4297 février | 2012 | E.D.H. – Egalité des Droits Homos/hétéros

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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Adoption | Bayrou | Discriminations | Droit | Education | Famille | France | Gestation pour Autrui | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | Modem | Politique | UMP | 18.02.2012 - 01 h 15 | 0 COMMENTAIRES
11 et 14 février 2012 : un regard LGBT sur les travaux du Modem.

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François Bayrou est-il pour l’égalité de tous les couples face au mariage et à l’adoption ? Sa réflexion a beaucoup évolué depuis son refus personnel du Pacs à la fin des années 90. Les positions qu’il défend en 2012 sur le mariage et l’adoption par les couples de même sexe méritent donc d’être observées de près… Petite plongée dans la campagne de François Bayrou cette semaine.

François Bayrou entouré de journalistes.

La valeur « Solidarité ».

Le 11 février 2012, François Bayrou a tenu à la Maison de la Chimie l’un des quatre grands forums de réflexion qui rythment sa campagne. Intitulé « Solidarité », il comportait trois tables rondes de 3h30. L’un de ces moments d’échange, dirigé par Dominique Verisini, était appelé « Vivre Ensemble ». Si je m’y suis rendu, au lieu d’aller au mariage symbolique de Villejuif qui avait lieu exactement au même moment, c’est parce que cette table ronde devait aborder, entre autres, la thématique de l’égalité et de la lutte contre les discriminations.

Discours d'ouverture de François Bayrou

Le discours inaugural de François Bayrou était constitué d’une charge extrêmement virulente contre Nicolas Sarkozy, qui venait de faire paraître sa fameuse interview dans le Figaro Magazine. A l’inverse du Président Sarkozy qui divise, Bayrou veut être un Président qui rassemble, et qui gouverne au nom des valeurs humanistes.

Dominque Versini et Fadila Mehal

Dominique Versini (debout, au centre de l'image)

Dominique Versini, qui dirige la table ronde « Vivre ensemble », n’est pas une inconnue. C’est une chiraquienne historique, qui a été victime de sa liberté de parole et de la réorganisation des institutions sous Nicolas Sarkozy. Ancienne cofondatrice du Samu social et Défenseur des enfants, elle a également été secrétaire d’Etat chargée de la Lutte contre la précarité et l’exclusion auprès de François Fillon. On apprendra dans l’après-midi, lors de sa participation au grand débat politique de l’APGL, que c’est elle qui a, en majeure partie, rédigé le statut du beau-parent, tel qu’il a ensuite été défendu par Nadine Morano… et refusé par l’UMP.

Fadila Mehal (à droite)

La table ronde était co-dirigée par Dominique Versini et Fadila Mehal. Dominique Versini est un soutien récent à François Bayrou. Elle a rappelé qu’elle n’était « pas encartée », mais qu’elle soutenait les valeurs humanistes du candidat Modem. A l’inverse, Fadila Mehal accompagne le Modem depuis son année de création. Elle s’est engagée de longue date dans l’action sociale et le monde associatif, et elle a eu de nombreuses responsabilités en lien avec la cohésion sociale et l’égalité des chances.

L’intervention de Frédérick Getton

La grande majorité de la table ronde était dédiée à des problématiques sociales ou économiques. Mais la gravité des problèmes abordés rendait légitime la place importante accordée aux problèmes sociaux : lutte contre la précarité, problèmes de logement, politique de la ville (et de la ruralité), place de l’enfance, prise en compte du handicap…

Catherine Tripon

Parmi la trentaine d’intervenants, deux étaient au fait des problèmes rencontrés par les LGBT. Pour l’anecdote, le public ne disposant pas de la liste des intervenants, j’ai cru pendant deux bonnes heures que le sujet des discriminations homophobes serait traité par Catherine Tripon, porte-parole de la fédération L’autre Cercle. En réalité, Catherine Tripon a posé la question de l’égalité entre hommes et femmes dans l’entreprise, puisque c’est un sujet dont elle également spécialiste.

Le thème de l’égalité des droits entre couples mixtes et non-mixtes a donc été abordé par Frédérick Getton. Militant de l’UDF puis du Modem, il est le président de « CENTR’EGAUX, l’association des centristes et démocrates LGBT ». Il a exposé avec beaucoup de conviction les objectifs de Centr’égaux : lutter contre les LGBT-phobies et obtenir l’égalité stricto sensu, en droits et en devoirs, entre couples hétéros et couples de même sexe. Il a revendiqué, pour les LGBT, le droit à la différence et à l’indifférence, ainsi que le respect de la diversité des femmes et des hommes qui composent la société. Ces demandes rejoignent pour lui « le projet humaniste de François Bayrou et du Modem ».

Centr’égaux souhaite « l’égalité globale » entre les couples, par l’ouverture du mariage civil aux couples de même sexe. Il revendique également accession à la parentalité pour les couples de même sexe : adoption, PMA et GPA encadrée. L’instauration d’un statut du beau-parent lui semble indispensable. Pour Frédérick Getton, il permettrait de respecter le droit de l’enfant, et apporterait la sécurisation des enfants, si chère à François Fillon.

La "table ronde" et ses 30 chevaliers

Frédérick Getton rappelle que l’orientation sexuelle peut encore poser des problèmes dans le monde du travail : lors des discussions entre collègues, beaucoup d’homosexuels s’inventent une vie, ou se taisent, pour cacher l’existence de leur copain ou de leur copine. Enfin, il souhaite que l’éducation sensibilise davantage les enfants au respect de la différence (le maire de Talence, présent à la table, acquiesce vivement).

