4297 Un point d’histoire : Napoléon Bonaparte était-il bisexuel ? | E.D.H. – Egalité des Droits Homos/hétéros

La bannière doit faire 1005 x 239 pixels

E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Dernier Billet
France | Histoire | 02.06.2012 - 22 h 52 | 5 COMMENTAIRES
Un point d’histoire : Napoléon Bonaparte était-il bisexuel ?
Étiquettes : , , , , , , ,

En juin 2012, la ville d’Ajaccio organise la semaine napoléonienne. Ce sera l’occasion de célébrer à la fois le bicentenaire de la bataille de Russie (qui a débuté en juin 1812) et l’anniversaire de la bataille de Waterloo (juin 1815). Nous nous proposons de nous associer à l’hommage qui sera rendu à Napoléon Bonaparte, en rappelant que l’Empereur tant chéri – et parfois haï – des Français, a vraisemblablement entretenu des relations sexuelles… avec quelques hommes de son entourage.

Celui qui défend cette thèse n’a rien d’un militant LGBT : il s’agit du grand historien Henri Guillemin, célèbre pour le sérieux de ses biographies et pour ses talents de vulgarisateur. La vidéo ci-dessous, intégralement consacrée à Napoléon, aborde le thème de l’homosexualité de l’empereur à partir de la 16ème minute :

Peu avant, à partir de la 13ème minute, Henri Guillemin a rappelé que Napoléon a eu de nombreuses maîtresse – tout en faisant mine d’affecter, et de faire régner dans sa cour, un certain puritanisme qui lui sert de façade. « Mais, derrière, il y a Napoléon qui se divertit beaucoup ». Napoléon aurait eu pour conquêtes plusieurs actrices de théâtre, « les femmes de ses ministres », « les lectrices » de ses soeurs et de sa femme, les dames « du monde et du demi-monde »… et ses trois soeurs elles-mêmes ! Sur ce dernier point, Guillemin cite Joséphine, Mme de Rémusat, et Caroline, l’une des soeurs de Napoléon, qui l’a dit « publiquement ». A côté de Napoléon, Victor Hugo, connu pour ses nombreuses conquêtes, passe pour « un petit garçon » ou « un enfant de choeur ».

« Et puis, ajoute Guillemin, il y a une question qu’on ne soulève jamais, et que je voudrais soulever aussi, parce que je suis là pour essayer de voir la vérité : c’est l’homosexualité. Eh bien, je crois bien que, quand il était à Brienne, Bonaparte était infiniment lié, trop étroitement lié, avec quelqu’un qui s’appelait Laugier de Belcourt. Laugier de Belcourt avait un surnom à Brienne : on l’appelait « La nymphe ». Or, il est parti avec Napoléon, lorsqu’ils sont allés tous les deux à l’école militaire de Paris ». Ce serait durant ces deux ans passés ensemble, à Brienne puis à Paris, que Napoléon et Laugier de Belcourt auraient passé quelques nuits ensemble. 

Plus tard, Napoléon aurait eu une liaison avec Gaspard Gourgaud, un homme marié, mais connu pour son homosexualité (parce qu' »on peut être ambivalent », remarque Guillemin). Gourgaud accompagne l’empereur déchu sur l’île de Sainte-Hélène, et aurait également été au nombre de ses conquêtes.

Guillemin rappelle qu’au 18eme siècle, et sous l’Empire, l’homosexualité n’était pas considérée comme « quelque chose d’extraordinaire ». Il rappelle également que l’homosexualité était communément admise, dans la cour de Louis XIV comme à l’époque de Napoléon : « On souriait, on disait ah oui, de temps en temps… » Guillemin conclut : « Je crois qu’en effet Napoléon, de temps en temps, faisait ces expériences-là ».

Qu’on ne pense pas, cependant, qu’il s’agisse là d’amours homosexuelles : de toute façon, selon Guillemin, Napoléon « est un homme pour qui l’amour n’existe pas ». Il cite Napoléon : « Je nie l’existence de l’amour. Je fais plus que la nier, je dis que quand un homme s’imagine que l’amour existe, cela ne peut être que nuisible à son bonheur.

Cambacérès

Alors, certes, Henri Guillemin n’aimait pas beaucoup Napoléon. Mais on peut difficilement le soupçonner d’avoir falsifié la vérité historique, d’autant qu’il donne des sources précises. « Je suis là pour essayer de voir la vérité » déclare l’historien lorsqu’il parle de la bisexualité supposée de Bonaparte. Par ces quelques phrases, il nous permet ainsi d’en savoir un peu plus sur l’histoire de France, mais aussi sur l’histoire des LGBT dans la société française.

