4297 octobre | 2011 | E.D.H. – Egalité des Droits Homos/hétéros

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E.D.H. - Egalité des Droits Homos/hétéros
Le blog de Numa - pour faire appliquer un jour la devise "Liberté, égalité, fraternité".
Associations | Droit | Education | France | Homoparentalité | Homophobie | Internet | Medias | Politique | 31.10.2011 - 14 h 24 | 4 COMMENTAIRES
La famille homoparentale au programme de terminale : la nouvelle polémique après l’étude du genre en première ?

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L’ADFH vient de publier un communiqué victorieux, qui a été immédiatement repris par l’AFP et tous les grands médias nationaux : la famille homoparentale est désormais inscrite au programme d’étude de la spécialité « Droits et Grands enjeux du monde Contemporain » en Terminale littéraire.

L’Association de Défense des Familles Homoparentales (ADFH) et de nombreux enseignants avaient en effet demandé au Ministère de l’Education Nationale de modifier le programme de DGEMC, cette nouvelle spécialité destinée à initier au droit et à l’analyse de la société en classe de terminale littéraire. Ce programme, pourtant censé permettre aux élèves de comprendre la société d’aujourd’hui, excluait au départ les familles homoparentales du chapitre précisément intitulé… « L’évolution de la famille » !

Le ministère, après plusieurs mois de réflexion, a finalement intégré l’étude des familles homoparentales au programme de cet enseignement, en les mentionnant explicitement. Il faudra donc désormais que soient analysées en cours et par les élèves les familles « biologique, adoptive, monoparentale, homoparentale, recomposée, nucléaire et élargie ».

Quelques semaines après la polémique sur l’étude du genre, et à l’heure où l’Assemblée nationale constitue un groupe de travail pour s’arroger un droit de regard sur les manuels scolaires, il y a tout lieu de craindre que cette décision lucide et encourageante soit l’objet de critiques de la part des milieux conservateurs. Les éditeurs de manuels scolaires subiront-ils de nouvelles pressions de la part des députés de la Droite populaire ?

Sur internet, les réactions fusent déjà, des plus mesurées aux plus absurdes. Sur un site extrémiste très fréquenté, on pouvait ainsi lire, dès l’annonce de cette information : « A quand les cours de sodomie ? », « ces associations d’insupportables veulent que leurs coucheries deviennent reconnues par tous, via une propagande sur les jeunes esprits incapables à qui on ne laisse pas le choix », « 600 personnes infligent quelques choses de répugnant à 60 000 000 de personnes », « Ils vont expliquer que les homos, qui sont des personnes tellement stables se suicident 19 fois plus que les autres, et jamais autant que dans les pays où ils ont le plus de “droits” (Norvège, Suède) ? Et du nombre de problèmes psychiques des enfants qui sont leurs captifs, dès que ce ne sont plus des associations homotégristes qui s’occupent d’étudier la question ? »

Les commentaires postés sur le site du Figaro sont tout aussi critiques : « Jamais des homos ne pourront fonder une famille. Si le monde était peuplé uniquement d’homos il disparaitrait! Vraiment c’est une honte pour notre pays », « Présenter des anormalités aux côtés de choses normales amène à normaliser les anormalités », « L’évolution de la famille »? Eh bien elle est belle l’évolution de la famille. Quand mettra t’on la polygamie dans la définition de famille? »…

Preuve, s’il en était besoin, que cet enseignement est nécessaire pour beaucoup… y compris pour certaines personnes ayant déjà quitté le lycée depuis bien longtemps !

Edit à 16h : le ministère a fait paraître à son tour un communiqué vers 15h15, intitulé « Précisions sur l’enseignement de Droit et Grands Enjeux du Monde Contemporain ». La page sur laquelle a été diffusé ce communiqué a connu un tel afflux que le site du ministère a été totalement saturé pendant une bonne heure ! Le communiqué cache mal l’embarras du ministre, qui cherche à calmer la colère des milieux réactionnaires opposés aux droits LGBT, en mettant sur le même plan l’homoparentalité, l’euthanasie et les ventes d’organes pour montrer que ce programme aborde des thèmes qui ne sont pas forcément reconnus par le droit positif actuel.

http://www.education.gouv.fr/cid58312/precisions-sur-l-enseignement-droit-et-grands-enjeux-du-monde-contemporain.html

France | International | Internet | Medias | 29.10.2011 - 21 h 19 | 9 COMMENTAIRES
Revue de presse du 29 octobre 2011 : les LGBT très présents dans les magazines d’informations

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Les magazines d’information généralistes sont nombreux à aborder des thématiques en lien avec l’homosexualité en cette fin octobre 2011. Voici un petit tour d’horizon des périodiques et des hors-séries qui abordent ce thème cette semaine.

