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Discriminations | Droit | Extrême(s) Droite(s) | Famille | France | Gestation pour Autrui | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | Medias | Politique | UMP | 11.10.2014 - 02 h 27 | 3 COMMENTAIRES
Lettre ouverte à Monsieur Xavier Bertrand, député-maire de Saint-Quentin (Aisne).

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Monsieur le député-maire Xavier Bertrand,

Vous avez affirmé récemment, lors de votre passage au Grand Journal de Canal +, que vous aviez participé à « chacune » des « manifs pour Tous » organisées depuis la création de ce mouvement en novembre 2012. Cela représente au minimum sept jours complets passés à arpenter les rues de Paris, de Montparnasse à l’Arc de Triomphe, en passant par les Invalides, le Trocadéro, l’arche de la Défense, le Quai d’Orsay ou la porte Dauphine. Durant ces dizaines de kilomètres de marche cumulés au beau milieu de vos dimanches après-midi, il semble que vous ayez mieux appris à découvrir la géographie de Paris que les habitants de Saint-Quentin, votre ville et votre circonscription.

Xavier Bertrand

Xavier Bertrand

Il faut sans doute croire que vous avez bien du temps à perdre chaque dimanche. Certes, vous pouvez naturellement occuper votre temps libre aux activités sportives et récréatives de votre choix – si tant est qu’un député-maire d’une ville de 70 000 habitants dispose d’une journée de temps libre par semaine, ce qui resterait encore à prouver. Mais pour mettre à profit vos jours de repos désœuvrés, vous pourriez par exemple vous promener davantage dans les rues de Saint-Quentin, parler avec les gens, et découvrir ainsi une réalité qui vous est apparemment largement ignorée. Vos engagements répétés « en tant que citoyen » aux côtés de la Manif pour Tous, non seulement nuisent aux homosexuels de votre circonscription et d’ailleurs, mais ne semblent de surcroît pas profiter aux habitants de Saint-Quentin.

Faut-il vous rappeler que vous êtes à la fois l’un des acteurs principaux et le représentant d’un territoire en grave difficulté économique et sociale ? Ignorez-vous que l’Insee, à partir de 27 facteurs liés à la qualité de vie dans les régions, classe Saint-Quentin et l’ensemble de votre circonscription parmi les territoires de France « en situation peu favorable », ce qui signifie qu’il s’agit hélas de l’une des zones les plus défavorisées et les moins attractives du pays ?

Vous prétendez que la participation aux Manifs pour Tous vous permet de discuter avec « les Picards ». Mais pour connaître la réalité de votre ville, Monsieur le député-maire, il n’est pas nécessaire de monter à Paris pour vous entretenir avec quelques homophobes venus de Compiègne, Senlis et Longueau. En effet, l’urgence, à Saint-Quentin, tout aussi bien dans votre ville que dans votre circonscription, c’est de régler du mieux possible les graves problèmes structurels, économiques et sociaux, qui s’accumulent inexorablement. Ce n’est pas dans la Manif pour Tous, entre deux invectives contre les LGBT et trois levers de drapeaux « bleus, blancs, roses » que vous connaîtrez la réalité de votre ville.

Les habitants de Saint-Quentin n’attendent pas de leur maire qu’il aille se pavaner dans des défilés inutiles où il pourra côtoyer l’Action française et Marion Maréchal-Le Pen. Ils attendent de lui qu’il les aide à vivre mieux dans leur ville. Or, Saint-Quentin, au quotidien, ce sont :

des jeunes adultes qui font tout pour quitter la ville, parce qu’ils préfèrent malheureusement étudier ailleurs, et parce qu’ils ne trouvent pas d’emploi à la sortie de leurs études,

de nombreux commerces qui ferment, parfois même très peu de temps… après leur ouverture,

un patrimoine historique, industriel, architectural et urbain laissé à l’abandon,

une population désabusée, attristée, désespérée de se sentir abandonnée par la classe politique locale et nationale – et en particulier par son député-maire,

– un Front national qui obtient plus de 20% des voix aux élections municipales,

de nombreux travailleurs pendulaires qui trouvent des emplois dans des villes plus attractives (Paris, Amiens, Lille, Reims), et qui ne restent à Saint-Quentin que par défaut, avant d’aller ailleurs s’ils le peuvent.

une vie culturelle déclinante, où des spectacles sont fréquemment annulés faute de spectateurs.

l’un des taux de chômage les plus élevés de toute la France, qui est passé de 11% à 16% entre 2008 et 2013.

Pour parachever le tableau, le département de l’Aisne, dont Saint-Quentin est la ville principale, fait partie des 10 derniers en France lorsque l’on évalue la qualité de vie des départements. Et vous, pendant ce temps-là, vous trouvez le temps d’aller gambader avec Ludovine de la Rochère pour abroger une loi qui ne le sera jamais, et lutter contre les familles homoparentales ? C’est donc là votre priorité de maire et de député ?

Saint-Quentin

Saint-Quentin

M. Bertrand, lorsque la presse locale a voulu interroger des homosexuels sur le mariage pour tous en 2012-2013, elle a eu toutes les peines du monde à rencontrer des Saint-Quentinois prêts à témoigner, car ils avaient peur d’être alors stigmatisés dans leur propre ville. Est-ce bien cela que vous souhaitez pour les habitants de votre ville ? Et pensez-vous que votre soutien à la Manif pour Tous rassure les homosexuels de votre circonscription quant à la réaction de leurs élites et de leurs concitoyens face à l’homosexualité ? Si les droits des homosexuels ne vous intéressent pas, et que de simples raisons morales ne suffisent pas à vous empêcher de les combattre, modérez au moins vos propos par respect pour les citoyens de votre ville…

Le bulletin météo qui a suivi votre intervention a heureusement permis de conclure la séquence sur une petite note d’humour. Et de l’humour, il en faut sans doute, aux Saint-Quentinois, pour supporter leur quotidien tout en voyant le peu de temps que vous leur accordez, au profit d’autres causes qui vous monopolisent à leurs dépens.

Vous pourriez penser que les dernières élections municipales vous ont apporté un plébiscite de la part de la population, qui vous aurait accordé un blanc-seing en 2014. Vous auriez bien tort de croire cela : vous n’avez remporté les dernières élections législatives qu’à 196 voix près (sur 34 000 inscrits), et vous auriez d’illustres prédécesseurs dans la liste des gens persuadés d’avoir un mandat de député à vie quels que soient leurs actes, tels Jean-Marc Nesme, Eric Raoult, ou Brigitte Barèges – qui n’ont pas été du tout récompensés par leur électorat pour leur opposition viscérale aux droits LGBT.

