4297 novembre | 2011 | E.D.H. – Egalité des Droits Homos/hétéros

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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
International | Religion | VIH | 26.11.2011 - 21 h 44 | 6 COMMENTAIRES
Au Royaume-Uni, des églises évangéliques laissent mourir six personnes du VIH

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Scandale au Royaume-Uni, révélé par Sky News : les églises évangéliques de Londres, Manchester, Birmingham et Glasgow ont laissé mourir des adeptes atteints du VIH, en leur disant d’arrêter tout traitement médical.

Au moins six adeptes de la religion évangélique ont été convaincus par leurs pasteurs britanniques d’arrêter tout traitement médical contre le VIH. Pour soigner leurs fidèles, ces pasteurs se sont en effet livrés à des pratiques d’exorcisme censées faire disparaître la maladie. Comment ces pasteurs ont-ils pu faire croire à des malades qu’ils allaient les guérir, et qu’il leur fallait arrêter leur traitement médical ?

La méthode est simple : pour guérir du VIH et de toute autre maladie, il faut amener un certificat du médecin pour prouver sa maladie, et expliquer son mal devant le pasteur et les autres fidèles désireux d’être soignés. Puis les pasteurs présents hurlent sur le malade pour faire fuir le diable, et jettent de l’eau à la figure du malade pour le purifier. L’adepte étant guéri grâce à ce traitement à base de paroles et d’eau froide, il lui est, selon les pasteurs, totalement inutile voire nuisible de continuer à prendre le traitement prescrit par le médecin.

Pour vérifier ces faits, trois reporters de Sky News se sont rendus à Southwark, au sud de Londres, dans la SCOAN (Synagogue Church of All Nations). La pasteur Rachel Holmes leur a ainsi confié que ce traitement religieux avait un taux de réussite de 100%. Pour ceux qui, après ce traitement, ont encore des symptômes tels que des vomissements ou des diarrhées, Rachel Holmes est rassurante : c’est la preuve que le démon quitte le corps du malade et que la guérison est en bonne voie.

Le chiffre d’au moins six victimes est avancé par des professionnels de la santé, et un membre de cette religion témoigne : « Le pasteur m’a dit que j’étais guéri. Tu dois arrêter de prendre ces médicaments. Je prierai pour toi. Une fois que Dieu t’aura pardonné, la maladie disparaîtra. » Suite à ces instructions, Emmanuel a passé un an sans prendre ses médicaments. Il pense que, dans ce laps de temps, il a transmis le VIH à son compagnon.

Sur son site, la Synagogue Church of All Nations vend l’eau miraculeuse qui est utilisée pendant le rituel d’exorcisme. Présente dans le monde entier, elle se porte bien grâce aux dons de ses fidèles et à ses ventes (livres, CD, DVD, eau magique…). Quand on voit l’état du système de santé en Grande-Bretagne et dans d’autres pays du monde, on se dit qu’il semble malheureusement beaucoup plus lucratif de vendre la mort en bouteilles et en paroles au nom d’une église, que de lutter pour sauver des vies dans un hôpital.

Dans un communiqué, l’église tient à préciser : « Il n’existe aucune maladie que Dieu ne puisse guérir. […] A sa puissance, rien n’est impossible. […] Mais il faut avoir un désir sincère lorsque l’on vient à Dieu. Or, seul Dieu sait si l’on vient à lui avec un vrai désir. Seul Dieu peut le déterminer. C’est pourquoi, si des malades viennent nous trouver au nom de Dieu, nous prions pour eux. Le résultat de la prière détermine ensuite s’ils sont venus sincèrement ou non. »

Famille | France | Politique | UMP | 26.11.2011 - 15 h 46 | 1 COMMENTAIRES
Marie-Anne Montchamp ministre de la Famille !

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Marc-Philippe Daubresse est secrétaire général adjoint de l’UMP. Député du Nord, c’est lui qui a introduit la « Convention nationale sur le courage », tenue par l’UMP à Lambersart le 22 novembre 2011.

