4297 juin | 2012 | E.D.H. – Egalité des Droits Homos/hétéros

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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Discriminations | Droit | Homophobie | International | Medias | Politique | 27.06.2012 - 19 h 29 | 14 COMMENTAIRES
Débat télévisé au Cameroun : « L’homosexualité est un crime contre l’humanité »

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Au Cameroun, un débat a été organisé sur la chaîne Vox Africa entre Sismondi Barlev Bidjocka et Maître Alice Nkom sur le thème de l’homosexualité. Sismondi Barlev Bidjocka est le porte parole du Rassemblement de la jeunesse camerounaise (plus de 360 associations). Face à lui se trouve l’avocate Me Alice Nkom, grande militante pour les droits LGBT.

Voici les 12 minutes de débat qui ont eu lieu :

Le premier interlocuteur se déclare d’emblée « homophobe », et crie à plusieurs reprises : « L’homosexualité, nous n’en voulons pas ». Il répète à plusieurs reprises que, pour lui, « le débat est clos », et qu’il refuse d’en discuter de peur que l’issue du débat ne soit favorable aux LGBT. A partir de 4 minutes, et après s’être référé au « Christ, fils de Dieu », il défend un point de vue incroyable : il se met à argumenter pour dire que, selon lui, « l’homosexualité est un crime contre l’humanité ». Pour lui, l’homosexualité est « une criminalité punie par la loi », et il la compare au banditisme et au viol.

Maître Alice Nkom défend quant à elle, en utilisant bon nombre d’arguments logiques, les droits LGBT. Pour elle, l’acte d’amour n’a pas pour seul but, au contraire de ce qu’affirme son interlocuteur, la procréation. Elle affirme : « Je me bats pour l’égalité de tous les droits pour tout le monde ». Défendant la liberté de chacun, elle lance : « On s’envoie en l’air comme on veut ! » Maître Alice Nkom fait face avec beaucoup d’aplomb à la violence et à l’emportement de son interlocuteur.

Sismondi Barlev Bidjoka conclut : « Nous avons des messages à passer à ceux que Madame défend. Ce n’est pas humain de défendre des causes comme celle d’un homme et un homme. Les droits de l’homme, ce n’est pas ça. »

Vous pouvez regarder ici l’émission complète (Recto Verso de mai 2012). Les déclarations de Maître Alice Nkom y sont parfaites, calmes et profondes :

P.S. : A partir de 17 minutes, le présentateur lui-même donne des chiffres absolument faux : il prétend que seuls 10 pays au monde légalisent l’homosexualité : il confond autoriser l’homosexualité, et reconnaître le mariage homosexuel !

P.P.S. : A partir de 37 minutes, c’est un homme d’Eglise qui intervient. Il considère les homosexuels « comme des malades » qui se sont écartés « du chemin de la justice ». Me Alice Knom réplique à ses arguments avec beaucoup d’habileté et une grande intelligence, en citant notamment l’archevêque Desmond Tutu. « Vous priez pour leur âme, dit Me Alice Nkom, moi je prie pour leur liberté. »

Adoption | Discriminations | DOM-TOM | France | Homophobie | Mariage | Medias | 26.06.2012 - 02 h 02 | 2 COMMENTAIRES
Quand le site le plus consulté de la Réunion… publie un courrier homophobe.

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Le site clicanoo.re est célèbre sur l’île de la Réunion. Au 1er janvier 2011, il était le site le plus lu de toute l’île de la Réunion. En mai 2012, il a encore reçu plus de 1 400 000 visites. Propriété des groupes Cadjee et Hersant Médias, il est en fait le site internet du quotidien régional Le Journal de l’île de La Réunion.

On mesure l’importance, au sein de la société réunionnaise, de ce site – qui existe depuis 1998. Il est donc d’autant plus regrettable que, le 16 juin 2012, ce site ait choisi de publier un courrier reçu de la part d’une certaine Anne-Marie M. Dans cette lettre, la lectrice donne son avis sur l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de même sexe.

Qu’apprend-on dans ce courrier ? D’abord, l’auteure se lance dans une comparaison des plus hasardeuses entre le mariage pour tous, et, à la file, le terrorisme, les morts sur la route et le diabète. Selon elle, si on légalise le mariage pour les couples de même sexe :

Pourquoi ne pas tolérer le terrorisme au nom de la liberté religieuse ? Pourquoi ne pas tolérer au nom de la liberté individuelle, que des individus roulent en excès de vitesse et mettent la vie des autres en danger ? Pourquoi ne pas tolérer au nom de l’amour que je porte à mon gamin, qu’il prennent des sucreries à longueur de journée et devienne diabétique ?