 

1 – La longue marche des homosexuels (in : « Atlas des minorités », Hors Série Le Monde – La Vie)

Cet article de Marianne Blidon, maître de conférences à l’Institut de Démographie (Paris I), est très bien fait. Une carte réalisée par l’Ilga fait le point sur « les statuts de l’homosexualité dans le monde ». Les peines encourues font peur : un mois de prison, dix mois de prison, dix ans de prison, perpétuité, peine de mort… les législations diverses et variées menacent les homosexuels de Mauritanie, d’Egypte, du Cameroun, de Malaisie ou de Papouasie-Nouvelle Guinée, pour ne prendre que quelques exemples.

L’auteure commente ainsi : « Le statut de minorité pour les homosexuels est récent et le respect de leurs droits est variable. Dans nombre d’états, ils sont encore stigmatisés, opprimés, voire condamnés ». Elle met clairement en parallèle la Déclaration des Droits de l’Homme (les hommes sont « égaux en dignité et en droits ») et l’ « égal traitement » revendiqué par les LGBT. Elle rappelle que l’ONU est divisé sur la question de la dépénalisation de l’homosexualité : à l’époque du vote, 66 pays sur 192 y étaient favorables, mais des pays comme la Chine, la Russie et les USA n’ont pas adhéré au projet. Ce n’est qu’en 2011 que le conseil de l’ONU a adopté (de justesse !) « une résolution visant à promouvoir l’égalité des individus sans distinction de leur orientation sexuelle ».

Elle s’intéresse ensuite au « retard français » : les LGBT français sont encore soumis à un droit « fortement inégalitaire » et à l’homophobie d’une partie de la société. Elle cite un passage du livre « Qu’est-ce que la justice sociale ? » de Nancy Fraser, et remarque que les LGBT ont dû s’inventer « des lieux de sociabilité » « pour échapper à la violence, au poids des normes, à la stigmatisation, pour se rencontrer ou simplement partager des références communes ». « Autant de lieux essentiels à la sociabilisation, à l’émancipation, à l’acceptation de soi et à la transmission intergénérationnelle ou à la rencontre ».

S’appuyant sur un exemple précis, elle note cependant que « les usagers du quartier du Marais n’ont plus tant en commun leur appartenance à une minorité sexuelle qu’à une classe sociale ». D’autre part, « à mesure que la reconnaissance progresse et que la culture gay se banalise », l’affirmation identitaire des LGBT semble décroître, et il existe un fossé croissant entre une partie de la communauté et « les marges » de la minorité LGBT.

Très bon article, donc, qui livre une bonne synthèse de la situation. Certes, les toutes dernières conclusions en sont contestables (l’identité LGBT s’efface-t-elle vraiment, la contestation interne est-elle si forte ?), mais elles ont le mérite de poser le débat. Seuls regrets : ce hors série propose une bibliographie de plusieurs pages sur les minorités… et parmi tous les ouvrages mentionnés, aucun ne concerne les LGBT. D’autre part, le terme « LGBT » n’est jamais employé dans l’article.

 

2 – Valeurs : davantage de justice, graphique « Liberté sexuelle » (in : « Les chiffres 2012 », Hors Série Alternatives économiques)

Alter Eco nous rappelle les résultats d’un sondage effectué depuis 1981 : « Considérez-vous que l’homosexualité est absolument inacceptable ? » Résultats successifs des sondés répondant « oui » à cette question : 1981 – 49% ; 1990 – 38% ; 1999 – 21% ; 2008 – 19%. Commentaire du magazine : « Si, dans leur ensemble, les Français estiment que le respect de l’autorité doit être renforcé, ce n’est pas au nom de la défense des formes anciennes et traditionnelles de la société : ainsi, dans la sphère privée, la liberté des moeurs est de plus en plus affirmée ». On notera cependant que cela signifie qu’une personne sur 5, en France, considère que l’homosexualité est absolument injustifiable. Pas de chance si cette personne est votre employeur, votre voisin ou l’un de vos parents.

 

3 – Quand la pub colle au genre (Nouvel Obs, n° 2451)

L’article est disponible ici. L’auteur, Céline Cabourg, voit dans la pub « la fin de la famille Ricoré ». Elle rassemble quelques exemples de publicité qui ont fait date dans l’ouverture de la publicité à « la multiplicité des genres et modèles familiaux ». Pour les LGBT : The Kooples et Mc Donald’s. On s’étonne cependant qu’il oublie Eram et Ikea dans son paragraphe consacré aux LGBT : ces marques ont suscité un réel débat en lançant leurs publicités respectives à l’endroit des familles homoparentales. L’auteure cite cependant les autres publicités Eram et le mécontentement qu’elles ont suscité de la part des « associations catholiques ».

