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C’était il y a un an : les incroyables confidences de Philippe de Villiers

23 décembre 2011

On en a peu parlé, et pourtant ces quelques phrases prononcées l'année dernière, jour pour jour, ont été un coup de tonnerre dans le camp catholique et conservateur. La volonté d'empêcher toute diffusion trop large de ces propos semble avoir fonctionné puisque, encore aujourd'hui, peu de Français connaissent les faits. En effet, combien, parmi nous, savent que Philippe de Villiers a fait ces déclarations très étonnantes, qui ont été publiées le 23 décembre 2010 dans le magazine Le Point, puis reprises, entre autres, par le journal France Soir ?

Il est de notoriété publique que Philippe de Villiers a été fort malade, mais ce n'est pas là un point qui prête à polémique. L'homme politique est d'ailleurs guéri depuis plus d'un an, et ne souffre plus, selon toute apparence, de problèmes de santé physique. Tout le monde sait également que les fils de Villiers se sont livrés une terrible guerre juridique, Laurent de Villiers accusant son frère Guillaume de l'avoir violé durant son adolescence. Guillaume a toujours nié formellement tout crime de cet ordre, et a bénéficié d'un non-lieu. Mais cette affaire n'en finit pas de rebondir : Laurent a publié un livre aux éditions Flammarion pour livrer sa version de son histoire, et le non-lieu dont bénéficiait Guillaume... a été levé par la Cour de cassation, ce qui relance tout le procès. Mais les déclarations les plus étonnantes sont aussi les moins connues, et ne portent pas sur ces faits.

C'est à la journaliste Anna Cabana que le vicomte Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon a choisi de se confier en décembre 2010. La jeune femme semble avoir elle-même du mal à croire aux phrases qu'elle rapporte, et elle les explique en partie par "le chagrin" que ressent alors Philippe de Villiers.

Voici donc ce que déclare celui qui est, encore aujourd'hui, connu dans toute la France pour être le représentant du catholicisme en politique :

« Je n'en peux plus de ces trucs de cathos ! La religion c'est une maladie ! »

Et il ajoute :

« Je ne suis pas croyant ».

S'agit-il là de fausses déclarations ? d'un hoax ? de propos inventés de toutes pièces par une affabulatrice en manque de reconnaissance ? La journaliste qui a recueilli ces confidences jouit pourtant d'une excellente réputation : grand reporter durant une dizaine d'années pour les magazines Marianne puis Le Point, Anna Cabana est aussi la biographe talentueuse et reconnue de Dominique de Villepin et d'Alain Juppé. Sa parole ne peut pas plus être remise en cause que celles d'Albert Londres, Louise Weiss ou Florence Aubenas. L'authenticité de ces trois phrases, publiées depuis un an dans son reportage "La tragédie du dernier roi de Vendée", n'a d'ailleurs été contestée ni par les soutiens de Philippe de Villiers, ni par Philippe de Villiers lui-même.

Alors, qu'en conclure ? Que Philippe de Villiers a abjuré sa foi catholique ? Qu'il s'est rendu aux lumières de la raison ? Qu'il est devenu mystique ? Une chose est claire : celui qui était connu pour ses "convictions religieuses" et suscitait pour cela l'admiration de "bon nombre de catholiques de droite" n'est plus le même homme aujourd'hui. Les difficultés qui se sont accumulées l'ont sans doute fait évoluer. Pour exprimer son désarroi, il déclare : "Je suis comme les juifs devant la Shoah : je ne comprends pas le silence de Dieu." Si Philippe de Villiers prend clairement ses distances avec la religion, il faut espérer qu'il ait commencé à distinguer les excès, les intolérances et les méfaits auxquelles elle peut conduire.

De 1993 à 2006, Philippe de Villiers s'est battu de toute ses forces contre les LGBT. Parmi un nombre incalculable de propos anti-LGBT et de discours haineux, il a notamment déclaré, en 1999 : "Le Pacs, c'est le retour à la barbarie. [...] Vous touchez là aux fondements de la société ! Mais un jour les victimes se lèveront et se tourneront vers vous." En 2006, il ajoutait : "Il faut faire en sorte que les jeunes gens de notre pays ne considèrent pas l’homosexualité comme tout aussi naturelle que l’hétérosexualité."

Dans son article, Anna Cabana remarque : "Cet énarque qui a appris à cracher du feu, jadis, pour un de ses spectacles, ne crache plus que du chagrin". Et l'on ne peut manquer d'ajouter : cessera-t-il désormais de cracher... sur les droits des LGBT ?