Rappelons également que Napoléon n’a pas pénalisé la sodomie dans les codes qu’il a fait établir en 1804 et 1810, qu’il était un proche de Cambacérès, homosexuel notoire surnommé « Tante Hurlurette », et que l’historien Michel Larivière lui attribue un autre amant que ceux mentionnés par Henri Guillemin : le sergent Junot, avec qui il aurait eu une aventure durant quelques semaines.

LES réactions (5)
Un point d’histoire : Napoléon Bonaparte était-il bisexuel ?
  • Par Red 03 Juin 2012 - 15 H 24
    Photo du profil de Red

    Ca remet les pendules à l’heure !

     
  • Par WEIRAM 03 Juin 2012 - 20 H 50

    Il est de notoriété publique que ce monsieur n’aimait pas l’EMPEREUR (il le disait lui-même) et faisait tout pour le « salir ». Un agent anglais sans doute !

     
  • Par Paul-Napoléon Calland 14 Oct 2013 - 18 H 24

    Guillemin était un charlatan qui avait l’habitude de présenter des feuilles blanches comme étant des sources historiques sur un plateau de télévision où il n’y avait personne pour vérifier. Si vous voulez lire de vrais livres d’histoire, vous feriez mieux de lire Louis Madelin (notamment les sources et bibliographie qui sont disponibles à la fin de son chef d’œuvre « Histoire du Consulat et de l’Empire ».

    Alors remettons les pendules à l’heure : non, l’Empereur n’a jamais eu de relations intimes avec ses sœurs, la « citation » de Caroline ne se trouve que dans les mémoires de Mme de Rémusat, un ouvrage publié sous la Restauration pour la laver de tout soupçon de sympathie pour l’Empire (elle avait été dame de compagnie de Joséphine et son fils avait besoin d’un emploi).

    Quant à Laugier de Bellecour, Napoléon n’a pas eu de relations intimes avec lui non plus, et il a même mis un terme à leur amitié parce qu’à cette époque de sa vie (Brienne, puis l’Ecole Militaire) il n’aimait pas les mœurs « impures » (voir notamment « Bonaparte » d’André Castelot). Pensant que l’homosexualité était le fruit de la décadence, il a même ébauché – à l’attention du ministre de la Guerre – un mémoire sur un programme d’éducation spartiate, afin d’y remédier, mais le père Berton l’a convaincu de laisser tomber l’affaire (« Napoléon » de Vincent Cronin, édition de 1979, Ch2, p43). Ce n’est que plus tard qu’il a changé d’avis, faisant abstraction de l’homosexualité de Cambacérès et l’homosexualité ou la bisexualité de Fiévée, préfet de la Nièvre qui se faisait ouvertement seconder par son compagnon dans l’exercice de ses fonctions. Vous trouverez chez votre libraire ou bibliothécaire les commentaires de Jean Tulard à son sujet.

    Quant à Gourgaud, c’est faux aussi, la jalousie de ce général valeureux arrachant à l’Empereur la réflexion que Gourgaud était sentimental comme une jeune fille, qu’il n’était pas la femme de Gourgaud et ne pouvait coucher avec lui!

    Certes, on peut lire dans les mémoires de Caulaincourt, bien plus fiable, que l’Empereur lui avait dit qu’il éprouvait souvent de l’attirance pour les hommes (pour son attirance pour les femmes, vous pouvez lire ses lettres à Joséphine pendant la première campagne d’Italie en 1796 – 1797), mais rien ne permet de penser qu’il fut « activement » bisexuel à une époque où l’homosexualité (punie de mort pendant des siècles) n’avait été dépénalisée qu’en 1791 (disposition consacrée par le Code Napoléon (1804) et ensuite par le Code Pénal (1810).

    Quant à affirmer que pour Napoléon l’amour n’existait pas, cela ne survit pas à la lecture de sa correspondance, notamment lorsqu’il écrit à Marie Walewska, ou encore Joséphine, même après leur divorce pour la réconforter. Les gens désabusés ou dépressifs (et c’était souvent le cas du jeune Bonaparte) ne croient pas en l’amour, jusqu’à ce que quelqu’un d’autre leur en donne.

     
  • Par nandy 10 Déc 2014 - 15 H 28

    ecoute mec il est homo comme toi tu aime les fille

     
  • ajouteZ VOTRE réaction
    billets précédents
    Publicité