 

4 – Les réseaux gays, les secrets d’une galaxie (Marianne, n° 757)

Marianne nous a habitués à de longues et pénibles diatribes anti-LGBT dans les quinze dernières années… Jean-François Kahn est parti, mais le magazine a toujours une vision assez négative des LGBT. Dernière idée en date : publier un extrait du « livre-choc sur les réseaux qui tiennent tout » publié par Vincent Nouzille ( « La République du copinage » ). Qu’on se le dise : les LGBT font désormais partie de « ces élites qui tiennent le pouvoir ». En une page et demie, Marianne publie quelques passages où l’on mélange pêle-mèle, entre autres, Pascal Houzelot, Pierre Bergé, Caroline Fourest et.. Stéphane Bern ! De nombreux vrais « militants de terrain » ont selon l’auteur « des appuis dans la sphère politique ».

Pour Nouzille, dans les extraits repris par Marianne, les réseaux gays « facilitent » des « promotions et nominations ». « La solidarité règne » « de manière manifeste dans des fiefs particuliers », les « hauts fonctionnaires gays » seraient légion au Conseil d’Etat, au Quai d’Orsay, au Sénat, à l’Assemblée, « dans certaines administrations » : « Difficile d’échapper à leur présence au ministère de la Culture » ! « Les mondes du luxe, de l’art, des médias et de l’audiovisuel sont également peuplés de nombreuses personnalités gays »

Heureusement, Nouzille fait le même travail pour analyser… les réseaux catholiques et politiques. Mais il manque un niveau d’analyse à ces extraits : s’il avait poussé la question plus loin, Nouzille aurait dû se demander pourquoi, si les réseaux gays sont si puissants, les droits civils des LGBT et de leurs familles ne sont toujours pas reconnus par la France. D’autre part, son travail conduit inévitablement à la stigmatisation de toute la communauté gay, alors qu’il ne décrit en réalité qu’une frange des LGBT, celle-là même dont Marianne Blidon remarquait qu’elle s’éloigne de plus en plus des « marges » de la communauté dont elle est issue.

 

La semaine a donc été très riche en articles portant sur les thématiques LGBT. Ces articles sont doublement intéressants : d’abord ils sont variés, et ne se réduisent pas au traitement d’un seul fait d’actualité ponctuel. Ils s’inscrivent dans le long terme. D’autre part, ils concernent la presse généraliste et grand public, et témoignent de la diffusion de ces questions dans le grand public. Espérons que cela soit de bon augure : les thématiques LGBT auront-elles leur rôle à jouer dans la campagne 2012 ? Si elles deviennent un sujet de préoccupation pour le grand public et les élites, il y a tout à parier que ce sera le cas.

Associations | Education | 26.10.2011 - 12 h 01 | 0 COMMENTAIRES
[Agenda] 4 novembre 2011, 20h, mairie du 11e : Homosexualité et homoparentalité à l’école.

Paris, 4 novembre 2011, 20h-22h
Mairie du 11ème, Paris (métro Voltaire)

Comment parler de l’homosexualité à l’école?
Comment accueillir des élèves ayant deux papas ou deux mamans?
Comment en parler avec les autres élèves?
Comment prévenir les discriminations – et comment y faire face quand elles deviennent réalité?

Les familles homoparentales font désormais partie du paysage quotidien des institutions scolaires. Pour les professionnels de l’enseignement, il n’est pas toujours simple de faire face aux questions que ces familles peuvent susciter. Au-delà de leur configuration familiale particulière, c’est aussi la question de l’homosexualité qui se pose en arrière-plan – une question qui peut, encore aujourd’hui, déranger, choquer ou créer du malaise.

Qu’en disent les enfants de ces familles, une fois adultes?
Qu’en pensent les professionnels eux-mêmes?

Participants:
Nathalie Mestre, professeur des écoles en maternelle, présidente de l’association Enfants arc-en-ciel
Fathira Acherchour, CPE, Lycée professionnel Suzanne Valadon, Paris
Marc Noero, responsable éducation, Le Mag
Guilhem, 21 ans, participant du projet « Fils de… »
Clotilde, 19 ans, participante du projet « Fils de… »
Rencontre animée par Eric Delon, journaliste, Les Incorrigibles

Associations | International | Internet | Politique | Tourisme | 26.10.2011 - 01 h 51 | 11 COMMENTAIRES
« Latvia for you » : les délicieux euphémismes de l’office du tourisme de Lettonie…

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Surprise : l’office du tourisme de Lettonie (« Latvian Official Tourism Portail ») réserve une page entière aux LGBT qui voudraient visiter ce beau pays européen.

