – Il en faut bien un qui soit capable de tout, avec une comme elle qui n’est bonne à rien…

Hervé Mariton – C’est aussi ce qu’on me dit dans ma circonscription de Crest et à l’Assemblée : je suis capable de tout, et c’est même à cela qu’on me reconnaît, paraît-il… Jacques Myard va être jaloux ! (On toque à la porte de droite) Oh mon Dieu, déjà ! Ils sont en avance ! Nous n’avons même pas eu le temps de lire ensemble les arguments déployés par l’UMP et l’UDI au sujet de la saisine dont fait l’objet, auprès du Conseil Constitutionnel, la loi sur…

Xavier Bongibault se recoiffe, Frigide Barjot bâille, Béatrice Bourges joue avec son collier de perles et Christine Boutin triture son pendentif en forme de croix, lève les yeux au ciel et murmure une prière. On retoque plus fort.

Hervé Mariton (en se levant) – Bon, je vais ouvrir à nos invités de marque.  Soyons dignes et convaincants ! (Il ouvre la porte)

Entrent Jean-Louis Debré, Nicolas Sarkozy et Valéry Giscard d’Estaing. Frigide Barjot, Christine Boutin et Béatrice Bourges se lèvent et les saluent un par un en leur serrant la main.

Xavier Bongibault, assis – C’est pour ces trois-là qu’on m’a fait venir ? Frigide m’avait dit qu’il y aurait des gens célèbres, mais moi je connais aucun bibliothécaire. D’ailleurs, je vois pas comment je pourrais en connaître un, puisque…

Frigide Barjot – Xavier, viens dire bonjour s’il te plaît (Xavier Bongibault s’exécute à contrecœur)

Nicolas Sarkozy (à Frigide Barjot) – Dis donc Virginie, ça me fait plaisir de te revoir. Tu sais que financièrement, ça va pas trop bien, là, avec toutes ces histoires autour de mes comptes, et euh… comment dire… si tu acceptais de me faire un petit don, par charité chrétienne…

Frigide Barjot – Tu iras dire ça à ta Liliane ! Guéant m’a déjà demandé de lui acheter des tableaux d’un peintre flamand qui aurait peint la Manif pour tous en 1677, et Woerth a voulu que je lui achète un hippodrome… Non mais vous n’avez aucun scrupule : vouloir extorquer des fonds à une faible femme, douce et honnête comme moi ! (elle reprend une gorgée de sa bouteille) Demandez plutôt à Christine, c’est tout mon contraire !

Nicolas Sarkozy – Ah non, Christine, c’est pire : elle m’a pris 800 000 euros, et elle est pas près de les rendre…

Jean-Louis Debré – Je suis désolé, mais les autres membres n’ont pas pu venir. Jacques Chirac ne vient de toute façon plus, Michel Charasse est en vacances en Auvergne, Jacques Barrot déjeune avec son ami Laurent Wauquiez…

Hervé Mariton – Ah bon, vous n’êtes que tous les trois ? Je suis un peu déçu…

Jean-Louis Debré – Cela dit, c’est mieux ainsi : tu te doutes bien que si cette petite rencontre officieuse venait à s’ébruiter…

Frigide Barjot, qui commence à ressentir les effets de l’alccol, se met à hurler – Nous serons muets comme des tombes, et personne ne saura que nous sommes avec Giscard, Debré, et…

Hervé Mariton, lui mettant la main sur la bouche – Frigide, chut, pas si fort !

Christine Boutin – Mais qu’on la bâillonne, à la fin ! Elle dit déjà n’importe quoi en temps normal, alors si en plus elle se met à hurler, c’est insupportable ! On est pas dans ses manifs à flons-flons, ici !

Valéry Giscard d’Estaing – A propos de flons-flons, Mesdames, Mechieurs, che dois bien vous âvouer que che chuis très perplekche… On m’a amené ichi en m’annonchant qu’il y aurait Lady Di, et che vois bien que la dame criarde qui rouchpète et court partout n’est pas du tout ma princheche…

Jean-Louis Debré – Valéry, j’avoue que je t’ai menti, mais maintenant que tu es venu, tu vas bien écouter ce que notre ami Hervé et ses amis vont nous dire, n’est-ce pas ?

Valéry Giscard d’Estaing – Che suis très déchu, oui, très déchu, mon bon Jean-Louis, et il ne me rechte qu’à vous chouaiter à touch un bonchoir Mâdâme, bonchoir Mâdemoichelle, et bonchoir Méchieurs. Au revoâr ! (Il se retire.)

Béatrice Bourges – Bon, eh bien ils ne sont plus que deux, nos invités de marque.

Nicolas Sarkozy – C’est que le vieux grigou n’a pas tort : il a joué les imbéciles en vous faisant croire qu’il était gâteux, mais en réalité, c’est parce qu’il a bien compris qu’on perd son temps ici. Time is money !, comme je le dis dans mes conférences à 200 000 euros. Bon, mais venons-en donc au fait : de quoi voulez-vous parler ?

Ils répondent tous les cinq en même temps :

Hervé Mariton – Du recours de l’UMP !

Frigide Barjot – De la Manif pour tous !

Béatrice Bourges – Du Printemps français !

Christine Boutin – Du Parti Chrétien Démocrate !

Xavier Bongibault – Euh…

Nicolas Sarkozy – Allons bon, nous voilà bien… Ecoutez, j’ai du travail, moi : j’ai une conférence à préparer pour Las Vegas, et un procès à Bordeaux. Alors vos p’tites histoires, hein, vous les règlerez entre vous. Ciao, les incapables ! (Il sort de la bibliothèque)

Jean-Louis Debré – Bon, ne désespérez pas : moi je suis toujours là, et je vous écoute.

Béatrice Bourges, se jetant à terre – Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel, écoutez-nous : vous devez rejeter la loi sur le mariage des pédés. Ce n’est pas possible, la France ne peut pas faire ça !

Frigide Barjot – Les homos, Béatrice, les homos. Les pédés, ça l’fait pas. Il faut quand même qu’on fasse semblant de les respecter un peu.

Christine Boutin – Oui, oui, on sait, les homos, les lesbiennes, les bis. Mais enfin ça n’empêche pas : il faut leur interdire de se marier, et ça, Jean-Louis, vous allez nous y aider. Nous sommes prêtes à vous séquestrer si vous ne vous engagez pas à abroger cette loi sur-le-champ !

Béatrice Bourges, se relevant – Oui, tu as compris, Jean-Louis ? Tu déclares cette loi inconstitutionnelle, tu t’opposes à toute union civile pour les gouines, ou on te séquestre avec tes vieux bouquins ! Ecoute la démocratie, merde !

Frigide Barjot, qui trépigne – Ah mais si, ah mais si, il faut l’union civile ! Moi je les aime, les homos, je les aime ! (Elle se met à pleurer) Ils doivent pas avoir le droit de se marier, mais c’est pas pour ça qu’il faut les tuer, ces parasites ! Regardez mon p’tit Xavier, comme il est décoratif… Déjà petite, j’aimais les araignées, les rats et les flaques de boue. Ca m’écoeure, mais je les aime. Oui, je suis pour l’union civile !

Christine Boutin – Si elle reparle encore une fois d’union civile, je m’en vais ! Hervé, dis quelque chose !

Frigide Barjot – Si on n’en parle pas, je m’en vais aussi !

Hervé Mariton – Ecoutez, Mesdames… L’union civile est la meilleure solution politique, et je ne voudrais pas que Christine redevienne la personne outrancière et marginale qui, en 1999, avait déjà…

Christine Boutin pousse un cri et s’évanouit. Elle tombe dans les bras de Xavier Bongibault, qui s’efforce de l’asseoir sur une chaise et tente de la ranimer.