Ensuite, si les homosexuels réclament des droits, c’est à l’encontre de « l’ordre naturel des choses » qu’ils veulent « pervertir par égoïsme, par vice, par orgueil ». Jamais à court de comparaisons, Mme M. effectue une analogie très audacieuse entre l’homosexualité et la drogue :

Ce n’est pas parce que l’homosexualité existe, qu’il faut la cautionner, (faisons de même avec la drogue puisqu’elle existe !)…

Mais c’est sans doute pour ses profondes connaissances en médecine, psychologie et sciences sociales que le site clicanoo.re a choisi de retenir le témoignage de Mme Anne-Marie M.. En effet, la lectrice se lance dans une longue litanie pseudo-médicale et psychologisante, qu’il faut, par respect pour le subtil déroulement de la réflexion, citer in extenso :

…De plus l’homosexualité n’est pas une fatalité ! Des homosexuels ont pu retrouver leur véritable identité sexuelle via un parcours de guérison intérieure ! Cela existe, mais on n’en parle hélas pas dans les médias et pourtant des témoignages existent à ce sujet ! Souvent l’homosexualité est due à des blessures profondes de vie (incestes, traumatismes affectifs pouvant troubler la personnalité sexuelle de la personne) mais aussi de pratiques sexuelles débridées, (si à la mode de nos jours et ouvertement plébiscitées par les médias en tout genre et des personnalités de ce monde, donnant le mauvais exemple) et de nos laisser-aller à la convoitise de notre chair (films, revues érotiques, clubs échangistes etc.) au lieu de combattre nos mauvais penchants. Nous sommes tous habités par le mal et le bien et il nous faut lutter pour faire triompher le bien en nous et autour de nous ! Certains deviennent bi maintenant, ou après des années de mariage deviennent homosexuels !

On aura évidemment compris l’esprit de tolérance et d’ouverture qui anime Mme M., mais celle-ci pense malgré tout nécessaire de signaler sa bienveillance envers les LGBT. Elle précise donc, à la fin de son courrier :

Je n’ai aucune animosité envers les homosexuels…

Je connais bien la Réunion, et je sais que cette île, au carrefour des civilisations, mérite bien son nom, qui évoque la conciliation et le vivre ensemble de cultures très différentes. Je ne suis donc pas fâché contre les Réunionnais en général, qui forment une population diverse et plus ouverte que cette lettre ne pourrait le faire croire. A l’inverse, je ressens naturellement une certaine antipathie pour cette Mme Anne-Marie M., qui parle sans honte de ce qu’elle ne connaît pas, et qui enfile les sornettes à un rythme effréné dans sa lettre mal écrite.

Mais si je suis en colère, c’est contre le Journal de l’île de la Réunion, et son site Clicanoo.re. Quelqu’un a choisi de publier ce courrier ridicule et de lui donner un large écho en le diffusant. La personne qui a fait cela est un(e) irresponsable, qui n’a pas pensé une seconde au mal qu’un tel courrier pouvait faire pour les jeunes LGBT qui peuvent le lire. Les comparaisons entre les droits LGBT et, au choix, la drogue, les morts sur la route, le terrorisme et le diabète, sont une honte absolue. L’assimilation de l’homosexualité à une maladie mentale dont on doit « guérir » ou à un trouble psychique est abjecte.

Non, Madame Anne-Marie M. et Monsieur le responsable de Clicanoo, l’homosexualité n’est pas « un mauvais penchant » issu de l’inceste ou de traumatismes ! En revanche, la haine et l’homophobie peuvent, quant à elles, causer « de profondes blessures de vie » pour les LGBT qui en sont les victimes – par votre faute.

A présent, les responsables du média clicanoo.re feraient preuve d’honneur et de dignité en retirant de leur site ce courrier scandaleux, et en présentant leurs excuses à la communauté LGBT pour avoir choisi de diffuser ces propos stigmatisants.

France | Politique | PS | UMP | 07.06.2012 - 22 h 50 | 6 COMMENTAIRES
Christian Vanneste, très menacé dans sa circonscription, est lâché à la fois par « son fils spirituel », « son ami de 30 ans » et son association de soutien

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Christian Vanneste

La période est difficile pour Christian Vanneste : il se présente aux élections législatives de juin 2012, mais il est très seul dans cette démarche, au point d’être rejeté de tous côtés.

