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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Adoption | Associations | France | Histoire | International | Mariage | Politique | Quiz | 29.12.2013 - 02 h 05 | 0 COMMENTAIRES
Quiz de l’actualité LGBT : l’année 2013 en 20 questions.

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L’année 2013 a été riche en actualités pour les LGBT de France et du monde entier. Mais avez-vous bien suivi les événements de cette année ?

Les 20 questions ci-dessous vous aideront à tester vos souvenirs… et à rafraîchir votre mémoire !

Petit conseil : avant de commencer le test, munissez-vous d’un papier et d’un crayon, ou bien ouvrez un fichier de traitement de texte, pour noter quelque part la réponse que vous choisissez pour chaque question.

Bon courage à toutes et tous !

 

Question 1 – Rapporteur du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, Erwann Binet est député PS de la huitième circonscription…

A/ De Dordogne

B/ De l’Hérault

C/ De l’Isère

D/ Du Doubs

 

Question  2 – Le 13 janvier 2013, la « Manif pour tous » lance une nouvelle manifestation contre l’égalité des droits. Peu avant la manifestation, Xavier Bongibault se laisse aller à une étonnante comparaison qui déclenche un tollé. Selon lui : « La ligne que défend aujourd’hui François Hollande », c’est « la ligne qui était défendue par un homme…

A/ Que la Russie a accueilli à partir de 1917″.

B/ Que Vichy a hébergé pendant la seconde guerre mondiale ».

C/ Que la Chine a subi durant des dizaines d’années ».

D/ Que l’Allemagne a bien connu à partir de 1933″.

 

Question 3 – Le 1er février 2013, au cours des débats sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, le député Jacques Myard (UMP) entame une défense de « l’altérité sexuelle » et de l’égalité entre les sexes. Pour appuyer sa démonstration, il développe un exemple surprenant, et commence son raisonnement en déclarant à une députée PS : « Madame Coutelle, je vais vous faire un aveu : je fais très bien…

A/ l’amour à ma compagne

B/ les petits gâteaux de Bretagne

C/ le guide en haute montagne

D/ le poulet au champagne

 

Question 4 – A l’Assemblée nationale, la députée Corinne Narassiguin a été responsable pour le groupe socialiste, républicain et citoyen (SRC) du projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Elle ne pourra pas assumer cette charge jusqu’au vote de la loi, car, le 15 février 2013,…

A/ Le conseil constitutionnel invalide son élection

B/ Elle est nommée au cabinet de François Hollande

C/ Elle choisit de devenir députée européenne

D/ Elle est élue maire d’une grande ville des USA

 

Question 5 – En mars 2013, le Monde observe à la loupe les trente-sept associations co-organisatrices de la Manif pour tous. Parmi elles, beaucoup sont de simples coquilles vides. Laquelle de ces propositions ne désigne pas l’un des mouvements qui ont été affichés comme soutien de la Manif pour Tous ?

A/ Enfance Equilibre

B/ Le Cler Amour et Famille

C/ Enfants de tous pays

D/ Cosette et Gavroche

 

Question 6 – Le 24 mars 2013, Christine Boutin s’évanouit durant une manifestation contre l’égalité des droits, où elle prétend avoir aspergée de gaz lacrymogène. Les parodies se succèdent très vite sur internet, notamment grâce au tumblr « Joue-la comme Boutin ». Sur Canal +, quelle femme politique ira jusqu’à faire semblant de s’évanouir dans son fauteuil pour parodier le malaise de Christine Boutin ?

A/ Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des Territoires et du Logement

B/ Roselyne Bachelot-Narquin, ancienne ministre de la Santé et des Sports

C/ Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des PME, de l’Innovation et de l’Économie numérique

D/ Najat Vallaud-Belkacem, porte-parole du gouvernement, ministre des Droits des Femmes

 

Question 7 – Le 12 avril 2013, le Sénat approuve le projet de loi sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Parmi ces parlementaires, qui a voté en faveur du mariage pour tous ?

A/ Fabienne Keller (UMP)

B/ Jean-Noël Guerini (PS)

C/ Roger Karoutchi (UMP)

D/ Jean-Pierre Chevènement (MRC)

 

Question 8 – Le 23 avril 2013, à 17h05, Claude Bartolone annonce : « Après 136 heures et 46 minutes de débats, l’Assemblée nationale a adopté le projet de loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe ». Christiane Taubira prononce alors un émouvant discours où elle s’adresse en particulier aux jeunes LGBT « qui ont été blessés et désemparés » par les opposants au mariage pour tous. Elle leur demande solennellement de « garder la tête haute » face à l’adversité. Elle conclut son intervention par la phrase : « Les vérités tues – celles que l’on tait – deviennent vénéneuses », qui est une citation tirée des oeuvres de…

A/ Friedrich Nietzsche

B/ René Char

C/ Aimé Césaire

D/ Paul Eluard

 

Question 9 – Lors du vote de la loi à l’Assemblée nationale en avril 2013, quel farouche opposant à la loi sur le mariage pour tous s’est trompé, et a voté en faveur du mariage pour tous?

A/ Hervé Mariton

B/ François Fillon

C/ Henri Guaino

D/ Gilbert Collard

 

Question 10 – Après validation du texte par le Conseil constitutionnel, François Hollande peut enfin promulguer la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe…

A/ Le 06 mai 2013

B/ Le 10 mai 2013

C/ Le 15 mai 2013

D/ Le 18 mai 2013

 

Question 11 – Après y avoir été autorisés quelques mois, puis interdits durant quatre ans, les mariages entre personnes de même sexe peuvent à nouveau être célébrés dès le 29 juin 2013

A/ En Uruguay

B/ En Californie

C/ Au Brésil

D/ A Hawaï

 

Question 12 – Le 11 juillet 2013, Michel Teychenné remet officiellement à l’un des principaux ministres du gouvernement Ayrault son rapport consacré à la lutte contre les discriminations LGBT-phobes…

A/ A l’école

B/ En entreprise

C/ A l’armée

D/ Dans le sport

 

Question 13 – Le 19 août 2013 ont lieu les tout premiers mariages entre personnes du même sexe célébrés…

A/ En Angleterre

B/ En Australie

C/ En Nouvelle-Zélande

D/ En Nord Pas-de-Calais

 

Question 14 – Le 28 septembre 2013, dans quel pays la gay pride est-elle interdite pour la troisième année consécutive « en raison de sérieuses inquiétudes concernant la sécurité » ?

A/ En République tchèque

B/ En Serbie

C/ En Hongrie

D/ En Croatie

 

Question 15 – Durant l’été 2013, Dominique, de nationalité française, et son compagnon Mohammed, de nationalité marocaine, souhaitent se marier. Mais une ancienne convention bilatérale entre le Maroc et la France semble rendre impossible ce mariage entre les deux hommes. Le 11 octobre 2013, le tribunal de grande instance de Chambéry rend son verdict sur ce mariage. Laquelle de ces propositions est vraie ?

A/ Le tribunal de grande instance a interdit le mariage de Dominique et Mohammed en première instance

B/ La cour d’appel a autorisé le mariage de Dominique et Mohammed

C/ La cour de cassation a interdit le mariage de Dominique et Mohammed

D/ La cour européenne des Droits de l’Homme a interdit le mariage de Dominique et Mohammed

 

Question 16 – Le 28 novembre, le rapport Estrela, sur “la santé et les droits sexuels et génésiques”, est adopté en commission des Droits de la femme et de l’égalité des genres du Parlement européen. Il vise notamment à améliorer des droits des femmes et des LGBT dans toute l’Europe. Quelques jours plus tard, le rapport Estrela est finalement rejeté par le Parlement européen, à quelques voix près : les députés lui préfèrent une motion alternative conservatrice, présentée par la droite du Parlement. Parmi ces députés européens, qui a voté pour que le rapport Estrela soit définitivement rejeté ?

A/ Jean-Marie Cavada (Nouveau Centre)

B/ Robert Rochefort (Modem)

C/ Eva Joly (EELV)

D/ Pervenche Beres (PS)

 

Question 17En décembre 2013, un livre révèle l’homosexualité de Steeve Briois, cadre du Front national. D’abord censuré par la justice, l’ouvrage est finalement autorisé par la justice. Qui est l’auteur de ce livre ?