On le dit plutôt effacé derrière le chef de file de l’UMP, Jean-François Copé. Pourtant, il s’est laissé emporter par une fougue assez impressionnante en présentant les différentes personnalités du gouvernement et de l’UMP qui étaient venus assister à cette convention nationale.

Passons sur les qualificatifs plutôt élogieux qu’il a choisis pour présenter certains de ses amis, qui feraient rire s’ils étaient utilisés aux Guignols de l’Info ou au début des Grosses Têtes, lors de la présentation des invités. Daubresse lance en effet d’abord un tonitruant « Ca va ? », digne du Juste Prix des années Risoli, puis il enchaîne sur la liste des présents. Parmi eux : Eric Woerth, « le courageux ministre qui a sauvé les retraites » (!), Hervé Novelli, « le ministre qui a fait énormément pour les PME » (!), et Valérie Rosso-Debord, dont il a apparemment oublié le titre puisqu’elle n’est gratifiée que d’un court silence après son nom, avant que Daubresse passe à l’invité suivant.

Mais la surprise est grande lorsqu’il annonce fièrement, en tant que secrétaire général adjoint de l’UMP  : « Marie-Anne Montchamp, ministre de la Famille  » ! C’est un scoop ! Madame Claude Greff est-elle donc à ce point invisible et inopérante, pour que même le secrétaire général adjoint de son propre parti ne sache ni ce qu’elle fait au gouvernement UMP, ni même qui elle est ?

Claude Greff peut se rassurer : elle n’est pas la seule invisible et inutile à l’UMP puisque, dans la même foulée, Marc-Philippe Daubresse a nommé Camille Bedin « secrétaire nationale à la politique de la ville », alors qu’il s’agit de la fonction de Philippe Cochet. On se doute que ce dernier a dû apprécier la bévue à sa juste valeur. Camille Bedin, elle, est en réalité chargée de l’égalité des chances au sein de l’UMP : elle intervient généralement, dans ce cadre, sur les questions d’éducation.

Bref, lorsqu’on voit la valeur d’un secrétaire national à l’UMP, dont même le secrétaire général adjoint ne sait pas à quoi ils servent, on se dit que le parti n’a rien à craindre lorsque six d’entre eux écrivent une petite lettre en faveur du mariage LGBT. Quant à Claude Greff, la voilà punie pour son ignorance à l’égard des familles homoparentales : son existence à elle est aujourd’hui ignorée par les grands responsables de son propre parti…

Associations | Gay Pride | Homophobie | International | Politique | 18.11.2011 - 11 h 55 | 13 COMMENTAIRES
Saint-Pétersbourg : une loi pour interdire l’expression de tout propos positif sur les LGBT.

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La ville de Saint-Pétersbourg, dont le Parlement local est dirigé par le parti « Russie Unie », s’apprête à interdire l’expression de tout propos positif au sujet des LGBT. Dans le projet qui sera voté ce week-end, il s’agit d’interdire la valorisation des quatre sujets suivants, tous mis dans le même panier : « la sodomie, le lesbianisme, la prostitution et la pédophilie ». Parler de ces sujets en termes positifs menacerait gravement la société, et reviendrait à faire « une propagande » intolérable aux yeux du parlement de Saint-Pétersbourg.

L’idée avait déjà été émise en 2009 par la Seimas, le parlement en Lituanie, avant d’être combattue par les organisations LGBT, le parlement européen, et la présidente lituanienne elle-même. Elle avait finalement débouché sur un projet de loi plus modéré, interdisant la promotion de la pornographie devant les mineurs, dans l’espace public.

