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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
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Discriminations | Droit | Extrême(s) Droite(s) | Famille | France | Gestation pour Autrui | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | Medias | Politique | UMP | 11.10.2014 - 02 h 27 | 3 COMMENTAIRES
Lettre ouverte à Monsieur Xavier Bertrand, député-maire de Saint-Quentin (Aisne).

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Monsieur le député-maire Xavier Bertrand,

Vous avez affirmé récemment, lors de votre passage au Grand Journal de Canal +, que vous aviez participé à « chacune » des « manifs pour Tous » organisées depuis la création de ce mouvement en novembre 2012. Cela représente au minimum sept jours complets passés à arpenter les rues de Paris, de Montparnasse à l’Arc de Triomphe, en passant par les Invalides, le Trocadéro, l’arche de la Défense, le Quai d’Orsay ou la porte Dauphine. Durant ces dizaines de kilomètres de marche cumulés au beau milieu de vos dimanches après-midi, il semble que vous ayez mieux appris à découvrir la géographie de Paris que les habitants de Saint-Quentin, votre ville et votre circonscription.

Xavier Bertrand

Xavier Bertrand

Il faut sans doute croire que vous avez bien du temps à perdre chaque dimanche. Certes, vous pouvez naturellement occuper votre temps libre aux activités sportives et récréatives de votre choix – si tant est qu’un député-maire d’une ville de 70 000 habitants dispose d’une journée de temps libre par semaine, ce qui resterait encore à prouver. Mais pour mettre à profit vos jours de repos désœuvrés, vous pourriez par exemple vous promener davantage dans les rues de Saint-Quentin, parler avec les gens, et découvrir ainsi une réalité qui vous est apparemment largement ignorée. Vos engagements répétés « en tant que citoyen » aux côtés de la Manif pour Tous, non seulement nuisent aux homosexuels de votre circonscription et d’ailleurs, mais ne semblent de surcroît pas profiter aux habitants de Saint-Quentin.

Faut-il vous rappeler que vous êtes à la fois l’un des acteurs principaux et le représentant d’un territoire en grave difficulté économique et sociale ? Ignorez-vous que l’Insee, à partir de 27 facteurs liés à la qualité de vie dans les régions, classe Saint-Quentin et l’ensemble de votre circonscription parmi les territoires de France « en situation peu favorable », ce qui signifie qu’il s’agit hélas de l’une des zones les plus défavorisées et les moins attractives du pays ?

Vous prétendez que la participation aux Manifs pour Tous vous permet de discuter avec « les Picards ». Mais pour connaître la réalité de votre ville, Monsieur le député-maire, il n’est pas nécessaire de monter à Paris pour vous entretenir avec quelques homophobes venus de Compiègne, Senlis et Longueau. En effet, l’urgence, à Saint-Quentin, tout aussi bien dans votre ville que dans votre circonscription, c’est de régler du mieux possible les graves problèmes structurels, économiques et sociaux, qui s’accumulent inexorablement. Ce n’est pas dans la Manif pour Tous, entre deux invectives contre les LGBT et trois levers de drapeaux « bleus, blancs, roses » que vous connaîtrez la réalité de votre ville.

Les habitants de Saint-Quentin n’attendent pas de leur maire qu’il aille se pavaner dans des défilés inutiles où il pourra côtoyer l’Action française et Marion Maréchal-Le Pen. Ils attendent de lui qu’il les aide à vivre mieux dans leur ville. Or, Saint-Quentin, au quotidien, ce sont :

des jeunes adultes qui font tout pour quitter la ville, parce qu’ils préfèrent malheureusement étudier ailleurs, et parce qu’ils ne trouvent pas d’emploi à la sortie de leurs études,

de nombreux commerces qui ferment, parfois même très peu de temps… après leur ouverture,

un patrimoine historique, industriel, architectural et urbain laissé à l’abandon,

une population désabusée, attristée, désespérée de se sentir abandonnée par la classe politique locale et nationale – et en particulier par son député-maire,

– un Front national qui obtient plus de 20% des voix aux élections municipales,

de nombreux travailleurs pendulaires qui trouvent des emplois dans des villes plus attractives (Paris, Amiens, Lille, Reims), et qui ne restent à Saint-Quentin que par défaut, avant d’aller ailleurs s’ils le peuvent.

une vie culturelle déclinante, où des spectacles sont fréquemment annulés faute de spectateurs.

l’un des taux de chômage les plus élevés de toute la France, qui est passé de 11% à 16% entre 2008 et 2013.

Pour parachever le tableau, le département de l’Aisne, dont Saint-Quentin est la ville principale, fait partie des 10 derniers en France lorsque l’on évalue la qualité de vie des départements. Et vous, pendant ce temps-là, vous trouvez le temps d’aller gambader avec Ludovine de la Rochère pour abroger une loi qui ne le sera jamais, et lutter contre les familles homoparentales ? C’est donc là votre priorité de maire et de député ?

Saint-Quentin

Saint-Quentin

M. Bertrand, lorsque la presse locale a voulu interroger des homosexuels sur le mariage pour tous en 2012-2013, elle a eu toutes les peines du monde à rencontrer des Saint-Quentinois prêts à témoigner, car ils avaient peur d’être alors stigmatisés dans leur propre ville. Est-ce bien cela que vous souhaitez pour les habitants de votre ville ? Et pensez-vous que votre soutien à la Manif pour Tous rassure les homosexuels de votre circonscription quant à la réaction de leurs élites et de leurs concitoyens face à l’homosexualité ? Si les droits des homosexuels ne vous intéressent pas, et que de simples raisons morales ne suffisent pas à vous empêcher de les combattre, modérez au moins vos propos par respect pour les citoyens de votre ville…

Le bulletin météo qui a suivi votre intervention a heureusement permis de conclure la séquence sur une petite note d’humour. Et de l’humour, il en faut sans doute, aux Saint-Quentinois, pour supporter leur quotidien tout en voyant le peu de temps que vous leur accordez, au profit d’autres causes qui vous monopolisent à leurs dépens.

Vous pourriez penser que les dernières élections municipales vous ont apporté un plébiscite de la part de la population, qui vous aurait accordé un blanc-seing en 2014. Vous auriez bien tort de croire cela : vous n’avez remporté les dernières élections législatives qu’à 196 voix près (sur 34 000 inscrits), et vous auriez d’illustres prédécesseurs dans la liste des gens persuadés d’avoir un mandat de député à vie quels que soient leurs actes, tels Jean-Marc Nesme, Eric Raoult, ou Brigitte Barèges – qui n’ont pas été du tout récompensés par leur électorat pour leur opposition viscérale aux droits LGBT.

Xavier Bertrand à la Manif pour Tous

Xavier Bertrand à la Manif pour Tous

Au cours de cette interview, vous reprochez même au Front National de ne pas être assez à droite sur la question du mariage pour tous, et d’avoir été trop « en retrait » sur ce point : vous n’effectuez donc même plus de rapprochement avec le Front National (qui ne vous aime guère), vous cherchez carrément à le dépasser par sa droite ! Dans le même temps, à l’instar de Marine Le Pen, vous promettez une très hypothétique abrogation de la loi sur le mariage pour tous, dont vous savez très bien qu’elle n’aura jamais lieu, pour des raisons juridiques et politiques. Les liens historiques de Saint-Quentin avec l’Espagne devraient vous amener à regarder au-delà des Pyrénées : la droite espagnole a-t-elle mis fin au mariage pour tous ? Non ! Plus près de votre circonscription : la droite britannique a-t-elle mis fin au mariage pour tous ? Non, c’est même elle qui l’a instauré ! Alors ne cherchez pas à berner vos électeurs potentiels en lançant une promesse dont tout observateur sérieux sait qu’elle ne tient pas la route. Dans le grand public et dans votre parti, il y a encore des gens qui croient en vos paroles : cela devrait vous conférer une certaine responsabilité et un peu plus de décence dans vos propos.