Tout commence sur la page au titre enjoué « Latvia for you ». On peut y lire en bas de la page : « Au final, la Lettonie est un pays sûr, quelles que soient la couleur de peau ou les croyances religieuses de chacun. Même les gays y ont leurs propres clubs. » Un pays balte dont l’office du tourisme s’intéresse aux LGBT, ça éveille forcément la curiosité, peut-être même la sympathie. La tournure choisie pour la rédaction du site a cependant de quoi faire naître quelques inquiétudes : on mesure, en lisant l’expression « même les gays », l’effort intense qui a été réalisé pour accueillir non seulement les individus qui ont une couleur de peau différente, ou des gens de religion différente, mais en plus « même les gays » à qui on a fait l’honneur d’accorder l’autorisation d’avoir leurs propres clubs.

Mais en Lettonie, on n’est pas seulement tolérant, on est aussi poète. Le philosophe ouvert sur la diversité du monde est aussi un écrivain inspiré. Qu’on en juge en effet par le texte qui s’ouvre sous nos yeux, lorsqu’on clique sur le lien attaché aux mots « gay people ». S’ouvre alors une page intitulée (en majuscules s’il vous plaît) : FOR GAYS AND LESBIANS. Une petite introduction historique nous informe que Riga est sans doute la capitale la plus gay-friendly des pays baltes, ce qui ne va pas forcément de soi lorsqu’on se souvient des difficultés, en Lettonie, à transposer les directives européennes pour lutter contre les crimes et injures homophobes. On nous rappelle d’ailleurs qu’il n’y a pas de loi pour reconnaître les partenariats homosexuels en Lettonie, mais que, quand même, « l’attitude de la société lettone est tout à fait neutre envers les LGBT, comme il se doit pour un pays européen ». Ouf, on est rassuré. L’article se garde bien de nous dire que l’article 110 de la constitution lettone a été modifié en 2006, pour faire inscrire dans la constitution qu’un mariage ne peut être que l’union d’un homme et d’une femme, et donc bloquer pour des décennies toute tentative de faire reconnaître un jour le mariage et l’adoption LGBT…

Cependant, il faut lire la page jusqu’au bout pour en arriver au passage le plus intéressant du site – et accessoirement pour sa propre sécurité. En effet, un élégant « security advice » vient nous ramener assez vite à la réalité qui se cache derrière les trois bars dits « homosexual friendly » et le restaurant « Dorian Gray » qui sont mentionnés sur la page. Le site officiel indique ainsi : « La majorité des Lettons sont tout à fait neutres envers les LGBT. » (on nous l’a déjà dit au début de la page…) « Cependant, en raison de leur caractère nordique quelque peu réservé, les gens ne tolèrent pas toujours les expressions publiques d’intimité et de tendresse. En vous embrassant en pubic dans une banlieue de Riga ou dans un district rural de Lettonie, vous risquez d’être confronté(e) à un certain manque de compréhension ou à une attitude moins tolérante. »

Bref, si vous vous faites casser la gueule pour avoir tenu la main de votre ami(e), vous saurez qu’il s’agit là d’un « certain manque de compréhension » dû au « caractère nordique quelque peu réservé » de vos interlocuteurs. On n’avait pas inventé mieux, comme description de l’homophobie, que le manque de compréhension dû au caractère nordique.

Il ne s’agit évidemment pas de se moquer de la Lettonie ou des pays de l’Est. Bien au contraire : la menace et le danger pour les LGBT, décrits ici en des termes savamment choisis, sont aussi universels que le racisme, l’antisémitisme, le machisme ou le bullying. En Algérie, au Zimbabwe, en Chine, au Honduras, et même dans des banlieues, des centres urbains ou des districts ruraux de France, il y a tout autant de risque de se faire casser la figure pour avoir embrassé son copain que dans le Zemgale ou le Vidzeme lettons. Alors il n’est pas besoin de circonvolutions savantes et poétiques pour désigner ce « certain manque de compréhension » prétendument atribuable au « caractère nordique quelque peu réservé » des Lettons : il s’agit de l’homophobie, et elle n’est pas plus due au caractère nordique des Lettons qu’au caractère méridional des pays méditerranéens…

On ajoutera, pour être complet sur la question, que les élections législatives d’octobre 2011 ont permis la naissance d’un gouvernement de centre-droit allié aux partis nationalistes de Lettonie. La « réserve » des Lettons risque donc, malheureusement, de s’accentuer encore davantage à l’encontre des LGBT… Ceux qui s’intéressent à la Lettonie LGBT pourront se renseigner davantage auprès de l’association Mozaika et du projet Skapis.