Mais les choses risquent d’être fort différentes à Saint-Pétersbourg. Des amendes conséquentes sont prévues par cette loi en cas d’infraction : 3000 à 5000 roubles pour les particuliers, 50 000 roubles pour les organisations. La mise sur le même plan des LGBT, des prostitués et des pédophiles est bien sûr lourde de sens : il s’agit là clairement d’une condamnation légale et juridique, mais aussi d’une condamnation morale officielle des LGBT. De plus, toute défense des droits LGBT sera considérée comme une propagande illégale.

Malgré les protestations des organisations LGBT, le projet a déjà été adopté par l’assemblée locale en première lecture :  deux lectures sont encore nécessaires pour que ce projet de loi soit définitivement adopté. Ce texte vise bien sûr également à interdire de fait toute Gay Pride et même toute association LGBT dans la ville pour les années à venir. L’avenir des LGBT à Saint-Pétersbourg semble décidément bien noir.

Enfin, le risque est grand que cette proposition de loi, une fois adoptée à l’échelon local, soit étendue au niveau national. Cela est d’autant plus clair que l’interdiction de la « propagande homosexuelle » est déjà appliquée dans deux régions russes : Ryazan et Arkhangelsk. L’homophobie déjà largement présente en Russie ne sera donc plus seulement larvée : elle sera désormais officielle.

Mise à jour : L’application prochaine de cette loi au niveau fédéral fait de moins en moins de doute. Favorable à cette loi, la porte-parole du Conseil fédéral Valentina Matvienko a déclaré qu’il fallait protéger les mineurs contre « tout ce qui détruit un enfant ». Les députés de la législature actuelle ne voteront pas cette loi, car ils ne sont plus en poste que pour six semaines. Mais ils sont nombreux à soutenir l’application de ce projet de loi à toute la Russie, à l’instar d’Ekaterina Lahova ou Nina Ostanina : la première trouve ainsi que la menace d’une amende est encore trop faible et qu’il faudrait alourdir la sanction encourue ; la seconde s’indigne face au danger que représente « la propagande homosexuelle ». A Saint-Pétersbourg, une conseillère est allée  jusqu’à proposer d’interdire le Rainbow Flag, ce drapeau arc-en-ciel qui symbolise la paix, et qui est devenue le symbole des LGBT.

Une pétition vient d’être lancée sur le net pour s’opposer à ce projet. Elle s’adresse à Vadim Tulpanov, de l’Assemblée législative de Saint-Pétersbourg, Georgy Poltavchenko, gouverneur de Saint-Pétersbourg, Alexei Kozyrev et Vladimir Lukin, représentants des droits de l’homme respectivement à Saint-Pétersbourg et dans la Fédération de Russie.

France | Mariage | Politique | 17.11.2011 - 01 h 20 | 1 COMMENTAIRES
Equipe de campagne de François Hollande : la douche froide pour les LGBT ?

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François Hollande a révélé son équipe de campagne aujourd’hui.

Dans l’armée mexicaine qui l’entoure, emplie de « conseillers spéciaux », « conseillers politiques », « mandataires », « porte-parole » et autres « représentants particuliers », tous les domaines importants de la société civile sont représentés. Qu’on en juge : l’éducation sera traitée par le philosophe Vincent Peillon, l’Europe sera le domaine de Catherine Trautmann, ancienne maire de Strasbourg, le juriste André Vallini s’occupera de la justice et l’expert Jérôme Cahuzac continuera d’arpenter les plateaux TV pour être le « Monsieur Budget et Economie » de François Hollande.

Parce qu’une campagne se joue également sur la maîtrise de sujets pointus, d’autres domaines, qui semblent plus restreints, ont également toute leur place au sein de cette équipe de campagne : ainsi les Français de l’étranger, particulièrement choyés depuis quelque temps par la droite comme par la gauche, seront représentés par la sénatrice Claudine Lepage (à ne pas confondre avec la Corinne du même nom !), l’économie numérique ne relèvera pas de l’autorité de Jérôme Cahuzac mais sera du ressort de Fleur Pellerin, l’économie sociale et solidaire sera défendue par Thierry Jeantet, et Valérie Fourneyron s’occupera tout spécialement du sport. Eh oui : un futur Président, ça pense à tout.