Jean-Louis Debré – Je n’imaginais pas que ça se passerait comme ça. D’habitude, vous savez, c’est beaucoup plus calme, au Conseil Constitutionnel… On y mange quelques gâteaux préparés par les cuisiniers du conseil, on boit un vin doux ou demi-sec, et on discute des projets tout en lançant quelques bons mots…

Frigide Barjot, toujours en larmes – Ca suffit… C’est que des cons ici. De toute façon, j’en ai marre, des conseils, des comités, des commissions… : le Conseil Economique, Social et Environnemental n’a même pas lu ma pétition, le Conseil d’Etat n’a pas dit non au mariage des homos, le Comité Consultatif National d’Ethique n’est pas intervenu non plus, les commissions des lois du Parlement n’ont servi à rien. Vous savez quoi, les loosers ? Moi, je m’en vais au Maroc. Là-bas, on est comme moi : on aime la république et les homos. Allez viens, Xav’, on s’en va !

Xavier Bongibault, qui agite sa main pour faire de l’air sur le visage de Christine Boutin – Ben… Et Christine ?

Frigide Barjot – Laisse tomber la has been ! On se casse !

Hervé Mariton – Ecoutez, je pense qu’en ce moment important, un peu d’unité ne nuirait pas, et…

Frigide Barjot fait passer Xavier Bongibault devant elle, puis elle claque la porte en sortant.

Béatrice Bourges – On s’en passera, de la surexcitée et du bulot ! Ici, on est entre gens civilisés ! On est là pour la révolution, nous, pas pour amuser la galerie !

Hervé Mariton – Elle est ce qu’elle est, mais enfin elle nous est utile, et son larbin aussi. C’est vrai qu’il est bon, son café !

Jean-Louis Debré – Bon enfin moi, Hervé, tu comprends que j’ai bien voulu te rencontrer dans cette bibliothèque, et que je dirai que cette rencontre est fortuite, mais enfin je ne peux pas t’en dire plus sur notre délibération.

Hervé Mariton – Tout de même, Jean-Louis, tu pourrais te mouiller un peu sur la question. Ou m’en dire un peu plus sur vos réflexions…

Jean-Louis Debré – Eh bien… Euh… Il ne faut pas que tu perdes espoir, tu sais… D’ailleurs, il ne faut jamais perdre espoir… Mais enfin, il faut être capable de s’arrêter aussi… (Il parcourt la pièce du regard pour trouver une échappatoire.) Oh, mais Frigide Barjot a oublié sa bouteille sur la table ! Je vais la lui rapporter avant qu’elle quitte le bâtiment.

Christine Boutin, qui retrouve tout à coup sa vigueur – Non non, je m’en charge ! (Elle se lève et prend la fiole. Elle la soupèse, et fait une mine déçue.) Elle est vide, évidemment…

Jean-Louis Debré (il lui prend la bouteille des mains) –  Je la lui rapporte ! C’est peut-être du verre consigné ! (il file par la porte de droite)

Hervé Mariton – Ecoutez, puisque le calme est revenu et que l’après-midi est bientôt terminé, je vous propose que nous nous penchions ensemble sur le compte rendu de notre réunion. Voici ce que j’ai composé : « Les principaux responsables de la Manif pour tous, mouvement humaniste, constructif et républicain, se sont réunis aujourd’hui en un lieu secret, avec de très nombreuses personnes parmi leurs soutiens associatifs et politiques. Après une discussion enrichissante et respectueuse, ils ont manifesté un grand enthousiasme pour les arguments développés par l’UMP et l’UDI dans leurs recours auprès du Conseil Constitutionnel. Il est clair que les Sages ne pourront, en conscience, valider la loi sur le mariage pour tous, à moins de bafouer les principes les plus sacrés de notre démocratie ».

Béatrice Bourges – Ah, c’est bien.

Christine Boutin – C’est très bien !

Hervé Mariton – Bon, eh bien nous venons de rédiger le prochain article de Stéphane Kovacs. Le Figaro va être content.

Christine Boutin – Et pour le titre ? « Le PCD reprend la main sur la Manif pour tous » ?

Béatrice Bourges – Ah non ! Plutôt : « Le Printemps Français redonne de l’élan à la mobilisation contre le mariage des invertis » !

Hervé Mariton – Je pensais plutôt à : « L’UMP défend les citoyens face à la dictature de François Hollande ». C’est bien, c’est sobre.

Par les velux toujours ouverts, on entend soudain monter un long cri.

Béatrice Bourges – Qu’est-ce que c’est que cet horrible bruit ? Un cochon qu’on égorge, pour en faire du saucisson bien français ?

Christine Boutin – Un chien qui s’est fait écraser par un socialiste haineux, adepte de la théorie du jendère ? Ou une chèvre bien blanche, dépecée par un membre franc maçon de la LGBT  ?

Ils se précipitent tous pour regarder à l’extérieur. Le cri continue par intermittence.

Hervé Mariton – C’est cette imbécile qui s’entraîne à faire des youyous avec un mégaphone avant son départ pour le Maroc. Et Bongibault lui a apporté une canette de thé glacé aromatisé à la menthe ! Bon, tâchons de sortir de tout cela par le haut : je vais en faire une brève pour Guillaume Perrault, et le Figaro pourra en tirer un dossier spécial pour sa prochaine une… « La Manif pour tous s’apprête à diffuser auprès de nos amis de tous les continents le message de la France : respectez les valeurs humaines fondamentales comme le mariage homme-femme. Ce message sera transmis dans le respect le plus total, et avec l’attention la plus digne, envers les traditions culturelles de nos amis étrangers ».

A l’extérieur, Frigide Barjot se met à chanter faux, et à tue-tête, des musiques populaires marocaines. Mariton, Boutin et Bourges ferment les fenêtres aussi vite que possible.

Christine Boutin, levant les yeux au ciel – Sainte Cécile de Rome, coupez-lui la langue !

Béatrice Bourges – La France a déjà du mal à la supporter, mais le Maroc n’en voudra jamais…

Hervé Mariton – Quand je l’écoute, je me demande si la fin du monde n’est pas finalement plus proche qu’on ne le pense… Dire qu’elle voulait conquérir les Champs et les boulevards parisiens il y a deux mois.

Christine Boutin – En tout cas, elle aura réussi à massacrer les chants et les rythmes marocains en deux minutes…

Le rideau tombe. Fin du troisième et dernier acte.

Adoption | Droit | Extrême(s) Droite(s) | Famille | France | Histoire | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | People | Politique | PS | 26.04.2013 - 02 h 35 | 4 COMMENTAIRES
Trois anecdotes sur le vote à l’Assemblée du mardi 23 avril 2013.

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Comme d’autres sympathiques yaggeurs et yaggeuses que j’ai retrouvé(e)s pour l’occasion, j’étais présent à l’Assemblée nationale l’après-midi du 23 avril 2013. J’ai lu avec intérêt les témoignages d’Alexandra, Philippe et Olivier, et j’ai pensé qu’à mon tour, je pouvais ajouter quelques compléments aux très intéressants récits personnels qu’ils ont fait de ce moment décisif dans l’histoire des LGBT en France.

 

1) Virginie Tellenne provoque la sécurité de l’Assemblée nationale

Ce que peu de personnes savent, c’est que Virginie Tellenne (alias Frigide Barjot) a tenté de défier la sécurité de l’Assemblée nationale avant d’assister au vote. Elle n’a commis en soi aucune infraction légale, mais son attitude morale a été très fortement douteuse. En effet, elle avait dissimulé sur elle des tracts rouges et blancs où était imprimée en gros caractères l’inscription « Référendum pour tous ».

L’un des membres du personnel de l’Assemblée nationale s’est aperçu que Virginie Tellenne portait ces tracts sur elle, et a pu lui en ôter un avant qu’elle s’avance dans une autre salle. Il lui a ensuite fallu prévenir la sécurité de l’Assemblée nationale, pour que ces tracts lui soient retirés un à un, en conformité avec le règlement de l’Assemblée nationale. La volonté de Virginie Tellenne était clairement, au minimum, de narguer le personnel de l’Assemblée.

