4297 Education | E.D.H. – Egalité des Droits Homos/hétéros

La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Education | Extrême(s) Droite(s) | Famille | France | Homophobie | Politique | Religion | 20.09.2014 - 23 h 19 | 38 COMMENTAIRES
L’Education nationale engage enfin une procédure disciplinaire contre l’enseignante extrémiste Farida Belghoul !

Étiquettes : , , , , , ,

Malgré l’engagement anti-LGBT de Farida Belghoul, et malgré les violentes déclarations que cette enseignante avait proférées à l’égard des professeurs et des homosexuels, l’administration de l’Education nationale n’avait jamais pris de mesures envers cette militante radicale, proche de l’extrême-droite, de Dieudonné et de l’essayiste « national-socialiste » Alain Soral. Le rectorat de Versailles vient de mettre fin à ce silence de plusieurs mois, en engageant une procédure disciplinaire à l’égard de cette enseignante haineuse, qui se dit régulièrement « prête à mourir » pour lutter contre les LGBT.

1) Farida Belghoul, la combattante anti-LGBT

Farida Belghoul est l’initiatrice des Journées de Retrait de l’Ecole (J.R.E.). Organisées une fois par mois depuis près d’un an, ces journées doivent, selon leurs partisans, permettre aux parents d’élèves de retirer leurs enfants des écoles françaises, afin de protester contre la supposée introduction de la théorie du genre dans les écoles. En effet, d’après Farida Belghoul, « la pudeur et l’intégrité de nos enfants sont profondément attaquées par la théorie du genre » dans les établissements scolaires.

abcd egaliteCes journées ont connu un certain succès à leur lancement en janvier 2014, en paralysant des dizaines voire des centaines de classes en France, et les grands médias ont alors tous consacré plusieurs longs articles ou reportages à Farida Belghoul et aux JRE. Comble du succès : Farida Belghoul revendique même d’être à l’origine de l’abandon des ABCD de l’Egalité par le Ministère de l’Education nationale en juin 2014.

Répétant à l’envi le slogan « Vaincre ou mourir », Farida Belghoul mène en effet un combat sans relâche contre le mariage pour tous, contre les LGBT et contre « le mal » ou « le diable » qu’elle dit voir s’étendre peu à peu dans le monde moderne. Après s’être rapprochée du mouvement Civitas, elle a notamment créé une association de parents d’élèves indépendante, « dans le but d’interdire l’idéologie du genre à l’école ». Nous verrons à ce sujet (dans un prochain article à venir) que la Manif pour Tous n’est pas du tout insensible aux attraits de cette fédération très clairement extrémiste.

2) L’Education nationale prend enfin les mesures nécessaires contre Farida Belghoul

Najat Vallaud-Belkacem

Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education

Il se trouve que Farida Belghoul est aussi enseignante de lycée professionnel, en français et histoire-géographie. Elle a notamment enseigné au lycée professionnel de Bezons (Val-d’Oise), et elle est aujourd’hui en disponibilité, pour élever ses enfants à domicile, et pour mener ses combats contre l’école et contre les LGBT. Paradoxe : cette opposante acharnée à l’école publique est donc, dans le même temps… fonctionnaire titulaire du ministère de l’Education nationale, dans le système d’enseignement public !

Durant près d’un an, l’Education nationale n’a, semble-t-il, pas voulu ou pas osé agir contre l’un de ses personnels qui outrepassait pourtant clairement les limites de la déontologie liée à son métier. Mais la nouvelle ministre, Najat Vallaud-Belkacem, a décidé qu’il était temps de mettre fin à cette retenue, qui s’apparentait davantage à de la faiblesse qu’à de la générosité. En effet, ce samedi 20 septembre 2014, Pierre-Yves Duwoye, recteur de Versailles, a annoncé à Farida Belghoul qu’une mesure disciplinaire est engagée à son encontre.

Il faut noter, toutefois, que cette procédure n’est pas liée à l’ensemble des propos et activités de Farida Belghoul, mais à un texte très précis de la militante, intitulé « Belghoul versus Belkacem ». Le rectorat de Versailles reproche à Farida Belghoul d’avoir, dans ce texte, manqué à son devoir de loyauté et de réserve. Il affirme en particulier que la militante a tenu « des propos déplacés à l’encontre de la ministre », et qu’elle a incité les parents « à retirer leur enfant de l’école, une journée par mois, en méconnaissance de l’obligation d’assiduité des élèves ».

En effet, dans le texte incriminé, on pouvait lire notamment :

La nomination de Monsieur Najat Belkacem au poste de ministre de l’Education Nationale est une déclaration de guerre aux familles de France. La chouchoute du lobby trans, bi et cie vient de remporter le morceau de charbon incandescent à 36 ans. Si jeune et déjà si âpre à faire le malheur des hommes. […] Il n’y a pas d’argument à introduire le sexe à l’école « dès le plus jeune âge ». Point de « dialogue » donc, mais une provocation calculée.

Ils savent que le Temps joue contre eux, qu’Il oeuvre en faveur des innocents. Ils pressent le pas car leur défaite est à l’horizon. Ils tentent donc le tout pour le tout et plantent une femme « arabe » dans le dos d’une autre femme « arabe ». Ils oublient que l’une des deux, et c’est ce qui la caractérise bien plus que sa race, est prête à mourir pour sauver les enfants.

Pères et mères de France, engagés, et courageux, rassemblez-vous dans les rangs de la FAPEC, familles au complet, levez-vous en première ligne pour vous battre. Lancez-vous dans ce combat béni, protégez la chair de votre chair, ne la vendez pas à vil prix. Sauvez vos enfants, et ainsi sauvez ce monde en marche vers l’abîme. Méprisez le régime de la terreur, et de la calomnie, mis en place contre la JRE. Le pervers se nourrit de ténèbres et de confusions : la nécessité de se détacher de lui devient plus claire. Battez-vous ! Votre regard intensément posé sur votre enfant emporte déjà la victoire finale.

Vaincre ou mourir.

3) Des arguments juridiquement fragiles ?