Pour lire directement la page de l’office du tourisme sur le caractère nordique et réservé des Lettons : cliquez ici

Homophobie | International | Politique | 24.10.2011 - 21 h 36 | 18 COMMENTAIRES
Le député finlandais Hakkarainen propose de parquer les LGBT et les Somaliens sur une île.

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Le député finlandais Teuvo Hakkarainen se fait une belle réputation, dans son pays comme sur la scène internationale. Après s’être livré à quelques propos ouvertement racistes, le voilà qui se lance maintenant dans la déclaration à discrimination multiple, à la fois raciste et homophobe.

Membre du parti des « Vrais Finlandais », ce bon député a tout bonnement suggéré que l’on envoie sur une île les gays, les lesbiennes et les somaliens. L’île choisie pour l’occasion serait l’île d’Åland, un Etat libre rattaché à la Finlande, et dont la langue officielle est le suédois.

Après avoir été interrogé par le tabloid Ilta Sanomat, Hakkarainen a rappelé le magazine pour lui faire part d’une belle idée qui venait de germer dans son esprit. Il s’agirait de fonder « une société modèle sur Åland ». Le député se voit déjà comme un nouveau Thomas More, le créateur de l’Utopie : “Envoyons là-bas les gays, les lesbiennes et les Somaliens : ils y vivront tous ensemble, et on verra bien quelle sorte de société modèle ils établiront ».

Hakkarainen décrit et explique son projet en quelques phrases supplémentaires : « Le Parti Populaire Suédois nous accuse, nous les vrais Finlandais, de ne pas prendre en compte les minorités. Avec cette solution, nous verrions bien comment cette société modèle serait établie, et quelle forme elle prendrait. »

Hakkarainen a déjà été rappelé à l’ordre deux fois par son propre parti, suite à des propos racistes. Il a prouvé ce week-end que son champ de nuisance comprend non seulement le racisme, mais aussi l’homophobie.

Il y a tout de même une morale à cette histoire. Il se dit, en Finlande, que le député raciste Hakkarainen a joui depuis quelque temps d’une relative popularité au sein de la communauté LGBT – en tout cas jusqu’à ce dérapage incontrôlé. Quoi qu’il en soit, ces propos méprisants à l’égard des LGBT et des étrangers montrent bien que les LGBT n’ont rien à attendre de la droite extrémiste et nationaliste. Et ce, quel que soit le pays où ces partis tentent de capter leurs voix…

Adoption | France | Homoparentalité | Homophobie | Mariage | Politique | 21.10.2011 - 21 h 55 | 18 COMMENTAIRES
2012 – Boutin reloaded

C’est officiel : Christine Boutin l’a annoncé ce vendredi 21 octobre 2011 sur I-Télé dans La grande édition (23h15-0h00) en réponse à une question d’Yves Thréard.

Certes, elle compte se présenter en 2012. Certes, elle a réuni l’argent nécessaire, rassemblé une équipe « de jeunes » et a déjà récolté 300 signatures. Elle dévoilera d’ailleurs son programme le 1er décembre 2011 : qui compte y aller pour mettre le souk dans cet événement catho-trado, qui aura pour but assumé de réaffirmer « l’importance des racines judéo-chrétiennes de la France » et de cracher sur les homos et leurs familles ?

Mais ce n’est pas cela qui est le plus important dans ce qu’a déclaré Christine Boutin ce vendredi soir. En cas de risque majeur pour la droite, Christine Boutin est prête à se désister dès le mois d’avril 2012, et à vendre ses 1 à 2% potentiels à Nicolas Sarkozy. On sait que dans une élection, chaque pourcent est bon à prendre. A quel prix Christine Boutin négociera-t-elle donc son désistement et son ralliement à Nicolas Sarkozy ?

En fine marchande de voix, elle ne se ralliera à Nicolas Sarkozy que s’il respecte des conditions strictes d’engagement. Il devra donc lui promettre, comme en 2007, de continuer à interdire le mariage homosexuel. Seconde condition, qu vient ensuite dans la bouche de Christine Boutin : l’interdiction totale de ce que les associations appellent « le droit à mourir dans la dignité », c’est-à-dire la légalisation de l’euthanasie lorsque le malade est atteint d’un mal incurable qui occasionne de vives souffrances. « Et j’y a jouterai d’autres conditions » annonce tout de suite la chef de file du Parti Chrétien Démocrate.