Avait-elle l’intention de montrer ces tracts durant les explications de vote auxquelles elle a ensuite assisté ? Il est difficile de le dire, mais ce qui est sûr, c’est qu’elle a agi par esprit de bravade envers les agents de sécurité, et qu’elle avait pour but de leur montrer qu’ils devaient s’attendre à tout, et être sur leurs gardes face à toute menace qui pouvait venir d’elle ou de ses partisans.

Ce qui est d’ailleurs plus troublant, c’est que les tracts qu’elle portait sur elle défendaient justement l’idée d’un référendum – tout comme la banderole qui a été déroulée dans l’hémicycle par des individus violents quelques instants plus tard. Simple coïncidence ?

 

2) Virginie Tellenne n’a pas eu l’air mécontente de l’incident qui a indigné l’Assemblée nationale

Lorsque l’incident a éclaté dans les tribunes de l’Assemblée nationale, Frigide Barjot, à l’inverse de la majorité du public et des députés, n’a pas paru consternée, ni inquiète, ni même surprise par l’événement. Bien au contraire, elle n’a eu qu’un léger sourire de satisfaction qui, volontaire ou non, m’a paru le comble du cynisme.

Tout le public regardait alors les spectateurs que le service d’ordre tentait de maîtriser, et les députés étaient tournés soit vers les individus qui avaient effectué cet incident, soit vers les députés de droite qu’ils rendaient responsables de cette agression contre le travail parlementaire. Frigide Barjot a donc dû penser qu’elle n’était pas observée à ce moment-là…

 

3) L’hommage vibrant des députés et ministres à Corinne Narassiguin

Pour finir sur une note positive, j’ai été touché par l’hommage très émouvant qui a été rendu par le gouvernement et les députés à Corinne Narassiguin, ancienne députée PS des Français de l’étranger, et qui était initialement chargée du texte sur le mariage pour tous au sein du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.

Corinne Narassuiguin avait fait un lourd travail d’auditions, de persuasion et de négociations au sein du groupe Socialiste, Républicain et Citoyen, en partenariat avec le gouvernement, les acteurs de la vie civile et les responsables politiques de son groupe. Son élection en tant que députée ayant été invalidée par le Conseil Constitutionnel en février 2013, cette fonction avait alors été reprise par le député PS Bernard Roman, très engagé sur le thème des droits LGBT et de l’homoparentalité.

Debout dans les tribunes après l’intervention finale de Christiane Taubira, et visiblement très émue, Corinne Narassiguin a été ovationnée par ses collègues députés et ministres de gauche, qui se sont tournés vers elle et l’ont acclamée, afin de rappeler le rôle très important que cette jeune femme de 38 ans, très attachée à la question de l’égalité, avait tenu, aux côtés d’Erwann Binet, dans l’adoption du projet de loi par l’Assemblée nationale.

 

Le reste de l’histoire vous est connu : il vous a été conté par l’équipe de Yagg qui a été mobilisée toute la journée, et par trois yaggeurs qui ont pris le temps de faire un compte rendu complet de tout ce qu’ils ont observé ce jour-là 🙂

Famille | France | Homophobie | Mariage | Medias | People | Politique | UMP | 22.03.2013 - 02 h 49 | 36 COMMENTAIRES
Lille métropole, 21 mars 2013 : dernier meeting de Frigide Barjot en province avant sa manifestation avenue de la Grande Armée.

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manif pour tous lilleLe dernier meeting en province de Frigide Barjot et ses acolytes avant la manifestation du 24 mars 2013 a eu lieu ce jeudi 21 mars à Marcq-en-Baroeul. Cette commune, plutôt aisée et votant traditionnellement à droite, compte environ 40 000 habitants. Elle est située près de Lille, et elle est membre de la communauté urbaine « Lille Métropole« . De 20h à 23h30, les responsables de la Manif pour tous, ainsi que quelques invités, ont pu déployer leur argumentaire devant plus de mille personnes.

Voici les 10 moments marquants de cette longue soirée, composée principalement de longs discours haineux entrecoupés par de courts happenings braillards et colorés :

1) Ados, n’appelez pas la Ligne Azur… qui a été faite pour vous !

La première intervenante est une jeune femme prénommée Valérie, et présentée par Frigide Barjot comme « la responsable de la Manif pour Tous dans le Nord ». Elle est aussitôt suivie par Anne-Claude Girard, du collectif « Les adoptés ». Leurs discours servent simplement à rappeler les arguments classiques ressassés par les opposants au mariage pour tous. Mais au cours de leur prise de parole est également développée une courte mais étonnante diatribe contre la ligne Azur, destinée à aider les adolescents qui se poseraient des questions en lien avec leur orientation sexuelle. Les répondants qui gèrent cette ligne, soutenue par le ministère de l’Education depuis quatre ans, seraient coupables de faire croire aux adolescents qu’ils sont homosexuels dès qu’ils les appellent, et de « ne parler que d’homosexualité » sur leur site. Il est donc déconseillé aux adolescents de contacter cette ligne, et la salle est amenée à huer la photo de Vincent Peillon, qui est projetée sur grand écran.

On apprend également que les adolescents, et plus tard les adultes, peuvent choisir… leur orientation sexuelle ! Par ailleurs, les couples hétéros sont appelés à prendre garde : certains politiques voudraient établir des « quotas » minimum d’enfants à faire adopter par des couples de même sexe ! Anne-Claude Girard finit son discours, destiné à marteler que les enfants à adopter doivent être confiés forcément à un couple hétérosexuel, en s’exclamant, au nom des enfants adoptés : « Nous ne sommes pas de la viande ! »

2) Où l’ami Bobby regrette vivement que la Californie ne soigne plus ses homos.

Robert Oscar Lopez, dit Bobby, est un Américain « élevé par deux femmes » et il se dit « bisexuel ». Ni lui ni Frigide Barjot ne cachent vraiment qu’il vient aider Frigide Barjot à lutter contre la loi Taubira en France, car Frigide Barjot ira l’aider à son tour le 26 mars à Washington pour lutter contre l’égalité des droits aux USA. Je ressens un malaise assez important lorsque « Bobby », au milieu des arguments classiques des opposants à l’égalité des droits qui sont à nouveau répétés, défend en quelques phrases les « ex-gay-therapies » (c’est le terme qu’il emploie). Il désigne par cette expression les pratiques pseudo-scientifiques, dangereuses et traumatisantes où l’on se donne pour but de « guérir » des individus homosexuels en essayant de les rendre hétérosexuels. Il regrette vivement que la Californie ait, selon lui, interdit ces thérapies, et que les médecins soient donc obligés de dire à des adolescents qui se confient à eux que l’homosexualité est normale. Sur l’estrade, personne ne proteste ; au contraire, il est applaudi vivement, et la salle se met à son tour à l’applaudir.

Enfin, Frigide Barjot lui fait lire un poème en français sur un enfant n’ayant pas connu l’un de ses parents. Il s’oblige à l’ânonner mais il y arrive très mal et on comprend à peine le poème, puis Frigide Barjot fait semblant de pleurer d’émotion en regagnant sa place, une fois le poème fini. Plus tard, le même Bobby, attaché à la véracité des faits tout autant qu’à la lecture correcte d’un texte ou à la santé mentale des jeunes LGBT, nous apprendra qu’en Californie, on peut faire un bébé par GPA pour 8000 dollars grâce à un prêt à la consommation. Ce Californien bisexuel semble donc bien mal renseigné… aussi bien sur les LGBT que sur la Californie !

3) Un Front de Gauche bien à droite.