A/ Joseph Macé-Scarron

B/ Gaspard Dhellemmes

C/ Claude Askolovitch

D/ Oscar Nitkowski

 

Question 18En décembre 2013, la militante ouvertement lesbienne Billie King a été choisie par Barack Obama pour…

A/ Représenter les USA aux J.O. de Sotchi

B/ Mettre en place une loi contre les discriminations LGBT-phobes

C/ Interpréter le rôle de Michelle Obama dans un prochain biopic

D/ Prendre la tête de l’ambassade américaine au Vatican

 

Question 19 – Lequel de ces maires ayant marqué l’actualité est le seul des quatre à avoir accepté de célébrer des mariages entre personnes de même sexe en 2013 ?

A/ Xavier Bertrand (Saint-Quentin, 02)

B/ Christian Estrosi (Nice, 06)

C/ Laurent Wauquiez (Le Puy-en-Velay, 43)

D/ Jean-Michel Colo (Arcangues, 64)

 

Question 20 – A la fin de l’année 2013, dans lequel de ces quatre pays les personnes de même sexe peuvent-elles se marier ? 

A/ Finlande

B/ Chili

C/ Brésil

D/ Slovénie

 

Le test est fini. Bravo pour votre persévérance ! Si vous voulez modifier quelques réponses avant de regarder le résultat final, il est encore temps. Dans quelques secondes, il sera trop tard…

Si vous êtes sûr(e) de vos réponses, vous pouvez à présent regarder plus bas et vérifier si votre mémoire ne vous a pas trompé(e) !

 

Attention – Voici les réponses :

 

[SPOILER – ON]

1B 2D 3D 4A 5C 6C 7A 8A 9C 10D

11B 12A 13C 14B 15B 16B 17D 18A 19B 20C

[SPOILER OFF]

 

Voici les résultats :

Vous avez entre 0 et 7 réponses justes : Vous ne vous intéressez pas particulièrement à l’actualité LGBT. Sans être complètement déconnecté du monde, vous ne suivez pas vraiment les événements en lien avec la communauté, et vous n’êtes pas très curieux de savoir ce qu’il s’est déroulé en France ou dans le monde. Un conseil : lisez les articles de yagg régulièrement, et vous y découvrirez plein de petites choses étonnantes, dans les domaines les plus divers. Peu à peu, vous vous prendrez au jeu, et vous apprécierez en tous les cas d’échanger avec la communauté des yaggeurs !

Vous avez entre 8 et 15 réponses justes : L’actualité de cette année ne vous a pas laissé(e) indifférent(e). Que vous ayez été encouragé(e) par les victoires acquises en faveur des droits LGBT, ou que vous ayez été agacé(e) par les prises de position hostiles aux LGBT, vous avez suivi les événements de l’année grâce aux différents médias, généralistes et communautaires. Continuez à lire les articles de yagg : une bonne partie de vos connaissances proviennent sans doute des articles du site ! Et qui sait : votre résultat sera peut-être encore meilleur l’année prochaine !

Vous avez entre 16 et 20 réponses justes : Votre connaissance de l’actualité LGBT ainsi que la précision de vos souvenirs pour cette année 2013 sont absolument admirables ! L’actualité LGBT vous passionne assurément, et vous aimez vous tenir au courant de ce qu’il se passe en France et dans le monde sur ce sujet. Vous aimez consulter les médias, et vous lisez sans doute yagg assidument. Si ce n’est pas encore fait, pourquoi n’y créeriez-vous pas votre propre blog ? En tous cas, félicitations pour vos connaissances impressionnantes !

Adoption | Droit | Famille | France | Homoparentalité | Mariage | Politique | UMP | 26.10.2013 - 14 h 42 | 0 COMMENTAIRES
Jean-François Copé (UMP) : « Mon idée, c’est qu’on revienne à l’union civile, et en aucun cas d’autoriser l’adoption ».

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Nouveau revirement à l’UMP sur la question de l’égalité des droits. Jean-François Copé, secrétaire général du parti, promet dans une vidéo tournée le 24 octobre 2013, que l’UMP abolira le mariage pour les couples de même sexe et leur interdira purement et simplement toute possibilité d’adopter.

La scène a été tournée à Casablanca, lors du déplacement de Jean-François Copé au Maroc. Jean-François Copé y affirme clairement qu’il ne laissera pas la loi Taubira en l’état, et que si la droite revient au pouvoir, les LGBT seront privés des droits que le gouvernement Ayrault leur a accordés en 2013.

– Est-ce que vous allez revenir sur le mariage [pour tous] ?

Jean-François Copé : C’est ce que je viens de dire. Nous, on a un projet qui est l’union civile. Et donc, moi, mon idée, c’est qu’on revienne à l’union civile, et en aucun cas d’autoriser l’adoption

– D’accord.

Jean-François Copé  : Parce que pour moi, je vous dis le fond de ma pensée : le vrai problème, c’est la filiation. Moi qu’il y ait un couple homosexuel, c’est pas mon affaire, moi j’ai pas de jugement à porter. Par contre, pour moi, l’altérité sexuelle, c’est quelque chose de majeur pour l’éducation des enfants.

Pour appuyer son argument, au cours de l’entretien, le secrétaire général de l’UMP se lance en outre dans une justification personnelle assez déroutante. Parlant de sa propre fille, Faustine, née en janvier 2010, il affirme que sa femme et lui ne savent plus s’ils doivent lui dire qu’ils sont ou non ses parents !

Pour moi, le fond du problème, c’est la question des enfants, c’est ça pour moi. Parce que derrière ça, il y a toute la question de l’altérité sexuelle. Et, je suis désolé, on est déjà en train de partir vers un truc… On ne sait plus quoi dire aux enfants…Nous, on a une petite de deux, trois ans et demi : moi, avec ma femme, on sait plus quoi lui dire, hein… Père ou mère…

La conclusion des échanges entre Jean-François et son interlocuteur ne laisse pas de doute quant aux intentions de l’UMP…  jusqu’au prochain revirement ?

– On compte sur vous pour abolir le mariage gay, alors, ou pas ?

Jean-François Copé : Ben, dans le sens que je vous ai dit.

– On bascule en contrat d’union civile ?

Jean-François Copé : Voilà.

Adoption | Droit | Extrême(s) Droite(s) | Famille | France | Histoire | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | People | Politique | PS | 26.04.2013 - 02 h 35 | 4 COMMENTAIRES
Trois anecdotes sur le vote à l’Assemblée du mardi 23 avril 2013.

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Comme d’autres sympathiques yaggeurs et yaggeuses que j’ai retrouvé(e)s pour l’occasion, j’étais présent à l’Assemblée nationale l’après-midi du 23 avril 2013. J’ai lu avec intérêt les témoignages d’Alexandra, Philippe et Olivier, et j’ai pensé qu’à mon tour, je pouvais ajouter quelques compléments aux très intéressants récits personnels qu’ils ont fait de ce moment décisif dans l’histoire des LGBT en France.

 

1) Virginie Tellenne provoque la sécurité de l’Assemblée nationale

Ce que peu de personnes savent, c’est que Virginie Tellenne (alias Frigide Barjot) a tenté de défier la sécurité de l’Assemblée nationale avant d’assister au vote. Elle n’a commis en soi aucune infraction légale, mais son attitude morale a été très fortement douteuse. En effet, elle avait dissimulé sur elle des tracts rouges et blancs où était imprimée en gros caractères l’inscription « Référendum pour tous ».

L’un des membres du personnel de l’Assemblée nationale s’est aperçu que Virginie Tellenne portait ces tracts sur elle, et a pu lui en ôter un avant qu’elle s’avance dans une autre salle. Il lui a ensuite fallu prévenir la sécurité de l’Assemblée nationale, pour que ces tracts lui soient retirés un à un, en conformité avec le règlement de l’Assemblée nationale. La volonté de Virginie Tellenne était clairement, au minimum, de narguer le personnel de l’Assemblée.