Pierre-Yves Duwoye, recteur de Versailles

Pierre-Yves Duwoye, recteur de Versailles

Si cette décision était attendue depuis un temps certain, le rectorat de Versailles prend cependant un vrai risque en se lançant dans cette action. En effet, les textes de Farida Belghoul ont toujours été rédigés de manière à sauver les apparences pour échapper à d’éventuelles poursuites judiciaires ou à des sanctions administratives. Le texte en question n’échappe pas à cette règle : Farida Belghoul aura sans doute beau jeu de plaider la bonne foi et de revendiquer sa liberté d’expression. Le rectorat devra donc user de toute son expertise en matière de justice et de droit administratif, afin de faire valoir la légitimité de la procédure engagée.

En outre, ces décisions récentes sont clairement la conséquence du changement de ministre, et il faut s’en féliciter. La politique appliquée par Najat Vallaud-Belkacem et ses conseillers tranche sur ce point avec celle de ses prédécesseurs, qui, malgré une plainte déposée au printemps 2014 par le rectorat d’Orléans-Tours suite à un événement ponctuel, n’avaient pas osé attaquer aussi directement la fondatrice des Journées de Retrait de l’Ecole. On peut sans doute affirmer, sans grand risque de se tromper, que la commission disciplinaire de l’académie de Versailles, en toute objectivité, et au vu de la gravité des actions menées par Farida Belghoul, votera des sanctions contre l’enseignante. Mais, en cas de recours de la part de Farida Belghoul, les motifs invoqués, au regard du texte choisi pour les justifier, pourraient bien ne pas convaincre un tribunal administratif. Celui-ci pourrait en effet privilégier le droit à la liberté d’expression, ou trouver que le texte ne corrobore pas précisément les accusations lancées par le recteur.

4) Prise au dépourvu, Farida Belghoul panique et fulmine.

A l’heure actuelle, apparemment décontenancée par cette décision courageuse et impatiemment attendue par bon nombre de partisans de l’égalité et/ou de l’école républicaine, Farida Belghoul en est réduite à faire appel aux « avocats de France, engagés et courageux, spécialisés en droit administratif ». Elle espère qu’ils la contacteront d’eux-mêmes et l’aideront à sortir de cette situation – où elle s’est elle-même fourrée. Incapable de réagir rapidement à cette situation pour elle inattendue, elle ne peut, semble-t-il, réagir avant au moins deux jours, et elle promet un communiqué pour la soirée du lundi 22 septembre au plus tôt.

Adepte de la théorie du complot jusqu’au bout des ongles, Farida Belghoul continue malgré tout son délire et perd pied de plus en plus. Elle écrit en rouge et en majuscules, sur la copie de la lettre du rectorat, que, lorsqu’elle scanne cette lettre, « la numérisation du document fait apparaître les couleurs de l’arc-en-ciel dans les logos de cette lettre ». Comprenez : le lobby LGBT est partout, et l’Education nationale travaille pour lui ; la preuve en est que le logo de l’Education, quand on le scanne, ferait « apparaître les couleurs de l’arc-en-ciel » !

Soral et Belghoul surpasseront-ils J.R. et Sue Ellen ?

Soral et Belghoul surpasseront-ils J.R. et Sue Ellen ?

Il semble, en réalité, que le navire Belghoul prenne l’eau de toute part. En effet, elle affirme elle-même avoir été « trahie » et « abandonnée » par les deux membres les plus importants des Journées de Retrait de l’Ecole ! Depuis plusieurs semaines, sa « principale collaboratrice » et son « principal collaborateur » ont décidé de rompre tout lien avec elle, et elle a même déposé plainte contre celui qu’elle considérait comme son propre fils. En parallèle, elle se dit harcelée par l’autre figure principale des JRE, sa collaboratrice qui nourrissait en réalité, selon Belghoul, « une passion pour le traître » et aurait donc quitté sa patronne pour cette raison !

Ironie de l’histoire : Farida Belghoul voulait restaurer la cité de Jérusalem sur terre, pour y célébrer le retour des prophètes. Mais elle n’aura réussi qu’à ressusciter une pâle et grotesque copie d’une autre ville : Dallas, ou Santa-Barbara.

Associations | Discriminations | Education | Famille | Homoparentalité | Homophobie | International | Mariage | Medias | Politique | 10.08.2014 - 21 h 11 | 0 COMMENTAIRES
« L’Egalité des Droits dépase les frontières » : LGBT d’Europe, unissons-nous !

Étiquettes : , , , , , , ,

Ce billet a pour but de présenter une petite vidéo réalisée en Ukraine par 40 jeunes militants LGBT de toute l’Europe, qui a déjà été vue plus de mille fois en deux jours. Ce clip a une valeur symbolique importante : il nous rappelle que les droits LGBT sont une problématique européenne et internationale, et que l’Europe toute entière doit s’engager davantage pour les défendre.

1) Le contexte européen : « A vos marques, Prêts… Egalité ! »

youth_in_action_logoL’Union européenne a mis en place un vaste programme d’éducation intitulé « European Youth in Action » (Jeunesse Européenne en action). Ce programme est à destination des jeunes de 13 à 30 ans, et a pour ambition de favoriser la mobilité internationale des jeunes Européens, ainsi que leur sens de la citoyenneté, de la solidarité et de la tolérance.

C’est dans ce cadre qu’a lieu le projet « Ready Steady Equal » (« A vos marques, prêts,.. Egalité »), destiné à lutter contre les discriminations liées au genre et à l’orientation sexuelle. Au sein de ce projet, un stage a eu lieu, du 26 jullet au 03 août 2014, à Lviv, grande ville d’Ukraine, située à l’Ouest du pays. Il a permis à 40 jeunes militants des droits LGBT, issus de l’Union européenne et de pays du continent européen, de se rencontrer et de dialoguer entre eux sur les droits LGBT en Europe.

Le choix de l’Ukraine comme pays de rencontre est significatif, alors que les droits des LGBT sont toujours très largement ignorés voire combattus dans ce pays en proie à de vifs affrontements à la fois en interne et avec la Russie.

2) Le clip réalisé : « L’égalité des droits dépasse les frontières ».