L’homme politique Michel Lefebvre, présenté au public comme un « élu PS » alors qu’il est en réalité maire et conseiller général du Front de Gauche, tient un discours tout à fait opposé aux valeurs de son parti. Frigide Barjot l’embrasse et le remercie de montrer que l’opposition au mariage pour tous est de gauche comme de droite – elle rappelle à cette occasion que son amie de jeunesse Laurence Tcheng a fondé le collectif « La gauche pour le mariage républicain ».

4) Le djender, l’ennemi n°1.

Le clou du spectacle est assuré par un dénommé Patrice André, que Frigide Barjot présente comme juriste. Selon lui, la revendication du mariage pour tous est « comparable à l’instauration du marxisme-léninisme » au début du siècle. Il se lance dans un délire aussi halluciné qu’hallucinant sur « la théorie du djender« , en faisant huer Judith Butler et en affirmant que « ces gens-là », qui ont créé ces théories, « distinguent cinq sexes : homos, hétéros, bis, trans – et, ajoute-t-il, j’ai oublié le cinquième ». Il mélange absolument tout (sexe, genre, orientation sexuelle…), et se réfère constamment à « ces textes » et « ces gens-là », sans jamais être plus précis sur ses sources.

Il fait grassement rire sur les transsexuels, en affirmant qu’aujourd’hui un homme peut faire officiellement admettre qu’il est une femme même si, dans les faits, il est physiquement un homme. Il ajoute que, selon la théorie du genre, il y a des hommes lesbiens, des femmes gays et des couples hétérosexuels qui sont en fait homosexuels… Le public ne comprend rien à son discours ; selon toute apparence il n’y comprend rien non plus lui-même ; et il en arrive donc à la conclusion suivante : « Si le mariage homo passe, l’Etat refusera bientôt d’aider les femmes qui veulent accoucher de leur enfant« , en leur disant qu’elles auraient dû utiliser les cliniques de PMA et de GPA que l’Etat aura mis en place en y investissant beaucoup d’argent ! Il ajoute : « Une femme qui accouche, c’est magnifique ! La relation entre un homme et une femme, c’est quelque chose de magnifique ! Et nous ne voulons pas qu’on nous l’enlève« .

5) Xavier Bongibault, ce philosophe méconnu.

Il était difficile d’être plus ridicule que Patrice André, tant ses propos caricaturaux étaient absurdes. Heureusement, l’intervenant suivant était l’insurpassable Xavier Bongibault, qui a relevé le défi avec brio. S’avérant très mauvais orateur, il s’est également senti obligé de prendre une voix très grave, sans doute pour faire plus viril. Ses envolées lyriques et philosophiques donnent lieu à de mémorables citations : « le principe d’égalité n’existe qu’entre personnes, et non entre des groupes de personnes » ; « Quelle logique plus homophobe que la PMA ? » ; « les homophobes, ce n’est pas nous, c’est eux » ; « les prostituées louent leur vagin », « nous nous sommes levés aux côtés derrière Frigide » (la phrase a été répétée deux fois : il doit donc réellement penser qu’elle a un sens), « Si vous devrez être nombreux à Paris… « , « des syndicalistes ont été amnistiés mais ils ont cassé la vitrine d’un pauvre bijoutier », « mes neuf zagressions et mon entartrage »…

Comme il l’avait déjà fait en d’autres occasions, Xavier Bongibault a en outre instrumentalisé le fort taux de suicide des jeunes homosexuels en affirmant que ces suicides sont dus aux partisans du mariage pour tous, qui sont selon lui « homophobes ». En effet, d’après lui, les partisans de l’égalité des droits calomnient les parents de ces enfants en les traitant d’homophobes s’ils s’opposent au mariage pour tous, et cela pousse les jeunes LGBT au suicide… Il va sans dire que ce raisonnement totalement absurde a été très fortement applaudi par la salle.

6) Les pédales, les jeunes et la nourriture.

La conclusion de Frigide Barjot est à la hauteur de sa personnalité et de sa pensée : Xavier Bongibault étant homosexuel, elle lui a dit devant toute la salle, qui a applaudi : « Merci Xavier, grâce à toi, nous ne perdons pas les pédales« . Son discours de fin, à rallonge, est émaillé de petites phrases savoureuses qui ne déparent pas avec la précédente : « Demain, être père se décidera au tribunal » ; « Persuadez vos enfants de venir manifester ; il nous faut des jeunes » ; « On n’a plus rien à manger, mais que voulez-vous ? Quand on s’engage, c’est à fond ».

7) Contre le droit de vote des étrangers aux élections locales

La Manif pour tous ne s’oppose pas qu’à l’égalité des droits pour les couples de même sexe : elle refuse aussi l’égalité envers les citoyens étrangers. Xavier Bongibault a ainsi dénoncé la façon de penser de partisans du mariage pour tous : « Aujourd’hui, être homophobe, c’est s’opposer au projet de loi Taubira ; comme demain, être raciste, ce sera s’opposer au droit de vote des étrangers« . On s’étonne, lorsque de tels propos sont tenus, que des communautés expressément visées par ces propos acceptent d’apporter leur concours à ce collectif, qui refuse par principe que des droits soient accordés à des minorités, quelles qu’elles soient.

8) Bons et mauvais points : louanges, huées et procès.

Les huées et critiques ont été nombreuses au cours de la soirée. Le public et la tribune se sont déchaînés contre Hollande, Taubira et Bertinotti, mais aussi contre Peillonles sénateurs UMP qui ont voté la loi en commission, la sénatrice Fabienne Keller, et beaucoup d’autres, comme Patrick de Carolis, qui n’est pas un bon catholique selon Frigide Barjot car il a lancé… Plus Belle la Vie, apparemment beaucoup trop gay friendly ! Parmi les cibles favorites, on trouve aussi l’avocate « Caroline Méry » (sic), Didier Eribon, et Pierre Bergé, « le grand argentier ».

A l’inverse, quelques personnalités ont été louées, comme par exemple Frédéric Taddéi, « un ami libre » de Frigide Barjot, à qui il a offert de l’espace pour s’exprimer. Des applaudissements très nourris ont également salué Jean-Christophe Fromentin, présent sur l’estrade, ainsi que l’ensemble de l’Entente parlementaire.

Impossible cependant d’oublier ici Jean-Pierre Michel : « mon ami Jean-Pierre Michel », comme l’appelle, cette fois ironiquement, Frigide Barjot, qui n’a pas apprécié la lettre du sénateur. Elle annonce que Jean-Pierre Michel sera « déferré devant les tribunaux début avril 2013, lors des discussions au Sénat sur le texte de loi ». Elle compte en effet l’attaquer en justice pour « diffamation publique« .

9) « Tous sur les Champs Elysées »

Même s’il a été rappelé à l’oral que les Champs-Elysées sont interdits à la manifestation contre le mariage pour tous, la plupart des autocollants distribués et affiches placardées appellent à se rassembler sur les Champs-Elysées le 24 mars…

10) Poing à la ligne.

Peu avant la fin du meeting, Xavier Bongibault monte sur scène et chuchote à l’oreille de Frigide Barjot durant quelques minutes. Frigide Barjot prend une mine terrifiée, et ils se tournent alors vers nous. Xavier Bongibault déclare :  » Nous venons d’apprendre que l‘un de nos acteurs a été tabassé à coups de poing américain et il est hospitalisé à l’hôpital Saint-Joseph à Paris ». Frigide Barjot fait semblant de verser une larme et manifeste une vive et soudaine émotion, avant de penser à autre chose au bout d’une minute.

 

La conclusion de tout cela ? J’ai l’impression personnelle d’avoir assisté à une réunion aux démarches et aux inspirations fascistoïdes : répétition de mensonges plus gros les uns que les autres, mise en accusation d’une minorité, agitation des peurs et des angoisses… A l’entrée, les personnes chargées de l’accueil distribuaient d’ailleurs… des drapeaux bleu-blanc-rouge, comme s’il était naturel que les bons Français s’opposent forcément au mariage pour tous. « Le peuple de France » a été maintes fois évoqué par les intervenants : en réalité, ils devront bien comprendre que les LGBT font eux aussi partie du « peuple de France », et que ce peuple est désormais prêt à accepter l’ouverture du mariage pour les couples de même sexe.