Avait-elle l’intention de montrer ces tracts durant les explications de vote auxquelles elle a ensuite assisté ? Il est difficile de le dire, mais ce qui est sûr, c’est qu’elle a agi par esprit de bravade envers les agents de sécurité, et qu’elle avait pour but de leur montrer qu’ils devaient s’attendre à tout, et être sur leurs gardes face à toute menace qui pouvait venir d’elle ou de ses partisans.

Ce qui est d’ailleurs plus troublant, c’est que les tracts qu’elle portait sur elle défendaient justement l’idée d’un référendum – tout comme la banderole qui a été déroulée dans l’hémicycle par des individus violents quelques instants plus tard. Simple coïncidence ?

 

2) Virginie Tellenne n’a pas eu l’air mécontente de l’incident qui a indigné l’Assemblée nationale

Lorsque l’incident a éclaté dans les tribunes de l’Assemblée nationale, Frigide Barjot, à l’inverse de la majorité du public et des députés, n’a pas paru consternée, ni inquiète, ni même surprise par l’événement. Bien au contraire, elle n’a eu qu’un léger sourire de satisfaction qui, volontaire ou non, m’a paru le comble du cynisme.

Tout le public regardait alors les spectateurs que le service d’ordre tentait de maîtriser, et les députés étaient tournés soit vers les individus qui avaient effectué cet incident, soit vers les députés de droite qu’ils rendaient responsables de cette agression contre le travail parlementaire. Frigide Barjot a donc dû penser qu’elle n’était pas observée à ce moment-là…

 

3) L’hommage vibrant des députés et ministres à Corinne Narassiguin

Pour finir sur une note positive, j’ai été touché par l’hommage très émouvant qui a été rendu par le gouvernement et les députés à Corinne Narassiguin, ancienne députée PS des Français de l’étranger, et qui était initialement chargée du texte sur le mariage pour tous au sein du groupe socialiste à l’Assemblée nationale.

Corinne Narassuiguin avait fait un lourd travail d’auditions, de persuasion et de négociations au sein du groupe Socialiste, Républicain et Citoyen, en partenariat avec le gouvernement, les acteurs de la vie civile et les responsables politiques de son groupe. Son élection en tant que députée ayant été invalidée par le Conseil Constitutionnel en février 2013, cette fonction avait alors été reprise par le député PS Bernard Roman, très engagé sur le thème des droits LGBT et de l’homoparentalité.

Debout dans les tribunes après l’intervention finale de Christiane Taubira, et visiblement très émue, Corinne Narassiguin a été ovationnée par ses collègues députés et ministres de gauche, qui se sont tournés vers elle et l’ont acclamée, afin de rappeler le rôle très important que cette jeune femme de 38 ans, très attachée à la question de l’égalité, avait tenu, aux côtés d’Erwann Binet, dans l’adoption du projet de loi par l’Assemblée nationale.

 

Le reste de l’histoire vous est connu : il vous a été conté par l’équipe de Yagg qui a été mobilisée toute la journée, et par trois yaggeurs qui ont pris le temps de faire un compte rendu complet de tout ce qu’ils ont observé ce jour-là 🙂

Adoption | Famille | France | Homophobie | Mariage | Politique | 23.09.2012 - 17 h 58 | 0 COMMENTAIRES
Enquête auprès des maires d’Indre et d’Indre-et-Loire : « Hors de question de marier des pédés ! Je ne le ferai pas ! »

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Une rue de La Châtre, dans l’Indre

Le journal La Nouvelle République a interrogé  une vingtaine de maires du département de l’Indre sur le thème du mariage pour tous. Malheureusement, les déclarations de certains d’entre eux ont donné lieu à des dérapages regrettables, qui ne font pas honneur à leur statut d’élu.

Certains avis devraient faire honte à ces représentants du peuple, qui ont décidé de ne pas représenter les LGBT. Parmi les pires propos :

Jacques Tissier, maire de Fontgombault : « Hors de question de marier des pédés ! Je ne le ferai pas. »

Et si deux hommes ou deux femmes viennent le voir pour les marier, l’élu ajoute : « Je leur répondrais pareil ! Ce n’est pas une réponse « spéciale Nouvelle République » que je vous fais. » Il reconnaît cependant qu’il autorisera l’un de ses adjoints à célébrer ce mariage : « Si l’un d’eux veut le faire, ce sera en son âme et conscience ».

Bruno Perrin, maire de Migny, allie avec aisance l’humour gras et l’ignorance : « Ça ne sera pas gai, je suis ce débat avec inquiétude, ça me parait être une anomalie. Ça me choque. Moralement, anatomiquement, physiologiquement, c’est contre-nature. L’homosexualité existe, c’est comme ça, mais de là à les marier devant la loi… »

Vanik Berberian, maire de Gargilesse-Dampierre, et président de l’Association des maires ruraux de France, est plus modéré. Malgré tout, il semble ignorer qu’il y a aussi des habitants des zones rurales qui sont LGBT : « Pour les maires ruraux, ce n’est vraiment pas un sujet. Bien sûr, ça me fera peut-être bizarre la première fois mais je m’y habituerai ! »

D’autres élus, heureusement, ont des avis plus nuancés, intelligents et réfléchis. Parmi eux, Michel Breteau, maire de La Buxerette, déclare : « Si la loi le permet, on le fera, pas de problème ». Claude Laubier, maire de Parnac, précise : « On ne peut pas être pour le mariage et être contre l’adoption, ça va ensemble ». William Peters, maire de Montlevicq, porte un regard politique sur la question : « Même à la section PS de La Châtre, personne n’a abordé le sujet. Mais la société évolue ; au début, le Pacs était très critiqué, regardez maintenant… ».

Enfin, deux maires du département, toutes deux des femmes, sont ouvertement favorables à cette loi, et argumentent en ce sens :

Chantal Cogne (Bouesse) : « Nous sommes peut-être plus ouvertes sur la question. Ça ne me posera pas de problème mais ce qui est différent peut effrayer les maires. »

Maryse Rouillard (La Motte-Feuilly) : «J’espère bien que le fait d’être une femme ne change rien à l’affaire. Quand deux personnes s’aiment, elles doivent pouvoir se marier ! »

Merci Mesdames ! Vous donnez de votre département une image plus juste et plus belle que la caricature incarnée par plusieurs de vos collègues masculins, qui n’ont manifestement rien compris aux problèmes que rencontrent au quotidien leurs administrés LGBT.

 

Vouvray, en Indre-et-Loire

La Nouvelle République a également interrogé plusieurs maires d’Indre-et-Loire. Le parti-pris du journal est très étonnant, puisque le journaliste Olivier Pouvreau a choisi de s’adresser surtout à des maires de droite, « car c’est là où la levée de boucliers est la plus virulente, même si à gauche il y a aussi quelques réticences ».

La palme de la muflerie revient sans conteste à un certain Jean Savoie (Pouzay) : « C’est politique, électoral, bobo et contre-nature ! Je n’ai rien contre l’homosexualité, mais imposer un tel mariage alors qu’on a déjà le Pacs, ça dépasse l’entendement ! » D’autres ne sont pas en reste. Ainsi, Philippe Briand (Saint-Cyr) fait preuve d’imagination : « J’appliquerai la loi, même si c’est dur à avaler. Pourquoi ne ferait-on pas comme pour le Pacs, célébrer ce mariage au tribunal ? ». Gérard Dubois (Marce-sur-Esves) donne au journaliste le jeu de mots qui lui servira de titre à son article : « On le célébrera, mais pas de gaîté de cœur ».