Ironie due au hasard, ou mauvais calcul politique : ces propos interviennent alors même que ce week-end, Saint-Quentin accueille justement… le salon du mariage et du Pacs ! A cette occasion, on apprend que sur 338 mariages réalisés dans votre ville depuis janvier 2013, 13 ont concerné des couples de même sexe. Croyez-vous que ces couples puissent se promener aisément main dans la main lorsqu’ils sont à Saint-Quentin, comme le font les autres couples hétérosexuels ? De plus, aucun de ces couples de même sexe n’a eu droit à votre présence lors de son mariage, alors que vous avez célébré vous-même des mariages de couples hétérosexuels, et vos propos sur le mariage pour tous signifient que vous auriez voulu pouvoir refuser à ces 13 couples de même sexe le droit de se marier. Ces sept jours passés dans les « manifs pour tous » n’ont-ils donc comme seul but que de nuire au bonheur de quelques couples saint-quentinois ? Est-ce là l’aboutissement de vos « convictions » et de votre engagement personnel, alors qu’il y a tant de difficultés auxquelles les Saint-Quentinois aimeraient que vous apportiez des solutions concrètes ?

Je vous prie, Monsieur le député-maire, de bien vouloir agréer l’expression de mon plus profond respect – sentiment dont je dois bien reconnaître avec quelque regret, au vu des « convictions » que vous affichez à l’heure actuelle, que vous ne l’éprouvez en aucune manière envers les LGBT qui ont lutté et luttent encore pour leurs droits légitimes.

Numa.

***

P.S. : Vous trouverez ci-dessous, pour rappel, le verbatim de vos échanges avec les présentateurs du Grand Journal sur Canal + ce 06 octobre 2014.

Antoine de Caunes – Xavier Bertrand, vous étiez présent, vous l’avez dit tout à l’heure, à la Manif pour Tous, hier. Pourtant, vous vous êtes tenu loin des ténors de la droite. Pourquoi cette discrétion ?

Xavier Bertrand – J’ai défilé dans chacune des manifestations, mais jamais derrière les banderoles. Pourquoi ? Parce que, en tant que politique, je m’exprime à l’Assemblée, ou par exemple sur votre plateau. Vous m’invitez parce que je suis parlementaire, et parce que je suis candidat à la primaire. Mais si j’ai défilé, c’est avant tout en tant que citoyen, et puis il y a aussi une autre chose. Vous voyez : vous êtes derrière la banderole, là. Belles images, très bien. Mais vous parlez avec qui ? Avec les autres élus que vous avez mille occasions de voir. Alors que, au milieu, notamment avec les gens de Picardie, c’est plus intéressant et c’est mieux qu’un sondage, et ça permet de voir la réalité de cette manifestation.

Antoine de Caunes – Symboliquement, ça n’a pas le même poids si vous êtes derrière la banderole, et si vous êtes perdu dans la foule.

Xavier Bertrand – Perdu ? Vous savez, c’était pas discret. Non seulement ça se sait, c’était sur les réseaux sociaux, et j’assume totalement ma présence, mais je le fais aussi en tant que citoyen, parce que ça touche complètement mes convictions. […]

Jean-Michel Apathie – Cette manifestation a une réalité : elle réunit, c’est assez rare, les dirigeants de l’UMP et les dirigeants du Front National : c’est normal selon vous, c’est le jeu de la démocratie ou c’est embêtant ?

Xavier Bertrand – Le Front National, sur ces questions-là, a été très en retrait. Marine Le Pen, sur cette question, notamment au début, a été très en retrait. En ce qui nous concerne, et en ce qui concerne un certain nombre de personnalités, elles ont toujours été constantes dans l’opposition au mariage pour tous.

Natacha Polony – Est-ce que vous n’avez pas déjà perdu le combat idéologique ? […]

Xavier Bertrand – Perdre cette bataille idéologique, c’est si on renonçait à revenir en arrière, si on renonçait à abroger la loi Taubira. Ca voudrait donc dire que le progrès est synonyme de la gauche, et que parce que la gauche l’a fait, c’est synonyme de progrès, et qu’il nous est interdit de revenir dessus. Mais dans ces conditions-là, parce que la gauche l’a voté, si nous revenons au pouvoir en 2017, on ne pourra rien faire. On a déjà connu cette forme de défaite idéologique sur les 35 heures, il n’est pas question de dire qu’on ne pourra pas rien faire, parce que dans ces cas-là, il faut pas s’étonner que les Français ne votent plus. […] Il n’est pas question de démarier les couples homosexuels, il n’est pas question non plus de désadopter des enfants, mais il faut savoir qu’au 19ème siècle par exemple, en France, il y a eu le divorce, le divorce a été aboli, il a été rétabli, je crois, près de 70 ans après, on n’a pas obligé non plus les couples à se remarier. Donc les choses sont tout à fait possibles juridiquement. Je suis pour que l’on accorde la possibilité de s’unir pour les couples homosexuels, mais à partir du moment où vous avez l’égalité complète, il faut voir que l’engrenage de la loi Taubira amènera forcément – ce sera une question de mois ou d’années – à la GPA et à la PMA. Ceux qui disent le contraire, soit ne sont pas au courant, soit mentent sciemment. Parce que la cour de cassation donnera cette interprétation, et aussi la cour européenne de droits de l’homme.

Jean-Michel Apathie – Vous dites que vous êtes pour que les couples homosexuels puissent s’unir. Sous quelle forme, si ce n’est pas le mariage ?

Xavier Bertrand – Vous avez l’union civile, célébrée en mairie, parce que je trouve normal que la république donne aussi sa reconnaissance à cette union. A partir du moment où vous avez l’union, cela me va ; mais si vous avez la filiation, je ne suis plus d’accord. Alors je sais bien qu’on me dit ça, en disant : « Vous avez pas compris, on peut pas dire ça, il faut faire attention : ce sont mes convictions. Et même s’il y avait seulement 20% de Français qui étaient favorables à ça, ça n’est pas le problème, parce que ce sont mes convictions. […] Il faut aller au-delà du Pacs. Le Pacs est incomplet. Et d’ailleurs, nous aurions dû le faire évoluer, le Pacs, comme on l’avait promis à l’époque. D’ailleurs, c’est une grande leçon : quand vous ne menez pas les réformes selon vos valeurs, il ne faut pas s’étonner que vos adversaires les conduisent selon leurs valeurs. Ca aussi, c’est quelque chose qui est à méditer : faut jamais avoir peur d’engager les réformes, parce qu’autrement… Vous avez un sujet, c’est que vous avez une société française qui à mon sens a été déstabilisée, et comme je crois que les réformes à mener dans les années à venir seront très importantes ; en matière économique il faudra aller très loin ; sur le modèle social, si on veut garder l’essence du modèle social, il faudra le rénover ; pour rétablir l’ordre il faudra des réformes qui iront très loin ; mais sur les questions de société, que ce soit sur la question de la fin de vie, que ce soit sur la question de la famille, il faut une vraie stabilité.