Famille | France | Homophobie | Internet | Mariage | Medias | 17.03.2013 - 10 h 46 | 9 COMMENTAIRES
Le site de la radio France Culture diffuse de la publicité… pour la manifestation anti-mariage pour tous !

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France Culture a choisi de consacrer ce mois-ci plusieurs de ses émissions au Printemps des Poètes. En ce dimanche 17 mars, je me rends donc sur le site de la radio, que j’écoute souvent, pour consulter la liste des émissions de ce mois-ci qui abordent ce sujet.

En parcourant la liste des yeux, je ne peux échapper à l’inévitable bandeau publicitaire qui s’affiche dans la partie droite de mon écran, juste en-dessous du lien qui permet d’accéder à l’écoute d’une émission de la station. Sauf que le bandeau publicitaire qui apparaît n’est pas du tout anodin : il s’agit d’une publicité… pour la manifestation anti-mariage pour tous !

culture manif

(Site de France Culture : copie d’écran du 17 mars 2013)

Quand on clique sur le lien diffusé par le site, on tombe en effet directement sur une page intitulée « Soutenir la manif pour tous », et qui permet de faire un don en ligne à ce collectif :

culture manif 2

Cette publicité est révoltante pour tous les citoyens (66% des Français) qui soutiennent l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. S’agit-il d’un choix délibéré de France Culture, qui fait alors volontairement de la publicité pour ce mouvement osant comparer explicitement le gouvernement Hollande aux pires dictatures des 50 dernières années ? S’il s’agit à l’inverse d’un acte involontaire, France Culture n’a-t-elle pas les moyens de filtrer correctement les publicités qu’elle impose aux internautes venus parcourir son site ?

En tous les cas, il est honteux qu’une station de radio publique, qui fait partie de Radio France, diffuse sur son site des publicités pour un mouvement qui s’oppose, avec une virulence absolument disproportionnée, aux réformes sociétales engagées par l’Etat pour établir l’égalité entre les couples de même sexe et les couples hétérosexuels ! Il n’est pas concevable que France Culture, qui veut être une radio de qualité, fasse de la réclame pour un mouvement qui appelle à des actes illégaux, et en particulier à occuper des lieux de Paris pour forcer le gouvernement démocratiquement élu à retirer une loi déjà votée en première lecture à l’Assemblée nationale.

En tant qu’auditeur de la radio, je suis surpris par cette publicité, qui ne correspond pas à l’image jusque là plutôt positive que j’avais de la station. En tant que LGBT, je suis blessé par le choix de France Culture de faire de la publicité pour ce mouvement qui appelle à la violence et au rejet des couples de même sexe. En tant que citoyen, je suis choqué par le soutien d’une radio publique à un mouvement qui appelle au refus des règles démocratiques et à la lutte contre l’égalité des droits.

Pour toutes ces raisons, je demande donc à France Culture de supprimer cette publicité, et de présenter ses excuses pour cette incroyable maladresse.

Famille | France | Homophobie | Livres | Mariage | Medias | People | Politique | UMP | 12.03.2013 - 10 h 23 | 29 COMMENTAIRES
Malgré le retrait officiel de son livre, Frigide Barjot continue à le vendre selon le Parisien

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Photo prise à Compiègne (60) par le Parisien.

Selon Le Parisien, Frigide Barjot continue à vendre son livre « Touche pas à mon sexe » (éd. Mordicus). Suite à une faute juridique d’importance, sa maison d’édition avait pourtant pris l’engagement solennel de retirer cet ouvrage des ventes. Si cette affirmation est vraie, cela signifie donc que l’engagement pris depuis la fin du mois de janvier par Frigide Barjot et sa maison d’édition n’a pas été respecté.

Lundi 11 mars, les principaux responsables de la manif contre le mariage pour tous, parmi lesquels Frigide Barjot, Xavier Bongibault, Laurence Tcheng et Philippe Brillault étaient réunis à Compiègne. Ils y animaient une réunion publique destinée à mobiliser la population contre le mariage pour tous. Entre 600 et 1000 personnes étaient présentes, accueillies par le sénateur-maire de la ville Philippe Marini.

A cette occasion, l’édition de l’Oise du Parisien, dont des journalistes étaient présents sur les lieux, a envoyé un tweet assez étonnant, en direct de la réunion, photo à l’appui :

#Manifpourtous à Compiègne. Les livres de Frigide Barjot se vendent comme des petits painspic.twitter.com/VBV1c2QN9Q

En effet, des dizaines d’exemplaires du livre étaient disponibles ce soir-là pour les militants qui désiraient s’en procurer. Or, cela est totalement contraire aux engagements des éditions Mordicus, qui avaient déclaré, 15 jours après la parution du livre, qu’elles retiraient cet ouvrage des ventes. Cette décision était obligatoire, puisque le titre choisi pour l’ouvrage de F. Barjot avait déjà été déposé bien auparavant par d’autres éditions : en l’occurrence, il avait été choisi pour le livre rédigé par le chirurgien Gérard Zwang, consacré au sexe féminin et paru en 2012.

Pour éviter des poursuites, l’éditeur et Frigide Barjot avaient donc accepté de cesser toute vente directe de la part de l’éditeur, de le retirer des circuits de diffusion classiques (librairies, vente en ligne), mais aussi d’en arrêter toute commercialisation par quelque biais que ce soit. On ne peut donc que s’étonner de la phrase « Les livres de Frigide Barjot se vendent comme des petits pains », alors que le livre en question est officiellement retiré des ventes, et ne devrait plus être mis à disposition !

I semblerait donc, à en croire le Parisien, que Frigide Barjot et son éditeur pensent pouvoir contourner l’engagement au retrait du livre, en profitant de ces réunions publiques pour vendre le livre malgré tout. Si les informations du Parisien sont vraies, aucun des quatre responsables présents ce soir-là ne pouvait ignorer ce procédé, et il est très étonnant qu’un homme politique comme le sénateur-maire Philippe Marini cautionne de telles ventes sauvages, non seulement en sa présence, mais qui plus est dans un lieu public dont il a, en tant que maire, la responsabilité pleine et entière.

Droit | Famille | Gestation pour Autrui | Homoparentalité | International | 04.03.2013 - 00 h 18 | 0 COMMENTAIRES
Suède : le Conseil National d’Ethique Médicale recommande de légaliser la GPA

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Kjell Asplund

Kjell Asplund

Dans un rapport remis en mars 2013, le SMER (Conseil National Suédois d’Ethique médicale) recommande au gouvernement et au parlement suédois de légaliser la GPA.

Kjell Asplund, professeur émérite en médecine à l’Université d’Umeå et président du SMER, a été interrogé à ce sujet par la radio publique nationale Sveriges Radio. Il a précisé que cette légalisation devait être établie « dans les cas où l’argent n’est pas la motivation de la mère porteuse, et où l’on souhaite simplement aider un être humain« .

Selon le rapport du SMER, la mère porteuse doit faire partie de la famille du couple qui souhaite élever un enfant. Le président du Smer a en effet ajouté : « Nous recommandons que la mère porteuse soit un parent proche : par exemple, ce pourrait être une soeur, une belle-soeur ou un membre de la famille proche ».

Kjell Asplund, dans un article cosigné par Lotta Eriksson et Göran Hermerén, et publié par le journal Svenska Dagbladet, a souligné que la mère porteuse doit effectuer son choix en pleine conscience et en toute indépendance : « Les femmes qui veulent être mères porteuses pour des membres de leur famille  devraient être des femmes qui ont la possibilité de décider totalement de ce qu’elles font de leur corps« . Autrement dit, ce ne pourraient en aucun cas être des femmes qui seraient dans la misère, ou qui seraient contraintes d’effectuer un acte qu’elles réprouvent.