Dans le public, tout près de moi, un honorable spectateur a de plus en plus de mal à se contenir en écoutant l’intervention de Frédérick Getton. « Et les devoirs ? » marmonne-t-il d’abord à sa femme. Il reprend peu après, de plus en plus fort, et cherchant l’approbation de ses voisins : « Et les enfants, alors, ils y pensent ? Non mais vraiment ! » Evidemment, il n’applaudit pas à la fin de l’intervention, et ce qu’il a entendu l’a mis de fort mauvaise humeur…

Comptes rendus des tables rondes

La table ronde s’est terminée vers 13h30. Les thèmes abordés, très divers et intéressants, ont été largement commentés – même si la question des LGBT a été traitée très brièvement (4mn sur 3h30).

Dans la Maison de la Chimie, à la pause

Je profite de la pause-déjeuner pour retrouver l’adhérent Modem qui s’est récrié durant l’intervention de Frédérick Getton. Il pourrait être mon père – il lui ressemble beaucoup. Au cours de la discussion, ce militant UDF puis Modem m’explique qu’il s’inquiète pour les « droits de l’enfant », parmi lesquels figure, selon lui, le droit d’être élevé par un père et une mère. Il pense que « le développement psychologique d’un enfant nécessite l’altérité père/mère », et que les droits de l’enfant sont supérieurs aux droits LGBT. Il m’indique qu’il est cependant prêt à voter Modem, malgré son désaccord avec Bayrou sur cette question. Il a l’air presque déçu lorsque je mets fin à la discussion en le remerciant : il aurait apparemment voulu continuer à dialoguer avec moi. Sait-il que j’ai dû inventer un prétexte pour nouer le dialogue avec lui, que je n’ose pas lui dire que je suis homo, que j’aimerais adopter un enfant avec mon compagnon, et que ses fausses convictions m’ont touché ? Sait-il que mon père, qui pensait autrefois comme lui sur toute la ligne,  souffre désormais que mon compagnon et moi ne puissions pas adopter ou recourir à la GPA pour élever ensemble un enfant au sein de notre foyer ? Un instant, j’ai envie d’inviter ce type chez moi, de lui montrer comment on vit, de le présenter à des couples homos qui ont élevé leurs enfants…  J’ai, durant quelques instants, l’espoir qu’il comprendrait alors son erreur.

Dominique Versini

A 14h, les rapporteurs de chaque table ronde viennent rendre compte des débats. La vieillesse, la santé, l’emploi, la protection sociale… sont autant de thèmes traités lors des deux premières tables rondes, et présentés par quelques personnalités. Dominique Versini monte alors à la tribune pour rendre compte de nos débats. Elle aborde, plus en détail que lors des débats du matin, le thème des familles homoparentales « qui existent, et qui sont d’aussi bonnes familles que les autres ». A ces mots, je suis ému d’entendre cette déclaration dans un parti centriste. Mais les réactions autour de moi sont assez vives (je suis assez loin de la tribune, là où les gens commentent plus librement) , et quelques personnes, bien que discrètes, sont assez mécontentes. « Je sais, déclare Dominique Versini au sujet des familles homoparentales, que François y est sensible. Tout part de l’enfant, et du besoin qu’a sa famille d’être soutenue ».

Discours de clôture de François Bayrou

A 14h15, avec un peu de retard, François Bayrou tient son discours. Malheureusement, il n’est plus question, dans ce discours final de 1h15, des LGBT ni de leurs familles. Le candidat fera à peine une allusion, au début et à la fin du discours, à la lutte contre les discriminations. Il cite la discrimination pour orientation sexuelle, mais il s’attache surtout à celles, tout aussi réelles, dont sont victimes « les minorités visibles » et les femmes.  Le candidat déclare : « Je crois aux vertus de l’éducation, des campagnes de sensibilisation, je crois à l’engagement personnel de chacun pour que la discrimination ou les préjugés ne passent pas par lui. »

Où l’on retrouve Dominique Versini et Frédérick Getton

Une fois le discours fini, je file au débat politique de l’APGL. Je ne suis pas le seul à y aller, puisque j’entends Dominique Versini glisser à Fadila Mehal : « Bon, maintenant je vais voir les familles homoparentales. » Je suis surpris par le ton de Dominique Versini, qui a l’air quasiment enjouée de se rendre au débat. Elle ne semble pas du tout stressée d’y aller, bien au contraire : son visage contraste fort avec l’air contrit et renfermé de Jean-Marie Cavada, lorsqu’il était venu représenter le Nouveau Centre devant l’APGL en septembre 2010 !

Au débat de l’APGL, Dominique Versini présente la position du Modem sur le mariage, l’adoption et la PMA. A titre personnel, elle aimerait que le mariage soit ouvert à tous les couples. Ce n’est cependant pas la position de Bayrou, « dans l’état de sa réflexion pour le moment », ajoute Dominique Versini. Le président du Modem souhaite en effet instaurer plutôt une union civile qui donnera aux couples de même sexe les mêmes droits et les mêmes devoirs qu’aux autre couples. Au sein du Modem, beaucoup espèrent encore que François Bayrou comprendra que cette solution n’est pas viable socialement, parce qu’elle conduit au coming out forcé et favoriserait toutes les discriminations. En outre, elle est électoralement contre-productive : elle lui coûte plus d’électeurs qu’elle ne lui en apporte. De l’avis de tous, François Bayrou est un homme pragmatique qui a des convictions fortes et qui sait se remettre en question : saura-t-il se rendre compte, à temps, que la seule solution possible est l’ouverture du mariage pour tous ?