A la fin de ce stage, les participants, issus de 10 pays, ont réalisé un clip, par le biais de la plate-forme Bell Media. Cette vidéo est intitulée « Equal Rights are bigger than Borders » : « L’égalité des droits dépasse les frontières ». Elle montre l’importance de la coopération entre les citoyens des différents pays européens pour faire progresser l’égalité des droits :

En voici la traduction en français :

– Je suis du Royaume-Uni, et j’aimerais envoyer un message à mes amis LGBT en Ukraine. Je veux qu’ils soient forts, et je les soutiens dans leur combat pour l’égalité.

– Nous vivons en Ukraine, et nous soutenons nos amis italiens dans leur lutte contre l’homophobie.

D’Italie, nous souhaitons que nos amis polonais puissent se sentir en sécurité lorsqu’ils s’expriment dans la rue.

– J’habite en Pologne, et j’espère que la Turquie va inclure les droits des LGBT dans sa constitution.

– Nous sommes trois militants LGBT de Turquie, et nous soutenons le droit au mariage pour nos amis allemands.

– Je viens d’Allemagne, et je souhaite que mes amis géorgiens puissent vivre sans être discriminés.

– Je suis de Géorgie, et je soutiens les droits LGBT en République Tchèque.

– Je suis de République tchèque, et je veux que mes amis d’Azerbaïdjan soient protégés des crimes de haine.

– Les Azerbaïdjanais veulent que le gouvernement britannique enseigne les questions LGBT dès l’école.

Chacun aura compris l’une des moralités de la vidéo : les citoyens européens se soutiennent les uns et les autres dans les combats respectifs qu’ils mènent au sein de leur pays pour faire avancer l’égalité des droits. Les combats individuels et nationaux doivent converger vers une amélioration globale et européenne des droits LGBT. Ces jeunes en appellent donc à la responsabilité des dirigeants et représentants de l’Union européenne, ainsi qu’à celle des gouvernements et parlementaires nationaux de tous les pays du continent européen. Mais cette vidéo est à aussi à l’adresse du grand public : c’est à chaque citoyen européen de ces différents pays que ces jeunes militants veulent s’adresser.

3) Les adversaires des droits LGBT s’organisent déjà à l’échelon européen.

Manifestation en Allemagne, aux logos de la Manif pour Tous.

Manifestation en Allemagne, aux logos de la Manif pour Tous.

Ce genre d’action, soutenue par la commission européenne, est aujourd’hui de la plus grade utilité. En effet, les opposants aux droits LGBT ont, quant à eux, déjà réalisé la Sainte Alliance anti-LGBT en Europe. Cette internationalisation de la lutte contre les droits civils des LGBT a été menée sous la houlette de Louis Montané de la Roque, qui n’est rien de moins qu’un descendant de Hugues Capet !

Voici trois exemples où l’on retrouve l’influence néfaste du mouvement « La Manif pour Tous » en Europe. Ils ne sont présentés ici que brièvement, mais ils mériteraient de faire chacun l’objet d’un article plus approfondi. En effet, ils sont chacun révélateurs des objectifs de la Manif pour Tous au niveau européen, et des problématiques LGBT qui traversent actuellement les différents pays.

a) En Allemagne

La Manif pour Tous allemande « Die Demo für Alle » a manifesté en Bade-Wurtemberg pour protester contre l’instauration de programmes scolaires visant à lutter contre l’homophobie dans les écoles primaires. Elle a malheureusement obtenu gain de cause en partie. Elle réalise à présent une pétition pour s’opposer à un projet similaire porté par le gouvernement de Basse-Saxe.

La Manif pour Tous en Italie

La Manif pour Tous en Italie

b) En Italie

La Manif pour Tous Italia s’oppose depuis plusieurs mois à l’instauration d’une loi destinée à sanctionner les propos et actes homophobes. Les manifestants affirment défendre la liberté d’expression contre les prétendus dérives totalitaires d’un imaginaire « lobby gay ». Ils sont ainsi apparus avec, entre autres, des baillons arc-en-ciel sur la bouche.

c) En Croatie

En Croatie, la Manif pour tous a inspiré le collectif « Au nom de la famille », qui a interdit par référendum l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Ce collectif a en effet fait introduire dans la constitution la définition du mariage comme union d’un homme et d’une femme. Son logo, ses méthodes et ses objectifs sont très proches de ceux de la Manif pour tous.

4) Qui défend actuellement les droits LGBT au niveau européen ?

Heureusement, l’égalité des droits est d’ores et déjà défendue, aujourd’hui même, par au moins quatre instances au niveau européen, qui sont cependant encore beaucoup trop peu connues par le grand public :

ilga europel’association ILGA-Europe, qui réunit 417 organisations-membres issues de 45 pays européens. Il s’agit de la branche européenne de l’Association Ilga, fédération internationale d’associations de lutte pour l’égalité des droits.

l’Intergroupe « Droits LGBT » au Parlement européen, qui réunissait 175 eurodéputés durant la précédente législation (2009-2014), et qui devrait être reconduit durant cette session.

nelfale réseau Rainbow Rose, qui rassemble les partisans de l’extension des droits LGBT au sein des partis socialistes, travaillistes et sociaux-démocrates, dans le cadre du Parti Socialiste Européen (PSE)

le réseau Nelfa, qui défend les droits des familles homoparentales en Europe.

Au niveau international, et donc supra-européen, on pourra également noter l’investissement d’associations comme Amnesty International ou les campagnes d’All Out.

L’intérêt de la vidéo ci-dessus est donc de nous montrer que :

– le grand public et les militants doivent comprendre que la défense de l’égalité des droits se joue aujourd’hui au niveau européen et international, et il faut s’investir dans ces organisations internationales,

l’Union européenne doit saisir à bras-le-corps les responsabilités qui lui incombent, en promouvant plus largement encore, en son sein et à l’international, la lutte pour l’égalité des droits,

les instances qui luttent d’ores et déjà au niveau européen pour l’égalité des droits doivent être davantage connues au sein du grand public. J’espère que ce billet aura permis d’y contribuer.

