4297 Discriminations | E.D.H. – Egalité des Droits Homos/hétéros

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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Associations | Discriminations | France | Prostitution | Travail | 28.04.2012 - 22 h 57 | 9 COMMENTAIRES
Le torchon brûle entre Morgane Merteuil et Christine Le Doaré.

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Morgane Merteuil : vous avez beaucoup entendu son nom dans les médias, lorsque de nombreux débats portaient sur la prostitution. Cette escort girl y a régulièrement pris la parole au nom du Strass (Syndicat du Travail Sexuel), qui défend la reconnaissance du « travail sexuel » et lutte contre l’abolitionnisme – mouvement qui tend à vouloir faire disparaître la prostitution.

Christine Le Doaré est quant à elle bien connue dans le milieu LGBT. Elle est actuellement présidente du Centre LGBT Paris Ile de France, et régulièrement controversée pour ses prises de positions personnelles très tranchées contre la prostitution et la GPA.

Comme l’on pouvait s’en douter, les relations ne sont pas au beau fixe entre les deux femmes, qui défendent respectivement des points de vue diamétralement opposés. Mais le ton monte entre elles depuis ce vendredi 28 avril 2012, au point d’en arriver aux invectives personnelles. Pour preuve, ce message de Christine Le Doaré, diffusé publiquement par son auteure, puis par Morgane Merteuil. Chistine Le Doaré y reprend deux termes très durs adressés à son encontre par Morgane Merteuil, et choisit d’y répondre elle-même de manière extrêmement virulente :
Sur le mur de LA porte-parole (ben oui, ils ont tout de même Une alibi)  du STRASS : « CLGBT cherche présidente non puto-phobe, non séro-phobe… » Rien que ça ! Il faudrait tout de même se cotiser pour leur payer quelques cours de droit, en particulier à cette excitée qui ne sait même pas que de tels propos suffisent à gagner un procés en diffamation, sans compter que de tels propos la ridiculise e…t décridibilisent totalement son association ! Sérophobe ? alors que je bosse gratuitement et sur mon temps libre  pour financer un lieu qui embauche un chargé de prévention, qui organise des partenariats de dépistage (Trod…) qui offre des matériels et documentations de prévention, qui organise des réunions inter-associatives… Putophobe ? alors que j’ai hurlé des centaines de fois que c’est justement parce que je respecte les femmes prostituées que je pense qu’il est temps de vivre dans une société qui éduque les clients prostitueurs ? Elle ne sait pas lire la Morgane ? Des cours de lecture en plus des cours de droit, ça va faire cher !  Boufonne va ! t’as de la chance que j’ai bien d’autre choses à faire que de te poursuivre en diffamation, parce que là c’est cadeau !
Peut-être pourrait-on cesser le feu, et discuter un peu plus calmement des deux côtés, afin de défendre comme il se doit les droits des femmes, qui méritent mieux que des querelles qui s’enveniment ?
Discriminations | Education | Homophobie | International | Internet | 17.04.2012 - 23 h 07 | 31 COMMENTAIRES
USA : nouveau suicide d’un ado gay harcelé

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Il avait 14 ans. Il était gay. Il est mort par suicide après des semaines de harcèlement.

Faut-il en dire plus ?

Son nom était Kenneth Weishuhn. Il étudiait au South O’Brien High School, dans l’Iowa.

Les dernières semaines qu’il a vécues ont été un triste et éternel recommencement. Un mois d’horreur et de harcèlement, après son coming out auprès de garçons de sa classe. Moqueries, harcèlement sur le net, menaces de mort par téléphone… Le garçon a subi tout cela sans broncher, jusqu’à n’en plus pouvoir.

Le reportage en anglais peut être visualisé ici.

Rappelons que ce suicide fait suite à beaucoup, beaucoup d’autres du même genre depuis plusieurs mois.

Discriminations | Famille | France | Gestation pour Autrui | Medias | Politique | 07.03.2012 - 17 h 17 | 5 COMMENTAIRES
Pour Jean-Luc Mélenchon, les mères porteuses sont une invention de Marine Le Pen.

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On a beaucoup parlé de la rencontre entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sur France 2 le 23 février 2012, au cours de laquelle la présidente du Front National a refusé de débattre avec Jean-Luc Mélenchon. Mais on a trop peu remarqué les déclarations de Jean-Luc Mélenchon à cette occasion, qui avait choisi d’attaquer Marine Le Pen sur le thème de l’égalité hommes/femmes.

Pour ce faire, il lui a d’abord rappelé qu’elle s’oppose au remboursement de l’IVG :

« Madame, la première égalité, et vous le savez,  c’est de pouvoir disposer librement de soi, de son corps. Or, vous, vous êtes pour supprimer le remboursement par la sécurité sociale de l’IVG, ce qui signifie que ce droit, aujourd’hui, vous ne le combattez plus, mais vous voulez le réserver seulement à ceux qui en ont les moyens.

Marine Le Pen refusant le débat, et monologuant pendant de longues minutes, Mélenchon la relance, 2h07 après le début de l’émission :

« Laissez-moi parler, vous allez voir. […] Moi, je vous ai posé une question concrète, Madame. […] Voyez-vous, je vous ai posé une question, et vous ne me répondez pas, parce que vous êtes une double hypocrite. Vous réservez l’IVG à ceux qui peuvent payer. […] Sur la question de l’égalité hommes/femmes, je ne vous lâcherai pas. »

Même lorsque David Pujadas reprend la question et interroge Marine Le Pen sur les soi-disant « avortements de confort », elle refuse toujours de répondre. Jean-Luc Mélenchon propose donc de « parler tout seul », puisque c’est ainsi que procède Marine Le Pen.