Natacha Polony – Et vous n’allez pas rouvrir des fractures ? Vous allez pas refracturer encore plus ?

Xavier Bertrand – Je ne le crois pas, parce que l’aspiration profonde de nombreux homosexuels qui voulaient s’unir, c’était l’union, c’était le mariage, pas la filiation.

Antoine de Caunes – Une question un peu plus personnelle pour finir : vous vous rêvez toujours en candidat UMP en 2017, entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy ?

Xavier Bertrand – J’ai toujours cette ambition-là. […] Je suis dans une voie très différente d’eux, peut-être parce que j’ai pas le même parcours qu’eux, peut-être parce que je ne suis pas dans la vie politique depuis 30 ans comme eux au niveau national, peut-être aussi parce que j’ai une façon de travailler, peut-être un peu plus loin de l’hyper-activisme médiatique, parce que c’est ce qui permet d’avoir une vraie réflexion et un vrai travail de fond. Mais c’est encore loin, c’est deux ans et demi, la primaire, et ça demandera la construction d’un vrai projet personnel.

Antoine de Caunes – Actuellement, au niveau des sondages, vous en êtes au même point que François Hollande

Jean-Michel Apathie – Oui, on voudrait pas vous saper le moral, mais regardez : on a trouvé ce petit sondage, vous le connaissez. Vous êtes à 3% auprès des sympathisants UMP, et Nicolas Sarkozy est à 62%. Vous le voyez : y a du boulot.

 

Adoption | Droit | Famille | France | Homoparentalité | Mariage | Politique | UMP | 26.10.2013 - 14 h 42 | 0 COMMENTAIRES
Jean-François Copé (UMP) : « Mon idée, c’est qu’on revienne à l’union civile, et en aucun cas d’autoriser l’adoption ».

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Nouveau revirement à l’UMP sur la question de l’égalité des droits. Jean-François Copé, secrétaire général du parti, promet dans une vidéo tournée le 24 octobre 2013, que l’UMP abolira le mariage pour les couples de même sexe et leur interdira purement et simplement toute possibilité d’adopter.

La scène a été tournée à Casablanca, lors du déplacement de Jean-François Copé au Maroc. Jean-François Copé y affirme clairement qu’il ne laissera pas la loi Taubira en l’état, et que si la droite revient au pouvoir, les LGBT seront privés des droits que le gouvernement Ayrault leur a accordés en 2013.

– Est-ce que vous allez revenir sur le mariage [pour tous] ?

Jean-François Copé : C’est ce que je viens de dire. Nous, on a un projet qui est l’union civile. Et donc, moi, mon idée, c’est qu’on revienne à l’union civile, et en aucun cas d’autoriser l’adoption

– D’accord.

Jean-François Copé  : Parce que pour moi, je vous dis le fond de ma pensée : le vrai problème, c’est la filiation. Moi qu’il y ait un couple homosexuel, c’est pas mon affaire, moi j’ai pas de jugement à porter. Par contre, pour moi, l’altérité sexuelle, c’est quelque chose de majeur pour l’éducation des enfants.

Pour appuyer son argument, au cours de l’entretien, le secrétaire général de l’UMP se lance en outre dans une justification personnelle assez déroutante. Parlant de sa propre fille, Faustine, née en janvier 2010, il affirme que sa femme et lui ne savent plus s’ils doivent lui dire qu’ils sont ou non ses parents !

Pour moi, le fond du problème, c’est la question des enfants, c’est ça pour moi. Parce que derrière ça, il y a toute la question de l’altérité sexuelle. Et, je suis désolé, on est déjà en train de partir vers un truc… On ne sait plus quoi dire aux enfants…Nous, on a une petite de deux, trois ans et demi : moi, avec ma femme, on sait plus quoi lui dire, hein… Père ou mère…

La conclusion des échanges entre Jean-François et son interlocuteur ne laisse pas de doute quant aux intentions de l’UMP…  jusqu’au prochain revirement ?

– On compte sur vous pour abolir le mariage gay, alors, ou pas ?

Jean-François Copé : Ben, dans le sens que je vous ai dit.

– On bascule en contrat d’union civile ?

Jean-François Copé : Voilà.

Adoption | Droit | Extrême(s) Droite(s) | Famille | France | Histoire | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | People | Politique | PS | 26.04.2013 - 02 h 35 | 4 COMMENTAIRES
Trois anecdotes sur le vote à l’Assemblée du mardi 23 avril 2013.

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Comme d’autres sympathiques yaggeurs et yaggeuses que j’ai retrouvé(e)s pour l’occasion, j’étais présent à l’Assemblée nationale l’après-midi du 23 avril 2013. J’ai lu avec intérêt les témoignages d’Alexandra, Philippe et Olivier, et j’ai pensé qu’à mon tour, je pouvais ajouter quelques compléments aux très intéressants récits personnels qu’ils ont fait de ce moment décisif dans l’histoire des LGBT en France.

 

1) Virginie Tellenne provoque la sécurité de l’Assemblée nationale

Ce que peu de personnes savent, c’est que Virginie Tellenne (alias Frigide Barjot) a tenté de défier la sécurité de l’Assemblée nationale avant d’assister au vote. Elle n’a commis en soi aucune infraction légale, mais son attitude morale a été très fortement douteuse. En effet, elle avait dissimulé sur elle des tracts rouges et blancs où était imprimée en gros caractères l’inscription « Référendum pour tous ».

L’un des membres du personnel de l’Assemblée nationale s’est aperçu que Virginie Tellenne portait ces tracts sur elle, et a pu lui en ôter un avant qu’elle s’avance dans une autre salle. Il lui a ensuite fallu prévenir la sécurité de l’Assemblée nationale, pour que ces tracts lui soient retirés un à un, en conformité avec le règlement de l’Assemblée nationale. La volonté de Virginie Tellenne était clairement, au minimum, de narguer le personnel de l’Assemblée.

Avait-elle l’intention de montrer ces tracts durant les explications de vote auxquelles elle a ensuite assisté ? Il est difficile de le dire, mais ce qui est sûr, c’est qu’elle a agi par esprit de bravade envers les agents de sécurité, et qu’elle avait pour but de leur montrer qu’ils devaient s’attendre à tout, et être sur leurs gardes face à toute menace qui pouvait venir d’elle ou de ses partisans.

Ce qui est d’ailleurs plus troublant, c’est que les tracts qu’elle portait sur elle défendaient justement l’idée d’un référendum – tout comme la banderole qui a été déroulée dans l’hémicycle par des individus violents quelques instants plus tard. Simple coïncidence ?

 

2) Virginie Tellenne n’a pas eu l’air mécontente de l’incident qui a indigné l’Assemblée nationale

Lorsque l’incident a éclaté dans les tribunes de l’Assemblée nationale, Frigide Barjot, à l’inverse de la majorité du public et des députés, n’a pas paru consternée, ni inquiète, ni même surprise par l’événement. Bien au contraire, elle n’a eu qu’un léger sourire de satisfaction qui, volontaire ou non, m’a paru le comble du cynisme.

Tout le public regardait alors les spectateurs que le service d’ordre tentait de maîtriser, et les députés étaient tournés soit vers les individus qui avaient effectué cet incident, soit vers les députés de droite qu’ils rendaient responsables de cette agression contre le travail parlementaire. Frigide Barjot a donc dû penser qu’elle n’était pas observée à ce moment-là…

 

3) L’hommage vibrant des députés et ministres à Corinne Narassiguin

Pour finir sur une note positive, j’ai été touché par l’hommage très émouvant qui a été rendu par le gouvernement et les députés à Corinne Narassiguin, ancienne députée PS des Français de l’étranger, et qui était initialement chargée du texte sur le mariage pour tous au sein du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.

