4297 juillet | 2012 | E.D.H. – Egalité des Droits Homos/hétéros

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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Censure | International | Medias | Sport | 28.07.2012 - 02 h 34 | 12 COMMENTAIRES
Un baiser entre deux filles diffusé dans le monde entier grâce à la cérémonie d’ouverture des J.O. de Londres !

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La cérémonie d’ouverture des J. O. de Londres 2012 aura incontestablement marqué l’histoire des Jeux. Pleine d’humour et de poésie, cette cérémonie où l’on a pu voir la Reine Elisabeth II voler en hélicoptère, Mister Bean jouer du Vangelis et David Beckham voguer sur la Tamise, a quasiment fait l’unanimité pour elle.

Mais le concepteur de cette cérémonie grandiose et surréaliste, le célèbre Danny Boyle, à qui l’on devait déjà le film Slumdog Millionaire, a fait très fort, puisqu’il a diffusé en plein spectacle un baiser entre deux filles, qui a pu être vu en direct par plus d’un milliard de spectateurs dans le monde entier.

En effet, au cours d’une série de baisers célèbres dans l’histoire du cinéma, où apparaissait entre autres Leonardo DiCaprio embrassant sa belle, tous les spectateurs et téléspectateurs ont pu apercevoir le baiser très explicite d’Anna Friel et Nicola Stephenson :

Ce baiser a une histoire : il s’agit du tout premier baiser entre deux filles qui ait été diffusé par la télévision britannique. C’était au début des années 90, dans un épisode de la très populaire série télévisée Brookside.

Ce qui est plaisant, c’est que ce baiser a été diffusé cette fois, en direct, dans la quasi-totalité des pays du monde, y compris les plus homophobes. Selon de nombreux internautes, il est même devenu, ce 27 juillet 2012, le premier baiser entre deux filles diffusé à la télévision en Arabie Saoudite. L’événement était en direct, le contenu d’une telle cérémonie ne suscite généralement pas la méfiance des autorités, et la diffusion du baiser a été très rapide : la réunion de ces trois éléments a donc pris de court la censure dans bon nombre de pays. Bien joué, Danny !

Enfin, il est à noter qu’on a également pu voir un jeune adolescent portant des habits féminins lors de la diffusion d’une courte séquence tirée de Billy Elliot.

Pour vous, Mesdames (et Messieurs) : la video du joli baiser entre deux filles, dont un extrait a été diffusé lors de la cérémonie d’ouverture, est disponible ici. Vous pouvez la consommer… sans modération !

Famille | France | Homoparentalité | 06.07.2012 - 08 h 56 | 45 COMMENTAIRES
Le magazine de la MAIF, « assureur militant », met à l’honneur les familles homoparentales.

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Pour son numéro de juillet 2012, MAIF Magazine a choisi de mettre en une les « familles d’aujourd’hui ». En une de ce numéro 159, on voit donc une petite fille souriante, embrassée par deux femmes, avec cette légende simple et jolie : « Moi, j’ai deux mamans ».

C’est une nouvelle preuve de la visibilité des familles gay et lesbiennes, et l’on ne peut que s’en féliciter. Du reste, ce n’est pas la première fois que la MAIF montre sa bienveillance envers les couples de même sexe, puisqu’elle a déjà fait apparaître un couple gay dans une campagne publicitaire de février 2012. Et dès l’an 2000, la mutuelle s’adressait déjà à tous les couples ! La Maif a vraiment toute légitimité pour se revendiquer comme « assureur militant » !

Evidemment, cette décision n’a pas fait que des heureux. Suite à l’excellent dossier de cinq pages consacré par le magazine aux « nouvelles familles », et surtout à la une qui illustre clairement l’homoparentalité, on s’étrangle de rage sur les sites conservateurs, ultra-catholiques et identitaires, où les commentaires vont bon train. Voici une courte sélection des articles et commentaires écrits à propos de la une du magazine :

« Puisque la MAIF se présente comme “assureur militant”, soyez vous aussi des assurés militants : si vous êtes assurés à la MAIF, partez ! » ; « La MAIF a oublié de prendre en compte la famille polygame » ; « Et si l’on épouse son cheval? » ; « Propagande homosexuelle de la MAIF » ; « Nous avons à faire à un véritable négationnisme. L’enfant semble bien être un objet de désirs pas très purs pour ces femmes » ; « Et un boycott, un ! Il faut les toucher au porte-monnaie. Ils agissent pour attirer de la clientèle, faisons-leur savoir que c’est un pari risqué… » ; « Moi, j’ai deux mamans… Et dans vingt ans, tu entameras une psychothérapie qu’un suicide viendra malheureusement interrompre… Mon Dieu, quelle société de dégénérés ! »