Le débat est désormais lancé en Suède, et pourrait bien s’étendre à d’autres pays européens. Rappelons qu’en France, les intellectuels, les politiques et le grand public continuent à s’interroger eux aussi sur la légalisation de la GPA. C’est l’occasion de voir (ou revoir) le documentaire de Delphine Lanson « Naître père », qui filme de manière très émouvante le recours à la GPA par un couple d’hommes.

Famille | France | Homoparentalité | Homophobie | Monde rural | Politique | UMP | 23.11.2012 - 23 h 24 | 34 COMMENTAIRES
Le député-maire UMP Hervé Mariton fera-t-il de Crest (Drôme) la ville la plus homophobe de France ?

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Hervé Mariton

Hervé Mariton est un député UMP bien connu pour ses prises de position répétées contre les droits LGBT. En tant que maire de Crest, une petite ville de 8000 habitants dans la Drôme, il a fait adopter par son conseil municipal, ce jeudi 22 novembre 2012, une motion très particulière qui vise à opposer toute la ville, par l’intermédiaire de ses élus, aux droits LGBT.

Ainsi, c’est avec grande surprise que les conseillers municipaux de la ville de Crest ont découvert la convocation que M. le maire Mariton leur a adressée le 16 novembre 2012. En effet, le premier point inscrit à l’ordre du jour du conseil du 22 novembre 2012 est intitulé ainsi : « Motion contre le mariage des personnes de même sexe ».

Une note de synthèse, jointe à la convocation envoyée, développe le contenu de cette motion en quelques lignes absolument ahurissantes, qui font des droits LGBT des obstacles… au développement durable ! Voici les explications données par le député-maire Mariton :

Motion contre le mariage des personnes de même sexe

La ville de Crest a choisi de développer des actions pour la famille durable comme la préparation au mariage civil, prévue dans l’Agenda 21 pour le développement durable. Le projet de loi sur le mariage et l’adoption pour les couples de même sexe paraît de nature à affaiblir les liens de filiation, à fragiliser l’institution du mariage et la famille.

Aussi, le conseil municipal est appelé à voter une motion contre ce projet.

La ville de Crest

On admirera le lien tissé dans ce texte entre les LGBT et le développement durable ! Faut-il refuser les droits LGBT au nom de l’écologie ? C’est textuellement ce qu’affirme le député-maire Mariton, et, avec lui, le conseil municipal de la ville de Crest. D’après les citoyens présents dans la salle, un très rapide vote à main levée a donné les résultats suivants : 8 votes contre, 2 abstentions et 19 votes pour .

Quelles conclusions tirer de ce vote ? D’abord, ce vote donne une image déplorable de la ville de Crest : les 8000 habitants de cette petite ville ne partagent sans doute pas le rejet caricatural qu’éprouve leur maire envers les droits LGBT. Ce vote est une mauvaise nouvelle pour les LGBT, mais c’est surtout une mauvaise nouvelle pour la ville de Crest, qui est assurément la première ville de France à se signaler par le vote d’une motion de ce genre contre le mariage et l’adoption par les couples de même sexe.

Mais il y a tout de même de bonnes nouvelles. D’une part, l’issue de ce vote montre que des conseillers municipaux de droite n’ont pas accordé leur soutien à cette motion. Il n’y a donc pas unanimité au sein du conseil sur cette question. D’autre part, lorsque la loi sera passée, et si un couple de filles ou de garçons veut se marier à Crest, il y aura au moins 8 conseillers municipaux qui accepteront d’accomplir avec honneur et dignité la tâche que le maire refusera. Enfin, il est clair que cette motion n’a aucune valeur juridique : la loi votée au niveau national s’appliquera même dans les communes dirigées par des maires du genre de M. Mariton.

En conclusion, le député-maire de Crest, s’il le souhaite, peut bien faire voter une motion sur le budget de la France en 2014, sur l’engagement des troupes françaises dans les conflits du monde, ou sur l’organisation de l’enseignement supérieur. Ce genre de motion, tout comme celle sur le mariage et l’adoption, est absolument dénuée de toute valeur. La législation nationale n’étant en aucun cas de la compétence du maire ni du conseil municipal, il serait bon que le préfet du département se penche sur le contenu exact de la motion votée, et se charge dès que possible de rappeler à Monsieur le maire quels sont ses domaines de compétence…

* Edit (25/11, 12h51) : mise à jour du résultat du vote suite aux remarques du militant du Front de Gauche Yvon Thomas Le Guillerm. Un article du Dauphiné Libéré revient sur cette séance mouvementée du conseil municipal.

Famille | France | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | Politique | Religion | 18.11.2012 - 00 h 01 | 18 COMMENTAIRES
Paris, 16 novembre 2012 : Vivez la conférence de Civitas… comme si vous y étiez.

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Know your enemy !

Vendredi 16 novembre 2012, le président du mouvement Civitas, Alain Escada, tenait une conférence pour le Cercle de Réinformation Parisien dans le 7e arrondissement. Cette conférence avait été annoncée par une affiche qui avait fait grand bruit sur les réseaux sociaux (voir ci-contre). Pour celles et ceux qui aimeraient savoir ce qui s’y est fait et dit, nous avons la réponse. Voici donc, sans exhaustivité, les éléments notables de cette rencontre, en dix points brefs.

1) Idéologie correcte exigée

On ne rentre pas dans une conférence de Civitas comme dans un moulin. Un filtrage établi à l’entrée, jalousement gardée par quelques jeunes, était semble-t-il destiné à écarter tout partisan de « l’homofolie » (le mot est du gardien/videur sur place). A Civitas, on aime débattre, surtout quand c’est entre gens qui sont déjà d’accord les uns avec les autres.

Il est clair, en outre, que la Ville et Civitas craignaient des troubles éventuels, puisque quelques policiers encadraient la rue où la rencontre était prévue. L’un des spectateurs n’était cependant pas très inquiet : « Y aura pas d’homos ce soir. Ils ont mieux à faire un vendredi soir : ils baisent. De toute façon, y a 30 personnes en France qui soutiennent cette connerie de loi, ils vont pas venir tous ce soir. »

2) L’idole des jeunes

Alain Escada

Première mauvaise surprise : la salle, d’une cinquantaine de places, a été remplie. Deuxième surprise encore plus désagréable : parmi les présents figuraient, outre de très vieilles gens, un nombre non négligeable de jeunes : une bonne quinzaine de jeunes qui devaient avoir entre 16 et 20 ans. Ces jeunes BCBG avaient une admiration non dissimulée pour Alain Escada, et souriaient avec intérêt à chacune de ses outrances.

3) Grands discours et mauvaise soupe

Alain Escada est un piètre orateur. Flanqué d’un lourd dossier qui comprenait toutes ses notes, il lisait laborieusement son texte durant son exposé, et se montrait hésitant lors des réponses aux questions. Pire encore, il n’a su que reprendre, parfois mot pour mot, des anecdotes, exagérations et mensonges qu’il avait déjà utilisées à La Madeleine (Nord-Pas-de-Calais) un mois auparavant ! Ces discours de l’âge de glace ont, bien étrangement, un désagréable goût de réchauffé…

4) Les grands phares de la pensée

Christian Flavigny

Quand Alain Escada parle, il pense rarement par lui-même. Il préfère citer, durant des dizaines de minutes, des personnalités diverses et variées dont il est très fier d’affirmer qu’elles pensent comme lui. Sont ainsi convoqués, par exemple : Lionel Jospin, François Fillon, Philippe Arino, Benoît XVI, Edwige Antier... Alain Escada s’attarde en particulier sur le pédopsychiatre Christian Flavigny, à tel point qu’il semble sous-entendre que ce dernier n’est pas du tout en désaccord avec Civitas, bien au contraire. Libre à chacune des personnalités citées de confirmer ou d’infirmer leurs affinités avec Civitas. Enfin, s’inspirant, comme on le voit, des plus grands penseurs, Alain Escada se vante également d’avoir influencé lui-même des polémistes médiatiques comme Yvan Rioufol, Eric Zemmour et Robert Ménard.