Christine Boutin déclarait récemment qu’elle ne voulait plus qu’on l’assimile à la guerrière intégriste qui a combattu aveuglément contre le Pacs et les droits civils des couples LGBT. J’espère que les médias entendront sa demande. En effet, qu’on se le dise : Christine Boutin est désormais la guerrière intégriste qui combattra aveuglément contre le mariage LGBT et les droits civils des familles LGBT. Entre autres.

Associations | France | Homophobie | Medias | 19.10.2011 - 08 h 18 | 8 COMMENTAIRES
Sexion d’Assaut serait « pardonné » pour ses propos homophobes !

C’est dans Next, le magazine de Libération, qui était déjà intervenu plusieurs fois en faveur de Sexion d’Assaut : le groupe de rap, dont le leader avait déclaré « On est homophobe à 100% et on l’assume », serait « pardonné » par la communauté LGBT. il ne faudrait ainsi plus lancer aucune « action de mobilisation » à l’encontre de ce groupe, et la polémique serait entièrement « éteinte ».

Mais la ficelle est un peu grosse, et le pot-aux-roses n’est pas bien dur à dévoiler : l’accord stipulant que la polémique entre Sexion d’Assaut et les LGBT serait « éteinte » n’a en fait été signé que par Sexion d’Assaut et… « la fédération française des centres LGBT ». Celle-ci devient d’ailleurs curieusement, dans l’article publié par Next, « la fédération LGTB » ! De l’art de faire passer les représentants d’à peine 50 personnes pour les porte-parole de toute une communauté…

Sony et Next se livrent donc à une belle contre-information, en faisant croire que Sexion d’Assaut serait pardonné pour ses dérapages. En l’échange de quelles contreparties ce « pardon » serait-il accordé ? Voici la version de Next : « Le collectif a notamment rencontré des associations, distribué des tracts à son public et organisé à Paris un concert dont les bénéfices ont été reversés à des associations de luttes contre les discriminations. »

Mais la rencontre d’associations ne coûte pas cher et n’apporte rien à personne, sinon un peu de publicité aux associations en question. C’est toujours bon à prendre, mais ce n’est pas grand chose face aux dégâts que leurs déclarations homophobes ont pu provoquer.

La distribution de tracts est une plaisanterie : nous jetons à la poubelle des centaines de tracts par semaine, sans les avoir lus, et un quart de page écrit en noir n’a jamais convaincu personne, surtout sur un sujet comme celui-là.

Quant au concert contre l’homophobie, il a été organisé devant des membres du Refuge, de l’Idaho et de SOS Homophobie ! Pas bien dur de convaincre le public dans ce cas-là ! L’argent reversé aux associations a donc été puisé dans la poche des membres des associations qui ont payé leur ticket : cela n’a vraisemblablement pas coûté grand chose à Sexion d’Assaut.

En plus d’avoir revendiqué leur homophobie, Sexion d’Assaut a clairement appelé à tuer les homos, dans une chanson appelée « On t’a humilié », et à abandonner leur cadavre sur le périphérique. Alors, mon pardon, Sexion d’Assaut ne l’obtiendra pas par trois paillettes, deux centimes d’euros et un accord bidon signé avec un « machin » qui représente au plus cinquante personnes disséminées dans toute la France.

Au passage, on notera que Next (ou l’AFP ?) n’a toujours pas compris qu’on disait « LGBT » et non « LGTB »…

Mise à jour : d’autres associations auraient signé cet accord, ou s’apprêteraient à le signer. Le nombre de personnes représentées par les associations signataires peut donc être évalué non plus à 50 mais à 500 personnes grâce à SOS Homophobie et l’Autre Cercle (bien malin celui qui dira par contre combien de personnes représente le CCH de Montpellier à part Paula Dumont et Hussein Bourgi). Avec une nuance toutefois : SOS Homophobie peut déjà retirer un nom de la liste de ses adhérents – le mien.

Education | Homophobie | International | Religion | Travail | 14.10.2011 - 22 h 00 | 28 COMMENTAIRES
Belgique : une sous-directrice d’école victime d’une émeute homophobe dans son établissement

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C’est à peine croyable : à l’Institut des Filles de Marie, situé dans la ville de Saint-Gilles en Belgique, une enseignante lesbiene a été la cible d’une véritable émeute homophobe de la part des élèves de l’établissement, soutenus par certains de ses collègues.