Malheureusement, ici, les femmes ne sauvent pas la mise aux hommes. Elles s’attendent même à vivre des sensations fortes ! Ainsi, Marie-Thérèse Viscière (Rivarennes) est un peu décontenancée : « A titre personnel, cela me fera tout drôle ». Son homologue Isabelle Sénéchal (Saint-Laurent-en-Gâtines) déclare qu’elle n’est « absolument pas prête et personnellement contre, mais je le célébrerai, en étant très inquiète la première fois« . A lire ces déclarations, on ne croirait pas qu’elles s’apprêtent à célébrer un mariage entre deux personnes qui s’aiment, mais à sauter en parachute ou à manger de la chauve-souris…

On regrette que le seul maire Front de Gauche cité semble défavorable à l’égalité entre les couples. En effet, Michel Cosnier (Château-Renault) pense que « ce serait plus simple de ne pas appeler cette union « mariage ». Il y a encore un petit blocage psychologique. »

L’article d’Olivier Pouvreau se conclut par ces déclarations, recueillies auprès de « la plupart des maires interrogés » : « Adoption, éducation des enfants, il faudra tout revoir ! », « on oublie les enfants dans cette histoire-là ». Vivement que le journaliste, par déontologie, réalise un second article sur ce thème, où il interrogera en majorité des maires de gauche…

Adoption | France | Mariage | Religion | 02.07.2012 - 18 h 34 | 26 COMMENTAIRES
Le médiatique archevêque de Paris, André Vingt-Trois, lance la guerre contre le mariage pour tous : « la société n’est pas laïque ».

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Dans un entretien accordé au journal catholique La Vie, le très médiatique et influent cardinal André Vingt-Trois, qui est également président de la Conférence des évêques et archevêque de Paris, s’exprime au sujet du mariage pour tous. Même si les termes employés sont méticuleusement choisis, la déclaration de guerre qu’il lance contre cette mesure est ferme et résolue.

Le bon cardinal appelle à ne pas créer de « divisions »  au sein de la société. La conception de la démocratie et de la laïcité qu’il défend à cette occasion est assez étonnante. Pour lui, une mesure ne doit pas être appliquée même si elle est défendue par la majorité politique au pouvoir, et la laïcité n’a pas sa place dans la société !

Une majorité politique qui prendrait des décisions sans considérer les divisions qu’elles pourraient provoquer ferait une erreur. Je veux rappeler ici que si la République est laïque, la société, elle, n’est pas laïque.

Que veulent les couples de même sexe ? Pour les gens doués de sens commun, ils veulent avoir le droit de se marier et d’élever des enfants. Pour André Vingt-Trois, la réponse est plus simple : ils veulent « consommer des enfants » ! On aura compris le grossier double sens de cette affirmation, qui n’est pas une simple allusion au libéralisme, mais sous-entend également que l’enfant sera considéré comme un objet, qui pourra être maltraité, et auquel on pourra faire n’importe quoi…

Dans la représentation culturelle commune, on est passé progressivement de la transmission intergénérationnelle, et donc de la responsabilité à l’égard des enfants, à une attitude de « consommation » des enfants comme un bien auquel chacun aurait droit. Ce bouleversement est un retournement complet.

Qu’on en soit assuré : André Vingt-Trois ne recule devant rien. Il n’hésite pas à mettre sur le même plan l’homosexualité et « toute orientation sexuelle ». Comprenez par là, dans l’esprit de l’homme d’Eglise : la zoophilie, la pédophilie, l’inceste,… Légaliser les droits LGBT amènerait donc à l’universalisation de ces pratiques !

Par ailleurs, certains exigent que la société donne un statut légal aux orientations sexuelles. Or beaucoup de philosophes expliquent qu’il y a une différence entre le sexe, qui est constitutif de la relation sociale, et l’orientation sexuelle. Si on confond les deux, on réclame que toute orientation sexuelle puisse être institutionnalisée et universalisée. Mais si on fait la loi pour satisfaire chaque catégorie particulière, quelle peut être sa valeur universelle ?

André Vingt-Trois laissera-t-il les gens tranquilles, et finira-t-il par accepter que les couples de même sexe puissent se marier ? Non ! Il affirme : « La cause n’est pas si perdue qu’il y paraît. Tout ne serait pas si simple. »

André Vingt-Trois récite ensuite avec application la rhétorique extrémiste développée depuis quelques années par les autorités ecclésiastiques. Il essaie de relier les revendications LGBT… à la crise financière de 2008 ! En jouant sur les différentes significations du mot « libéral », André Vingt-Trois essaie d’instrumentaliser un événement économique pour en tirer un argument anti-LGBT !

Il faut éclairer et combattre l’orientation globale qui sous-tend ce projet : la généralisation du libéralisme individualiste dans tous les domaines de l’existence humaine. Ce qui nous menace dans le domaine économique et financier nous menace aussi dans la vie familiale et sociale. L’homme est un tout.

Se rappelant soudain que le catholicisme a longtemps eu une tradition sociale, il s’adresse aux catholiques de gauche et au gouvernement en essayant de faire croire qu’il est incompatible de défendre une doctrine sociale et d’être favorable aux droits LGBT :

On ne peut pas s’appuyer sur deux dynamismes antagonistes pour gérer une même réalité : on ne peut pas, d’un côté, vouloir une économie solidaire qui surmonte les intérêts particuliers et, de l’autre, promouvoir une morale sociale qui soit simplement l’addition des désirs particuliers. Il me semble que l’ambition du gouvernement est de construire une société solidaire garante d’un bien commun qui dépasse les intérêts individuels. Il se tromperait en imaginant « jouer » le collectif en économie et l’individualisme dans les mœurs.

Evidemment, rien ne nous sera épargné, et André Vingt-Trois reprend l’antienne bien connue de la décadence, qu’avait déjà entonnée en son temps Christine Boutin. Si les couples de même sexe se marient, il est évident que l’apocalypse s’abattra sur la société française, et que le pays sombrera dans le chaos le plus infernal :

Vider le mariage de sa fonction sociale est une mesure qui mine le sens de l’appartenance sociale dans tous les domaines. […] Quand des mutations font courir un risque majeur à la société et à l’homme, nous devons d’abord jouer un rôle d’éveilleur ou de sentinelle, puis prendre nos responsabilités.

Enfin, il appelle les catholiques à agir contre le mariage pour tous de deux manières : en s’exprimant et en s’engageant contre cette mesure, mais aussi en montrant l’exemple de ce que doivent être des familles idéales…

Cette interpellation, cette contestation démocratique doivent s’exprimer dans les urnes, dans la prise de parole et dans les engagements ­civiques et sociaux. C’est pourquoi j’appelle au courage politique les responsables qui, à gauche et à droite, sont contre le libéralisme individualiste en matière sociétale. Si ceux-ci n’ont pas le courage de dire ce qu’ils pensent qui le fera ? Tous les chrétiens doivent avoir à cœur de s’exprimer dans leur droit de citoyen.

Ensuite, il y a l’exemplarité des catholiques. Affirmer qu’il est préférable pour des enfants d’avoir un père et une mère n’est pas crédible si nos familles apparaissaient comme des lieux invivables. Mais si les familles chrétiennes montrent qu’elles traversent les crises, qu’elles font grandir chacun dans l’harmonie et la communion, alors le voisin de palier peut se dire : « Ils pratiquent ce qu’ils disent et cela m’intéresse. » Le chrétien ne vise pas à former une société dans la société. Il vise l’universel, et ne s’en cache pas.

On a bien compris que, pour André Vingt-Trois, la famille hétérosexuelle chrétienne est supérieure aux familles homosexuelles. Il serait bien avisé de regarder davantage autour de lui, et de voir que les parents chrétiens ne sont en rien supérieurs aux parents de même sexe…

On trouvera dans La Croix un second compte rendu de cet entretien.

Adoption | Discriminations | DOM-TOM | France | Homophobie | Mariage | Medias | 26.06.2012 - 02 h 02 | 2 COMMENTAIRES
Quand le site le plus consulté de la Réunion… publie un courrier homophobe.

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Le site clicanoo.re est célèbre sur l’île de la Réunion. Au 1er janvier 2011, il était le site le plus lu de toute l’île de la Réunion. En mai 2012, il a encore reçu plus de 1 400 000 visites. Propriété des groupes Cadjee et Hersant Médias, il est en fait le site internet du quotidien régional Le Journal de l’île de La Réunion.

On mesure l’importance, au sein de la société réunionnaise, de ce site – qui existe depuis 1998. Il est donc d’autant plus regrettable que, le 16 juin 2012, ce site ait choisi de publier un courrier reçu de la part d’une certaine Anne-Marie M. Dans cette lettre, la lectrice donne son avis sur l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe.