Mais après avoir attaqué Marine Le Pen sur son idée d’instaurer un salaire parental, Jean-Luc Mélenchon se lance alors, à 2h20mn, dans une très violente diatribe contre les mères porteuses, dont il attribue l’invention… à Marine Le Pen ! En voici la retranscription exacte, mot pour mot :

« Me reste-t-il du temps, M. Pujadas, pour vous faire de nouvelles révélations sur le programme de Mme Le Pen ? […] Je vais pouvoir apprendre à ceux qui nous écoutent de nouvelles choses […] Marine Le Pen a perdu ses moyens, elle sait que le Front de Gauche est partout sur ses traces, et que partout  nous procédons au travail de désintoxication dont il y a besoin ici et là. […]

Il reste maintenant à entendre, à ceux qui nous écoutent, qu’après avoir inventé un salaire parental qui est une arnaque, refusé le remboursement de l’IVG,  Mme Le Pen est également l’inventrice d’un mot, qui est (comme elle le fait d’habitude, c’est très habile)elle appelle ça « l’adoption pré-natale », ce qui, en termes plus ordinaires, s’appelle les mères porteuses. Vous avez inventé que, si quelqu’un ne voulait pas porter un enfant, ne veut pas l’assumer, mais qu’elle veut quand même le porter, alors elle pourrait le donner à quelqu’un d’autre avant sa naissance. Eh bien, Madame, un jour vous allez nous présenter la milliardaire qui est prête à le faire dans ces conditions pour quelqu’un qui gagne le Smic, et alors on commencera à vous croire. La vérité c’est que vous avez planifié l’invention de ce qu’on appelle des mères porteuses, c’est-à-dire la transformation du corps de celles qui ne peuvent pas faire autrement en un instrument de production. Allez, je vous mets au défi de me dire que ce n’est pas le cas. Montrez-moi comment vous comptez faire. »

Mélenchon avait dit peu de temps auparavant à Marine Le Pen : « Les nuances, ce n’est pas votre fort ». Apparemment, ce n’est pas le sien non plus. Comment le représentant du Front de Gauche peut-il tenter de diaboliser les couples hétéros et homos qui ont eu recours à une mère porteuse, en essayant de faire croire, au mépris de toute vérité, que les mères porteuses sont une invention de Marine Le Pen ? Est-il nécessaire, pour combattre Marine Le Pen, d’inventer des arguments pareils, et de faire passer les mères porteuses pour une invention de l’extrême droite française ? Ce thème divise dans les rangs de tous les partis politiques, qu’ils soient de gauche ou de droite : comment Jean-Luc Mélenchon peut-il feindre d’ignorer que les mères porteuses font débat au sein de son propre parti ?

Elisabeth Badinter, Martine Gross, Israël Nisand, qui soutiennent la pratique des mères porteuses, sont-ils des membres du Front National ? Faut-il suivre les préceptes de Sylviane Agacinski et René Frydman pour être de gauche aujourd’hui ? Monsieur Mélenchon, n’humiliez pas les couples qui font recours à une mère porteuse, en les assimilant au Front National : nos couples et nos familles valent mieux que cette instrumentalisation de bas niveau à des fins électoralistes.

Discriminations | France | Homophobie | Livres | 05.03.2012 - 01 h 57 | 1 COMMENTAIRES
L’écrivain Denis Tillinac s’en prend violemment aux LGBT.

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Dans un article publié sur atlantico.fr, l’écrivain Denis Tillinac s’attaque avec virulence aux LGBT et aux féministes. Cet article reprend de larges extraits d’un discours tenu par Denis Tillinac devant les adhérents de l’UNI, ce syndicat étudiant de droite qui était l’un des plus fervents opposants au Pacs.

Dans une rhétorique désormais classique de la part des extrémistes opposés à toute évolution des droits LGBT, et en des termes que ne récuserait pas Christian Vanneste, Denis Tillinac accuse les LGBT d’imposer à la société « le miroir terni d’un narcissisme barbare » et de vouloir la transformer en une « utopie sinistre » où « les égos seraient à la fois souverains, déracinés, insatiables et interchangeables ».

La violence des termes employés à l’encontre de ceux qui sont différents de M. Tillinac fait rire jaune, lorsqu’on voit que cet homme acrimonieux se fait le chantre de l’altérité… Voici, pour les coeurs bien accrochés, un extrait de son texte détestable, où il dénie même aux couples de même sexe la qualité de « couples », en les appelant dédaigneusement des « paires » :

Le féminisme made in USA et le militantisme « gay » de la gauche conpirent (sic) à l’instauration d’un androgynat, selon cette logique de l’indifférencié qui récuse l’altérité des genres. Pour nous, un homme n’est pas une femme, une paire n’est pas un couple et dans une cité civilisée, l’individu n’a pas tous les droits, il doit prendre en compte son héritage et sa postérité. Nous refusons l’utopie sinistre d’une société dont les égos seraient à la fois souverains, déracinés, insatiables et interchangeables. Un monde sans altérité où le même serait réduit à ne dialoguer qu’avec soi dans le miroir terni d’un narcissisme barbare.

Mais où ces gens puisent-ils une telle haine à l’égard des LGBT ?