Xavier Bertrand à la Manif pour Tous

Xavier Bertrand à la Manif pour Tous

Au cours de cette interview, vous reprochez même au Front National de ne pas être assez à droite sur la question du mariage pour tous, et d’avoir été trop « en retrait » sur ce point : vous n’effectuez donc même plus de rapprochement avec le Front National (qui ne vous aime guère), vous cherchez carrément à le dépasser par sa droite ! Dans le même temps, à l’instar de Marine Le Pen, vous promettez une très hypothétique abrogation de la loi sur le mariage pour tous, dont vous savez très bien qu’elle n’aura jamais lieu, pour des raisons juridiques et politiques. Les liens historiques de Saint-Quentin avec l’Espagne devraient vous amener à regarder au-delà des Pyrénées : la droite espagnole a-t-elle mis fin au mariage pour tous ? Non ! Plus près de votre circonscription : la droite britannique a-t-elle mis fin au mariage pour tous ? Non, c’est même elle qui l’a instauré ! Alors ne cherchez pas à berner vos électeurs potentiels en lançant une promesse dont tout observateur sérieux sait qu’elle ne tient pas la route. Dans le grand public et dans votre parti, il y a encore des gens qui croient en vos paroles : cela devrait vous conférer une certaine responsabilité et un peu plus de décence dans vos propos.

Ironie due au hasard, ou mauvais calcul politique : ces propos interviennent alors même que ce week-end, Saint-Quentin accueille justement… le salon du mariage et du Pacs ! A cette occasion, on apprend que sur 338 mariages réalisés dans votre ville depuis janvier 2013, 13 ont concerné des couples de même sexe. Croyez-vous que ces couples puissent se promener aisément main dans la main lorsqu’ils sont à Saint-Quentin, comme le font les autres couples hétérosexuels ? De plus, aucun de ces couples de même sexe n’a eu droit à votre présence lors de son mariage, alors que vous avez célébré vous-même des mariages de couples hétérosexuels, et vos propos sur le mariage pour tous signifient que vous auriez voulu pouvoir refuser à ces 13 couples de même sexe le droit de se marier. Ces sept jours passés dans les « manifs pour tous » n’ont-ils donc comme seul but que de nuire au bonheur de quelques couples saint-quentinois ? Est-ce là l’aboutissement de vos « convictions » et de votre engagement personnel, alors qu’il y a tant de difficultés auxquelles les Saint-Quentinois aimeraient que vous apportiez des solutions concrètes ?

Je vous prie, Monsieur le député-maire, de bien vouloir agréer l’expression de mon plus profond respect – sentiment dont je dois bien reconnaître avec quelque regret, au vu des « convictions » que vous affichez à l’heure actuelle, que vous ne l’éprouvez en aucune manière envers les LGBT qui ont lutté et luttent encore pour leurs droits légitimes.

Numa.

***

P.S. : Vous trouverez ci-dessous, pour rappel, le verbatim de vos échanges avec les présentateurs du Grand Journal sur Canal + ce 06 octobre 2014.

Antoine de Caunes – Xavier Bertrand, vous étiez présent, vous l’avez dit tout à l’heure, à la Manif pour Tous, hier. Pourtant, vous vous êtes tenu loin des ténors de la droite. Pourquoi cette discrétion ?

Xavier Bertrand – J’ai défilé dans chacune des manifestations, mais jamais derrière les banderoles. Pourquoi ? Parce que, en tant que politique, je m’exprime à l’Assemblée, ou par exemple sur votre plateau. Vous m’invitez parce que je suis parlementaire, et parce que je suis candidat à la primaire. Mais si j’ai défilé, c’est avant tout en tant que citoyen, et puis il y a aussi une autre chose. Vous voyez : vous êtes derrière la banderole, là. Belles images, très bien. Mais vous parlez avec qui ? Avec les autres élus que vous avez mille occasions de voir. Alors que, au milieu, notamment avec les gens de Picardie, c’est plus intéressant et c’est mieux qu’un sondage, et ça permet de voir la réalité de cette manifestation.

Antoine de Caunes – Symboliquement, ça n’a pas le même poids si vous êtes derrière la banderole, et si vous êtes perdu dans la foule.

Xavier Bertrand – Perdu ? Vous savez, c’était pas discret. Non seulement ça se sait, c’était sur les réseaux sociaux, et j’assume totalement ma présence, mais je le fais aussi en tant que citoyen, parce que ça touche complètement mes convictions. […]

Jean-Michel Apathie – Cette manifestation a une réalité : elle réunit, c’est assez rare, les dirigeants de l’UMP et les dirigeants du Front National : c’est normal selon vous, c’est le jeu de la démocratie ou c’est embêtant ?

Xavier Bertrand – Le Front National, sur ces questions-là, a été très en retrait. Marine Le Pen, sur cette question, notamment au début, a été très en retrait. En ce qui nous concerne, et en ce qui concerne un certain nombre de personnalités, elles ont toujours été constantes dans l’opposition au mariage pour tous.

Natacha Polony – Est-ce que vous n’avez pas déjà perdu le combat idéologique ? […]

Xavier Bertrand – Perdre cette bataille idéologique, c’est si on renonçait à revenir en arrière, si on renonçait à abroger la loi Taubira. Ca voudrait donc dire que le progrès est synonyme de la gauche, et que parce que la gauche l’a fait, c’est synonyme de progrès, et qu’il nous est interdit de revenir dessus. Mais dans ces conditions-là, parce que la gauche l’a voté, si nous revenons au pouvoir en 2017, on ne pourra rien faire. On a déjà connu cette forme de défaite idéologique sur les 35 heures, il n’est pas question de dire qu’on ne pourra pas rien faire, parce que dans ces cas-là, il faut pas s’étonner que les Français ne votent plus. […] Il n’est pas question de démarier les couples homosexuels, il n’est pas question non plus de désadopter des enfants, mais il faut savoir qu’au 19ème siècle par exemple, en France, il y a eu le divorce, le divorce a été aboli, il a été rétabli, je crois, près de 70 ans après, on n’a pas obligé non plus les couples à se remarier. Donc les choses sont tout à fait possibles juridiquement. Je suis pour que l’on accorde la possibilité de s’unir pour les couples homosexuels, mais à partir du moment où vous avez l’égalité complète, il faut voir que l’engrenage de la loi Taubira amènera forcément – ce sera une question de mois ou d’années – à la GPA et à la PMA. Ceux qui disent le contraire, soit ne sont pas au courant, soit mentent sciemment. Parce que la cour de cassation donnera cette interprétation, et aussi la cour européenne de droits de l’homme.

Jean-Michel Apathie – Vous dites que vous êtes pour que les couples homosexuels puissent s’unir. Sous quelle forme, si ce n’est pas le mariage ?