D’abord l’UMP, même si elle ne l’a toujours pas officiellement exclu, ne lui a pas donné l’investiture pour candidater au nom du parti. Chrisitan Vanneste n’a donc que peu de moyens à sa disposition pour réaliser sa campagne.

Ensuite, il a face à lui la candidature de Gérald Darmanin, qu’il considère comme son fils spirituel, et à qui il affirme avoir tout appris en politique. Le jeune Gérald Darmanin était en effet l’attaché parlementaire de Vanneste, avant d’être le chef de cabinet de David Douillet. En le traitant de « petit apparatchik carriériste parisien », Vanneste déclare à propos de Darmanin :

 Je l’ai mis en place au conseil municipal de Tourcoing, puis lui ai proposé d’être chef de file de l’opposition […] Il était déjà conseiller municipal, conseiller régional, conseiller communautaire et ancien directeur de cabinet de David Douillet. Ça ne lui suffisait pas ? […] S’il partageait vraiment mes convictions, comme il me l’a toujours assuré, il ne ferait pas ça. En se présentant, il se rend complice des gens qui veulent m’abattre.

Nouveau revers pour Vanneste : aujourd’hui, c’est Didier Droart, un élu local d’influence, son « ami de trente ans », qui le lâche définitivement. Droart parle ainsi de Christian Vanneste :

Plus personne ne trouve grâce à ses yeux, il a fait le vide autour de lui. Il était de plus en plus dur à suivre, ingérable pour nous… […] C’est lui qui est le diviseur. Sa candidature est dangereuse […] Je ne voudrais pas qu’il reste un député outrageux… D’autres comme MM. Delnatte ou Balduyck ont su préparer leur sortie.

Et pour couronner le tout, même la fameuse Association des amis de Christian Vanneste, qui lui avait apporté tant de soutien lors de ses démêlés judiciaires et de ses combats politiques, vient d’être dissoute lors de sa dernière assemblée générale. Cette dissolution a été réalisée dans la plus grande discrétion au début du mois d’avril 2012, pour ne nuire ni au candidat Vanneste, ni à ses anciens soutiens (dont fait partie M. Droart, qui était secrétaire de l’association).

Il reste à espérer que la candidate PS, Zina Dahmani, pourra profiter de ces dissensions à droite, et qu’elle parvienne à remporter la victoire face aux candidats de droite qui se déchirent.

EELV | Homophobie | International | Livres | Politique | 07.06.2012 - 20 h 14 | 2 COMMENTAIRES
Paris : Des élus Europe Ecologie – Les Verts boycottent la venue du maire de Moscou, « homophobe notoire ».

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Pierre Serne

Pierre Serne et Alain Almedro, élus Europe-Ecologie – Les Verts au conseil régional d’Île-de-France, boycotteront ce vendredi 08 juin 2012 la venue du maire de Moscou à Paris, en raison de ses orientations politiques (homophobie et « bétonnage » effréné).

Dans le cadre des travaux de réflexion autour du Grand Paris et du Grand Moscou, le maire de Moscou (depuis 2011), Sergueï Sobianine, est invité ce vendredi matin à « un petit déjeuner de travail » en Île-de-France. La réunion accueille naturellement plusieurs acteurs importants du Grand Paris, notamment dans les domaines de l’aménagement du territoire, des infrastructures et de la mobilité.

Or, au moins deux élus seront absents à cette réunion, et leur absence devrait être fort remarquée, puisqu’ils ont des responsabilités cruciales en ce domaine. Le premier absent volontaire sera Pierre Serne, 2e vice-président du conseil régional, en charge des transports et des mobilités, et administrateur du Stif (Syndicat des Transports d’Île-de-France). Le second, Alain Amedro est également vice-président de la région, en charge de l’aménagement du territoire, de la coopération interrégionale et des contrats ruraux.

Sergueï Sobianine

Les raisons de ce boycott politique de la part des deux élus EELV ? D’une part, le maire homophobe de Moscou, proche de Vladimir Poutine, a interdit aux LGBT de manifester lors de la Gay Pride, en 2011 et en 2012, au motif que Moscou « n’a pas besoin d’une gay pride« . On se souvient des reportages édifiants de Judith Siblerfeld au cours de la Gay Pride clandestine de mai 2011, et les autorités de la ville de Moscou sont connues pour leur politique répressive envers les homosexuels. Suite à une décision de justice, on apprend d’ailleurs aujourd’hui, jeudi 7 juin 2012, que la Gay Pride  est officiellement interdite à Moscou pour les… 100 prochaines années !