Tout ? La liste des membres de l’équipe de François Hollande et de leurs attributions permettra-t-elle à cette Dream Team de répondre aux problèmes des Français ? Les impôts seront traités par Cahuzac, le chômage sera l’objet des réflexions d’Alain Vidalies, l’énergie sera le problème de Marie-Hélène Aubert… Mais… qui s’occupera des problèmes des LGBT ? Est-ce Yves Krattinger, délégué à la ruralité ? Est-ce Thierry Repentin, qui s’occupera de la politique de la ville ?

Pour les LGBT, c’est George Pau-Langevin qui a été choisie. Comment, me direz-vous, il y a donc dans l’équipe de campagne de François Hollande quelqu’un qui s’occupera spécifiquement des LGBT ? Allons, allons, pas de naïveté : George Pau-Langevin s’occupera des « questions sociétales ». C’est-à-dire, pour faire bref, qu’elle sera responsable des questions liées aux dons d’organes, à l’euthanasie, aux salles de shoot, aux AMAP, à la dépénalisation du cannabis, à l’aide aux mères isolées, aux ventes de pétards et artifices, au tourisme vert, aux intermittents du spectacle et à l’accessibilité des lieux publics pour les personnes handicapées.

La préposée aux questions sociétales trouvera-t-elle un peu de temps libre, au milieu de tous ces sujets, pour s’intéresser à la discrimination des LGBT, aux couples LGBT et à leurs familles ? Quand bien même ce serait le cas – ce dont on peut légitimement douter, à moins qu’elle ne ferme pas l’oeil de la nuit -, il est absolument peu certain que George Pau-Langevin consacre une seule minute aux LGBT. D’abord parce qu’elle n’a manifestement pas montré elle-même de grand intérêt pour ce sujet: : elle ne s’est quasiment jamais exprimée, ni récemment, ni depuis plusieurs années, à propos des LGBT. Son seul fait d’honneur a été de confirmer, suite aux révélations de Bruno Le Roux il y a quelques mois, que Brigitte Barèges a bien comparé les homos aux animaux.

Mais ce qui est plus grave, c’est que la rare fois où George Pau-Langevin s’est exprimée au sujet des LGBT, c’était en 2008 (ça ne nous rajeunit pas…), et voilà ce qu’elle en disait : « Pour ma part, je considère que l’ouverture du mariage aux personnes de même sexe sera difficile, en raison d’un attachement à la fonction traditionnelle du mariage chez les français. » Oui, Madame Pau-Langevin, qui va s’occuper à elle toute seule du mariage LGBT, de la burka, du déclassement, des conflits de génération, de la prostitution, des droits des enfants, de la lutte contre le suicide, et du développement des associations loi 1901, disait en 2008, au mépris le plus total des sondages déjà existants à l’époque, que « les Français » sont attachés « à la fonction traditionnelle du mariage », et qu’il s’agit donc d’une mesure qu’il sera « difficile » de faire appliquer. On se rappelle que cette opinion est justement partagée par François Hollande lui-même, qui avait dit, au sujet du mariage LGBT et de l’adoption : «Attention, ce ne sera pas si simple de faire passer ces textes».

Pour en rajouter une couche dans l’horreur, il semble que Madame Pau-Langevin apprécie les propos de Mme Agacinski, qui, rappelons-le, est entre autres farouchement opposée au mariage LGBT. Une page complète du site de Mme Paul-Langevin est consacrée au compte rendu d’une intervention de Sylviane Agacinski. En voici la conclusion, qui vous rappelle sûrement des propos bien célèbres depuis 1999 : « Devant des questions nouvelles ou complexes, il importe toujours de se référer aux principes essentiels fondant notre civilisation. » Cette phrase, extraite d’un discours de Sylviane Agacinski sur la gestation pour autrui, et retranscrite sur le site de George Paul-Langevin, prend tout son sens lorsque l’on sait que la différence fondamentale dans l’espèce humaine et dans nos civilisations est, selon Sylviane Agacinski, la différence des sexes.