Xavier Bertrand – Vous avez l’union civile, célébrée en mairie, parce que je trouve normal que la république donne aussi sa reconnaissance à cette union. A partir du moment où vous avez l’union, cela me va ; mais si vous avez la filiation, je ne suis plus d’accord. Alors je sais bien qu’on me dit ça, en disant : « Vous avez pas compris, on peut pas dire ça, il faut faire attention : ce sont mes convictions. Et même s’il y avait seulement 20% de Français qui étaient favorables à ça, ça n’est pas le problème, parce que ce sont mes convictions. […] Il faut aller au-delà du Pacs. Le Pacs est incomplet. Et d’ailleurs, nous aurions dû le faire évoluer, le Pacs, comme on l’avait promis à l’époque. D’ailleurs, c’est une grande leçon : quand vous ne menez pas les réformes selon vos valeurs, il ne faut pas s’étonner que vos adversaires les conduisent selon leurs valeurs. Ca aussi, c’est quelque chose qui est à méditer : faut jamais avoir peur d’engager les réformes, parce qu’autrement… Vous avez un sujet, c’est que vous avez une société française qui à mon sens a été déstabilisée, et comme je crois que les réformes à mener dans les années à venir seront très importantes ; en matière économique il faudra aller très loin ; sur le modèle social, si on veut garder l’essence du modèle social, il faudra le rénover ; pour rétablir l’ordre il faudra des réformes qui iront très loin ; mais sur les questions de société, que ce soit sur la question de la fin de vie, que ce soit sur la question de la famille, il faut une vraie stabilité.

Natacha Polony – Et vous n’allez pas rouvrir des fractures ? Vous allez pas refracturer encore plus ?

Xavier Bertrand – Je ne le crois pas, parce que l’aspiration profonde de nombreux homosexuels qui voulaient s’unir, c’était l’union, c’était le mariage, pas la filiation.

Antoine de Caunes – Une question un peu plus personnelle pour finir : vous vous rêvez toujours en candidat UMP en 2017, entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ?

Xavier Bertrand – J’ai toujours cette ambition-là. […] Je suis dans une voie très différente d’eux, peut-être parce que j’ai pas le même parcours qu’eux, peut-être parce que je ne suis pas dans la vie politique depuis 30 ans comme eux au niveau national, peut-être aussi parce que j’ai une façon de travailler, peut-être un peu plus loin de l’hyper-activisme médiatique, parce que c’est ce qui permet d’avoir une vraie réflexion et un vrai travail de fond. Mais c’est encore loin, c’est deux ans et demi, la primaire, et ça demandera la construction d’un vrai projet personnel.

Antoine de Caunes – Actuellement, au niveau des sondages, vous en êtes au même point que François Hollande

Jean-Michel Apathie – Oui, on voudrait pas vous saper le moral, mais regardez : on a trouvé ce petit sondage, vous le connaissez. Vous êtes à 3% auprès des sympathisants UMP, et Nicolas Sarkozy est à 62%. Vous le voyez : y a du boulot.

 

Education | Extrême(s) Droite(s) | Famille | France | Homophobie | Politique | Religion | 20.09.2014 - 23 h 19 | 38 COMMENTAIRES
L’Education nationale engage enfin une procédure disciplinaire contre l’enseignante extrémiste Farida Belghoul !

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Malgré l’engagement anti-LGBT de Farida Belghoul, et malgré les violentes déclarations que cette enseignante avait proférées à l’égard des professeurs et des homosexuels, l’administration de l’Education nationale n’avait jamais pris de mesures envers cette militante radicale, proche de l’extrême-droite, de Dieudonné et de l’essayiste « national-socialiste » Alain Soral. Le rectorat de Versailles vient de mettre fin à ce silence de plusieurs mois, en engageant une procédure disciplinaire à l’égard de cette enseignante haineuse, qui se dit régulièrement « prête à mourir » pour lutter contre les LGBT.

1) Farida Belghoul, la combattante anti-LGBT

Farida Belghoul est l’initiatrice des Journées de Retrait de l’Ecole (J.R.E.). Organisées une fois par mois depuis près d’un an, ces journées doivent, selon leurs partisans, permettre aux parents d’élèves de retirer leurs enfants des écoles françaises, afin de protester contre la supposée introduction de la théorie du genre dans les écoles. En effet, d’après Farida Belghoul, « la pudeur et l’intégrité de nos enfants sont profondément attaquées par la théorie du genre » dans les établissements scolaires.

abcd egaliteCes journées ont connu un certain succès à leur lancement en janvier 2014, en paralysant des dizaines voire des centaines de classes en France, et les grands médias ont alors tous consacré plusieurs longs articles ou reportages à Farida Belghoul et aux JRE. Comble du succès : Farida Belghoul revendique même d’être à l’origine de l’abandon des ABCD de l’Egalité par le Ministère de l’Education nationale en juin 2014.

Répétant à l’envi le slogan « Vaincre ou mourir », Farida Belghoul mène en effet un combat sans relâche contre le mariage pour tous, contre les LGBT et contre « le mal » ou « le diable » qu’elle dit voir s’étendre peu à peu dans le monde moderne. Après s’être rapprochée du mouvement Civitas, elle a notamment créé une association de parents d’élèves indépendante, « dans le but d’interdire l’idéologie du genre à l’école ». Nous verrons à ce sujet (dans un prochain article à venir) que la Manif pour Tous n’est pas du tout insensible aux attraits de cette fédération très clairement extrémiste.

2) L’Education nationale prend enfin les mesures nécessaires contre Farida Belghoul

Najat Vallaud-Belkacem

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education

Il se trouve que Farida Belghoul est aussi enseignante de lycée professionnel, en français et histoire-géographie. Elle a notamment enseigné au lycée professionnel de Bezons (Val-d’Oise), et elle est aujourd’hui en disponibilité, pour élever ses enfants à domicile, et pour mener ses combats contre l’école et contre les LGBT. Paradoxe : cette opposante acharnée à l’école publique est donc, dans le même temps… fonctionnaire titulaire du ministère de l’Education nationale, dans le système d’enseignement public !

Durant près d’un an, l’Education nationale n’a, semble-t-il, pas voulu ou pas osé agir contre l’un de ses personnels qui outrepassait pourtant clairement les limites de la déontologie liée à son métier. Mais la nouvelle ministre, Najat Vallaud-Belkacem, a décidé qu’il était temps de mettre fin à cette retenue, qui s’apparentait davantage à de la faiblesse qu’à de la générosité. En effet, ce samedi 20 septembre 2014, Pierre-Yves Duwoye, recteur de Versailles, a annoncé à Farida Belghoul qu’une mesure disciplinaire est engagée à son encontre.

Il faut noter, toutefois, que cette procédure n’est pas liée à l’ensemble des propos et activités de Farida Belghoul, mais à un texte très précis de la militante, intitulé « Belghoul versus Belkacem ». Le rectorat de Versailles reproche à Farida Belghoul d’avoir, dans ce texte, manqué à son devoir de loyauté et de réserve. Il affirme en particulier que la militante a tenu « des propos déplacés à l’encontre de la ministre », et qu’elle a incité les parents « à retirer leur enfant de l’école, une journée par mois, en méconnaissance de l’obligation d’assiduité des élèves ».