Tout a commencé mardi 12 octbore 2011, durant un cours d’EPS en classe de 5e professionnelle (l’équivalent de la classe de première en France). 200 euros ont été volés pendant le cours, dans le sac qu’une élève avait déposé dans les vestiaires. Les jeunes filles de la classe ont insisté pour être fouillées afin que la coupable du vol soit démasquée. Interrogés par le journal Le Soir, Daniel Pinte, le président du Pouvoir Organisateur de l’école, et Eliane, la sous-directrice de l’école, racontent comment la fouille s’est déroulée : « Les élèves, explique Daniel Pinte, ont elles-mêmes demandé la fouille, étant indignées par ce qu’il était arrivé à la victime du vol. On a finalement retrouvé l’argent dans la chaussette de l’une d’entre elles. » Eliane confirme : « Les élèves voulaient absolument qu’on les fouille. On leur a expliqué qu’on n’avait pas l’autorité nécessaire mais elles ont insisté, on leur a donc fait signer une décharge et, une fois, le butin retrouvé, je suis remontée dans mon bureau et je pensais que l’incident était clos ».

Mais cet incident banal a signé le début d’un harcèlement épouvantable contre Eliane. Peu après la fouille, des textos commencent à fuser : « Demain tous ls eleves de ifm nallez pas en cour fau faire ruina, greve contre gwine (la grosse sou directrice) qui a obligé ls filles de 5eme travaux a ce metre toute nu !!! Faite passé ce message a tous ls eleve de ifm. CEST PA UNE BLAGUE DEMAIN RESTEZ TOUS DAN LA COUR ET FAITE RUINA CNTRE CETTE NYMPHE QUI EST LESBIENNE FAITE TOURNÉ SVP !!!! »

La rumeur se propage et perdure. Des élèves affirment encore que « la sous-directrice a déshabillé les filles, même celles portant le foulard. La professeur de gym a fermé le vestiaire à clef, elle a ensuite appelé la sous-directrice. C’est elle qui leur a demandé de presque tout enlever et de rester en petite culotte pour qu’elle les fouille. Elle est ensuite passée d’élève en élève. Même quand l’argent a été retrouvé, elle a continué son inspection. Les grands frères comptent d’ailleurs venir régler leurs comptes avec la sous-directrice« .

Le lendemain, mercredi et jeudi, des émeutes se déclenchent au sein de l’école : une centaine d’élèves refusent d’entrer en classe. Beaucoup d’élèves du primaire et du secondaire portent des T-Shirts avec l’inscription « Touche pas à mon intimité ». Les cent élèves squattent la cour de récréation et réclament la démission de la sous-directrice. « Dehors la perverse, la lesbienne ! », lancent les élèves en apercevant Eliane. Les cours ont dû être annulés mercredi en raison de l’ampleur des troubles. Les élèves brisent des carreaux, jettent des chaises et des bancs, défoncent des portes… La violence de la réaction contre l’enseignante est sans bornes. Les assauts verbaux se multiplient, et menacent, au vu des dégradations matérielles, de dégénérer en agression physique. « Le directeur m’a demandé de me réfugier à l’étage et de partir par la petite porte après 33 ans de carrière », confie Eliane en pleurs. 

La réaction des collègues n’a pas été unanime : « Etant donné son orientation sexuelle, comment peut-on admettre cela dans une direction, ça va péter… « , a déclaré un professeur. Mais il a ensuite présenté ses excuses. Plus avisé, Daniel Pinte est désolé pour la sous-directrice. Il rappelle qu’elle a 30 années d’ancienneté dans l’établissement : « elle a toujours consciencieusement effectué son travail et n’a jamais fait l’objet de la moindre critique. ». L’administration soutient ainsi l’enseignante : le directeur de l’institut des Filles de Marie, Paul Straetmans, a porté plainte pour harcèlement, homophobie et atteinte à la vie privée.

Le contexte de ces aggressions mérite d’être rappelé : Une enseignante homosexuelle avait déjà fait l’objet l’année dernière d’insultes homophobes de la part d’une autre enseignante. Elle avait dû porter plainte et venir avec son avocat pour que la direction prenne une sanction. Après un an de suspension, la professeur à l’origine des insultes homphobes doit réintégrer l’Institut fin octobre 2011 !

D’autre part, l’évêque belge et homophobe Leonard s’est prononcé en début de semaine sur la prise en compte des éléments de la vie privée pour sélectionner les équipes de directions scolaires, dans le plus pur mépris des règles du droit du travail… Cet évêque s’étant distingué par des condamnations répétées de l’homosexualité, on se doute bien que ces éléments de privé ne se limitent pas seulement au mariage ou au divorce, mais aussi à l’orientation sexuelle. Les vrais auteurs des violences commises à l’institut des Filles de Marie ne sont donc pas forcément les élèves, mais plutôt ceux qui, directement ou indirectement, ont attisé la haine des jeunes contre une enseignante dont le seul tort a leurs yeux est de ne pas être hétérosexuelle.