George Pau-Langevin s’intéresse-t-elle aux LGBT ? La réponse est objectivement « non » si l’on s’en tient à de rapides recherches internet. Si ce thème lui tient à coeur, elle le cache bien ! Selon toute apparence, elle s’intéresse en revanche à la prostitution, et se prononce plutôt en faveur de sa pénalisation, en rendant compte du rapport Bousquet/Geoffroy sans contradiction aucune.

Il reste un peu d’espoir malgré tout : l’équipe de campagne de François Hollande devrait être étoffée dans les jours à venir. Y aura-t-il une personne sérieuse pour s’occuper à plein temps des problèmes rencontrés par les LGBT (don du sang, couples, familles…), alors même que le candidat, qui se prétend convaincu par la nécessité de faire évoluer les choses, a dit lui-même que ce serait « difficile » ? Monsieur Hollande, pour régler un problème « difficile », il ne faut pas une néophyte chargée de régler tous les problèmes en même temps, fussent-ils réunis sous le terme plus élégant de « questions sociétales ». Pour régler un problème que l’on trouve « difficile », il faut une personne compétente, spécialiste du sujet, et chargée d’étudier cette question de manière spécifique. Un tel profil doit bien se trouver au P.S., n’est-ce pas ? Ce sera l’occasion d’étoffer votre équipe, et de « décharger » un peu George Paul-Langevin de la somme de travail qui l’attend déjà…

France | Histoire | Mariage | Medias | 15.11.2011 - 23 h 26 | 0 COMMENTAIRES
[Télévision] « Ca va, ça vient » sur LCP : très bonne émission sur « Homosexualité et politique ».

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La chaîne LCP offre un très bon retour sur l’histoire des liens entre homosexualité et politique depuis les 30 dernières années.

L’émission diffuse des images d’archives devenues célèbres : discours de Robert  Badinter, harangues de Christine Boutin, mariage de Bègles… Sont interviewés, tour à tour : Jean-Paul Cluzel, Robert Badinter, Caroline Fourest, Chantal Jouanno et Jean-Luc Roméro.

L’émission, animée par Céline Bittner, est très stimulante, même si la partie concernant l’homoparentalité aurait dû être beaucoup plus approfondie. En effet, le traitement de cette partie se limite à une interview de… Chantal Jouanno, sans que personne ne lui apporte la moindre contradiction… J’ai beau essayer de comprendre : je ne comprends pas quelle légitimité a cette sénatrice pour être la seule à s’exprimer sur cette question !

On apprend, au passage, qu’il y a environ trente députés et sénateurs qui sont LGBT… alors qu’aucun d’eux n’a jamais voulu faire son coming out. Pour cacher leur homosexualité, 15 d’entre eux sont même encore mariés avec une femme.

Education | France | Homoparentalité | Politique | 14.11.2011 - 19 h 48 | 1 COMMENTAIRES
La famille homoparentale sera-t-elle bientôt rayée des programmes de Terminale Littéraire ?

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Les très influentes Associations Familiales Catholiques ne décolèrent pas : elles exigent d’être reçues dans les plus brefs délais par Luc Chatel, ministre de l’Education nationale. Elles réclament également une réécriture immédiate du Bulletin Officiel paru le 13 octobre 2011.