Le Modem est en outre favorable à l’ouverture de l’adoption pour les couples de même sexe, mais aussi à l’accès à la PMA pour les couples de femmes. François Bayrou est également favorable à la reconnaissance des enfants nés par GPA à l’étranger. Ses positions sur l’ouverture de la GPA en France, même encadrée, mériteraient d’être clarifiées : on sent bien que le sujet est extrêmement complexe et ne figurerait pas parmi les premiers résolus au cours du quinquennat.

Dominique Versini dialogue avec les médias.

A la tribune, Dominique Versini fait bonne figure face à George-Pau Langevin, qui s’emmêle à un moment les pinceaux en parlant de « femmes pacsées célibataires » (et en persistant dans son erreur…), ou qui explique à quel point les discussions sur les thèmes LGBT peuvent être « difficiles et compliquées » entre les responsables P.S. Dominique Versini essaie en outre de tempérer les ardeurs de Clémentine Autain, dont l’intervention aura sans doute été la plus appréciée de l’après-midi, mais dont les positions supposeraient une « révolution copernicienne » dans notre façon d’envisager la famille. Point amusant : Camille Bedin (UMP) cherche à plusieurs reprises du soutien de la part de Dominique Versini, soit du regard, soit en s’adressant directement à elle, mais cette dernière le lui refuse à chaque fois.

Opposée à l’une des spectatrices sur la nécessité pour un enfant d’avoir deux parents, Dominique Versini recourt à son expérience personnelle durant sa jeunesse. L’exercice est risqué, mais la séquence est émouvante, et l’on voit bien que Dominique Versini est sincère, à la fois dans le récit de sa vie et dans ses convictions. Pour elle, un enfant doit être élevé par un couple, quel que soit le sexe des deux personnes qui l’élèvent. Cette idée fait débat au sein du public et des intervenants : quid des familles monoparentales, des couples divorcés et de la co-parentalité ? quid des sociétés où la famille n’obéit pas nécessairement au schéma occidental moderne « couple + enfant(s) » ? Cette question  pourrait sans doute faire l’objet, dans un proche avenir, de rencontres passionnantes et de débats réunissant témoins et spécialistes.

Frédérick Getton

Frédérick Getton, présent lui aussi, profite de ce débat pour faire se rencontrer Dominique Versini et Nicolas Gougain, de l’Inter-LGBT. La discussion entre ces trois personnalités semble prometteuse, et le contact se fait très facilement.

14 février : la Saint-Valentin de Bayrou avec les LGBT ?

Enfin, le 14 février 2012, François Bayrou est l’invité d’Europe 1 pour une matinale spéciale qui lui accorde quasiment 2h de temps d’antenne. Vers 8h30, il répond aux questions des Français.

C’est l’auditeur Robert, de Marseille, qui pose la question du mariage homosexuel et du « droit d’adoption » (à 6 minutes, dans la vidéo).

Bayrou – On va prendre deux minutes, parce que je suis choqué… Ma position est très simple. Je suis choqué par un certain nombre de propos…

Bruce Toussaint – Ceux de Nicolas Sarkozy dans le Figaro Magazine ?

Bayrou – Par exemple. Quand on parle de l’homoparentalité en présentant ça comme une déviance. Je voudrais qu’on songe qu’il y a, en France, des centaines de milliers d’enfants, d’adolescents, de jeunes, dont le père ou la mère est dans la situation d’avoir cette orientation sexuelle, et de l’avoir découvert quelquefois après, quelquefois avant la naissance de leur enfant. Ces enfants-là, ces jeunes-là, qui vous écoutent en ce moment, je trouve mal qu’on les présente comme destabilisant la société. L’homoparentalité, ça existe. Il y a donc une deuxième question : est-ce que l’adoption par des homosexuels existe ? Eh bien, elle existe évidemment, puisqu’en France, un célibataire peut adopter ! Alors, il y a une troisième question : est-ce qu’on peut reconnaître un lien qui existe entre l’enfant et les deux parents qui l’élèvent, lorsque les deux qui veillent sur lui ont cette vie de couple ? Moi, je pense que c’est bien de le faire. […] Ca existe dans la société française. Ce n’est pas une opinion : c’est une réalité qui touche des centaines de milliers d’enfants, de jeunes et de parents, pour qui je demande un minimum de respect et de compréhension. Parce que c’est pas facile d’élever un enfant quand on est homo. Et excusez-moi de vous le dire : ce n’est pas facile d’élever un enfant quand on est hétéro ! Il y a beaucoup beaucoup de couples qui sont dans des difficultés. J’étais hier dans l’école dont je parlais à l’instant : le directeur me disait l’an dernier:  » j’avais une classe dans laquelle, sur 25 élèves, il n’y en avait qu’un qui avait une famille classique « papa et maman » : un ! » Alors arrêtons de présenter cela comme s’il y avait chez ces enfants de la nocivité.  Ce sont nos enfants, alors il faut les élever du mieux que nous le pouvons. Et moi en tout cas, je défendrai cela ! […] Pour le mariage, je dis : égalité de droits et de devoirs, égalité de forme entre les unions, mais je pense qu’il est bien que ça s’appelle union, et pas mariage. Parce qu’il y a en France, et dans toutes les sociétés occidentales, des traditions qui viennent de très loin, et qui sont éminemment respectables, autour de l’idée que le mariage, c’est un couple d’un homme et d’une femme. Et je trouve que l’égalité de droits et la distinction du nom, c’est quelque chose qui au fond affirme le droit à la différence de tout le monde.