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10 Commentaires sur “C’était il y a un an : les incroyables confidences de Philippe de Villiers”

  1. surprenant en effet. en même temps, ses déclarations sur l’homosexualité faisant référence aux « fondements de la société » et à un ordre « naturel » ne sont pas directement liées au religieux donc faut pas trop rêver à revirement de ce côté (à moins d’une prise de conscience par exemple liée au parcours de l’un de ses proches).

    il ne faut pas oublier que si la religion peut entretenir l’homophobie, elle n’est aussi souvent qu’un prétexte pour justifier une pulsion plus primaire. pour preuve ces religieux qui citent volontiers les passages du Lévitique condamnant l’homosexualité en ignorant allégrement la longue liste des autres interdits qui les côtoient.

  2. J’ajoute, au cas où cela serait nécessaire, qu’on peut être homophobe sans être croyant, et qu’on peut être croyant sans être homophobe.

    Mais pour des politiques comme de Villiers et Boutin, la religion et le rejet des LGBT sont très liés. Lors des débats où de Villiers crachait sa bile, Boutin paraissait à l’Assemblée avec la Bible à la main : ce n’est pas innocent.

  3. [...] Lire la suite. [...]

  4. En fait il me fait plus pitié qu’autre chose.

  5. +1 @mike

  6. Tout le drame s’est dénoué un dimanche matin sur France Inter, il y a cinq ans, à l’approche des élections présidentielles lors de l’émission matinale de Roland Mihaïl. C’était horriblement violent ! De Villiers était violent à l’extrême.

    Ce matin-là, De Villiers expose son programme anti-euro face à Roland Mihaïl. Soudain, Pierre Weill, l’animateur de l’émission, interroge De Villiers à propos de la mise en examen de son fils… Et là De Villiers part dans tous les sens, en vrille… Il menace « physiquement » Weill. En gros il lui promet de l’acccrocher à un croc de boucher mais en vrai ! Si De Villiers est élu Président, on ne donne pas cher de la peau du journaliste, au sens propre !

    Tout cela a suscité un émoi sans précédent chez les auditeurs qui mailent leur soutien à Pierre Weill au point que c’est le Médiateur de France Inter qui, la semaine suivante, est obligé d’intervenir et de commenter l’incident.

    Franchement, je n’ai jamais entendu à la radio une attaque comme celle de De Villiers à l’encontre de Pierre Weill, d’un politique à l’encontre d’un journaliste. C’était possible dans la presse des années 30 sans doute. En tout cas, Weill avait mis, il y a cinq ans, le doigt où ça fait mal. Et finalement, je pense que ça a mis un terme à la carrière politique nationale de De Villiers.

    L’enregistrement est accessible sur le portail professionnel de France Inter avec identifiant et mot de passe.

    http://www.radiofrance.fr/listen.php?pnm=pnm://son.radio-france.fr/chaines/france-inter/chroniques2/linvitede/mihail20061210.rm

  7. « Je suis comme les juifs devant la Shoah : je ne comprends pas le silence de Dieu. »

    Cette phrase attribuée à De Villiers dans l’article ci-dessus donne un peu la tonalité de l’erreur politique et historique magistrale que De Villiers a commise ce matin-là, sur France Inter, il y a cinq ans et qu’il reconnaît désormais, semble-t-il, quatre ans plus tard. Car ce qui était en jeu ce matin-là, c’était bien sûr le silence qui entoure les faits d’inceste hétéro comme homo qui se déroulent essentiellement dans le cercle familial ou proximal. Mais c’était aussi, dans le ton et le sens, un discours purement antisémite qui n’avait rien à envier au « détail » de Le Pen.

    Un autre débat concerne Boutin sur le fil d’infos de YAGG. Je crois que les prises de conscience de De Villiers ou de Boutin qui soutient désormais Le Refuge sont symboliquement bien plus importantes que toute autre, notamment celle des apparatchiks socialistes qui jouent aujourd’hui les convaincus de la cause LGBT, ce qui a été loin d’être la cas pour peu qu’on analyse l’Histoire contemporaine française un peu sérieusement. Il y a comme un air d’apocalypse dans tout cela. Non pas au sens d’une catastrophe à la sauce hollywoodienne. Mais bien au sens d’une révélation et de l’annonce d’un nouveau monde, ce qui est le sens étymologique et religieux du mot « apocalypse ». Et quand on veut changer le monde, ce sont d’abord ceux qui sont les plus éloignés de ce nouveau monde qui doivent être convaincus et pas ceux qui y croient ou feignent d’y croire.

  8. Actuellement, comme ailleurs dans le monde, en France, une liste des dizaines de milliers de victimes de prêtres ou assimilés, pédophiles, est en cours de constitution jusqu’à plus de 50 ans en arrière. On sait qu’il demeure entre deux et trois centaines de religieux de l’Eglise catholique française encore vivants, connus des services de police, de gendarmerie ou de justice pour agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans.

  9. babar

    ils sont bien plus nombreux et à la différence du pauvre type de la creuse ou de la mayenne, on ne fait rien contre eux et le pape ne dit rien ou presque.

    Misère

  10. babar

    vous faites partie de la famille des naïfs ?

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