Qu’apprend-on dans ce courrier ? D’abord, l’auteure se lance dans une comparaison des plus hasardeuses entre le mariage pour tous, et, à la file, le terrorisme, les morts sur la route et le diabète. Selon elle, si on légalise le mariage pour les couples de même sexe :

Pourquoi ne pas tolérer le terrorisme au nom de la liberté religieuse ? Pourquoi ne pas tolérer au nom de la liberté individuelle, que des individus roulent en excès de vitesse et mettent la vie des autres en danger ? Pourquoi ne pas tolérer au nom de l’amour que je porte à mon gamin, qu’il prennent des sucreries à longueur de journée et devienne diabétique ?

Ensuite, si les homosexuels réclament des droits, c’est à l’encontre de « l’ordre naturel des choses » qu’ils veulent « pervertir par égoïsme, par vice, par orgueil ». Jamais à court de comparaisons, Mme M. effectue une analogie très audacieuse entre l’homosexualité et la drogue :

Ce n’est pas parce que l’homosexualité existe, qu’il faut la cautionner, (faisons de même avec la drogue puisqu’elle existe !)…

Mais c’est sans doute pour ses profondes connaissances en médecine, psychologie et sciences sociales que le site clicanoo.re a choisi de retenir le témoignage de Mme Anne-Marie M.. En effet, la lectrice se lance dans une longue litanie pseudo-médicale et psychologisante, qu’il faut, par respect pour le subtil déroulement de la réflexion, citer in extenso :

…De plus l’homosexualité n’est pas une fatalité ! Des homosexuels ont pu retrouver leur véritable identité sexuelle via un parcours de guérison intérieure ! Cela existe, mais on n’en parle hélas pas dans les médias et pourtant des témoignages existent à ce sujet ! Souvent l’homosexualité est due à des blessures profondes de vie (incestes, traumatismes affectifs pouvant troubler la personnalité sexuelle de la personne) mais aussi de pratiques sexuelles débridées, (si à la mode de nos jours et ouvertement plébiscitées par les médias en tout genre et des personnalités de ce monde, donnant le mauvais exemple) et de nos laisser-aller à la convoitise de notre chair (films, revues érotiques, clubs échangistes etc.) au lieu de combattre nos mauvais penchants. Nous sommes tous habités par le mal et le bien et il nous faut lutter pour faire triompher le bien en nous et autour de nous ! Certains deviennent bi maintenant, ou après des années de mariage deviennent homosexuels !

On aura évidemment compris l’esprit de tolérance et d’ouverture qui anime Mme M., mais celle-ci pense malgré tout nécessaire de signaler sa bienveillance envers les LGBT. Elle précise donc, à la fin de son courrier :

Je n’ai aucune animosité envers les homosexuels…

Je connais bien la Réunion, et je sais que cette île, au carrefour des civilisations, mérite bien son nom, qui évoque la conciliation et le vivre ensemble de cultures très différentes. Je ne suis donc pas fâché contre les Réunionnais en général, qui forment une population diverse et plus ouverte que cette lettre ne pourrait le faire croire. A l’inverse, je ressens naturellement une certaine antipathie pour cette Mme Anne-Marie M., qui parle sans honte de ce qu’elle ne connaît pas, et qui enfile les sornettes à un rythme effréné dans sa lettre mal écrite.

Mais si je suis en colère, c’est contre le Journal de l’île de la Réunion, et son site Clicanoo.re. Quelqu’un a choisi de publier ce courrier ridicule et de lui donner un large écho en le diffusant. La personne qui a fait cela est un(e) irresponsable, qui n’a pas pensé une seconde au mal qu’un tel courrier pouvait faire pour les jeunes LGBT qui peuvent le lire. Les comparaisons entre les droits LGBT et, au choix, la drogue, les morts sur la route, le terrorisme et le diabète, sont une honte absolue. L’assimilation de l’homosexualité à une maladie mentale dont on doit « guérir » ou à un trouble psychique est abjecte.

Non, Madame Anne-Marie M. et Monsieur le responsable de Clicanoo, l’homosexualité n’est pas « un mauvais penchant » issu de l’inceste ou de traumatismes ! En revanche, la haine et l’homophobie peuvent, quant à elles, causer « de profondes blessures de vie » pour les LGBT qui en sont les victimes – par votre faute.

A présent, les responsables du média clicanoo.re feraient preuve d’honneur et de dignité en retirant de leur site ce courrier scandaleux, et en présentant leurs excuses à la communauté LGBT pour avoir choisi de diffuser ces propos stigmatisants.

Adoption | Bayrou | Discriminations | Droit | Education | Famille | France | Gestation pour Autrui | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | Modem | Politique | UMP | 18.02.2012 - 01 h 15 | 0 COMMENTAIRES
11 et 14 février 2012 : un regard LGBT sur les travaux du Modem.

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François Bayrou est-il pour l’égalité de tous les couples face au mariage et à l’adoption ? Sa réflexion a beaucoup évolué depuis son refus personnel du Pacs à la fin des années 90. Les positions qu’il défend en 2012 sur le mariage et l’adoption par les couples de même sexe méritent donc d’être observées de près… Petite plongée dans la campagne de François Bayrou cette semaine.

François Bayrou entouré de journalistes.

La valeur « Solidarité ».

Le 11 février 2012, François Bayrou a tenu à la Maison de la Chimie l’un des quatre grands forums de réflexion qui rythment sa campagne. Intitulé « Solidarité », il comportait trois tables rondes de 3h30. L’un de ces moments d’échange, dirigé par Dominique Verisini, était appelé « Vivre Ensemble ». Si je m’y suis rendu, au lieu d’aller au mariage symbolique de Villejuif qui avait lieu exactement au même moment, c’est parce que cette table ronde devait aborder, entre autres, la thématique de l’égalité et de la lutte contre les discriminations.

Discours d'ouverture de François Bayrou

Le discours inaugural de François Bayrou était constitué d’une charge extrêmement virulente contre Nicolas Sarkozy, qui venait de faire paraître sa fameuse interview dans le Figaro Magazine. A l’inverse du Président Sarkozy qui divise, Bayrou veut être un Président qui rassemble, et qui gouverne au nom des valeurs humanistes.

Dominque Versini et Fadila Mehal

Dominique Versini (debout, au centre de l'image)

Dominique Versini, qui dirige la table ronde « Vivre ensemble », n’est pas une inconnue. C’est une chiraquienne historique, qui a été victime de sa liberté de parole et de la réorganisation des institutions sous Nicolas Sarkozy. Ancienne cofondatrice du Samu social et Défenseur des enfants, elle a également été secrétaire d’Etat chargée de la Lutte contre la précarité et l’exclusion auprès de François Fillon. On apprendra dans l’après-midi, lors de sa participation au grand débat politique de l’APGL, que c’est elle qui a, en majeure partie, rédigé le statut du beau-parent, tel qu’il a ensuite été défendu par Nadine Morano… et refusé par l’UMP.

Fadila Mehal (à droite)

La table ronde était co-dirigée par Dominique Versini et Fadila Mehal. Dominique Versini est un soutien récent à François Bayrou. Elle a rappelé qu’elle n’était « pas encartée », mais qu’elle soutenait les valeurs humanistes du candidat Modem. A l’inverse, Fadila Mehal accompagne le Modem depuis son année de création. Elle s’est engagée de longue date dans l’action sociale et le monde associatif, et elle a eu de nombreuses responsabilités en lien avec la cohésion sociale et l’égalité des chances.

L’intervention de Frédérick Getton

La grande majorité de la table ronde était dédiée à des problématiques sociales ou économiques. Mais la gravité des problèmes abordés rendait légitime la place importante accordée aux problèmes sociaux : lutte contre la précarité, problèmes de logement, politique de la ville (et de la ruralité), place de l’enfance, prise en compte du handicap…

Catherine Tripon

Parmi la trentaine d’intervenants, deux étaient au fait des problèmes rencontrés par les LGBT. Pour l’anecdote, le public ne disposant pas de la liste des intervenants, j’ai cru pendant deux bonnes heures que le sujet des discriminations homophobes serait traité par Catherine Tripon, porte-parole de la fédération L’autre Cercle. En réalité, Catherine Tripon a posé la question de l’égalité entre hommes et femmes dans l’entreprise, puisque c’est un sujet dont elle également spécialiste.