Sur Rue89, la toujours aussi excellente journaliste Nolwenn Le Blevennec publie un article qui analyse avec justesse les déclarations de Bayrou ce mardi 14 férvier 2012, et qui les remet en perspective par rapport à l’évolution personnelle et positive de François Bayrou. Bayrou se disait, en 2006, « coincé » sur les questions LGBT. Il déclarait avoir « mûri », et comprendre nos difficultés. Il ne reste plus qu’à espérer qu’au sein de son équipe, François Bayrou écoute à nouveau, sur cette question, les conseillers qui connaissent la question de très près, et qui ont su l’amener, année après année, à saisir les difficultés quotidiennes rencontrées par les LGBT.

François Bayrou peut-il encore changer, à court terme, son opinion sur le mariage, et l’ouvrir finalement à tous les couples si l’est élu, sans distinguer les homos et les hétéros en offrant à chacun une union différente ? A l’heure actuelle, et face à la division des juristes sur ce point, une telle évolution intelligente… ne semble ni exclue, ni impossible.

France | Homophobie | UMP | Vanneste | 17.02.2012 - 21 h 33 | 22 COMMENTAIRES
UMP : Bernard Debré félicite Hollande de « ne pas être une lopette » !

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Après Vanneste qui se lance dans la négation de la déportation des homosexuels en France, voici Bernard Debré, député UMP de Paris, qui se livre à une nouvelle saillie.

Voici les propos de Bernard Debré sur RMC, repris entre autres par Le Parisien :

« J’avais craint à un moment donné que la séquence ait lieu le 6 ou le 7 mars et que ça c’était beaucoup trop tard. Pourquoi ça a été fait plus tôt ? Parce qu’on avait tous (…) considéré qu’Hollande était une lopette, en disant c’était rien du tout, que c’était un ectoplasme, il va s’effondrer, et bien pas du tout … » .

Le collectif d’associations Total Respect – Tjenbé Rèd a aussitôt annoncé qu’elle avait saisi le CSA, et qu’il envisageait de porter plainte contre Bernard Debré. Le PS n’a pas réagi pour le moment à ce dérapage, qui n’est peut-être pas si incontrôlé…

Le journal Le Parisien, qui a interrogé Bernard Debré, rapporte les commentaires de Bernard Debré lui-même :

Bernard Debré se défend d’avoir tenu le moindre propos à caractère homophobe. «Une lopette, cela n’a rien à voir avec un homosexuel, assure-t-il. On est complètement givrés maintenant ! Arrêtons avec la censure des mots et surtout de leur donner un mauvais sens. Ne me comparez surtout pas à Christian Vanneste, je n’ai rien à voir avec ce type.»

Alors, donnons un cours de vocabulaire à M. Debré… :

LOPE, substantif féminin
Argot
A. Pédéraste.

Exemple : La plus belle lope ne peut donner que ce qu’elle a : son couvert trois pièces d’un côté, ses miches poilues de l’autre (LEBRETON, Argot 1975).
B. Par extension [Terme de mépris] Homme sans courage, sans caractère. Ceux de Barbès considéraient Justin comme une lope depuis qu’il s’était affalé aux poulets (LEBRETON 1960).
REM. Lopaille, substantif féminin : ,,Pédéraste passif. Synon. de lope, lopette«  (LEBRETON Argot 1975).
Exemple : Y avait toujours deux ou trois « boucs » qu’essayaient de provoquer la chance…. Y avait des placiers trop âgés qui laissaient tomber la « marmotte »… qu’on voulait plus dans les maisons… Y avait les lopailles trop vertes pour aller déjà au bois (CÉLINE, Mort à crédit, 1936, p. 359).
Etymologie et histoire : 1889 « homosexuel » (ESN.); 2. 1899 « homme sans courage » (ibid.).
DÉRIVE : Lopette, substantif féminin : Petite lope.T’avais les types à cran et les lopettes (VERCEL, Cap. Conan, 1934, p. 171). 1re attest. 1889 (ESN.); de lope, suff. -ette (-et*).

Si l’on en croit le dictionnaire, une « lopette » est une « petite lope ». Le mot ayant deux sens, et le second sens (« homme faible ») étant dérivé du premier (« homosexuel »), il est absolument faux de prétendre, comme le fait M. Debré, qu’ « une lopette, ça n’a rien à voir avec un homosexuel ».

Si l’UMP avait décidé d’allumer un contre-feu à l’affaire Vanneste, et de tendre un piège aux LGBT en les forçant soit à se taire, soit à s’indigner et à glisser dans des pinaillages sémantiques, elle ne s’y prendrait pas autrement… Bernard Debré est, en tous les cas, le symptôme supplémentaire d’une homophobie latente et quotidienne, où traiter X ou Y de lopette, de tarlouze ou de pédé est aussi courant que de respirer.

France | Homophobie | UMP | Vanneste | 17.02.2012 - 20 h 15 | 1 COMMENTAIRES
La secrétaire d’Etat Jeannette Bougrab soutient-elle vraiment Christian Vanneste ?

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Selon le site lesjeunesavecvanneste.fr destiné à soutenir Christian Vanneste, la secrétaire d’Etat Jeanette Bougrab soutiendrait Christian Vanneste en déclarant que le député « a raison ».

Le site s’appuie sur un article du site nouvelobs.com daté du 15 février 2012 :

Jeannette Bougrab, secrétaire d’État chargée de la Jeunesse, confiait ce matin à des députés de la majorité que « Vanneste à raison ». L’ancienne présidente de le Halde (sic) rejoint ainsi les membres de la Droite populaire dans la défense de Christian Vanneste.