Dans ces conditions, Pierre Serne, président de la commission LGBT des Verts, délégué à l’Europe de l’Inter-LGBT et trésorier de l’ILGA-Europe, et qui avait été violemment agressé lors de la première Gay Pride de Moscou en 2006, ne pouvait pas imaginer accueillir l’édile de Moscou comme si de rien n’était…

Justifiant sa décision sur son compte twitter, Pierre Serne décrit également ainsi le maire de Moscou sur son compte Facebook :

Homophobe notoire ayant encore cette année, il y a quelques jours, fait réprimer la Gay Pride qu’il interdit dans sa ville […]. À un moment il faut savoir dire non et ne pas tout cautionner…

D’autre part, Serguei Sobianine se lance, selon Pierre Serne, dans des « projets délirants de bétonnage », bien loin des questions d’environnement, d’urbanisation responsable et de développement durable qui préoccupent les élus d’EELV. Une raison de plus pour se passer des conseils et réflexions du maire de Moscou lorsqu’il s’agira d’appliquer les projets relatifs au développement du Grand Paris.

 

Extrême(s) Droite(s) | Homophobie | International | Politique | 04.06.2012 - 12 h 44 | 11 COMMENTAIRES
Grèce : Le Parti néo-nazi Aube Dorée s’en prend ouvertement aux LGBT.

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Le leader du parti Aube Dorée : Nikos Michaloliakos

Le 17 juin 2012, on ne votera pas qu’en France pour élire les représentants du peuple : ce sera également la date des élections législatives grecques qui devront déboucher sur la constitution d’un gouvernement.

Or, lors des dernières élections grecques de mai 2012, le parti néo-nazi Aube Dorée est entré pour la première fois au parlement grec, en recueillant 7% des voix. Ces élections étant invalidées, Aube Dorée va-t-il confirmer son entrée au Parlement le 17 juin ? Pour le bien de l’Europe, des LGBT, des immigrés et de la population grecque, il vaudrait mieux qu’Aube Dorée fasse le score le plus bas possible…

D’abord, le chef de ce parti, Nikos Michaloliakos, est ouvertement homophobe. Il a déclaré au journal suisse L’Illustré :

Les homosexuels ne sont pas des gens normaux. Si je l’étais, je n’en serais pas fier.

Peut-être y en a-t-il au sein du parti. Une chose est sûre: celui qui se déclarerait ouvertement pédé (sic) ne serait pas le bienvenu parmi nous.

Bien pire, des tracts ont été distribués à Athènes par les partisans d’Aube Dorée, dans le quartier de Gazi, connu pour être fréquenté par les LGBT. On peut y lire :

Après les immigrés, ça va être votre tour !

Drapeau d'Aube Dorée

Aube Dorée est un mouvement connu pour se livrer régulièrement à des bastonnades sur des immigrés pris au hasard dans la rue. Il menace désormais ouvertement d’étendre ces pratiques ignobles et violentes aux membres de la communauté homosexuelle.

France 2 a réalisé un reportage passionnant sur ce parti Aube Dorée, et en particulier sur les passages à tabac dont sont victimes les immigrés de la part des sympathisants de ce parti.

http://www.youtube.com/watch?v=ZBs9bT6C1YE&feature=related

La journaliste grecque Alexia Kefalas analyse le succès de ce mouvement, dont le chef considère qu’Hitler a été « un grand leader pour le peuple allemand » :

France | Homophobie | International | Islam | Justice | Medias | Musique | Non classé | People | Politique | Religion | 04.06.2012 - 01 h 17 | 25 COMMENTAIRES
Faut-il tolérer le dernier spectacle de Dieudonné au nom de l’humour et de la liberté d’expression ?

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Strasbourg, Marseille, Montpellier, Montréal, Bruxelles… : depuis quelques semaines, les différentes municipalités françaises et francophones ne savent plus comment gérer le « cas » Dieudonné. Spectacle annulé à Montréal, carrément interrompu par la police à Bruxelles, objet d’un vif procès à Montpellier, étudié de près par la préfecture à Strasbourg, jugé « pas désirable » par la mairie de Marseille… C’est un nouveau cas d’école qui se présente, en ce qui concerne la réflexion sur les limites de l’humour et de la liberté d’expression. Le dernier spectacle de Dieudonné, « Rendez-nous Jésus », sombre en effet, une fois de plus, dans le mauvais goût grotesque et l’excès écoeurant. 