Adoption | Bayrou | Discriminations | Droit | Education | Famille | France | Gestation pour Autrui | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | Modem | Politique | UMP | 18.02.2012 - 01 h 15 | 0 COMMENTAIRES
11 et 14 février 2012 : un regard LGBT sur les travaux du Modem.

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François Bayrou est-il pour l’égalité de tous les couples face au mariage et à l’adoption ? Sa réflexion a beaucoup évolué depuis son refus personnel du Pacs à la fin des années 90. Les positions qu’il défend en 2012 sur le mariage et l’adoption par les couples de même sexe méritent donc d’être observées de près… Petite plongée dans la campagne de François Bayrou cette semaine.

François Bayrou entouré de journalistes.

La valeur « Solidarité ».

Le 11 février 2012, François Bayrou a tenu à la Maison de la Chimie l’un des quatre grands forums de réflexion qui rythment sa campagne. Intitulé « Solidarité », il comportait trois tables rondes de 3h30. L’un de ces moments d’échange, dirigé par Dominique Verisini, était appelé « Vivre Ensemble ». Si je m’y suis rendu, au lieu d’aller au mariage symbolique de Villejuif qui avait lieu exactement au même moment, c’est parce que cette table ronde devait aborder, entre autres, la thématique de l’égalité et de la lutte contre les discriminations.

Discours d'ouverture de François Bayrou

Le discours inaugural de François Bayrou était constitué d’une charge extrêmement virulente contre Nicolas Sarkozy, qui venait de faire paraître sa fameuse interview dans le Figaro Magazine. A l’inverse du Président Sarkozy qui divise, Bayrou veut être un Président qui rassemble, et qui gouverne au nom des valeurs humanistes.

Dominque Versini et Fadila Mehal

Dominique Versini (debout, au centre de l'image)

Dominique Versini, qui dirige la table ronde « Vivre ensemble », n’est pas une inconnue. C’est une chiraquienne historique, qui a été victime de sa liberté de parole et de la réorganisation des institutions sous Nicolas Sarkozy. Ancienne cofondatrice du Samu social et Défenseur des enfants, elle a également été secrétaire d’Etat chargée de la Lutte contre la précarité et l’exclusion auprès de François Fillon. On apprendra dans l’après-midi, lors de sa participation au grand débat politique de l’APGL, que c’est elle qui a, en majeure partie, rédigé le statut du beau-parent, tel qu’il a ensuite été défendu par Nadine Morano… et refusé par l’UMP.

Fadila Mehal (à droite)

La table ronde était co-dirigée par Dominique Versini et Fadila Mehal. Dominique Versini est un soutien récent à François Bayrou. Elle a rappelé qu’elle n’était « pas encartée », mais qu’elle soutenait les valeurs humanistes du candidat Modem. A l’inverse, Fadila Mehal accompagne le Modem depuis son année de création. Elle s’est engagée de longue date dans l’action sociale et le monde associatif, et elle a eu de nombreuses responsabilités en lien avec la cohésion sociale et l’égalité des chances.

L’intervention de Frédérick Getton

La grande majorité de la table ronde était dédiée à des problématiques sociales ou économiques. Mais la gravité des problèmes abordés rendait légitime la place importante accordée aux problèmes sociaux : lutte contre la précarité, problèmes de logement, politique de la ville (et de la ruralité), place de l’enfance, prise en compte du handicap…

Catherine Tripon

Parmi la trentaine d’intervenants, deux étaient au fait des problèmes rencontrés par les LGBT. Pour l’anecdote, le public ne disposant pas de la liste des intervenants, j’ai cru pendant deux bonnes heures que le sujet des discriminations homophobes serait traité par Catherine Tripon, porte-parole de la fédération L’autre Cercle. En réalité, Catherine Tripon a posé la question de l’égalité entre hommes et femmes dans l’entreprise, puisque c’est un sujet dont elle également spécialiste.

Le thème de l’égalité des droits entre couples mixtes et non-mixtes a donc été abordé par Frédérick Getton. Militant de l’UDF puis du Modem, il est le président de « CENTR’EGAUX, l’association des centristes et démocrates LGBT ». Il a exposé avec beaucoup de conviction les objectifs de Centr’égaux : lutter contre les LGBT-phobies et obtenir l’égalité stricto sensu, en droits et en devoirs, entre couples hétéros et couples de même sexe. Il a revendiqué, pour les LGBT, le droit à la différence et à l’indifférence, ainsi que le respect de la diversité des femmes et des hommes qui composent la société. Ces demandes rejoignent pour lui « le projet humaniste de François Bayrou et du Modem ».

Centr’égaux souhaite « l’égalité globale » entre les couples, par l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe. Il revendique également accession à la parentalité pour les couples de même sexe : adoption, PMA et GPA encadrée. L’instauration d’un statut du beau-parent lui semble indispensable. Pour Frédérick Getton, il permettrait de respecter le droit de l’enfant, et apporterait la sécurisation des enfants, si chère à François Fillon.

La "table ronde" et ses 30 chevaliers

Frédérick Getton rappelle que l’orientation sexuelle peut encore poser des problèmes dans le monde du travail : lors des discussions entre collègues, beaucoup d’homosexuels s’inventent une vie, ou se taisent, pour cacher l’existence de leur copain ou de leur copine. Enfin, il souhaite que l’éducation sensibilise davantage les enfants au respect de la différence (le maire de Talence, présent à la table, acquiesce vivement).