En effet, dans le texte incriminé, on pouvait lire notamment :

La nomination de Monsieur Najat Belkacem au poste de ministre de l’Education Nationale est une déclaration de guerre aux familles de France. La chouchoute du lobby trans, bi et cie vient de remporter le morceau de charbon incandescent à 36 ans. Si jeune et déjà si âpre à faire le malheur des hommes. […] Il n’y a pas d’argument à introduire le sexe à l’école « dès le plus jeune âge ». Point de « dialogue » donc, mais une provocation calculée.

Ils savent que le Temps joue contre eux, qu’Il oeuvre en faveur des innocents. Ils pressent le pas car leur défaite est à l’horizon. Ils tentent donc le tout pour le tout et plantent une femme « arabe » dans le dos d’une autre femme « arabe ». Ils oublient que l’une des deux, et c’est ce qui la caractérise bien plus que sa race, est prête à mourir pour sauver les enfants.

Pères et mères de France, engagés, et courageux, rassemblez-vous dans les rangs de la FAPEC, familles au complet, levez-vous en première ligne pour vous battre. Lancez-vous dans ce combat béni, protégez la chair de votre chair, ne la vendez pas à vil prix. Sauvez vos enfants, et ainsi sauvez ce monde en marche vers l’abîme. Méprisez le régime de la terreur, et de la calomnie, mis en place contre la JRE. Le pervers se nourrit de ténèbres et de confusions : la nécessité de se détacher de lui devient plus claire. Battez-vous ! Votre regard intensément posé sur votre enfant emporte déjà la victoire finale.

Vaincre ou mourir.

3) Des arguments juridiquement fragiles ?

Pierre-Yves Duwoye, recteur de Versailles

Pierre-Yves Duwoye, recteur de Versailles

Si cette décision était attendue depuis un temps certain, le rectorat de Versailles prend cependant un vrai risque en se lançant dans cette action. En effet, les textes de Farida Belghoul ont toujours été rédigés de manière à sauver les apparences pour échapper à d’éventuelles poursuites judiciaires ou à des sanctions administratives. Le texte en question n’échappe pas à cette règle : Farida Belghoul aura sans doute beau jeu de plaider la bonne foi et de revendiquer sa liberté d’expression. Le rectorat devra donc user de toute son expertise en matière de justice et de droit administratif, afin de faire valoir la légitimité de la procédure engagée.

En outre, ces décisions récentes sont clairement la conséquence du changement de ministre, et il faut s’en féliciter. La politique appliquée par Najat Vallaud-Belkacem et ses conseillers tranche sur ce point avec celle de ses prédécesseurs, qui, malgré une plainte déposée au printemps 2014 par le rectorat d’Orléans-Tours suite à un événement ponctuel, n’avaient pas osé attaquer aussi directement la fondatrice des Journées de Retrait de l’Ecole. On peut sans doute affirmer, sans grand risque de se tromper, que la commission disciplinaire de l’académie de Versailles, en toute objectivité, et au vu de la gravité des actions menées par Farida Belghoul, votera des sanctions contre l’enseignante. Mais, en cas de recours de la part de Farida Belghoul, les motifs invoqués, au regard du texte choisi pour les justifier, pourraient bien ne pas convaincre un tribunal administratif. Celui-ci pourrait en effet privilégier le droit à la liberté d’expression, ou trouver que le texte ne corrobore pas précisément les accusations lancées par le recteur.

4) Prise au dépourvu, Farida Belghoul panique et fulmine.

A l’heure actuelle, apparemment décontenancée par cette décision courageuse et impatiemment attendue par bon nombre de partisans de l’égalité et/ou de l’école républicaine, Farida Belghoul en est réduite à faire appel aux « avocats de France, engagés et courageux, spécialisés en droit administratif ». Elle espère qu’ils la contacteront d’eux-mêmes et l’aideront à sortir de cette situation – où elle s’est elle-même fourrée. Incapable de réagir rapidement à cette situation pour elle inattendue, elle ne peut, semble-t-il, réagir avant au moins deux jours, et elle promet un communiqué pour la soirée du lundi 22 septembre au plus tôt.

Adepte de la théorie du complot jusqu’au bout des ongles, Farida Belghoul continue malgré tout son délire et perd pied de plus en plus. Elle écrit en rouge et en majuscules, sur la copie de la lettre du rectorat, que, lorsqu’elle scanne cette lettre, « la numérisation du document fait apparaître les couleurs de l’arc-en-ciel dans les logos de cette lettre ». Comprenez : le lobby LGBT est partout, et l’Education nationale travaille pour lui ; la preuve en est que le logo de l’Education, quand on le scanne, ferait « apparaître les couleurs de l’arc-en-ciel » !

Soral et Belghoul surpasseront-ils J.R. et Sue Ellen ?

Soral et Belghoul surpasseront-ils J.R. et Sue Ellen ?

Il semble, en réalité, que le navire Belghoul prenne l’eau de toute part. En effet, elle affirme elle-même avoir été « trahie » et « abandonnée » par les deux membres les plus importants des Journées de Retrait de l’Ecole ! Depuis plusieurs semaines, sa « principale collaboratrice » et son « principal collaborateur » ont décidé de rompre tout lien avec elle, et elle a même déposé plainte contre celui qu’elle considérait comme son propre fils. En parallèle, elle se dit harcelée par l’autre figure principale des JRE, sa collaboratrice qui nourrissait en réalité, selon Belghoul, « une passion pour le traître » et aurait donc quitté sa patronne pour cette raison !

Ironie de l’histoire : Farida Belghoul voulait restaurer la cité de Jérusalem sur terre, pour y célébrer le retour des prophètes. Mais elle n’aura réussi qu’à ressusciter une pâle et grotesque copie d’une autre ville : Dallas, ou Santa-Barbara.

Education | Extrême(s) Droite(s) | France | Homophobie | Politique | 02.10.2013 - 00 h 57 | 14 COMMENTAIRES
Un syndicat d’enseignants (Snalc) accuse Thomas Hollande de promouvoir la « théorie du genre » au sommet de l’Etat.

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Un syndicat d’enseignants, le Snalc (Syndicat national des lycées et collèges), a pris une position tout à fait étonnante au sujet de la « théorie du genre », devenue depuis quelques mois l’angle d’attaque privilégié des opposants au mariage pour tous. On peut entendre cette position en se rendant sur le site du collectif Racine, qui regroupe « les enseignants avec Marine Le Pen« .