Pourquoi tant d’emportement ? Parce que le thème des familles homoparentales a été introduit dans l’une des matières (optionnelles !) étudiées en Terminale Littéraires. Il n’en faut pas moins à la CNAFC pour ressentir une « vive inquiétude », et exprimer ses doutes quant au respect d’un principe fondamental : « la neutralité du service public d’éducation ». Elle exige donc que, pour faire honneur à la mission de neutralité de l’école, les professeurs enseignent désormais que « les différentes formes de vie de famille n’ont pas toutes les mêmes conséquences, aussi bien pour les personnes que pour la société » ! Comprenne qui pourra : cela signifie en tout cas qu’il faudrait enseigner que la famille hétéro est supérieure à la famille homo…

On aurait tort de prendre ces appels à la légère : les AFC sont des associations puissantes, qui bénéficient d’importants moyens financiers, et qui ont une influence considérable sur l’électorat de droite. Elles sont fréquemment reçues par les ministres en personne (Chatel, Greff…)  et se targuent de pouvoir orienter de manière directe et explicite les décisions ministérielles.

Plus grave encore : Les députés de la Droite populaire vont bientôt intervenir pour s’opposer aux mentions du genre et de l’homoparentalité dans les programmes et manuels scolaires. La « Fondation de service politique », un service de droite extrême, et des députés de la droite populaire comme Xavier Breton se déclarent d’ores et déjà résolus à lutter contre l’enseignement de ces réalités. Le lobbying politique et associatif promet donc d’être intense pour faire plier le ministère de l’Education nationale, et l’amener à retirer du programme la question des familles homoparentales au programme de Terminale Littéraire.

Alors que Luc Chatel vient de se déclarer favorable à l’instauration très progressive d’un mariage homosexuel par étapes, le divorce va-t-il se consommer entre l’aile droitière de l’UMP et ses courants plus sociaux et libéraux ?

France | Mariage | Medias | Politique | 14.11.2011 - 00 h 26 | 24 COMMENTAIRES
Luc Chatel est désormais favorable au mariage pour les LGBT… mais par étapes !

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C’est sur RTL qu’on a pu l’apprendre ce dimanche 13 novembre, peu avant 20h : Luc Chatel, l’un des ministres préférés de Nicolas Sarkozy, et ancien porte-parole des premiers gouvernements Fillon, se dit désormais (presque) favorable au mariage homosexuel !

Cette figure emblématique du mouvement « La droite libérale » au sein de l’UMP, qui a conduit sa carrière politique dans l’ombre de Gérard Longuet et d’Hervé Novelli, a déclaré, en réponse à une question de Jean-Michel Apathie :

« Le mariage homosexuel est un sujet très difficile et compliqué. Je vais vous dire : j’étais très opposé au mariage homosexuel. Je pense que mon avis évolue sans doute avec la société française. Alors, quand je vous dis ça, je ne vais pas vous dire que je suis pour aujourd’hui. »

Il est alors interrompu par Jean-Michel Apathie, qui lui demande : « Mais vous n’êtes plus contre ? ». Il reprend sa réponse :

« Oui. Je pense que la société évolue, et je pense qu’il faudra sans doute des étapes. Et d’ailleurs, les étapes, c’est sûrement pas ce qu’il s’est passé ce week-end dans une mairie. Le contrat d’union civile, que Nicolas Sarkozy avait proposé, je pense par exemple que c’est une étape intéressante. Donc voilà : c’est un sujet trop compliqué pour être là aussi pour ou contre, comme cela. Mon opinion évolue, je l’assume. On parlait tout à l’heure du doute : il faut savoir évoluer dans ses convictions. Il faut savoir voir la société évoluer. »

La voie moyenne choisie par l’UMP pour plaire à son électorat traditionnel, sans se mettre à dos les LGBT et la majorité de Français favorables au mariage pour les LGBT, est donc la suivante : le mariage homo, pourquoi pas… mais par étapes ! Le cheminement de Luc Chatel est comparable à celui de Christian Estrosi, qui, de farouche opposant au Pacs, est devenu favorable à une union civile entre LGBT similaire au mariage.

Rappelons que, cette année, 9 députés UMP ont voté pour le mariage des LGBT : Jean-Louis Borloo, Jacqueline Farreyrol, Alain Ferry, Laurent Hénart, Yves Jego, Jean-François Mancel, Henriette Martinez, Axel Poniatowski et Franck Riester. Mais 269… ont voté contre.