5) Des chiffres et des lettres

A Civitas, on aime les chiffres, et on le montre. Âmes sensibles s’abstenir ! En voici quelques-uns, accompagnés éventuellement des conclusions qui les éclairent…

En France, il y aurait 20 000 familles polygames et 20 000 couples de même sexe élevant un enfant : si on légitime les familles homoparentales, on devrait donc légitimer les familles polygames. En Espagne, la comparaison de 800 études internationales aurait montré que les couples homos seraient instables, perturberaient leurs enfants et menaceraient la construction de la « sexualité normale de l’enfant ».

Aux USA, un homo aurait 8 partenaires par an tandis qu’un hétéro en aurait 1,2 par an. 85% des hétéros seraient monogames tandis que moins de 2% des homos seraient monogames. Aux Pays-Bas, un mariage homosexuel ne durerait qu’un an et demi, et durant cette période de mariage, chaque homosexuel(le) aurait 9 partenaires différents en un an et demi !

Du point de vue des lettres, Alain Escada ne se gêne pas pour reprocher aux LGBT de « réinventer » le vocabulaire avec des expressions comme « mariage pour tous » et « égalité des droits », tout en se livrant lui-même à un curieux exercice : désigner les couples de même sexe et les familles homoparentales en n’employant jamais les mots « couples » et « familles ». Ainsi, deux personnes de même sexe ne peuvent former au mieux qu’un « duo », et ne constituent jamais un couple selon lui…

6) La stratégie de l’épouvantail

Qu’on le sache : Civitas a pour but assumé et revendiqué de faire peur, et peu importe comment. Apprenez par exemple que les enfants élevés par deux hommes ou deux femmes seraient plus que tous les autres sujets au stress, à la boulimie, à l’auto-mutilation, au suicide, à l’anorexie, aux drogues, et aux risques d’abus sexuels. C’est évident et incontestable, puisque c’est Mark Regnerus qui le dit !

« Mais c’est pas tout, mais c’est pas tout ! », comme le dit Bourvil dans une chanson célèbre. Apprenez encore que les enfants élevés par deux hommes ou deux femmes « ont un risque de déconstruction de leur sexualité » et « sont déterminés vers l’homosexualité ». Escada est formel : « 36% des enfants élevés par des couples de femmes ont des tendances homosexuelles ».

« Mais c’est pas tout, mais c’est pas tout  » ! Citons encore Escada : « 29% des enfants élevés par des couples de même sexe ont avoué avoir entretenu des relations avec un de leurs parents adoptifs« . Une dame à côté de moi a poussé un cri en entendant cela. J’aurais voulu pousser un cri également, mais pas pour les mêmes raisons…

L’anecdote préférée d’Alain Escada, que nous intitulerons « Jean a quatre papas« , fait mouche à tous les coups : cette fiction cousue de fil blanc, grâce à laquelle l’orateur maladroit tente de montrer que l’homoparentalité pourrait donner quatre pères à un enfant appelé Jean, ne manque pas de faire pousser des cris d’horreur aux militants épouvantés.

Il ne faudrait pas oublier non plus l’histoire édifiante que nous appellerons « Les lesbiennes sourdes« , et que nous citons ici de mémoire : deux lesbiennes militantes aux USA auraient exigé une insémination dont le donneur serait issu d’une famille de sourds depuis trois générations, pour être sûres que l’enfant soit sourd comme elles ! A ce point-là, l’auditoire ne contient plus son indignation contre les homos, qui font tous preuve, selon l’orateur lui-même, d’un « égoïsme dégénéré« .

7) L’APA et les papas : les homos sont partout.

La grande majorité des études scientifiques est favorable à l’homoparentalité. Alain Escada a une explication simple : c’est que l’APA, l’Association Américaine de Psychiatrie, serait « maîtrisée » par le « lobby homosexualiste », qui en contrôlerait les publications. L’ancien président de cette association lui-même aurait condamné cette association pour cette raison !

D’ailleurs, selon Escada, les « homosexualistes » se seraient infiltrés dans les lieux de pouvoir : il parle à plusieurs reprises de ces « homosexuels notoires » qu’il cite nommément, au premier rang desquels se trouve Christophe Chantepy, directeur de cabinet de Jean-Marc Ayrault.

8) Un invité de marque ?

Installé confortablement au fond de la salle, j’ai bien cru apercevoir dans les premiers rangs la présence d’Etienne Pinte, ancien maire de Versailles et ancien député des Yvelines. Mais, sur ce point, je dois avouer ma grande incertitude, car du fond de la salle, je n’ai pas forcément bien distingué le visage d’Etienne Pinte ou de la personne que j’ai prise pour lui.

9) N’oubliez pas le guide !

Alain Escada a répété à satiété qu’il a publié, il y a quelques semaines, un livre qu’il trouve fort bon, et dont il recommande vivement l’achat à toutes les ouailles qui l’écoutent. Surtout, ne l’achetez pas, même par curiosité : non seulement vous auriez tort de lui donner vos sous, mais de toute façon, il base, de son propre aveu, le contenu de ses conférences sur son livre. Ce compte rendu ou ses conférences vous donnent donc un aperçu suffisant de l’ouvrage qu’il a commis : gardez vos sous pour aider SOS Homophobie, l’APGL ou la commission LGBT de votre parti de gauche préféré !

10) Le spectacle continue.

Même si Escada nous annonce la fin du monde, pour lui tout cela n’est qu’un début. En effet, il l’annonce fièrement : Civitas est en tournée dans toute la France jusqu’au mois de février, et la conférence de Paris n’est qu’une étape dans cette série de conférences.

Mais le ton est d’ores et déjà donné : Escada a l’intention de taper toujours plus fort. Il milite pour le retrait du projet de loi sur le mariage, mais il exige aussi et surtout… le retrait du Pacs !  Il exige l’application des propos de Benoît XVI, qui appelait à refuser le comportement homosexuel, et à s’opposer à toute forme d’approbation et de reconnaissance de ce comportement « de manière claire et incisive ».

Bonus : Ecrivons l’histoire ensemble.

A l’heure où j’écris ces lignes, la manifestation de Civitas prévue le 18 novembre 2012 commencera dans une douzaine d’heures. Une contre-manifestation est semble-t-il prévue à 14h30 au 14 avenue Duquesne, puis un sit-in, déclaré en préfecture, est organisé place Saint-Michel à 15h30. J’espère que la mobilisation de Civitas sera un échec, et que les protestations en faveur de nos droits sauront se faire entendre de manière légale et efficace.

Famille | France | Homoparentalité | Homophobie | Internet | Mariage | Politique | 03.10.2012 - 00 h 38 | 0 COMMENTAIRES
Paris 8e et Verrières-le-Buisson (91) : deux maires dérapent sur le mariage pour tous.

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On connaissait le permis de construire et le permis de démolir, délivrés par les mairies de France. François Lebel, maire du 8e arrondissement de Paris, et Bernard Mantienne, maire de Verrières-le-Buisson (Essonne), viennent de créer le permis de délirer, qu’ils se sont très généreusement octroyé à eux-mêmes.