Education | Extrême(s) Droite(s) | France | Homophobie | Politique | 02.10.2013 - 00 h 57 | 14 COMMENTAIRES
Un syndicat d’enseignants (Snalc) accuse Thomas Hollande de promouvoir la « théorie du genre » au sommet de l’Etat.

Étiquettes : , , ,

Un syndicat d’enseignants, le Snalc (Syndicat national des lycées et collèges), a pris une position tout à fait étonnante au sujet de la « théorie du genre », devenue depuis quelques mois l’angle d’attaque privilégié des opposants au mariage pour tous. On peut entendre cette position en se rendant sur le site du collectif Racine, qui regroupe « les enseignants avec Marine Le Pen« .

Le 10 juillet 2013, l’enseignant Emmanuel Protin, présenté comme « membre du bureau national du Snalc » (mais également attaché de presse de ce syndicat), était invité à s’exprimer sur l’éducation par la radio d’extrême-droite Radio Courtoisie. Aux côtés de 5 autres invités, qui étaient tous des enseignants membres du Front National, il a été interrogé par le présentateur, lui-même ancien candidat FN aux élections municipales de 2001 et 2008, sur la supposée « ‘irruption de la théorie du genre » dans les programmes de l’Education nationale.

Bien sûr, la formulation de cette question est doublement fausse : d’une part, rappelons qu’il n’existe pas de « théorie du genre« , mais uniquement des « études de genre », qui constituent un champ de recherche universitaire inter-disciplinaire. D’autre part, les études de genre n’ont pas fait « irruption » dans l’Education nationale : le gouvernement Ayrault a simplement manifesté la volonté de lutter contre les stéréotypes de genre à l’école – ce qui a suffi à déclencher l’hostilité des milieux de droite et d’extrême-droite qui en ont fait leur nouveau cheval de bataille.

Emmanuel Protin (Photo – Sénat)

On aurait pu attendre une réponse claire, argumentée et nuancée de la part d’un syndicat comme le Snalc, qui se présente très officiellement comme « le deuxième syndicat le plus représenté chez les professeurs du second degré aux élections professionnelles ». Il aurait suffi à son représentant, Emmanuel Protin, d’expliquer qu’il n’y a pas de théorie du genre, que cette supposée théorie ne figure en aucun cas dans les programmes officiels, et que le ministre lui-même a déclaré ne pas promouvoir de quelconque « théorie du genre ».

Hélas ! Le représentant du Snalc a fait un choix bien différent de ce que le bon sens aurait dû lui inspirer.  En effet, loin de remettre en cause le pré-supposé de la question, il a poussé encore plus loin l’erreur (ou le mensonge ?) du présentateur, en déclarant :

Rien n’est scientifiquement fondé […] On ne voit donc pas pourquoi, dans l’école de la République, on enseignerait des théories qui ne sont pas scientifiquement vérifiées.

Sa réponse amalgame études de genre réelles et « théorie du genre » fantasmée, et elle laisse croire que le ministère demande aux enseignants de promouvoir des théories farfelues ou erronées, alors que ce n’est pas du tout le cas. Il y a là une confusion inquiétante de la part d’un enseignant, responsable d’un syndicat.

Mais à cette erreur grossière s’ajoutent des propos encore plus surprenants. Pour compléter sa réponse, Emmanuel Protin ajoute :

« Je crois qu’il y a un certain nombre de gens très très haut placés qui s’occupent de ces théories, y compris un certain M. Hollande fils […]. Thomas Hollande travaille notamment dans ce domaine-là. La rumeur dit que c’est pour ça que le président de la République aurait un oeil favorable par rapport à ça ».

Cette accusation à l’emporte-pièce est tirée du site Egalité et Réconciliation dont le responsable est Alain Soral, ami de Dieudonné, ancien responsable du FN et pourfendeur à la fois du « sionisme » et du supposé « communautarisme gay ». C’est une drôle de source pour un syndicat censé représenter les enseignants qui ont pour but d’éveiller l’esprit critique et la tolérance chez leurs élèves !

Après avoir déploré que Luc Chatel, bien qu’il soit à l’UMP,  avait déclaré qu’il ne « reviendrait pas » sur les programmes de SVT, auxquels certains avaient (à tort !) reproché de laisser trop de place à la notion de « genre », Emmanuel Protin lance une déclaration qui se veut à demi-mystérieuse :

« Il y avait déjà eu des attaques à ce niveau-là, une introduction d’une certaine forme de lobbyisme à l’intérieur de l’Education nationale sous le gouvernement précédent ».

On comprend bien, car il s’agit là d’une ficelle habituelle à l’extrême-droite, quelle partie de la population est désignée par cette accusation de « lobbyisme » au sein du ministère : les attaques envers un supposé « lobby LGBT » sont coutumières chez Marine Le Pen, Robert Ménard ou Eric Zemmour, et le Snalc, en décembre 2011, avait déjà fustigé « le communautarisme sexuel » (sic) qu’il avait cru voir à l’oeuvre dans l’évolution des programmes lors de la réforme du lycée.

L’interview est disponible dans son intégralité sur le site du Collectif Racine, qui regroupe « les enseignants avec Marine le Pen« . On s’étonne, vraiment, d’entendre, sur le site du FN, le représentant de ce syndicat tenir de tels propos, alors que le Snalc se défend régulièrement d’être un syndicat lié à l’extrême-droite et revendique « sa neutralité » politique.

Enfin, le Snalc tiendra son congrès à la mi-octobre : on annonce la venue du ministre Vincent Peillon en personne pour ce congrès. Ce serait un affront pour tous les LGBT qu’un ministre se déplace au congrès de ce petit syndicat (par rapport à l’échelle du ministère), dont un représentant ose non seulement s’exprimer sur la radio d’extrême-droite Radio Courtoisie, déjà rappelée à l’ordre plusieurs fois par le CSA pour des propos à orientation raciste ou homophobe, mais en plus déverse un nombre impressionnant d’erreurs en quelques phrases, en s’inspirant de sites extrémistes et en donnant raison aux influents membres du Front national présents dans le même studio que lui lors de cette émission.