Cette information étonnante et son commentaire ont été publiés il y a deux jours par le nouvelobs, et repris par des sites de droite extrême. Mais, à cette heure, aucun démenti n’a été diffusé par Jeannette Bougrab.

Discriminations | France | Homophobie | Justice | Politique | UMP | Vanneste | 17.02.2012 - 04 h 27 | 21 COMMENTAIRES
La lettre de Christian Vanneste aux députés UMP – et la leçon qu’il faut en tirer.

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D’après le site extrémiste Nouvelles de France, Christian Vanneste aurait fait parvenir une longue lettre aux députés UMP, suite à la menace d’exclusion qui pèse sur lui. Dans un dernier accès de délire paranoïde, il s’en prend directement à GayLib et aux Jeunes pop, et en particulier à Benjamin Lancar.

Cher(e)s Collègues,

Comme vous le savez, je suis attaché aux valeurs de la famille traditionnelle dans notre civilisation, et c’est la raison pour laquelle j’ai pris position depuis longtemps contre les revendications du lobby gay. Celui-ci, très influent au sein de notre mouvement, avec Gaylib et les cadres des jeunes pop, cherche à tout prix mon exclusion, au mépris de la liberté d’expression et des valeurs qui ont toute leur place dans un mouvement issu du gaullisme, de la démocratie chrétienne et du libéralisme.

C’est ainsi que Monsieur LANCAR a osé déclarer dans Têtu : « VANNESTE n’a rien à faire chez nous », moi qui suis à l’UJP depuis 1968 et n’ai jamais quitté ma famille politique.

M. LANCAR a par ailleurs dit tout le bien qu’il pensait de Pierre LAVAL. Il n’a pas été exclu.

Gaylib a critiqué les valeurs défendues et les choix opérés par le Président Nicolas SARKOZY dans son entretien au Figaro Magazine. Il a annoncé qu’il ne soutiendrait pas le Président pour les prochaines élections. J’espère que les menaces d’exclusion qui pèsent sur moi ne sont pas la contrepartie nécessaire à son ralliement.

Depuis des années, je combats un lobby qui fait du mensonge systématique son arme favorite. C’est dans cet esprit que j’ai procédé au rappel des faits. S’il y a eu une déportation des homosexuels en Allemagne (30 000 ou 40 000) et en Alsace Moselle (210), il n’y en a pas eu dans le reste de la France. Cette communication, faite sur un site catholique, avait deux mérites.

D’abord, celui de répondre à l’attente d’un public dont je suis naturellement proche, et qui doit pouvoir soutenir notre candidat. Ensuite, celui de s’en tenir strictement aux données réelles du problème. Le seul argument qui a pu m’être opposé a reposé sur une étude plus récente, qui évoque non pas 210, mais 63 déportés, dont 7 en territoire occupé. Il n’est pas sûr que ces derniers aient été déportés en raison de leur homosexualité.

Les faits que j’évoque sont donc avérés, ce ne sont pas des jugements de valeur, mais un simple rappel historique. Ils ne remettent nullement en cause la déportation, mais uniquement son extension à la France non annexée. Serge KLARSFELD confirme entièrement mes propos et trouve ridicule qu’on parle d’exclusion à propos de quelqu’un qui s’est contenté de rappeler les faits. Car le problème est là : a-t-on le droit à l’UMP de s’opposer aux revendications du lobby gay ? Oui, puisque le Président s’est lui-même prononcé. Peut-on énoncer des faits afin de dénoncer la désinformation pratiquée par le lobby ? A l’évidence, oui, car on ne peut pas condamner la vérité.

A plusieurs reprises, j’ai déjà été victime de ces procédés, qui consistent à me condamner publiquement, sans m’avoir lu ou écouté, sans même avoir pris contact avec moi.

Je considère que ma fidélité au mouvement mérite davantage de respect. L’UMP est un parti de droits et de devoirs, je ne pense pas avoir trahi notre philosophie politique.

Bien à vous,

Christian VANNESTE – Député du Nord

Cette lettre, pleine d’outrance grossière et de menaces tous azimuts, nous montre cependant que Christian Vanneste est suffisamment rusé pour savoir nuire sans s’exposer à être puni par la loi. Les associations LGBT, et les citoyens soucieux de lutter contre ce genre de personnage prêt à tout, ne doivent pas se laisser embarquer dans le petit jeu de Christian Vanneste.

En effet, c’est contre l’ensemble de l’interview donnée par Vanneste que doit porter l’indignation des LGBT et des citoyens français. Il ne s’agit pas seulement d’ergoter et de pinailler sur le nombre de déportés pour homosexualité appartenant à  telle ou telle zone géographique. Sur ce plan-là, Vanneste aura toujours beau jeu de dire que les historiens débattent, et qu’il parle de bonne foi. En revanche, comme beaucoup l’ont déjà remarqué, les propos qui entourent ces déclarations sont proprement abjects, et ne visent qu’à attiser la haine de la population contre les LGBT. C’est donc pour l’ensemble de l’interview (qui dure 20 minutes !), et non seulement pour ses propos sur la déportation, que Vanneste doit être exclu de l’UMP.

Notons qu’un autre type de lettre est en train de circuler à l’UMP : il s’agit de lettres-types à envoyer en tant que militants et sympathisants de l’UMP pour s’opposer à l’exclusion de Vanneste.