En ce qui concerne Luc Chatel, certains penseront sans doute : mieux vaut tard que jamais. Faut-il cependant rappeler que, depuis 2002, il y a des homos et des lesbiennes qui sont morts, et qui n’auront jamais eu le droit de se marier ni d’adopter ? Pendant qu’ils réclamaient leurs droits, M. Chatel et les siens réfléchissaient, et prenaient patiemment le temps de « voir la société évoluer ». Mais pour tenir compte des évolutions de la société, M. Chatel, il faut aussi écouter parfois ceux qui la constituent, et entendre les raisons de leurs revendications, surtout lorsqu’ils demandent simplement à bénéficier des mêmes droits que leurs concitoyens. L’attribution de ces droits constitue-t-elle vraiment pour vous un sujet « très difficile et compliqué », qui nécessiterait une réalisation par étapes…?

Evidemment, ces déclarations risquent d’altérer un peu plus les relations entre Luc Chatel et Christine Boutin, qui avait critiqué le « revirement incroyable » de Luc Chatel sur le pass Contraception, et qui déclarait il y a peu : « Je ne comprends pas, je suis stupéfaite. M. Chatel a déjà fait installer le « gender », maintenant c’est la famille homoparentale, c’est inacceptable ». Alors, Luc Chatel est-il un homme intelligent et sensible aux problématiques LGBT ? Peut-être… mais par très, très longues étapes !

Non classé | 06.11.2011 - 01 h 11 | 2 COMMENTAIRES
[Agenda] 12 novembre 2011 : films et débats sur les thématiques LGBT à Saint-Ouen, toute la journée !

http://www.espace-1789.com/cinema.php?id=787

LIBERTÉS ÉGALITÉS HOMOSEXUALITÉS

Une journée de cinéma contre l’homophobie

À l’initiative de  SIDA : Fonds pour la mémoire.

Samedi 12 novembre
Entrée libre toute la journée

10h30 : projections

DEUX FRÈRES

De John Gabriel Biggs, l’INPES et le ministère de la Santé

(9 min)

Violence et discrimination dans la vie quotidienne.

CUCHILLO DE PALO

De Renate Costa (1h31)

Chasse et discrimination des homosexuels sous la dictature dans le Paraguay des années 80.

12h : table ronde

avec Graciela Cattaneo, psychologue et vice-présidente de AIDES et Louis Georges Tin, président de l’IDAHO (International Day Against Homophobia).

13h: buffet

14h30 > 17h : Projections

SÉANCE FAMILIALE

De Cheng-Chui Kuo (28 min)

L’annonce de l’homosexualité dans une famille taïwanaise

OMAR

De l’INPES et du ministère de la Santé (9 min)

Vivre son homosexualité dans sa cité.

SORTIR DU NKUTA

De Céline Metzger (52 min)

Portrait de maître Alice Nkom, défenseur des droits des homosexuels au Cameroun.

17h > 18h : Table ronde

avec maître Alice Knom, avocate au barreau du Cameroun et Stéphane Maliedji, militant d’Alternatives Cameroun et volontaire à AIDES.

18h > 19h : apéro cubain en musique

20h > 21h30 : projection

WE WERE HERE (1h30)

Construction de la lutte contre le sida à San Francisco dans la communauté gay

21h30 > 22h30 : Table ronde

avec le professeur Willy Rozenbaum, co-découvreur du virus VIH, président depuis 2003 du conseil national du SIDA et Bruno Spire, président de AIDES, médecin et responsable d’une équipe de recherche en sciences sociales sur le S.I.D.A.