Corinne Narassuiguin avait fait un lourd travail d’auditions, de persuasion et de négociations au sein du groupe Socialiste, Républicain et Citoyen, en partenariat avec le gouvernement, les acteurs de la vie civile et les responsables politiques de son groupe. Son élection en tant que députée ayant été invalidée par le Conseil Constitutionnel en février 2013, cette fonction avait alors été reprise par le député PS Bernard Roman, très engagé sur le thème des droits LGBT et de l’homoparentalité.

Debout dans les tribunes après l’intervention finale de Christiane Taubira, et visiblement très émue, Corinne Narassiguin a été ovationnée par ses collègues députés et ministres de gauche, qui se sont tournés vers elle et l’ont acclamée, afin de rappeler le rôle très important que cette jeune femme de 38 ans, très attachée à la question de l’égalité, avait tenu, aux côtés d’Erwann Binet, dans l’adoption du projet de loi par l’Assemblée nationale.

 

Le reste de l’histoire vous est connu : il vous a été conté par l’équipe de Yagg qui a été mobilisée toute la journée, et par trois yaggeurs qui ont pris le temps de faire un compte rendu complet de tout ce qu’ils ont observé ce jour-là 🙂

Droit | Famille | Gestation pour Autrui | Homoparentalité | International | 04.03.2013 - 00 h 18 | 0 COMMENTAIRES
Suède : le Conseil National d’Ethique Médicale recommande de légaliser la GPA

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Kjell Asplund

Kjell Asplund

Dans un rapport remis en mars 2013, le SMER (Conseil National Suédois d’Ethique médicale) recommande au gouvernement et au parlement suédois de légaliser la GPA.

Kjell Asplund, professeur émérite en médecine à l’Université d’Umeå et président du SMER, a été interrogé à ce sujet par la radio publique nationale Sveriges Radio. Il a précisé que cette légalisation devait être établie « dans les cas où l’argent n’est pas la motivation de la mère porteuse, et où l’on souhaite simplement aider un être humain« .

Selon le rapport du SMER, la mère porteuse doit faire partie de la famille du couple qui souhaite élever un enfant. Le président du Smer a en effet ajouté : « Nous recommandons que la mère porteuse soit un parent proche : par exemple, ce pourrait être une soeur, une belle-soeur ou un membre de la famille proche ».

Kjell Asplund, dans un article cosigné par Lotta Eriksson et Göran Hermerén, et publié par le journal Svenska Dagbladet, a souligné que la mère porteuse doit effectuer son choix en pleine conscience et en toute indépendance : « Les femmes qui veulent être mères porteuses pour des membres de leur famille  devraient être des femmes qui ont la possibilité de décider totalement de ce qu’elles font de leur corps« . Autrement dit, ce ne pourraient en aucun cas être des femmes qui seraient dans la misère, ou qui seraient contraintes d’effectuer un acte qu’elles réprouvent.

Le débat est désormais lancé en Suède, et pourrait bien s’étendre à d’autres pays européens. Rappelons qu’en France, les intellectuels, les politiques et le grand public continuent à s’interroger eux aussi sur la légalisation de la GPA. C’est l’occasion de voir (ou revoir) le documentaire de Delphine Lanson « Naître père », qui filme de manière très émouvante le recours à la GPA par un couple d’hommes.

Discriminations | Droit | Homophobie | International | Medias | Politique | 27.06.2012 - 19 h 29 | 14 COMMENTAIRES
Débat télévisé au Cameroun : « L’homosexualité est un crime contre l’humanité »

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Au Cameroun, un débat a été organisé sur la chaîne Vox Africa entre Sismondi Barlev Bidjocka et Maître Alice Nkom sur le thème de l’homosexualité. Sismondi Barlev Bidjocka est le porte parole du Rassemblement de la jeunesse camerounaise (plus de 360 associations). Face à lui se trouve l’avocate Me Alice Nkom, grande militante pour les droits LGBT.

Voici les 12 minutes de débat qui ont eu lieu :

Le premier interlocuteur se déclare d’emblée « homophobe », et crie à plusieurs reprises : « L’homosexualité, nous n’en voulons pas ». Il répète à plusieurs reprises que, pour lui, « le débat est clos », et qu’il refuse d’en discuter de peur que l’issue du débat ne soit favorable aux LGBT. A partir de 4 minutes, et après s’être référé au « Christ, fils de Dieu », il défend un point de vue incroyable : il se met à argumenter pour dire que, selon lui, « l’homosexualité est un crime contre l’humanité ». Pour lui, l’homosexualité est « une criminalité punie par la loi », et il la compare au banditisme et au viol.

Maître Alice Nkom défend quant à elle, en utilisant bon nombre d’arguments logiques, les droits LGBT. Pour elle, l’acte d’amour n’a pas pour seul but, au contraire de ce qu’affirme son interlocuteur, la procréation. Elle affirme : « Je me bats pour l’égalité de tous les droits pour tout le monde ». Défendant la liberté de chacun, elle lance : « On s’envoie en l’air comme on veut ! » Maître Alice Nkom fait face avec beaucoup d’aplomb à la violence et à l’emportement de son interlocuteur.

Sismondi Barlev Bidjoka conclut : « Nous avons des messages à passer à ceux que Madame défend. Ce n’est pas humain de défendre des causes comme celle d’un homme et un homme. Les droits de l’homme, ce n’est pas ça. »

Vous pouvez regarder ici l’émission complète (Recto Verso de mai 2012). Les déclarations de Maître Alice Nkom y sont parfaites, calmes et profondes :

P.S. : A partir de 17 minutes, le présentateur lui-même donne des chiffres absolument faux : il prétend que seuls 10 pays au monde légalisent l’homosexualité : il confond autoriser l’homosexualité, et reconnaître le mariage homosexuel !

P.P.S. : A partir de 37 minutes, c’est un homme d’Eglise qui intervient. Il considère les homosexuels « comme des malades » qui se sont écartés « du chemin de la justice ». Me Alice Knom réplique à ses arguments avec beaucoup d’habileté et une grande intelligence, en citant notamment l’archevêque Desmond Tutu. « Vous priez pour leur âme, dit Me Alice Nkom, moi je prie pour leur liberté. »

Droit | Famille | France | Gestation pour Autrui | Homoparentalité | Justice | PS | 29.04.2012 - 22 h 20 | 23 COMMENTAIRES
François Hollande sur la GPA à l’étranger : contradiction tactique ou évolution raisonnable ?

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« Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup » disait Martine Aubry au sujet de François Hollande, en 2011, durant les primaires du Parti socialiste. J’ai longtemps pensé qu’il fallait prendre cette phrase pour ce qu’elle est : un argument de campagne un peu rude, lié au contexte des primaires, ou un simple adage populaire qui pourrait s’appliquer à François Hollande comme à n’importe qui d’autre. Bref, je n’y avais jamais particulièrement prêté attention.

Mais une inquiétude m’a saisi ce soir. Fidèle lecteur de Yagg, comme chacun ici peut s’en douter, j’ai lu avec grand intérêt le script du tchat auquel a bien voulu participer Najat Vallaud-Belkacem le 14 avril 2012. Voici ce qu’y déclarait la jeune femme, qui est porte-parole du candidat socialiste :

Se pose en effet la question de la transcription des actes de naissance des enfants nés légalement de GPA à l’étranger. Il y va en effet de l’intérêt des enfants en question, petits fantômes de la République qui n’ont pas choisi leur condition. François Hollande s’est prononcé en faveur de cette transcription.