Enfin, parmi les trois commentaires que cette lettre a suscités sur le site Nouvelles de France, soulignons l’élégance et la pertinence du second commentaire :

Bravo pour la pertinence de vos propos concernant le lobby des excités du trou de balle.

Ne serait-ce pas un commentaire homophobe, et dûment réprimé par la loi ?

Associations | Discriminations | France | Homophobie | People | Politique | UMP | 17.02.2012 - 00 h 18 | 3 COMMENTAIRES
23 février 2012 : Le Refuge vous invite à faire bon accueil… à Christine Boutin.

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Les responsables du Refuge commencent vraisemblablement à prendre goût aux échanges réguliers qu’ils entretiennent avec l’ex-candidate à la présidentielle Christine Boutin.

Après lui avoir accordé un brevet de respectabilité en décembre 2011, Le Refuge s’apprête maintenant à accueillir Christine Boutin au sein de ses locaux. Pour l’association, il s’agit d’ « élargir le débat avec Madame Boutin » et de « proposer un échange avec les jeunes homosexuel(le)s et transsexuel(le)s que l’association héberge sur Paris ». Le Refuge a donc lancé une invitation officielle pour que nous soyons nombreux à faire un accueil courtois et respectueux à  la présidente du Parti Chrétien Démocrate.

Quand on connaît les prises de position anti-droits LGBT, que Mme Boutin martèle publiquement depuis une quinzaine d’années, les questions qu’a préparées le Refuge montrent cependant un décalage particulièrement criant entre les buts affichés par l’association et la personnalité politique invitée  :

Le Refuge souhaite entendre Mme Boutin sur 5 questions clés :

Quelle est sa réaction suite à la négation par M. Vanneste de la déportation des homosexuel(le)s français durant la 2e guerre mondiale ?
Quelles actions Christine Boutin recommande-t-elle en matière de prévention du suicide des jeunes LGBT et quel rôle le système éducatif peut-il jouer selon elle ?
Le Refuge est membre du groupe de travail initié par le Ministère de la Justice relatif à la vie affective des mineurs et des jeunes majeurs en milieu carcéral. Quel regard Christine Boutin porte-t-elle sur cette question ?
Mme Boutin a pris position contre l’inclusion du genre dans les manuels de SVT. Quel avenir propose-t-elle aux jeunes qui se découvrent de tel ou tel sexe ?
Quels engagements est-elle prête à prendre pour aider le Refuge à augmenter sa capacité d’hébergement ?

A quand l’invitation de Christian Vanneste par les Oubliés de la Mémoire, d’Alain Soral par le CRAN, de la même Christine Boutin par le Planning familial, ou de Jean-Marie Le Pen par le CRIJ ? On imagine d’ores et déjà les questions similaires que les uns et les autres pourraient poser à leurs invités : « M. Vanneste, quelles actions recommandez-vous pour mettre fin au harcèlement des jeunes homosexuels dans les établissements scolaires ? » ; « M. Soral, quelle est votre opinion sur l’immigration légale en France ? »; « Mme Boutin, quel regard porte-vous sur l’avortement ? » ; « M. Le Pen, que pensez-vous des propos antisémites de Dieudonné ? ».

Le plan communication & médias du Refuge, pour efficace qu’il soit, prend parfois des chemins très boueux. La dernière question posée laisse entendre que la visite de Mme Boutin pourrait s’achever par la signature d’un gros chèque à l’association Le Refuge. Mais quelle que soit la somme en jeu, est-il bien moral de se prosterner ainsi devant la diva des homophobes, tout en assurant diriger une association qui vient en aide aux LGBT ?

France | Homophobie | Justice | Medias | Politique | UMP | Vanneste | 16.02.2012 - 16 h 27 | 0 COMMENTAIRES
Le magistrat Philippe Bilger défend explicitement l’homophobie !

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(Photo : Philippe Bilger, Flickr, cc)

Les propos de Christian Vanneste sur la déportation des homosexuels ont déclenché, de toutes parts, beaucoup de colère et d’indignation. De très nombreux membres du PS, d’Europe Ecologie – Les Verts, du Front de Gauche, de l’UMP… et même le numéro 2 du Front national (!) ont critiqué ce dérapage, qui n’est que le plus récent d’une longue série.

A l’inverse, il s’est trouvé quelques personnes pour défendre Christian Vanneste, au sein des mondes politique et médiatique. La liste est pour l’instant assez brève : les avocats Serge et Arno Klarsfeld, les députés Lionnel Luca et Jacques Myard, le magazine Causeur, ainsi que le polémiste Eric Zemmour.

Mais c’est le soutien le plus récent, celui apporté par le magistrat Philippe Bilger, qui doit retenir toute notre attention. En effet, ce dernier a publié, sur son blog très fréquenté « Justice au singulier », un billet intitulé 48 heures de la vie d’un pays. Bilger fait d’abord l’éloge de Christian Vanneste, et critique les membres de l’UMP qui veulent l’exclure :

La chasse au Vanneste est relancée. L’UMP se couvre de ridicule en affirmant haut et fort qu’elle va l’exclure et lui retirer son investiture pour les futures législatives. […] Il est clair que Christian Vanneste, dans la grisaille intellectuelle et la fadeur politique de l’UMP, ne pense pas comme les autres et donc choque assez souvent. A mon sens, ce sont moins ses idées que l’être lui-même qui irrite : trop intelligent, trop provocateur, trop libre, pas assez prévisible. Sur le plan de l’homosexualité, […] il devrait s’abstenir et résister à la tentation d’être soi à tout prix. Trop dangereux dans un monde frileux.