Homophobie | International | Medias | Politique | Religion | 02.11.2011 - 09 h 19 | 7 COMMENTAIRES
Robert Badinter s’engage contre l’homophobie au Cameroun

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Robert Badinter soutient le combat de l’avocate Alice N’kom, qui milite depuis longtemps pour les droits LGBT au Cameroun. Au sujet de la répression des LGBT en Afrique, il déclare : « il y a là une espèce de tyrannie, qui retrouve sa source dans d’anciens comportements, qui est tout à fait injustifiable. »

Il appelle à « un mouvement d’opinion profond » pour mettre fin à la « résignation » qui règne depuis trop longtemps à ce sujet. Il considère en effet que le combat pour les droits LGBT est aujourd’hui l’un des combats les plus importants pour les droits humains.  Se refusant à se lancer dans des analyses d’ethnologue ou d’anthropologue, il esquisse toutefois quelques explications à l’ampleur de l’homophobie en Afrique : « Vous retrouvez là, enracinés, des préjugés, religieux souvent, très lointains et incompatibles avec ce qu’est la philosophie et l’éthique des droits de l’homme. »

Pour lui, « la libre disposition de son corps » est un principe intangible, qui doit être respecté en Afrique. Il rappelle que l’application de ce principe n’est pas allée de soi dans les pays européens, ce qui rend d’autant plus nécessaire le combat pour amener à le faire respecter en Afrique. On est ému par son évocation des années 80, où l’opinion publique, en pleine épidémie du Sida, découvre que la représentation des homosexuels qu’elle avait jusque-là était fausse et « fallacieuse ». Alors que l’épidémie de Sida sévit toujours en Afrique, et que la prévention à destination des homosexuels pâtit toujours de leur persécution, Robert Badinter s’emporte : « Vous êtes stupéfié, révolté, par l’inhumanité qu’engendrent ces comportements homophobes ».

Il rappelle que l’homophobie est un phénomène malheureusement universel, et qu’elle doit être combattue pour les horreurs et les injustices qu’elle amène à commettre : « Les groupes de chasseurs d’homos on les connaît, on les a vus à l’œuvre dans toutes les sociétés. C’est un des aspects noirs de l’espèce humaine ces comportements homophobes, comme toutes les discriminations, toutes les haines raciales ou religieuses. »

Merci à vous, Maître Badinter.

Education | France | Homoparentalité | Homophobie | Medias | Politique | 01.11.2011 - 22 h 38 | 1 COMMENTAIRES
Christine Boutin : « Nous sommes dans une guerre mondiale sur le plan de la morale. »

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Panique à bord dans le camp de Christine Boutin : interrogée par BFM-TV sur l’intégration des familles homoparentales au programme de « Droit et Grands Enjeux du Monde Contemporain » des Terminales Littéraires, Christine Boutin bafouille, s’emporte, et finit par déclarer : « Nous sommes dans une guerre mondiale sur le plan de la morale. »

Répétant qu’elle « ne comprend pas » le ministre Luc Châtel, qu’elle est « stupéfaite », qu’elle trouve tout cela « inacceptable », Christine Boutin s’embourbe d’abord dans des considérations pseudo-économiques : « nous sommes dans une crise correspondant à une guerre mondiale sur le plan économique ». Elle se raccroche ensuite au sujet sur lequel elle est interrogée, et lance : « Nous sommes dans une guerre mondiale sur le plan de la morale, et moi je veux rappeler un certain nombre de valeurs, pour reconstruire ce monde. »

Il faudrait que Mme Boutin prenne garde à ne pas outrepasser les limites de la décence : sait-elle bien ce qu’ont été les deux guerres mondiales du 20e siècle ? Les soldats et les civils qui sont morts au cours de ces deux guerres trouveraient-ils normal qu’on invoque leur sacrifice pour se battre contre la reconnaissance des droits civils aux familles LGBT ? On sait depuis longtemps que le fanatisme de Mme Boutin l’amène à manquer de toute retenue ; on saura désormais que l’outrance verbale peut aller jusqu’à évoquer les « guerres mondiales » de l’histoire du 20e siècle pour lutter contre les LGBT.

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