Dois-je le préciser ? Cette phrase m’a convaincu de voter pour François Hollande dès le premier tour, alors que je comptais au départ accorder mon suffrage aux Verts, qui ont indiqué sans ambiguïté vouloir reconnaître les enfants nés légalement, à l’étranger, par GPA.

Quelle n’a donc pas été ma surprise, lorsque j’ai pu lire, dans une interview réalisée le 27 février 2012 par le magazine Têtu, un jugement pour le moins bien différent d’une prise de position « en faveur de cette transcription »… rendu par le candidat socialiste lui-même ! Qu’on en juge :

François Hollande : Je suis hostile à la gestation pour autrui, la GPA.

1) Seriez-vous néanmoins favorable à la reconnaissance des enfants nés par GPA à l’étranger ?
François Hollande : Vous imaginez bien que si j’ouvrais cette question-là, ça pourrait être finalement une facilité donnée à la gestation pour autrui. Et seul compte le droit de l’enfant.

2) Justement, des enfants nés ainsi se retrouvent actuellement en difficulté…
François Hollande : Je sais bien, et donc ce débat devra avoir lieu, mais il ne doit en aucun cas être considéré comme une façon d’accepter la marchandisation du corps.

Les deux déclarations de François Hollande sont plutôt contradictoires : on comprend mal comment « le débat peut avoir lieu » (2) si le candidat refuse « d’ouvrir cette question-là » (1).

Ma question est donc simple : l’affirmation très claire de Najat Vallaud-Belkacem, qui est plus récente d’un mois et demi que les propos fort hésitants de François Hollande, est-elle bien la déclaration qu’il faut prendre en compte pour connaître les intentions réelles du Parti socialiste en matière de GPA réalisée légalement à l’étranger ? Faut-il voir, dans la comparaison entre les deux interviews, le signe d’une évolution raisonnable dans la réflexion personnelle du candidat socialiste au cours des derniers mois ?

Ce thème est pour moi déterminant dans la campagne. Je n’aimerais pas m’être trompé au premier tour, mais j’aimerais encore moins voter au second tour en ayant l’impression d’avoir été dupé par un homme que j’estime, François Hollande, et par une personnalité que j’admire, Najat Vallaud-Belkacem. Le changement, c’est maintenant : que le Parti socialiste justifie d’ores et déjà son slogan en faisant preuve, à l’inverse du parti actuellement au pouvoir, d’une réelle transparence et d’un vrai courage politique.

Adoption | Bayrou | Discriminations | Droit | Education | Famille | France | Gestation pour Autrui | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | Modem | Politique | UMP | 18.02.2012 - 01 h 15 | 0 COMMENTAIRES
11 et 14 février 2012 : un regard LGBT sur les travaux du Modem.

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François Bayrou est-il pour l’égalité de tous les couples face au mariage et à l’adoption ? Sa réflexion a beaucoup évolué depuis son refus personnel du Pacs à la fin des années 90. Les positions qu’il défend en 2012 sur le mariage et l’adoption par les couples de même sexe méritent donc d’être observées de près… Petite plongée dans la campagne de François Bayrou cette semaine.

François Bayrou entouré de journalistes.

La valeur « Solidarité ».

Le 11 février 2012, François Bayrou a tenu à la Maison de la Chimie l’un des quatre grands forums de réflexion qui rythment sa campagne. Intitulé « Solidarité », il comportait trois tables rondes de 3h30. L’un de ces moments d’échange, dirigé par Dominique Verisini, était appelé « Vivre Ensemble ». Si je m’y suis rendu, au lieu d’aller au mariage symbolique de Villejuif qui avait lieu exactement au même moment, c’est parce que cette table ronde devait aborder, entre autres, la thématique de l’égalité et de la lutte contre les discriminations.

Discours d'ouverture de François Bayrou

Le discours inaugural de François Bayrou était constitué d’une charge extrêmement virulente contre Nicolas Sarkozy, qui venait de faire paraître sa fameuse interview dans le Figaro Magazine. A l’inverse du Président Sarkozy qui divise, Bayrou veut être un Président qui rassemble, et qui gouverne au nom des valeurs humanistes.

Dominque Versini et Fadila Mehal

Dominique Versini (debout, au centre de l'image)

Dominique Versini, qui dirige la table ronde « Vivre ensemble », n’est pas une inconnue. C’est une chiraquienne historique, qui a été victime de sa liberté de parole et de la réorganisation des institutions sous Nicolas Sarkozy. Ancienne cofondatrice du Samu social et Défenseur des enfants, elle a également été secrétaire d’Etat chargée de la Lutte contre la précarité et l’exclusion auprès de François Fillon. On apprendra dans l’après-midi, lors de sa participation au grand débat politique de l’APGL, que c’est elle qui a, en majeure partie, rédigé le statut du beau-parent, tel qu’il a ensuite été défendu par Nadine Morano… et refusé par l’UMP.

Fadila Mehal (à droite)

La table ronde était co-dirigée par Dominique Versini et Fadila Mehal. Dominique Versini est un soutien récent à François Bayrou. Elle a rappelé qu’elle n’était « pas encartée », mais qu’elle soutenait les valeurs humanistes du candidat Modem. A l’inverse, Fadila Mehal accompagne le Modem depuis son année de création. Elle s’est engagée de longue date dans l’action sociale et le monde associatif, et elle a eu de nombreuses responsabilités en lien avec la cohésion sociale et l’égalité des chances.

L’intervention de Frédérick Getton

La grande majorité de la table ronde était dédiée à des problématiques sociales ou économiques. Mais la gravité des problèmes abordés rendait légitime la place importante accordée aux problèmes sociaux : lutte contre la précarité, problèmes de logement, politique de la ville (et de la ruralité), place de l’enfance, prise en compte du handicap…

Catherine Tripon

Parmi la trentaine d’intervenants, deux étaient au fait des problèmes rencontrés par les LGBT. Pour l’anecdote, le public ne disposant pas de la liste des intervenants, j’ai cru pendant deux bonnes heures que le sujet des discriminations homophobes serait traité par Catherine Tripon, porte-parole de la fédération L’autre Cercle. En réalité, Catherine Tripon a posé la question de l’égalité entre hommes et femmes dans l’entreprise, puisque c’est un sujet dont elle également spécialiste.

Le thème de l’égalité des droits entre couples mixtes et non-mixtes a donc été abordé par Frédérick Getton. Militant de l’UDF puis du Modem, il est le président de « CENTR’EGAUX, l’association des centristes et démocrates LGBT ». Il a exposé avec beaucoup de conviction les objectifs de Centr’égaux : lutter contre les LGBT-phobies et obtenir l’égalité stricto sensu, en droits et en devoirs, entre couples hétéros et couples de même sexe. Il a revendiqué, pour les LGBT, le droit à la différence et à l’indifférence, ainsi que le respect de la diversité des femmes et des hommes qui composent la société. Ces demandes rejoignent pour lui « le projet humaniste de François Bayrou et du Modem ».