Dans le public, tout près de moi, un honorable spectateur a de plus en plus de mal à se contenir en écoutant l’intervention de Frédérick Getton. « Et les devoirs ? » marmonne-t-il d’abord à sa femme. Il reprend peu après, de plus en plus fort, et cherchant l’approbation de ses voisins : « Et les enfants, alors, ils y pensent ? Non mais vraiment ! » Evidemment, il n’applaudit pas à la fin de l’intervention, et ce qu’il a entendu l’a mis de fort mauvaise humeur…

Comptes rendus des tables rondes

La table ronde s’est terminée vers 13h30. Les thèmes abordés, très divers et intéressants, ont été largement commentés – même si la question des LGBT a été traitée très brièvement (4mn sur 3h30).

Dans la Maison de la Chimie, à la pause

Je profite de la pause-déjeuner pour retrouver l’adhérent Modem qui s’est récrié durant l’intervention de Frédérick Getton. Il pourrait être mon père – il lui ressemble beaucoup. Au cours de la discussion, ce militant UDF puis Modem m’explique qu’il s’inquiète pour les « droits de l’enfant », parmi lesquels figure, selon lui, le droit d’être élevé par un père et une mère. Il pense que « le développement psychologique d’un enfant nécessite l’altérité père/mère », et que les droits de l’enfant sont supérieurs aux droits LGBT. Il m’indique qu’il est cependant prêt à voter Modem, malgré son désaccord avec Bayrou sur cette question. Il a l’air presque déçu lorsque je mets fin à la discussion en le remerciant : il aurait apparemment voulu continuer à dialoguer avec moi. Sait-il que j’ai dû inventer un prétexte pour nouer le dialogue avec lui, que je n’ose pas lui dire que je suis homo, que j’aimerais adopter un enfant avec mon compagnon, et que ses fausses convictions m’ont touché ? Sait-il que mon père, qui pensait autrefois comme lui sur toute la ligne,  souffre désormais que mon compagnon et moi ne puissions pas adopter ou recourir à la GPA pour élever ensemble un enfant au sein de notre foyer ? Un instant, j’ai envie d’inviter ce type chez moi, de lui montrer comment on vit, de le présenter à des couples homos qui ont élevé leurs enfants…  J’ai, durant quelques instants, l’espoir qu’il comprendrait alors son erreur.

Dominique Versini

A 14h, les rapporteurs de chaque table ronde viennent rendre compte des débats. La vieillesse, la santé, l’emploi, la protection sociale… sont autant de thèmes traités lors des deux premières tables rondes, et présentés par quelques personnalités. Dominique Versini monte alors à la tribune pour rendre compte de nos débats. Elle aborde, plus en détail que lors des débats du matin, le thème des familles homoparentales « qui existent, et qui sont d’aussi bonnes familles que les autres ». A ces mots, je suis ému d’entendre cette déclaration dans un parti centriste. Mais les réactions autour de moi sont assez vives (je suis assez loin de la tribune, là où les gens commentent plus librement) , et quelques personnes, bien que discrètes, sont assez mécontentes. « Je sais, déclare Dominique Versini au sujet des familles homoparentales, que François y est sensible. Tout part de l’enfant, et du besoin qu’a sa famille d’être soutenue ».

Discours de clôture de François Bayrou

A 14h15, avec un peu de retard, François Bayrou tient son discours. Malheureusement, il n’est plus question, dans ce discours final de 1h15, des LGBT ni de leurs familles. Le candidat fera à peine une allusion, au début et à la fin du discours, à la lutte contre les discriminations. Il cite la discrimination pour orientation sexuelle, mais il s’attache surtout à celles, tout aussi réelles, dont sont victimes « les minorités visibles » et les femmes.  Le candidat déclare : « Je crois aux vertus de l’éducation, des campagnes de sensibilisation, je crois à l’engagement personnel de chacun pour que la discrimination ou les préjugés ne passent pas par lui. »

Où l’on retrouve Dominique Versini et Frédérick Getton

Une fois le discours fini, je file au débat politique de l’APGL. Je ne suis pas le seul à y aller, puisque j’entends Dominique Versini glisser à Fadila Mehal : « Bon, maintenant je vais voir les familles homoparentales. » Je suis surpris par le ton de Dominique Versini, qui a l’air quasiment enjouée de se rendre au débat. Elle ne semble pas du tout stressée d’y aller, bien au contraire : son visage contraste fort avec l’air contrit et renfermé de Jean-Marie Cavada, lorsqu’il était venu représenter le Nouveau Centre devant l’APGL en septembre 2010 !

Au débat de l’APGL, Dominique Versini présente la position du Modem sur le mariage, l’adoption et la PMA. A titre personnel, elle aimerait que le mariage soit ouvert à tous les couples. Ce n’est cependant pas la position de Bayrou, « dans l’état de sa réflexion pour le moment », ajoute Dominique Versini. Le président du Modem souhaite en effet instaurer plutôt une union civile qui donnera aux couples de même sexe les mêmes droits et les mêmes devoirs qu’aux autre couples. Au sein du Modem, beaucoup espèrent encore que François Bayrou comprendra que cette solution n’est pas viable socialement, parce qu’elle conduit au coming out forcé et favoriserait toutes les discriminations. En outre, elle est électoralement contre-productive : elle lui coûte plus d’électeurs qu’elle ne lui en apporte. De l’avis de tous, François Bayrou est un homme pragmatique qui a des convictions fortes et qui sait se remettre en question : saura-t-il se rendre compte, à temps, que la seule solution possible est l’ouverture du mariage pour tous ?