La mairie du 8e arrondissement

François Lebel, maire du 8e arrondissement de Paris, n’y va pas avec le dos de la cuillère : pour le Huffington Post, ses déclarations sont même « pires » que les récents propos du cardinal Barbarin, qui établissait un lien direct entre mariage pour tous et pédophilie. C’est francetvinfo qui a lancé l’alerte en premier : dans l’éditorial du mensuel d’information locale « Paris 8e », publié par la mairie en octobre 2012, l’élu lance un édito incendiaire contre le mariage pour tous. Qu’on en juge par ces quelques extraits, qui mélangent allègrement fantasmes personnels, notions de paléoanthropologie mal digérées, et convictions religieuses à peine dissimulées :

Je ne procéderai, personnellement, à aucun mariage de cette nature. […] La reproduction sexuée est une constante du règne animal depuis des millions d’années et c’est pourquoi l’union entre deux sexes différents, le mariage, est l’objet d’une ritualisation, partout et toujours, depuis l’origine même de l’espèce humaine et même pré-humaine

La liste des plaies mortelles qui vont s’abattre sur le monde vient ensuite, dans un interminable inventaire à la Prévert, qui constitue un flot incessant d’absurdités plus énormes les unes que les autres. Polygamie, pédophilie, consanguinité, inceste… : on sent que Monsieur le Maire; suite à un brainstorming intense, a voulu être exhaustif, et rendre une copie parfaite dans laquelle il n’oublierait aucun des cataclysmes à venir, dont les homos seront responsables !

Si le tabou immémorial du mariage hétérosexuel vient à sauter, qui et quoi s’opposera désormais à ce que d’autres tabous le concernant, bien moins anciens, bien moins universels, ne tombent à leur tour ? Par exemple : Comment s’opposer demain à la polygamie en France, principe qui n’est tabou que dans la civilisation occidentale ? Pourquoi l’âge légal minimum des mariés serait-il maintenu ? Et pourquoi interdire plus avant les mariages consanguins, la pédophilie, l’inceste qui sont encore monnaie courante dans le monde ?

La conclusion est sans appel, et témoigne d’une forme aiguë d’auto-persuasion, qui amène le maire à achever sa tribune délirante… sur la mort de la civilisation (rien que ça !) :

C’est pourquoi, dans une société qui n’a plus comme règle que l’hédonisme de chacun, les pires dérives sont non seulement possibles, mais certaines. La porte est désormais ouverte au spectacle mortel pour la civilisation du mariage légal de tout le monde avec n’importe qui pour faire n’importe quoi !

J’ai deux mauvaises nouvelles pour vous, Monsieur Lebel : les LGBT ne sont pas « n’importe qui », mais, en revanche, vous dites bien « n’importe quoi ».

L’hôtel de ville de Verrières-le-Buisson

Bernard Mantienne, maire de Verrières-le-Buisson (Essonne), n’est pas en reste. Il renchérit dans une « lettre ouverte au président de la République« , qu’il a publiée sur le site de sa commune. Lui non plus n’a peur de rien – et de mauvaises langues, dont nous nous désolidarisons, diraient sans doute que c’est à cela qu’il veut qu’on le reconnaisse.

Au mépris de tous les sondages, il affirme que cette décision est simplement « appuyée par une minorité », qu’elle constitue « une erreur et une faute », et qu’il faut s’y opposer car « la famille normale est le socle de la société » (on appréciera l’adjectif « normal » pour désigner les hétérosexuels).

Pour Bernard Mantienne, ouvrir le mariage aux couples de même sexe est en outre une « atteinte à la loi naturelle« . Il est pour lui évident que cette réforme « ouvrirait la voie à toutes sortes de dérives« . L’ex-sénateur de 79 ans est cependant plus malin que son cadet parisien : il se garde bien de préciser ce qu’il entend par « toutes sortes de dérives » ! Mais cette façon de faire est peut-être pire : on peut en effet imaginer toutes les « dérives » que l’on veut : pédophilie, viols, incestes, mariages blancs, zoophilie, décadence de la civilisation, invasions de sauterelles, et multiplication sauvage des concerts de Mireille Mathieu.

Cependant, comme aux plus beaux jours des débats sur le Pacs, la menace d’une guerre civile est brandie par Bernard Mantienne comme l’argument ultime qui devrait nous faire tous reculer : « Notre pays a besoin de sérénité et de certitude ; vouloir lui imposer un choc sociétal, c’est prendre un risque d’instabilité » ; « les inquiétudes du monde et ses angoisses sont telles qu’il paraît superflu d’ajouter encore le trouble là où menace déjà la tempête » ; « nous sommes au coeur d’une conception de la société ébranlée par des projets qui, je le crains, […] la rendront plus fragile et plus perturbée« .

Ces déclarations regrettables rejoignent celles d’autres maires, qui ont cru indispensable d’affirmer dans la presse qu’ils ne célèbreront jamais de mariage entre deux hommes ou entre deux femmes – par exemple en Corse ou dans la région Centre. Tous ces maires savent-ils qu’ils ont, parmi leurs administrés, des couples de même sexe qui n’aspirent qu’à être reconnus comme les autres couples ? Et savent-ils qu’ils ont, dans leur ville ou leur arrondissement, de jeunes LGBT, qui s’interrogent sur leur identité, qui construisent leur confiance en eux-mêmes, et qui assistent, impuissants et fragiles, à ces débats d’une violence inouïe ?

S’ils ne le savent pas, ce sont des ignorants ; et s’ils le savent, ce sont des criminels.

***

Mise à jour le 03 octobre 2012 : l’Association des Familles Homoparentales (ADFH) a publié ce mercredi 03 octobre un très bon communiqué de presse suite aux propos du maire du 8e arrondissement : « François Lebel, vous avez oublié la zoophilie ! ». L’association y déclare notamment : « Certains dont François LEBEL, ignorent ces règles élémentaires de conduite qu’un officier d’état civil se devrait d’appliquer dans l’exercice de sa fonction ». Elle remarque que « le financement de son Edito est assuré par l’impôt local » et elle « s’étonne de l’utilisation de fonds publics (bulletin municipal) par le Maire du VIIIe Arndt pour véhiculer ses idéaux personnels, sans rapport avec la vie de son arrondissement, n’étant pas parlementaire lui-même ».

François Fillon, interrogé ce matin sur France Inter par Patrick Cohen, a refusé de condamner les propos de François Lebel. Il a préféré éluder la question en critiquant plutôt le gouvernement et les partisans du mariage pour tous, par des déclarations pour le moins confuses :

Dans le climat politique, social, économique qui est le nôtre, on va assister à la multiplication de ce genre d’arguments dans les deux sens, des deux côtés. On va voir les Français se diviser très profondément et d’une certaine façon s’insulter. On va voir l’homophobie remonter. Je trouve que le moment est mal choisi et la méthode est mal choisie. […] Au moins pourrait-on se donner, comme on le fait pour les lois de bioéthiques, un vrai délai de réflexion, de travail, de débat, qui jusqu’à maintenant n’a pas été conduit. […] Ce qui renforce l’homophobie c’est le débat qu’on va avoir. La formule que vous venez de citer, elle a été utilisée par un évêque [monseigneur Barbarin], il n’y a pas très longtemps qui est plutôt un évêque que la gauche vient souvent chercher au secours quand ça l’arrange, quand il s’agit des Roms, d’un certains nombre de sujets. Vous avez de l’autre côté des lobbys qui vous explique toute la journée qu’il y a des études psychiatriques que personne n’a jamais vérifiées qui montrent qu’il n’y a pas de sujet. Moi je dis qu’il y a un sujet.

Anne Hidalgo, candidate aux élections municipales de Paris en 2014, a déclaré : « Les propos consternants de M. Lebel sont à l’image de la droite parisienne : archaïques, déconnectés des attentes et de la vie des Parisiens. Pour ma part, j’espère de tout coeur célébrer très vite à Paris, les mariages de toutes celles et tous ceux qui s’aiment ».

Ian Brossat, président du groupe PCF/PG au Conseil de Paris, a également réagi : « Les propos consternants de M. Lebel sont à l’image de la droite parisienne : archaïques, déconnectés des attentes et de la vie des Parisiens. Pour ma part, j’espère de tout coeur célébrer très vite à Paris, les mariages de toutes celles et tous ceux qui s’aiment ».

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