Après les reculades du gouvernement sur la PMA ou sur le don du sang par les homosexuels, la caution personnelle que Vincent Peillon donnerait à ce syndicat en se rendant à son congrès serait une offense de plus envers les LGBT.

Education | France | Homophobie | Mariage | Politique | 07.01.2013 - 19 h 23 | 0 COMMENTAIRES
Débats sur le Mariage pour tous en milieu scolaire : l’enseignant Philippe Arino peut-il outrepasser les consignes du ministre ?

Étiquettes : , , , , ,

Philippe Arino est enseignant d’espagnol dans l’enseignement secondaire. Il est en disponibilité durant toute l’année scolaire 2012-2013 pour aller prêcher contre le mariage pour tous, bien qu’il se dise lui-même homosexuel. Il sert ainsi, en menant un très grand nombre de conférences à travers toute la France, le combat mené par l’Eglise catholique contre l’égalité des droits.

En plein débat sur la nécessaire neutralité de l’enseignement face aux questions de société, et alors même que Vincent Peillon a rappelé l’importance de la lutte contre l’homophobie dans les établissements scolaires, il s’avère que Philippe Arino est invité à parler dans deux lycées au début de l’année 2013. Il sera le vendredi 25 janvier 2013 au Lycée privé sous contrat Thérèse Chappuis (Paris), et le mercredi 06 février, il tiendra une conférence sur le thème du plaisir (!) au Lycée Kléber (Strasbourg).

Est-il acceptable qu’on invite dans des établissements scolaires, privés comme publics, un enseignant qui écrit sur son site : « Je sais que l’homosexualité est une blessure d’orgueil, qui donne raison à la peur » ? Est-il tolérable, alors même que Vincent Peillon a appelé les recteurs d’académie à la plus grande vigilance pour protéger les jeunes homosexuels de toute déclaration homophobe, qu’on accueille en milieu scolaire un intervenant, qui plus est enseignant lui-même, qui écrit : « Toute personne homosexuelle, je crois, connaît tacitement le contexte peu glorieux de l’émergence de son désir homosexuel. Sa genèse boueuse. » ? Peut-on inviter dans les établissements l’auteur des outrances suivantes : « les quelques militants pro-mariage-pour-tous et gay friendly […] s’engluent dans l’image, l’orgueil, la peur et le terrorisme » ?

Voici quelques citations complémentaires de Philippe Arino, pour montrer quel type de personnage s’apprête à pérorer devant les jeunes, dans le cadre scolaire. Toutes ces citations sont consultables sur son site, rubrique « Je l’ai dit » :

« L’homosexualité, c’est exactement comme l’obésité : il y en a certains qui ne l’ont absolument pas choisie et qui n’y sont pour rien ; il y en a qui à la fois l’ont subie et qui s’y installent ; d’autres qui en sont totalement responsables par leurs comportements […] ;

Il n’y a pas plus homophobes que les personnes homosexuelles (assumées ou refoulées) car le désir homosexuel est contre lui-même ;

C’est d’ailleurs un travail de démonologue que j’ai tenté de faire en traitant dans mon livre de la merde, du mal, des satanismes collectifs, des dictatures et des dictateurs, des techniques amoureuses homosexuelles et des paradoxes du libertin, des manoeuvres et du cheminement bien-pensant du diable. Nous avons à nous frotter au mal (sans agir pour autant comme lui). ;

Fier d’être « homophobe » tel qu’ils l’entendent…

Le désir homosexuel est trop faible et trop éloigné du Réel pour mériter le nom de désir

Toute personne homosexuelle rejette, de par son désir, LA Différence fondamentale à qui elle doit son existence : la différence sexuelle (et finalement, on se rend compte, en observant les modes de vie des personnes homosexuelles, que le rejet de cette différence-là s’étend bien souvent à d’autres différences humaines, moins fondatrices). Non : la plupart des personnes homosexuelles ne sont pas des amis de la différence.

Je crois que le désir homosexuel est une blessure […] La blessure est la marque du mal, le signe du péché

Tous ceux qui pratiquent les actes homosexuels sont homophobes. Que ça leur plaise ou non. C’est un constat que je fais sans arrêt. Ça ne loupe jamais. »

Enfin, faut-il rappeler que Philippe Arino prône l’abstinence complète de relations sexuelles pour toutes les personnes homosexuelles, principe qu’il résume par le slogan suivant : CONTINENCE POUR JÉSUS = VIE GAY JAMAIS DÉÇUE ?Lui-même, toujours sur son site, se vante de l’influence qu’il peut avoir sur les jeunes : « mon témoignage en tant que continent homosexuel avait un fort impact sur les jeunes ».

Si Vincent Peillon tient à rester crédible en tant que ministre de l’Education, il doit demander aux recteurs d’Académie concernés de s’opposer aux interventions de Philippe Arino dans les établissements scolaires. A défaut, la parole de Philippe Arino viendra faire souffrir, en milieu scolaire, les jeunes LGBT à qui elle sera imposée par leurs propres enseignants, et elle méconnaîtra le principe de neutralité dont le ministre lui-même a rappelé l’importance à l’ensemble de la communauté éducative.

Associations | Discriminations | Education | France | Homophobie | Politique | PS | 06.10.2012 - 18 h 03 | 0 COMMENTAIRES
Octobre 2012 : Le rapport sur la Refondation de l’école rappelle la nécessité de « lutter contre les stéréotypes racistes, sexistes ou homophobes ».

Étiquettes : , , , ,

Le 5 octobre 2012, le ministère de l’Education nationale a mis en ligne un  document de 50 pages intitulé « Refondons l’École de la République – Le rapport de la concertation« . Ce rapport fait suite à plusieurs mois de concertation et de débats entre de très nombreux acteurs du système éducatif (cadres, enseignants, syndicats, chercheurs, associations, etc.).

Ce rapport sera utilisé par Vincent Peillon, ministre de l’Education nationale, pour élaborer la future loi d’orientation sur l’Education nationale qui donnera les grands axes de la politique éducative durant le quinquennat de François Hollande. Trois passages concernent directement les LGBT et la lutte contre les LGBT-phobies, et ils sont plutôt positifs.