Le Modem est en outre favorable à l’ouverture de l’adoption pour les couples de même sexe, mais aussi à l’accès à la PMA pour les couples de femmes. François Bayrou est également favorable à la reconnaissance des enfants nés par GPA à l’étranger. Ses positions sur l’ouverture de la GPA en France, même encadrée, mériteraient d’être clarifiées : on sent bien que le sujet est extrêmement complexe et ne figurerait pas parmi les premiers résolus au cours du quinquennat.

Dominique Versini dialogue avec les médias.

A la tribune, Dominique Versini fait bonne figure face à George-Pau Langevin, qui s’emmêle à un moment les pinceaux en parlant de « femmes pacsées célibataires » (et en persistant dans son erreur…), ou qui explique à quel point les discussions sur les thèmes LGBT peuvent être « difficiles et compliquées » entre les responsables P.S. Dominique Versini essaie en outre de tempérer les ardeurs de Clémentine Autain, dont l’intervention aura sans doute été la plus appréciée de l’après-midi, mais dont les positions supposeraient une « révolution copernicienne » dans notre façon d’envisager la famille. Point amusant : Camille Bedin (UMP) cherche à plusieurs reprises du soutien de la part de Dominique Versini, soit du regard, soit en s’adressant directement à elle, mais cette dernière le lui refuse à chaque fois.

Opposée à l’une des spectatrices sur la nécessité pour un enfant d’avoir deux parents, Dominique Versini recourt à son expérience personnelle durant sa jeunesse. L’exercice est risqué, mais la séquence est émouvante, et l’on voit bien que Dominique Versini est sincère, à la fois dans le récit de sa vie et dans ses convictions. Pour elle, un enfant doit être élevé par un couple, quel que soit le sexe des deux personnes qui l’élèvent. Cette idée fait débat au sein du public et des intervenants : quid des familles monoparentales, des couples divorcés et de la co-parentalité ? quid des sociétés où la famille n’obéit pas nécessairement au schéma occidental moderne « couple + enfant(s) » ? Cette question  pourrait sans doute faire l’objet, dans un proche avenir, de rencontres passionnantes et de débats réunissant témoins et spécialistes.

Frédérick Getton

Frédérick Getton, présent lui aussi, profite de ce débat pour faire se rencontrer Dominique Versini et Nicolas Gougain, de l’Inter-LGBT. La discussion entre ces trois personnalités semble prometteuse, et le contact se fait très facilement.

14 février : la Saint-Valentin de Bayrou avec les LGBT ?

Enfin, le 14 février 2012, François Bayrou est l’invité d’Europe 1 pour une matinale spéciale qui lui accorde quasiment 2h de temps d’antenne. Vers 8h30, il répond aux questions des Français.

C’est l’auditeur Robert, de Marseille, qui pose la question du mariage homosexuel et du « droit d’adoption » (à 6 minutes, dans la vidéo).

Bayrou – On va prendre deux minutes, parce que je suis choqué… Ma position est très simple. Je suis choqué par un certain nombre de propos…

Bruce Toussaint – Ceux de Nicolas Sarkozy dans le Figaro Magazine ?

Bayrou – Par exemple. Quand on parle de l’homoparentalité en présentant ça comme une déviance. Je voudrais qu’on songe qu’il y a, en France, des centaines de milliers d’enfants, d’adolescents, de jeunes, dont le père ou la mère est dans la situation d’avoir cette orientation sexuelle, et de l’avoir découvert quelquefois après, quelquefois avant la naissance de leur enfant. Ces enfants-là, ces jeunes-là, qui vous écoutent en ce moment, je trouve mal qu’on les présente comme destabilisant la société. L’homoparentalité, ça existe. Il y a donc une deuxième question : est-ce que l’adoption par des homosexuels existe ? Eh bien, elle existe évidemment, puisqu’en France, un célibataire peut adopter ! Alors, il y a une troisième question : est-ce qu’on peut reconnaître un lien qui existe entre l’enfant et les deux parents qui l’élèvent, lorsque les deux qui veillent sur lui ont cette vie de couple ? Moi, je pense que c’est bien de le faire. […] Ca existe dans la société française. Ce n’est pas une opinion : c’est une réalité qui touche des centaines de milliers d’enfants, de jeunes et de parents, pour qui je demande un minimum de respect et de compréhension. Parce que c’est pas facile d’élever un enfant quand on est homo. Et excusez-moi de vous le dire : ce n’est pas facile d’élever un enfant quand on est hétéro ! Il y a beaucoup beaucoup de couples qui sont dans des difficultés. J’étais hier dans l’école dont je parlais à l’instant : le directeur me disait l’an dernier:  » j’avais une classe dans laquelle, sur 25 élèves, il n’y en avait qu’un qui avait une famille classique « papa et maman » : un ! » Alors arrêtons de présenter cela comme s’il y avait chez ces enfants de la nocivité.  Ce sont nos enfants, alors il faut les élever du mieux que nous le pouvons. Et moi en tout cas, je défendrai cela ! […] Pour le mariage, je dis : égalité de droits et de devoirs, égalité de forme entre les unions, mais je pense qu’il est bien que ça s’appelle union, et pas mariage. Parce qu’il y a en France, et dans toutes les sociétés occidentales, des traditions qui viennent de très loin, et qui sont éminemment respectables, autour de l’idée que le mariage, c’est un couple d’un homme et d’une femme. Et je trouve que l’égalité de droits et la distinction du nom, c’est quelque chose qui au fond affirme le droit à la différence de tout le monde.