Centr’égaux souhaite « l’égalité globale » entre les couples, par l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe. Il revendique également accession à la parentalité pour les couples de même sexe : adoption, PMA et GPA encadrée. L’instauration d’un statut du beau-parent lui semble indispensable. Pour Frédérick Getton, il permettrait de respecter le droit de l’enfant, et apporterait la sécurisation des enfants, si chère à François Fillon.

La "table ronde" et ses 30 chevaliers

Frédérick Getton rappelle que l’orientation sexuelle peut encore poser des problèmes dans le monde du travail : lors des discussions entre collègues, beaucoup d’homosexuels s’inventent une vie, ou se taisent, pour cacher l’existence de leur copain ou de leur copine. Enfin, il souhaite que l’éducation sensibilise davantage les enfants au respect de la différence (le maire de Talence, présent à la table, acquiesce vivement).

Dans le public, tout près de moi, un honorable spectateur a de plus en plus de mal à se contenir en écoutant l’intervention de Frédérick Getton. « Et les devoirs ? » marmonne-t-il d’abord à sa femme. Il reprend peu après, de plus en plus fort, et cherchant l’approbation de ses voisins : « Et les enfants, alors, ils y pensent ? Non mais vraiment ! » Evidemment, il n’applaudit pas à la fin de l’intervention, et ce qu’il a entendu l’a mis de fort mauvaise humeur…

Comptes rendus des tables rondes

La table ronde s’est terminée vers 13h30. Les thèmes abordés, très divers et intéressants, ont été largement commentés – même si la question des LGBT a été traitée très brièvement (4mn sur 3h30).

Dans la Maison de la Chimie, à la pause

Je profite de la pause-déjeuner pour retrouver l’adhérent Modem qui s’est récrié durant l’intervention de Frédérick Getton. Il pourrait être mon père – il lui ressemble beaucoup. Au cours de la discussion, ce militant UDF puis Modem m’explique qu’il s’inquiète pour les « droits de l’enfant », parmi lesquels figure, selon lui, le droit d’être élevé par un père et une mère. Il pense que « le développement psychologique d’un enfant nécessite l’altérité père/mère », et que les droits de l’enfant sont supérieurs aux droits LGBT. Il m’indique qu’il est cependant prêt à voter Modem, malgré son désaccord avec Bayrou sur cette question. Il a l’air presque déçu lorsque je mets fin à la discussion en le remerciant : il aurait apparemment voulu continuer à dialoguer avec moi. Sait-il que j’ai dû inventer un prétexte pour nouer le dialogue avec lui, que je n’ose pas lui dire que je suis homo, que j’aimerais adopter un enfant avec mon compagnon, et que ses fausses convictions m’ont touché ? Sait-il que mon père, qui pensait autrefois comme lui sur toute la ligne,  souffre désormais que mon compagnon et moi ne puissions pas adopter ou recourir à la GPA pour élever ensemble un enfant au sein de notre foyer ? Un instant, j’ai envie d’inviter ce type chez moi, de lui montrer comment on vit, de le présenter à des couples homos qui ont élevé leurs enfants…  J’ai, durant quelques instants, l’espoir qu’il comprendrait alors son erreur.

Dominique Versini

A 14h, les rapporteurs de chaque table ronde viennent rendre compte des débats. La vieillesse, la santé, l’emploi, la protection sociale… sont autant de thèmes traités lors des deux premières tables rondes, et présentés par quelques personnalités. Dominique Versini monte alors à la tribune pour rendre compte de nos débats. Elle aborde, plus en détail que lors des débats du matin, le thème des familles homoparentales « qui existent, et qui sont d’aussi bonnes familles que les autres ». A ces mots, je suis ému d’entendre cette déclaration dans un parti centriste. Mais les réactions autour de moi sont assez vives (je suis assez loin de la tribune, là où les gens commentent plus librement) , et quelques personnes, bien que discrètes, sont assez mécontentes. « Je sais, déclare Dominique Versini au sujet des familles homoparentales, que François y est sensible. Tout part de l’enfant, et du besoin qu’a sa famille d’être soutenue ».

Discours de clôture de François Bayrou

A 14h15, avec un peu de retard, François Bayrou tient son discours. Malheureusement, il n’est plus question, dans ce discours final de 1h15, des LGBT ni de leurs familles. Le candidat fera à peine une allusion, au début et à la fin du discours, à la lutte contre les discriminations. Il cite la discrimination pour orientation sexuelle, mais il s’attache surtout à celles, tout aussi réelles, dont sont victimes « les minorités visibles » et les femmes.  Le candidat déclare : « Je crois aux vertus de l’éducation, des campagnes de sensibilisation, je crois à l’engagement personnel de chacun pour que la discrimination ou les préjugés ne passent pas par lui. »

Où l’on retrouve Dominique Versini et Frédérick Getton

Une fois le discours fini, je file au débat politique de l’APGL. Je ne suis pas le seul à y aller, puisque j’entends Dominique Versini glisser à Fadila Mehal : « Bon, maintenant je vais voir les familles homoparentales. » Je suis surpris par le ton de Dominique Versini, qui a l’air quasiment enjouée de se rendre au débat. Elle ne semble pas du tout stressée d’y aller, bien au contraire : son visage contraste fort avec l’air contrit et renfermé de Jean-Marie Cavada, lorsqu’il était venu représenter le Nouveau Centre devant l’APGL en septembre 2010 !

Au débat de l’APGL, Dominique Versini présente la position du Modem sur le mariage, l’adoption et la PMA. A titre personnel, elle aimerait que le mariage soit ouvert à tous les couples. Ce n’est cependant pas la position de Bayrou, « dans l’état de sa réflexion pour le moment », ajoute Dominique Versini. Le président du Modem souhaite en effet instaurer plutôt une union civile qui donnera aux couples de même sexe les mêmes droits et les mêmes devoirs qu’aux autre couples. Au sein du Modem, beaucoup espèrent encore que François Bayrou comprendra que cette solution n’est pas viable socialement, parce qu’elle conduit au coming out forcé et favoriserait toutes les discriminations. En outre, elle est électoralement contre-productive : elle lui coûte plus d’électeurs qu’elle ne lui en apporte. De l’avis de tous, François Bayrou est un homme pragmatique qui a des convictions fortes et qui sait se remettre en question : saura-t-il se rendre compte, à temps, que la seule solution possible est l’ouverture du mariage pour tous ?

Le Modem est en outre favorable à l’ouverture de l’adoption pour les couples de même sexe, mais aussi à l’accès à la PMA pour les couples de femmes. François Bayrou est également favorable à la reconnaissance des enfants nés par GPA à l’étranger. Ses positions sur l’ouverture de la GPA en France, même encadrée, mériteraient d’être clarifiées : on sent bien que le sujet est extrêmement complexe et ne figurerait pas parmi les premiers résolus au cours du quinquennat.

Dominique Versini dialogue avec les médias.

A la tribune, Dominique Versini fait bonne figure face à George-Pau Langevin, qui s’emmêle à un moment les pinceaux en parlant de « femmes pacsées célibataires » (et en persistant dans son erreur…), ou qui explique à quel point les discussions sur les thèmes LGBT peuvent être « difficiles et compliquées » entre les responsables P.S. Dominique Versini essaie en outre de tempérer les ardeurs de Clémentine Autain, dont l’intervention aura sans doute été la plus appréciée de l’après-midi, mais dont les positions supposeraient une « révolution copernicienne » dans notre façon d’envisager la famille. Point amusant : Camille Bedin (UMP) cherche à plusieurs reprises du soutien de la part de Dominique Versini, soit du regard, soit en s’adressant directement à elle, mais cette dernière le lui refuse à chaque fois.