Le thème de l’égalité des droits entre couples mixtes et non-mixtes a donc été abordé par Frédérick Getton. Militant de l’UDF puis du Modem, il est le président de « CENTR’EGAUX, l’association des centristes et démocrates LGBT ». Il a exposé avec beaucoup de conviction les objectifs de Centr’égaux : lutter contre les LGBT-phobies et obtenir l’égalité stricto sensu, en droits et en devoirs, entre couples hétéros et couples de même sexe. Il a revendiqué, pour les LGBT, le droit à la différence et à l’indifférence, ainsi que le respect de la diversité des femmes et des hommes qui composent la société. Ces demandes rejoignent pour lui « le projet humaniste de François Bayrou et du Modem ».

Centr’égaux souhaite « l’égalité globale » entre les couples, par l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe. Il revendique également accession à la parentalité pour les couples de même sexe : adoption, PMA et GPA encadrée. L’instauration d’un statut du beau-parent lui semble indispensable. Pour Frédérick Getton, il permettrait de respecter le droit de l’enfant, et apporterait la sécurisation des enfants, si chère à François Fillon.

La "table ronde" et ses 30 chevaliers

Frédérick Getton rappelle que l’orientation sexuelle peut encore poser des problèmes dans le monde du travail : lors des discussions entre collègues, beaucoup d’homosexuels s’inventent une vie, ou se taisent, pour cacher l’existence de leur copain ou de leur copine. Enfin, il souhaite que l’éducation sensibilise davantage les enfants au respect de la différence (le maire de Talence, présent à la table, acquiesce vivement).

Dans le public, tout près de moi, un honorable spectateur a de plus en plus de mal à se contenir en écoutant l’intervention de Frédérick Getton. « Et les devoirs ? » marmonne-t-il d’abord à sa femme. Il reprend peu après, de plus en plus fort, et cherchant l’approbation de ses voisins : « Et les enfants, alors, ils y pensent ? Non mais vraiment ! » Evidemment, il n’applaudit pas à la fin de l’intervention, et ce qu’il a entendu l’a mis de fort mauvaise humeur…

Comptes rendus des tables rondes

La table ronde s’est terminée vers 13h30. Les thèmes abordés, très divers et intéressants, ont été largement commentés – même si la question des LGBT a été traitée très brièvement (4mn sur 3h30).

Dans la Maison de la Chimie, à la pause

Je profite de la pause-déjeuner pour retrouver l’adhérent Modem qui s’est récrié durant l’intervention de Frédérick Getton. Il pourrait être mon père – il lui ressemble beaucoup. Au cours de la discussion, ce militant UDF puis Modem m’explique qu’il s’inquiète pour les « droits de l’enfant », parmi lesquels figure, selon lui, le droit d’être élevé par un père et une mère. Il pense que « le développement psychologique d’un enfant nécessite l’altérité père/mère », et que les droits de l’enfant sont supérieurs aux droits LGBT. Il m’indique qu’il est cependant prêt à voter Modem, malgré son désaccord avec Bayrou sur cette question. Il a l’air presque déçu lorsque je mets fin à la discussion en le remerciant : il aurait apparemment voulu continuer à dialoguer avec moi. Sait-il que j’ai dû inventer un prétexte pour nouer le dialogue avec lui, que je n’ose pas lui dire que je suis homo, que j’aimerais adopter un enfant avec mon compagnon, et que ses fausses convictions m’ont touché ? Sait-il que mon père, qui pensait autrefois comme lui sur toute la ligne,  souffre désormais que mon compagnon et moi ne puissions pas adopter ou recourir à la GPA pour élever ensemble un enfant au sein de notre foyer ? Un instant, j’ai envie d’inviter ce type chez moi, de lui montrer comment on vit, de le présenter à des couples homos qui ont élevé leurs enfants…  J’ai, durant quelques instants, l’espoir qu’il comprendrait alors son erreur.

Dominique Versini

A 14h, les rapporteurs de chaque table ronde viennent rendre compte des débats. La vieillesse, la santé, l’emploi, la protection sociale… sont autant de thèmes traités lors des deux premières tables rondes, et présentés par quelques personnalités. Dominique Versini monte alors à la tribune pour rendre compte de nos débats. Elle aborde, plus en détail que lors des débats du matin, le thème des familles homoparentales « qui existent, et qui sont d’aussi bonnes familles que les autres ». A ces mots, je suis ému d’entendre cette déclaration dans un parti centriste. Mais les réactions autour de moi sont assez vives (je suis assez loin de la tribune, là où les gens commentent plus librement) , et quelques personnes, bien que discrètes, sont assez mécontentes. « Je sais, déclare Dominique Versini au sujet des familles homoparentales, que François y est sensible. Tout part de l’enfant, et du besoin qu’a sa famille d’être soutenue ».

Discours de clôture de François Bayrou

A 14h15, avec un peu de retard, François Bayrou tient son discours. Malheureusement, il n’est plus question, dans ce discours final de 1h15, des LGBT ni de leurs familles. Le candidat fera à peine une allusion, au début et à la fin du discours, à la lutte contre les discriminations. Il cite la discrimination pour orientation sexuelle, mais il s’attache surtout à celles, tout aussi réelles, dont sont victimes « les minorités visibles » et les femmes.  Le candidat déclare : « Je crois aux vertus de l’éducation, des campagnes de sensibilisation, je crois à l’engagement personnel de chacun pour que la discrimination ou les préjugés ne passent pas par lui. »

Où l’on retrouve Dominique Versini et Frédérick Getton

Une fois le discours fini, je file au débat politique de l’APGL. Je ne suis pas le seul à y aller, puisque j’entends Dominique Versini glisser à Fadila Mehal : « Bon, maintenant je vais voir les familles homoparentales. » Je suis surpris par le ton de Dominique Versini, qui a l’air quasiment enjouée de se rendre au débat. Elle ne semble pas du tout stressée d’y aller, bien au contraire : son visage contraste fort avec l’air contrit et renfermé de Jean-Marie Cavada, lorsqu’il était venu représenter le Nouveau Centre devant l’APGL en septembre 2010 !

Au débat de l’APGL, Dominique Versini présente la position du Modem sur le mariage, l’adoption et la PMA. A titre personnel, elle aimerait que le mariage soit ouvert à tous les couples. Ce n’est cependant pas la position de Bayrou, « dans l’état de sa réflexion pour le moment », ajoute Dominique Versini. Le président du Modem souhaite en effet instaurer plutôt une union civile qui donnera aux couples de même sexe les mêmes droits et les mêmes devoirs qu’aux autre couples. Au sein du Modem, beaucoup espèrent encore que François Bayrou comprendra que cette solution n’est pas viable socialement, parce qu’elle conduit au coming out forcé et favoriserait toutes les discriminations. En outre, elle est électoralement contre-productive : elle lui coûte plus d’électeurs qu’elle ne lui en apporte. De l’avis de tous, François Bayrou est un homme pragmatique qui a des convictions fortes et qui sait se remettre en question : saura-t-il se rendre compte, à temps, que la seule solution possible est l’ouverture du mariage pour tous ?

Le Modem est en outre favorable à l’ouverture de l’adoption pour les couples de même sexe, mais aussi à l’accès à la PMA pour les couples de femmes. François Bayrou est également favorable à la reconnaissance des enfants nés par GPA à l’étranger. Ses positions sur l’ouverture de la GPA en France, même encadrée, mériteraient d’être clarifiées : on sent bien que le sujet est extrêmement complexe et ne figurerait pas parmi les premiers résolus au cours du quinquennat.

Dominique Versini dialogue avec les médias.

A la tribune, Dominique Versini fait bonne figure face à George-Pau Langevin, qui s’emmêle à un moment les pinceaux en parlant de « femmes pacsées célibataires » (et en persistant dans son erreur…), ou qui explique à quel point les discussions sur les thèmes LGBT peuvent être « difficiles et compliquées » entre les responsables P.S. Dominique Versini essaie en outre de tempérer les ardeurs de Clémentine Autain, dont l’intervention aura sans doute été la plus appréciée de l’après-midi, mais dont les positions supposeraient une « révolution copernicienne » dans notre façon d’envisager la famille. Point amusant : Camille Bedin (UMP) cherche à plusieurs reprises du soutien de la part de Dominique Versini, soit du regard, soit en s’adressant directement à elle, mais cette dernière le lui refuse à chaque fois.