Dieudonné, dans son dernier spectacle, s’en prend d’abord à la Gay Pride, puis à la communauté juive. En s’attaquant aussi bien aux homosexuels qu’aux Juifs, Dieudonné croit faire preuve d’humour, montrer un esprit rebelle et défendre les musulmans (qui ne lui ont rien demandé). En réalité, il ne fait que donner libre cours à une paranoïa hystérique, qui l’amène à dire : « Se moquer de la Gay Pride, c’est devenu blasphématoire, au même titre que la Shoah ». Mais, comme souvent, il confond la moquerie et l’injure…

Sur la Marche des Fiertés, l’humoriste auto-proclamé lance :

« C’est de la merde, la Gay Pride. […]

C’est un ramassis de poils, de vomi et de bière. »

Peu avant cette vidéo, Dieudonné s’est lancé dans une explication oiseuse selon laquelle Jésus était forcément homosexuel, la phrase « Aimez-vous les uns les autres » étant grosso modo le signe de ralliement d’une partouze homo. L’assimilation de l’ennemi religieux à l’homosexuel (et vice versa) est un procédé hélas fort courant…

Durant la vidéo ci-dessus, Dieudonné raconte sa traversée de la Gay Pride avec un petit garçon. Les propos gras à tendance homophobe s’y accumulent à la seconde. Quelques passages à la Bigard peuvent peut-être faire sourire, mais on ne comprend bien le but de ce sketch qu’en écoutant attentivement la fin de la vidéo… En effet, à la fin de cette séquence, Dieudonné en arrive à une comparaison particulièrement stupide entre la Gay Pride et les prières de rue des musulmans. Son but est clairement de faire interdire la première et de légitimer les secondes. Il remarque que la police tolère la Gay Pride, tandis qu’elle « charge » selon lui contre les musulmans qui prient dans la rue, « dans le 19e arrondissement ». Il commente : « Que tu t’encules dans le cadre d’un programme de la ville culturelle de Paris, on peut le comprendre, mais prier sans autorisation…! »

On perdrait son temps, et on ferait trop de publicité aux propos injurieux de ce has been, si on s’efforçait de lister toutes les ignominies que Dieudonné profère ensuite à l’encontre du peuple juif durant le reste son spectacle. Pour donner un exemple parlant, et suffisamment éprouvant à lui tout seul, il suffira de rappeler qu’à la fin de son spectacle, Dieudonné entonne sa chanson « Shoahnanas », dans laquelle il se moque de manière particulièrement odieuse de la déportation des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. On peut écouter, si on a le coeur bien accroché, ce morceau monstrueux de mauvais goût et de mépris :

Je préfère ne pas commenter cet extrait (la chanson originale est plus longue !), dont je ne parviens pas encore à m’expliquer qu’il puisse être, en spectacle, applaudi et repris en coeur par le public… L’horreur et la bêtise extrême laissent sans voix.

C’est bien sûr à Desproges qu’il faut laisser le dernier mot face à tout cela, en rappelant la phrase tellement juste de celui qui était un vrai humoriste :

On peut rire de tout… mais pas avec n’importe qui.

A l’heure où de jeunes Juifs ont été agressés à Villeurbanne, où les religions doivent apprendre à rester du domaine strictement privé sans empiéter dans la sphère publique, et où des partis politiques opportunistes tentent trop souvent de jeter l’opprobre sur des communautés (musulmans, juifs, LGBT…), il est à souhaiter qu’à l’avenir, ce spectacle nocif ne soit pas autorisé par les pouvoirs publics.

Homophobie | International | Islam | Religion | 03.06.2012 - 09 h 10 | 21 COMMENTAIRES
L’écrivain Abdellah Taïa chahuté par des dizaines d’islamistes à l’université d’El-Jadida

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L’écrivain franco-marocain Abdellah Taïa a déjà publié plusieurs romans aux éditions du Seuil, dans lesquels il aborde, entre autres, le thème de l’homosexualité. Il a obtenu le prix de Flore en 2010 pour Le Jour du Roi, ses articles ont été publiés par Le Monde, le New York Times, le magazine marocain Tel Quel, et ses romans ont été traduits en plusieurs langues, dont l’anglais, l’arabe, et plus récemment l’allemand.