Le 10 juillet 2013, l’enseignant Emmanuel Protin, présenté comme « membre du bureau national du Snalc » (mais également attaché de presse de ce syndicat), était invité à s’exprimer sur l’éducation par la radio d’extrême-droite Radio Courtoisie. Aux côtés de 5 autres invités, qui étaient tous des enseignants membres du Front National, il a été interrogé par le présentateur, lui-même ancien candidat FN aux élections municipales de 2001 et 2008, sur la supposée « ‘irruption de la théorie du genre » dans les programmes de l’Education nationale.

Bien sûr, la formulation de cette question est doublement fausse : d’une part, rappelons qu’il n’existe pas de « théorie du genre« , mais uniquement des « études de genre », qui constituent un champ de recherche universitaire inter-disciplinaire. D’autre part, les études de genre n’ont pas fait « irruption » dans l’Education nationale : le gouvernement Ayrault a simplement manifesté la volonté de lutter contre les stéréotypes de genre à l’école – ce qui a suffi à déclencher l’hostilité des milieux de droite et d’extrême-droite qui en ont fait leur nouveau cheval de bataille.

Emmanuel Protin (Photo – Sénat)

On aurait pu attendre une réponse claire, argumentée et nuancée de la part d’un syndicat comme le Snalc, qui se présente très officiellement comme « le deuxième syndicat le plus représenté chez les professeurs du second degré aux élections professionnelles ». Il aurait suffi à son représentant, Emmanuel Protin, d’expliquer qu’il n’y a pas de théorie du genre, que cette supposée théorie ne figure en aucun cas dans les programmes officiels, et que le ministre lui-même a déclaré ne pas promouvoir de quelconque « théorie du genre ».

Hélas ! Le représentant du Snalc a fait un choix bien différent de ce que le bon sens aurait dû lui inspirer.  En effet, loin de remettre en cause le pré-supposé de la question, il a poussé encore plus loin l’erreur (ou le mensonge ?) du présentateur, en déclarant :

Rien n’est scientifiquement fondé […] On ne voit donc pas pourquoi, dans l’école de la République, on enseignerait des théories qui ne sont pas scientifiquement vérifiées.

Sa réponse amalgame études de genre réelles et « théorie du genre » fantasmée, et elle laisse croire que le ministère demande aux enseignants de promouvoir des théories farfelues ou erronées, alors que ce n’est pas du tout le cas. Il y a là une confusion inquiétante de la part d’un enseignant, responsable d’un syndicat.

Mais à cette erreur grossière s’ajoutent des propos encore plus surprenants. Pour compléter sa réponse, Emmanuel Protin ajoute :

« Je crois qu’il y a un certain nombre de gens très très haut placés qui s’occupent de ces théories, y compris un certain M. Hollande fils […]. Thomas Hollande travaille notamment dans ce domaine-là. La rumeur dit que c’est pour ça que le président de la République aurait un oeil favorable par rapport à ça ».

Cette accusation à l’emporte-pièce est tirée du site Egalité et Réconciliation dont le responsable est Alain Soral, ami de Dieudonné, ancien responsable du FN et pourfendeur à la fois du « sionisme » et du supposé « communautarisme gay ». C’est une drôle de source pour un syndicat censé représenter les enseignants qui ont pour but d’éveiller l’esprit critique et la tolérance chez leurs élèves !

Après avoir déploré que Luc Chatel, bien qu’il soit à l’UMP,  avait déclaré qu’il ne « reviendrait pas » sur les programmes de SVT, auxquels certains avaient (à tort !) reproché de laisser trop de place à la notion de « genre », Emmanuel Protin lance une déclaration qui se veut à demi-mystérieuse :

« Il y avait déjà eu des attaques à ce niveau-là, une introduction d’une certaine forme de lobbyisme à l’intérieur de l’Education nationale sous le gouvernement précédent ».

On comprend bien, car il s’agit là d’une ficelle habituelle à l’extrême-droite, quelle partie de la population est désignée par cette accusation de « lobbyisme » au sein du ministère : les attaques envers un supposé « lobby LGBT » sont coutumières chez Marine Le Pen, Robert Ménard ou Eric Zemmour, et le Snalc, en décembre 2011, avait déjà fustigé « le communautarisme sexuel » (sic) qu’il avait cru voir à l’oeuvre dans l’évolution des programmes lors de la réforme du lycée.

L’interview est disponible dans son intégralité sur le site du Collectif Racine, qui regroupe « les enseignants avec Marine le Pen« . On s’étonne, vraiment, d’entendre, sur le site du FN, le représentant de ce syndicat tenir de tels propos, alors que le Snalc se défend régulièrement d’être un syndicat lié à l’extrême-droite et revendique « sa neutralité » politique.

Enfin, le Snalc tiendra son congrès à la mi-octobre : on annonce la venue du ministre Vincent Peillon en personne pour ce congrès. Ce serait un affront pour tous les LGBT qu’un ministre se déplace au congrès de ce petit syndicat (par rapport à l’échelle du ministère), dont un représentant ose non seulement s’exprimer sur la radio d’extrême-droite Radio Courtoisie, déjà rappelée à l’ordre plusieurs fois par le CSA pour des propos à orientation raciste ou homophobe, mais en plus déverse un nombre impressionnant d’erreurs en quelques phrases, en s’inspirant de sites extrémistes et en donnant raison aux influents membres du Front national présents dans le même studio que lui lors de cette émission.

Après les reculades du gouvernement sur la PMA ou sur le don du sang par les homosexuels, la caution personnelle que Vincent Peillon donnerait à ce syndicat en se rendant à son congrès serait une offense de plus envers les LGBT.

Adoption | Droit | Extrême(s) Droite(s) | Famille | France | Histoire | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | People | Politique | PS | 26.04.2013 - 02 h 35 | 4 COMMENTAIRES
Trois anecdotes sur le vote à l’Assemblée du mardi 23 avril 2013.

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Comme d’autres sympathiques yaggeurs et yaggeuses que j’ai retrouvé(e)s pour l’occasion, j’étais présent à l’Assemblée nationale l’après-midi du 23 avril 2013. J’ai lu avec intérêt les témoignages d’Alexandra, Philippe et Olivier, et j’ai pensé qu’à mon tour, je pouvais ajouter quelques compléments aux très intéressants récits personnels qu’ils ont fait de ce moment décisif dans l’histoire des LGBT en France.

 

1) Virginie Tellenne provoque la sécurité de l’Assemblée nationale

Ce que peu de personnes savent, c’est que Virginie Tellenne (alias Frigide Barjot) a tenté de défier la sécurité de l’Assemblée nationale avant d’assister au vote. Elle n’a commis en soi aucune infraction légale, mais son attitude morale a été très fortement douteuse. En effet, elle avait dissimulé sur elle des tracts rouges et blancs où était imprimée en gros caractères l’inscription « Référendum pour tous ».