D’abord, pour les auteurs du rapport, l’école doit « lutter contre les stéréotypes racistes, sexistes ou homophobes » et « apprendre aux élèves à refuser tous les types de discrimination ». Même si cela semble aujourd’hui aller de soi, il est toujours bon de rappeler ce rôle de l’Ecole, parfois passé sous silence. La lutte contre l’homophobie n’a été l’un des objectifs de l’école qu’à partir… de 2001 (sous Jack Lang), puis à partir de 2008 (sous Xavier Darcos) : il s’agit donc là d’une ambition récente de l’école, qui est toujours à réaffirmer.

D’autre part, les auteurs du rapport préconisent d' »intégrer systématiquement au règlement intérieur le rappel et l’explication du principe de laïcité et des règles en découlant, ainsi que le refus des discriminations, la lutte contre les stéréotypes liés au genre et l’égalité filles-garçons ». Ils témoignent ainsi d’une volonté réelle de sanctionner et de prévenir toute attitude ou tout propos enfreignant la laïcité ou le respect des différences.

Enfin, les associations sont plusieurs fois mentionnées au cours du rapport. Leur rôle éducatif est mis en valeur, et le rapport préconise même de les faire participer à la formation des maîtres au sein des futures Espé (Ecoles supérieures du professorat et de l’éducation). On peut espérer que des associations comme Le Refuge, Contact ou SOS Homophobie pourront ainsi transmettre aux enseignants leurs connaissances et leurs savoir-faire en matière de lutte contre l’homophobie et l’exclusion.

Rappelons que l’association SOS Homophobie avait proposé sa propre contribution aux débats sur la refondation. Elle y insistait notamment sur la nécessité de sensibiliser les élèves au respect des différences de genre et d’orientation sexuelle, sur l’intégration à la formation des enseignants de modules sur les questions LGBT, ainsi que sur la mention des sanctions encourues pour LGBT-phobies dans le règlement intérieur. On peut voir que les auteurs de ce rapport ont entendu et retenu la plupart des revendications de l’association.

Par ailleurs, la ministre déléguée à la réussite éducative, George Pau-Langevin, était chargée dans l’équipe de François Hollande des questions sociétales, au sein desquelles figurait l’égalité des droits entre les couples et la lutte contre les discriminations. Gageons que la ministre saura mettre en oeuvre les moyens nécessaires à la lutte contre l’homophobie, qui participe, elle aussi, à la réussite éducative et au bien-être des élèves à l’école. En effet, il reste maintenant au ministère de l’Education nationale à transcrire toutes ces belles ambitions dans la loi d’orientation pour l’école, qui sera rédigée au cours des prochaines semaines.

Discriminations | Education | Homophobie | International | Islam | 14.09.2012 - 14 h 28 | 10 COMMENTAIRES
Malaisie : le ministre de l’éducation lance une liste de « symptômes » pour traquer et « corriger » les jeunes homos et lesbiennes

Étiquettes : , ,

Mohd Puad Zarkashi, ministre de l’éducation en Malaisie.

En Malaisie, le ministre de l’Education a donné des instructions claires aux enseignants et aux parents.

Le ministre Mohd Puad Zarkashi leur enjoint en effet de détecter, parmi leurs élèves et leurs enfants, les huit symptômes qui peuvent laisser penser qu’ils sont homosexuels. Si des enfants ont ces « symptômes », il faut leur accorder toute son attention, et bien sûr les corriger.

Voici les symptômes qui permettront de détecter les jeunes gays et lesbiennes :

Pour les gays :

  • Avoir un corps musclé, et montrer son corps par des cols en V et des vêtements sans manches,
  • Préférer les habits moulants et de couleur pâle,
  • Etre attiré par les hommes,
  • Aimer porter des sacs similaires à ceux des femmes.

Pour les lesbiennes :

  • Etre attiré par les femmes,
  • Se tenir à distance des autres femmes, sauf celles avec qui elles ont des relations,
  • Aimer sortir, manger et dormir en compagnie de femmes,
  • Ne pas avoir d’affection pour les hommes.

Ces instructions ont été délivrées au cours d’un séminaire sur les questions LGBT à destination des enseignants et des parents. Ce genre de séminaire est tenu à travers toute la Malaisie (Selangor, Kuala Lumpur, Perak…), et a pour objectif revendiqué de lutter contre l’homosexualité.

L’activiste Pang Khee Teik a accusé le ministre de vouloir répandre la haine, et l’avocate Fadiah Nadwa Fikri a rappelé que la Malaisie fait encore partie des pays du monde qui persécutent les homosexuels. Ce guide y contribue pleinement – et ce dès le plus jeune âge…

Education | Homophobie | International | Politique | Religion | 04.07.2012 - 02 h 43 | 1 COMMENTAIRES
Brésil : Deux meurtres homophobes endeuillent le pays, et relancent le débat sur la protection des LGBT

Étiquettes : , , ,

Deux meurtres homophobes extrêmement violents ont eu lieu durant ces derniers jours au Brésil. Le pays protègera-t-il enfin les LGBT en luttant vraiment contre l’homophobie ?

José Leonardo da Silva

Un meurtre effroyable a eu lieu dimanche 24 juin 2012, dans l’Etat de Bahia. José Leandro et José Leonardo, deux jeunes garçons de 22 ans, revenaient ensemble d’une fête qui avait lieu à Camaçari, une ville située à 41 km de Salvador, la capitale de l’Etat de Bahía. Ils marchaient l’un contre l’autre, quand huit jeunes gens ont croisé leur chemin et les ont pris pour un couple gay. Le groupe s’est mis à insulter les deux garçons, à les frapper, à leur jeter des pierres,… dans un déferlement de violence qui s’est littéralement abattu sur les deux jeunes pris au piège.