Face au succès de cet écrivain en France et dans le monde, il était tout naturel que des universitaires s’intéressent à ses textes, et décident de lui consacrer une journée d’études. C’est ce qu’a fait le laboratoire de recherche du département de langue et littérature françaises au sein de la Faculté des Lettres d’El-Jadida, une grande ville marocaine à une centaine de kilomètres de Casablanca.

Il n’en fallait pas moins pour qu’une manifestation d’islamistes tente de perturber par tous les moyens la rencontre organisée ce jour-là avec Abdellah Taïa. Le site Yabiladi, qui rassemble la communauté marocaine du monde entier, rapporte les slogans et mots d’ordre lancés par les manifestants, furieux de voir s’exprimer librement un écrivain qui revendique ouvertement son homosexualité :

« L’université est pour les étudiants et non pour les homosexuels »

« C’est une honte de voir l’université ainsi en train de mourir »

« Comment peut-il prêcher la liberté, la noblesse et la droiture alors qu’il est lui-même sujet à une déviance sexuelle des plus basses et des plus ignobles ? »

« Il s’agit d’introduire un système sioniste au sein de l’université marocaine. Les grands perdants seront nos enfants qui sont l’avenir de notre pays. Voilà pourquoi nous devons défendre notre identité, nos enfants et notre religion ».

Les islamistes ont mis en ligne une vidéo où ils montrent comment ils ont tenté, par la violence, les cris et l’intimidation, de censurer et d’humilier l’écrivain :

Sur son compte Facebook, Abdellah Taia se veut malgré tout résolument optimiste et offensif, pour le bien de son pays comme pour celui des LGBT  :

Le changement a commencé dans le monde arabe. Et, comme vous, je pense sincèrement que rien ne pourra l’arrêter. Les Marocains, les Arabes, se ré-approprient enfin leur histoire, leur identité libre. Malgré les attaques, les obstacles, l’incompréhension des proches, ce combat va continuer. Doit continuer. Merci fort pour votre soutien.

Pour nous aider à espérer et à agir, il nous invite à réécouter Lauryn Hill : A Change Is Gonna Come

http://www.youtube.com/watch?v=Yc12upkVZtw

L’absence de couverture médiatique de ces événements, en France comme au Maroc, a choqué les journalistes de Slate Afrique. A nous, dès à présent, de faire connaître ces faits, et de défendre la liberté d’expression face aux intégrismes et aux dogmes religieux.

France | Histoire | 02.06.2012 - 22 h 52 | 5 COMMENTAIRES
Un point d’histoire : Napoléon Bonaparte était-il bisexuel ?

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En juin 2012, la ville d’Ajaccio organise la semaine napoléonienne. Ce sera l’occasion de célébrer à la fois le bicentenaire de la bataille de Russie (qui a débuté en juin 1812) et l’anniversaire de la bataille de Waterloo (juin 1815). Nous nous proposons de nous associer à l’hommage qui sera rendu à Napoléon Bonaparte, en rappelant que l’Empereur tant chéri – et parfois haï – des Français, a vraisemblablement entretenu des relations sexuelles… avec quelques hommes de son entourage.

Celui qui défend cette thèse n’a rien d’un militant LGBT : il s’agit du grand historien Henri Guillemin, célèbre pour le sérieux de ses biographies et pour ses talents de vulgarisateur. La vidéo ci-dessous, intégralement consacrée à Napoléon, aborde le thème de l’homosexualité de l’empereur à partir de la 16ème minute :

Peu avant, à partir de la 13ème minute, Henri Guillemin a rappelé que Napoléon a eu de nombreuses maîtresse – tout en faisant mine d’affecter, et de faire régner dans sa cour, un certain puritanisme qui lui sert de façade. « Mais, derrière, il y a Napoléon qui se divertit beaucoup ». Napoléon aurait eu pour conquêtes plusieurs actrices de théâtre, « les femmes de ses ministres », « les lectrices » de ses soeurs et de sa femme, les dames « du monde et du demi-monde »… et ses trois soeurs elles-mêmes ! Sur ce dernier point, Guillemin cite Joséphine, Mme de Rémusat, et Caroline, l’une des soeurs de Napoléon, qui l’a dit « publiquement ». A côté de Napoléon, Victor Hugo, connu pour ses nombreuses conquêtes, passe pour « un petit garçon » ou « un enfant de choeur ».