L’un des membres du personnel de l’Assemblée nationale s’est aperçu que Virginie Tellenne portait ces tracts sur elle, et a pu lui en ôter un avant qu’elle s’avance dans une autre salle. Il lui a ensuite fallu prévenir la sécurité de l’Assemblée nationale, pour que ces tracts lui soient retirés un à un, en conformité avec le règlement de l’Assemblée nationale. La volonté de Virginie Tellenne était clairement, au minimum, de narguer le personnel de l’Assemblée.

Avait-elle l’intention de montrer ces tracts durant les explications de vote auxquelles elle a ensuite assisté ? Il est difficile de le dire, mais ce qui est sûr, c’est qu’elle a agi par esprit de bravade envers les agents de sécurité, et qu’elle avait pour but de leur montrer qu’ils devaient s’attendre à tout, et être sur leurs gardes face à toute menace qui pouvait venir d’elle ou de ses partisans.

Ce qui est d’ailleurs plus troublant, c’est que les tracts qu’elle portait sur elle défendaient justement l’idée d’un référendum – tout comme la banderole qui a été déroulée dans l’hémicycle par des individus violents quelques instants plus tard. Simple coïncidence ?

 

2) Virginie Tellenne n’a pas eu l’air mécontente de l’incident qui a indigné l’Assemblée nationale

Lorsque l’incident a éclaté dans les tribunes de l’Assemblée nationale, Frigide Barjot, à l’inverse de la majorité du public et des députés, n’a pas paru consternée, ni inquiète, ni même surprise par l’événement. Bien au contraire, elle n’a eu qu’un léger sourire de satisfaction qui, volontaire ou non, m’a paru le comble du cynisme.

Tout le public regardait alors les spectateurs que le service d’ordre tentait de maîtriser, et les députés étaient tournés soit vers les individus qui avaient effectué cet incident, soit vers les députés de droite qu’ils rendaient responsables de cette agression contre le travail parlementaire. Frigide Barjot a donc dû penser qu’elle n’était pas observée à ce moment-là…

 

3) L’hommage vibrant des députés et ministres à Corinne Narassiguin

Pour finir sur une note positive, j’ai été touché par l’hommage très émouvant qui a été rendu par le gouvernement et les députés à Corinne Narassiguin, ancienne députée PS des Français de l’étranger, et qui était initialement chargée du texte sur le mariage pour tous au sein du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.

Corinne Narassuiguin avait fait un lourd travail d’auditions, de persuasion et de négociations au sein du groupe Socialiste, Républicain et Citoyen, en partenariat avec le gouvernement, les acteurs de la vie civile et les responsables politiques de son groupe. Son élection en tant que députée ayant été invalidée par le Conseil Constitutionnel en février 2013, cette fonction avait alors été reprise par le député PS Bernard Roman, très engagé sur le thème des droits LGBT et de l’homoparentalité.

Debout dans les tribunes après l’intervention finale de Christiane Taubira, et visiblement très émue, Corinne Narassiguin a été ovationnée par ses collègues députés et ministres de gauche, qui se sont tournés vers elle et l’ont acclamée, afin de rappeler le rôle très important que cette jeune femme de 38 ans, très attachée à la question de l’égalité, avait tenu, aux côtés d’Erwann Binet, dans l’adoption du projet de loi par l’Assemblée nationale.

 

Le reste de l’histoire vous est connu : il vous a été conté par l’équipe de Yagg qui a été mobilisée toute la journée, et par trois yaggeurs qui ont pris le temps de faire un compte rendu complet de tout ce qu’ils ont observé ce jour-là 🙂

Extrême(s) Droite(s) | France | Homophobie | 31.08.2012 - 21 h 53 | 30 COMMENTAIRES
L’homosexualité, « trou noir d’où rien ne peut sortir de fécond » : déversement de haine anti-LGBT sur le site Nouvelles de France.

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Campagne contre l’homophobie, Canada, 2003.

Il y a des dérapages verbaux et écrits qui constituent une véritable souillure morale pour ceux qui s’abaissent à les commettre. Falk van Gaver et Jacques de Guillebon, qui se sont autoproclamés « écrivains » pour avoir publié quelques essais généralement à la gloire du catholicisme, se sont rendus gravement coupables de l’un d’entre eux. Leur diatribe anti-LGBT, abjecte et délirante, a naturellement été diffusée avec complaisance par le site d’extrême-droite Nouvelles de France, qui ne manque jamais une occasion de s’en prendre à ceux qui ne correspondent pas aux critères idéologiques de ses mouvances extrémistes.

On ne sait par où commencer pour traiter de ce texte écoeurant et grossier, visiblement rédigé pour donner la nausée à tout individu raisonnable et sensé. Les passages ci-dessous laisseront aisément comprendre le malaise que peut inspirer ce déversement de haine (âmes sensibles s’abstenir).

Patrocle, l’amant du célèbre héros Achille.

Quelques considérations tirées d’une histoire de bazar ouvrent d’abord l’article : pour les deux hommes, les « pédérastes antiques n’aimeraient pas les « travestissements et efféminations » de « l’homosexualité contemporaine ». Aussitôt, Gaver et Guillebon s’en prennent aux personnages de l’Antiquité qui « défendent la pédérastie », car ils cacheraient en réalité « leur secrète lubricité d’amateurs de jeunes garçons et d’enculeurs d’adolescents ». Le ton est donné : pour s’échauffer sans prendre de grands risques, Gaver et Guillebon crachent d’abord leur bile et leur vitriol sur des hommes morts il y a vingt-cinq siècles ; eux au moins ne risquent pas de leur répondre pour se défendre.

Après avoir massacré l’histoire antique, Gaver et Guillebon se lancent dans un peu de psychanalyse de comptoir, étayée par quelques préjugés dévalorisants. On passe de l’anachronisme grotesque au délire péremptoire :

L’homosexualité est un faux amour, elle est refus de l’autre, de sa personne, de sa différence. Elle est, au nom de la différence, un refus de la différence. Elle est un narcissisme radical qui se projette, un nombrilisme sans fond (pour ne pas dire pire…). Elle n’est que recherche du même et de soi-même, elle participe pleinement à cette culture du narcissisme naguère analysée et dénoncée par Christopher Lasch, elle en est son symptôme le plus flagrant. Elle n’est qu’un « Je m’aime toi non plus… »

Christian Vanneste, l’inspirateur idéologique

Avec Gaver et Guillebon, les morts ont toujours tort : les Grecs cités au départ laissent place à Christopher Lasch, qui ne risque pas non plus de les contredire dans leur assimilation erronée de l’homosexualité au narcissisme. Ce cliché, très cher à Christian Vanneste, ne convainc plus aucun psychanalyste sérieux depuis belle lurette. Mais Gaver et Guillebon ne maîtrisant apparemment aucun domaine en sciences humaines, ils semblent avoir choisi de les aborder tous, dans l’espoir d’en trouver un dont ils comprendraient par hasard l’une des notions de base. Peine perdue, hélas.