Plus grave encore, la MAIF a été assaillie de courriers très négatifs, dans lesquels ces même identitaires et/ou ultra-catholiques ont protesté avec virulence contre la une du magazine. Le magazine de la mutuelle s’est alors senti obligé de se dédouaner, et de nier expressément tout soutien aux familles homoparentales, en adressant ce mail aux contestataires :

Votre mail a été adressé à la direction de MAIF Magazine afin que nous répondions aux questions soulevées en début de votre mail, sur la Une de MAIF Magazine. […]

 Le dossier de MAIF Magazine fait état de la nature de ces nouvelles formes d’organisation familiale : monoparentalité, homoparentalité, familles recomposées… Notre but journalistique n’est pas de soutenir ou condamner ces nouvelles réalités, mais de les porter à la connaissance de nos lecteurs, sans jugement de valeur. Car comme vous le signalez, la question de l’intérêt de l’enfant se pose, elle est très discutée entre spécialistes, ce que nous ne sommes pas. Il n’est pas de notre rôle, ni de notre compétence d’avoir une opinion sur ce qui est un bon, ou un mauvais modèle conjugal.

En tant que mutuelle d’assurance, la MAIF, qui a toujours assuré toutes les familles sans discrimination, est très attentive aux évolutions sociétales, car pour bien assurer, il convient de ne pas dénier les réalités contemporaines, et au contraire de bien les comprendre pour garantir au mieux les risques des membres du foyer familial.

De ce point de vue, la MAIF a fait depuis de nombreuses années le choix d’assurer toutes les familles, sans discrimination et sans jugement. Ce choix de tolérance et d’ouverture correspond aux valeurs de respect de toutes les personnes pour lesquelles la MAIF s’engage au quotidien.

Notre Une n’est donc autre chose qu’une illustration de la thématique sociétale du dossier de ce numéro de MAIF Magazine. Elle ne constitue en rien une prise de parti, si ce n’est celui de rester ouvert aux réalités de nos concitoyens, dans l’objectif de les assurer au mieux, eux et leur famille.

L’avalanche de mails hostiles qui sont parvenus à la MAIF montre bien qu’une campagne a été délibérément mise en oeuvre pour faire croire à la mutuelle que cette une est choquante pour la population française. Si, pour rétablir la vérité, vous voulez montrer à la MAIF qu’elle ne doit pas reprocher à la direction de son magazine d’avoir consacré sa une à nos familles, vous pouvez envoyer un courrier à cette adresse : maifmagazine@maif.fr Il suffit d’indiquer que cette une contribue à donner une image positive et valorisante de la mutuelle – ce qui est absolument vrai.

Education | Homophobie | International | Politique | Religion | 04.07.2012 - 02 h 43 | 1 COMMENTAIRES
Brésil : Deux meurtres homophobes endeuillent le pays, et relancent le débat sur la protection des LGBT

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Deux meurtres homophobes extrêmement violents ont eu lieu durant ces derniers jours au Brésil. Le pays protègera-t-il enfin les LGBT en luttant vraiment contre l’homophobie ?

José Leonardo da Silva

Un meurtre effroyable a eu lieu dimanche 24 juin 2012, dans l’Etat de Bahia. José Leandro et José Leonardo, deux jeunes garçons de 22 ans, revenaient ensemble d’une fête qui avait lieu à Camaçari, une ville située à 41 km de Salvador, la capitale de l’Etat de Bahía. Ils marchaient l’un contre l’autre, quand huit jeunes gens ont croisé leur chemin et les ont pris pour un couple gay. Le groupe s’est mis à insulter les deux garçons, à les frapper, à leur jeter des pierres,… dans un déferlement de violence qui s’est littéralement abattu sur les deux jeunes pris au piège.

José Leandro, grièvement blessé, a été emmené d’urgence à l’Hopital général de Camaçari. Il a été touché en particulier à la mâchoire et à l’oeil gauche, quasiment crevé. José Leonardo, quant à lui, a été frappé jusqu’à tomber à terre. Battu par le groupe, et frappé plusieurs fois à la tête, il est décédé en se vidant de son sang. Alertée par un témoin, la police est intervenue et a arrêté plusieurs membres du groupe, tous âgés d’une vingtaine d’années.