« Et puis, ajoute Guillemin, il y a une question qu’on ne soulève jamais, et que je voudrais soulever aussi, parce que je suis là pour essayer de voir la vérité : c’est l’homosexualité. Eh bien, je crois bien que, quand il était à Brienne, Bonaparte était infiniment lié, trop étroitement lié, avec quelqu’un qui s’appelait Laugier de Belcourt. Laugier de Belcourt avait un surnom à Brienne : on l’appelait « La nymphe ». Or, il est parti avec Napoléon, lorsqu’ils sont allés tous les deux à l’école militaire de Paris ». Ce serait durant ces deux ans passés ensemble, à Brienne puis à Paris, que Napoléon et Laugier de Belcourt auraient passé quelques nuits ensemble. 

Plus tard, Napoléon aurait eu une liaison avec Gaspard Gourgaud, un homme marié, mais connu pour son homosexualité (parce qu' »on peut être ambivalent », remarque Guillemin). Gourgaud accompagne l’empereur déchu sur l’île de Sainte-Hélène, et aurait également été au nombre de ses conquêtes.

Guillemin rappelle qu’au 18eme siècle, et sous l’Empire, l’homosexualité n’était pas considérée comme « quelque chose d’extraordinaire ». Il rappelle également que l’homosexualité était communément admise, dans la cour de Louis XIV comme à l’époque de Napoléon : « On souriait, on disait ah oui, de temps en temps… » Guillemin conclut : « Je crois qu’en effet Napoléon, de temps en temps, faisait ces expériences-là ».

Qu’on ne pense pas, cependant, qu’il s’agisse là d’amours homosexuelles : de toute façon, selon Guillemin, Napoléon « est un homme pour qui l’amour n’existe pas ». Il cite Napoléon : « Je nie l’existence de l’amour. Je fais plus que la nier, je dis que quand un homme s’imagine que l’amour existe, cela ne peut être que nuisible à son bonheur.

Cambacérès

Alors, certes, Henri Guillemin n’aimait pas beaucoup Napoléon. Mais on peut difficilement le soupçonner d’avoir falsifié la vérité historique, d’autant qu’il donne des sources précises. « Je suis là pour essayer de voir la vérité » déclare l’historien lorsqu’il parle de la bisexualité supposée de Bonaparte. Par ces quelques phrases, il nous permet ainsi d’en savoir un peu plus sur l’histoire de France, mais aussi sur l’histoire des LGBT dans la société française.

Rappelons également que Napoléon n’a pas pénalisé la sodomie dans les codes qu’il a fait établir en 1804 et 1810, qu’il était un proche de Cambacérès, homosexuel notoire surnommé « Tante Hurlurette », et que l’historien Michel Larivière lui attribue un autre amant que ceux mentionnés par Henri Guillemin : le sergent Junot, avec qui il aurait eu une aventure durant quelques semaines.

Education | Famille | France | Mariage | Medias | Politique | UMP | 01.06.2012 - 15 h 20 | 24 COMMENTAIRES
Pour Henri Guaino, autoriser le mariage pour les couples de même sexe, c’est créer une « déchirure dans la nation ».

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On a connu Henri Guaino mieux inspiré. En campagne dans les Yvelines, cette plume de Sarkozy use de tout son talent pour justifier les erreurs passées de son mentor, et pour tenter de plaire à l’électorat de sa circonscription. Mais l’exercice a ses limites, et le verbe le plus inspiré ne peut pas cacher les incohérences de fond…

Interrogé par Famille Chrétienne sur le mariage des couples de même sexe, Henri Guaino tente de faire croire que Nicolas Sarkozy a pris position sur ce thème en raison de ses valeurs personnelles, et non pour capter les voix des catholiques les plus conservateurs :

Ne pouvez-vous pas imaginer que les hommes politiques puissent avoir d’autres motivations qu’électorales ? Nicolas Sarkozy a beaucoup réfléchi, beaucoup dialogué. Il s’est forgé des convictions à l’épreuve du pouvoir et de la complexité des choses humaines.

C’est oublier un peu vite les errements de Nicolas Sarkozy sur la question de l’union civile, le statut du beau-parent, etc.

Plus grave, Henri Guaino foule aux pieds à la fois les principes de la logique et les règles élémentaires de la démocratie. Il déclare en effet :

Nicolas Sarkozy a voulu tenir compte de l’état de la société française. Admettons que 60% des Français soient assez « pour » le mariage homosexuel et que 30% le refusent catégoriquement. D’un côté, on a une majorité qui embrasse l’air du temps et de l’autre, une forte minorité résolument opposée parce que cela lui pose un problème de conscience. Le devoir du chef de l’État est de chercher à éviter les déchirures dans la Nation.