Sur Rue89, la toujours aussi excellente journaliste Nolwenn Le Blevennec publie un article qui analyse avec justesse les déclarations de Bayrou ce mardi 14 férvier 2012, et qui les remet en perspective par rapport à l’évolution personnelle et positive de François Bayrou. Bayrou se disait, en 2006, « coincé » sur les questions LGBT. Il déclarait avoir « mûri », et comprendre nos difficultés. Il ne reste plus qu’à espérer qu’au sein de son équipe, François Bayrou écoute à nouveau, sur cette question, les conseillers qui connaissent la question de très près, et qui ont su l’amener, année après année, à saisir les difficultés quotidiennes rencontrées par les LGBT.

François Bayrou peut-il encore changer, à court terme, son opinion sur le mariage, et l’ouvrir finalement à tous les couples si l’est élu, sans distinguer les homos et les hétéros en offrant à chacun une union différente ? A l’heure actuelle, et face à la division des juristes sur ce point, une telle évolution intelligente… ne semble ni exclue, ni impossible.

Discriminations | France | Homophobie | Justice | Politique | UMP | Vanneste | 17.02.2012 - 04 h 27 | 21 COMMENTAIRES
La lettre de Christian Vanneste aux députés UMP – et la leçon qu’il faut en tirer.

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D’après le site extrémiste Nouvelles de France, Christian Vanneste aurait fait parvenir une longue lettre aux députés UMP, suite à la menace d’exclusion qui pèse sur lui. Dans un dernier accès de délire paranoïde, il s’en prend directement à GayLib et aux Jeunes pop, et en particulier à Benjamin Lancar.

Cher(e)s Collègues,

Comme vous le savez, je suis attaché aux valeurs de la famille traditionnelle dans notre civilisation, et c’est la raison pour laquelle j’ai pris position depuis longtemps contre les revendications du lobby gay. Celui-ci, très influent au sein de notre mouvement, avec Gaylib et les cadres des jeunes pop, cherche à tout prix mon exclusion, au mépris de la liberté d’expression et des valeurs qui ont toute leur place dans un mouvement issu du gaullisme, de la démocratie chrétienne et du libéralisme.

C’est ainsi que Monsieur LANCAR a osé déclarer dans Têtu : « VANNESTE n’a rien à faire chez nous », moi qui suis à l’UJP depuis 1968 et n’ai jamais quitté ma famille politique.

M. LANCAR a par ailleurs dit tout le bien qu’il pensait de Pierre LAVAL. Il n’a pas été exclu.

Gaylib a critiqué les valeurs défendues et les choix opérés par le Président Nicolas SARKOZY dans son entretien au Figaro Magazine. Il a annoncé qu’il ne soutiendrait pas le Président pour les prochaines élections. J’espère que les menaces d’exclusion qui pèsent sur moi ne sont pas la contrepartie nécessaire à son ralliement.

Depuis des années, je combats un lobby qui fait du mensonge systématique son arme favorite. C’est dans cet esprit que j’ai procédé au rappel des faits. S’il y a eu une déportation des homosexuels en Allemagne (30 000 ou 40 000) et en Alsace Moselle (210), il n’y en a pas eu dans le reste de la France. Cette communication, faite sur un site catholique, avait deux mérites.

D’abord, celui de répondre à l’attente d’un public dont je suis naturellement proche, et qui doit pouvoir soutenir notre candidat. Ensuite, celui de s’en tenir strictement aux données réelles du problème. Le seul argument qui a pu m’être opposé a reposé sur une étude plus récente, qui évoque non pas 210, mais 63 déportés, dont 7 en territoire occupé. Il n’est pas sûr que ces derniers aient été déportés en raison de leur homosexualité.

Les faits que j’évoque sont donc avérés, ce ne sont pas des jugements de valeur, mais un simple rappel historique. Ils ne remettent nullement en cause la déportation, mais uniquement son extension à la France non annexée. Serge KLARSFELD confirme entièrement mes propos et trouve ridicule qu’on parle d’exclusion à propos de quelqu’un qui s’est contenté de rappeler les faits. Car le problème est là : a-t-on le droit à l’UMP de s’opposer aux revendications du lobby gay ? Oui, puisque le Président s’est lui-même prononcé. Peut-on énoncer des faits afin de dénoncer la désinformation pratiquée par le lobby ? A l’évidence, oui, car on ne peut pas condamner la vérité.

A plusieurs reprises, j’ai déjà été victime de ces procédés, qui consistent à me condamner publiquement, sans m’avoir lu ou écouté, sans même avoir pris contact avec moi.

Je considère que ma fidélité au mouvement mérite davantage de respect. L’UMP est un parti de droits et de devoirs, je ne pense pas avoir trahi notre philosophie politique.

Bien à vous,

Christian VANNESTE – Député du Nord

Cette lettre, pleine d’outrance grossière et de menaces tous azimuts, nous montre cependant que Christian Vanneste est suffisamment rusé pour savoir nuire sans s’exposer à être puni par la loi. Les associations LGBT, et les citoyens soucieux de lutter contre ce genre de personnage prêt à tout, ne doivent pas se laisser embarquer dans le petit jeu de Christian Vanneste.