Mais après cet hommage poignant et plein de déférence, Philippe Bilger enchaîne, comme si cela allait de soi, en se lançant dans une bien étonnante défense… de l’homophobie :

A supposer même que Christian Vanneste, individu singulier, esprit indépendant, parlementaire iconoclaste, dise du mal de l’homosexualité s’il en a envie, où serait le scandale ? 

Si je comprends bien cette phrase (et une erreur d’interprétation n’est jamais exclue…), j’en déduis que le magistrat Philippe Bilger, ancien juge d’instruction, ancien avocat général à la cour de Paris, légitime bel et bien, explicitement et par écrit… l’homophobie. Il semble que le magistrat, aujourd’hui à la retraite et consultant pour un grand cabinet parisien, soit désormais prêt à tous les excès pour exprimer l’admiration sans borne qu’il ressent pour son ami Vanneste.

Faut-il donc rappeler que « dire du mal de l’homosexualité », c’est-à-dire l’expression de propos homophobes, est puni depuis 2004 par le Code pénal ? Faut-il rappeler que « le scandale » de l’homophobie n’est pas plus une légende que la déportation des homosexuels ? L’homophobie tue, M. Bilger, et il n’est pas plus anodin de « dire du mal de l’homosexualité » que de tenir des propos racistes ou antisémites.

Il serait bon qu’un ancien avocat général se souvienne des lois qui ont été votées par la représentation nationale, et ne s’abaisse pas à légitimer l’expression de propos homophobes, quels qu’ils soient.

P.S. : L’article de Philippe Bilger est déjà repris par Marianne2, qui ne semble pas non plus voir de problème à ce qu’on tienne des propos homophobes « si on en a envie »…

International | People | 10.02.2012 - 16 h 05 | 0 COMMENTAIRES
Le fils adoptif de Tom Cruise dérape… puis s’excuse : tout est bien qui finit bien.

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Cette semaine, Connor Cruise, le fils adoptif de Tom Cruise, s’est laissé aller à quelques mots… peu convenables.

A l’occasion du Super Bowl, son agent Todd Krim, notoirement homosexuel, lui avait envoyé un tweet sur l’équipe des New England Patriots, qui venait de perdre. Le fils de Tom Cruise, passablement énervé, n’a pas apprécié que l’on commente la défaite de son équipe préférée. Il lui a aussitôt épondu : « That was a gay a** f*****g tweet… ». Ce qui pourrait se traduire de multiples façons, et par exemple par – couvrez vos chastes oreilles : « C’est un tweet de sale enc*** de p*** ».

Krim s’est alors fendu d’un mail public où il expliquait que, dans ces conditions, il ne pouvait décidément plus travailler avec Connor.

Joie de la nature humaine : Connor s’est excusé, Krim lui a pardonné publiquement, et l’équipe fonctionne à nouveau comme avant. Gageons que Connr Cruise fera dorénavant plus attention à sa manière de s’exprimer…

France | UMP | 10.02.2012 - 15 h 51 | 1 COMMENTAIRES
Gaylib ne soutiendra pas Nicolas Sarkozy !

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Bonne nouvelle ! Le président de Gaylib, Emmanuel Blanc, a affirmé vendredi à l’AFP « qu’en tant que président de Gaylib, [il ne peut pas] engager [son] mouvement derrière un candidat qui ne porte pas nos valeurs »

Cette déclaration fait suite aux déclarations de Nicolas Sarkozy qui es toujours opposé au mariage homosexuel et à l’adoption par des couples de même sexe.

Une question reste cependant entière : quel candidat les membres de GayLib soutiendront-ils ?

Education | Famille | France | Homoparentalité | Mariage | Politique | PS | 10.02.2012 - 14 h 54 | 17 COMMENTAIRES
[Info exclusive] Lors de son discours d’Orléans, François Hollande a rayé son hommage aux familles homoparentales.

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Est-ce un incident troublant et inquiétant, ou un simple revirement anodin dû aux circonstances ? François Hollande, qui devait rendre un hommage appuyé aux familles homoparentales ce jeudi soir à Orléans, a finalement préféré ne pas dire un seul mot sur ce sujet.

Le discours tenu par François Hollande ce jeudi 10 février, à Orléans, devait être centré sur l’éducation. Pour introduire ce thème, la première moitié du discours a également été dédiée à des thèmes bien plus larges que l’éducation : la compétitivité, la vie démocratique, les inégalités de revenus… Il s’agissait pour François Hollande, en abordant ces questions, de répondre à la longue interview donnée par Nicolas Sarkozy au Figaro Magazine, dont plusieurs éléments commençaient déjà à fuiter dans les médias.

BFM et Europe 1 confirment :  le discours, initialement rédigé par Vincent Peillon et centré sur l’éducation, a ainsi été réécrit dans la journée de jeudi, « pour répliquer à la conception de la République, développée dans le Figaro Magazine par Sarkozy ». On comprend qu’il s’agissait là, pour François Hollande, de frapper un grand coup, et de montrer les idéaux et les principes auxquels il croit, par opposition aux objectifs de Nicolas Sarkozy dans son interview intitulée « Mes valeurs ».

Hélas ! Afin de réécrire son discours, d’en faire un moment fort de la campagne, de répondre à Nicolas Sarkozy et d’affirmer ses valeurs, François Hollande a choisi… de supprimer l’hommage vibrant qu’il avait prévu de rendre aux familles homoparentales !