Les médias ont d’abord annoncé qu’Eliane avait donné sa démission, et qu’elle ne retournerait plus jamais à l’Institut des Filles de Marie. En réalité, il semblerait qu’elle souhaite plutôt faire valoir son bon droit et être plus forte que ceux qui ont voulu la chasser. Nous lui souhaitons beaucoup de courage, et espérons qu’elle trouvera beaucoup de soutiens à ses côtés.

France | Homophobie | Internet | Medias | 13.10.2011 - 23 h 50 | 4 COMMENTAIRES
Giuseppe Terenzio : une nouvelle vidéo à signaler sur Youtube.

Vous le savez sans doute : Youtube, comme Facebook ou Google, ne réagit généralement aux infractions homophobes qu’en cas de signalement massif de la part des internautes.

La nouvelle video homophobe qui a été postée récemment ne sera donc retirée que si les LGBT et gay-friendly signalent le contenu haineux de cette video qui met en scène un certain Giuseppe Terenzio

Les « pédés » y sont accusés d’être du côté de la mort, et Giuseppe Terenzio ne saurait supporter qu’un homo le touche, même s’il consentirait à parler avec lui de bananes (!), de fruits ou de parfum…

Quand la bêtise écœurante s’associe à la haine pure, on obtient ce genre de vidéos.

Mise à jour (14 octobre) : la vidéo a été retirée.

France | Homoparentalité | Homophobie | Religion | 11.10.2011 - 23 h 06 | 0 COMMENTAIRES
Jacques Noyer, évêque émérite d’Amiens : « traiter les homosexuels en déviants » ne peut être justifié par « l’autorité divine ».

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Branle-bas de combat dans les rangs de l’Eglise catholique : Jacques Noyer, l’évêque émérite d’Amiens, s’est illustré le 03 octobre dans une interview donnée au journal de gauche catholique Témoignage chrétien. En effet, il y défend la théorie du genre, et déclare qu’en matière d’affection et de famille(s), « la règle de l’amour mutuel demeure le seul critère vraiment chrétien d’un jeu de relations entre hommes et femmes… et enfants. ».

Jacques Noyer affirme que « la seule exigence chrétienne est le respect, l’égalité, l’amour entre les personnes, sans oublier évidemment l’enfant fruit et enjeu de ces relations ». Cette phrase pourrait sembler banale, s’il n’ajoutait quelque temps après, conscient de l’importance de son point de vue au sein d’une Eglise catholique majoritairement homophobe et misogyne : « Je sais qu’en disant cela j’ébranle toutes les certitudes qui permettent de rejeter les divorcés, d’interdire l’approche de l’autel aux filles, de réserver le ministère aux hommes, de traiter les homosexuels en déviants. Rien de tout cela ne peut réclamer l’autorité divine à travers la loi naturelle ni même à travers les mœurs de Jésus.

Il n’en fallait bien sûr pas moins pour déclencher les foudres de la cathosphère la plus réac’, qui verse aussitôt dans l’injure et le sarcasme, dès qu’une personne un tant soit peu raisonnable émet le moindre avis intelligent et sensé. Le site intégriste Riposte Catholique, dans un article repris par les fondamentalistes de chretiente.info, s’insurge ainsi : « Bref, tant qu’on s’aime, voyez-vous, tout est permis… Entre hommes ou entre femmes, majeurs ou non, à plus de 2 si cela nous chante ! Que ne faut-il pas lire de la part de ce mitré ».

Jacques Noyer, déjà conspué par bon nombre de fidèles et de dignitaires catholiques, gagnerait à être connu au sein de la communauté LGBT, car il défend des positions plus ouvertes et plus modérées que celles qui sont traditionnellement véhiculées par les mouvements pro-life qui se réclament de la religion catholique…

On pourra lire l’intégralité de son témoignage, intitulé « Au Paradis terrestre, qui faisait la Vaisselle ? » en cliquant ici. Jacques Noyer y revient sur les attaques qui lui ont été faites depuis une semaine, et sur les questions spécifiques au mariage LGBT : « On me demande si j’étais prêt à célébrer un mariage gay. Je ne crois pas que l’Eglise, comme telle, a autorité pour gérer les lois du mariage. Il y a un Etat pour cela. De plus la réflexion sur le sacrement ne permet pas, semble-t-il, de s’appliquer à une telle union. S’il s’agit de chrétiens qui ont trouvé dans leur histoire particulière un lieu d’amour authentique, je n’hésiterais pas à partager leur prière« .

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