José Leandro, grièvement blessé, a été emmené d’urgence à l’Hopital général de Camaçari. Il a été touché en particulier à la mâchoire et à l’oeil gauche, quasiment crevé. José Leonardo, quant à lui, a été frappé jusqu’à tomber à terre. Battu par le groupe, et frappé plusieurs fois à la tête, il est décédé en se vidant de son sang. Alertée par un témoin, la police est intervenue et a arrêté plusieurs membres du groupe, tous âgés d’une vingtaine d’années.

Les deux garçons n’étaient pas gays : il s’agissait de deux frères jumeaux. La fiancée de José Léonardo, qui est mort sous les coups des homophobes, était enceinte de trois mois. Si elle ne se répète pas, l’histoire semble pourtant parfois bégayer : en juin 2011, un père brésilien et son fils avaient été brutalement agressés par un groupe de jeunes, car ils avaient été pris pour un couple gay. L’un des jeunes avait alors arraché, de ses dents, un bout d’oreille au père de l’adolescent.

Lucas Ribeiro Pimentel

Le second meurtre est tout aussi horrible et abject. Le 25 juin, le corps du jeune gay Lucas Ribeiro Pimentel, âgé de 15 ans, a été retrouvé gisant dans le fleuve Paraíba do Sul, qui traverse la ville de Volta Redonda dans l’état de Río de Janeiro. Le jeune garçon, qui était ouvertement homosexuel, a été molesté selon la police pour des motifs clairement homophobes. Il a été frappé, torturé, mutilé : d’abord battu avec violence, il a ensuite été sodomisé avec un bâton, et ses agresseurs sont allés jusqu’à lui crever les deux yeux, avant de jeter son corps inerte dans le fleuve.

Ces deux histoires affreuses ne sont pas des cas isolés au Brésil : selon le secrétariat brésilien aux Droits de l’Homme, un rapport de 2011 a dénombré près de 300 meurtres homophobes dans le pays. Un groupe de militant(e)s LGBT affirme qu’il y aurait au moins un(e) LGBT assassiné tous les trois jours dans l’Etat de Bahia.

La sénatrice Marta Suplicy

Dans ce contexte, le débat sur la protection des LGBT est relancé au Brésil. Jusqu’ici, les droits LGBT semblaient plutôt menacés par les lobbies anti-LGBT, majoritairement religieux. D’une part, en 2011, Dilma Rousseff avait renoncé au programme de prévention de l’homophobie à l’école qui devait aider à lutter contre ces formes de violence. D’autre part, le 28 juin, c’est-à-dire trois à quatre jours après la mort des deux jeunes gens, la Chambre des Députés du Brésil a dû débattre du projet d’un député et pasteur évangélique, João Campos, qui voulait faire annuler une résolution du Conseil Fédéral de Psychologie interdisant aux psychologues  de chercher à « guérir » l’homosexualité – comme s’il s’agissait d’une maladie…

Mais une femme politique brise à présent la loi du silence : la courageuse sénatrice Marta Suplicy a évoqué ces deux crimes pour que soit mise en place une loi qui permette de réprimer l’homophobie et de combattre la violence envers les homosexuels. Il reste à espérer que Marta Suplicy sera entendue par les parlementaires brésiliens, et que les conservatismes religieux ne se rendront pas coupables de mépris et d’indifférence face à ces crimes de haine.

Education | Famille | France | Mariage | Medias | Politique | UMP | 01.06.2012 - 15 h 20 | 24 COMMENTAIRES
Pour Henri Guaino, autoriser le mariage pour les couples de même sexe, c’est créer une « déchirure dans la nation ».

Étiquettes : , , ,

On a connu Henri Guaino mieux inspiré. En campagne dans les Yvelines, cette plume de Sarkozy use de tout son talent pour justifier les erreurs passées de son mentor, et pour tenter de plaire à l’électorat de sa circonscription. Mais l’exercice a ses limites, et le verbe le plus inspiré ne peut pas cacher les incohérences de fond…

Interrogé par Famille Chrétienne sur le mariage des couples de même sexe, Henri Guaino tente de faire croire que Nicolas Sarkozy a pris position sur ce thème en raison de ses valeurs personnelles, et non pour capter les voix des catholiques les plus conservateurs :

Ne pouvez-vous pas imaginer que les hommes politiques puissent avoir d’autres motivations qu’électorales ? Nicolas Sarkozy a beaucoup réfléchi, beaucoup dialogué. Il s’est forgé des convictions à l’épreuve du pouvoir et de la complexité des choses humaines.

C’est oublier un peu vite les errements de Nicolas Sarkozy sur la question de l’union civile, le statut du beau-parent, etc.

Plus grave, Henri Guaino foule aux pieds à la fois les principes de la logique et les règles élémentaires de la démocratie. Il déclare en effet :

Nicolas Sarkozy a voulu tenir compte de l’état de la société française. Admettons que 60% des Français soient assez « pour » le mariage homosexuel et que 30% le refusent catégoriquement. D’un côté, on a une majorité qui embrasse l’air du temps et de l’autre, une forte minorité résolument opposée parce que cela lui pose un problème de conscience. Le devoir du chef de l’État est de chercher à éviter les déchirures dans la Nation.

La situation doit être bien grave et désespérée, pour que Henri Guaino en arrive à ce point d’incohérence dans son raisonnement. Entre les lignes, il dit tout simplement qu’une mesure, même si elle reçoit l’assentiment de la majorité, ne doit pas être appliquée dans une démocratie, au prétexte qu’une minorité risque de recourir à des moyens extrêmes pour s’y opposer. C’est bafouer le principe-même de la démocratie que d’affirmer cela.

D’autre part, soutenir le mariage pour tous les couples ne signifie absolument pas « embrasser l’air du temps ». M. Guaino ferait bien de garder ses expressions méprisantes pour ceux qui ont fait perdre Nicolas Sarkozy, par leurs positions radicales et haineuses envers un nombre considérable de catégories de la population française (magistrats, homosexuels, immigrés, syndicats,…). S’il veut absolument reprendre les discours du Marine Le Pen et de Christine Boutin, je pense que les gens préfèreront voter directement pour ces deux partis de droite extrême.