Voici en effet, en exclusivité absolue, le passage qui devait être prononcé par François Hollande dans les toutes premières minutes de son discours d’Orléans :

Comme Républicain et comme homme de gauche, je suis attaché aussi à trois valeurs essentielles qui, je le sens, sont au coeur de cette campagne qui s’ouvre.

La famille est la première des cellules humaines, celle où tant de choses se jouent, très tôt. Celle où l’on reçoit – où l’on devrait toujours recevoir – l’amour et l’affection. Celle qui vous élève, vous fait grandir, vous protège. Entre toutes les institutions de la société, elle est la plus précieuse. Elle doit être défendue comme telle. Mais elle doit être défendue telle qu’elle est aujourd’hui, c’est-à-dire diverse. Il y a bien longtemps qu’il n’y a plus “un” modèle familial. Je veux que la famille soit considérée comme une institution libre, ouverte, moderne, vivante, ancrée dans la réalité de notre société et s’adaptant à l’évolution de nos moeurs. Défendre la famille, ce n’est pas la corseter dans un cadre défini une fois pour toutes, en dépit de toutes les évolutions et au mépris de tout bon sens, en occultant délibérément ce qui est au fondement de la famille et qui, seul, lui donne sa force : l’amour.  C’est pourquoi, je l’ai dit et je le répète ce soir, je suis favorable au mariage entre personnes du même sexe. Et parce que j’aime la famille et parce que je veux défendre les familles, toutes les familles, je veux qu’elles soient toutes traitées de façon équitable, qu’elles reçoivent toutes de la collectivité le soutien auxquelles elles ont toutes droit, celles qui paient l’impôt sur le revenu comme celles qui ne le paient pas : et, par conséquent, je veux que le quotient familial soit revu et réformé afin que toutes les familles françaises, et pas seulement les plus aisées, soient aidées.  Aimer et défendre la famille, c’est aimer et défendre toutes les familles. Et pas seulement les plus favorisées !

Ce passage vous semble beau ? Ces phrases vous semblent convaincantes ? Eh bien : François Hollande, pour qui on les avait écrites, ne les a tout simplement pas lues ! On pourra visionner l’intégralité du discours du François Hollande pour vérifier :  à aucun moment ces phrases ne sont prononcées par le candidat. En effet, ce passage a été supprimé entre jeudi matin et jeudi soir, alors que Nicolas Sarkozy venait justement de lancer de graves attaques contre les LGBT, en réaffirmant son opposition à l’ouverture du mariage et de l’adoption pour les couples de même sexe !

Pour prendre cette décision, François Hollande s’est entouré de Vincent Peillon, qui avait rédigé la première version du discours, de Manuel Valls et surtout d’Aquilino Morelle, qui semble porter la responsabilité de cette suppression. Rappelons qu’Aquilino Morelle est l’énarque qui rédigeait déjà les discours de Jospin de 1997 à 2002 – juste avant une défaite que tout le monde croyait impossible.

Alors, Monsieur Hollande : sachez deux choses. D’une part, il arrive que l’histoire se répète. Le PS a déjà perdu deux élections présidentielles imperdables, en écoutant des conseillers timorés, et en suivant des orientations politiques douteuses, voire hypocrites. Un troisième échec n’est pas impossible, si la gauche se coupe encore de ceux qui croient en elle.

D’autre part, je me sens trahi, en tant qu’homosexuel, par vos atermoiements continus au sujet du mariage et de l’adoption par les homosexuels. Refuser d’intégrer ces thèmes dans un discours portant finalement sur vos valeurs essentielles, alors même que Nicolas Sarkozy attaque gravement les LGBT, c’est faire preuve d’une grande maladresse, ou manifester un profond mépris pour nos familles. Ces phrases si belles ne sont donc que des mots ? L’émotion qu’elles laissent transparaître ne sont donc qu’un jeu pour attirer l’électorat, et il faudrait vite les supprimer lorsque les choses deviennent sérieuses ?

Cher Monsieur Hollande, je vous le dis franchement : ma voix ne vous est pas encore acquise. Il est des moments, de plus en plus nombreux, où je me prends à douter sérieusement de votre sincérité et de votre engagement pour les LGBT. Que comptez-vous faire, pour nous prouver enfin que les LGBT sont, à vos yeux, plus qu’une simple réserve de voix ? Vous semblez en effet croire – à tort – que nos voix vous sont acquises d’emblée. Je vous donnerai la mienne avec plaisir, mais je vous prie, auparavant, de vous en montrer digne.

Discriminations | Education | Homophobie | International | 07.02.2012 - 10 h 18 | 14 COMMENTAIRES
Encore un suicide d’ado suite à du harcèlement homophobe.

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Fin janvier 2012, un nouvel ado s’est suicidé aux USA, après avoir enduré au collège un harcèlement homophobe incessant.

Le petit Raphael Morelos, 14 ans, n’a pas supporté le harcèlement dont il était victime, aussi bien en classe que sur internet.

Il en avait parlé à plusieurs de ses amies, et son école était au courant – mais sans résultat.

Raphael s’est pendu dans la nuit du 29 janvier. Près d’une centaine d’enfants ont confirmé que Raphael était harcelé. Sa mère, qui savait qu’il était homo, a découvert trop tard ce problème de harcèlement, et n’a rien pu faire. Interrogée par les médias, elle a déclaré que son fils « avait parfois l’air fort, mais en réalité, intérieurement, il mourait peu à peu ».

Le nom du pauvre Raphael vient s’ajouter à une liste déjà longue, beaucoup trop longue, d’adolescents harcelés pour leur homosexualité, et poussés au suicide par leurs camarades.

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