Opposée à l’une des spectatrices sur la nécessité pour un enfant d’avoir deux parents, Dominique Versini recourt à son expérience personnelle durant sa jeunesse. L’exercice est risqué, mais la séquence est émouvante, et l’on voit bien que Dominique Versini est sincère, à la fois dans le récit de sa vie et dans ses convictions. Pour elle, un enfant doit être élevé par un couple, quel que soit le sexe des deux personnes qui l’élèvent. Cette idée fait débat au sein du public et des intervenants : quid des familles monoparentales, des couples divorcés et de la co-parentalité ? quid des sociétés où la famille n’obéit pas nécessairement au schéma occidental moderne « couple + enfant(s) » ? Cette question  pourrait sans doute faire l’objet, dans un proche avenir, de rencontres passionnantes et de débats réunissant témoins et spécialistes.

Frédérick Getton

Frédérick Getton, présent lui aussi, profite de ce débat pour faire se rencontrer Dominique Versini et Nicolas Gougain, de l’Inter-LGBT. La discussion entre ces trois personnalités semble prometteuse, et le contact se fait très facilement.

14 février : la Saint-Valentin de Bayrou avec les LGBT ?

Enfin, le 14 février 2012, François Bayrou est l’invité d’Europe 1 pour une matinale spéciale qui lui accorde quasiment 2h de temps d’antenne. Vers 8h30, il répond aux questions des Français.

C’est l’auditeur Robert, de Marseille, qui pose la question du mariage homosexuel et du « droit d’adoption » (à 6 minutes, dans la vidéo).

Bayrou – On va prendre deux minutes, parce que je suis choqué… Ma position est très simple. Je suis choqué par un certain nombre de propos…

Bruce Toussaint – Ceux de Nicolas Sarkozy dans le Figaro Magazine ?

Bayrou – Par exemple. Quand on parle de l’homoparentalité en présentant ça comme une déviance. Je voudrais qu’on songe qu’il y a, en France, des centaines de milliers d’enfants, d’adolescents, de jeunes, dont le père ou la mère est dans la situation d’avoir cette orientation sexuelle, et de l’avoir découvert quelquefois après, quelquefois avant la naissance de leur enfant. Ces enfants-là, ces jeunes-là, qui vous écoutent en ce moment, je trouve mal qu’on les présente comme destabilisant la société. L’homoparentalité, ça existe. Il y a donc une deuxième question : est-ce que l’adoption par des homosexuels existe ? Eh bien, elle existe évidemment, puisqu’en France, un célibataire peut adopter ! Alors, il y a une troisième question : est-ce qu’on peut reconnaître un lien qui existe entre l’enfant et les deux parents qui l’élèvent, lorsque les deux qui veillent sur lui ont cette vie de couple ? Moi, je pense que c’est bien de le faire. […] Ca existe dans la société française. Ce n’est pas une opinion : c’est une réalité qui touche des centaines de milliers d’enfants, de jeunes et de parents, pour qui je demande un minimum de respect et de compréhension. Parce que c’est pas facile d’élever un enfant quand on est homo. Et excusez-moi de vous le dire : ce n’est pas facile d’élever un enfant quand on est hétéro ! Il y a beaucoup beaucoup de couples qui sont dans des difficultés. J’étais hier dans l’école dont je parlais à l’instant : le directeur me disait l’an dernier:  » j’avais une classe dans laquelle, sur 25 élèves, il n’y en avait qu’un qui avait une famille classique « papa et maman » : un ! » Alors arrêtons de présenter cela comme s’il y avait chez ces enfants de la nocivité.  Ce sont nos enfants, alors il faut les élever du mieux que nous le pouvons. Et moi en tout cas, je défendrai cela ! […] Pour le mariage, je dis : égalité de droits et de devoirs, égalité de forme entre les unions, mais je pense qu’il est bien que ça s’appelle union, et pas mariage. Parce qu’il y a en France, et dans toutes les sociétés occidentales, des traditions qui viennent de très loin, et qui sont éminemment respectables, autour de l’idée que le mariage, c’est un couple d’un homme et d’une femme. Et je trouve que l’égalité de droits et la distinction du nom, c’est quelque chose qui au fond affirme le droit à la différence de tout le monde.

Sur Rue89, la toujours aussi excellente journaliste Nolwenn Le Blevennec publie un article qui analyse avec justesse les déclarations de Bayrou ce mardi 14 férvier 2012, et qui les remet en perspective par rapport à l’évolution personnelle et positive de François Bayrou. Bayrou se disait, en 2006, « coincé » sur les questions LGBT. Il déclarait avoir « mûri », et comprendre nos difficultés. Il ne reste plus qu’à espérer qu’au sein de son équipe, François Bayrou écoute à nouveau, sur cette question, les conseillers qui connaissent la question de très près, et qui ont su l’amener, année après année, à saisir les difficultés quotidiennes rencontrées par les LGBT.

François Bayrou peut-il encore changer, à court terme, son opinion sur le mariage, et l’ouvrir finalement à tous les couples si l’est élu, sans distinguer les homos et les hétéros en offrant à chacun une union différente ? A l’heure actuelle, et face à la division des juristes sur ce point, une telle évolution intelligente… ne semble ni exclue, ni impossible.

Associations | Droit | Education | France | Homoparentalité | Homophobie | Internet | Medias | Politique | 31.10.2011 - 14 h 24 | 4 COMMENTAIRES
La famille homoparentale au programme de terminale : la nouvelle polémique après l’étude du genre en première ?

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L’ADFH vient de publier un communiqué victorieux, qui a été immédiatement repris par l’AFP et tous les grands médias nationaux : la famille homoparentale est désormais inscrite au programme d’étude de la spécialité « Droits et Grands enjeux du monde Contemporain » en Terminale littéraire.

L’Association de Défense des Familles Homoparentales (ADFH) et de nombreux enseignants avaient en effet demandé au Ministère de l’Education Nationale de modifier le programme de DGEMC, cette nouvelle spécialité destinée à initier au droit et à l’analyse de la société en classe de terminale littéraire. Ce programme, pourtant censé permettre aux élèves de comprendre la société d’aujourd’hui, excluait au départ les familles homoparentales du chapitre précisément intitulé… « L’évolution de la famille » !

Le ministère, après plusieurs mois de réflexion, a finalement intégré l’étude des familles homoparentales au programme de cet enseignement, en les mentionnant explicitement. Il faudra donc désormais que soient analysées en cours et par les élèves les familles « biologique, adoptive, monoparentale, homoparentale, recomposée, nucléaire et élargie ».

Quelques semaines après la polémique sur l’étude du genre, et à l’heure où l’Assemblée nationale constitue un groupe de travail pour s’arroger un droit de regard sur les manuels scolaires, il y a tout lieu de craindre que cette décision lucide et encourageante soit l’objet de critiques de la part des milieux conservateurs. Les éditeurs de manuels scolaires subiront-ils de nouvelles pressions de la part des députés de la Droite populaire ?