On reste cependant sur sa faim : que signifie la parenthèse « un nombrilisme sans fond (pour ne pas dire pire…) » ? Y aurait-il une plaisanterie graveleuse dissimulée derrière ces quelques mots ? Ceux qui en doutent liront avec profit le passage qui suit, alors que Gaver et Guillebon s’en prennent cette fois, après l’histoire et la psychanalyse, à la mythologie romaine :

Narcisse, « tombé amoureux d’un fantôme sans chair », comme dit Ovide, va vers le néant et la mort. Comme pour Narcisse, l’homosexualité n’est qu’illusion et suicide, piège mortel, impasse, voie sans issue, fosse, trou noir d’où rien ne peut sortir de fécond…

Apollon et son amant Hyacinthe par Alexandre Kisseliov

Qu’Ovide ait écrit des pages merveilleuses sur l’homosexualité d’Apollon laisse bien froids nos Dupond et Dupont d’extrême droite. Pauvre Ovide ! Lui qui vécut un exil douloureux au bord de la mer Noire, au début du premier millénaire, ne se doutait pas que des souffrances bien pires l’attendaient au 21e siècle : voir sa plus belle oeuvre, les Métamorphoses, instrumentalisée avec autant de mauvaise foi par deux illuminés, désireux de nuire sans raison à des individus qui ne leur ont jamais rien demandé, et qui ne les connaissent ni d’Eve ni d’Adam.

Faut-il relever la perfidie d’une expression comme « l’homosexualité n’est qu’illusion et suicide », alors que tant de jeunes LGBT tentent de se suicider chaque année, non pas à cause de leur homosexualité, mais à cause de l’homophobie, flagrante ou insidieuse, dont ils sont victimes chaque jour ? Peut-on s’imaginer la capacité de nuisance de deux fous furieux qui se permettent d’écrire que l’homosexualité est un « trou noir d’où rien ne peut sortir de fécond » ? Tout est grossier dans cette phrase : le procédé stylistique déshumanisant, l’allusion scatologique censée faire rire le beauf un peu éveillé, la réduction des gays à leur anus et à la mort… Les gays ne sont rien de plus qu’un trou du cul stérile et un tombeau : voilà ce qu’il faut lire derrière cette expression odieuse.

Les sciences humaines ne leur suffisant plus, c’est alors à la médecine que recourent Docteur Gaver et Mister Guillebon, puis ils reviennent à l’histoire du monde selon eux-mêmes. Leur sagacité inouïe leur permet d’annoncer l’apocalypse, tels Paco Rabanne en deuxième partie de soirée sur France 2 ou Philippulus le Prophète dans les rues de Bruxelles :

L’homosexualité est la maladie des peuples fatigués, des siècles décadents, des sociétés finissantes. Rome de la chute de l’empire, Paris de la fin des Bourbons étaient ravagées d’homosexualité. Elle est le signe avant-coureur des effondrements, des révolutions, des bouleversements, des invasions, des catastrophes. Elle est le symptôme même de la décadence, de la perte de sens, de l’anomie. Sa joie bruyante et fabriquée est sans avenir, ses plaisirs criards et tapageurs sans postérité. Les homosexuels sont les sacrifiés des époques perdues, qui se consument eux-mêmes dans des immolations absurdes. Ils sont les suicidés des sociétés sans foi ni avenir, les enfants monstrueux des générations jouissives, hédonistes et inconséquentes, leurs minotaures dévorateurs enfermés dans les labyrinthes sans buts des siècles insensés. Il y a certes toujours des homosexuels, mais quand ils se reproduisent et tiennent le haut du pavé, c’est que ça va mal…

Christine Boutin, l’imprécatrice de la décadence

On se demande où Gauber et Guillebon tirent leur inspiration pour cracher à ce point sur les LGBT : ces prophètes de l’homophobie ont-ils été grassement payés pour rédiger de pareilles injures, ou bien se sentent-ils guidés par une voix profonde qui raisonne en vain dans leur esprit torturé ? Le massacre de l’histoire auquel ils se livrent, et que Christine Boutin avait déjà commis à l’Assemblée, laisse penser qu’ils considèrent l’histoire comme le prétexte fourre-tout qui permet à chacun de dire n’importe quoi et de légitimer ses élucubrations haineuses.

Le reste du texte est à l’avenant : l’homosexualité, « forme extrême de perversion » selon ces gens qui sont bien placés pour parler de l’extrême (surtout s’il est à droite), entraînerait « la destruction de la personnalité », comme « dans les grandes expériences totalitaires » et « dans les mouvements sectaires extrêmes ». Gaver et Guillebon adorent le mot « extrême » (quitte à l’utiliser deux fois en trois lignes) : on s’en doutait.

Toujours plus fort, toujours plus loin, toujours plus extrême : les hallucinations se succèdent, et nos deux diseurs de bonne aventure prophétisent à tout va ! Ils voient en effet que l’homosexualité, si rien ne s’y oppose, pourrait bien devenir « dans quelques sociétés alanguies et exsangues une nouvelle forme de révolution totalitaire ou d’épidémie sectaire ». Que d’intelligence et de modération ! Que de profondeur dans l’analyse ! Devant tant d’outrance et d’exagération, on pourrait croire à un canular de Gérald Dahan ou à une plaisanterie du regretté Marcel Béliveau, mais non : tout est sérieux, pensé, réfléchi et pesé dans ces propos détestables.

Lire la suite du texte revient littéralement à mettre le nez dans un sac de purin – pour rester poli. La fièvre inspiratrice a fait des ravages dans les cerveaux surchauffés de notre duo de choc. Toute l’argumentation du paragraphe suivant tente en effet de démontrer que l’homosexualité est une secte : la Miviludes appréciera. S’inventant des amis gays qui les auraient quittés (on le ferait à moins !), les deux auteurs se lancent dans la fausse commisération :

Vampirisée par l’identité collective gay, leur personnalité s’est fondue dans la masse, dissoute, dissolue, disparue. Il y a sans doute peu de mouvements sociaux contemporains qui pratiquent un tel lavage de cerveau, un tel bourrage de crâne (et pas seulement…), un tel conditionnement, un tel endoctrinement, une telle refonte de la personnalité, à part peut-être certaines franges islamistes. Ce n’est pas tant la chute de l’amitié que la perte de l’ami qui s’ensuit, la disparition de la personne que l’on a connue, rapidement lobotomisée, obsédée, fanatisée, ne parlant plus que de sa « sexualité différente » et de sa « communauté » et ne voyant plus rien qu’à travers leur prisme – comme il peut advenir dans certaines familles qui « perd » un de ses membres qui se fait musulman fanatique ou adepte d’une secte. La pseudo « communauté homosexuelle » relève par bien des aspects du phénomène sectaire. Elle en a toutes les caractéristiques, toutes les tares, tous les vices, elle en revêt tous les dangers – jusqu’à ces réseaux de séropositifs qui se transmettent volontairement le virus du sida dans une parodie sodomique de parrainage où ils se donnent par voie anale la maladie et la mort comme « cadeau », « don », « gift »…, selon leurs propres mots.