Les deux garçons n’étaient pas gays : il s’agissait de deux frères jumeaux. La fiancée de José Léonardo, qui est mort sous les coups des homophobes, était enceinte de trois mois. Si elle ne se répète pas, l’histoire semble pourtant parfois bégayer : en juin 2011, un père brésilien et son fils avaient été brutalement agressés par un groupe de jeunes, car ils avaient été pris pour un couple gay. L’un des jeunes avait alors arraché, de ses dents, un bout d’oreille au père de l’adolescent.

Lucas Ribeiro Pimentel

Le second meurtre est tout aussi horrible et abject. Le 25 juin, le corps du jeune gay Lucas Ribeiro Pimentel, âgé de 15 ans, a été retrouvé gisant dans le fleuve Paraíba do Sul, qui traverse la ville de Volta Redonda dans l’état de Río de Janeiro. Le jeune garçon, qui était ouvertement homosexuel, a été molesté selon la police pour des motifs clairement homophobes. Il a été frappé, torturé, mutilé : d’abord battu avec violence, il a ensuite été sodomisé avec un bâton, et ses agresseurs sont allés jusqu’à lui crever les deux yeux, avant de jeter son corps inerte dans le fleuve.

Ces deux histoires affreuses ne sont pas des cas isolés au Brésil : selon le secrétariat brésilien aux Droits de l’Homme, un rapport de 2011 a dénombré près de 300 meurtres homophobes dans le pays. Un groupe de militant(e)s LGBT affirme qu’il y aurait au moins un(e) LGBT assassiné tous les trois jours dans l’Etat de Bahia.

La sénatrice Marta Suplicy

Dans ce contexte, le débat sur la protection des LGBT est relancé au Brésil. Jusqu’ici, les droits LGBT semblaient plutôt menacés par les lobbies anti-LGBT, majoritairement religieux. D’une part, en 2011, Dilma Rousseff avait renoncé au programme de prévention de l’homophobie à l’école qui devait aider à lutter contre ces formes de violence. D’autre part, le 28 juin, c’est-à-dire trois à quatre jours après la mort des deux jeunes gens, la Chambre des Députés du Brésil a dû débattre du projet d’un député et pasteur évangélique, João Campos, qui voulait faire annuler une résolution du Conseil Fédéral de Psychologie interdisant aux psychologues  de chercher à « guérir » l’homosexualité – comme s’il s’agissait d’une maladie…

Mais une femme politique brise à présent la loi du silence : la courageuse sénatrice Marta Suplicy a évoqué ces deux crimes pour que soit mise en place une loi qui permette de réprimer l’homophobie et de combattre la violence envers les homosexuels. Il reste à espérer que Marta Suplicy sera entendue par les parlementaires brésiliens, et que les conservatismes religieux ne se rendront pas coupables de mépris et d’indifférence face à ces crimes de haine.

Adoption | France | Mariage | Religion | 02.07.2012 - 18 h 34 | 26 COMMENTAIRES
Le médiatique archevêque de Paris, André Vingt-Trois, lance la guerre contre le mariage pour tous : « la société n’est pas laïque ».

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Dans un entretien accordé au journal catholique La Vie, le très médiatique et influent cardinal André Vingt-Trois, qui est également président de la Conférence des évêques et archevêque de Paris, s’exprime au sujet du mariage pour tous. Même si les termes employés sont méticuleusement choisis, la déclaration de guerre qu’il lance contre cette mesure est ferme et résolue.

Le bon cardinal appelle à ne pas créer de « divisions »  au sein de la société. La conception de la démocratie et de la laïcité qu’il défend à cette occasion est assez étonnante. Pour lui, une mesure ne doit pas être appliquée même si elle est défendue par la majorité politique au pouvoir, et la laïcité n’a pas sa place dans la société !

Une majorité politique qui prendrait des décisions sans considérer les divisions qu’elles pourraient provoquer ferait une erreur. Je veux rappeler ici que si la République est laïque, la société, elle, n’est pas laïque.

Que veulent les couples de même sexe ? Pour les gens doués de sens commun, ils veulent avoir le droit de se marier et d’élever des enfants. Pour André Vingt-Trois, la réponse est plus simple : ils veulent « consommer des enfants » ! On aura compris le grossier double sens de cette affirmation, qui n’est pas une simple allusion au libéralisme, mais sous-entend également que l’enfant sera considéré comme un objet, qui pourra être maltraité, et auquel on pourra faire n’importe quoi…

Dans la représentation culturelle commune, on est passé progressivement de la transmission intergénérationnelle, et donc de la responsabilité à l’égard des enfants, à une attitude de « consommation » des enfants comme un bien auquel chacun aurait droit. Ce bouleversement est un retournement complet.