En effet, c’est contre l’ensemble de l’interview donnée par Vanneste que doit porter l’indignation des LGBT et des citoyens français. Il ne s’agit pas seulement d’ergoter et de pinailler sur le nombre de déportés pour homosexualité appartenant à  telle ou telle zone géographique. Sur ce plan-là, Vanneste aura toujours beau jeu de dire que les historiens débattent, et qu’il parle de bonne foi. En revanche, comme beaucoup l’ont déjà remarqué, les propos qui entourent ces déclarations sont proprement abjects, et ne visent qu’à attiser la haine de la population contre les LGBT. C’est donc pour l’ensemble de l’interview (qui dure 20 minutes !), et non seulement pour ses propos sur la déportation, que Vanneste doit être exclu de l’UMP.

Notons qu’un autre type de lettre est en train de circuler à l’UMP : il s’agit de lettres-types à envoyer en tant que militants et sympathisants de l’UMP pour s’opposer à l’exclusion de Vanneste.

Enfin, parmi les trois commentaires que cette lettre a suscités sur le site Nouvelles de France, soulignons l’élégance et la pertinence du second commentaire :

Bravo pour la pertinence de vos propos concernant le lobby des excités du trou de balle.

Ne serait-ce pas un commentaire homophobe, et dûment réprimé par la loi ?

Associations | Discriminations | France | Homophobie | People | Politique | UMP | 17.02.2012 - 00 h 18 | 3 COMMENTAIRES
23 février 2012 : Le Refuge vous invite à faire bon accueil… à Christine Boutin.

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Les responsables du Refuge commencent vraisemblablement à prendre goût aux échanges réguliers qu’ils entretiennent avec l’ex-candidate à la présidentielle Christine Boutin.

Après lui avoir accordé un brevet de respectabilité en décembre 2011, Le Refuge s’apprête maintenant à accueillir Christine Boutin au sein de ses locaux. Pour l’association, il s’agit d’ « élargir le débat avec Madame Boutin » et de « proposer un échange avec les jeunes homosexuel(le)s et transsexuel(le)s que l’association héberge sur Paris ». Le Refuge a donc lancé une invitation officielle pour que nous soyons nombreux à faire un accueil courtois et respectueux à  la présidente du Parti Chrétien Démocrate.

Quand on connaît les prises de position anti-droits LGBT, que Mme Boutin martèle publiquement depuis une quinzaine d’années, les questions qu’a préparées le Refuge montrent cependant un décalage particulièrement criant entre les buts affichés par l’association et la personnalité politique invitée  :

Le Refuge souhaite entendre Mme Boutin sur 5 questions clés :

Quelle est sa réaction suite à la négation par M. Vanneste de la déportation des homosexuel(le)s français durant la 2e guerre mondiale ?
Quelles actions Christine Boutin recommande-t-elle en matière de prévention du suicide des jeunes LGBT et quel rôle le système éducatif peut-il jouer selon elle ?
Le Refuge est membre du groupe de travail initié par le Ministère de la Justice relatif à la vie affective des mineurs et des jeunes majeurs en milieu carcéral. Quel regard Christine Boutin porte-t-elle sur cette question ?
Mme Boutin a pris position contre l’inclusion du genre dans les manuels de SVT. Quel avenir propose-t-elle aux jeunes qui se découvrent de tel ou tel sexe ?
Quels engagements est-elle prête à prendre pour aider le Refuge à augmenter sa capacité d’hébergement ?

A quand l’invitation de Christian Vanneste par les Oubliés de la Mémoire, d’Alain Soral par le CRAN, de la même Christine Boutin par le Planning familial, ou de Jean-Marie Le Pen par le CRIJ ? On imagine d’ores et déjà les questions similaires que les uns et les autres pourraient poser à leurs invités : « M. Vanneste, quelles actions recommandez-vous pour mettre fin au harcèlement des jeunes homosexuels dans les établissements scolaires ? » ; « M. Soral, quelle est votre opinion sur l’immigration légale en France ? »; « Mme Boutin, quel regard porte-vous sur l’avortement ? » ; « M. Le Pen, que pensez-vous des propos antisémites de Dieudonné ? ».

Le plan communication & médias du Refuge, pour efficace qu’il soit, prend parfois des chemins très boueux. La dernière question posée laisse entendre que la visite de Mme Boutin pourrait s’achever par la signature d’un gros chèque à l’association Le Refuge. Mais quelle que soit la somme en jeu, est-il bien moral de se prosterner ainsi devant la diva des homophobes, tout en assurant diriger une association qui vient en aide aux LGBT ?

Discriminations | Education | Homophobie | International | 07.02.2012 - 10 h 18 | 14 COMMENTAIRES
Encore un suicide d’ado suite à du harcèlement homophobe.

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Fin janvier 2012, un nouvel ado s’est suicidé aux USA, après avoir enduré au collège un harcèlement homophobe incessant.

Le petit Raphael Morelos, 14 ans, n’a pas supporté le harcèlement dont il était victime, aussi bien en classe que sur internet.

Il en avait parlé à plusieurs de ses amies, et son école était au courant – mais sans résultat.

Raphael s’est pendu dans la nuit du 29 janvier. Près d’une centaine d’enfants ont confirmé que Raphael était harcelé. Sa mère, qui savait qu’il était homo, a découvert trop tard ce problème de harcèlement, et n’a rien pu faire. Interrogée par les médias, elle a déclaré que son fils « avait parfois l’air fort, mais en réalité, intérieurement, il mourait peu à peu ».