Sur internet, les réactions fusent déjà, des plus mesurées aux plus absurdes. Sur un site extrémiste très fréquenté, on pouvait ainsi lire, dès l’annonce de cette information : « A quand les cours de sodomie ? », « ces associations d’insupportables veulent que leurs coucheries deviennent reconnues par tous, via une propagande sur les jeunes esprits incapables à qui on ne laisse pas le choix », « 600 personnes infligent quelques choses de répugnant à 60 000 000 de personnes », « Ils vont expliquer que les homos, qui sont des personnes tellement stables se suicident 19 fois plus que les autres, et jamais autant que dans les pays où ils ont le plus de “droits” (Norvège, Suède) ? Et du nombre de problèmes psychiques des enfants qui sont leurs captifs, dès que ce ne sont plus des associations homotégristes qui s’occupent d’étudier la question ? »

Les commentaires postés sur le site du Figaro sont tout aussi critiques : « Jamais des homos ne pourront fonder une famille. Si le monde était peuplé uniquement d’homos il disparaitrait! Vraiment c’est une honte pour notre pays », « Présenter des anormalités aux côtés de choses normales amène à normaliser les anormalités », « L’évolution de la famille »? Eh bien elle est belle l’évolution de la famille. Quand mettra t’on la polygamie dans la définition de famille? »…

Preuve, s’il en était besoin, que cet enseignement est nécessaire pour beaucoup… y compris pour certaines personnes ayant déjà quitté le lycée depuis bien longtemps !

Edit à 16h : le ministère a fait paraître à son tour un communiqué vers 15h15, intitulé « Précisions sur l’enseignement de Droit et Grands Enjeux du Monde Contemporain ». La page sur laquelle a été diffusé ce communiqué a connu un tel afflux que le site du ministère a été totalement saturé pendant une bonne heure ! Le communiqué cache mal l’embarras du ministre, qui cherche à calmer la colère des milieux réactionnaires opposés aux droits LGBT, en mettant sur le même plan l’homoparentalité, l’euthanasie et les ventes d’organes pour montrer que ce programme aborde des thèmes qui ne sont pas forcément reconnus par le droit positif actuel.

http://www.education.gouv.fr/cid58312/precisions-sur-l-enseignement-droit-et-grands-enjeux-du-monde-contemporain.html

Adoption | Droit | France | Homoparentalité | Mariage | Medias | 25.09.2011 - 08 h 58 | 6 COMMENTAIRES
Arielle Dombasle, Marie Drucker et Maître Bogucki défendent le mariage pour les LGBT

Ce samedi 24 septembre 2011, Marie Drucker accueillait Arielle Dombasle de 12h30 à 14h pour son Journal inattendu.

Le principe de l’émission est de laisser à l’invité le soin d’être rédacteur en chef du journal. Il choisit ainsi quelques sujets parmi ceux qui seront traités. Arielle Dombasle, marraine de la Gay Pride 2011, a souhaité pour sa part que soit abordée la question du mariage et de l’adoption « pour tout le monde », y compris « pour les couples d’hommes et de femmes » qui veulent adopter. « Ils sont 30 000 en France » : c’est ainsi que Marie Drucker présente le nombre d’enfants élevés par des couples homosexuels, tout en indiquant que leur nombre est en réalité très difficile à déterminer, et qu’il pourrait être bien supérieur.

Arielle Dombasle prend la parole et se lance dans une défense du mariage homosexuel puis de l’adoption, et Marie Drucker se penche sur les « problèmes juridiques » posés par l’interdiction du mariage et de l’adoption pour les LGBT en droit français . Le témoignage d’un couple gay qui a adopté il y a 11 ans est très émouvant. Un couple lesbien composé d’une Française et d’une Franco-espagnole est édifiant : en Espagne, les droits des parents seront partagés, en France, l’une des deux mères n’aura aucun droit ! Me Bogucki, avocate spécialiste en droit de la famille, intervient également pour défendre les droits des couples homosexuels, aussi bien pour le mariage que pour l’adoption.

Jean-Louis Borloo, qui n’a sans doute pas de honte à avoir voté contre le PaCS en 1998 et 1999, nous annonce maladroitement : « Je milite pour le mariage des personnes de même couple » !!! Se reprenant ensuite et précisant qu’il s’agit bien du mariage des personnes de même sexe, il rappelle qu’il a voté pour la proposition de loi de gauche proposant le mariage homosexuel… en 2011. Borloo se lance ensuite dans une vibrante défense des droits LGBT : il rappelle que les jeunes LGBT ont un taux de tentatives de suicides très élevé, et déclare : « C’est un problème d’humanité et d’égalité réelle ». Toujours réactive, Arielle Dombasle lui rappelle que c’est un homme de pouvoir, et qu’il a sans doute « le bras long » ; elle lui lance : « Monsieur Borloo, on compte sur vous ! »

Il faudra retenir d’Arielle Dombasle l’affirmation de son militantisme et cette phrase engagée au sujet des inégalités de droits entre couples homos et couples hétéros : « Nous sommes là pour dire les choses haut et fort, et pour que les choses changent ». Mais cette phrase ne pourra pas se traduire par un vote politique personnel : Arielle est de nationalité américaine, elle ne votera donc pas en 2012.

Précisons tout de suite qu’un reportage et un dialogue aussi intelligents sur le sujet sont choses extrêmement rares sur RTL : saluons Marie Drucker, qui prend le risque de recevoir un bon paquet de courrier hostile de la part des auditeurs habituels de RTL, et de se faire critiquer par bon nombre de collègues de la station qui ont déjà affiché leur désapprobation de tout droit pour les LGBT, tenu des propos homophobes ou affiché leur soutien aux mouvements pro-vie (Christophe Hondelatte, Elisabeth Lévy, Yves Thréard, Jean-Pierre Foucault, Philippe Bouvard…)

Vous pouvez écouter le dialogue entre Marie Drucker et Arielle Dombasle à partir de la 14eme minute de l’émission en cliquant sur ce lien

http://www.rtl.fr/emission/le-journal-inattendu/ecouter/le-journal-inattendu-d-arielle-dombasle-7720812325

Droit | Homophobie | International | Politique | 15.05.2011 - 14 h 43 | 8 COMMENTAIRES
L’Allemagne doit-elle réhabiliter les homosexuels condamnés entre 1945 et 1994 ?

Les Verts allemands ont demandé à ce que toutes les condamnations pour homosexualité prononcées entre 1945 et 1994 sur la base du tristement célèbre paragraphe 175 du code civil allemand soient levées. Ils demandent également l’indemnisation des personnes qui ont été l’objet de ces condamnations.

Les partis de la coalition au pouvoir (CDU-CSU, parti de droite, et FDP, les libéraux) ont refusé cette demande, car cela entrerait en contradiction avec le principe de non-rétroactivité des lois. Entre 1945 et 1969, toute relation homosexuelle était condamnée, sur la base d’un article du code pénal qui existait depuis plusieurs dizaines d’années et qui n’avait jamais été supprimé. De 1969 à 1994, les relations homosexuelles étaient condamnées en-dessous d’un certain seuil d’âge, bien supérieur à celui autorisé pour les relations hétérosexuelles.

En 2002, la coalition socialiste/écologiste avait annulé les condamnations prononcées contre les homosexuels sous le régime nazi – la CDU et les libéraux s’étaient alors opposées à une telle levée des condamnations ! Mais toutes les condamnations prononcées après 1945 sont restées inscrites dans les casiers judiciaires des homosexuels, et les victimes de ce paragraphe 175 sont toujours considérées comme coupables.

Les Verts ont reçu le soutien du parti « Die Linke » (équivalent du Front de gauche), et un appui très mitigé du SPD (le P.S. allemand), qui s’inquiète des conséquences constitutionnelles de la levée de condamnation promulguées dans un régime démocratique..

Plus d’infos ci-dessous : http://www.queer.de/detail.php?article_id=14228

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