Qu’on en soit assuré : André Vingt-Trois ne recule devant rien. Il n’hésite pas à mettre sur le même plan l’homosexualité et « toute orientation sexuelle ». Comprenez par là, dans l’esprit de l’homme d’Eglise : la zoophilie, la pédophilie, l’inceste,… Légaliser les droits LGBT amènerait donc à l’universalisation de ces pratiques !

Par ailleurs, certains exigent que la société donne un statut légal aux orientations sexuelles. Or beaucoup de philosophes expliquent qu’il y a une différence entre le sexe, qui est constitutif de la relation sociale, et l’orientation sexuelle. Si on confond les deux, on réclame que toute orientation sexuelle puisse être institutionnalisée et universalisée. Mais si on fait la loi pour satisfaire chaque catégorie particulière, quelle peut être sa valeur universelle ?

André Vingt-Trois laissera-t-il les gens tranquilles, et finira-t-il par accepter que les couples de même sexe puissent se marier ? Non ! Il affirme : « La cause n’est pas si perdue qu’il y paraît. Tout ne serait pas si simple. »

André Vingt-Trois récite ensuite avec application la rhétorique extrémiste développée depuis quelques années par les autorités ecclésiastiques. Il essaie de relier les revendications LGBT… à la crise financière de 2008 ! En jouant sur les différentes significations du mot « libéral », André Vingt-Trois essaie d’instrumentaliser un événement économique pour en tirer un argument anti-LGBT !

Il faut éclairer et combattre l’orientation globale qui sous-tend ce projet : la généralisation du libéralisme individualiste dans tous les domaines de l’existence humaine. Ce qui nous menace dans le domaine économique et financier nous menace aussi dans la vie familiale et sociale. L’homme est un tout.

Se rappelant soudain que le catholicisme a longtemps eu une tradition sociale, il s’adresse aux catholiques de gauche et au gouvernement en essayant de faire croire qu’il est incompatible de défendre une doctrine sociale et d’être favorable aux droits LGBT :

On ne peut pas s’appuyer sur deux dynamismes antagonistes pour gérer une même réalité : on ne peut pas, d’un côté, vouloir une économie solidaire qui surmonte les intérêts particuliers et, de l’autre, promouvoir une morale sociale qui soit simplement l’addition des désirs particuliers. Il me semble que l’ambition du gouvernement est de construire une société solidaire garante d’un bien commun qui dépasse les intérêts individuels. Il se tromperait en imaginant « jouer » le collectif en économie et l’individualisme dans les mœurs.

Evidemment, rien ne nous sera épargné, et André Vingt-Trois reprend l’antienne bien connue de la décadence, qu’avait déjà entonnée en son temps Christine Boutin. Si les couples de même sexe se marient, il est évident que l’apocalypse s’abattra sur la société française, et que le pays sombrera dans le chaos le plus infernal :

Vider le mariage de sa fonction sociale est une mesure qui mine le sens de l’appartenance sociale dans tous les domaines. […] Quand des mutations font courir un risque majeur à la société et à l’homme, nous devons d’abord jouer un rôle d’éveilleur ou de sentinelle, puis prendre nos responsabilités.

Enfin, il appelle les catholiques à agir contre le mariage pour tous de deux manières : en s’exprimant et en s’engageant contre cette mesure, mais aussi en montrant l’exemple de ce que doivent être des familles idéales…

Cette interpellation, cette contestation démocratique doivent s’exprimer dans les urnes, dans la prise de parole et dans les engagements ­civiques et sociaux. C’est pourquoi j’appelle au courage politique les responsables qui, à gauche et à droite, sont contre le libéralisme individualiste en matière sociétale. Si ceux-ci n’ont pas le courage de dire ce qu’ils pensent qui le fera ? Tous les chrétiens doivent avoir à cœur de s’exprimer dans leur droit de citoyen.

Ensuite, il y a l’exemplarité des catholiques. Affirmer qu’il est préférable pour des enfants d’avoir un père et une mère n’est pas crédible si nos familles apparaissaient comme des lieux invivables. Mais si les familles chrétiennes montrent qu’elles traversent les crises, qu’elles font grandir chacun dans l’harmonie et la communion, alors le voisin de palier peut se dire : « Ils pratiquent ce qu’ils disent et cela m’intéresse. » Le chrétien ne vise pas à former une société dans la société. Il vise l’universel, et ne s’en cache pas.

On a bien compris que, pour André Vingt-Trois, la famille hétérosexuelle chrétienne est supérieure aux familles homosexuelles. Il serait bien avisé de regarder davantage autour de lui, et de voir que les parents chrétiens ne sont en rien supérieurs aux parents de même sexe…

On trouvera dans La Croix un second compte rendu de cet entretien.

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