Opposée à l’une des spectatrices sur la nécessité pour un enfant d’avoir deux parents, Dominique Versini recourt à son expérience personnelle durant sa jeunesse. L’exercice est risqué, mais la séquence est émouvante, et l’on voit bien que Dominique Versini est sincère, à la fois dans le récit de sa vie et dans ses convictions. Pour elle, un enfant doit être élevé par un couple, quel que soit le sexe des deux personnes qui l’élèvent. Cette idée fait débat au sein du public et des intervenants : quid des familles monoparentales, des couples divorcés et de la co-parentalité ? quid des sociétés où la famille n’obéit pas nécessairement au schéma occidental moderne « couple + enfant(s) » ? Cette question  pourrait sans doute faire l’objet, dans un proche avenir, de rencontres passionnantes et de débats réunissant témoins et spécialistes.

Frédérick Getton

Frédérick Getton, présent lui aussi, profite de ce débat pour faire se rencontrer Dominique Versini et Nicolas Gougain, de l’Inter-LGBT. La discussion entre ces trois personnalités semble prometteuse, et le contact se fait très facilement.

14 février : la Saint-Valentin de Bayrou avec les LGBT ?

Enfin, le 14 février 2012, François Bayrou est l’invité d’Europe 1 pour une matinale spéciale qui lui accorde quasiment 2h de temps d’antenne. Vers 8h30, il répond aux questions des Français.

C’est l’auditeur Robert, de Marseille, qui pose la question du mariage homosexuel et du « droit d’adoption » (à 6 minutes, dans la vidéo).

Bayrou – On va prendre deux minutes, parce que je suis choqué… Ma position est très simple. Je suis choqué par un certain nombre de propos…

Bruce Toussaint – Ceux de Nicolas Sarkozy dans le Figaro Magazine ?

Bayrou – Par exemple. Quand on parle de l’homoparentalité en présentant ça comme une déviance. Je voudrais qu’on songe qu’il y a, en France, des centaines de milliers d’enfants, d’adolescents, de jeunes, dont le père ou la mère est dans la situation d’avoir cette orientation sexuelle, et de l’avoir découvert quelquefois après, quelquefois avant la naissance de leur enfant. Ces enfants-là, ces jeunes-là, qui vous écoutent en ce moment, je trouve mal qu’on les présente comme destabilisant la société. L’homoparentalité, ça existe. Il y a donc une deuxième question : est-ce que l’adoption par des homosexuels existe ? Eh bien, elle existe évidemment, puisqu’en France, un célibataire peut adopter ! Alors, il y a une troisième question : est-ce qu’on peut reconnaître un lien qui existe entre l’enfant et les deux parents qui l’élèvent, lorsque les deux qui veillent sur lui ont cette vie de couple ? Moi, je pense que c’est bien de le faire. […] Ca existe dans la société française. Ce n’est pas une opinion : c’est une réalité qui touche des centaines de milliers d’enfants, de jeunes et de parents, pour qui je demande un minimum de respect et de compréhension. Parce que c’est pas facile d’élever un enfant quand on est homo. Et excusez-moi de vous le dire : ce n’est pas facile d’élever un enfant quand on est hétéro ! Il y a beaucoup beaucoup de couples qui sont dans des difficultés. J’étais hier dans l’école dont je parlais à l’instant : le directeur me disait l’an dernier:  » j’avais une classe dans laquelle, sur 25 élèves, il n’y en avait qu’un qui avait une famille classique « papa et maman » : un ! » Alors arrêtons de présenter cela comme s’il y avait chez ces enfants de la nocivité.  Ce sont nos enfants, alors il faut les élever du mieux que nous le pouvons. Et moi en tout cas, je défendrai cela ! […] Pour le mariage, je dis : égalité de droits et de devoirs, égalité de forme entre les unions, mais je pense qu’il est bien que ça s’appelle union, et pas mariage. Parce qu’il y a en France, et dans toutes les sociétés occidentales, des traditions qui viennent de très loin, et qui sont éminemment respectables, autour de l’idée que le mariage, c’est un couple d’un homme et d’une femme. Et je trouve que l’égalité de droits et la distinction du nom, c’est quelque chose qui au fond affirme le droit à la différence de tout le monde.

Sur Rue89, la toujours aussi excellente journaliste Nolwenn Le Blevennec publie un article qui analyse avec justesse les déclarations de Bayrou ce mardi 14 férvier 2012, et qui les remet en perspective par rapport à l’évolution personnelle et positive de François Bayrou. Bayrou se disait, en 2006, « coincé » sur les questions LGBT. Il déclarait avoir « mûri », et comprendre nos difficultés. Il ne reste plus qu’à espérer qu’au sein de son équipe, François Bayrou écoute à nouveau, sur cette question, les conseillers qui connaissent la question de très près, et qui ont su l’amener, année après année, à saisir les difficultés quotidiennes rencontrées par les LGBT.

François Bayrou peut-il encore changer, à court terme, son opinion sur le mariage, et l’ouvrir finalement à tous les couples si l’est élu, sans distinguer les homos et les hétéros en offrant à chacun une union différente ? A l’heure actuelle, et face à la division des juristes sur ce point, une telle évolution intelligente… ne semble ni exclue, ni impossible.

Adoption | Famille | France | Homoparentalité | Homophobie | Politique | UMP | 15.01.2012 - 16 h 19 | 1 COMMENTAIRES
En trois jours, l’UMP enchaîne les gaffes sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe…

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Cette fin de semaine a été scandée par les déclarations plus tonitruantes les unes que les autres de la part de l’UMP sur la légalisation du mariage pour tous les couples. Comme un peu d’humour ne fait de mal à personne avant de reprendre le travail, rions un peu avec Christine Boutin, Richard Galy et Luc Châtel.

 

1) Grâce à twitter, Boutin se lance dans la voyance.

Les utilisateurs de Twitter ont eu la joie de lire cette phrase pleine d’élégance de la part de Christine Boutin :

@christineboutin 13 janvier 2012

« On me rit au nez quand je m’oppose au mariage homo. Mais on ferait bien de m’écouter parfois. J’avais annoncé la perte du #AAA dès septembre »

Encore un pas, et les homos seront bientôt responsables de la perte du triple A…On comprend bien ce que dit Christine Boutin : elle avait prédit l’effondrement économique de la France, et elle prédit maintenant l’effondrement anthropologique du pays à cause des LGBT. Lorsqu’elle s’abaisse à mettre sur le même plan les LGBT et la perte du triple A, il ne faut plus qu’elle s’étonne que tout le monde lui « rie au nez ».

D’ailleurs, si Christine Boutin souhaite à ce point se lancer dans les prédictions et la voyance, elle va bientôt pouvoir remplacer Elisabeth Teissier, dont on a appris cette semaine que son contrat avec TV Mag ne serait pas renouvelé… Une astrologue richissime et influente, remplacée par une intégriste délirante aux visions paranormales : TV Mag ne perdrait sans doute pas au change.

 

2) A Mougins (Alpes Maritimes), le maire dérape et présente ses excuses.

Lors de ses bons voeux, le maire de Mougins s’est laissé aller à l’un de ces dérapages dont les politiques ont le secret… Pour lui, l’adoption et le mariage devraient être interdits aux LGBT, et donc réservés aux « couples normaux ». Un témoin présent à la cérémonie raconte : « Il y a eu comme un flottement, un malaise dans l’assemblée. On s’est regardés, étonnés de ce qu’on avait entendu. »

Ces propos ayant choqué les administrés de la ville, le maire a présenté ses excuses :

« Je n’avais pas à dire « couples normaux ». Je voulais dire « habituels ». Je fais mon mea culpa […] D’autant que je suis concerné par ce genre de propos qui laissent à désirer : je me suis toujours battu pour que mon enfant handicapée n’ait pas à subir ce genre de paroles […] Je suis responsable de mes propos et mes mots n’étaient pas bien choisis. S’ils ont choqué certaines personnes, je les prie de bien vouloir m’en excuser. Je leur présente volontiers mes excuses »

 

3) Pour Luc Châtel, l’UMP est à rebours de l’histoire.