Le nom du pauvre Raphael vient s’ajouter à une liste déjà longue, beaucoup trop longue, d’adolescents harcelés pour leur homosexualité, et poussés au suicide par leurs camarades.

Discriminations | France | Homophobie | Medias | 27.01.2012 - 13 h 41 | 5 COMMENTAIRES
Discriminations : le Plus du Nouvel Obs invente… le délit de grosseur !

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On pouvait s’attendre à mieux de la part du Nouvel Obs, qui cherche depuis quelque temps à faire connaître sa plate-forme d’articles participatifs, rédigés par ses lecteurs puis sélectionnés par la rédaction et les journalistes du magazine, avec la rigueur qu’on leur imagine.

Patatras : il s’avère que Le Plus du Nouvel Obs sert parfois surtout d’exutoire à quelques énergumènes souffrant d’insurmontables frustrations. La dernière en date ? Un article abject d’une certaine Marie Sigaud qui a sans doute pour but dans la vie de devenir une semi-célébrité tout en concourant par son sacrifice à faire connaître le Plus du Nouvel Obs.

De quoi s’agit-il ? Mais tout simplement d’une vingtaine de lignes mal écrites pour faire exploser sa haine… contre les grosses ! Oui, vous avez bien lu : durant une page entière, Marie Sigaud aligne des phrases telles que celles qui suivent.

En quelques années, les « rondes » ont réussi à faire passer dans le langage courant qu’une femme normale, mince donc, est une « anorexique ». Comme si faire attention à sa ligne était une maladie. […] Voyez-vous Brad Pitt ou David Beckham au bras de « rondes » ? Non. Dès qu’un homme a le choix, il préfère être vu en compagnie d’une femme mince.

La cible de sa colère est la récente publicité pour la marque Castaluna, qui met en scène un mannequin aux formes plutôt classiques, loin des tailles de guêpe de femmes taillant du 36 ou 38. Voici la publicité en question :

C’est là que la dénommée Marie Sigaud bout de colère. Ironie mordante, agressivité gratuite, délire maniaco-paranoïaque… Rien ne nous sera épargné pour que cette dame se libère des obsessions qui la tourmentent :

En ces temps aseptisés, il convient d’aimer tout le monde et de respecter les différences. Mais là trop, c’est trop… de kilos. Je déteste la pub de Castaluna.

Si vous ne l’avez pas vue, vous ne connaissez pas votre bonheur. C’est un clip qui met en scène une femme trop grosse, pardon, bien en chair, ou mieux présentant une surcharge pondérale. Et elle danse.

A la limite, elle ne bougerait pas, ce serait encore tolérable. Mais non, elle remue. Et ses formes plus que plantureuses aussi. Bien que corsetées, contenues par tous les moyens textiles modernes, ses chairs flottent et le résultat me révulse.

Comment des journalistes sensés ont-ils pu accepter de mettre en ligne des horreurs pareilles ? Ce qui est intéressant, c’est que le principe de la discrimination envers ce mannequin à cause de son poids procède EXACTEMENT de la même manière que les discours stigmatisants envers les LGBT : appel au bon sens, au « naturel », à la « révulsion », invocation du bon goût, des limites et de la transgression des normes…

Sous prétexte de ne pas céder au politiquement correct (« temps aseptisés », « respect des différences »…), Marie Sigaud se plaît à humilier publiquement une femme pour sa nature et son être. Ce pourrait être sa couleur de peau, son origine géographique, son handicap, son orientation sexuelle… Ici, Marie Sigaud a choisi de s’en prendre à elle à cause de son poids.

Les arguments invoqués sont vraiment les mêmes que pour humilier les LGBT.

1) Recours à l’histoire, et au danger : « Alors je comprends bien que durant des années, les femmes qui font plus que du 44 ont été rejetées, brimées, moquées, raillées, limite persécutées. Il était temps qu’elles prennent leur revanche, puisqu’elles sont de plus en plus nombreuses. »

2) Si ces femmes sont comme ça, c’est de leur faute, et en plus on empêche les honnêtes gens de dénoncer leurs moeurs dépravées :  « La faute à une alimentation excessive, mais ça chut, il ne faut pas le dire trop fort. »

3) Pourquoi ces gens se montrent-ils, au lieu de cacher leurs différences et de respecter le bon goût ? : « Toutefois, de là à imposer sur les écrans une femme qui se donne pratiquement en ridicule, il y a une marge. »

4) Les gens normaux vont bientôt devoir être chassés et bannis : « Certes, il est difficile pour une femme qui pèse plus de 100 kilos de se représenter comment serait, sur elle, une robe présentée par une femme de 40 kilos. Mais les « vraies » femmes, comme elles aiment se faire appeler, ne sont plus vraiment à plaindre. En quelques années, les « rondes » ont réussi à faire passer dans le langage courant qu’une femme normale, mince donc, est une « anorexique ». Comme si faire attention à sa ligne était une maladie. » On croirait entendre Zemmour ou Vanneste disant que bientôt il faudra s’excuser de ne pas être gay ou lesbienne !

Les commentaires indignés fleurissent sur le site du Plus du Nouvel Obs. Pour mémoire, les LGBT ne sont pas toujours mieux vus sur le site, où l’on peut lire un article d‘opposition aux droits des couples de même sexe et où l’on s’offusque que des hôtels s’affichent gay friendly

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