Last but not least, Henri Guaino revient sur l’introduction du genre dans les programmes de Première. Là, on n’est même plus dans le manque de logique, mais dans le ridicule le plus complet :

Le président a découvert cela par la presse, et moi aussi ! C’est absolument aberrant. À la rigueur, on peut parler des « genres » en cours de philosophie, mais dans un cours de biologie c’est proprement ahurissant. C’est de la confusion intellectuelle. Seulement, à chaque échelon, c’est le règne du politiquement correct, et personne n’ose prendre de risques par rapport au consensus ambiant. C’est la logique de la machine bureaucratique dont le politique est exclu. Il doit y reconquérir sa place.

Selon Henri Guaino, c’est donc le Président et son conseiller spécial, ou à la rigueur les cadres du parti au pouvoir, qui devraient écrire les programmes de l’éducation. Cela ne se passe ainsi dans aucun pays démocratique… Par ailleurs, s’il y a consensus à tous les échelons de l’Education nationale selon M. Guaino lui-même, pourquoi faudrait-il céder aux quelques récriminations du lobby catholique, qui souhaite de toute façon instaurer des écoles hors contrat libérées de tout programme imposé par l’Etat ?

Pour parvenir à créer la France Forte, Henri Guaino a donc choisi une nouvelle ligne de conduite : appeler de ses voeux à la dictature d’une minorité de conservateurs catholiques, en s’opposant coûte que coûte aux droits civils et à la reconnaissance des LGBT. Il faut éprouver à l’encontre de ses électeurs un mépris absolu pour croire qu’il faut tenir un tel discours afin de récolter leur voix. En tous les cas, si de telles paroles lui permettront peut-être d’être élu dans les Yvelines (ce que je ne souhaite pas), elles l’empêcheront d’être, à mes yeux, un serviteur digne et noble de la République à l’Assemblée nationale.

Discriminations | Education | Homophobie | International | 04.05.2012 - 04 h 51 | 2 COMMENTAIRES
Un conte d’Allemagne : l’instituteur, le prêtre, et les villageois homophobes.

Étiquettes : , , ,

Ce conte relate une histoire vraie, qui n’est pas si ancienne qu’on pourrait le croire.

Il était une fois un petit village de 1200 habitants, Rechterfeld, en Allemagne (Basse-Saxe), dont le maire et les habitants étaient bien embêtés. En effet, l’école publique n’avait plus de directeur depuis plusieurs mois, et il est bien difficile de faire tourner un établissement dans ces conditions. Au printemps 2012, un instituteur se présente. Vite vite, on réunit les comités nécessaires, on demande l’accord des autorités compétentes : tout va pour le mieux, le candidat est retenu, et il va pouvoir prendre les rênes de l’établissement qui en a tant besoin. Or, c’est lorsqu’on croit que tout est arrangé, que les ennuis commencent..

Coup de théâtre : le prêtre catholique, figure centrale dans ce petit village conservateur, dit avoir reçu de nombreux appels émanant des villageois inquiets et courroucés. De quoi se plaignent-ils ? Eh bien, pardi, il se murmure que le nouvel arrivant serait gay et protestant – deux tares impardonnables dans le village. Le prêtre, Hermann Josef Lücker, n’écoute que son courage, et prend son téléphone. Il tombe sur le compagnon de l’instituteur, et lui explique que les villageois sont mécontents : ils lui auraient fait part de « leurs craintes », « leurs peurs », « leurs détresses ». L’instituteur n’est pas là – le prêtre laisse un message à son intention : il espère bien pouvoir lui dire bientôt deux mots, en entretien privé…

Mais le prêtre n’aura jamais l’occasion de se livrer à l’entretien qu’il avait prévu. Car, suite à cet appel, l’instituteur a tout bonnement… retiré sa candidature. A présent, le prêtre nie avoir tenu des propos désagréables par téléphone sur l’homosexualité ou le protestantisme de l’instituteur. Mais, quand on lui demande de quels problèmes il voulait parler avec l’instituteur, et pourquoi celui-ci a subitement refusé de venir, il élude la question. Il se refuse également à dire qui l’a appelé, et pourquoi il s’en est pris à l’instituteur, au lieu d’expliquer aux villageois que « leurs craintes » et « leurs peurs » réelles ou supposées étaient tout bonnement sans fondement.

Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire que cette décision est une catastrophe pour le village, qui continuera à devoir se passer de directeur d’école durant sans doute une longue période. Le village, qui n’avait besoin de cela, voit sa réputation encore plus détériorée qu’auparavant. Quant à l’instituteur, bien qu’il habite dans le canton de Rechterfeld, il préfère continuer à faire la route tous les jours entre son domicile et la ville de Brême, plutôt que d’enseigner là où l’on n’a pas voulu de lui.

La morale de cette histoire vraie ? La collectivité est toujours menacée davantage par un groupe d’homophobes cauteleux que par un couple de garçons amoureux. Qu’on se le tienne pour dit ! A présent, les deux compagnons ne veulent plus entendre parler des habitants du village ni de leur prêtre, et ils vivent désormais des jours heureux en Basse-Saxe – mais on ignore encore s’ils auront, comme à la fin des contes traditionnels, la chance d’élever « beaucoup enfants ».

Discriminations | Education | Homophobie | International | Internet | 17.04.2012 - 23 h 07 | 31 COMMENTAIRES
USA : nouveau suicide d’un ado gay harcelé

Étiquettes : , , , ,

Il avait 14 ans. Il était gay. Il est mort par suicide après des semaines de harcèlement.

Faut-il en dire plus ?

Son nom était Kenneth Weishuhn. Il étudiait au South O’Brien High School, dans l’Iowa.

Les dernières semaines qu’il a vécues ont été un triste et éternel recommencement. Un mois d’horreur et de harcèlement, après son coming out auprès de garçons de sa classe. Moqueries, harcèlement sur le net, menaces de mort par téléphone… Le garçon a subi tout cela sans broncher, jusqu’à n’en plus pouvoir.

Le reportage en anglais peut être visualisé ici.

Rappelons que ce suicide fait suite à beaucoup, beaucoup d’autres du même genre depuis plusieurs mois.

Publicité