Enfin, Luc Châtel s’embrouille de manière très amusante en donnant son opinion personnelle sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Point positif : ces déclarations dû faire bondir Mme Boutin, qui voue déjà une franche haine au ministre de l’Education. Luc Châtel a rappelé qu’il avait été lui-même « fortement opposé au mariage homosexuel », mais qu’il avait remis en cause ses convictions : « Puis je vois la société évoluer, je vois le monde changer et je m’interroge ».

Là où ça dérape, c’est que tout en étant favorable à cette mesure, Luc Châtel essaie de s’obliger à en justifier l’interdiction… Il commence d’abord par se dédouaner : « C’est un sujet tellement personnel que je vous exprime, un avis personnel qui n’engage pas le membre du gouvernement que je suis ». Puis il se lance dans des généralités qui lui évitent de citer Nicolas Sarkozy : « Je pense que c’est une tendance de l’histoire, une évolution et sans doute qu’un jour il y aura une légalisation du mariage homo ».

Déjà, cette phrase montre que l’UMP va à rebours de l’histoire et combat vainement une mesure qu’il trouve bonne et qui sera de toute façon prise un jour. Mais Luc Châtel finit par se prendre définitivement les pieds dans le tapis : « Est-ce qu’il faut accélérer les choses en légiférant aujourd’hui? Je ne le crois pas, mais il y a des étapes. Nicolas Sarkozy avait proposé en 2007 l’union civile qui ne s’est pas faite ». Si quelqu’un comprend un traître mot à ce que signifient ces trois phrases de charabia, et s’il s’agit d’une défense ou d’une attaque de Nicolas Sarkozy, qu’il laisse un commentaire ci-dessous…
Adoption | Famille | France | Mariage | Politique | UMP | 12.01.2012 - 23 h 36 | 4 COMMENTAIRES
Nicolas Sarkozy favorable au mariage pour les couples gays et lesbiens ?

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On le savait depuis quelques semaines : plusieurs ténors de l’UMP sont favorables au mariage pour les couples de même sexe. Cette fois, c’est Libération qui l’affirme : le président Sarkozy lui-même serait sur le point de donner son aval pour inscrire au programme de l’UMP… l’ouverture du mariage aux couples de même sexe.

Mais attention : le président ne se décidera qu’en fonction de son intime conviction, et après avoir écouté l’avis de Jean Castex, le secrétaire général adjoint de l’Elysée chargé des questions sociétales. Une réunion est prévue dans quelques jours pour qu’une décision définitive soit prise à ce sujet.

Le problème est compliqué pour l’UMP, qui poursuit deux ambitions contradictoires entre elles. Le parti présidentiel souhaite en effet humaniser l’image du président, mais il ne veut surtout pas faire fuir l’électorat de droite. En tous les cas, les conseillers du président sont unanimes (ce qui est rare) : ce sujet ne doit pas devenir un sujet majeur de la campagne. C’est sans doute l’une des raisons qui a amené Libération à en faire sa une !

Une fausse promesse ? Christine Boutin a été la première à réagir. Elle a déclaré que l’un des sens de sa candidature était justement de « s’opposer profondément » à l’ouverture du mariage aux couples de même sexe. Rappelons que le PCD souhaite faire inscrire dans la constitution la définition du mariage comme l’union d’un homme et d’une femme. Dès jeudi soir, les autres réactions fusent aussi, en particulier sur BFM TV et Europe 1. Interrogé par téléphone, Jacques Myard considère que cette information est « une manipulation », qu’elle n’est « pas sérieuse », et qu’elle n’a pour but que de « semer la zizanie ». Jean-Luc Roméro rappelle quant à lui que les LGBT ont déjà eu droit à beaucoup de promesses en 2006 de la part de l’UMP (contrat d’union civile, statut du beau-parent…), mais qu’aucune d’entre elles n’a été tenue au cours du mandat de Nicolas Sarkozy. Pour lui, cette annonce n’est qu’un ballon d’essai, et il doute donc que Nicolas Sarkozy réalise cette mesure au cours d’un éventuel mandat 2012-2017.

Evidemment, en ce qui concerne l’adoption, les LGBT ont bien peu à attendre de l’UMP, dont les plus extrémistes, et notamment la Droite populaire, veulent même dorénavant refuser à un célibataire le droit d’adopter…

Adoption | Associations | Education | France | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | Medias | Politique | PS | Religion | UMP | 29.12.2011 - 02 h 46 | 2 COMMENTAIRES
Même l’électorat catholique pratiquant ne considère plus le mariage homosexuel comme un thème important.

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Bonne ou mauvaise nouvelle ? Le thème du mariage pour les couples LGBT ne déchaîne plus les passions.

Pour preuve : ce nouveau sondage IFOP pour le JDD. L’institut de sondages y liste les thèmes qui seront déterminants pour les Français et pour les catholiques pratiquants lorsqu’ils devront choisir le candidat qu’ils éliront aux élections présidentielles de 2012. Les principaux résultats qui peuvent en être tirés confirment en partie ceux du sondage réalisé pour le journal La Croix en septembre 2011.

Deux enseignements peuvent en être tirés :

1) La bonne nouvelle : des catholiques pratiquants prêts à accepter le mariage des couples LGBT.

L’électorat catholique pratiquant n’est plus opposé, dans sa grande majorité, à l’idée qu’un couple LGBT puisse avoir le droit de se marier.

En effet, la question qui a été posée aux catholiques pratiquants est la suivante : « Pour chacun des sujets suivants, diriez-vous que les prises de positions des candidats à l’élection présidentielle joueront un rôle déterminant, un rôle notable ou un faible rôle sur votre choix électoral ? » Le sondage indique que le pourcentage de catholiques pratiquants à avoir répondu que ce sujet est déterminant dans leur choix aux élections… n’est que de 20% !

Autrement dit, 80% des catholiques pratiquants se fichent de l’avis des candidats sur le mariage des couples LGBT. On se doute que la campagne de Christine Boutin aura du mal à percer dans ce contexte, malgré les bonnes recommandations de son ami gay devenu conseiller en communication

2) La mauvaise nouvelle : les Français se désintéressent des droits LGBT.

Malheureusement, les nouvelles apportées par ce sondage ne sont pas toutes bonnes. Dans leur grande majorité, les Français ne s’intéressent pas, eux non plus, au droit des couples LGBT à se marier.

Répondant à la même question, seuls 14% des Français considèrent que le droit au mariage pour les couples LGBT sera déterminant pour eux durant la campagne des élections présidentielles de 2012 ! Quand on sait qu’il y a, dans ce pourcentage, une partie des répondants qui est justement très opposée à ces droits, on se dit que le pourcentage de Français qui refusera de voter pour un Président opposé aux droits LGBT est faible, très faible, trop faible…

Dans ces conditions, on comprend que le PS n’axe pas vraiment ses déclarations sur ce thème. On comprend aussi que l’UMP reste très floue sur ses choix en matière de droits LGBT. Le peu d’intérêt de la part des Français pour les droits LGBT se manifeste aussi, hélas, dans le succès limité, voire confidentiel, de l’excellent Projet Entourage, qui n’a pas suscité l’enthousiasme escompté, et qui n’est par exemple suivi que par 800 personnes sur Facebook…

Le combat n’est donc pas fini : il est certes très bien que les catholiques pratiquants fassent de l’emploi, de la sécurité et du pouvoir d’achat les thèmes principaux à partir desquels ils choisiront leur candidat pour 2012, comme la majorité des Français. Cela leur permettra de réfléchir à des problèmes importants, au lieu de dépenser de l’énergie à tenter de lutter contre les droits des LGBT.

Mais il faut avant tout que les Français favorables aux droits des LGBT se mobilisent en faveur des LGBT, car les deux dangers qui risquent d’empêcher les LGBT d’obtenir ces droits sont l’opposition tenace des conservateurs et l’indifférence totale de la population. Il serait dommage d’avoir réussi à combattre la première, mais de succomber à la seconde.

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