Les amateurs de bons mots et de plaisanteries fines ne doivent surtout pas passer à côté de la parenthèse humoristique, bien familière à nos Laurel et Hardy de la haine : « un tel bourrage de crâne (et pas seulement…) ». L’argumentation ne leur semblant pas assez stupide comme ça, ils ont sans doute relu leur texte pour y ajouter quelques allusions volontairement grossières qui rabaissent encore le niveau de l’ensemble.

Un paragraphe convenu et attendu contre la pénalisation de l’homophobie laisse ensuite le lecteur sur sa faim : on a l’impression que les deux auteurs se sont calmés après l’orgasme que leur ont apporté les injures du paragraphe précédent. Ils y égrènent seulement les clichés ridicules qui définissent pour eux les homosexuels (évidemment, il n’y a que des hommes qui sont homosexuels…) : « la folle bodybuildée du Queen« , « le vieux coiffeur pédé du Bas-Poitou » et « le précieux écrivain vieille France ».

Bertrand Delanoé, accusé.

Pour faire bonne mesure, Gaver et Guillebon se lancent aussi dans une accusation de favoritisme contre Bertrand Delanoë, et s’interrogent avec bon goût : « Faudra-t-il souhaiter à ses enfants de naître handicapés et homosexuels ? ». Pour eux, punir l’homophobie « n’est que démagogie et idéologie, clientélisme et corruption des principes d’une saine république ».

Finissons-en avec ces sornettes : le dernier paragraphe de ces déjections scripturales aborde le thème du mariage pour tous. Nos Bouvard et Pécuchet anti-LGBT ont dû faire bien des efforts pour parler de ce projet, tant il les rebute par nature. Mais s’ils sont à ce point indisposés, c’est sans doute à cause des effluves nauséabonds de leurs propres vomissures textuelles, qu’ils répandent par saccades :

Voilà, que, non content d’étaler au grand public leurs stériles amours, les homophiles réclament les mêmes droits conjugaux et familiaux que les hétérosexuels ! Voilà que, comme si l’absence de discrimination à leur égard ne leur suffisait pas, ils veulent singer les parents normaux et la famille naturelle – la seule vraie, la seule réelle ! […] Qu’apportent [à la société] les amours homophiles ? Sont-elles utiles au bien commun, conformes à l’intérêt général ? […] Pourquoi la loi, qui sert le bien commun et l’intérêt général, devrait assurer à l’inutile homosexualité les mêmes droits et institutions qu’à l’à tout point de vue féconde hétérosexualité : mariage, famille, etc. ? […] Qu’ils se contentent de vivre leurs amours déviantes en privé et soient déjà contents de pouvoir le faire – car tel n’est pas le cas dans de nombreux pays, islamiques notamment – au lieu de parader à tout va et réclamer ce qui ne leur revient pas !

On arrive au bout de l’argumentation (si tant est qu’on puisse qualifier ainsi ces considérations douteuses) : nos deux mousquetaires se déchaînent. Haro, haro sur les homos ! Déjà qu’on ne les brûle pas, ils ne vont pas en plus nous enquiquiner, nous, les chrétiens blancs hétéros normaux ?! La revendication du mariage avait déjà fait bondir le journal d’extrême-droite Minute il y a quelques semaines, avec une argumentation et une subtilité de la même volée… Il fallait une conclusion qui claque pour nos Cicéron et Démosthène des temps modernes… Après avoir cité Coluche et Orwell, qui eux non plus ne viendront pas les contredire de sitôt, Gaver et Guillebon l’annoncent donc aux lecteurs médusés par tant de clairvoyance : ce que les LGBT veulent, c’est rien de moins que « la dissolution de la démocratie, la destruction de la république, la disparition du bien commun » (oh le beau rythme ternaire de nos rhétoriciens ridicules).

On le voit : le débat serein sur le mariage pour tous et sur l’adoption par les couples de même sexe va faire surgir en place publique l’expression des pires horreurs. Gaver et Guillebon frappent fort : non contents d’être ridicules, ils se rendent haïssables. Pour eux, la chasse aux homos est ouverte, et répandre leurs délires leur apportera un peu de notoriété auprès des puissants qui haïssent les LGBT, dans les mondes politique, financier, médiatique et religieux.

Que peuvent encore imaginer Gauver et Guillebon pour nuire aux LGBT ? Tout.

Que retenir de leurs salissures outrancières et détestables ? Rien.

Extrême(s) Droite(s) | Homophobie | International | Politique | 04.06.2012 - 12 h 44 | 11 COMMENTAIRES
Grèce : Le Parti néo-nazi Aube Dorée s’en prend ouvertement aux LGBT.

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Le leader du parti Aube Dorée : Nikos Michaloliakos

Le 17 juin 2012, on ne votera pas qu’en France pour élire les représentants du peuple : ce sera également la date des élections législatives grecques qui devront déboucher sur la constitution d’un gouvernement.

Or, lors des dernières élections grecques de mai 2012, le parti néo-nazi Aube Dorée est entré pour la première fois au parlement grec, en recueillant 7% des voix. Ces élections étant invalidées, Aube Dorée va-t-il confirmer son entrée au Parlement le 17 juin ? Pour le bien de l’Europe, des LGBT, des immigrés et de la population grecque, il vaudrait mieux qu’Aube Dorée fasse le score le plus bas possible…

D’abord, le chef de ce parti, Nikos Michaloliakos, est ouvertement homophobe. Il a déclaré au journal suisse L’Illustré :

Les homosexuels ne sont pas des gens normaux. Si je l’étais, je n’en serais pas fier.

Peut-être y en a-t-il au sein du parti. Une chose est sûre: celui qui se déclarerait ouvertement pédé (sic) ne serait pas le bienvenu parmi nous.

Bien pire, des tracts ont été distribués à Athènes par les partisans d’Aube Dorée, dans le quartier de Gazi, connu pour être fréquenté par les LGBT. On peut y lire :

Après les immigrés, ça va être votre tour !

Drapeau d'Aube Dorée

Aube Dorée est un mouvement connu pour se livrer régulièrement à des bastonnades sur des immigrés pris au hasard dans la rue. Il menace désormais ouvertement d’étendre ces pratiques ignobles et violentes aux membres de la communauté homosexuelle.

France 2 a réalisé un reportage passionnant sur ce parti Aube Dorée, et en particulier sur les passages à tabac dont sont victimes les immigrés de la part des sympathisants de ce parti.

http://www.youtube.com/watch?v=ZBs9bT6C1YE&feature=related

La journaliste grecque Alexia Kefalas analyse le succès de ce mouvement, dont le chef considère qu’Hitler a été « un grand leader pour le peuple allemand » :

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