La situation doit être bien grave et désespérée, pour que Henri Guaino en arrive à ce point d’incohérence dans son raisonnement. Entre les lignes, il dit tout simplement qu’une mesure, même si elle reçoit l’assentiment de la majorité, ne doit pas être appliquée dans une démocratie, au prétexte qu’une minorité risque de recourir à des moyens extrêmes pour s’y opposer. C’est bafouer le principe-même de la démocratie que d’affirmer cela.

D’autre part, soutenir le mariage pour tous les couples ne signifie absolument pas « embrasser l’air du temps ». M. Guaino ferait bien de garder ses expressions méprisantes pour ceux qui ont fait perdre Nicolas Sarkozy, par leurs positions radicales et haineuses envers un nombre considérable de catégories de la population française (magistrats, homosexuels, immigrés, syndicats,…). S’il veut absolument reprendre les discours du Marine Le Pen et de Christine Boutin, je pense que les gens préfèreront voter directement pour ces deux partis de droite extrême.

Last but not least, Henri Guaino revient sur l’introduction du genre dans les programmes de Première. Là, on n’est même plus dans le manque de logique, mais dans le ridicule le plus complet :

Le président a découvert cela par la presse, et moi aussi ! C’est absolument aberrant. À la rigueur, on peut parler des « genres » en cours de philosophie, mais dans un cours de biologie c’est proprement ahurissant. C’est de la confusion intellectuelle. Seulement, à chaque échelon, c’est le règne du politiquement correct, et personne n’ose prendre de risques par rapport au consensus ambiant. C’est la logique de la machine bureaucratique dont le politique est exclu. Il doit y reconquérir sa place.

Selon Henri Guaino, c’est donc le Président et son conseiller spécial, ou à la rigueur les cadres du parti au pouvoir, qui devraient écrire les programmes de l’éducation. Cela ne se passe ainsi dans aucun pays démocratique… Par ailleurs, s’il y a consensus à tous les échelons de l’Education nationale selon M. Guaino lui-même, pourquoi faudrait-il céder aux quelques récriminations du lobby catholique, qui souhaite de toute façon instaurer des écoles hors contrat libérées de tout programme imposé par l’Etat ?

Pour parvenir à créer la France Forte, Henri Guaino a donc choisi une nouvelle ligne de conduite : appeler de ses voeux à la dictature d’une minorité de conservateurs catholiques, en s’opposant coûte que coûte aux droits civils et à la reconnaissance des LGBT. Il faut éprouver à l’encontre de ses électeurs un mépris absolu pour croire qu’il faut tenir un tel discours afin de récolter leur voix. En tous les cas, si de telles paroles lui permettront peut-être d’être élu dans les Yvelines (ce que je ne souhaite pas), elles l’empêcheront d’être, à mes yeux, un serviteur digne et noble de la République à l’Assemblée nationale.

Homophobie | International | Medias | Musique | People | Publicite | 01.06.2012 - 10 h 05 | 1 COMMENTAIRES
Japon : les bonbons Puccho et le groupe AKB 48 accusés d’encourager l’homosexualité féminine.

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Depuis quelques semaines, les petits bonbons Puccho font polémique au Japon. En cause, une publicité télévisée réalisée par les membres du groupe de musique pop AKB 48. Les filles qui constituent le groupe s’y échangent langoureusement un chamallow acidulé qui passe de bouche en bouche.

Il n’en fallait pas moins pour que 116 plaintes soient déposées contre la publicité, et que la marque soit accusée, entre autres, de promouvoir le lesbianisme.

Sur youtube, le clip mis en lien, vu près de 500 000 fois, est interdit aux plus jeunes pour ne pas les choquer.

Parallèlement, en France, l’homosexualité fait peu à peu son chemin dans la publicité télévisuelle, comme l’a relevé Yagg avec Mc Donald’s Renault, Leroy-Merlin, et la Maif. Je crois bien que la publicité Marie pour la pièce de boeuf aux poivres va bientôt pouvoir être ajoutée à la liste, mais je n’en trouve pas la video sur le net pour confirmer… Si vous la trouvez, ou si vous parvenez à la mettre vous-même sur le net, prévenez-moi !

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